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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 00:26
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Bêtises sur le jazz


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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 05:03

danportraitthum.jpg (photo © Vincent Soyez 09)


Avec la récente sortie de « Duos with Lee » chez Sunnyside, le jeune Franco-Américain Dan Tepfer a rejoint une longue et prestigieuse lignée : celle des pianistes qui, des années 40 à nos jours, ont enregistré aux côtés de Lee Konitz. Le temps d’un blindfold test, nous lui avons proposé d’écouter et de commenter à l’aveugle le jeu de quelques-uns de ses illustres prédécesseurs, au fil d’enregistrements puisés dans l’abondante discographie du grand altiste (et artiste).


Lennie Tristano Quartet feat. Lee Konitz, Ghost Of A Chance

« Lennie Tristano », 1955

Le phrasé est magnifique… Je ne sais pas exactement, cela pourrait être un très jeune Paul Bley. (Une fois informé) Tristano ? Je ne l’avais vraiment pas reconnu. J’ai beaucoup écouté « The New Tristano », mais pas tellement ce disque. En tout cas, c’est très beau. Tristano est toujours incroyable d’un point de vue formel, pour ce qui est de la construction des lignes, mais parfois, il peut sonner un peu forcé, surtout au niveau de l’accompagnement. C’est ce qui peut me déranger chez lui. Là, il est effectivement très présent derrière le saxophone, il joue des triolets pendant que Lee joue swing… Mais sur ce morceau, tout est tellement relax que pour moi, ça fonctionne. La raison pour laquelle je ne l’avais pas reconnu tout de suite, c’est qu’on entend ici un vrai lyrisme, une sorte de romantisme assez rare chez lui.


Lee Konitz/Bill Evans Quartet, My Melancholy Baby (Paris, Mutualité, 3 novembre 1965)

DVD Jazz Icons, « Bill Evans, Live 64-75 »

Ça, c’est Bill Evans ! En fait, je n’aime pas trop son phrasé à cette époque, c’est très saccadé, avec une sorte de swing stéréotypé. Mais en même temps, ça le rend immédiatement reconnaissable, et ça, c’est déjà pas mal. Et puis, ça reste un immense pianiste dans sa façon d’harmoniser les accords. Sa manière d’accompagner, ou au contraire de choisir de ne pas jouer au début du solo de Lee… Il est vraiment compositeur dans l’accompagnement. Il y a une belle citation de Paul Bley là-dessus : « Si une situation musicale n’a besoin de rien, on la laisse comme elle est. Si elle a besoin de nous, on entre. » Et là, on sent bien que Bill Evans s’est posé cette question.


Duo Lee Konitz/Martial Solal, Stella By Starlight

« Impressive Rome », 1968

Je ne connais pas cet enregistrement, mais ça ne peut être que Martial ! Ce genre d’accompagnement, c’est sa marque de fabrique. Et puis, c’est l’un des rares musiciens à toujours garder le sens de l’humour, ce côté extrêmement ludique. Il y a un autre duo avec Lee que j’adore : « Star Eyes » (enregistré à Hambourg en 1983 NDLR). Pour moi, c’est le modèle du jeu en duo : ils se complètent parfaitement, comme le yin et le yang. Quand ils jouent ensemble, ils dépassent tout de suite les stéréotypes, les clichés piano-sax. Ce sont juste deux personnes qui font de la musique ensemble. En même temps, ils sont très différents : Lee reste très constant, quel que soit le contexte ; à l’inverse, Martial est reconnaissable au fait que son jeu est sans cesse différent. Sur ce morceau, c’est lui qui crée la variété en prenant l’initiative de partir dans toute sorte de directions, mais Lee trouve toujours le moyen de rester cohérent avec lui. On n’a jamais l’impression que le piano le gène, ça reste complémentaire. Et puis, quelle virtuosité ! J’ai beau avoir beaucoup écouté Martial, ça me bluffe toujours autant. C’est vraiment quelqu’un qui maximise les possibilités du piano. Une fois, il m’a raconté que, quand il était jeune, il faisait des exercices tout en lisant des romans !

