Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 20:28

 

Vous avez adoré « Les Fous du Son » (Grasset.2016) sous la plume de Laurent de Wilde (lauréat de l’Académie du Jazz), vous serez bluffé par « La Fabrique du Son » (Editions Textuel), histoire visuelle de l’enregistrement sonore signée Terry Burrows. Une somme (352 pages et 800 documents visuels) qui retrace les inventions de 1857 –le phonautographe, du à Edouard-Léon Scott de Martainville- à nos jours-les plateformes de streaming). « Un siècle d’inventions frénétiques poursuivant toutes le même but, écrit en préface Laurent de Wilde : attraper ce fragile papillon qui volète autour de nos oreilles, le mettre dans une boîte et le faire miraculeusement renaître à la demande. Célébrant ainsi, éternellement, la grande magie du son ». Un voyage illustré richement qui nous fait parcourir les quatre étapes de l’évolution du son enregistré, acoustique, électrique, magnétique, numérique. Une histoire dont les héros se nomment Charles Cros, Thomas Alva Edison (autodidacte et auteur de 1093 brevets), Les Paul, Phil Spector ou encore Karlheinz Brandenburg (le pionnier du MP3)  
La Fabrique du Son. Terry Burrows. 352 pages. 49 €. ISBN 978-é-84597-584-2 editionstextuel.com

 

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
3 septembre 2017 7 03 /09 /septembre /2017 20:17

L’univers de John Coltrane
Roland Guillon. 81 pages. 11,50 €.Edition l’Harmattan.


Auteur prolixe, Roland Guillon a consacré une dizaine d’ouvrages au jazz ces deux dernières décennies. Son champ d’action et de passion se porte sur les années 50-60, avec une attention particulière portée au hard-bop et au free jazz. Cette fois-ci, toujours fidèle aux Editions L’Harmattan et spécialement à la collection Univers musical, le docteur en sociologie s’attaque à un monument, John Coltrane. Fan dès 1959 du « jeune homme en colère » qu’il entendit en concert en 62 et 65, Roland Guillon ne veut pas concurrencer les œuvres majeures et exhaustives sur le ténor (et notamment celles de Lewis Porter et Ben Ratliff). Analysant la période jugée « la plus créative » du saxophoniste, 1959-67, il évoque quelques traits caractéristiques à ses yeux de l’univers de JC dont la modalité, l’africanisme, la croyance (divine), la citoyenneté.  Les qualités de Coltrane tiennent autant, estime-t-il, à son inventivité instrumentale et à son expressivité « extraordinaire » qu’à son ouverture à d’autres mondes. Livre de lecture aisée et rapide (81 pages), « L’univers de John Coltrane » est hautement  conseillé à tous les admirateurs de l’artiste mais aussi à tous ceux qui veulent approcher la personnalité rare d’un jazzman de légende (terme non galvaudé, est-il nécessaire de le dire ?) disparu voici exactement un demi-siècle.
Jean-Louis Lemarchand

 

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 09:36

Les poilus de Harlem, l’épopée des hellfighters dans la grande guerre.

Thomas Saintourens.

Ed Tallandier.

