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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 23:39

 

 E.Kontomanou3--Philippe-Levy-Stab.jpg© Philippe Levy Stab

 

C’est avec une chanteuse de caractère-Elisabeth Kontomanou- accompagnée simplement au piano et à la voix par son fils Gustav Karlström, que s’ouvre ce 13 octobre la saison jazz de l’Espace Daniel-Sorano à Vincennes. Un choix qui témoigne de l’esprit jazz exigeant adopté par la scène culturelle de la cité val-de-marnaise si proche de Paris (au bout de la ligne 1 du métro).

 Bis repetita placent… L’Espace Daniel-Sorano a choisi de poursuivre l’aventure engagée l’an passé, eu égard au bon accueil réservé aux concerts programmés par le pianiste Laurent de Wilde. « La fréquentation aura été supérieure de 20 % à nos prévisions, se félicite la directrice de l’Espace Daniel-Sorano, Patricia Monceaux. Pour une jauge de 190 places, nous avons  enregistré en moyenne 165 entrées ». Et ce qui est appréciable pour les responsables de la municipalité, plus de 60 % des auditeurs étaient des Vincennois.

La greffe du jazz a porté. Les raisons de ce succès culturel –l’objectif n’étant pas de « rentabiliser » l’opération qui représente un investissement de 50.000 euros- tiennent évidemment au plateau artistique proposé (Pierre de Bethmann, Olivier Ker Ourio, Géraldine Laurent, Guillaume Perret….) mais aussi aux conditions pratiques (tarifs soignés avec un ticket moyen à 20 euros, début du concert à 20 h, débat avec les musiciens à l’issue du concert, bar …).

Connaisseuse de jazz, ayant participé dans les années 80-90 à l’organisation du Festival de Jazz de Paris (malheureusement disparu), Patricia Monceaux a confié cette année la direction artistique de la saison à Vincent Bessières, également sous les feux de l’actualité en tant que commissaire de l’exposition Django Reinhardt à la Cité de la Musique.  Parmi les huit concerts proposés d’ici la fin mai, toujours un samedi, on relèvera particulièrement trois artistes qui font l’évènement discographique cet automne: les pianistes Tony Texier (Dream Poursuit) et Laurent de Wilde (New Trio) et le saxophoniste alto Pierrick Pedron (Kubic’s Monk).

 

Jean-Louis Lemarchand

13 octobre, Elisabeth Kontomanou

- 24 novembre Tony Tixier Quartet "Dream Pursuit" avec Logan Richardson

- 15 décembre Laurent de Wilde Trio "Over the Clouds"

- 12 janvier 2013 Pierrick Pedron Trio

- 9 février Bojan Z "Soul Shelter" piano solo

- 23 mars Duo Stéphane Belmondo/Kirk Lightsey

-20 avril Miguel Zenon/Laurent Coq "Rayuela"

- 25 mai Christophe Dal Sasso Big Band "Prétextes".

Espace Daniel-Sorano, 16 rue Charles Pathé 94300 Vincennes
M° Château de Vincennes Rer Vincennes. info@espacesorano.com 0143747374

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La programmation 2012-2013 

  

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 23:23

exposition-django-reinhardt-le-swing-de-paris-cite-copie-1.jpg

Django, reconnu par son seul prénom, comme Miles ou Ella, valait bien un hommage de Paris, la ville qui l’a inspiré tout au long de sa (trop brève) carrière : à peine deux décennies séparent le premier concert du quintette du Hot Club de France en décembre 1934 du dernier enregistrement en studio avec un certain Martial Solal au piano, au printemps 1953.

La Cité de la Musique remplit parfaitement sa mission avec «  Django Reinhardt, Swing de Paris », exposition richement documentée, regorgeant d’inédits, sur la vie du guitariste manouche (1910-1953).