(À la fin du morceau) Je ne sais pas comment il fait, mais Martial trouve toujours la fin parfaite à chaque morceau. Quand on improvise comme ça, conclure est vraiment ce qu’il y a de plus difficile. Et comme le jugement de l’auditeur est souvent basé sur la fin…


Duo Lee Konitz/Gil Evans, Drizzling Rain

« Anti-Heroes », 1980

Gil Evans. Ce doit être « Heroes » ou « Anti-Heroes ». Ça, c’est un pianiste qui pense comme un arrangeur. Du coup, il n’a pas peur de laisser des silences. Moi, j’adore le sax, je joue mal de l’alto, et quand je suis en tournée, après les gigs, je suis toujours en train d’en jouer avec le bassiste qui passe au piano, des trucs comme ça. J’ai aussi un ami guitariste tchèque qui joue du piano comme si c’était une guitare. Gil Evans maîtrise quand même bien mieux l’instrument, mais lui non plus, il ne joue pas comme un pianiste. Il fait juste des sons, et c’est très musical. Et puis évidemment, il trouve des voicings magnifiques. Il utilise souvent la neuvième mineure, une couleur que j’aime beaucoup, mais qui est moins courante chez les pianistes que chez les arrangeurs. Ça me rappelle aussi un album de Bob Brookmeyer où il est au piano, « Holiday ». Il y a beaucoup de similitudes dans leur jeu, tout est très délibéré, très précis, sans rien d’automatique dans les doigts.

Cet enregistrement est aussi l’un des rares où Lee joue du soprano. Avec une justesse parfaite, d’ailleurs, alors même que c’est un instrument extrêmement difficile à maîtriser. Lee est très sensible par rapport à ça, car on lui a souvent dit qu’il jouait faux. Mais en fait, il est très conscient de son intonation. Lorsqu’il attaque une note par en-dessous, c’est toujours volontaire. Il y a aussi des albums où il joue tout le temps aigu, c’est juste un son à lui. Aujourd’hui, il y a toute une catégorie de saxophonistes qui essaient de sonner comme des pianistes, de jouer exactement au milieu de la note. Pour moi, c’est négliger un élément extrêmement expressif de l’instrument. À propos de notre dernier disque, un critique à écrit que Lee pouvait suggérer des mondes d’émotion dans l’intonation d’une seule note. Ça lui a fait très plaisir.


Duo Lee Konitz/Michel Petrucciani, Lovelee, puis I Hear A Rhapsody

« Lee Konitz/Michel Petrucciani », 1982

C’est un peu choquant d’écouter ça après Gil Evans, qui était tellement musical, tellement ouvert. Là, c’est un jeu très pianistique, et c’est comme si tout se refermait. (Une fois informé) Petrucciani ? J’ai eu la chance de le voir peu avant sa mort, à Marciac, c’était très émouvant. C’est quand même un très bon pianiste, mais bon, pour moi, là, ça sonne assez plat. Artistiquement, il n’apporte rien à ce thème, on ne redécouvre pas I Hear A Rhapsody à travers ce qu’il fait. C’est le genre d’enregistrement où on s’est dit : « Je suis pianiste, je vais faire un disque avec Lee, on va jouer des standards… ». On ne sent pas qu’il a vraiment quelque chose à dire, et il ne pousse pas Lee à faire autre chose que ce que ce dont il a l’habitude.


Lee Konitz Quartet feat. Fred Hersch, Nancy, puis Boo Doo

« Round & Round », 1988

Un peu au hasard : Harold Danko ? (Une fois informé) C’est Fred Hersch ? Je le connais très bien, c’est un très bon ami. Mais ça ne sonne pas du tout comme Fred Hersch, ce truc ! Je ne reconnais ni ses phrases, ni ses voicings… Pourtant je connais très bien son jeu, qui est très identifiable. Et puis, Fred est quelqu’un qui est très attaché à avoir le son de piano le plus beau, le plus mélodieux possible. Là, ça sonne assez dur. Ça date de quand ? 88 ? C’est vrai qu’il y a eu une époque où il jouait vraiment hard bop, et son style a beaucoup bougé depuis. Je ne l’aurais jamais reconnu, en tout cas.


