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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 09:19

Abalone 2012

Jean-Charles Richard ( ss, bs, bansuri), Peter Herbert (cb),Wolfgang reisinger (dm)

jean-charles-richard.jpg

 

Le premier album de Jean-Charles Richard avait sidéré tout le monde. C’était à l’époque une prise de risque totale puisque pour un premier opus, Jean-Charles Richard avait choisi la forme la plus ultime et avait enregistré « Faces », en solo. Il avait été alors salué comme un immense moment de musique. Et il aura donc fallu à Jean-Charles Richard pas moins de 7 ans et un agenda totalement overbooké pour que le génial saxophoniste se remette à enregistrer, cette fois en trio, accompagné de Peter Herbert à la contrebasse et de Wolfgang Reisinger à la batterie. Trio un peu inattendu pour ceux qui ont entendu Jean-Charles Richard ces dernières années sillonner l’hexagone au gré d’innombrables projets où il mettait souvent son art au service des autres ( le dernier projet en date avec Christophe Marguet) , mais qui ont oublié qu’ils s’agit pourtant depuis longtemps de son trio de base.

Et autant il y avait dans « Faces » quelque chose qui tenait d’une sorte de mystique, presque d’une ascèse, autant nous sommes ici directement plongés dans tout autre chose. Il fallait passer de l’auto-consumation à la propagation de l’incendie. Et ce que dit le saxophoniste relève de quelque chose de tellurique, profondément ancré dans le sol, quelque chose de tripal et tribal à la fois. Et là encore Jean-Charles Richard frappe fort, renversant la table par l’intensité de ce qui s’exprime. Car il se dégage de cet album une formidable puissance dans l’expression et du jeu. Puissance du son projeté. Puissance d’une rythmique. Puissance d’une dynamique irrésistible. Car Jean-Charles Richard est allé chercher deux musiciens d’exception. Il suffit d’entendre la construction d’un thème comme le Reliquaire du bonheuroù après une introduction spectaculaire à l’archet se met en branle un ostinato puissant porteur d’un clair obscur saisissant. Peter Herbert, le contrebassiste autrichien d’une exceptionnelle densité de jeu, comme un socle massif, est un indéfectible pilier dont la profondeur de jeu prend parle aux esprits chamaniques. Toujours bouleversant. Bien plus qu’un contrebassiste. L’expression de la gravité. Et Wolfgand Reisinger, le batteur viennois, longtemps compagnon de route de Dave Liebman ( il n’y a pas de hasard) donne à ce trio un frémissement de la pulse presque ethnique.

 

Bien qu’il s’en défende le saxophoniste, s’il parvient à s’émanciper des maîtres, n’en porte pas moins leurs traces indélébiles. En premier lieu celle de son mentor, Dave Liebman auquel un thème comme Misfit-Bandit me fait irrésistiblement penser. Peu de saxophonistes naviguant aux deux extrêmes du son avec la même maestria ( e l’aigu du soprano au grave du bartyton) parviennent à une telle pureté du son. Jean-Charles Richard dessine au soprano des calligraphies dans le ciel ( Le Reliquaire ou encore le bien nommé Firmament). Au point d’avoir banni de son langage toute espèce de vibrato. Porté parfois vers des inspirations orientales ( Neiges Graves), JCR joue même sur un  titre du bansuri, une flûte traversière indienne sur un superbe Bengalis. Et lorsqu’il s’empare du baryton, c’est avec la force décapante d’un jeu totalement libéré dont le flot entraîne tout.

 

 

 

La musique de Jean-Charles Richard ne ressemble à aucune autre. Nourrie de quelques fleuves nourriciers ( Liebman, Steve Lacy), elle déverse son cours dans un magma fertile, une terra incognita qui met les sens en éveil,

Avec son trio, Jean-Charles Richard exprime un concept paradoxal, celui de l’intensité d’une musique dépouillée de tout superflus (Myosotis). Il y a quelque chose d’essentiel dans cette musique-là, au sens étymologique. Et c’est cela qu’exprime le trio dans un mouvement cohérent, une sorte d’unité trinitaire.   