Commissaire de l’exposition, Vincent Bessières, auquel on devait l’exposition « We Want Miles » en ce même lieu, a fait le choix d’illustrer « un trajet social ». Jean Cocteau en 1947 avait salué cette évolution dans une lettre à Django : « Toute la merveilleuse poésie des voleurs d’enfants, des tireuses de cartes et du cheval blanc qui rêve attaché au bord de la route, vous escortait à votre départ. Transformer une roulotte en voiture grand sport n‘est pas le moindre de vos tours ».

 django-1.jpg

A la Cité de la Musique, le visiteur est ainsi invité à suivre ce parcours de Jean (pour l’état-civil) dénommé Django ( je réveille en langue manouche) fils de Jean-Baptiste Reinhardt (musicien) et de Laurence (une acrobate mais l’extrait de naissance donne comme profession ménagère) né dans une roulotte en Belgique le 23 janvier 1910.  Son enfance sur la route et dans « la zone »- terrains au-delà des fortifications de Paris, ses débuts dans des orchestres de bal musette, l’incendie en 28 de sa roulotte qui conduit à la perte de deux doigts de la main gauche, la découverte du jazz sur la Côte d’Azur (grâce au peintre Emile Savitry, qui signe également les deux photos ci-contre, de 1933), la rencontre fortuite et décisive de Stéphane Grappelli, la création du quintette du Hot Club de France, le succès énorme sous l’Occupation (Nuages), l’aventure (inachevée) aux Etats-Unis avec Duke Ellington, le rebond de Saint-Germain-des-Prés aux accents du Be-Bop, pour finir avec les parties de pêche et de peinture à Samois-sur-Seine où il expire le 16 mai 1953.

 

django-2.jpg

Toutes les grandes étapes de la vie  de Django sont abondamment traitées avec moult documents provenant de collections privées et aussi du fonds Charles Delaunay (disponible à la BNF) présentées dans des vitrines : des photos (on entame l’expo avec Django et sa famille en 1920 et on l’achève avec le guitariste en tournée en 1952 avec Line Renaud), des lettres (une maison de disque jugeant « astronomiques » les prétentions financières du quintette du Hot-Club), des contrats, des affiches, des programmes de concerts, des disques, des articles de presse (Paris-Match de 1950 qui titre « Ce gitan infirme est un des rois du jazz ») et même le registre d’admission de l’hôpital Lariboisière le 22 novembre 1928 pour « brûlures »…

L’attention se porte plus spécialement sur les lettres et cartes postales manuscrites de Django qui avait appris à écrire avec Stéphane Grappelli, et sur ses tableaux, œuvres colorées et naïves. Tout au long de ce parcours, le visiteur peut à loisir écouter la musique de Django dès ses premiers enregistrements de 1928 (sous le nom de Jiango Renard !) avec des casques ou dans des cabines sonorisées. Il peut également visionner les rares documents filmés avec Django dont un extrait de « La Route du bonheur »(1952) qui reprend tous les clichés sur les manouches mais offre quelques gros plans sur les mains du génial guitariste.

« Django Reinhardt, Swing de Paris » présente le grand intérêt de ne pas se limiter à la seule carrière stricto sensu du jazzman français le plus célèbre à ce jour et d’ouvrir le champ d’investigation à l’environnement sociétal et culturel : la culture manouche, les bals musette, la vie de la scène parisienne du jazz  dès les années 30, évoquant notamment l’activité des jazzmen sous l’Occupation allemande …

Jean-Louis Lemarchand

 

Django Reinhardt, Swing de Paris, du 6 octobre au 23 janvier 2013. Cité de la Musique. 75019 . www.cidelamusique.fr/django. Catalogue de l’exposition. Michel Dregni et Vincent Bessières. 224 pages. 250 documents. Editions Textuel.39 euros. Musique : le CD de l’expo et le coffret collector 5 CD chez Le Chant du Monde/Harmonia Mundi.

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:46

LES-FILS-DU-VENT.jpg

 

Tout commence sur la route avec une vue du ciel et des nuages, et naturellement, la musique de Django interprétant son plus grand tube, Nuages.  Le ton est donné. Dans « Les fils du vent », documentaire sur les écrans le 10 octobre, le génial guitariste s’invite en permanence dans l’esprit des spectateurs. Mais qu’on ne s’y trompe pas, Django n’est pas la vedette du film de Bruno Le Jean. La véritable star de ce film, c’est la Gitanie.

