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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 21:36

bineau.gifWARED 

Edouard Bineau Wared Quartet

1 Cd Derry Dol / Soca Disc

Avril 2010

 

Conquis par des mélodies tendres et ardentes à l’image de « Wandering», des thèmes chantants que l’oreille s’approprie comme ce troublant, hypnotique « My unhappy friend » tricoté magistralement par le contrebassiste Gildas Boclé, nous nous sommes laissés charmer dès l’initial « Rootless ». C’est en effet la première impression qui l’emporte, à l’écoute du quartet du pianiste Edouard Bineau, Wared (anagramme d’ Edward). Non que ces titres soient faciles mais chaque ligne instrumentale est d’une parfaite lisibilité dans un style plus vif,  rock.

Le trio aguerri, depuis 2004, composé de Gildas Boclé et Arnaud Lechantre (on se souvient du joli titre et de la musique forte de L’obsessionniste, dédié au singulier Facteur Cheval) accueille en son sein un formidable partenaire qui renouvelle son énergie et change quelque peu la donne mélodique, le saxophoniste allemand Daniel Erdmann. Sur tous les fronts en ce moment, dans des formations très différentes, il joue avec une vigueur extrême et un appétit qui paraît insatiable.

C’est comme un récital du saxophoniste qui s’entend ici, de prime abord : Daniel Erdmann peut tout exprimer avec son saxophone, développer des volutes sinueuses, longues et gracieuses, et l’instant d’après, lâcher prise, sauvage et rauque, changer brutalement le tempo, redevenir sensuel sur le bien trouvé « Charmeur de pierre », se livrer à des improvisations courtes mais frémissantes, énervées dans « Un tabouret pour deux » avec Edouard Bineau ou délivrer un choc à trois sur« Un fauteuil pour trois »avec l’altiste Sébastien Texier, l’autre saxophoniste (guest sur 3 titres). 

Quant au pianiste, il dose parfaitement ses interventions égrenant de façon sensible notes perlées et cristallines, alternant douce violence et lyrisme discret. Formidablement attentif, il pose les bases du discours dans ce groupe à la paire rythmique forte (on retiendra le solo du contrebassiste sur «Wared »). Chacun se donne le temps de construire dans l’échange, le façonnage musical est accompli.

Au fil de ses compositions, Edouard Bineau force l’attention, ce qui est la marque des grands, comme dans son solo époustouflant et inattendu de « Big foot » ou le touchant « Maman Rose » . 

Pour cette formation terriblement cohérente et enthousiasmante sur scène, à n’en point douter, Edouard Bineau a en effet composé une succession de titres, aux climats changeants jusqu’au « Red blues » final, qui, s’il n’est pas vraiment incandescent, n’en est pas moins admirablement construit. Même la reprise de Brassens « Je me suis fait tout petit », assez surprenante dans ce répertoire, est détournée de belle façon, tout à fait assumée et …réussie.

Ce nouvel ensemble est une formation qui devrait s’imposer rapidement. Le disque est déjà un régal mais je conseillerai absolument d’aller voir ce quartet en live :alliant mélancolie douce, groove persistant, frémissement passionné, cette musique, à la couleur particulière de lune, touche immédiatement …l’âme.

 

Sophie Chambon

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Published by Sophie Chambon - dans Chroniques CD
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