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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 18:35

Les gagnants du concours sont:

Alain Claverie
Loix Blondiaux 
Cecile

et recevront un cd du live Horellou / Burton chez eux envoyés par le label DTC records.

dtcrecords

Notez qu'il n'est pas trop tard pour se rendre au deuxième concert ce soir lundi 14 janvier (20 et 22 h)

 

 

 

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Gaël HORELLOU quartet accueille le saxophoniste ténor américain Abraham BURTON pour l'enregistrement de leur cd qui se fera, live, au Duc des Lombards à Paris les 13 et 14 janvier 2013 pour quatre concerts (deux concert à 20h et 22h).

En 1995, alors de passage à New York, Gaël Horellou découvre Abraham BURTON au Lenox Lounge de Harlem dans le groupe du batteur Louis HAYES. A cette époque, Burton joue du sax alto et pour le saxophoniste alto français, c'est une découverte renversante. Depuis ce jour, Horellou suit la progression de ce jeune saxophoniste à travers ses disques chez Enja (Closest to the sun, Cause and Effect). C'est en 2009 que Horellou franchit le pas lorsque Burton se produit au festival Jazzycolors avec son trio composé des batteurs Nasheet Waits et Eric MacPherson. Il va à la rencontre du saxophoniste américain, qui est passé au saxophone ténor avec un jeu lyrique dans la lignée coltranienne, et les deux musiciens se trouvent rapidement. Depuis cet époque, ils travaillent dans le studio new-yorkais de Burton en off sans jamais s'être produits sur scène à ce jour. Habitué à ce type d'enregistrement live (en quartet et en sextet) avec son label DTC records, Horellou lui propose à nouveau de l'enregistrer avec son quartet, composé du fidèle Antoine Paganotti, Etienne Déconfin pianiste lumineux et du contrebassiste Viktor Nyberg, avec pour invité le grand Burton.

La rencontre sur scène sera déterminante pour les deux musiciens alors qu'ils ont déjà des parcours et une identité bien marqués. Entre la fulgurance lyrique et rythmique du français et le son énorme et le poids de l'héritage de l'américain, les concerts des 13 et 14 janvier promet quantité de vertiges et d'étincelles lumineuses.

 

CONCOURS

Pour l'occasion, Les DNJ vous propose un petit concours qui vous fera gagner le cd, une fois produit, qui sera le fruit de ces deux concerts parisiens.

Pour cela, répondez correctement à ces deux questions:

1 - Abraham Burton a été l'élève d'un saxophoniste américain bien connu. Ce profsseur disait de Burton qu'il était son élève préféré. Qui est ce saxophoniste?

2 - Gaël Horellou a enregistré un cd enregistré en concert avec un batteur américain bien connu en France. Qui est ce batteur?

 

Pour répondre, envoyer un mail avec vos réponses à: lesdnj.com AT gmail.com.

 

 

13&14JANV GaelHORELLOU-1

 

 

 

Pour "goûter": Abraham Burton trio avec MacPherson et Nasheet Waits

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 11:38

Que reste-t-il de 2012 ?
Jazzmiscellanées

Alors que certains s’interrogent déjà sur ce que reflète la rentrée de janvier 2013, attardons nous encore un instant sur l’année qui vient de s’écouler… Coup d’œil nostalgique dans le rétroviseur.
Alors que reste t-il de ce souffle intimiste qui irrigua notre vie « véritable » ?

Je me souviens de cette année, longue, sans m’en souvenir vraiment, je me souviens en général de la frénésie de détails plus que du calme de l’ensemble,
Je me souviens  du « a »  aussi bien que du «  z «  et de livres dont celui de Frank Bergerot sur Miles, une somme évidemment écrite par l‘un des observateurs les plus érudits  de cette musique, du dernier bijou de l’écrivain du jazz Alain Gerber, au titre étonnant  Petit dictionnaire incomplet des incompris du jazz , les publications de Bertrand Dicale aux éditions TANA sur Paris et New York en 50 chansons …

Je me suis réjouie de la naissance d’un nouveau label Vision fugitive, projet émouvant dont on ne peut qu’ espérer qu’il s’inscrive dans une certaine durée.

