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16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 12:45

Lee Konitz est mort des suites du covid-19, hier 15 avril 2020, à New York

 

Réveillé à 7h55 par un SMS du camarade Lemarchand «Tristesse avec le décès de Lee Konitz(...) Tu fais un portrait ?» Pas envie de faire un portrait, et je n'en prépare pas pour ce genre de pénible circonstance. Refus systématique du réflexe supposément professionnel : d'ailleurs je suis redevenu un amateur (que je n'avais jamais cessé d'être....). Réveil difficile : depuis une heure j'essayais de me rendormir, et mon subconscient vagabondait dans la campagne de la Flandre française, quelque part au pied du Mont Cassel. À pied, en voiture, en vélo ou à cheval ? Je ne m'en souviens plus, et d'ailleurs j'ai parcouru cette contrée par ces divers moyens.

 

Lost Lee

Ce qui me revient, ce sont des souvenirs, par vagues successives. Un déjeuner, voici quelques mois, avec Dan Tepfer, qui fut son ultime partenaire en duo à la Jazz Gallery de New York. Et une conversation avec Henri Renaud, alors que nous nous succédions à l'antenne de France Musique, dans les années 80. Lors de la séance du 17 septembre 1953, pour les disques Vogue (en quintette ou quartette, avec alternativement Henri au piano et Jimmy Gourley à la guitare), une des nombreuses versions de I'll Remember April fut intitulée, dans la première édition, Lost Henri. Sans piano mais avec guitare. Pourquoi ? Henri n'a pas pu, ou pas voulu, me dire exactement pour quelle raison il était absent du studio pour cette prise : une cigarette ? Un besoin naturel ? Un mouvement d'humeur ? Qui sait....

 

Far away from, and around.... standards

Ce souvenir d'auditeur ravive ma perception majeure de l'Art de Lee : autour des standards, toujours, et aussi loin que possible de la ligne mélodique originelle. D'ailleurs, sur la version originale du disque ci-avant évoqué, très peu des titres originaux étaient crédités, car souvent Lee entrait directement dans la paraphrase, la digression, le commentaire, la déambulation rêveuse. Un Art qu'il partageait avec Lennie Tristano, qui l'avait initié à cette pratique intransigeante de la liberté. Mais les éditions ultérieures de ce disque alignaient servilement les titres des standards, quand bien même le thème n'était pas joué.... Mystère de la frilosité de l'édition phonographique face à la liberté du créateur.

 

Liberté, le Maître mot

En parcourant ma discothèque, vinyles et CD confondus, je m'aperçois que j'ai autant de disques de Konitz sous son nom que de disques de Miles Davis, Thelonious Monk ou Charlie Parker. Et un peu plus que d'Armstrong ou du Duke : aveu de sectarisme ? Non, simple tropisme d'amateur. J'ai souvent écouté Konitz en concert, parfois dans des contextes inattendus, comme au sein du Big Band de George Gruntz au studio 105 de Radio France en 1987, où il côtoyait, dans la section de sax, Joe Henderson. Mais les grands souvenirs restent les duos avec Martial Solal. Vers la fin de l'année 1980, au défunt Dreher, à Paris, près de la Place du Châtelet, j'ai assisté à un concert de ce duo. Comme toujours, pas de programme préétabli. L'un commence, en toute liberté, l'autre identifie la grille, et le dialogue commence. Mais à un moment du concert, ils crurent l'un et l'autre identifier un thème : il était différent, et chacun suivit son idée, sur des grilles proches et presque compatibles, en se jouant des tensions et frottements harmoniques. Un grand moment de musique et de liberté. Après le concert, je dînais avec Martial et Lee, car je devais enregistrer un entretien avec Martial pour une émission prévue, début 1981, sur Radio K, radio francophone installée à San Remo (le monopole de radiodiffusion existait encore à l'ère Giscard), où j'ai débuté professionnellement après des expériences d'amateur dans les radios pirates du Nord de la France. L'entretien nourrirait quelques semaines plus tard l'une de mes première émissions, destinée à annoncer un concert du duo dans la MJC Picaud de Cannes. Et après ce concert cannois je réalisais une interview de Lee Konitz pour une émission consacrée à son considérable parcours. Ce que je retiens des deux compères, Martial et Lee, c'est l'humour. Chez Martial il ponctue souvent des réponses d'une grande clarté. Chez Lee au contraire, l'humour parasite constamment le message, comme si le saxophoniste l'utilisait pour tenir à distance le vif du sujet.

