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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 08:11

 

 Parisienjanv13.jpg©Jean-louis Lemarchand

2012 fut l’année de la renommée pour Emile Parisien, saxophoniste (ténor et soprano) : pas moins de quatre disques- Chien guêpe avec son quartet (Laborie Jazz) et en sideman auprès de Yaron Herman (Alter Ego chez ACT) et Jean-Paul Céléa (Yes Ornette ! chez Outnote Records), avec Daniel Humair (Sweet & Sour, Laborie Jazz) ( La Belle Ouverture de Daniel Humair) , des concerts à travers l’Europe et une Carte Blanche au festival Jazz in Marciac (JIM), là même où il apprit la musique au collège dans la classe instituée par Jean-Louis Guilhaumon, fondateur du JIM.

2013 débute sur les chapeaux de roue avec le Prix Django Reinhardt, décerné au musicien de l’année, qui lui a été remis le 15 janvier par l’Académie du Jazz au cours d’une cérémonie organisée au Théâtre du Châtelet. Emile Parisien a été élu l’emportant sur Baptiste Herbin (saxophones) et  Stéphane Kerecki (basse) lors du scrutin auquel ont participé cinquante membres de l’Académie présidée par François Lacharme.

Jeune trentenaire- né le 12 octobre 1982 à Cahors (Lot)-  Emile Parisien, ancien élève du conservatoire de Toulouse anime depuis 2004 un quartet  (Julien Touery, piano, Sylvain Darrifourcq, batterie et Ivan Gélugne, basse). Invité régulier du festival de Marciac, il a pu ainsi côtoyer Wynton Marsalis, Chris Mc Bride, Johnny Griffin ou encore Bobby Hutcherson. Il doit aussi beaucoup au soutien qui lui a été apporté, d’abord par le Fonds d’action Sacem en 2007 pour trois ans puis en 2009 par le programme Jazz Migration mis en place par l’Afijma (association des festivals de jazz innovants et de musiques actuelles) qui regroupe 40 festivals en Europe.

Les autres lauréats de l’Académie

Un ancien lauréat du Prix Django Reinhardt, le saxophoniste alto Pierrick Pedron a également été récompensé avec le Prix du Disque Français pour « Kubic’s Monk» (ACT/Harmonia Mundi), album en  trio (Thomas Bramerie, basse, et Frank Agulhon, batterie)  sans piano dédié à l’œuvre de Thelonious Monk( Pierrick PEDRON: "Kubic’s Monk") . Il l’a emporté sur quatre finalistes  Jean-Paul Celea « Yes Ornette ! » (OutNote /Harmonia Mundi), Jacky Terrasson « Gouache » (Universal Jazz France/Universal), Philippe Le Baraillec « Involved » (OutNote/Harmonia Mundi) ( Philippe Le BARAILLEC: "Involved") , Nicolas Folmer & Daniel Humair Project « Lights » (Cristal/Harmonia Mundi).

Le Grand Prix de l’Académie du Jazz, attribué au meilleur disque de l’année, est allé à Brad Mehldau pour « Where do you start ? » (Nonesuch/Warner) dont  les DNJ vous avaient dit grand bien (sous la plume de Jean-Marc Gélin ( BRAD MEHLDAU : « Where do you start » ).

Au palmarès de l’Académie figurent également  Jorge Pardo, saxophoniste et flutiste espagnol  (Prix du Musicien Européen)qui a reçu son trophée des mains de l’actrice Victoria Abril ;

jorgepardojanv13.jpg

 

le label Fresh Sound Records (Prix de la Meilleure Réédition ou du Meilleur Inédit) ; Aaron Diehl, pianiste de 27 ans, ancien membre du groupe de Wynton Marsalis,  « Live at the Players», CD Baby/www.cdbaby.com (Prix du Jazz Classique) ; Catherine Russell « Strictly Romancin’ » World Village/Harmonia Mundi ( Prix du jazz vocal) ; Bettye Lavette « Thankful N’ Thoughtful», Anti-/PIAS, (Prix soul) ; Lurrie Bell, chanteur-guitariste de Chicago, « The Devil ain’t got no music » Aria B.G./Socadisc (Prix Blues) ; Alain Gerber, l’ancien producteur de Le Jazz est un roman sur France Musique, pour « Petit Dictionnaire incomplet des incompris », Éditions Alter ego, (Prix du livre de Jazz).