Ce 1er janvier 1918, les brestois entendent une drôle de version de la Marseillaise. Ses interprètes ? Un big band américain, dirigé par Jim Europe, qui vient juste de débarquer au sein d’un régiment uniquement composé d’engagés noirs, le 15ème d’infanterie de la garde nationale de New York. La formation apportera un soutien moral aux troupes participant aux combats, donnant des concerts dans une vingtaine de villes de garnison et aura son heure de gloire à Paris en se produisant au théâtre des Champs-Elysées et au jardin des Tuileries. Son chef, James Reese Europe troquera même sa baguette pour le fusil sur le front des combats et y sera  victime des gaz allemands. Considéré comme un héros, il aura atteint l’objectif artistique et politique qui avait été fixé par son « patron », l’avocat (blanc) William Hayward :  «  donner au jazz ses lettres de noblesse sur le vieux continent ». Quand il a été enrôlé en 1916, Jim Europe a posé ses conditions à son « employeur » qui souhaitait, par cet engagement de jazzmen, aux côtés d’ouvriers et d’employés mais aussi d’avocats et de sportifs, populariser son régiment. Musicien connu et respecté à New-York ( un enregistrement avait été réalisé en 1914 dont un titre, Castle House Rag  ouvre l’histoire des Big Bands, coffret du à André Francis et Jean Schwarz. Le chant du monde, 2006) il avait obtenu que sa formation comprenne au minimum 44 musiciens et qu’ils soient bien rémunérés, allant même jusqu’à Porto-Rico pour dénicher des interprètes de haute volée. Rentré sur le sol natal , le big band parade devant 250.000 personnes dans Manhattan le  17 février 1919 au milieu des rescapés de la Grande guerre de ce 369 ème RIUS. Le début d’une reconnaissance. La formation, baptisée «   Lieut.James Reese Europe and  His Famous 369th Infantry Band » plus connue sous le nom de « Hellfighters Band » (ndlr : surnom qui leur avait été attribué par les soldats allemands en hommage à leur vaillance) effectue une tournée de dix semaines et enregistre douze albums (la compilation de Francis-Schwarz propose un titre, Russian Rag, composition de Rachmaninoff, gravé en février 1919). Reste que  la ségrégation sévit toujours aux Etats-Unis. « Les héros redeviennent des « negroes », souligne Thomas Saintourens, auteur de cette passionnante épopée des « Poilus de Harlem ». L’année 1919, précise-t-il, est « l’année-record des lynchages aux Etats-Unis, 83 morts dont 77 noirs et au moins dix vétérans de l’armée.  Jim Europe lui-même ne profitera pas longtemps de sa gloire : il meurt en mai 1919 à Boston, atteint d’un coup de couteau donné par un de ses musiciens qui s’estimait maltraité.
Jean-Louis Lemarchand

 

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 08:52
Guillaume Belhomme  LE JAZZ EN 150 FIGURES

 

Guillaume Belhomme

Le jazz en 150 figures

360 pages, Editions du Layeur

39,90€

J’aime beaucoup les anthologies et celle-ci ne fait pas exception à la règle, qui traite du jazz en 150 figures portraiturées, de King Oliver (né en 1885) à Martin Kuchen (né en 1966) ou encore 750 chroniques de disques. Pour chaque période, chaque style, un texte introductif, toujours bien écrit, donne un juste aperçu de la période et de l’insertion du musicien dans l’époque. Rien ne vaut l’angle chronologique pour aborder une musique aussi riche et savante que le jazz, qui ne s’est pas vraiment développée en ligne droite. Mais l’intérêt généalogique et les rapprochements stylistiques ne relèvent pas du seul désir de tracer une cartographie de cette musique, d’en montrer une certaine « continuité » : l’auteur assumant parfaitement sa subjectivité, n’écarte pas les dimensions proprement émotionnelles, esthétiques du jeu ou et de la personnalité de ces artistes.

Si vous désirez vous constituer une discothèque de base, voilà réunis avec cette anthologie de Guillaume Belhomme les principaux enregistrements des musiciens sélectionnés, les historiques et les autres jugés tout aussi passionnants, voire indispensables pour l’auteur, qui anime Le son du grisli, soutient et dirige les éditions Lenka lente. Il continue son travail « historique », commencé aux éditions du Mot et du reste, nous faisant toujours partager ses coups de cœur, autrement dit, ses choix personnels dans chaque discographie. Il n’est pas important, semble-t-il, d’infirmer ou non ses propositions, de « chipoter » sur l’absence de tel ou tel incontournable : laissons-nous prendre par cette vision d’un jazz pluriel, une approche plutôt complète après tout, reflétant aussi des musiques d’aujourd’hui . S’il évoque les grandes figures, Guillaume Belhomme s’intéresse aussi aux moins célèbres, les défricheurs pas toujours reconnus, il dresse une superbe galerie de portraits qu’éclairent les photographies et reproductions de pochettes de vinyls ou CDs : des double pages soit deux portraits pour certains musiciens (Konitz, Portal, Shepp, Braxton, D.S Ware, Peter BrÖtzmann, Misha Mengelberg…). Le choix des photos et photographes est original, on y retrouve très souvent Luciano Rossetti, photographe italien ami du guitariste Garrison Fewell (De l’esprit dans la musique créative , Lenka lente, 2016 ) et du New Yorkais Peter Gannushkin.

