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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:56

Marciac c'est aussi l'ambiance détendue des concerts gratuits


ici le superbe close meeting de Eric Barret


Impromptu de piano devant une église à Marciac. Poétique.....





Quelques belles interviews comme celle de notre confrère de Libération,
Bruno Pfeiffer avec Jim Hall quelques heures avant son concert



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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:43




Si l'an dernier les conditions climatiques avaient conduit les organisateurs du festival à déprogrammer les frères Belmondo, il n’était en revanche pas question cette année malgré la pluie qui menaçait une nouvelle fois, d’empêcher les deux frères de venir présenter au festival de Marciac le projet qu'ils ont créé depuis plus d'un an autour et avec le légendaire chanteur brésilien Milton Nascimento. Beau projet s'il en est, se  nourrissant des magnifiques compositions du chanteur, arrangées avec soin par Lionel Belmondo. Ce soir là, à Marciac, pour accompagner ce projet les sections de cuivre qui suivent les deux frères depuis Hymne au Soleil étaient elles-mêmes accompagnées par les cordes de l'Orchestre National de Toulouse sous la direction (remarquable d'intelligence) de Jean-Pierre Peyrebelle. Ce dernier apportait à la direction de ces jeunes musiciens un soin infini, faisant preuve d’une grande compréhension de la richesse de la musique du chanteur jadis égérie de Wayne Shorter et de Joni Mitchell. 
Pourtant  la  qualité  des arrangements des frères Belmondo, que l’on avait tant aimé lorsqu’ils accompagnaient Yusef Lateef, semblaient ici mettre un peu le chanteur à l’étroit. Et c’est paradoxalement, lorsque le quintet laissait la place entière  au  chanteur,  lorsque  celui-ci un peu fatigué et hiératique, se retrouvait seul avec cet orchestre à cordes sur Milagre dos Peixes, qu'il trouvait alors d'incroyables espaces (voix entièrement libérée) et faisait pour la première fois  du  concert,  courir  un  frisson d'émotion sur le public gersois. Comme si un déclic s’était produit, c'est sur cette veine-là que l'ensemble pouvait fusionner réellement. Milton Nascimento perdant toute réserve, nous livrait dans le prolongement de sa propre musique une berceuse de Ravel bouleversante qui chavira définitivement le public de Marciac.

 

Le deuxième concert de la soirée accueillait la formation de Laurent Cugny pour un hommage à Gil Evans. On sait que son fameux big band avait déjà eu l'occasion de travailler avec le génial arrangeur dans le cadre de l'ONJ entre 1994 et 1997. A Marciac Laurent Cugny avait réunit un véritable "all star" plus ou moins inédit avec quelques vieux briscards habitués de la maison et quelques nouveaux venus dans la troupe. Une section de cuivres survitaminée offrait l'occasion de quelques chorus de très haute volée dont un Stéphane Guillaume génialement décalé, un Thomas de Pourquery impressionnant ou un de Stéfano Di  Battista moins Parkerien qu’à l’accoutumée et qui enchaînait sur deux titres composés par Laurent Cugny(Maurane dort et L'Âge de Noe) une de ces performances rare dont il a l'habitude. Malheureusement 

alors que le concert décollait réellement dans une veine où Frederic Monino, plus Jaco Pastorius que jamais, tenait une grande partie de la baraque , l'arrivée de David Linx créait une sorte de rupture qui manquait à la fois de cohérence et surtout d'équilibre dans la prise de son. On sortait un peu (hélas) de la logique " Gil Evans" pour un autre concert où, malgré les efforts du chanteur pour s'approprier l'orchestre, ses talents que l'on sait par ailleurs exceptionnels, se perdaient ici dans une masse sonore que l’ingénieur du son peinait à éclaircir. Et c’est finalement pour clore ce concert, les cuivres qui reprenaient l’ascendant sur une formidable compo de Laurent Cugny où Batista, de Pourquery et Pierre-Olivier Govin décidaient définitivement de faire sauter la baraque dans une sorte d'explosion funky  absolument irrésistible.

           






Pour finir en douceur et se remettre de ces émotions, Avishai Cohen donnait le dernier concert d'une soirée qui allait s'achever aux premières heures de l'aube (!). Changement radical de décor pour une musique beaucoup plus intime tirée d’un répertoire en grande partie inspiré de la musique traditionnelle israélienne où l'ex-contrebassiste de Chick Corea donne de la voix sur ses compositions, accompagné de l’excellente chanteuse Karen Malka. Totalement différent de ces expériences en trio, Avishai Cohen montrait là une réelle inspiration, métamorphosé par cette musique de ses propres racines.


Jean-Marc Gelin 

 

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11 août 2009 2 11 /08 /août /2009 07:23




Hier, pour sa 32ème édition, le célèbre festival gersois qui finissait sa première semaine, ne faillissait pas à sa réputation d'être assurément l'un des plus hauts lieux du Jazz en Europe. Les veinards qui étaient là depuis le début s’étaient déjà régalés avec Sonny Rollins, Charles Lloyd, Jan Garbarek ou encore Jacky Terrasson et Ahmad Jamal tous deux (co)-auteurs d’une soirée paraît-il mémorable.