Jean-Marc Gelin

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 09:12

 

Avec Vincent Mascart (saxophones), Geoffroy de Masure (trombone), Nicolas Mahieux (contrebasse), Christophe Lavergne (batterie)

Label Cristal Records/distribution France : Rue Stendhal

CHOLET.jpg 

Astucieux ce projet du collectif de Jean-Christophe Cholet  dans une version réduite du Grand Format Diagonal, qu’il dirige depuis 1999, qui consiste à brasser des standards dans un Pick up attrayant : c’est un travail d’écriture spécifique, une synthèse des préférences  collectives en matière de chansons. Ce volume 1 inaugure une série à venir tant le corpus populaire est vaste, inépuisable même. Evidemment, les mélodies sélectionnées  sont savoureuses et ont rencontré l’adhésion populaire. Les musiciens de ce quintet ont été choisis avec un soin particulier en raison de leur parcours  et de leur disposition à croiser d’autres cultures musicales avec le jazz : on retrouve à la rythmique Christophe Lavergne et Nicolas Mahieux, complices fidèles de JC Cholet, le saxophoniste Vincent Mascart, membre de Diagonal et leader de Circum  et le tromboniste Geoffroy de Masure.

Car les airs remontent jusqu’en 1909 avec « la valse brune »  et il y en absolument pour tous les goûts : ainsi en est-il des incontournables Beatles que tout le monde finit par reprendre un jour ou l’autre, de Radiohead à Brad Mehldau : cette fois c’est le « Norwegian Wood » du double rouge qui a l’honneur de commencer l’album. Evidemment « La Mer » fait partie de la sélection, mais elle est reprise finement ici. Il fallait absolument en faire autre chose, tant cet air est connu. C’est sûrement l’une des chansons les moins « jazz » de Trenet, on ne peut pas dire que cela swingue dans cette nouvelle version, mais  le quintet s’en tire bien. « Amsterdam » aussi a droit à un arrangement pop, et devient  une folk song  qui flirte avec certains «Greensleaves». Comme l’écrivait Michel Leiris, le jazz nous « touche à présent comme si c’était cela notre vrai folklore ». On retient l’arrangement avec de nouveaux timbres et d’autres couleurs de « Pour un flirt » quand la transformation est aussi épatante. Cette chanson se prête à des versions nombreuses et changeantes.  Certaines « scies » sont embellies comme ce « Tico Tico » et surtout « Besame mucho » par le trombone et le sax mêlés, qui en font quelque chose...

Un album qui inaugure une série prometteuse dont on attend  la suite.

Sophie Chambon

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 23:09

Sunset, paris - 29 mai 2012

Jean-Sébastien Simonoviez (p, voc), Clara Simonoviez (voc), Jean-Paul Adam (as), François-Régis Gallix (cb), Géraud Portal (dr)

Il est rare de croiser le pianiste de Carcassonne dans les clubs parisiens. Il ne fallait pas le louper non plus au Sunset ce 29 mai dernier à Paris. Avec son groupe Transition Cosmic Power, Jean-Sébastien Simonoviez  présente cet album au titre éponyme, paru il y a bientôt trois ans, à un public parisien qui répond à l'appel.
Je ne tournerai pas autour du pot: Transition Cosmic Power est un OVNI dans le jazz français …
On parviendra difficilement à en faire une description exhaustive mais on peut la tenter en partant du nom du groupe et du cd "Transition Cosmic Power". "Transition" parce que c'est à l'origine un groupe de transition qui réunissait Simonoviez, le contrebassiste François-Régis Gallix il y a une dizaine d'années déjà accompagnée de la (très) jeune Clara Simonoviez, fille et chanteuse, alors âgée de douze ans.
"Cosmic"  est un clin d'oeil à Sun Ra et à sa philosophie de vie cosmique et à une certaine spiritualité propagée par Alice Coltrane et Pharoah Sanders. Dans le livret du cd, Simonoviez évoque son état et le rôle d'émetteur et récepteur qu'il tient dans l'univers et convie l'auditeur à écouter sa musique, à le suivre sur son chemin spirituel. Un peu à l'image d'un message de Sun Ra: "I am like a bird. You don't have to listen to me, but I am there".
Enfin "Power" pour l'énergie totalement positive que cette musique diffuse, un peu comme une explosion solaire de joie. "Power" comme la musique de Trane, imminent présent dans ce concert.