LFDV1Bruno Le Jean nous emmène dans les camps, les caravanes où vivent les héritiers de Django, ceux-là qui perpétuent la tradition du jazz manouche. Cinq ans durant, le réalisateur a promené sa caméra dans l’intimité de quatre guitaristes, interprètes talentueux et hommes de cœur, Angelo Debarre, Ninine Garcia, Moreno, Tchavolo Schmitt. Nous découvrons ainsi le quotidien de ces « Fils du vent », leur vie professionnelle de musiciens, mais surtout leur existence au cœur de leur communauté, celle des manouches : leur attachement au voyage, à la vie ensemble sur les routes, les difficultés administratives rencontrées comme ces documents de circulation (1) qui doivent être visés régulièrement à la police et tiennent lieu de carte d’identité.

C’est un bien bel hymne au nomadisme, au droit à la différence, au respect de la culture manouche que propose Bruno Le Jean. Un réalisateur qui a su gagner la confiance de ces quatre « Fils du vent » qui apportent chacun dans un registre différent-Moreno, charmeur, Ninine, un cœur d’enfant, Tchavolo, tranquille, Angelo, le plus politique- un témoignage fort et sans langue de bois sur leur métier, leur mode de vie.

Un documentaire de 96 minutes à conseiller fortement et pas seulement aux fans de jazz manouche. Un document citoyen plein de rythme et de poésie.

 

Jean-Louis Lemarchand

 

 

 

Le Conseil constitutionnel a abrogé le 5 octobre les articles 2 à 11 de la loi de 1969 imposant aux gens du voyage de plus de seize ans un «carnet de circulation» à faire viser tous les trois mois au commissariat de police ou de gendarmerie, les jugeant discriminatoires. En revanche, le «livret» de circulation, qui doit être visé tous les ans, est maintenu, le Conseil ayant jugé qu'il n'était pas «contraire au principe d'égalité et à la liberté d'aller et de venir».

 

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6 octobre 2012 6 06 /10 /octobre /2012 08:01

Antonin Tri Hoang ( as, clb), Pierre Perchaud (g), Leonardo Montana (p), Stephane Kerecki (cb), Anne Paceo (dm, vc)

 Laborie Jazz 2012

 anne-paceo.jpg

 Il est vraiment sympa ce nouvel album d'Anne Paceo dont elle a signé toutes les compositions. Dès les premières notes et avant qu'on ne lise toutes liners note, on a l'impression d'un voyage en Afrique. D'entendre certaines références aux polyrythmies pygmées. Mais lorsque l'on lit les mots d'Anne Paceo on comprend que c'est d'une autre voyage dont il s'agit, d'un autre exotisme, quelque part entre Rangoon et Bangkok d'où la batteur a ramené plusieurs souvenirs de voyage fortement imprimés dans ses souvenirs intimes. C'est dire combien il y a quelque chose de primal et d'universel dans la démarche d'Anne Paceo, de retour aux racines du rythme, au fleuve de la pulsation vitale.

 

 

 

Dans le premier temps de l'album il est alors question de couleurs et surtout de danses. Pierre Perchaud, à la guitare, jette des ponts entre l'occident et l'orient. Les mélodies se font tournoyantes ( Toutes les fées étaient là). La force d'Anne Paceo, de son écriture, de son jeu et de la belle complicité avec Stephane Kerecki est de nous entraîner dans le mouvement. Il y a  aussi beaucoup de sentiments dans ce qu'elle dit, beaucoup d'âme. Une âme parfois débordante, le coeur au bord des lèvres, comme la trace musicale de l'émotion itinérante d'Anne Paceo, comme un beau carnet de voyage. L'âme au bord des lèvres comme l'exprime si bien Pierre Perchaud sur When the sun rise. Autre trace de cette émotion ce morceau qu'elle chante, un Smile où la voix gracile de Paceo fait mouche.

Il y a ensuite comme un deuxième temps dans l'album, un avant Luléâ et un après  comme si le voyage se refermait peu à peu laissant place aux souvenirs en clair-obscur et disparaissant enfin avec une pointe de nostalgie.