Trio Lee Konitz/Brad Mehldau/Charlie Haden, Everything Happens To Me

« Another Shade Of Blue », 1997

Brad Mehldau. J’ai cet album, un très beau disque. Il n’y a aucune formule dans ce que fait Brad ici, il est totalement à l’écoute de Lee, et son accompagnement est très construit, très précis, sans aucune surcharge. En même temps, il joue vraiment dans l’instant, tout en restant très décontracté, bien au fond du temps. Une fois, j’ai parlé avec Brad de cet enregistrement, et il m’a dit qu’au début, ça avait été très difficile pour lui de jouer avec Lee et Charlie. Selon lui, les premiers jours, il n’était vraiment pas bon. La difficulté, c’était de s’adapter à une conception du temps vingt fois plus relax. Et on entend ici qu’il y est vraiment parvenu. Cela dit, il y a quelques instants dans ce disque où on sent qu’il perd un peu la main, qu’il devient un peu moins cool. Il faut dire que ce n’est pas facile de rester cool quand on joue avec Charlie Haden et Lee Konitz !

Ce que je trouve bluffant chez lui, c’est qu’il sonne vraiment moderne, très contemporain. Pourtant, là, ce qu’il fait est assez traditionnel. Mais c’est maîtrisé à un tel point qu’il est capable d’y insuffler une vibe très « génération X ». Parfois, il sort des choses très surprenantes, mais cela ne paraît jamais plaqué par-dessus, comme si on passait tout d’un coup dans un autre style. C’est bien le langage du jazz historique, mais il propose d’autres solutions dans ce langage. Comme Arvo Pärt, qui a étudié le contre-point de Bach et de ceux qui l’ont précédé, et qui utilise cet idiome en proposant de nouvelles directions.

Brad est un peu le Charlie Parker d’aujourd’hui, au sens où il est une référence pour beaucoup de musiciens. À l’époque, Lee a vraiment étudié Parker, il sait d’ailleurs toujours jouer ses solos, je l’ai entendu le faire. Mais il s’est dit très consciemment : « je ne veux pas sonner comme ce gars-là. » Aujourd’hui, c’est le même problème avec Brad : c’est quelqu’un de très fort, avec un style très convaincant. Et pour moi et les gens de ma génération, notre mission, c’est de faire une musique que lui n’aurait jamais faite, tout en étudiant son jeu pour pouvoir se jucher sur les épaules de ce géant.


Duo Lee Konitz/Walter Lang, Way Too Early, puis Monk’s Cottage

« Ashiya », 2007

Le début est joli… Aucune idée de qui ça peut être. (Une fois informé) Walter Lang ? Je ne le connais pas. Là encore, je savais que ce disque existait mais je ne l’avais pas écouté. Je n’ai pas grand-chose à dire là-dessus. C’est très joli, très relax, le time est vraiment super, mais en même temps, il n’y a pas la musicalité hallucinante d’un Gil Evans. Comme lui, il laisse beaucoup de silences, mais contrairement à Gil, ça donne une impression de vide. Très honnêtement, je trouve que son phrasé n’est pas très bon : il est un peu sur le devant du temps, et il ne joue pas des lignes particulièrement intéressantes. Dès qu’il commence vraiment à faire des phrases, il n’y a plus de main gauche. C’est très difficile de jouer sur la retenue, il faut qu’elle soit peuplée d’une tension incroyable dans les silences pour que ça marche. Encore une fois, c’est très joli, mais « joli » n’est pas le plus grand compliment qu’on puisse faire en musique.


Duo Lee Konitz/Dan Tepfer, Elande N°1

« Duos With Lee », 2009

(Rires) Qu’est-ce que tu veux que je dise là-dessus ? Bon, je peux en parler si tu veux… Ce dont je suis le plus fier, outre le fait que ça sonne bien, c’est que d’un point de vue artistique, il y a un défi un peu différent : faire de la musique entièrement improvisée, mais consonante. Ce n’est pas quelque chose qu’on retrouve souvent dans la discographie de Lee, alors qu’il est très fort pour ça. Et puis, c’est vraiment un disque d’aujourd’hui, qui n’aurait pas pu exister il y a vingt ans. Sur ce morceau, par exemple, c’est une approche qui, grosso modo, prend en compte l’apport du langage minimaliste dans le jazz. Pour moi, c’est très important d’innover, mais ce qui est encore plus important, c’est que ce soit beau. Là, on entend juste deux musiciens qui ont cinquante-cinq ans d’écart, et il en sort un truc qui est un peu la somme de ces deux époques.