 

jean-sebastien-simonoviez.jpgédité par Black and Blue en 2009

 

Depuis, ce groupe de transition continue d'exister et développe une musique atmosphérique, stellaire, naïve parfois enfantine (Simonoviez compose des contes). Simonoviez père joue du piano et chante avec Clara, sa fille, des textes chantés/parlés qui rappelle par endroits "Merci" de Magma ou "D'épreuves d'amour" de Stella Vander, composé par Pierre-Michel Sivadier. Pourtant l'inspiration première vient du requiem pour voix et piano de Duruflé qui a scotché le pianiste. Les autres sources d'inspiration sont Marvin Gaye, le bop, la soul, un certain jazz ponctué d'espoir spirituel. Les textes poétiques et la musique de Simonoviez, adaptés à sa voix blanche et celle de sa fille, libèrent une joie intense et une volonté de réjouir leurs auditeurs; ce qui leur donnent un côté subversif dans le contexte actuel de par leur côté volontairement sincère et évocateur de bonheur irrépressible.
La musique est conduite par la créativité hors norme de son compositeur, des transes rythmiques et cosmiques envoutantes et des musiciens emportés par un enthousiasme débordant et communicatif. Transition Cosmic Power est un groupe unique et totalement libre.

Jérôme Gransac

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 22:12

Steve-Verbeke-copyright-Xavier-Alberghini.jpg

Steve Verbeke © Xavier Alberghini

 

 

Pour la sixième année, le festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés Paris organise des concerts en prison. Le 29 mai, Steve Verbeke jouait à Bois d’Arcy. Le premier s’empare de la guitare sèche de Jerémie Tepper et improvise dans le plus pur style manouche. Un autre engage la discussion avec Steve Verbeke sur les mérites du blues de Chicago. A la fin du concert donné ce 29 mai après-midi par le chanteur-harmoniciste à la Maison d’arrêt de Bois d’Arcy (78), quelques détenus se sont invités sur la scène, histoire de vivre pleinement cet intermède culturel proposé par le Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés Paris. Quelques instants plus tôt, ils étaient tous ensemble, une petite centaine de spectateurs, installés sur les gradins (béton et bois) de la salle de spectacle de la Maison d’Arrêt pour hommes des Yvelines, à reprendre avec Steve Verbeke et ses deux guitaristes (Stan Noubard Pacha et Jérémie Tepper) le refrain d’un grand classique du blues, « Got My Mojo Working » de Muddy Waters. « Je vous remercie d’être venus, vous auriez pu profiter du soleil dehors ! » lance au public l’harmoniciste, aussitôt accueilli par des applaudissements. Une semaine exactement auparavant, c’était à la Maison d’arrêt des femmes de Versailles que le Festival Jazz à Saint-Germain-des-Prés Paris programmait un concert avec le quartet de Yann Cole et la chanteuse Amalya dans un répertoire soul et rythm & blues. « Œuvrer pour la réinsertion sociale par la vie culturelle, c’est une mission qui nous est chère avec l’opération « Dedans comme dehors » organisée depuis maintenant six ans », commente Donatienne Hantin, la directrice de production du festival. Favoriser la réinsertion des détenus Jazz à Saint-Germain-des-Prés Paris participe ainsi- aux côtés du Festival Blues sur Seine ou l’Association Hip-Hop citoyens pour ne citer que le domaine des musiques improvisées- au Parcours Culturel d’insertion dans les Yvelines piloté par la direction du Service Pénitentiaire d’Insertion et Probation (SPIP 78) et coordonné avec l’association Léo Lagrange. Pour 2012, une vingtaine de partenaires apportent leur concours à ce programme dont le Musée du Louvre, le Théâtre National de Chaillot ou l’Ensemble Orchestral de Paris. « Notre objectif est de favoriser la réinsertion des détenus en leur donnant accès à un univers culturel qui leur est souvent inconnu. Nous n’allons pas leur proposer que du rap ! » souligne la directrice du SPIP 78, Claire Mérigonde. Assurées par des intervenants extérieurs professionnels, « les différentes actions -spectacles et ateliers de pratique artistique (théâtre, court métrage, magie…) - visent à revaloriser, resocialiser les détenus considérés comme des citoyens », précise Sandrine Laroche, coordinatrice culturelle pour le SPIP 78. Pour 2012, le Parcours culturel d’insertion dans les Yvelines- qui concerne trois établissements pénitentiaires, Poissy, Versailles et Bois d’Arcy - dispose d’un budget global de cent mille euros, assuré majoritairement par le SPIP (à 50-60 %) avec le soutien de partenaires institutionnels-dont la Direction régionale des affaires culturelles- et privés. Au niveau national, la culture a été reconnue comme facteur d’insertion et de réinsertion des détenus depuis un protocole d’accord signé en 1986 entre le Ministère de la Justice et le Ministère de la Culture et qui a été renforcé par deux autres protocoles en 1990 et 2009.

