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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 19:31

Pierre Millet ( tp, cnt, flgh...), Yann Letort (ts), François Chesnel ( p, clesta), Antoine Simoni (cb), Guillaume Dommartin (dms)

Le Petit Label 2014


l_amicale_des_sphinx.jpg

On s'était précdemment enflammés pour cette formation au sein de ces colonnes ( RENZA BO 2011).

Car ces garçons ont un talent fou et ce nouvel album ne fait que confirmer ce que nous savions déjà.

On aime en effet cette formation originale qui flirte autour de grands classiques, avec l'esprit du quartet d'Ornette Coleman autant que de Mingus.

Il faut écouter comment un thème comme Pour Thomas évolue de l'épure au trop plein, du silence à l'afflux mingussien dans une sorte de folie collective.  Evoluant entre hard bop , free jazz et jazz moderne voire contemporain.

Mais Renza Bô est surtout devenu avec le temps un vrai groupe. De ceux qui se connaissent depuis plus de 10 ans et qui ont pris le temps de façonner cette belle pâte homogène et cette énergie circulaire avec cet enthousiasme jamais altéré dans leur façon de concevoir la musique. On sent la liberté d'improvisation bien présente. A fleur de peau. Elle s'exprime dans l'explosion des énergies savamment encadrée. Encore une fois, comme sur le précédent album on est bluffés par les éclats de Pierre Millet absolument époustouflant à la trompette, dans un registre aigu à faire pâlir un Booker Little par exemple. Trompettiste de la gnaque et du mordant, de ces trompettistes de la Nouvelle-Orléans à l'image de ce I remember I qui sied bien au trompettiste qui se livre là à un numéro exceptionnel d'une technique ébouriffante sur une rythmique de marching band presque funky.

On ne peut pas dire que Renza Bô cultive véritablement sa marque de fabrique, tant cet album est différent du précédent. Ils arrivent iciavec un gros travail et de très belles idées de compositions. Ce que l'on aime chez eux c'est qu'ils ne sacrifient jamais la joie de jouer à la qualité de ce qu'ils jouent.

On pourrait juste leur reprocher de ne pas toujours savoir se tenir à une idée, comme s'ils se sentaient obligés presque à chaque fois de faire évoluer le morceau en passant du vide au plein, de l'explosion au calme absolu. Le procédé d'écriture devient un peu répétitf et que sur ce I Rembember I par exemple où l'on se serait bien contentés de l'idée de base sans avoir à en rajouter. Idem sur Célèbre inconnu où ils zappent d'une idée musicale à une autre. C'est qu'ils cherchent à surprendre, à créer du son, à créer de la musique, des pêches inattendues, des progressions harmoniques et rythmiques, des musiques à tiroirs qui s'ouvrent et se renferment, comme la déambulation dans un vaste espace où se nichent plusieurs pièces plus ou moins étranges (Belak). On assiste aussi à un superbe moment modal à la Miles sur Fur Ray. Mais messieurs les jeunes musiciens, ayez le sens de la synthèse car à mi-parcours de l'album on a parfois le sentiment d'avoir déjà achevé un cycle. C'est long. Comme un roman qui se perdrait dans quelques méandres en plein milieu au risque de lâcher son lecteur.

Comme dirait mon ami Alex, il manque certainement à Renza Bô une vraie direction artistique.

Jean-Marc Gelin

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Published by Jean-Marc Gelin - dans Chroniques CD
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