 


© Jean-Louis Lemarchand

 

 

Jean-Louis Lemarchand

Voir palmarès complet avec les finalistes sur le site de l’Académie du Jazz www.academiedujazz.com

 

 

 

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 21:49

 

Un article paru cette semaine dans la presse (*) mérite que l'on cite ici quelques-uns des chiffres mentionnés concernant le statut des Intermittents du spectacle :

 

Cotisations reçues en 2010 :    232 millions d'euros

Prestations servies             : 1.260 millions d'euros

 

soit un déficit de près de 1 mds d'euros

 

Le régime contribue ainsi pour 1/3 au déficit de l'Assurance Chomâge

et ne concerne pourtant que 3% des demandeurs soit environ 106.619 personnes concernées.

 

Le nombre des bénéficiaires du statut augmente pourtant d'environ 1% par an.

 

 

Le taux de "Permittents" (emploi par un même employeur d'intermittents de façon permanente) est de 15%

 

 

 

De quoi se poser la question de l'après intermittence, face à un régime dont il n'est pas interdit de douter de la pérennité,

 

Quel statut et quelles régulations du secteur pour demain ?

C'est à l'évidence une porte ouverte que l'on enfonce là mais aussi une réflexion à laquelle tous les acteurs du champ culturel devraient s'atteler d'urgence.

 

 

Jean-Marc Gelin

 

 

(*) Les Echos - vendredi 4 janvier p.15

 


 

 

 

 

 

 


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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:38

Que reste-t-il de 2012 ?
Jazzmiscellanées

Alors que certains s’interrogent déjà sur ce que reflète la rentrée de janvier 2013, attardons nous encore un instant sur l’année qui vient de s’écouler… Coup d’œil nostalgique dans le rétroviseur.
Alors que reste t-il de ce souffle intimiste qui irrigua notre vie « véritable » ?

Je me souviens de cette année, longue, sans m’en souvenir vraiment, je me souviens en général de la frénésie de détails plus que du calme de l’ensemble,
Je me souviens  du « a »  aussi bien que du «  z «  et de livres dont celui de Frank Bergerot sur Miles, une somme évidemment écrite par l‘un des observateurs les plus érudits  de cette musique, du dernier bijou de l’écrivain du jazz Alain Gerber, au titre étonnant  Petit dictionnaire incomplet des incompris du jazz , les publications de Bertrand Dicale aux éditions TANA sur Paris et New York en 50 chansons …

Je me suis réjouie de la naissance d’un nouveau label Vision fugitive, projet émouvant dont on ne peut qu’ espérer qu’il s’inscrive dans une certaine durée.

Je repense avec bonheur à quelques coups de cœur pendant les concerts,  en écoutant le jazz vivant, celui que l’on peut voir dans les festivals :

Jazz à la Tour d’Aigues et le Solo à trois de Guillaume Séguron qui me fit plonger dans la complexité d’une musique  aux accents secrets. Je le remercie de m’avoir livré quelques-unes de ses réflexions, d’avoir pu alimenter mon imaginaire
en ma passion du cinéma à celle de la musique et du jazz en particulier. J’ai ainsi retrouvé et découvert un nouvel Anthony Mann, metteur en scène encore trop méconnu. Ah ! L’idée d’Alain Gerber s’applique parfaitement au cinéma...   

 

  Baugin.jpg

Lubin Baugin

 

Jazzcampus en Clunisois en août finissant avec la formidable soirée des Etrangers familiers,  et leur « Salut à Georges Brassens », populaire, nostalgique et vibrant,  comme les chanteurs qui retrouvèrent ……le parfum unique de l’ami Georges .

Au festival de DJAZZ 51 à Reims, Matthieu Donarier dessinant à la pointe fine de son saxophone des Live forms, entre épure et passion avec un trio fidèle sur le versant d’un jazz organique autour de Brassens, de Satie, et de compositions originales.
Une musique qui respire, intelligente et libre, sans éclats mais délicate, à l’image du leader et de ses compagnons qui se connaissent depuis 15 ans déjà.
Et ça a fait « boum » avec  « Il pleut dans ma chambre », du swing à l’état pur, chanson du « fou chantant » astucieusement revisitée qui redonne l’ envie impérieuse de battre du pied, les « gratouillis » de guitare - que Manu Codjia me pardonne- j’aime les friselis d’un des plus hendrixiens de nos guitaristes .Et ainsi,  je ne peux finir sans évoquer le délirant trio de Journal Intime, autour de Marc Ducret au Moulin du Jazz à Vitrolles.
J’ai  mieux compris pourquoi j’aimais suivre ces musiciens qui n’ont pas perdu leurs repères, possèdent toutes les références et les codes mais savent s’en affranchir. Tout n’est peut-être pas perdu pour la musique actuelle, the best is yet to come…