Propos recueillis par Pascal Rozat.


 

Site de Dan Tepfer (http://www.dantepfer.com/)


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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 08:05

Live au Duc des Lombards **

Cristal records 2009

nicolasfolmer.jpg 


Place au jazz à Paris dans l’antre du Duc, le célèbre club de la rue des Lombards ! La salle refaite à neuf accueille régulièrement des soirées prétextes à rencontres entre musiciens qui essaient, échangent, improvisent,  jouent! Et qui sait, si l’accord se fait, un enregistrement live en découlera peut-être, en gardant les meilleures prises des séances.

C’est ainsi que le trompettiste Nicolas Folmer avec son quartet a rencontré le saxophoniste ténor Bob Mintzer lors de 4 soirées en juillet dernier. Sans être dans la salle, on est vite au cœur de la pulse. ça joue vite, bien, et ça swingue. On  croirait entendre une formation plus étoffée tant les souffleurs  envoient, les deux premiers titres sont en effet particulièrement musclés, survitaminés .

Antonio Farao au piano, Benjamin Henocq à la batterie et Jérôme Regard à la contrebasse assurent une rythmique souple, nerveuse et racée qui soutient l’alliage des souffleurs qui prennent chacun de beaux chorus. Bob Mintzer n’est pas le premier venu et il apporte un contrepoint pertinent à son complice, Nicolas Folmer, un trompettiste avec lequel il faut compter, un des meilleurs sans doute, tant sa technique et son phrasé sont impressionnants. Pas de risque quand il s’élance, aucune ambiguïté, il fonce avec assurance et doigté. Une mise en place impeccable, un son plein et profond , une légèreté qui frise l’acrobatie  : de la haute voltige. Nicolas Folmer est aussi un compositeur éclectique , à l’aise dans les contextes divers de ses nombreux projets . Son écriture (il a composé 6 titres sur 8) est précise, sans faille, un peu trop classique à notre goût pour surprendre et émouvoir. On sent dans « Let’s rendez vous » par exemple  que l’on affaire à un habitué des grandes machines,  il est co-directeur avec le saxophoniste Pierre Bertrand du PJBB. Surviennent ensuite les ballades comme « Soothing spirit » :  sur tempo lent,  voilà une mélodie qui se retient , un thème simple et récurrent , évoquant une chanson d’autrefois. On aime bien l’autre titre, plus spirituel, « absinthe minded » à la douce mélancolie.

Au final, on écoute avec intérêt mais sans ressentir vraiment de trouble, on ne se perd pas dans ce paysage sonore, fluide et contrasté mais un rien trop lisse. Ce n‘est pas tant la conviction  qui manque que la flamme qui fait vaciller les certitudes…  Sophie Chambon
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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 22:59
visuel_autour_de_pessoa_WEB.jpg   AUTOUR DE PESSOA: "Pessoa, l’intranquillité + La rumeur d'un monde

2 DVD + 1 CD : Arto films/Zig-Zag Territoires/Harmonia Mundi.

Frédéric Pierrot (voix), Christophe Marguet (dm), réalisation : Fabrice Radenac et Alain Epo.

 

 

 

Quel beau projet que cette lecture du « livre de l’intranquillité » de Fernando Pessoa par le comédien Frédéric Pierrot et avec la batterie de Christophe Marguet comme unique accompagnement musical. Un comédien possédé, complètement imprégné par l’univers poétique et singulier de Pessoa et un musicien à l’écoute, suggérant sans cesse des idées musicales qui enrichissent le propos. Une batterie à la fois mélodique et rythmique, qu’elle soit légère et diluée ou puissante et tendue, elle est toujours juste, à la bonne place, en totale osmose avec le discours poétique. Le CD audio de cette performance fonctionne très bien par lui-même, mais la réalisation sensible et intelligente de Fabrice Radenac rend le DVD encore plus intéressant, en particulier dans sa manière de mettre en relation et sur un même plan, le jeu d’acteur de Pierrot et le jeu de batterie de Marguet. Un deuxième DVD, sous forme d’un documentaire réalisé par Alain Epo, permet de rentrer au cœur de l’œuvre poétique de Pessoa avec des témoignages passionnants du spécialiste Robert Bréchon et de nos compères Pierrot et Marguet, toujours aussi pertinents, même lorsqu’ils ne font que parler de Pessoa.