Jean-Louis Lemarchand

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 18:26

 

Label La Buissonne

2012

 www.andyemler.eu 

www.labuissonne.com

 emler-e-total.jpg

 

A la réception du nouvel album du Megaoctet, nous voilà partagé entre le plaisir de recevoir un bel objet ( livret élégant  avec des photos-portraits de chaque musicien et en prime, l’accolade du chef avec l‘ingé-son de La Buissonne, Gérard de Haro), l’attente d’un grand moment de musique ( plus d’une heure d’énergie débridée)...et la perplexité du chroniqueur.

En effet que peut-on bien écrire de nouveau et de pertinent sur ce groupe devenu mythique dans le « mundillo » du jazz ? On retrouve intactes les qualités qui nous ont fait aimer et louer les précédents enregistrements, à savoir une manière personnelle de traiter la masse sonore et les différentes textures, une écriture singulière, un esprit de groupe.  Andy Emler, le boss du Mégaoctet, véritable metteur en scène du son, continue à explorer l’univers qu’il a commencé à aborder, il y a longtemps. Suivons  une fois encore le chemin que trace le Mégaoctet, qui nous plonge dans une rêverie galvanisante, sortie de l’imaginaire du pianiste, qui tient toutes ses promesses sur disque et en concert évidemment. Le titre pour commencer tourne autour du mystère de l’E total, simple et complexe... tous les morceaux sont écrits sur une fondamentale de Mi, l’écriture et l’improvisateur voyagent autour de cette fondamentale.

 Dans le Mégaoctet, ils sont  8 avec le chef, et en « guest » sur un seul titre du CD B,  « Mirrors »  la précieuse Elise Caron. Car l’un des principes de cette formation est de rester fidèle au collectif  comme dans ce « Shit happens », d’ailleurs filmé en vidéo par Richard Bois, où l’on voit la « fabrique » de la musique, comment ça joue, et comment le groupe, dans une formidable énergie sincère et pourtant canalisée, avance ensemble. Jouer est notre faire ...j’aime l’esprit de ce groupe qui pour jouer, se nourrit de chacun. Ils ont encore trouvé une phrase de Zappa (décidément)  qui pourrait faire date comme le fameux Jazz is not dead but it stinks ! Cette fois, il s’agit de : A mind is like a parachute. It doesn’t work if it’s not open. A méditer…

Emler ne perd jamais le fil de l’échange avec ses musiciens,  dirige sans faiblir les éructations de cuivres, le tuba vrombissant de François Thuillier dès l’ouverture de « Good Games », le sage Philippe Sellam, imperturbable devant l’intenable Laurent Dehors et le dissipé Thomas de Pourquery, tous deux suivant et relançant sans cesse  avec une verve jubilatoire ; sans oublier l’incandescent Laurent Blondiau à la trompette, la paire d’as du premier trio coaché par le militant Thierry Virolle, le super TEE, qui filait bon train, à savoir Tchamitchian Echampard, le côté Emlerien de la force. Ce qui frappe avant tout c’est la rutilance de la machine, la puissance de l’orchestration, les assemblages de notes et de timbres. Chacun fonctionne en écho avec ses comparses, mettant du liant dans le chaudron commun mais se mesurant aussi à ses démons lors de puissants et périlleux soli. Les égos sont ainsi égaux…Et le résultat est ramassé, plus cohérent peut-être, avec de longs morceaux prenants, toujours aussi fascinant… Allez, en route avec le Megaoctet…

 

Sophie Chambon

 

Info intéressante sur un appel à devenir coproducteur d'un film sur le Megaoctet, que nous relayons ici

Lire, puis voir et écouter sur les liens :

“Le 6 janvier 2011, lors de l’ouverture du Brain Festival, Andy Emler et son MegaOctet étaient sur scène. A la fin du concert Andy Emler et moi avons imaginé un documentaire sur la création du nouvel album (“E total“ sorti le 2 mai dernier) qui devait s’enregistrer en novembre de la même année. L’idée de revenir, d’une autre manière, sur la direction d’orchestre comme modèle d’organisation sociale comme je l’avais fait pour “au milieu de l’orchestre“,

 

 

est venu enrichir le projet.