Sophie Chambon

 

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9 avril 2011 6 09 /04 /avril /2011 09:43

 

 

Francois Chassagnite vient de disparaître le 7 avril à l'âge de 55 ans. Trompettiste essentiel de la scène du jazz Français il en a incarné parmi les pages les plus belles, les plus réjouissantes avec Jean Lou Longnon, Denis Badault ou Antoine Hervé. Membre du premier ONJ de François Jeanneau, "Chassa" intègra aussi le Big Band Lumière et la Super Swing Machine de Gérard Badini. Chet Baker fut l'une des rencontres majeures de sa vie. Son dernier album paru en 2006 lui fut d'ailleurs consacré.

Témoignage d'un copain, Jean-Pierre Foubert

 chassagnite

J'ai joué plusieurs années avec Chassa, il faisait partie de notre formation d'amateurs "les Tiny Swingers" ( j'ai même des photos) et on jouait du New Orleans. Lui plutôt dans le genre Bix.Il redémarrait la trompette après quelques années d'interruption et avait encore le souffle court même si l'inspiration était déjà là.

Il poursuivait ses études de vétérinaire et savait emmerder  avec talent ses collègues de promo par ses nombreuses heures d'exercices quotidiens et ses rentrées tardives accompagnées de musiques syncopées. Je tiens cette anecdote du vétérinaire de Pitou qui était de sa promo ( pas Pitou, le véto).

Il a quand même décroché son diplôme  et a arrêté véto pour se consacrer à la trompette, totalement.... Il  alternait la musique avec des campagnes de vaccination où il allait nous disait il "piquer le cul des vaches".

Je me rappelle d'un frémissement de peur quand partant en voiture avec lui et deux potes pour un festival de jazz où nous jouions, il était mort de rire en nous confiant qu'il avait son permis de conduire depuis seulement deux heures.

Je me rappelle aussi quelques bonnes pintes de rire mais jamais d'engueulades. Ce type était coolissime. Extrêmement gentil aussi.

Je l'avais revu à l'occasion d'un passage à Paris avec l'ONJ pour un concert à Boulogne Billancourt. Je l'ai rejoins en coulisse pour lui péter la bise, il était content de revoir les copains du début.André Francis était de passage en coulisse. On a causé Jazz évidemment et François nous a parlé de l'Afrique.

C'était un garçon très tolérant, extrêmement doué et bosseur ce qui explique sans doute l'émergence de son talent.

 

Jean-Pierre Foubert


 

 

 

 

 


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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 12:08

GALLIANO-2.jpg  emile-parisien.jpgJe sais bien que je devrais m’abstenir de citer Richard Galliano dans cet éditorial de rentrée. Je risque encore d'avoir des problèmes avec les édiles du jazz. Pas d’attaques nominatives et comme le rappelait récemment Philippe Val à Stéphane Guillon qui s’en prenait à Eric Besson avant que l’humoriste ne prenne la porte des studios de France Inter, pas d’attaques sur le physique. Et donc, non je ne dirais rien sur la musique de Richard Galliano.

En plus, même si je le voulais ( et je ne le veux pas) j’aurais beaucoup de mal à attaquer de front la musique de l’accordéoniste. Car il faut bien reconnaître que ce quinqua boulimique qui multiplie des projets et les rencontres brillantes avec les plus grands jazzmen et les plus grands compositeurs, phagocyte les festivals et inonde le marché du disque avec une production plus que prolifique, fait partie de ceux qui ont écrit depuis plusieurs années parmi les plus belles histoires du jazz en France.

La question de sa légitimité ne se pose donc évidemment pas.

Mais pour autant ce statut privilégié s’il en est (j’aurais voulu écrire statue), permet-il à cet illustre, à ce monument, à ce consensuel du jazz de porter un jugement docte et sans appel sur la musique qui n’est pas la sienne, à l’heure où il est si difficile pour de jeunes musiciens d’avancer avec intégrité et de vivre de leur musique. Et surtout quelle serait cette sorte de légitimité si celle-ci lui permettait de balancer aux lecteurs de la Dépêche du Midi quelques « vérités » sans être le moins du monde obligé de les justifier un seul instant.