Je repense avec bonheur à quelques coups de cœur pendant les concerts,  en écoutant le jazz vivant, celui que l’on peut voir dans les festivals :

Jazz à la Tour d’Aigues et le Solo à trois de Guillaume Séguron qui me fit plonger dans la complexité d’une musique  aux accents secrets. Je le remercie de m’avoir livré quelques-unes de ses réflexions, d’avoir pu alimenter mon imaginaire
en ma passion du cinéma à celle de la musique et du jazz en particulier. J’ai ainsi retrouvé et découvert un nouvel Anthony Mann, metteur en scène encore trop méconnu. Ah ! L’idée d’Alain Gerber s’applique parfaitement au cinéma...   

 

  Baugin.jpg

Lubin Baugin

 

Jazzcampus en Clunisois en août finissant avec la formidable soirée des Etrangers familiers,  et leur « Salut à Georges Brassens », populaire, nostalgique et vibrant,  comme les chanteurs qui retrouvèrent ……le parfum unique de l’ami Georges .

Au festival de DJAZZ 51 à Reims, Matthieu Donarier dessinant à la pointe fine de son saxophone des Live forms, entre épure et passion avec un trio fidèle sur le versant d’un jazz organique autour de Brassens, de Satie, et de compositions originales.
Une musique qui respire, intelligente et libre, sans éclats mais délicate, à l’image du leader et de ses compagnons qui se connaissent depuis 15 ans déjà.
Et ça a fait « boum » avec  « Il pleut dans ma chambre », du swing à l’état pur, chanson du « fou chantant » astucieusement revisitée qui redonne l’ envie impérieuse de battre du pied, les « gratouillis » de guitare - que Manu Codjia me pardonne- j’aime les friselis d’un des plus hendrixiens de nos guitaristes .Et ainsi,  je ne peux finir sans évoquer le délirant trio de Journal Intime, autour de Marc Ducret au Moulin du Jazz à Vitrolles.
J’ai  mieux compris pourquoi j’aimais suivre ces musiciens qui n’ont pas perdu leurs repères, possèdent toutes les références et les codes mais savent s’en affranchir. Tout n’est peut-être pas perdu pour la musique actuelle, the best is yet to come…

Sophie Chambon

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 22:46

 

ECM 2012

Nik Bärtsch (p), Sha (clb, as), Björn Meyer (b), Kaspar Rast (dms), Andi Pupato (perc), Thomy Jordi (b)

 NBLIve.jpg

C'est un double album live que nous livre le pianiste helvétique et son groupe Ronin, que Nik Bartsch a créé il y a plus de 10 ans. Réaliser un album double, pour une musique qui ne cesse de cultiver son jardin autour de la musique répétitive sur les traces d'un Steve Reich ou d'un Philippe Glass relève en soi d'un vrai pari. C'est en effet prendre le risque de la longueur, sorti de son contexte "live" et donc prendre le risque de lasser l'auditeur. Et pourtant curieusement, le pianiste Zurichois n'ennuie pas. Bien au contraire. Car, toute minimaliste que soit la musique de Nick Bartsch, elle parvient à créer tout au long des ces 2 heures des effets de surprises et des reliefs, et surtout des mises en tensions qui fascinent toujours. A la limite de l'hypnose. La musique tourne sur elle-même, répète inlassablement le même motif en boucle jusqu'à créer une attente aiguisée et presque insupportable. Mais, comme dans toutes mises en tension, le procédé alterne ici avec des phases de libération de l'auditeur lorsque celui-ci se trouve un tant soit peu libéré des ostinatos et des motifs répétés qui enferment à la limite du stress dans un système d'écoute cadenassé. C'est le cas chaque fois qu'apparaît un nouveau motif qui rompt avec le précédent ou lorsqu’un soliste apparaît. Ici ou là les motifs musicaux émergent dans des sortes d'apparitions furtives, sortes de fantôme musicaux que l'on suit et que l'on perd rapidement. Et ce que nous aimions en studio prend alors ici une autre dimension en "live" puisque ces phases de libération concernent non seulement l'auditeur mais aussi les musiciens eux-meme qui sont brièvement appelés à lâcher un peu le cadre étroit. Les tourneries se font alors dansantes et l'énergie circule sur elle-même, cycliquement et de manière totalement convaincante. Envoûtante et percussive la musique de Nick Bartsch qui ne manque pas de groove, invite à la transe même si la pianiste préfère que l'on parle à son propos de musique "Zen-funk" .