Un projet fou pour deux barjots… et puis tous les autres !
2011 a donc été l’année du tournage de ce film qui a généré plus de 150 heures d’images capturées !
Le documentaire a été présenté à des diffuseurs, dont deux le programmeront lors de son achèvement. Ils nous ont permis de postuler à des aides de l’Etat, et nous avons reçu celle du Fonds pour la Création Musicale attribué dans la commission du 7 octobre 2011.
Malheureusement pour finir ce film, cette aide n’est pas suffisante ! Nous avons donc inscrit ce documentaire sur le site de production participative touscoprod.com, (lien :

link)
Je vous invite à y faire un tour et de faire circuler l’information pour inciter vos contacts à participer à ce film en devenant coproducteur.
La participation est très progressive, il y a des contreparties de qualité. Faustine Hennion porte ce projet au sein de ma petite société de production, Ruwenzori, qui produit le film.
N’hésitez pas à la contacter faustine@richardbois.com.
Voici en guise de mise en bouche, le teaser version longue, (lien : link) (6mn), la version courte est en phase d’accouchement !
Devenez co-producteur : Une page facebook, (lien : https://www.facebook.com/zicocratie) vient aussi d’être créée !
Faisons circuler les idées. En particulier celle qui pense que la culture est le miroir de nos vies.
Bien à vous tous !
Richard Bois

06 14 51 99 17
richard@richardbois.com

Des extraits de mes films sur YouTube
Des extraits de mes films sur Dailymotion
Des extraits de ma musique sur MySpace
Télécharger mes films sur Vodeo
"En essayant continuellement on finit par réussir.
Donc: plus ça rate, plus on a de chance que ça marche !"
(devise Shadock)


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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 08:44

Abalone Production 2012

Sebastien Texier ( as, cl), Jean-Charles Richard (bs, ss), Bruno Angelini (p), Maurao Gargano (cb), Christophe Marguet (dm)

 marguet.jpg

Après avoir entendu son formidable sextet franco-américain à Coutances, Christophe Marguet créée à nouveau la sensation avec la suite de ce quintet « Resistance Poétique » dans la continuité des précédents albums, « Itrane » et « Buscando la Luz ». Groupe à formation variable qui fut d’abord un trio pour se muer en quartet et devenir aujourd’hui avec l’apport de Jean-Charles Richard un quintet. Avec toujours en filigrane l’idée que la musique est une forme de poésie.

Et au-delà de cet évident sens de la poétique, la musique de Marguet est un vrai alibi à l’improvisation jazz. Basée parfois sur de très belles lignes mélodiques qui, jouées dans un registre très haut, presque dans celui d'une chanteuse soprano, emportent une réelle émotion. Parfois au contraire, c'est la rondeur qui gronde, l’ancrage tellurique de Gargano qui grave ces harmonies dans le socle d’un groove profond.

Ue des belles idées de cet album, c’est notamment d'y avoir associé  Sébastien Texier et Jean- Charles Richard. Tous les deux ici frères d’armes. ( à noter au passage combien l'on est frappés notamment par ce son magnifique de Sebastien Texier, rare chez les altistes français qui évoque un Lenny Popkin ou un Paul Desmond - Grande classe). Ne cherchant pas du tout le contraste du jeu mais au contraire la juste association, les deux se confondent en énergie, se confondent en puissance. Et cela joue sur des contre-chants harmoniques presque coltraniens (Coral Spirit) sans en copier les idiomes et surtout sur une certaine transcendance de la musique portée parfois à haute fusion.

Ce qui est ainsi frappant chez Marguet et qui sautait aussi aux yeux dans ce sextet ( partiellement) américain entendu à Coutances, ce qui a séduit certainement Steve Swallow, c’est la qualité d’écriture du batteur. Il ne renonce à rien, et si originale qu’elles soient, ses compositions s’ancrent dans un jazz qui porte une rééele originalité. Son blues à lui est certes plus européen. C’est un savoir faire qui circule à la manière d’une tradition  orale, entre Texier, Sclavis ou Portal. Ce jazz qui vibre avec le sens d’une palpitante rythmique. Cette musique qui danse comme sur Amboseli ou sur Tiny Feet danceoù la rythmique emporte une sorte de sarabande que Sclavis ne désavouerait pas.

Cette façon très belle de faire se mouvoir et chanter la musique. Quelque chose qui tient du vent léger. Du visuel aussi.

Et parfois le groupe se meut aussi dans des intentions à la Ornette, une musique plus sauvage, plus libre où l’énergie circule dans un ensemble homothétique (San Francisco). Aucun des 5 membres n’est en reste et les 5 membres du quintet s’entendent aussi distinctivement qu’ils se confondent dans le son du groupe.

Cette musique qui vit et parle aux sens , vibre et frémit au drive de Marguet.

Quintet poétique. Quintet irrésistible.

Jean-Marc Gelin

 

ecoutez des extraits ici

 

Défaut des envois promotionnels : l’exemplaire qui nous a été envoyé ne contient pas le DVD vendu avec le disque  et qui ( paraît-il) présente ce répertoire joué lors d’un concert donné à Strasbourg à l’automne 2010. On compte sur le lecteur pour nous raconter…..