Anne Paceo signe ainsi un album qu'elle a écrit comme une story-teller nous offrant ainsi un voyage pas immobile, mais au contraire un voyage virevoltant, flamboyant et au final très émouvant.

Jean-Marc Gelin

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 23:07

Laurent-DEHORS-_-Matthew-BOURNE---Chansons-d-amour-.jpg
Emouvance/ Harmonia mundi
Sortie en septembre 2012


En dépit de ce titre paradoxal et malicieusement trompeur, la musique de ce duo étrange autant qu’étranger n’a  strictement rien à voir avec le tube éponyme des années 60/70, au fredon persistant dans les mémoires collectives. Pourtant Dehors aime travailler sur les  transversalités, déjouer les musiques populaires. Après son essai transformé sur l’opéra, on pouvait penser qu’il allait détourner les chansons d’amour justement, ces belles mélodies connues, attachantes. Car, le populaire, il aime ça et il avoue volontiers que « l’amour est un truc qui m’emporte, me fait décoller, me fend le cœur ». Sur ce point, on est de tout cœur avec lui, d’ailleurs. Mais sachez que ce diable d’homme et ce formidable musicien n’est jamais où on l’attend. Et puis, il a signé avec Emouvance, ce label indépendant exigeant qui encourage des musiques qui ne sont ni jazz, ni rock, ni même des musiques trad, mais parfois un peu de tout ça, qui s’intéresse au trio de Chemirani, à Daunik Lazro, au doudouk  de Gaguik Mourakian, aux monodiques d’Araïk Bartikian , aux variations pianistiques sur Lennie Tristano. Consultez le catalogue du label sur son site, vous serez édifiés !
Je me souviens avoir entendu, pour la première fois, l’Anglais impassible Matthew Bourne sur la Grand place de Bruxelles avec le Trio Grande de Dehors, Debrulle et Massot. Surprise de l‘intensité tranquille de ce pianiste, avec quelques notes attrapées en vol, aussi saillantes que limpides. Avec Laurent Dehors, ils se tiennent sur le fil, étranges sont leurs échanges, parfois en phase, parfois décalés. La douce folie de l’un plaît à la démesure de l’autre ! « C’est vraiment quelqu’un qui, quand on est ensemble me met en état de vibration » dit Laurent Dehors de son complice. Chansons, chansons qui évoquent l’amour  mais sans paroles,  des pièces courtes en général, pas faciles, des formes ciselées qui tiennent compte de passages improvisés. Tout en creusant toujours plus avant le mystère de l’improvisation, entre opacité, stridence insupportable (« Scotch missed ») et transparence destructrice. Pour Dehors, au contact du pianiste qui sait dompter le silence, l’heure est venue d’un certain dépouillement. Il avoue changer au contact de son camarade de jeu dans les «  liner notes » constituées de l’entretien mené avec intelligence par JP Ricard. Chaque instrument se détache précisément, souffle ou son des cordes pincées, le pianiste jouant une note seule qui impulse la forme, dans une répétitive obsession ou cascadant allègrement dans un phrasé romantique. Tous deux arrivent à affiner le dosage de leur musique singulière et duelle, qui ne ressemble à aucune autre, qui semble dans l’espace, en suspens, se dressant en une fragile architecture minimaliste ; ils bâtissent cette suite en équilibre instable, état quasi impossible à obtenir entre les êtres,  dans ces chansons d’amour qui finissent mal en général. Chacun respire pleinement,  jamais étouffé par l’autre. On se laisse entraîner,  parfois, on n’y comprend rien, comme en amour mais le cœur bat plus vite  et c’est bien.
Sophie Chambon

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 07:53

 

Auteur de nombreux ouvrages consacrés au jazz, Jean-Pierre Moussaron, professeur émérite de Littérature française à l’université Michel-de-Montaigne (Bordeaux 3), est décédé le 2 octobre des suites d’une longue maladie, apprend-on auprès de son éditeur, Joël Mettay (Alter Ego Editions).