Il y a dans cette musique des références évidentes à la musique contemporaine (on l'a dit) mais aussi des riffs de basse funk voire encore des systèmes musicaux tirés la musique rituelle japonaise ( « Ronin »  n’est-il pas le nom donné aux Samouraïs sans maîtres). La musique n'y est alors plus appréhendée comme une performance de musicien mais avant tout comme un ensemble systémique, une organisation architecturée. Et la vraie performance c’est que loin d'être glaçante ou cérébrale, cette musique-là parvient néanmoins à créer chez celui qui l’écoute une totale fascination qui ne le lâche pas.

Jean-Marc Gelin

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 08:09

 

Yoann Loustalot (tp, fgh), François Chesnel (p), Blaise Chevalier (cb), Antoine Paganotti (dms)

Fresh Sound New Talent 2012

 loustalot.jpg

 

Yoann Loustalot n’aime pas les grands coups d’éclat. Ce n’est pas son style de jeu. Non pas que ce jeune brillant trompettiste n’ait pas les moyens de s’affirmer comme un de ceux qui mordent dans l’instrument et enchaîne des trilles avec la puissance d’un Freddie Hubbard. Loin de là. Simplement ce n’est pas son style à lui. Loustalot vient plutôt de l’école de Miles mais aussi d’une certaine école de la trompette classique qui le pousse à affirmer avec une certaine amplitude les lignes mélodiques sans chercher jamais à en faire trop. Juste, prendre le temps de jouer avec les résonances de l’instrument. Résonances qu’il semble projeter dans les airs et qui retombent en nuées harmoniques.

Ils se connaissent bien avec le pianiste François Chesnel pour avoir participé à de nombreux projets ( Notamment le magnifique « Kurt Weill Project ») et ce qui se perçoit dans ce tout dernier album du trompettiste c’est leur forte proximité, leur entente intime dans l’expression poétique de la musique. Car c’est bien ce que véhicule cette musique-là : une déambulation rêveuse. Une ballade musicale. Et sa technique exceptionnelle n’est pour Loustalot que le moyen d’exprimer cela. De faire passer l’émotion dans une simple tenue de note. Il y a chez Loustalot  une extrême maîtrise de son instrument et de la qualité de son son. Le jeune trompettiste-bugliste peut facilement et avec la même légèreté naturelle passer du grave à l’aigu en contrôlant comme il le veut son vibrato. Jamais dans l’exubérance, Yoann Loustalot affirme sereinement le musicien qu’il est. Un musicien rare qui, comme chez un Rava ou surtout comme chez un Paolo Fresu s’empare de l’improvisation pour la porter au comble du sentiment. Assez joliment fait et totalement convaincant.

Jean-Marc Gelin

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 07:53

 

Toute l’équipe des DNJ vous souhaite pour 2013 une nouvelle année au groove impétueux et une année aussi joyeuse qu’un chorus du Roi Louis un jour de Mardi Gras.

 

En 2013 plus qu’hier et moins que demain, restons open minded !

 

         

 