 

 

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 08:00

Cherchez la femme - Original Sound De luxeOriginal Sound De Luxe
 
Cristal
 

 

 

Cherchez la femme, c’est la bonne idée de ce numéro de la série Original Sound De Luxe du label  Cristal.  Le jazz est essentiellement masculin et la femme est souvent fatale comme dans le roman et le film noirs. Claude Carrière a eu l’idée de choisir les titres, suivant l’ordre alphabétique, en recherchant  des prénoms féminins, d’Anita (seconde épouse de Fats Waller) à Zaza (amie de Rex Stewart). Le jazz est  abordé sous l’angle des femmes, qu’elles soient admiratrices, inspiratrices, compagnes, ou  créatures idéales, donc rêvées. On pense donc à « Laura » alias l’inoubliable  Gene Tierney par Charlie Parker avec un ensemble de cordes et  on apprécie cet élégant « Audrey »  pour Hepburn dans l’interprétation du quartet du pianiste Dave Brubeck et surtout de l’altiste Desmond. On ne saurait trouver de meilleure correspondance dans la fragilité, entre musicien et actrice. La sélection originale imposée par la thématique de ce numéro  fait découvrir de belles compositions  en petites et grandes formations surtout : deux seulement sont reprises en solo cette fois (cf numéro PIANO SOLO)  respectivement par Art Tatum pour cette «  Louise » qu’immortalisa Maurice Chevalier et « Pannonica » par Thelonius Monk, du nom de la baronne protectrice du pianiste. On découvre ainsi le talent des musiciens de jazz au travers de figures immortalisées diversement par Louis Armstrong en 1930 (« Dinah »), Duke Ellington et son orchestre dans «Chloe »  et « Clementine » au début des années 40 et « Janet » en trio en  1961 , « Daphne» par Django avec Eddie South et Stéphane Grappelli en 1937. On souhaite que Claude Carrière continue à nous proposer des numéros aussi vifs et insolites, tout en restant ludiques, qui combleront tout amateur de cette musique. Apprendre, découvrir en s’amusant et rechercher les correspondances dans le labyrinthe infini de la planète jazz. En s’appuyant sur l’expertise d’un véritable « allumé du jazz », Claude Carrière et des excellentes notes de lecture du petit carnet de la collection, véritable bréviaire du jazz.
NB : et puis, cette collection propose à prix réduits de très jolis objets Cds, on n’écoutera donc pas cette musique sur fichier MP3…
Sophie CHAMBON

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 17:41

29 mai 2012 : Kurt Elling Quintet. Concert à la maison des Cultures du Monde dans le cadre du festival de jazz de Saint Germain des Près.


Mardi 29 mai, vers 21h15, je marchais le long du boulevard Raspail en direction de la Maison des Cultures du Monde. Un homme me précédait. Je l’avais remarqué car il portait un costume beige avec des petits motifs rouges et blancs bizarrement cousus sur le dos. Je regardais ses chaussures : des chaussures noires avec une grosse semelle crème. Je me disais « c’est le style américain ». Puis l’homme tourna légèrement la tête vers la gauche. Je connaissais ce visage : c’était Kurt Elling ! Accélérant le pas et me retrouvant à ses côtés je lui dis, assez bêtement « I think you are Kurt Elling ». Il me répondit « Yes I am. Glad to meet you ». Une interview improvisée !
Moi : « Are you going to sing songs from your last album ? »
Lui : « Some of them but lots of new things too »
Moi : « How do you feel for tonight’s concert ? »
Lui : « Well, we’ll see……You can never know…. »
Même à son niveau, il ne savait pas……Assailli dès son entrée sur le parvis de la Maison des Cultures du Monde, je le laissais, émue, à ses fans.
Considéré comme l’un des meilleurs chanteurs de jazz de sa génération, il vient d’offrir un nouvel album : « The Gate », dans le lequel il nous restitue (enfin !) l’essence de son immense talent, après le court intermède de son opus précédent : « Dedicated to You », où il revêtait (à mon grand regret) les allures du crooner langoureux au service de ces dames.
Ce soir, le Kurt Elling que j’aimais, le « Man in the Air », était bien de retour.
Pour ce concert, donné  dans le cadre du Festival de Jazz de Saint Germain des Près – dont on ne peut que saluer l’excellence de l’édition 2012 - il s’était entouré de son ami, pianiste et arrangeur de toujours : Laurence Hobgood, ainsi que d’une belle rythmique composée de Quincy Davis à la batterie, John Mc Lean à la guitare et Clarck Sommers à la contrebasse.

