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6 octobre 2020 2 06 /10 /octobre /2020 17:32

Géraldine Laurent (saxophone alto), Thomas Savy (clarinette basse), Jean-Louis Pommier (trombone), Csaba Palotaï (guitare), Étienne Manchon (pianos électriques, synthétiseur), Vincent Tortiller (batterie), Yves Rousseau (contrebasse, composition)

Villetaneuse, mars 2020

Yolk Records J 2081 / l'autre distribution

 

Comme toujours avec Yves Rousseau, une aventure musicale d'une totale singularité. Il a choisi cette fois de plonger dans les réminiscences de ses années lycéennes quand, dans la seconde moitié des années 70, il découvrait King Crimson, Soft Machine, Pink Floyd.... Et il a composé tout un programme conçu, comme il l'écrit dans le livret du CD, «dans le souvenir de ces exaltantes découvertes et de ces fulgurances», programme dans lequel s'insèrent une séquence du disque «In the Court of the Crimson King», et une brève coda empruntée à David Crosby. Ici aucune 'gêne technique à l'égard des fragments' selon l'expression de Pascal Quignard, mais au contraire une exaltation de l'émoi musical qui fait retour en la mémoire. Retour fécond, sans tentation de dupliquer le passé, mais au contraire volonté farouche de faire vivre, dans le présent d'un langage assumé, ces fragments qui le hantent jusqu'à faire surgir un nouveau désir de musique. Un travail subtil sur le traitement des vents, entre absolue consonance et écarts bienvenus ; et aussi des télescopages de rock progressif et d'improvisation jazz, servis par des solistes hors de pairs, qui paraissent totalement immergés dans ce projet très personnel qu'ils/elle font leurs. Le contrebassiste-leader-compositeur ne se taille pas la part du lion, laissant à ses partenaires de vastes champs d'expression. Mais son exposé, à la contrebasse, du thème The Court of the Crimson King est à la fois un vibrant hommage à cette mélodie de Robert Fripp et une manière d'affirmer la singularité du projet. Et chaque membre du groupe se voit offrir, au fil des plages, un espace d'expression improvisée : triomphe de l'expressivité pour Jean-Louis Pommier, envolées sans entraves pour Thomas Savy et Csaba Palotaï, éruption impériale pour Géraldine Laurent, slalom entre jazz et rock pour Étienne Manchon et Vincent Tortiller.... On ressent, dans cet univers très élaboré, la très belle part laissée aux initiatives individuelles. Outre les groupes qui l'ont inspirée, cette musique suscite en moi d'autres souvenirs : «A Genuine Tongue Funeral» de Gary Burton et Carla Bley, «Funerals» de Sophia Domancich, et «Septober Energy» de Centipede, pour ce mélange de solennité et d'absolue liberté. La combinaison des univers, la créativité musicale, et ce caractère foncièrement vivant font de ce disque un GRAND disque, tout simplement.

Xavier Prévost

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Le groupe sera en concert le 8 octobre au Rocher de Palmer à Cenon, le 9 à Tarbes, le 23 octobre à Paris, au Pan Piper, et le 12 novembre au festival D'Jazz de Nevers

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Un avant-ouïr sur Youtube

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