   Lee Konitz et Martial Solal, collection personnelle de Martial Solal

 

À Martial, le mot de la fin

Je laisserai à celui qui fut son ami, et aussi son partenaire musical de 1968 jusqu'aux années 2000, le dernier mot. Dans l'entretien qu'il m'avait accordé fin 2003 pour un document patrimonial en vidéo, commandé et produit par l'INA, Martial décrivait ainsi sa complicité avec Lee Konitz : «Lee Konitz a été ma collaboration la plus longue et la plus intéressante. Avant lui comme collaboration de longue durée, il y avait eu Lucky Thompson, avec qui j'ai enregistré quantité de disques. Mais avec Lee la collaboration a été plus longue et plus proche, dans la façon d'aborder la musique de jazz, encore que Lee Konitz et moi-même ayons des univers différents ; mais je les estime complémentaires. Tandis qu'avec des gens comme Lucky Thompson ou d'autres, nous étions un peu en parallèle, si vous voulez. Avec Lee Konitz il existe une complémentarité des styles. Il a un don mélodique extraordinaire. Moi, de mon côté, je le soutiens par un espèce de background fait d'excitation, de stimulation, qui peut le faire sortir justement de ses gonds. Et lui a tendance à retenir mes excès. Donc c'est très complémentaire. On joue très souvent ensemble, aussi souvent que possible. La dernière fois, c'était cette année-même, à l'Iridium de New-York, on a joué pendant une semaine. Nous avons, durant toutes ces années, donné des centaines de concerts : des tournées sur la West Coast des Etats-Unis, en Europe, en France, dans les endroits les plus modestes comme dans les plus prestigieux.»

Xavier Prévost

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Cet entretien a été publié, dans un livre-DVD (Martial Solal, Compositeur de l'instant, INA/Michel de Maule, 2005). On peut aussi accéder à l'entretien en vidéo sur le site de l'INA par ce lien

http://www.ina.fr/grands-entretiens/video/Musique/Solal 

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Lee Konitz, Warne Marsh, Bill Evans, Jimmy Garrison & Paul Motian, «Live at the Half Note», 1959

https://www.youtube.com/watch?v=K4sT4okQImM&list=PLSS3g4JHfKxlTqvPY3IZfruQc-_Ty3Uei&index=24

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 20:39

Nouvelle chanteuse encore peu connue sur la scène française, Hailey Tuck tout droit venue d'Austin (Texas) va voir apporter une grosse dose de bonne humeur et de facétie.

Son jazz est texan, folk et drôle. Une grande bouffée de chaleur intimiste dans les frimas de l'hiver.

Ne pas la manquer jeudi soir au New Morning à Paris

 

 

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3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 20:07

Samedi 9 février à 20h

à L'Auditorium de la Seine Musicale

Ile Seguin - 92100 Boulogne

https://www.laseinemusicale.com/spectacles-concerts/michel-petrucciani_e422

 

S'il vous faut bien noter dans vos agendas une date exceptionnelle, c'est bien celle qui aura lieu Samedi 9 à 20h à La Seine Musicale.

Organisée par l'Académie du Jazz pour la soirée de remise de son palmarès, cette soirée sera aussi l'occasion d'un concert UNIQUE en hommage au très regretté Michel Petrucciani disparu il y a 20 ans, en janvier 1999.