 

Kurt Elling DSC8767 copie

 

Avec décontraction, chaleur et naturel, Kurt Elling remplit la salle comble de sa magnifique voix. Une voix de baryton suffisamment extensible pour atteindre, en voix de tête, les aigus du ténor. Tout le long du concert, il réalisa des prouesses techniques remarquables : notes tenues longtemps avec une puissance époustouflante, intervalles aux ambitus vertigineux parcourus avec une justesse sans faille, un souffle maîtrisé à la perfection, une virtuosité dans l’improvisation qu’on lui connaissait déjà si bien.
Les titres joués étaient parfois tirés de l’album The Gate, comme le très esthétique « Samouraï Cowboy », « After your love has gone » d’Earth Wind and Fire ou le « Golden Lady » de Stevie Wonder, mais aussi du répertoire des standards comme « Estate » ou « Body and Soul ». Mais un standard chanté par Kurt Elling n’est plus un standard, c’est…..du Kurt Elling ! Un Body And Soul complètement revisité, où l’on put entendre son propre texte qu’il chanta, comme il sait si bien le faire, en l’accélérant parfois jusqu’à donner l’impression d’un « scat de paroles ».
Le concert termina avec Golden Lady, sur lequel il imita la batterie, parfois des tablas, puis se lança dans un dialogue avec John Mc Lean dont il reprit les phrases musicales en imitant jusqu’aux distorsions et glissandos de la guitare.
Quelques messages semblaient parsemés ici et là  : « We think by feeling, what is there to know ? », ou « I won’t quit till I’m a star, till I’m a star, till I’m a star »…..
Le public, debout, presque en larmes, l’acclama, l’ovationna, cria son bonheur devant tant de talent. Après un petit tour derrière les rideaux où je pus voir, d’où j’étais placée, qu’il donnait quelques accolades d’encouragement à ses musiciens, Kurt Elling revint sur scène avec « La vie en rose ». Un hommage à Paris, à la chanson française, à son public français qui l’aime tant.
Au sortir du concert, en route vers ma voiture, j’entendis une vieille dame chanter le premier couplet de « Nature Boy ». Kurt Elling avait transmis sa musique et la rue faisait pour un temps encore entendre sa voix.
J’aurais eu envie de le rencontrer de nouveau, en sens inverse vers son hôtel et de lui dire : «You are a star ». Mais ce genre de hasard extraordinaire ne se produit généralement qu’une seule fois…...

Yaël Angel

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 22:37

ECM 2012

Louis Sclavis (cl, clb), Benjamin Moussay (p, fder), Gilles Coronado (g)

  sclavis-sources.jpg

Evenement et Grand disque de Scalvis ! Une nouvelle fois.  Dire ce que l’on veut mais aujourd’hui personne n’écrit comme Sclavis. Sa musique est totalement unique. Vous aurez beau chercher, essayer de la raccrocher à une forme jazzistique connue, elle vous échappera toujours si vous essayez de la capturer dans ces grossiers filets.

Car Sclavis nous embarque, chaque fois dans une sorte de voyage onirique qui dégage une extraordinaire puissance poétique. Évocatrice de paysages mais aussi de ce que l’intime a d’insaisissable. Les terrains explorés semblent vierges. Les flottements structurels sont voulus et naviguent entre deux eaux. Les contours sont mouvants. Si Sclavis a apporté ses compositions, chaque membre du trio a aussi apporté sa pierre à l’édifice dans un  travail à la table pour déboucher sur un vrai travail collectif dont le clarinettiste est le géniteur. Et force est de constater que les trois se confondent dans une osmose musicale servie par des interprètes dont l’écoute, l’abnégation (au sens de servir l’autre) et la qualité des improvisations sont les matériaux les plus palpables. Tous les trois, dans cet instrumentum original font parler la musique. Tous les trois improvisent, jouent avec des silences inquiétants ( Outside of maps). Ils s’échangent tour à tour les rôles rythmiques et harmoniques. Parler de groove ou de pulse serait galvaudé. On entre dans des sortes de tourneries qui relèvent plutôt du flux vital. La guitare de Coronado est multiple, porteuse de sons très différents s’un morceau à l’autre. Et même ses incursions rock (A road to Karangada) sont hypnotiques. Benjamin Moussay quant à lui drappe le son au piano ou au fender d’un voile mystérieux, l’enveloppe et l’ensorcelle.