Citation :

 « Marsalis, c'est toujours structuré, ça tombe jamais dans le free, c'est très honnête. Une rythmique magnifique. Avec Paco de Lucia, c'est la même chose. (…) Je dis toujours que la musique doit aller avec la danse. On doit donner envie de danser. Le bal est aussi important que le conservatoire. Je ne suis pas un ayatollah, mais j'ai écouté Emile Parisien sur la place, qui singe un peu John Zorn et Michel Portal. C'est leur histoire, mais ce que j'ai entendu, c'était un peu de la musique inutile, et j'ai peur qu'ils aillent dans le mur avec çà. La révolution doit être porteuse de message, là c'est une révolution dans le vide. C'est pas parce que l'on joue quelque chose de moderne que l'on doit se couper du passé. »

 

La Dépêche du Midi : Galliano rhabille Parisien

 

 

Mais il y a derrière les propos de l’accordéoniste une notion qui mériterait de sa part quelques éclaircissements tant nous avouons êtres un peu perdus: il s’agit de la notion de musique « utile ». Car là j’avoue, je pige pas. Zero. Le voile blanc. No comprendo. Si M’sieur Galliano ou tout autre lecteur d’ailleurs pouvait éclairer notre lanterne ce serait fort aimable.

Car faut-il penser, en filigrane que ce jazz utile serait celui si consensuel qui remplit les salles ? Serait-ce celui qui vend des disques ? Celui qui fait danser ? Cela voudrait-il dire qu’il y a une finalité sans laquelle la vacuité de l’art serait non signifiant voire insignifiant ? Quand au message que la musique véhicule, quelle devrait en être la teneur pour trouver grâve aux yeux de l’accordéoniste.

Et si la musique s’achève pour celui qui l’écoute par une forme d’interrogation, cela la rend elle moins utile qu’une musique disons, plus prévisible.

 

Admettons alors que Richard Galliano se soit un peu gonflé d’orgueil devant les journalistes. Qu’il se soit senti, dans son jardin de Marciac et avec la position magistrale qui lui était réservée sur cette édition, obligé de remettre à l’heure des pendules qui tournent de toute façon sans lui.

Admettons et écoutons la belle musique de Galliano et d’Emile Parisien. Chacun a tant de choses à dire  à travers sa propre musique que nous pouvons toujours rêver les voir bientôt réunis sur scène. Du passé de l’un et de l’avenir de l’autre peut naître l’inutilité essentielle de la musique.

JMG

 

 

 

 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 20:04

Les  chiffres  annoncés  récemment  au Midem obligeront certainement les artistes en général et les jazzmen en particulier, à repenser leur rapport à la création. Ces chiffres sont en effet impressionnants : alors que le marché du numérique représentait  20  millions $ en 2003, il dépasse en 2009 les 4 Mds. Alors qu’il y avait moins d’un million de titres en ligne en 2003, on en compte aujourd’hui plus de 11 millions. Et les fournisseurs de service qui ont compris l’importance de ce marché se mettent tous désormais sur les rangs. Alors qu’ils étaient moins de 50 en 2003 ils sont aujourd’hui plus de 400.

La  notion  même  d’album  ou  de  disque  reste  problématique à tel point que les industriels du secteur ne savent plus trop à quoi se vouer. Certains d’entre eux ne parlent plus qu’en « titre », seule véritable valeur marchande, témoin du caractère  éphémère des chanteuses d’un moment propulsées au rang de superstar dont l’espérance de vie artistique est aussi fugace que les modes qui les génèrent. Par exemple la chanteuse pour adolescents pré pubères, Lady Gaga, reine actuelle  des  dance  floor  a  t-elle vendu plus de 10 millions d’unités (!) de son titre « Poker face ».  A côté de cette performance, nos bons vieux disques d’or, d'argent ou de platine font bien pâle figure…. Et qu’on le veuille ou non, qu’on  le déplore ou pas, la musique se conçoit et se concevra de plus en plus « à la découpe ». Mais la vérité étant toujours plus subtile, les chiffres de 2009 laissent à ce sujet planer une certaine ambiguïté. En effet en 2009 les ventes en ligne d’albums ont progressé bien plus vite (+60%) que celle des ventes à l’unité (+38%). Comprenne qui pourra. De  quoi  jeter  le  trouble  sur un modèle qui se cherche encore à l'image des nouvelles plates-formes de téléchargement qui semblent hésiter entre le modèle payant et gratuit à l’image de Deezer qui à côté de sa plate-forme traditionnelle et gratuite  (plusieurs  millions  de  visiteurs)  n’a en revanche réuni que 10.000 abonnés à peine pour sa plate-forme payante. Dans ce paysage, les réseaux de distribution traditionnels  de la grande distribution résistent tant bien que mal.