Cette soirée, outre la remise des prix sera l'occasion d'accueillir un grand nombre de talents exceptionnels venus rendre hommage à l'immense pianiste du Vaucluse.

Une soirée à ne manquer sous aucun prétexte.

 

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 12:39
MICHEL LEGRAND ou les mélodies d'un certain bonheur

 

 

 

 

 

Voilà que Michel LEGRAND a rejoint son copain Jacques DEMY au paradis des musiciens et cinéastes, des amoureux de comédies musicales, des compositeurs de musiques de film.

Les hommages fleurissent et chacun de se souvenir  de cette époque, selon son âge et ses goûts musicaux: variétés, pop, jazz...

Une autre façon de penser à ma mère qui écoutait à la radio, sur France Inter, ses duos avec Caterina Valente, Nana Mouskouri, qui me fit écouter  Nougaro interprétant  "Le cinéma"  sur le 45 tours  ”Sur l' écran noir de mes nuits blanches"... Je la revois encore, enthousiaste, reprenant la mélodie de “Quand on s’aime” de 1965 qui swinguait terrible… Et moi aussi, j’aimais ça…

Plus tard, passionnée de ciné, je suis tombée sous le charme de ses orchestrations, de certaines mélodies qui collaient parfaitement  aux films comme celle d' Un été 42 du trop méconnu Robert MULLIGAN (1976) : une musique romanesque, plus poignante que celle de "The windmills of your mind", dans L’Affaire Thomas Crown (1968) de Norman Jewison. De toute façon il eut un oscar pour chacun de ces thèmes.

Il y eut aussi Peau d’âne que j’eus la chance de voir à sa sortie en 1970 et qui me ravit, c’était quand même mieux que DISNEY. Cette histoire où “on ne mariait pas les filles avec leur papa” avait la texture, la saveur d’un conte de fées moderne et français : un Chambord de rêve, la beauté des costumes, des robes "couleur de temps" de Catherine Deneuve, le charme des acteurs, de la féminine fée lilas Delphine Seyrig à Jacques Perrin si juvénile. Je comprenais mal les chansons mièvres comme  "Rêves secrets d'un prince et d'une princesse"….  “nous nous gaverons de pâtisseries...mais qu’allons nous faire de tous ces plaisirs? Il y en a tant sur terre...nous ferons ce qui est interdit”. Un fameux credo, ceci dit, pas du tout politiquement correct...

Et le jazz dans tout ça? Pour moi, demeure ce classique We must Believe in spring que les plus grands jazzmen ont repris mais que la version de Bill Evans transcende peut être; ce titre vaudrait à lui seul d'écouter du Michel Legrand, qui imprime à toutes ses compositions, véritables "chansons", sa marque. Absolument inimitable dans son extravagance.

Et puis, en conclusion, je souhaitais vous faire partager la pépite, dénichée sur l’INA d’un amateur de jazz, l'expert Gérard Ponthieu qui tient un blog curieux, éclectique et inspiré.

Une belle façon de rendre hommage aux musiciens de jazz, aux pianistes…et à cette musique!