Ce sera toujours un plaisir de se plonger, au hasard (ou non) dans la lecture de ces pages, de se laisser porter, de remarquer alors des similitudes, des idées de classement, puisque l’amateur de jazz a une âme de collectionneur, d’obsessionnel…

C’est finalement à une réflexion d’ensemble que ce bel objet nous invite : penser aux formes toujours renouvelées, puisque le jazz s’est nourri de tous les apports générationnels et montre des contours toujours changeants. Evitant de figer le jazz dans une aventure, même singulière, Guillaume Belhomme replace ses figures dans l’évolution de cette musique, en soulignant leur personnalité, les caractéristiques de jeu, l’essence de leur art

Erudit mais jamais pédant, facile à lire, voilà un beau travail de recherche mis en valeur par le « montage » des Editions du Layeur . Vivement recommandé pour animer la partie jazz de votre bibliothèque, faisons-lui une place aux côtés, par exemple, du Dictionnaire du Jazz (Bouquins), des portraits de Pascal Anquetil (Tana éditions) ou encore des livres des éditions Lenka Lente, Parenthèses, Outre Mesure, du Mot et du Reste...

 

Sophie Chambon

 

Repost 0
Published by sophie chambon - dans Livres - BD
commenter cet article
29 juin 2017 4 29 /06 /juin /2017 19:34

Mets le feu et tire-toi
James McBride.

Traduit de l’américain par François Happe. Editions Gallmeister. Mai 2017. 336 pages. 22,80 € 
Il a marqué l’histoire de la « great black music » avec bruit et fureur. Plus de deux cent millions de disques vendus en quarante-cinq ans de carrière, des succès planétaires et éternels ( Please, Please, Please, Papa’s Got a Brand New Bag, Say it Loud, I’m Black and I’m Proud), des concerts-shows époustouflants : James Brown a connu la gloire de son vivant. Sa personnalité restait pourtant encore mystérieuse quand il disparut le 25 décembre 2006 à Atlanta (Georgia) à 73 ans. Le travail d’enquête auquel s’est livré James McBride, romancier américain (Color of Water,1995) et saxophoniste ( joua dans le groupe du chanteur Jimmy Scott) permet de dresser un portrait aussi précis qu’intime du Godfather of Soul, sans céder à la tentation des ragots, argument commercial habituel des biographies. McBride a rencontré de nombreux proches de James Brown, des musiciens (Pee Wee Ellis notamment), des gérants de ses affaires, des amis et nous offre des témoignages sensibles et percutants.
 Le petit homme (168 centimètres) du Sud, natif de Barnwell (Caroline du Sud) était un homme dur, voire brutal (en affaires et dans la vie privée), un artiste perfectionniste au dernier degré, n’hésitant pas à faire répéter deux à trois heures durant son orchestre, chœurs y compris, ….. et ce après un concert pour rectifier les moindres défauts. Il n’avait comme seul objectif que de « casser la baraque » sans aucun compromis et avait comme principe « Mets le feu et tire-toi ». On le vit ainsi reprendre son avion dès la fin du concert donné à Kinshasa à l’occasion du combat de boxe Ali-Foreman (1974) sans attendre les diamants promis à tous ses invités par le président Mobutu. L’homme qui s’était engagé publiquement en faveur de la cause de ses frères noirs ne se découvrait pas pour autant. « Il n’avait pas envie que les gens le connaissent (…) Il faisait tant d’efforts pour cacher ses sentiments », relève James McBride. Star  mondiale, James Brown est ici décrit comme un solitaire qui confie à un proche : «  Vous êtes le seul homme à savoir que je ne sais pas aimer ». Et pourtant, un de ses derniers gestes aura été de léguer une grande partie de sa fortune à une fondation qui devait financer les études d’enfants défavorisés de son Sud natal. Une disposition qui sera hélas annulée par une procédure judiciaire lourde engagée par les nombreux héritiers du Parrain de la Soul.
Un document sérieux et passionnant qui en dit beaucoup sur un artiste mythique et-ce qui n’est pas moins intéressant-sur l’état d’esprit  des Etats du Sud des Etats-Unis.
 Jean-Louis Lemarchand