Après  plusieurs  années en chute libre, les ventes de disques sur supports physiques se sont en effet stabilisées en 2009. Mais il n'empêche, pour la première fois depuis longtemps en effet, les ventes de Cd en grande surface marquent le pas au  profit  de  nouveaux  fournisseurs de musique. En France, les grandes surfaces alimentaires représentent toujours 34% du marché, mais ce résultat est loin derrière les 46% observés en 2005. Outre-atlantique, le grand gagnant est assurément Itunes qui vend d’ores et déjà bien plus de musique sur sa plate-forme incontournable que le géant de la distribution Wall-mart. Il faut savoir qu'aux Etats-Unis, la musique numérique représente désormais plus 40% de la distribution  (15% en Europe) sans que cette tendance ne montre le moindre signe de faiblesse. De quoi s'attendre à de prochains bouleversements.

Que  n’a-t-on  entendu ces dernières années sur les réseaux traditionnels de distribution de produits culturels comme la FNAC, accusés sans cesse d’être trop mercantiles et d’être responsables d’un certain conformisme culturel, idéologique et artistique, ne proposant somme toutes qu’un choix très ciblé et limité d’artistes. J’ai toujours été pour ma part très réticent à porter la critique sur ces lieux de vente des produits de culture de masse. Et le fait que des réseaux comme la FNAC  semblent accuser  gravement  le  coup  ne  me réjouit pas le moins du monde.  La baisse sensible des ventes de disque en magasin serait ainsi en grande partie à l’origine de la décision de principe du groupe PPR de mettre en vente ce fleuron de la distribution culturelle. La perspective de sa disparition ( celle des Ternes annoncée pour 2011 puis démentie ensuite m'attriste profondément ) serait, je pense, une grande perte dans le paysage culturel. Combien de fois ai-je arpenté  les  rayons  jazz de la Fnac Montparnasse à la recherche des conseils avisés et éclairés des vendeurs passionnés grâce à qui j'ai pu me constituer une discothèque idéale et digne de ce nom. Et combien d’entre nous se sont constitué leur  première  discothèque de jazz en allant faire des razzias sur les « opérations » Blue Note de la FNAC ! Combien de fois, vous êtes vous retrouvés, perdus dans une grande ville de province à déambuler dans les allées d’une FNAC au milieu des nouveautés comme dans un lieu familier où il fait bon chiner et s'égarer. Qu’un lieu de culture qu’il soit de masse ou non, qu’il soit mercantile ou non disparaisse nous semble toujours être une mauvaise nouvelle.

A moins que l’on invente d’autres modèles pour éveiller notre goût pour la culture. C’est assurément le défi de demain auquel nous devons nous atteler hâtivement.

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 07:41

ma-pomme.jpgDifficile de dire de quoi l'année 2010 sera faite. Mais si l'on devait tirer un bilan de l'année qui vient de s’écouler, on serait bien en peine d'y voir quelques indices. Sur le plan de la production discographique, c'est un peu comme si les choses avaient suivi leur cours, avec quelques bons moments mais sans réel éclat majeur. Les chocs de l'année attribués par Jazzmagazine ne permettent pas de déceler les révélations qui devraient bouleverser le paysage. « Kind of Blue » a certes marqué les 50 dernières années du jazz mais ce n'est pas en 2009 que nous verrons naître devant l'œuvre qui fera date. Et si l'on encense aujourd’hui à juste titre l'album d'Allan Toussaint (Bright Mississipi) c'est plus parce qu’il fait revivre à sa manière et avec une sacrée modernité, la Nouvelle-Orléans. La modernité dans la tradition. Et l'un disque de l'année le plus unanimement salué par la critique a été la réédition sublime de l'album de Stan Getz et Kenny Barron, People Time qui date de 1991.

 

En  2009  le  fait  marquant  est aussi le jazz qui entre au musée au travers de deux expositions : celle du Quai Branly célébrant " un siècle de jazz" et celle consacrée à Miles Davis et qui fera certainement date. La réussite éclatante de cette dernière est elle le signe d’un regain d’intérêt pour le jazz de demain. A voir…..