https://c-pour-dire.com/

Sophie Chambon 

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 10:05

Quand Michel Legrand rencontra Miles Davis


 « Le jazz je l’aime avec ma raison, mon cerveau, ma technique mais je l’aime aussi physiquement », confiait Michel Legrand disparu le 26 janvier à 86 ans.  Si le concert de Dizzy Gillespie en 1948 à Pleyel fut pour lui « un électrochoc », une révélation du  jazz, c’est avec Miles Davis que le protéiforme et oscarisé Michel, compositeur aux 1600 musiques de films, vécut l’aventure musicale la plus forte.
L’élève de Nadia Boulanger va rencontrer Miles en 1957 à Paris au club Saint Germain. Ils échangent quelques mots. L’année suivante sera déterminante pour leur coopération. Philips et Columbia décident de financer l’album de son choix pour remercier Michel du succès énorme aux Etats-Unis de son disque I Love Paris où le musicien avait arrangé sur le thème de la ville-lumière quelques-uns des grandes chansons comme Les Feuilles Mortes, Sous les ponts de Paris, Paris, je t’aime. Le choix de Michel est vite fait : un album de jazz haut de gamme. La preuve : avec l’aide de Boris Vian, il retient quelques titres majeurs (Round Midnight, Django, Nuages, Night in Tunisia) et surtout sélectionne ses interprètes, Miles Davis, John Coltrane, Ben Webster, Phil Woods, Herbie Mann, Hank Jones, Bill Evans…Rendez-vous est pris pour l’enregistrement en studio à New-York le 25 juin 1958. Reste à convaincre Miles. Des gens du métier lui font part de leurs craintes : Miles viendra écouter ta musique en catimini et si cela ne lui plaît pas, tu n’entendras jamais plus parler de lui. Sombre prédiction qui ne se réalisera pas. « A la fin de la première prise de Django, Miles lui adresse « un large sourire » et dit «  tu es content de moi ? j’ai joué comme tu voulais » (in J’ai le regret de vous dire oui. Michel Legrand avec Stéphane Lerouge. Ed. Fayard 2018). A partir de là, « notre séance de quatre heures se révèle rapide, fluide, sans accroc ». L’album gravé intitulé simplement « Legrand Jazz » recueillera un large succès et pas seulement chez les amateurs de la note bleue. « Je dois infiniment à cet album, il m’a offert une crédibilité, une crédibilité comme homme de jazz ».
Suivront des albums avec Sarah Vaughan-qui donnera un sublime The summer knows, version vocale du film Un été 42- Stan Getz (Communications 72, album symphonique avec une pochette ornée d’une peinture de Raymond Moretti) ou encore Stéphane Grappelli pour un disque (sorti en 1992) construit sur des chansons françaises éternelles (Mon légionnaire, Mon homme, C’est si bon) .
Avec Miles, les contacts s’espacent, chacun menant sa carrière. Jusqu’en 1990 où Michel est contacté par un cinéaste australien Rolf de Heer qui prépare un film, Dingo. Miles veut bien en écrire la musique mais à la condition que « Mike » lui apporte son concours. L’affaire est conclue. S’il n’est pas une merveille du 7ème art, Dingo, qui sortira en 1992 après le décès de Miles, restera comme la dernière coopération entre deux génies musicaux.
Jean-Louis Lemarchand

 

Quand Michel Legrand rencontra Miles Davis

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30 décembre 2018 7 30 /12 /décembre /2018 08:05

 

Concert hommage initié par l’Académie du Jazz, journées spéciales à la radio (France Musique, TSF), sorties de coffrets de disques sur sa période Dreyfus : de nombreux événements sont prévus pour célébrer les 20 ans de la disparition de Michel Petrucciani le 6 janvier 1999 à 36 ans.
Pour les amateurs du pianiste « pétri de musique » selon le mot d’une voisine de sa ville natale Orange, les hommages ont débuté cet automne avec la sortie chez BMG d’une intégrale de la production discographique chez Dreyfus (12 cd). La même maison de disques, qui a repris le catalogue Dreyfus sort en janvier une anthologie des compositions de Michel Petrucciani avec le témoignage de pas moins de 40 pianistes recueillis par Pascal Anquetil.
Sur les ondes, France Musique consacrera une semaine spéciale à Michel Petrucciani : dans son émission,  Open Jazz (18 h-19 h), 'Alex Dutilh invitera  cinq pianistes du 2 au 8 janvier (2 janvier, Laurent Coulondre, le 3 Manuel Rocheman, le 4 Bruno Ruder, le 7 Thomas Enhco et le 8 Baptiste Trotignon) ; les Légendes du Jazz de Jérôme Badini proposeront des concerts du pianiste les 5 et 6 janvier de 18 h à 19 h ; le temps fort sera constitué par une nuit Petrucciani du 5 janvier à minuit au 6 janvier à 7 h présentant des concerts du pianiste disparu.  Quant à TSF, la station présentera tout au long de la semaine du 7 au 11 janvier un abécédaire dédié à Michel Petrucciani en même temps que deux numéros de son émission dominicale Rue des Archives et des témoignage de ses proches dont Aldo Romano et Jean-Jacques Pussiau.
Les fans de Michel Petrucciani retrouveront Aldo Romano sur scène le 9 février à l’auditorium de la Seine Musicale à Boulogne Billancourt lors d’un concert organisé par l’Académie du Jazz qui réunira entre autres des musiciens ayant joué avec le pianiste, Joe Lovano, Lenny White, Flavio Boltro , Philippe Petrucciani (son frère) mais aussi les pianistes Franck Avitabile, Jacky Terrasson et Laurent Coulondre, la saxophoniste Géraldine Laurent, le bassiste Géraud Portal...
Jean-Louis Lemarchand

