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4 novembre 2018 7 04 /11 /novembre /2018 13:19

Jacques Schwarz-Bart (saxophone ténor), Grégory Privat (piano), Stéphane Kerecki (contrebasse), Arnaud Dolmen (batterie). Invités : David Linx (voix), Darren Barrett (trompette)

Paris, 28-29 septembre 2017

Enja Yellow Bird YEB-7789/l'autre distribution

 

Une œuvre singulière, à la fois offrande d'un artiste à la mémoire de son père, défi personnel et manifeste pour une culture universellement transversale (ou transversalement universelle....). Le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, fruit de la rencontre de deux artistes, de deux cultures, de deux mondes, s'est immergé dans cette identité croisée qui est la sienne. Fils d'André Schwarz-Bart, écrivain français, juif de la diaspora, prix Goncourt 1959, et de Simone Schwarz-Bart, née Brumant, romancière et dramaturge originaire de la Guadeloupe, il célèbre avec ce disque son «identité juive comme le fruit épanoui d'une polenisation croisée et universelle», ainsi qu'il l'écrit lui-même dans le livret du CD. Le hazzan est le chantre dans la tradition juive. En revendiquant ce titre, et ce rôle, le musicien, bien au-delà du projet initial qui était de célébrer, à la mémoire de son père (et d'un personnage imaginé par celui-ci dans un de ses romans), les chants de la tradition juive, va tendre à l'universel (ce qui demeure l'ambition, et le rôle, de bien des œuvres d'art). Se saisissant, comme matière musicale, des mélodies traditionnelles de la hazanout, il va déployer un lyrisme des plus intenses, en plein territoire du jazz, avec un pianiste et un batteur antillais, un contrebassiste parisien et un vocaliste belge aussi anglophone que francophone, avec de surcroît le renfort sur une plage d'un trompettiste canadien. Tous contribuent, avec une passion teintée de ferveur, à l'intensité de ce métissage. Ces musiques, originellement religieuses et rituelles, deviennent de magnifique envolées jazzistiques, emblématiques de cet idiome et pourtant intimement reliées à leur terreau d'origine. Chacun des instrumentistes attise la flamme qui dévore cette entreprise artistique jusqu'au vertige, et David Linx, en plus d'un chant sans parole sur la première plage, va déployer sur Ahot Ketana, mélodie sépharade, un poème en anglais de sa composition. On est porté, de bout en bout, par l'effervescence et la ferveur de cette musique. Le défi a été relevé, plus que brillamment : c'est magistral.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=WilQMEeXPJY

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Le groupe est en concert à Paris le 4 novembre 2018 au Studio de l'Ermitage. Puis le 16 novembre à Ermont (Jazz au Fil de l'Oise), et le 28 novembre aux Trinitaires de Metz.

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Jacques Schwarz-Bart est également partie prenante du groupe Shijin (chronique du CD sur le site des DNJ) 

Shijin sera en concert à Vitrolles le 24 novembre (Jazz sur la Ville), et à Paris, au Duc des Lombards les 29 & 30 novembre 2018

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