Agrégé de Lettres Classiques, Jean-Pierre Moussaron fut de 1989 à 1995,  directeur de programme au Collège International de Philosophie (CIPh) et a dirigé à Bordeaux le séminaire « Art et Représentation » qui relevait dudit Collège, sous le patronage de Jacques Derrida, Michel Deguy et Philipppe Lacoue-Labarthe. A ce titre, il laisse comme ouvrages, « La poésie comme avenir »(Le Griffon d’argile,1992 et « Limites des Beaux-Arts »(Editions Galilée).

Dans le domaine du jazz, collaborateur de Jazz Magazine, du Dictionnaire du Jazz et membre du comité de rédaction de la revue L’art du jazz, Jean-Pierre Moussaron est l’auteur de deux livres marquants: Feu le free ? et autres écrits sur le jazz (Belin, coll. ”L’Extrême Contemporain”, 1990) et L’Amour du jazz (Galilée, coll. ”Débats”, 2009).

Son dernier ouvrage « Les blessures du désir, Pulsions et Puissances en jazz » vient de paraître, il y a quelques jours, aux éditions Alter Ego. Dans ce livre, Jean-Pierre Moussaron dresse le portrait de musiciens qui ont, selon ses termes, ouvert en lui «une blessure », en concert ou à l’écoute d’un disque. Parmi les artistes traités, figurent ainsi Chet Baker, Shirley Horn, Von Freeman, Bernard Lubat, Abbey Lincoln, Sonny Rollins. Ce choix de musiciens, précise-t-il en liminaire, « est entièrement subjectif mais nécessaire , dont la cause n’est fondée sur rien d’autre que lui-même, opérant dans ce qu’il faut appeler le vaste univers-ou « multivers »du jazz. »

Jean-Louis Lemarchand

 

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 07:53

Essentials

Sortie Europe  12 septembre

Label Catwalk 

www.catwalkjazz.com

Distribution CODAEX

 

 daniel.jpg

 

On n’a jamais entendu Marc Copland aussi ouvert et épanoui que dans ces Essentialsqui conjuguent un romantisme sombre, celui des standards sélectionnés, à une énergie lumineuse, celle des petites pièces intercalées, improvisées. A moins que ce ne soit l’inverse. Reste  perceptible l’empathie entre les deux musiciens qui se sont rencontrés  lors d’une résidence newyorkaise du contrebassiste suisse en 2010 .

Enregistré au Systems Two,  cet album intense et intimiste dans le projet et la configuration, déroule 17 titres  à l’enchaînement impeccable. Ils parviennent à faire rendre gorge aux classiques les plus intouchables comme ce « Things ain’t what they used to be » de Duke Ellington et y insufflent  un souffle actuel. L’entreprise était aussi séduisante que risquée, car choisir de reprendre des classiques comme  « Solar » de Miles , « Worksong » de Nat Adderley,  des ballades éternelles comme « Never let me go » ou « Yesterdays » nécessite talent et maîtrise.  Sens du mystère, suspens proprement hitchcockien, traduction en musique , un soupçon « Herrmannien ». Avec des titres moins attendus, l’entreprise aurait été moins périlleuse pour ce duo qui réussit un tour de force.  Relever de tels défis fait partie des règles du jazz : explorer le répertoire et en donner sa version, sans négliger pour autant de se lancer dans l’improvisation libre, la quintessence de cette musique,  en un constant dialogue, la contrebasse se mariant au piano, sobrement, en toute intelligence, avec un réel feeling.  D’évidence, ces deux là se sont trouvés et cette connivence superbe s’entend, tout simplement. Pas la moindre hésitation dans leur échange, le résultat est une musique fluide mais forte. Un pianiste à la personnalité forte, qui sait swinguer aussi dans « The Face of the Bass » ou « Solar », dont le phrasé se joue des pleins et déliés de la musique, toutes ces choses  lui valant une proximité évidente avec ses aînés. On ne se lasse pas de « The Meaning of the Blues » par exemple, le morceau le plus long de l’album, le plus emblématique peut être de cet art poétique du duo. Indéniablement, dans cet échange fort, le piano ne laisse pas longtemps s’installer le mystère car  la basse a parlé, sachant conserver sa place fondamentale. Exigence sans intransigeance. Tous deux veillent,  pleins d’une force fébrile, donnant toute leur mesure dans cet album classieux, au lyrisme retenu mais frémissant.