L’africanité qui hante Sclavis depuis longtemps est là, présente  même Près d’hagondange. Son Afrique est celle d’une danse sorcière.

Leur géographie est parfois celle de l’étrange dans une sorte de transport presque psychédélique. Comme si le langage des mots et les images devenaient superflus. L’émotion est là, subtile mais forte et dense. La musique exprime le désert, le voyage, la métamorphose ou la dérive poétique.

On pardonnera un morceau plus maniéré comme Dresseur de Nuage où l’on croit entendre sur l’intro la patte d’un Manfreid Eicher. Sorte de concession au label accueillant.

Sclavis débarrassé de ses furies free porte ici la musique à d’autres sommets. Jamais il n'a été aussi fort dans la pratique de son art de la clarinette. Et c'est une sorte d’amour suprême qui s’en dégage avec cette force presque chamanique qui fait parler les éléments imaginaires.

Jean-Marc Gelin

 

Pour pénétrer l’univers de Sclavis, se reporter à l’interview référence de près de 40 pages recueillie par Stéphane Olivier dans Jazzmagazine daté de mars 2012

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:47

PIANO-SOLO-LEGENDS---Original-Sound-De-luxe.jpg
Original Sound De luxe
Cristal records
Sélection originale Claude Carrière
Illustrations originales de Christian Cailleaux


Ah le plaisir de voir dans la pile de Cds à chroniquer les deux nouveaux numéros de la série OSD (Original Sound De Luxe ), de retrouver ces « oldies but so goldies ». On introduit le CD dans le lecteur (pas de lecteur MP3 ou autre baladeur). Et, sans regarder les titres, on attaque  par le numéro consacré au piano solo, exercice de style difficile mais de règle dans les premiers temps du piano jazz : après un rapide et éblouissant Jelly Roll Morton de 1939 dans le hit « King Porter Stomp », un James P. Johnson  very « modernistic » de la même année. Dès les premières notes de l’introduction du troisième morceau, c’est « Echoes of Spring » et dans le cœur se disputent émotion et gratitude envers Claude Carrière pour avoir choisi cette éblouissante mélodie de Willie « the Lion » Smith, un des rois du stride, thème insidieusement mélancolique, également de 1939 ( j’aurais envie de lui demander ce qu’il pense de l’arrangement en quintet des  formidables Stephan Oliva et François Raulin ?).
Le quatrième morceau va être dur à passer tant la tentation de reprendre en boucle est forte mais c’est le bouleversant « Solitude » de Duke Ellington. Et après, le cœur continue de battre un peu plus vite avec la version de 1927 d’un Bix Beiderbecke exalté, au piano,  dans son unique composition pour cet instrument  « In the mist ». La partie est gagnée, une fois encore, le numéro a démarré sur les chapeaux de roue et on peut s’amuser au blind fold test qui se déroule sur les 24 titres de cette anthologie qui s’arrête avec un Martial Solal cuvée 1960, inspiré par le chef d’œuvre de Cole Porter  «  Anything goes ».  Ne boudons pas notre plaisir et demandons nous avec les pianistes actuels, qui ne se font pas prier pour écouter ce jazz des origines, quelle sera leur contribution à l’avenir de cette musique. Cet album s’écoute d’une traite évidemment et c’est sans nul doute la meilleure leçon de piano (pardon Antoine Hervé) qui nous soit donnée, un aperçu brillant de l’histoire du jazz sur plus d’un demi-siècle,  sur un des instruments de prédilection. Swing, enthousiasme, virtuosité, intelligence du phrasé et sens de la mélodie : des classiques incontournables « Round Midnight » de T.S Monk mais aussi des grands du piano, méconnus injustement comme le bouillonnant Bernard Peiffer dans « Montmartre » de Cole Porter, ou  la sensible Mary Lou Williams dans ce « Taurus » extrait de sa Zodiac suite . Tous les styles de piano jazz sont ainsi représentés en une seule galette de Fats Waller à Lennie Tristano, de Hank Jones à Herbie Nichols , sans oublier Randy Weston et Phineas Newborn Jr. Ce qui n’empêche pas d’aller ressortir tel Lp ou Cd si le cœur vous en dit, pour réécouter un pianiste aimé. Festival de virtuosité et d’élégance avec Bud Powell dans un « Just One of these things » (encore Cole Porter) méconnaissable. 
A conseiller absolument à tous, une fois encore,  passionnés ou  néophytes. INDISPENSABLE !
NB : Et en plus, ces merveilles sont à de tout petits prix, n’hésitez plus, faites leur une place dans votre discothèque...
Sophie Chambon

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