 

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
30 avril 2017 7 30 /04 /avril /2017 08:24
Jacques PONZIO Thelonius MONK Abécédaire AB C- Book

Jacques PONZIO

 

Thelonius MONK

Abécédaire AB C- Book

Editions Lenka Lente

www.lenkalente.com

 

 

Voilà un petit livre passionnant qui vous en apprendra beaucoup sur l’une des personnalités du jazz les plus extraordinaires, le pianiste Thelonius Sphere Monk, l’un des créateurs du be bop, qui demeure une énigme tant sa musique est  inclassable.http://www.lenkalente.com/product/abecedaire-thelonious-monk-de-jacques-ponzio

Les éditions Lenka Lente, dont on suit le travail avec attention depuis longtemps, ont fait appel à l’un des critiques spécialistes du pianiste qui avait déjà écrit avec François Postif un Blue Monk très remarqué il y a plus de vingt ans, sorti chez ACTES SUD.

Il reprend l’un de ses thèmes de prédilection, sous une autre forme, plus digeste mais aussi plus ludique, un abécédaire de 140 pages et citations qui permet d’apprendre beaucoup de choses en picorant, en suivant les lettres. Comme il s’agit d’une édition bilingue, l’ordre suit l’anglais : la première entrée est « Activisme » où l’on apprend que Monk a regardé la marche des droits civiques de 1963 à la télé, n’ayant pas jugé bon d’y participer, ajoutant que sa musique avait par ailleurs contribué à l’avancement de la cause. La dernière entrée, par contre est Wrong Notes ( Fausses Notes) : « Il n’y a pas de fausses notes, certaines sont seulement plus justes que d’autres ».

Où l’on voit que Monk avait un sens réel de l’humour, et que, s’il avait une prédilection pour le silence, y compris en musique, « il n’en a pas moins exprimé des vues très fortes sur la vie, la musique, les autres ». Il s’exprime autant sur le be bop, que sur les papillons, certains termes techniques…Avec bon sens, précision et finesse.

Un petit livre instructif que l’on découvrira avec plaisir, car si l’on suit Monk à la lettre, il n’en demeure pas moins quelque chose de son esprit.

 

NB : Ajoutons une délicieuse préface de François Billard, des notes très pertinentes, un index français anglais et des sources bibliographiques bienvenues pour compléter sa recherche. Quelques photos dont celle de la chevalière avec les lettres MO en onyx, séparées des 2 NK par de gros diamants. Tout un jeu de lettres puisque MONK retourné se lit aussi KNOW.

 

 

Sophie Chambon

Repost 0
Published by sophie chambon - dans Livres - BD
commenter cet article
19 avril 2017 3 19 /04 /avril /2017 08:03

Une civilisation du rythme, Jacques Réda.
185 pages. 23 €. Buchet-Chastel. Le livre comprend un CD reprenant en 25 titres des œuvres des quatre grandes formations passées en revue, Fletcher Henderson, Duke Ellington, Jimmie Lunceford, Count Basie, sur la période 1924-1940.