Lionel Eskenazi

 

 

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 05:44


Poulsenroychevillon.jpgGuillaume Roy (v), Hasse Poulsen (g), Bruno Chevillon (cb)
Quark records

A l'instar de "El[le]" de Françoise Toullec, Une certaine forme de politesse livre une musique aux confins de la musique improvisée et de la musique contemporaine. Musique abstraite et pour le coup, loin du jazz, musique contemporaine dans la sonorité toute en désaccords. Improvisée car, là, rien n'est écrit. Jeu de cordes, doigts qui s'entremêlent sur les instruments, tentative de s'harmoniser avec la volonté de dérouter l'auditeur, musique glissante et percussive ("Détruire, peut être"). Roy / Poulsen / Chevillon propose une musique énergique et puissante en alternance avec des moments de flottements souvent déroutants.
Mais, n'est ce pas le but recherché par ce trio... finalement? Si on extrapole l'idée générale des douze titres du cd, le trio évoque des situations de conflits, d'angoisse, de tension, de mal-être, de malaise. On l'entend dans la musique ainsi que des moments de retraits, d'absence et d'indifférence. Le trio présente une image expressive de ce qu'est notre société d'aujourd'hui: on se parle sans s'écouter ni échanger, on répond par mail sans se connaitre en distribuant provocation, agressivité, conseils ou effets d'annonces (regardez les commentaires des blogs pour vous vous en convaincre) tout en restant derrière notre écran. On gesticule dans son coin sans parler à qui on veut s'adresser. Tout cela amène a un sérieux rétrécissement de l'échange.
Il en résulte une musique dure qu'on écoutera avec attention en concert et même avec passion pour peu qu'on nous expose l'idée de départ. Le fait que le groupe ait enregistré dans une salle, à la Dynamo d'Aubervilliers, sans public explique peut être cette sensation de distance et de flottement entre les intervenants et par conséquent dans la musique. Comme si l'énergie et l'intérêt de la musique s'atténuait entre la scène et la console d'enregistrement; parce qu'il n'y a personne entre pour la capter, la dynamiser, la secouer, l'encourager, la fantasmer. Et cela, les musiciens du trio l'ont subi et cela s'entend: il n'y a pas de résonance symbiotique dans la musique.
Jérôme Gransac

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 23:58
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Martial Solal à propos de la musique de "A bout de souffle" (1960)


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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 08:13

Bruno Costemalle

TSF  Jazz

latrompettededizzy.jpgNova Editions 2009 ;  138p

 

  Un petit ouvrage paru dans la collection de TSF Jazz sous la férule de Bruno Costemalle pour raconter un jazz fait d’anecdotes et de petites histoires décalées.  Pas l’histoire du jazz mais juste des petits faits souvent ignorés. Vous, les érudits saviez certainement que Fats Waller avait été kidnappé par les gangsters de Chicago pour venir jouer, un flingue sur la tempe à l’anniversaire de Capone. Mais saviez-vous ainsi que Richard Nixon avait fait la mule pour Louis Armstrong ? Vous saviez certainement que Phil Woods était si parkérien qu’il était aller jusqu’à épouser Chan, la femme de Bird.  Mais saviez-vous que Mussolini avait un fils, Aldo qui était pianiste de jazz ( le « Romano Mussolini all stars », pas moins). Et la curieuse histoire de Dorothy Lucille Tipton qui dans le monde un peu machiste du jazz des années folles réussit toute sa vie à se faire passer pour un homme jusqu’à épouser 5 épouses successives et crédules, vous la connaissiez ?

58 petites histoires amusantes du jazz vues par la toute petite fenêtre, par une bien réjouissante lucarne et qui se terminent par un quizz (trop facile !) pour tester votre culture du jazz.

De quoi passer pour un érudit à bon compte.