 

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18 octobre 2018 4 18 /10 /octobre /2018 17:32

Dmitry Baevsky, saxophone alto, Jeb Patton, piano.

27 mars 2018. Studio Gil Evans. Amiens. Jazz & People/Pias.

Cette année aura été festive pour les amateurs de duo saxophone alto-piano. Au début de l’été, Lee Konitz, qui s’était livré à cet exercice intime en 1982 avec Michel Petrucciani (Toot Sweet. Owl) dialoguait avec Dan Tepfer  (Decade-Verve) dans un climat serein et aérien. Avec les duettistes Dmitry Baevsky, altiste et Jeb Patton, pianiste, c’est une toute autre affaire. Non pas que les sommets ne soient pas là aussi atteints, mais ces deux quadragénaires, le russe et l’américain s’expriment dans une relation de complicité vive et joyeuse. Ils se connaissent depuis une décennie, pratiquant leur art sur la scène new-yorkaise. Ils partagent cette même vision du jazz, rencontre de la tradition et de la modernité sans excès. « Je tiens enfin à rester fidèle à ce que je considère comme l’essence même du jazz : le swing ! En clair, une mélodie forte, un propos limpide, une harmonie intéressante » confiait à Libération le saxophoniste natif de Saint Petersbourg. Le choix du répertoire dans We Two répond à cette conception. Une seule et unique composition de Baevsky (Something for Sonny) pour des reprises de Cole Porter (All Through The Night, You’d Be So Easy to Love), Charlie Parker (Quasimodo), Duke Ellington (délicieux Le sucrier velours) et un hommage du pianiste à l’un de ses « patrons », Jimmy Heath (The Serpent’s Tooth). L’altiste a écouté Parker, Stitt, Rollins, le pianiste Sir Roland Hanna, qui fut son professeur et aussi McCoy Tyner. Autant de références glorieuses que l’on retrouve dans ce duo vif-argent qui donne ici un album de belle facture.
Jean-Louis Lemarchand
 Dmitry Baevsky et Jeb Patton seront vendredi 19 octobre au Sunside (75001) à 21 h pour un concert donné dans le cadre du festival Jazz sur Seine.

@Eric Garault

 

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23 juin 2018 6 23 /06 /juin /2018 10:45

Ça commence dès ce soir, samedi 23 juin, à 19h, avec le concert du quartette de Daniel Humair enregistré le 9 juin.