 

Pourtant  si  l’année  est  en demi-teinte ce n’est pas pour autant que les choses n’évoluent pas. Le monde du jazz change. Les médias évoluent. On l'a vu avec la fusion de Jazzman et de Jazzmagazine, la disparition de certains titres outre-atlantique et la création dans la foulée d'un nouveau journal, So Jazz. Dans  ce  microcosme  médiatique,  les  choses  évoluent.  Nous  vous avions parlé de notre collaboration avec le site américain All About jazz qui nous l'espérons contribuera à s'affranchir de quelques étroites frontières hexagonales. Voilà désormais  que  nos confrères  de Citizen Jazz font peau neuve. Et quelle révolution puisque ce site de référence devient bien plus qu'un site, un véritable magazine en ligne prenant ainsi le contre-pied de tous ceux qui estiment que le net n'offre pas de modèle économique viable. Et c'est avec, avouons le, un peu de jalousie que nous applaudissons et souhaitons longue vie à ce très beau support. Une grande réussite qui fait référence.

On  le  voit  les  modèles  sont  donc  à  inventer  ou  à  créer. Nous avons eu récemment écho d'une initiative qui consistera à proposer demain la retransmission des concerts de jazz en direct dans.... des salles de cinéma. Pourquoi pas ! La démultiplication  des  lieux de jazz (et de musique en général) est une expérience tentante. Les artistes aujourd’hui ont bien plus à gagner en tablant désormais sur la diffusion des concerts que sur la vente de la musique. Du coup, on peut déjà  imaginer  que  des lieux de diffusion puissent émerger pour faire vivre le jazz autrement.  À l’heure où l'INA fait un tabac avec la mise en ligne de ses archives comme nous nous en faisons l'écho dans ce numéro, on voit bien que la demande est forte sur la retransmission des images du jazz sur l‘écran.

 

Que  les  lignes et les choses changent, c'est à la fois une évidence et une impérieuse nécessité. Ce début de XXIème siècle, en pleine refonte de ses modèles, se cherche encore. Nous ne savons pas trop ce qui va en sortir mais le vertige de l'inconnu est en tout cas bigrement stimulant.

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 08:25
All About Jazz en France !
S'affranchir des frontières ne devrait plus aujourd'hui être un sujet de communication. Et pourtant dans la refonte des paysages médiatiques en général et de la presse en particulier,on constate que ces frontières ont la vie dure, portées par un ethnocentrisme naturel du lectorat. Cela est vrai dans la presse généraliste mais aussi dans des secteurs comme le jazz où la notion de frontière perméable est a priori plus étonnante puisqu'il s'agit avant tout de musique. Nous sommes régulièrement surpris en discutant avec des spectateurs étrangers à l'occasion des festivals d'été, de les voir découvrir tel ou tel musicien français et s'étonner que ceux-ci ne soient pas plus connus à l'étranger.  Ce n'est pourtant pas que le jazz français s'exporte mal, c'est surtout qu' il s'exporte peu. Si l'on ne peut bien sûr pas en blâmer la presse traditionnelle qui ne peut s'affranchir des contraintes naturelles et physiques de son mode de diffusion ( langage, distribution, espace géographique limités), la toile en revanche peut communiquer "en temps réel" d'un bout à l'autre de la planète. La toile, formidable ouverture au monde. Formidable opportunité pour notre jazz.

C'est pourquoi nous sommes particulièrement heureux d'annoncer aujourd'hui la naissance de la collaboration de notre site français, les Dernières Nouvelles du Jazz (www.lesdnj.com) avec le site All About Jazz (http://www.ALL ABOUT JAZZ.COM) . Ce dernier, bien connu des passionnés est assurément l'un des sites le plus puissant en matière de jazz, tant par sa base documentaire ( articles, chroniques, Mp3, vidéo), son contenu éditorial et sa fréquentation.  All About Jazz c'est une vision planétaire du jazz avec plus d'un million de visiteurs par mois dont environ 40% de visiteurs Nord Américains et le reste venant du monde entier. All About Jazz c'est aussi une très large équipe rédactionnelle, un coverage impressionnant couvrant les 5 continents et deux extensions en Europe : All About Jazz Italy et, désormais, Les DNJ.
les DNJ  de son côté participe depuis plus de 5 ans au suivi attentif et régulier de l'actualité du jazz en France et compte dans ses rangs quelques journalistes reconnus que les lecteurs lisent parfois sur d'autres supports ( Jazzman, Jazzmagazine, Libération, Citizen jazz....). Une équipe qui devrait d'ailleurs s'étoffer prochainement avec l'arrivée de quelques grands noms du jazz en France.