Logo-site2.jpg

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 10:22


PIERRICK-PEDRON---KUBIK--S-MONK-.jpgACT 9536-2
Production Giant steps



J’avoue avoir tardé à chroniquer ce nouvel album de Pierrick Pedron, bien que ma curiosité soit toujours en éveil quand il s’agit de ce musicien. J’ai résolu de le suivre après la découverte de  Deep in a dream qui lui avait fait traverser l’océan pour enregistrer là bas, en Amérique, au pays du jazz.
Puis, à chaque nouvel album, c’était comme feuilleter  une page décisive du livre de Pedron,  suivre un moment d’une carrière qui ne s’annonce pas telle, mais qui se  construit sûrement, se fortifie de nouvelles expériences, de tentatives qui essaient de réunir les différentes facettes de sa personnalité et de sa culture .
Donc  Pierrick Pedron revient à Monk et cela pouvait faire peur : comment osait-il s’attaquer au roc aride et tranchant, à ce géant bancal et inimitable, ce pianiste fou et génial ? Aux côtés de Monk, toute  la fine fleur du jazz moderne de l’époque a défilé, les batteurs Kenny Clark, Art Blakey, Max Roach, le contrebassiste Oscar Pettiford,  le trompettiste Clark Terry… Avec ses fidèles complices, choisissant la forme du trio  -elle est là la signification du titre ? Un trio superlatif, puissance trois- cette belle formule classique et pure, Pierrick Pedron fait entendre la formidable musicalité de la musique de Monk dans ses versions de  «Ugly beauty», « Evidence », «We see», «Trinkle, Tinkle» du pur Monk, des « tubes » que le saxophoniste reprend avec intelligence, délaissant cependant  l’incontournable « Round midnight » ou « Misterioso ».  Une fois le répertoire établi, comment jouer ce Monk pur jus, ces standards monkisés à souhait dans une formule simple mais sans piano ? Avec une rythmique infernale, puissante et souple, hyper réactive, qui supplée l’absence d’harmonies. Un sacré défi et pourtant cette audace se révèle payante. Car on entend dans ces reprises le chant, la mélodie de l’original. Sans trahison, ni copie, sans pastiche ni modulation. Kubik’s Monk  tient du hasard, « the music of chance », du résultat d’une séance qui a bien tourné avec les formidables  Franck Agulhon, Thomas Bramerie, et Ambrose Akinmusire, trompettiste « guest » sur trois titres, sans oublier le fidèle arrangeur Vincent Artaud.
Onze petites pièces pas si faciles, car il faut entrer dans la logique de Monk, s’adapter à sa vision des choses, de la musique, des notes : reproduire en l’adaptant une architecture complexe qui paraît cependant  claire, une «  toile en trois dimensions » à la  façon des cubistes. Pierrick Pedron avoue, quand il regarde les partitions, « voir des cellules de notes répétées, qu’on peut lire à l’endroit ou à l’envers ». Une curieuse géométrie spatiale, une énigme à résoudre sans perdre de temps. Exubérant et surtout ébouriffant. A écouter sans tarder ! Et pourquoi pas avec les originaux en tête, Monk tout près ?
Sophie Chambon

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 10:17

Louis-JOOS---THELONIUS-MONK-volume-2.jpgTHELONIUS MONK (1954-1956)
Louis Joos  volume 2
BD JAZZ 2CD + 1 Bande dessinée
www.bdmusic.fr
Dessin et scénario LOUIS JOOS

Voilà pour les fêtes une idée intéressante : écouter  le volume 2 de la collection BD music, consacré à Thelonius Sphere Monk avec une sélection attentive de deux CDs qui donnent un des meilleurs aperçus de la « carrière » discographique de ce fou génial, formidable pianiste !
Le jazz c’est du noir et blanc, et souvent des photos ! A moins que ce ne soient les sublimes planches encrées de Louis Joos que l’on met en musique avec quatre albums réunis dans ce précieux écrin. Quand le dessinateur  (et pianiste) Louis Joos s’installe à sa planche à dessin, il restitue le « melting pot » musical new yorkais. C’est un bonheur intense de plonger dans sa vision de Manhattan, cette vibrante évocation des rues de New York,  la dernière planche, comme un clin d’œil à  Woody Allen.  Les albums choisis  par Christian Bonnet furent enregistrés entre 1954 et 1956, en solo, trio, ou en combo, et chacun est présenté  avec une vignette de la pochette et un texte soigné de l’auteur.
Magnifique début avec ce  Portrait of an ermite de 1954, capté à Paris, en solo pour la première fois, dont l’excellent Henri Renaud soulignait la formidable conception rythmique, le « tempo intérieur ».Suit l’album historique Thelonius Monk plays Duke Ellington, paru en 1955 sur Riverside ; c’est le premier album où Monk ne joue pas ses propres compositions. Cette idée de présenter le pianiste sous un jour plus aimable, de faire oublier sa réputation de pianiste « maudit », connaîtra un réel succès.
Sur le deuxième CD, on écoutera un disque de standards  de 1956  The Unique Thelonius Monk  où Monk avec Art Blakey (dm) et Oscar Pettiford (b) revisitent des thèmes de Gershwin, Richard Rodgers, Vincent Youmans... Enfin il était temps de n’enregistrer que des albums « cent pour cent » originaux, monkiens avec le génial (mais cauchemardesque à l’enregistrement )  Brilliant Corners  où s’illustre Sonny Rollins. Citons un autre spécialiste de Monk, Laurent de Wilde :  « Jamais Monk n’a été aussi loin dans son souverain mépris des règles… Rien n’est carré, tout est de guingois...La tyrannie de sa mélodie singulière est totale, et l’improvisation, plus que jamais est totalement asservie. »