 

Bruno Costemalle est l’ancien rédacteur en chef de Nova Magazine et redac chef de l’émission « La Boîte à musique » de Jean-François Zygel. Sur le mê mde il avat déjà publié «  Mais où est passé le crâne de Mozart » en 2007.

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:47

Sébastien Texier (sax alto, clarinette, clarinette alto), Claude Tchamitchian (contrebasse), Sean Carpio (batterie) + invité : Henri Texier (contrebasse) sur trois titres.

Cristal Records/Harmonia Mundi – 2009 –

sebastientexier.jpg Sébastien Texier vient de réaliser un disque mature, sensoriel et puissant qui ne correspond pas forcément à l’image superficielle que l’on peut avoir de lui, celle d’un musicien lisse, sage, discret et timide. « N’oublie pas que tu es un animal » est la devise de cet album où Sébastien sort de ses gonds, se dévoile, étale ses tripes et nous délivre sa sensibilité et sa sauvagerie, tel un félin bondissant, agile et intuitif, qui maîtrise parfaitement la situation. La situation musicale d’un « power trio » comprenant un sax ou une clarinette,  une contrebasse (et parfois deux, comme sur les trois titre où il invite son père Henri) et une batterie fort impressionnante, conduite par Sean Carpio, que l’on ne connaissait pas et dont on se souviendra. Une formation sans piano et sans instrument harmonique, qui joue sans filet une musique sincère et écorchée, qui nous va droit au cœur. Qu’il joue du sax alto, de la clarinette, ou de la clarinette alto, le feeling, l’intelligence et le contrôle de soi est toujours présent dans son jeu. Qu’il compose (huit morceaux sur dix), laisse s’exprimer Claude Tchamitchian (dans le remarquable exercice de contrebasse solo « Ombre D’or ») ou qu’il reprenne un morceau de la pianiste arménienne Anahit Simonian (« Tango »), la sensibilité mêlant rage et douceur, reste sa marque de fabrique. Le disque commence avec « Lilian’s Tear », un morceau au groove léger et délicat, que Sébastien a spécialement écrit pour mêler les deux contrebasses de deux de ses plus illustres représentant dans le jazz français (Henri Texier est à gauche et Claude Tchamitchian à droite). Puis avec « Pain de Singe », la tension, l’animalité, et la sauvagerie règnent en maître avec une clarinette alto tourbillonnante et une batterie bondissante à l’énergie hyper-tendue. Citons encore « The Yellow Cab Experience » avec sa clarinette dansante et enivrante ou l’originalité structurelle de « Broken Worlds » où c’est la clarinette alto qui tient une rythmique continue pendant que contrebasse et batterie jouent les solistes. Un bien beau disque dont l’ampleur s’accentue à chaque écoute et où l’animalité sensorielle est dotée d’une grande intuition, intelligence et sensibilité musicale.

Lionel Eskenazi

 

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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 07:38

circum disc 2009

circum.jpg Circum, association lilloise à la Malterie  qui a créé son propre label, dispose d’une formation plus étoffée, un de ces grands formats, créé dans  le contexte pourtant difficile  du big band  jazz . Le ravissement est donc le deuxième album sous le nom de Circum grand orchestra, après un premier qui avait déjà fait forte impression. Créé officiellement en mars 2000,  l’ensemble qui défend et met en pratique une expression et esthétique communes, accueille toujours  des invités de la scène jazz et improvisée, et réunit la même troupe, exemple d’une belle fidélité en la matière : Sébastien Beaumont (guitare), Julien Favreuille (sax ténor) , Jean Baptiste Perez (saxo alto), Christophe Hache (basse), Christophe Motury et Christian Pruvost (trompette), le batteur Jean Luc Landsweerdt, Nicolas Mahieux (contrebasse), tous trois membres de l’ ONJ Barthélémy.. Plus présents que jamais, on retrouve les frères Orins, Peter,  l’un des deux  batteurs de ce disque et Stephan le pianiste de la formation,  le guitariste compositeur de la plupart des titres Olivier Benoît ( à l’origine de la conduction hallucinante d’orchestre avec gestuelle consignée  et improvisation collective de la troupe nordiste « La pieuvre » découvert pour notre part à LA  MAROQUINERIE en 2004, lors d’un festival Grands formats XL ) .