 

« It don’t mean a thing if ain’t got that swing ». Bien connue de tous les amateurs de jazz, la sentence de Duke Ellington énoncée dans la composition de 1932, figure en exergue du dernier ouvrage de Jacques Réda, « Une civilisation du rythme ».
L’auteur avait alors trois ans. Autant dire que le poète, rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Française( 8 ans durant), collaborateur historique de Jazz Magazine, auteur notamment de « L’improviste », « Autobiographie du jazz » a baigné dès ses plus tendres années, dans ce jazz qui swingue et porte une dévotion totale au rythme.
Pour son 67ème ouvrage, Jacques Réda se livre, avec générosité et finesse, à une analyse de cet élément fondamental, le rythme, en limitant son champ à ces « grandes manufactures du swing », autrement dit les big bands, et plus précisément quatre d’entre elles –Fletcher Henderson, Duke Ellington, Jimmie Lunceford, Count Basie- dans leurs œuvres produites sur deux décennies (1924-1945).
« Le rythme, écrit en introduction Réda, est la manière dont on organise ou s’ordonne le mouvement. «  Plus loin, il approfondit : « Le rythme, plus que tout élément de l’art musical, semble en contact direct avec ce que l’on pourrait regarder comme le principe commun à toutes les grandes « forces » naturelles dont l’action se situe dans le Temps. ».
Au fil des pages, le lecteur peut, sur cette trame, partir à la découverte de ces « dansants dinosaures » que furent les quatre grandes formations ci-dessus mentionnées, en s’aidant de l’écoute de 25 titres-clés, témoignages de ces deux décennies, de Copenhaguen (1924) par Fletcher Henderson à  Koko de Duke Ellington (1940). Le voyage est instructif, attrayant, bluffant, sous la conduite d’un guide passionné, érudit  et modeste tout à la fois. « Je ne crois pas nécessaire de commenter des faits éloquents en eux-mêmes », note-t-il ainsi à propos des duos de 1939 entre Edward Ellington et Jimmy Blanton.
Une question taraude le journaliste-chroniqueur. Le swing appartiendrait-il à ce passé glorieux d’avant-guerre (la seconde et peut-être la deuxième) ? Jacques Réda s’interroge : « Y-aura-t-il une sorte de renaissance du swing sous une forme encore imprévisible mais sans rupture fondamentale avec celui qu’Ellington et Basie nous ont légué (…)? Quelles seraient aujourd’hui les sources « populaires »d’une nouvelle approche du rythme ? ».Question essentielle et ouverte à laquelle l’observateur clairvoyant (et prudent) se garde bien d’apporter une réponse.
Jean-Louis Lemarchand
:

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 05:55

La beauté de Bud Powell

Jean-Baptiste Fichet

Editions Bartillat

 

C'est un paradoxe. Même s'il fut l'une des têtes d'affiche d'un prestigieux club pari sien (le Blue Note, quartier des Champs-Elysées) des années durant, Bud Powell (1924-66)n'aura guère inspiré les auteurs français. Signé Francis Paudras, La danse des infidèles (1986), reste comme l'ouvrage de référence et de révérence, reflétant toute l'admiration que portait son auteur au pianiste qu'il protégea tout au long de son séjour parisien

On retrouve sous la plume de Jean-Baptiste Fichet, dans La beauté de Bud Powell, ce même sentiment admiratif : « la lumière émise par Bud Powell, la beauté qu'il a cherchée continuent de balayer l'univers-au présent. Le pianiste a laissé derrière lui cette floraison de bourgeons, milliers de buds portant pollen, graines disséminées aux vents du jazz ».