Un album à retenir !

Sophie Chambon

 

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 21:26

 

ACT 2012  ( dist. Harlunia Mundi)

Yaron Herman (p), Logan Richardson (as), Emile Parisien (ts,ss), Stéphane Kerecki (cb), Ziv Ravitz (dm)

yaron-herman.jpg

Je fais partie de ceux qui tiennent cet album pour une étape majeure dans l’œuvre que le pianiste Yaron Herman poursuit depuis quelques années d’abord chez Laborie puis maintenant chez ACT. Bien qu’il s’en défende et affirme que cet album est un autre visage de lui-même, un « Alter ego », il marque à mon avis un vrai tournant dans sa carrière de pianiste compositeur, arrangeur et surtout dirigeant ici d’un exceptionnel quintet.

On ne saura d’abord que se réjouir de ces retrouvailles entre le pianiste et le contrebassiste Stéphane Kerecki compagnon de longue route mais que le parcours discographique de l’un comme de l’autre avait un peu éloignés. Leur entente, ici appuyée par les trésors et les perles magiques de Ziv Ravitz en font ici un trio de très très haute volée. La pulse grave et le battement frémissant. Mais l’autre coup de génie de cet album est aussi d’avoir associé deux saxophonistes immenses : Emile Parisien d’une part, jeune prodige de Marciac qui phagocyte avec autant de gourmandise que de talent inouï la scène du jazz  ( avec entre autres Daniel Humair, avec Jean-Paul Céléa ou encore avec son propre quartet),  et le saxophoniste américain exilé depuis peu dans notre capitale, Logan Richardson dont nous suivons (depuis « Cerebral Flow », son premier album chez Fresh Sound) le parcours de très très haute classe.

 

Vrai tournant dans la carrière du pianiste qui met là ses compositions au service d’autres interprètes que lui. Qui offre avec générosité des plages d’improvisations superbes.

Dès l’ouverture avec Atlas et Axis on entre dans un univers très personnel du pianiste auquel on aurait bien du mal à rattacher un autre modèle qui l’aurait précédé. Et le fait qu’il ne s’expose pas seul ou en trio, n’empêche pas Yaron Herman, de livrer ici un de ses albums les plus personnels. Oubliées les références explicites à Keith Jarrett (elles sont implicites). Oubliées les reprises pops ( elles sont implicites aussi) mais en revanche bien présentes et prégnantes, les racines culturelles qui effleurent ( sur Hatikva ou encore sur ce thème de Gideon Klein sublimement arrangé) et enfin plus que jamais la passion pour un certain classicisme ( on pense à Debussy ou Fauré sur Your eyes par exemple).

Comme toujours avec Yaron Herman la musique est dense, ensorceleuse, faite du syncrétisme de tout ce que l’on vient de citer. Une musique à la fois intelligente et sensorielle et qui respire avec une certaine urgence à être ( Mojo) ou à exprimer une forme de dramaturgie intérieure ( Heart break through). Et puis il y a des fulgurances, celles notamment de l’expression du son de Logan Richardson se jouant de la défragmentation du tempo (Madeleine) et, chez le saxophoniste cette façon de chercher et de fouiller les harmonies justes, la phrase juste ( Kaos).