 

Et cela se poursuit tout au long de l'été, en semaine, à 23h

2 juillet : Matthieu Donarier Trio 'Papier Jungle'

3 juillet : Caratini Jazz Ensemble '20ème anniversaire'

4 juillet : Stefano Bollani 'Napoli Trip'

5 juillet : Hervé Sellin All Stars 'Thelonious Monk Orchestra at Town Hall 1959'

6 juillet : Bill Frisell 'Music For Strings'

9 juillet : Claudia Solal / Benjamin Moussay 'Butter in my brain'

10 juillet : Enrico Pieranunzi Trio

13 juillet : Vincent Lê Quang Quartet

23 juillet : Pierrick Pédron Quartet

24 juillet : Daniel Zimmermann Quartet

25 juillet : Henri Texier 'Sky Dancers Sextet'

26 juillet : Médéric Collignon & Le Jus de Bocse + EuTéPé, l’Ensemble de Trompettes de Paris

6 août : Un Poco Loco 'Feelin’ Pretty'

7 août : nOx.3 & Linda Oláh 'Inget nytt'

8 août : Angelo Debarre / Marius Apostol 'Gipsy Unity' Quintet

10 août : Eric Prost / Jean-Charles Richard Quintet 'L’Équilibre de Nash'

13 août : Antoine Boyer & Samuelito

14 août : Frédéric Couderc Quartet 'Hommage à Roland Kirk'

16 août : Emile Parisien / Vincent Peirani duo

17 août : Thomas de Pourquery 'Supersonic'

 

et 3 concerts des saisons précédentes non diffusés en raison des grèves

20 août : Matteo Bortone 'Travelers'

21 août : Jean-Christophe Cholet / Alban Darche / Mathias Rüegg 'Le Tombeau de Poulenc'

22 août : André Villéger / Philippe Milanta

 

Bientôt sur Les Dernières Nouvelles du Jazz des infos sur les autres concerts de jazz de l'été sur France Musique

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13 mars 2018 2 13 /03 /mars /2018 20:19

Leila Martial, chanteuse « sur le fil »

les 13 et 14 à Paris (Atelier du Plateau)


Jazz Café Montparnasse (75014) le 10 mars, Baa Box : Leila Martial (vocal), Pierre Tereygeol (guitare), Eric Perez (batterie).
Chaussures montantes façon Doc Martens, pantalon noir bariolé, le micro dans la main droite et la gauche manipulant une console, Leila Martial attaque son tour de chant pied au plancher. Dans ce lieu revenu au jazz du quartier Montparnasse, ce samedi soir, le public- fans de l’artiste enthousiastes au bar et dineurs d’un genre  sérieux et attentif- va vibrer à l’unisson à une performance vocale d’une rare intensité. « Quand je suis sur scène, je suis sur un fil, je m’aventure toujours à la limite de ce que je suis capable de faire », confiait l’ancienne élève du collège musical de Marciac dans le livret de son premier album en leader, Dance Floor (OutNote Records.2012). Engagement  tenu ce 10 mars par Leila avec sa formation Baa Box, un trio  aux accents électroniques et aux couleurs de rock alternatif :le batteur Eric Perez (« mon alter ego », dit-elle) et le guitariste Pierre Tereygeol qui n’hésite pas à mordre les cordes de son instrument  « à la Jimi Hendrix ». Leila joue de sa voix comme d’un saxophone, s’aventure dans les aigus, exprime une énergie communicative permanente et dans la minute suivante fredonne avec ses deux comparses sur une mélodie suave (Oh Papa, composition d’Eric Perez). Ils sont en symbiose ces trois-là et se trouvent sur un répertoire fait uniquement de leurs œuvres (Baabel. Laborie.2017). A la fin du premier set, une cinquantaine de minutes, l’observateur retrouve la terre ferme, étourdi, transporté.  

Jean-Louis Lemarchand
Leila Martial en concert : en mars, le 30 à Aix en Provence, en avril, le 5 à Montbriçon, le 7 à Paris (La Générale), les 13 et 14 à Paris (Atelier du Plateau). La chanteuse sortira un nouveau album à l’automne pour le label Laborie.

