Discograph 2013
Christophe Dal Sasso (comps, arrgts, fl), David El-Malek (ts, tb), Manuel Marches (cb), Pierre de Bethmann (Fder), Franck Aghulon (dms), Thomas savy (clb), Jacques Tellitocci (perc, vb), Camille Lebréquier (cor), Cécile Hardouin (basson), Elisa Bellanger (p), David Belmondo (textes)

ENOOORME disque de Christohe Dal Sasso qui sort dans les bacs ces jours-ci ! Si vous voulez du jazz inventif, du créatif, du puissant, si vous voulez du jazz où Debussy s’accoquine avec Weather report, où le jazz vibre à 1000 allures, 1000 couleurs, 1000 instants prolixes n’hésitez pas un seul instant.
Quelle musique ! Là où l’écriture limpide marie le jazz, le classique et l’électrique (avec notamment ce coup de génie d’associer à la masse orchestrale très classique des vents au fender exceptionnel de Pierre de Bethman).
On ne s’y ennuie pas un seul instant dans cet album passionnant où les couleurs orchestrales, rythmiques et mélodiques varient, alternent avec le même élan. On croirait parfois du Schiffrin ici ( Nuit sans sommeil), là du Gil Evans là ou du Maria Schneider ailleurs. Tous ces grands compositeurs et directeurs d’orchestre qui savent faire vivre leurs ensembles d’une passion inextinguible. Et quels solistes mazette ! Et quelle rythmique aussi ! De ce genre d’alchimistes capables de transformer l’air en ouragan. Ça c’est de l’orchestre…… ! Et il y a cette belle intensité dans l’expressivité non retenue des solistes qui se fondent dans des tramages harmoniques subtils ( terre de naissance) avec, parfois le mouvement emporté dans une force torrentielle (Transit où le chorus de David El Mealek est absolument renversant). L’ombre de Yuseff Latefef plane sur l’album.
La musique de Christophe dal Sasso semble remettre sans cesse la mise sur le tapis, se remettre en jeu avec toujours autant de passion. Il faut écouter la direction magnifique de l’orchestre dans Perdition. Tout dans le mouvement qui se créé y est matière à jouer sur l’équilibre de la masse orchestrale. Juste superbe. Parfois très classique comme sur ce beau prologue sur Casa Battlo par Elisa Bellanger, tantôt teinté de groove africanisant (Flots).
Petite restriction sur le récitatif avec des textes très convenus et un récitant qui s’inscrit dans une sorte de dureté du langage dont on se serait bien passé et qui en tout cas nuit sérieusement à la pulsation ( pourquoi ne pas être allé chercher un vrai slammeur ?). C’est pourtant le spectacle d’origine qui a donné prétexte à cet album. Il fallait donc s’y tenir. Sauf qu’en album cela casse un peu l’élan de ce bel ensemble.
Mais Dal Sasso réussi un tour de force. Il est difficile de parvenir à faire vivre la musique, de lui donner cette animation, cette force d’âme qui nous chavire et nous transporte. Mais c’est avec une inspiration presque chamanique que Dal Sasso parvient justement à percer le mystère d’une musique d’une rare intensité.
Indispensable !
Jean-Marc Gelin