Il est des albums qui parce qu’ils ont leur propre existence relèvent presque d’une certaine forme de philosophe. Celle de Yaron Herman groove terriblement, emballe tout, fait danser et respirer et d’une certaine manière nous appelle à l’intelligence des sens.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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21 septembre 2012 5 21 /09 /septembre /2012 12:46

Patrois.jpgArts et Spectacles

Cavajazz

C'est depuis le premier album "Il sogno di Diego" de David Patrois, paru en 2007, que je suis régulièrement son " Trio  + 2 ". Le 10 septembre dernier est sorti  un second album sobrement intitulé "Live".
Le quintet de David Patrois est un "groupe", véritablement vrai, l'un des plus solides et soudés musicalement et humainement dans l'hexagone. Le genre de groupe que l'on va écouter pour jouir à l'envi d'une musique éclatante qui le caractérise.
Rodé à la ligne directrice chère au leader, le trio+2 est aujourd'hui  un groupe majeur du jazz français par son niveau de jouerie et ses qualités musicales, sa structuration originale : pas de basse ni de piano et une distribution des rôles éclairée. Trois musiciens " tiennent la baraque " - ce sont les musiciens du trio à l'origine de ce quintet - " et les deux derniers colorient les pièces " dixit Patrois himself.  Ainsi, le tromboniste et conquiste Sébastien Llado et le guitariste Pierre Durand déploient des horizons fertiles aux rythmes improbables, aux ambiances décalés, s'entremêlent, se jettent la pierre, jonglent avec les notes et les anecdotes. David Patrois les qualifient d'  " aliens " dans le groupe… mais des aliens sympas et venus en paix.
Et le trio quant à lui, composé de David Patrois aux vibraphone et marimba, Jean Charles Richard aux saxophones et Luc Isenmann à la batterie, déroule un parterre musclé et poétique, spatial (" Hal 9000 "), africain sans excès, parfois étrangement chaloupé (le reggae à sept temps) et tellement évident (" Freedom Jazz Dance "). Ces cinq musiciens ne font pas partie des " institutionnels du jazz français " - et c'est tant mieux - mais comptent parmi les meilleurs praticiens de leurs instruments en France ; ils aiment jouer ensemble et le font en concert et sur ce disque.
L'album "Live", paru chez Arts et Spectacles, a été gravé à l'occasion d'un concert " normal " à la Cavajazz à Viviers (Ardèche). Pas de méprise avec ce propos ! C'est un concert de haut niveau, celui d'un groupe soudé, expérimenté et avec des idées, comme il y en existe peu sur la durée. Mais cette performance enregistrée n'est pas hors du commun pour le groupe : elle est habituelle et c'est ca qui est bon ! Tant le niveau du groupe et sa musique atteignent des sommets de créativité.
Le but est ici de marquer une empreinte, le genre de trace qu'on veut laisser pour dévoiler l'évolution profitable qu'a suivie la musique du premier album... Costaud, le trio + 2 de David Patrois est une vraie valeur montante du jazz français.

JG

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 22:46

sunset-sunside.jpgPour sa 11ème édition, les trophées du Sunside sous la houlette d'un jury composé cette année de Gaetan Dupenher (Tempo111), Philippe Marchin (Photographe jazz), Guillaume Lagrée (journaliste) et Agnès Minetto (Responsable Technique Sunset-Sunside)

 a décerné son palmarès :

 

1er prix de groupe

NOT FORGET, THE PROJECT
Jean Rondeau – piano ; Virgile Lefebvre – saxophone ; Erwan Ricordeau – c.basse ; Aurélien Pasquet – batterie

http://www.facebook.com/media/set/?set=a.104618912990542.4934.104618512990582&type=3

not-forget-copie-1.jpg

 

2ème prix de groupe

CHARLOTTE WASSY QUINTET
Julien Lallier – piano ; Arnaud Dolmen – batterie ; Damian  Nueva – c.basse ; Irving Acao – saxophones ; Charlotte Wassy – vocal

 
1er prix de soliste : CHARLOTTE WASSY l vocal

 

 

 

2ème prix de soliste : GAUTHIER GARRIGUE l batterie



(NDR : un musicien à suivre absolument et qui commence sérieusement à faire parler de lui sur la place de Paris)
1er prix de composition

WEN Quartet
Carla Gaudré – saxophone soprane ; Xavier Gainche – piano ; Louise Navarro – c.basse ; Simon Portefaix – batterie, percussions


2ème prix de composition

NOT FORGET, THE PROJECT
Jean Rondeau – piano ; Virgile Lefebvre – saxophone ; Erwan Ricordeau – c.basse ; Aurélien Pasquet – batterie

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