Un résumé discographique sans faute avec des illustrations superbes, que demander de plus ? Voilà un nouveau numéro de l’excellente collection BD music à se procurer ! Vite !
Sophie Chambon

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 16:54

 

Daniel Erdmann (ts,ss), Hasse Poulsen (g, vc, bells), Edward Perraud (dms, perc)

Das Kapital records 2012

Distribué par L’Autre distribution

das-kapital-loves-christmas.jpg 

 

Pour changer un peu de sempiternelles et mielleuses chansons de noël  à la Bing Crosby, Das Kapital (eh oui vous ne rêvez pas !) a décidé de rendre un singulier hommage aux Christmas songs.

Oui on le sait l'exercice n'est pas très original en soit et Décembre voit fleurir sa cohorte de reprises de bon (je pense à un album de Carla Bley - Carla's Christmas Carol) ou (c'est plus fréquent) de mauvais goût kitschissime.

Pas de ça ici. Pincez vous deux fois et reprenez vos esprits, nous parlons bien de Das Kapital. Ce formidable trio de garnements ultra-doués, qui semble vouer un culte bien plus grand à Albert Ayler qu'à Nat King Cole, nous fait le coup du Noël Dionysiaque. Et alors ! Quoi de plus festif a priori qu'une fête comme Noël avec ses lumières scintillants, son lot de bling-bling et ses banquets débordants de vins et de ripailles. Et puis, après tout, si l'on fait référence à Albert Ayler, quoi de plus religieux que la musique de Holly Gost !

Allez savoir quelle est la dose de sérieux dans cette assertion figurant dans leur dossier de presse : " Das Kapital vous aime !". On peut craindre l'irrévérence, l'irrespect, la facétieuse gaudriole. Du coup ces trois surdoués bousculent les codes sans se soucier le moins du monde du regard des passants. Lorsqu'ils s'emparent de Hark the Angel, de White Christmas ou de Jingle bells, c'est forcément d'une manière détournée, réinventée avec toujours omniprésente la mélodie immémoriale bien présente à nos oreilles. L'esprit de Noël, oui !  Mais à leur façon. Comme une invitation à la prise de conscience politique qui, loin de rejeter le rituel, s'en inspire pour faire du vieux, un appel au nouveau, à la relecture d'un monde ancien qu'ils voudraient aujourd’hui généreux et libre.


Et c'est là toute l'ambiguïté déroutante : cet esprit festif revendiqué est-il à prendre au premier ou au second degré ?

Pour notre part nous choisissions  sans équivoque de le mettre au pied de votre sapin.D'abord parce que la musique y est ultra bonne et que je ne me lasse pas d'entendre ce groupe aux allures railleuses et aux accroches parfois un poil dérangeantes donner sans cesse des coups de pieds dans la fourmilière d’une musique bien pensante. Parce que, comme toujours, Daniel Erdmann y est une nouvelle fois ENORME avec ce son rauque à la Rollins. Parce que Hasse Poulsen à la guitare s'entend aussi comme larrons en foire avec Edward Perraud pour insuffler une énergie formidablement décapante. Silent Night entrepris sur un mode rock'n roll, Last Night sur celui d'une variétoche de bal pop', ou encore un jerk de Noël fallait oser ! Et si vous pensez que Noël est aussi la fête des enfants et qu’il faudrait ménager leurs chastes oreilles (quelle drôle d’idée !), alors Mon beau sapin ou The Little drummer boy (L’enfant au tambour en français dans le texte) leur propose dans des versions très tendres finalement, deux beaux moments de grâce.

Alors, pour prolonger votre soirée de réveillon et parce qu’il s’agit, au-delà du prétexte, d’un superbe moment de jazz, joyeux et décapant,   je ne saurais que trop vous conseiller de réviser vos classiques, ou plutôt, ne serait ce qu’un instant, de les abandonner.