On continue à apprécier ce collectif engagé, à l’ancrage nordiste, aimant cet attachement à la terre natale et à la région lilloise, alors qu’il est si difficile de vivre au pays.  L’album peut s’entendre d’une traite : une suite rythmée illustrant le court livre de Marguerite Duras, « Le ravissement de Lol V. Stein ». On entend alors en écho une sorte d’opéra rock contemporain avec un big band  fiévreux, très cuivré et musclé ( 5 souffleurs bien allumés, une section rythmique doublée et deux guitares très électrisées, divinement saturées). Le type de formation que l’on aime évidemment, avec un son ample, magnifique, généreux et personnel, des ruptures de rythme fréquentes, des accélérations précises et brutales, une urgence de la musique qui s’impose  dans ce théâtre de mots baroques. Les douze instrumentistes sont tous formidables et ne se privent pas pour poser à tour de rôle quelques beaux chorus : il faudrait tous les citer, et aussi pour leur jeu d’ensemble dévoilant de splendides unissons. Les amateurs de fines textures, et de recherches sonores, épris de jazz contemporain et de rock progressif  seront vite conquis par l’enthousiasme, l’énergie, la libre circulation d’une  écriture très construite qui laisse place à des improvisations de haut vol. Les arrangements soutenus et tirés au cordeau,  la « mise en scène » impeccable concourent à une dynamique d’ensemble cohérente et lisible. Plongez vite dans un spectacle total, et allez donc découvrir rapidement cette machine à swinguer troisième millénaire…

Sophie Chambon

www.myspace.circum

 

 

 

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 19:57

Telarc 2009

Mike-Stern.jpg


Avec un peu de malchance, nous serions passés totalement à côté de ce « nouvel » album de Mike Stern paru il y a déjà 6 mois sous le label Telarc. Car cet album qu’il nous propose avec une jouvencelle fraîcheur nous ramène un peu à l’âge de nos 15 ans, celui où nos oreilles avides de musique faisaient peu de distinction et gobaient dans un même mouvement du rock le plus dur au jazz le plus cool. Véritable caméléon, Mike Stern s’attaque ici à un album à géométrie variable qui, sur ses propres compositions invite quelques amis de (très) haute volée. L’ex-star des « Blood Sweet and Tears », celui qui tâtait de la gratte à l’âge de 28 ans aux côtés de Miles Davis (« Man with the horn ») puis au côtés des frères Brecker dans Steps Ahead, montre qu’après toutes ces années il n’a pas perdu un once de son envie de jouer. Et d’en découdre. Qu’il s’associe à l’incroyable et ultra véloce Steve Vai venu pour sa part du hard rock américain pour des joutes inouïes ou encore à Eric Johnson pour des échappées plus country, Stern montre qu’il fait toujours partie de ces guitars héros qui depuis 40 ans traversent la musique depuis le jazz et ses descendances rock jusqu’au metal le plus rude. On y retrouve tout : les accents de Hendrix pour les uns, Clapton pour les autres,  Jeff Beck mais aussi Metheny, Mc Laughin ou encore et surtout de Jimmy page. Et ce sont alors un alignement de duels échevelés dont les compositions importent peu et dont les improvisations batailleuses s’achèvent sans vainqueur, par des fade out, preuve à la fois de la spontanéité mais aussi la faiblesse des structures d’écriture. D’autres invités dans cet album décidément très éclectique : on notera ainsi la présence de Richard Bona dans un titre qui fait la jonction entre le Makossa le plus africain et le rock réverbéré ou celle encore de Medeski, Martin and Wood qui avec Bob Malach entreprennent le thème le plus groove de l’album. Mais on s’arrêtera avant tout sur les deux morceaux interprétés en quartet avec Esperanza Spaulding, révélation montante de la contrebasse et chanteuse délicate accompagnée de T. Lyne Carrington au drive de dentelle. Modèles de finesse et parenthèse enchantée dans la virilité des échanges guitaristiques de l’album.

Véritable caméléon, Mike Stern signe là un album certes un peu décousu, mais d’une grande générosité. Virtuose sans l’être vraiment Mike Stern se fait ici, avec ses invités, passeur d’un rêve d’adolescent.

Jean-Marc Gelin
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