Jugeant au départ le jazz plutôt « hermétique », Jean-Baptiste Fichet (34 ans, de formation commerciale) a finalement ressenti un choc, un « coup de foudre » à l'écoute d'Off Minor, thème de Monk dans sa version de Bud. Il écrit (page 31) : « Off Minor : dix fois, cent fois, mille fois. Moulin à prières. Sourate. Mantra ». On l'aura compris. Plutôt qu'une biographie- les fans de Bud pourront se reporter au volumineux ouvrage de Peter Pullman, Wail-The Life of Bud Powell, 2012, disponible sur le site de l'auteur new yorkais), c'est un portrait très personnel que nous propose Jean-Baptiste Fichet. Le livre a toute la fraîcheur d'un premier ouvrage avec ses envolées lyriques et ses multiples évocations littéraires. N'y cherchez pas-et c'est tout à l'honneur de l'auteur, d'anecdotes croustillantes ou sordides qui sont le lot commun des biographies destinées au grand public. L'homme décrit en 200 pages «  a une aptitude extraordinaire pour la musique, une inaptitude féroce pour tout le reste ». En lui, analyse Jean-Baptiste Fichet « cohabitent toute beauté et toute douleur ». Un bien beau livre tout en sensibilité, un hommage littéraire au jazzman tourmenté qualifié de « génie » par Duke Ellington et Charlie Parker.

 

Jean-Louis Lemarchand

Jean-Baptiste Fichet présente son livre ce vendredi 3 mars à 19 h à la librairie Les Traversées (2, rue Edouard Quenu. 75005).

 

Repost 0
Published by Jean-Louis Lemarchand - dans Livres - BD
commenter cet article
20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 21:16
Lettres à Miles

Lettres à Miles

En librairie le 15 septembre 2016

174 pages / 18 €


Miles Davis est mort il y a vingt-cinq ans, le 28 septembre 1991.
Il a traversé les mondes multiples de la musique, les terres chaudes du jazz. Il a créé, rêvé, aimé. Les amateurs de jazz le désignent familièrement, amicalement, par son seul prénom : Miles. Il est devenu une légende, la seule star que le jazz ait porté. Du be-bop au hip-hop en passant par le jazz cool, le jazz modal et le jazz-rock, le trompettiste américain a épousé et infléchi avec audace les différentes évolutions du jazz qui, d’un folklore limité au Sud des Etats-Unis, est devenue une musique-monde.
Ils sont 55 auteurs, musiciens, romanciers, poètes, journalistes, réalisateurs, comédiens ou dessinateurs, hommes, femmes, toutes générations confondues. Chacun d’entre eux adresse une lettre à Miles Davis.

Anne-Claire Alvoët, Jackie Berroyer, Zéno Bianu, Randy Brecker, Yves Buin, Xavier Camarasa, Frank Cassenti, Valentin Ceccaldi , René de Ceccaty, Bernard Chambaz, Olivier Charneux, Jerome Charyn, Jean-Louis Chautemps, Médéric Collignon, Thomas Compère-Morel, Steve Dalachinsky, Guy Darol , Jacques Darras, Sylvain Darrifourcq , Bertrand Dicale, Edouard Dor, Delphine Durand, Andy Emler, Jean-Pierre Farkas, Jacques Ferrandez, David Foenkinos, Paolo Fresu, Hubert Haddad, Jimmy Heath, Louis Joos, Jacques Jouet, Sylvie Kandé, Lee Konitz, Marc Lambron, Edouard Launet, Camille Leherpeur, Jean-Louis Lemarchand, Dave Liebman, Bernard Lubat, Rick Margitza, Franck Médioni, Jeanne de Mirbeck , Jean-François Mondot, Bernard Morlino, Nimrod, Sébastien Ortiz, Martin Page, Pia Petersen, Eric Sarner, Ben Sidran, François-René Simon, Tristan Soler, Denis Soula, Olivier Steiner, Christian Tarting, René Urtreger, Marc Villard, Romain Villet.