Jean-Marc Gelin

 

Ps : je suis un peu en retard c’est vrai mais je ne manquerai de vous présenter très vite le magnifique alb

um de Hasse Poulsen, «  We are all americans »

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 22:54

 Lettre ouverte aux DNJ :

" A l'été 2012, les DNJ ont estimé opportun de faire du "buzz" autour de la venue d'Aurélie FILIPETTI et de François HOLLANDE au festival de Marciac. A ceux dont moi, mais pas seulement, qui s'interrogeaient sur ce soudain positionnement, vous aviez fait répondre sur votre blog, par l'intermédiaire d'un producteur chevronné d'une radio publique, qu'il s'agissait "d'être dans le temps de l'action politique" (sic). Nous savons un peu mieux désormais ce qu'est ce temps-là, ce qui conduit à poser, ou à reformuler, les interrogations suivantes :

- les DNJ sont-elles, ou ont-elles accepté d'être, au moins pour un temps, l'antichambre d'une radio publique, France Musiques en l'occurrence, en ce qui concerne la promotion des déplacements de la nouvelle équipe gouvernementale dans le domaine du jazz, étant ici rappelé qu'elles n'ont jamais agi de la sorte pour une équipe précédente ?

- les DNJ étaient-elles informées, à l'été, de possibles orientations positives concernant le jazz quand elles ont annoncé la venue de la ministre et du Président ? Que peuvent-elles nous en dire aujourd'hui ?

- sauf erreur, les DNJ ne semblent avoir donné aucun écho à ce jour aux propositions du groupe de travail COQ / DUTHIL alors même que les réponses faites aux commentaires sur leur site permettaient d'augurer du contraire.....Peut-on espérer lire bientôt une synthèse à jour de ces réflexions et surtout, le cas échéant, des propositions retenues par le gouvernement ?

- depuis plusieurs mois, A. Filipetti assume d'être une compétente "cost killer" dans le domaine culturel (cf . son ITV au Monde du 10.09.2012 "La culture est le disque dur de la politique" ainsi que le très documenté et nuancé article de fond de ce même journal : "La culture, ministère amer" dans son édition du 17.11.2012). Donnons au moins un chiffre : -4,3 % pour les crédits d'intervention, encore ne s'agit-il que d'un affichage, du jamais vu....Parent hyper-pauvre de la culture, le jazz a, dans ce contexte, beaucoup à craindre : les DNJ n'ont pas réagi, pourquoi ?

- précisément, dans le domaine strictement musical, un récent n° d'IRMACTU (qu'on ne peut classer parmi la presse "libérale") rend fidèlement compte de la remise en cause du projet de "Centre National de la Musique" par la ministre (que ni la scène ni, surtout, les coulisses de Marciac ne semblent avoir inspiré....) et des réactions de multiples acteurs (labels indépendants, musiques actuelles, etc.) dénonçant un revirement complet par rapport aux engagements de campagne dans un communiqué intitulé "Et si la gauche laissait le marché (dé-)réguler le secteur musical ?". Fait significatif, parmi les signataires de ce communiqué, on trouve la Fédération des Scènes Jazz (FSJ) - ah, du jazz, enfin ! - , la Fédération des Ecoles d'influence Jazz et des Musiques Actuelles (FNEJMA), etc., bref le jazz insiste....Sans prendre nécessairement parti sur le fond, comment expliquer que les DNJ, le cas échéant éclairées par leur(s) correspondant(s) institutionnel(s), ne fassent pas état de ces inquiétudes et préoccupations, au moins en un nombre de lignes équivalent à celui consacré aux déplacements estivaux de l'équipe gouvernementale ?

- plus généralement, que peuvent nous dire du futur traitement gouvernemental du jazz ceux qui ambitionnent, à juste titre et souvent avec talent et clarté, d'en répercuter les "dernières nouvelles" ?

Merci par avance de vos éclaircissements précis, en votre nom propre. Bien cordialement,

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 20:45

Mouratoglou-Philippe_Steady-Rollin-Man_w002.jpgLabel vision fugitive


Musique Robert Johnson, arrangements Philippe Mouratoglou avec la collaboration active de Bruno Chevilon et Jean Marc Foltz
Pochette Emmanuel Guibert
Graphisme Philippe Ghielmetti