 

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 07:44
@jean-louis Lemarchand

 

« Stéphane aura été l'exemple du musicien qui fait de la musique jusqu'au dernier souffle. » nous confiait en 2000 Didier Lockwood à la sortie d’un album-hommage (chez Dreyfus Music) à celui qu’il considérait comme son maître, Stéphane Grappelli. Un propos admiratif que l’on peut reprendre aujourd’hui pour le violoniste, virtuose généreux et éclectique, disparu le 19 février à Paris à 62 ans, victime d’une crise cardiaque. La veille au soir, il régalait le public du club parisien Le Bal Blomet (75015) dans un duo avec un autre as du violon (Sanya Kroitor) lors d’un programme intitulé « Du klezmer au jazz ».

Infatigable artiste, Didier Lockwood  préparait un nouvel album où le jazz rencontrait la musique classique en compagnie de la chanteuse lyrique Patricia Petibon, son épouse depuis 2015. Fin janvier, il avait présenté au Duc des Lombards son tout dernier disque  « Open Doors » (Okeh-Sony Music) où il renouait avec le jazz dans toute sa splendeur ,  avec un trio formé d’Antoine Farao (piano), Daryl Hall (contrebasse) et André Ceccarelli (batterie).
Il était comme cela, Didier Lockwood, n’aimant rien que les échappées libres, refusant les classifications, quitte à brusquer et choquer les puristes. Un trait de caractère qui remonte à sa jeunesse. Né à Calais le 12 février 1956 dans une famille de musiciens (un père professeur de conservatoire), il n’a pas 17 ans quand, jeune Premier prix de violon du conservatoire de Calais, il fonde un groupe de jazz-rock avec Francis, son frère aîné pianiste.  Dès lors  le jeune violoniste, interprète brillant,  va témoigner d’un éclectisme rare, naviguant entre le jazz le plus classique, le jazz-fusion (au sein du groupe Magma), le style manouche, la musique symphonique (compositeur d’un concerto, «Les Mouettes», en 1996 avec l’Orchestre National de Lille)  et n’hésitant pas à  « croiser le fer » avec d’autres musiques du monde  comme dans le spectacle Omkara (2001) en compagnie du danseur indien Raghunath Manet et du percussionniste Ri Murugan .  
« Globe Trotter », pour reprendre le titre d’un de ses disques (2003), Didier Lockwood  éprouvait un réel plaisir à improviser : il avait d’ailleurs intitulé l’un de ses spectacles, one man show grand public, « L’improvisible » (2014), où, sans partition aucune, il passait du jazz au classique (un pot-pourri de Mozart) et aux musiques du monde (Brésil, Europe centrale aux accents tziganes…).
Homme de scène, auteur également de musiques de films (Abus de faiblesse de Catherine Breillat en 2012, Victor Young Perez de Jacques Ouaniche  en 2013), Didier Lockwood nourrissait une autre forte passion, l’enseignement.  Il avait  fondé en 2000 un centre de musique, le CIMDL (Centre international des musiques improvisées Didier Lockwood) à Dammarie-les-Lys (Seine et Marne), commune dont il fut adjoint à la culture.  Mais la musique ne devait pas à ses yeux être réservée aux seuls musiciens. Dans un rapport au gouvernement en 2016, il défendait un apprentissage de la musique par plus d’oralité et moins de solfège. «  La connaissance artistique, confiait-il, doit faire partie intégrante des savoirs fondamentaux au même titre que la lecture ou l'écriture. » Ses préconisations seront-elles entendues post mortem ? Toujours est-il que dans son hommage, la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a salué l’«immense violoniste de jazz français», qui «s’est investi avec passion dans la promotion de l’éducation artistique et culturelle.».

Virtuose et généreux, sensible (cf son livre Questions d’âme, Ed Blow & Bow.2014), Didier Lockwood n’avait pas son pareil pour séduire le public, tous les publics (plus de 4000 concerts en 45 ans de carrière). Elégant, éclectique, enchanteur, il exprimait avec légèreté cette classe qui est la marque des véritables artistes. Une quarantaine de disques en atteste.
Jean-Louis Lemarchand

 

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