Mais très concrètement, de quoi  est faite cette collaboration ? Elle prend d'ores et déjà plusieurs formes  basées sur la réciprocité des échanges.
Certaines chroniques des DNJ portant sur l'actualité des artistes français ( CD, interviews, portraits), mais aussi sur des "événements  spéciaux" du jazz (concerts, festivals, Victoires, Django D'or et autres) seront donc publiés et chroniqués sur le site de AAJ. Et parce que le public de AAJ vient du monde entier, ces publications  seront bien sûr éditées en anglais. Un exemple concret de cette collaboration déjà active vous en est donné au travers des quelques articles parus en cette fin d'été et dont vous trouverez le lien ci-contre ( "Le Sens de la Marche" de Marc Ducret, "Original Pimpant "d'Emile Parisien ou encore une interview de Yaron Herman.)
A l'inverse, certaines chroniques de AAJ seront reprises sur le site des DNJ. Elles apporteront un éclairage nouveau sur des artistes étrangers aujourd'hui peu connus en France ou sur des événements marquants du jazz "hors nos murs" et dont All About Jazz se fait déjà l'écho dans ses colonnes.

Faire le pari de l'échange avec All About Jazz  ouvre nos horizons à tous. C'est miser sur ce formidable vecteur pour faire connaître hors de nos frontières le jazz tel qu'il se pratique , se joue et se conçoit en France. Mais au delà d'un échange, c'est vers un véritable partenariat culturel  que nous nous orientons, avec cette volonté farouche de défendre là bas les couleurs d'un jazz français trop injustement méconnu. Ce désir d'ouvrir  juste une simple fenêtre, vers l'extérieur, vers un large espace . En contribuant  avec une passion sans faille à devenir la voix du jazz français à l'étranger, en contribuant au rayonnement de nos artistes et en apportant le modeste éclairage de ce qui se passe sur la scène française, vivante, active et toujours fertile, en diffusant cette culture du jazz qui, à l'heure du web ne saurait s'accommoder de quelconques frontières, nous ne visons somme toute que l'échange des points de vue, et le dialogue des cultures. Celles-ci ont un formidable point commun  : l'amour du jazz  et de la musique.


PS :  Le premier exemple concret de cette collaboration dans les chroniques publiées sur AAJ
http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=33741
http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=33710
http://www.allaboutjazz.com/php/article.php?id=33742

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 00:33

Dans le petit monde du jazz dans lequel nous évoluons, l’univers peut nous sembler étroit et parfois confiné. Un peu étouffant. Dans ce microcosme dont on fait assez rapidement le tour, tout le monde se connaît et se reconnaît, à l’entrée des clubs de jazz et dans les « milieux autorisés ». Comme dans toutes familles nous avons nos guerres de clans, genre de guerre des boutons qui ne dure jamais bien longtemps. C’est drôle de voir les tranchées sans merci entre les « pro » et les « anti » qui d’un mois sur l’autre basculent dans le camps d’en face et fraternisent avec les ennemis d’hier au gré d’un concert ou du dernier disque entendu et autour duquel on se retrouve en se tapant sur le ventre. Nous avons nos codes, nos écoles et évidemment le soleil brille bien plus fort chez nous qu’en face. On a nos « Monseigneur Lefebvre », nos partisans de la musique en latin, nos figues aigres et nos raisins moisis. Cela n’a guère changé avec le temps et les « clochers » sont assurément bien gardés. Les partisans du jazz comme-ci ne se mêlent que rarement aux partisans du jazz comme ça et l'on voudrait nous faire croire à la suprématie des journaux de jazz « web » sur les journaux de jazz « papiers » lançant ainsi de faux débats sous l’oeil amusé ou consterné d’un public qui s’en bat les oreilles comme de son premier album de jazz. 

 

Et c’est en partant de ce constat que certains en ont tiré la conclusion que le monde du jazz est un monde qui ne peut se contenter de cet espace clos et par trop fragmenté en chapelle. Il est urgent de se retrouver, de regrouper nos forces, de fusionner en quelque sorte. Car c’est à se diviser que l’on s’étiole. Or le jazz a besoin d’ouverture, de révolution et même de s’alimenter constamment de fausses notes. C’est ce qui lui donne vie.