Avec le troisième opus du tout nouveau label Vision fugitive, dont nous avons déjà chroniqué le duo « Visions fugitives » de Stephan OLIVA et Jean Marc FOLTZ et « Le long de la plage », tandem inédit de l’écrivain Michel BUTOR et du pianiste Marc COPLAND…
Changement  de décor. Changement de ton, virage au pays de Robert Johnson et de William Faulkner. Trains et gares, désolation du vagabond solitaire, du clochard qui n’a rien de céleste. Voix rauque et râpeuse du blues man  dont les cordes vocales ont été trop longtemps traitées à l’alcool. Guitare folk et bluesy, contrebasse et clarinette, voilà un somptueux trio, étrange, qui fait raisonner les accents du blues, en écho à Robert Johnson, cette autre figure de légende disparue si vite, à 27 ans (autre membre du club des 27), roi des chanteurs du Delta  qui enregistra en un temps record 29 chansons, heureusement gravées dans la cire.
Son « Terraplane blues » par exemple se vendra à plus de 5000 copies dans les grandes villes.
Steady Rollin Man est une relecture de l’œuvre de Robert Johnson qui a fasciné   les Clapton, Beck, Page,  les Stones, Hendrix , Dylan… Revenir aux racines du rock and roll, prendre la route du delta du Mississipi, la route du blues, non loin de Clarksdale, Mississipi.

On voulait « partir de ce blues très singulier et découvrir un angle et des perspectives » raconte Philippe Mouratoglou, à l’origine de ce projet.
Ce guitariste classique (pour faire vite) ne vient pas du blues, mais il s’est investi dans l’enregistrement d’un projet étonnant, déconcertant même. Il a  voulu pour l’aventure s’engager aux côtés de musiciens sans « a priori » esthétiques. On ne pouvait rêver mieux que Bruno Chevillon et Jean Marc Foltz qui ont prouvé leur talent d’ouverture pour créer du neuf avec de l’ancien, écrire à propos du blues johnsonnien et laisser aussi des plages d’improvisation. Trio idéal pour interpréter librement et poétiquement ces pièces de vie. Affinité, complicité créative, assurément, dans un parti-pris résolument acoustique.
Le résultat peu académique mérite attention :  cela devient quelque chose d’autre,  un projet qui unit une guitare folk (jouée classique ) à la contrebasse, hybride à cordes étendu, qui utilise la clarinette comme la basse « diabolique » du blues man.  Et puis, surgit la voix fascinante, incandescente de Philippe Mouratoglou qui accompagne ces chansons mythiques où il est question du diable, de rendez-vous avec l’au-delà à des carrefours initiatiques. Si un frisson ne vous parcourt pas l’échine à l’écoute de « Love in vain », « Crossroad blues », « Me and the devil blues »,  passez votre chemin, vous n’avez aucune « Sympathy for the devil » !
Sinon, embarquez  pour cette traversée au pays du blues, des petits blancs et des « cotton pickers »,  laissez vous bercer d’accords mystérieux et troublants, de sonorités étrangères à une perception « classique » de cette musique.
Apre et vibrant, cet album est à recommander fortement !

NB :
Et puis, il est temps aussi de souligner que pour chaque album, figurent des pochettes illustrées de peintures d’Emmanuel Guibert, réalisées après avoir écouté la musique.
Pour le livret de ces beaux objets, vous apprécierez des textes de Michel Butor, des peintures pour Visions fugitives, et pour  Steady Rollin Man, des photos noir et blanc de Ben Shawn (1898-1969) réalisées dans le cadre d’une mission photographique de la Farm Security Administration, entre 1935 et 1942.
C’est le témoignage  impressionnant de la vie dans le sud de cet artiste réaliste, également peintre, qui travaillait dans la tradition de l’école dite de la Poubelle. Il montre des employés fatigués, des scènes de rue, des clochards et des « cotton pickers », des musiciens aveugles, la ségrégation ordinaire dans l’armée…
Le pays plongé dans la tourmente des années trente, l’autre face du « rêve américain » …


Sophie Chambon

(1)« Robert Johnson joue en virtuose absolu, raclant une rythmique féroce tout en asticotant les aigus, produisant de curieuses lignes mélodiques qui soulignent, intensifient ou contredisent moqueusement son propos. » Philippe Manœuvre.

Coffret Rock aux éditions TANA.

 

(2) Pour mieux comprendre l’argot des musiciens et des noirs américains, il est urgent de lire l’excellent Talkin that talk (le langage du blues, du jazz et du rap ) de Jean Paul Levet dans la non moins excellente collection Outre mesure.




 







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