Franck Médioni est journaliste et écrivain. Il est l’auteur de plusieurs livres sur la musique : John Coltrane, 80 musiciens de jazz témoignent (Actes Sud), Miles Davis, 80 musiciens de jazz témoignent (Actes Sud), Le goût du jazz (Le Mercure de France), Martial Solal, ma vie sur un tabouret (Actes Sud), À voix basse, entretiens avec Joëlle Léandre (Editions MF), Albert Ayler, témoignages sur un Holy Ghost (Le mot et le reste), Jimi Hendrix (Gallimard), My favorite things, le tour du jazz en 80 écrivains (Editions Alter Ego), George Gershwin (Gallimard), Sonny Rollins, le souffle continu (Editions MF).

Lancement le samedi 1er octobre à 20h à la Maison de la Poésie (Passage Molière, 157 rue du Faubourg Saint-Martin Paris 3e) avec les auteurs Z. Bianu, T. Compère-Morel, R. de Ceccatty, J. Darras, D. Durand, F. Médoni, Nimrod, S. Ortiz et des musiciens M. Collignon (trompettiste), Y. Robilliard (pianiste), S. Kerecki (contrebassiste) F.Moreau (batteur).

Repost 0
Published by Dernières Nouvelles du Jazz - dans Livres - BD
commenter cet article
14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 11:42
3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz

3 minutes pour Comprendre les 50 concepts, styles et musiciens du Jazz
Dave Gelly
Le courrier du Livre - 160 pages - 18 euros

Parler du jazz c’est bien. En parler de manière didactique c’est bien aussi.
Nous sommes donc tout attentifs lorsque nous recevons ce petit ouvrage qui affirme, un poil présomptueusement en titre « 3 minutes pour comprendre les 50 concepts, styles et musiciens de jazz ». Attentifs mais néanmoins passablement dubitatifs. Parce que, certes 3 minutes c’est peu mais c’est aussi très long pour tomber dans tel un monceau de creux.
Parce que pour arriver à nous faire comprendre en express ce qu’est le jazz, l’auteur Dave Gelly, critique de jazz anglais autrefois à The Observer et aussi à la BBC est obligé de tout mélanger et tout confondre avec un enthousiasme qui n’a d’égale que sa naïveté confondante et un parti pris très très aléatoire.
Et le pire c’est qu’ils s’y sont mis à 6 pour sortir ce livre.
Tout cela est allègrement mélangé dans une sorte de pot-pourri indigeste. Les poncifs se bousculent.
Jazz vocal : « plusieurs chanteurs perpétuèrent la tradition du jazz vocal traditionnel , par exemple Grégory Porter et la chanteuse et pianiste canadienne Diana Krall. Bien sûr certains électrons libres comme Bobby Mc Ferrin échappent à toute forme de classification, hormis peut être celle de la virtuosité ».
Un page sur les « trios avec piano : « si le répertoire des trios avec piano moderne peut aller des comédies musicales de Broadway aux grands classiques, leur public apprécie surtout les créations originales et les reprises inventives de standards de la pop » : ??
Tout cela emballé dans un ouvrage fade où si les photos sont bien créditées en fin d’ouvrage, elles ne sont en revanche pas renseignées. Et bien sûr aucun CD pour accompagner la lecture.

Voilà, voilà, tout ça tout ça
Mais je me rends compte que je vous ai pris 1mn à peine pour vous faire comprendre la nullité de cet ouvrage. Je trouve que c’est déjà beaucoup…. trop.
Jean-Marc Gelin

Repost 0
Published by Jean-Marc Gelin - dans Livres - BD
commenter cet article

  • : les dernières nouvelles du jazz
  • les dernières nouvelles du jazz
  • : actualité du jazz, chroniques des sorties du mois, interviews, portraits, livres, dvds, cds... L'essentiel du jazz actuel est sur les DNJ.
  • Contact

Les Dernières Nouvelles du Jazz

Chercher Dans Les Dnj

Recevoir les dnj