Et par chance, l’ouverture nous allons la retrouver, l’été venu avec tous ces festivals, sortant ainsi de l’univers des réseaux de tel ou tel club pour aller à la rencontre d’un public pas toujours érudit mais toujours composé d’auditeurs formidablement généreux et curieux.

La révolution, nous la connaîtrons plus tard. A la rentrée. Des signaux de changement. Des signes de l’existence d’un monde en mouvement. D’une remise en cause perpétuelle de ses certitudes et de ses formats. Remise en cause sans laquelle tout risquerait de décrépir avant de tout simplement périr. Ces minis- révolutions sont une saine obligation qui nous est faite à tous, journalistes, musiciens, publics. Car le jazz ne cesse de tirer sa vie et sa formidable vigueur de ses petites morts domptées et toujours surmontées.

Des grincheux crieront alors aux fausses notes. Des puristes se lèveront, vilipenderont, quitteront la scène en criant au scandale ou bien jubileront bêtement dans leur coin. Ils en oublieront que le jazz c’est aussi l’art de composer avec la fausse note. L’essentiel en jazz c’est que cette fausse note soit toujours voulue et toujours bien placée. C’est là tout l’enjeu.


Jean-Marc Gelin
Redacteur en chef 

 

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 07:07

Les discussions en cours au sujet de la loi Hadopi, si intéressant soit-elles nous semblent néanmoins avoir évité le débat de fond sur le mode de consommation culturelle auquel nous sommes actuellement confrontés. Débat qui n’a finalement pas eu lieu. Car si la question fondamentale est bien évidemment celle de la juste rémunération des artistes sans quoi il n’y a plus de création possible, on ne saurait pourtant passer au travers d’une réflexion sur nos habitudes en matière d’achat de produits culturels. La question est en effet moins celle du mode de téléchargement (légal ou non) que celle du téléchargement lui-même.

Nous sommes en effet confrontés avec le téléchargement à une pratique culturelle d’un mode nouveau, consumériste, immédiat, spontané et quasiment impulsif. Et cela est particulièrement vrai en musique où (à la différence des films) il est permis de télécharger un morceau d’un album par-ci et un autre morceau par là. Imaginez Kind of Blue où chaque titre serait téléchargeable indépendamment des autres. Plus question de parler d’œuvre, plus question de construire, l’objectif est plutôt de livrer de la musique à flot continu et par là même de consommer sans modération en zappant d’un morceau à l’autre. Je m’épate d’ailleurs de ce qu’avec mon nouveau mobile je peux « tager » n’importe quel morceau entendu dans un lieu public et le télécharger instantanément !!

On ne peut alors s’empêcher de s’interroger sur ces nouvelles pratiques si l’on regarde les statistiques parues sur la diffusion des médias (presse et radio) pour l’année 2008. En effet lorsque l’on voit que le premier mensuel dédié à la musique en France réalise une diffusion totale de 42.429  exemplaires loin derrière un magazine comme Investir Magazine qui en réalise plus du double ou que Point de vue (eh oui ça existe encore) qui fait 259.000 !!! Idem pour la radio puisque si, l’on peut se réjouir de voir les parts d’audience de France Musique remonter de 0,2 point entre le 1er trimestre 2008 et le 1er trimestre 2009, il n’empêche que ces parts sont loin derrière des radios comme RTL2 (3,0), NRJ (5,8) ou Skyrock (4,3). D’ailleurs toutes radios confondues, les parts d’audience des chaînes musicales perdent 2 points au profit des radios généralistes (essentiellement France Inter).

 

Il y a là de quoi nous poser des questions assurément sur la façon dont nous allons écouter de la musique demain. Allons nous consommer sans recul et sans information, sans « savoir » et sans réel goût de la musique. Pas sûr si l’on en croit la fréquentation des écoles de musiques partout en France, si l’on en juge aussi par le besoin de jouer de chanter ou de danser tel qu’il s’exprime à l’occasion d’événements comme la fête de la musique, et surtout si l’on en juge par la (sur)production discographique qui contre vents et marées ne cesse de progresser.

Le goût de la musique reste, mais les pratiques d’écoute changent pour le meilleur ou pour le pire. Et pour l’heure si nous ne savons pas prévoir la forme de cet avenir proche, n’évitons pas à tout le moins ce vrai débat de fond.

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