 

Pour ouvrir cette soirée (en trois concerts) du vendredi, c’est Daniel Humair qui lançait son Baby Boom sur les rails avec ces « jeunes » musiciens que l’on connaît bien sur le circuit et qui affichaient à Marciac une envie de jouer sans contrainte et de s'éclater avec un talent fou ! Comme le disait le batteur dans une interview publiée le lendemain dans la presse locale, foin des saxophonistes américains super starisés et « sous-Coltrane en chef », place à nos héros ! Car ceux de la dimension de Christophe Monniot et de Mathieu Donarier ne sont pas légion, on vous l’assure, tant de ce côté ci que de ce côté-là de l’Atlantique. Et il faudrait chercher bien loin pour trouver un tel collectif avec autant de talent au bout des doigts. On ne saurait donc que féliciter les organisateurs pour l’intuition d’avoir programmé ce formidable Baby boom si peu montré cette année. Pour l’occasion Daniel Humair avait choisi de modifier légèrement le format du disque en associant un invité surprise, l'accordéoniste Vincent Peirani (entendu par ailleurs dans le Pandémonium de François Jeanneau) et qui apportait à cette formation décapante (l’une des pus intéressante de l’hexagone cette année) une autre couleur, à la fois contrastée et fusionnelle. Un vent frais, émoustillant et totalement irrésistible passait alors sur Marciac. La salle leur réservait une standing ovation et l’on restait avec une formidable frustration tant on aurait voulu les garder bien plus longtemps. Assurément l’un des moments forts de cette 32ème édition.

      

 

Le Brass band de Dave Douglas ( Brass Ecstasy) qui prenait la suite pour le 2ème concert de la soirée avait donc fort à faire pour maintenir la salle à la haute température à laquelle elle se trouvait. Dans le cadre d'une formation de mini brass band que le trompettiste a réuni en hommage à celui de Lester Bowie, Dave Douglas alignait sur scène Luis Bonilla au trombone (survitaminé), Vincent Chancey au cor ( tout en nuances post bopiennes), Marcus Rojas au tuba (dans le rôle de la grosse basse inépuisable) et enfin un Nasheet Waits en état de grâce. Dave Douglas était là dans le rôle qu’on lui (re)connaît, habitué de l’exercice des hommages multiples et variés qu’il rend régulièrement aux trompettiste qui ont marqué l’histoire du jazz. Il ya deux ans Dave Douglas rendait hommage à Don Cherry sous le même chapiteau gersois. Cette année d’autres étaient conviés à la mémoire du New Yorkais. Un morceau dédié au formidable trompettiste bop, Fats Navarro se révélait peu convaincant, alors que la composition pour Enrico Rava (une magnifique construction tout en suspens) se révélait bien plus séduisante. C’est finalement à un autre trompettiste que Douglas dédiait cette soirée, son Brass Ectasy rendant ainsi hommage au Brass Fantasy de Lester Bowie. Trompettiste d'exception, Dave Douglas était alors plus à l’aise dans ses envolées lyriques que dans le lead de ses propres troupes qui manquaient alors un peu d’homogénéité et de sens du collectif. Pour finir, Dave Douglas, plutôt sympa avec le public auquel il s’adresse souvent en français, concluait son concert avec un morceau dédié cette fois à George Bush et Dick Chesney qu’il imaginait quittant la maison blanche en hélicoptère dans un moment sublimé que le trompettiste semblait savourer avec autant de délectation que d’humour (Twilight dog)




Forcément avec David Krakauer, nouvelle idole des jeunes, la salle prenait une toute autre allure pour le dernier concert tardif de la soirée. Lui aussi s’exprimait en français ( qu’il manie fort bien au demeurant) et donnait une toute autre version d'un jazz New Yorkais avec son "Klezmer Madness". On pourrait jurer qu'il prenait là, dans le cœur des moins de 20 ans la place d’un John Zorn absent cette année du festival. Comme à son habitude, le clarinettiste qui d'une autre manière perpétue lui aussi une grande tradition jazz Klezmer (celle de Naftule Brandwein), se jetait dans la bataille à 3000 à l'heure dans une débauche d'esbroufe, sorte de charge héroïque qui faisait alors un peu " pétard mouillé" et où l'on se sentait un peu entre la salle d'un mariage juif, un concert dans l'antre Zornienne de Brooklyn et/ou un festival de jazz dans le Gers (par exemple). Une bassiste,  Nicki Parrott, pas dénuée de talent tentait de faire monter une sauce qui n'impressionnait pas vraiment, jusqu'à ce que Krakauer mette dans la balance des arrangements non moins ravageurs mais bien plus intéressants. Ceux notamment qu’il réalise par ailleurs avec So-Called, montrent une facette moins stéréotypée et bien plus riche parce que totalement dépoussiérée de tous les clichés du genre. Avec une force à 100.000 volts, David Krakauer mettait le feu à Marciac en procédant à un mélange bien plus subtil de musique traditionnelle et de funk. Le jeune public de Marciac, déjà tout acquis à sa cause pouvait ainsi se lâcher complètement et danser débout dans les allées du chapiteau. Il a bien compris que ce jazz là est bigrement festif !



Jean-Marc Gelin


 

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 21:53

 

Editions CHRISTIAN  BOURGEOIS

304p, 24 euros

 

 On pourrait facilement se laisser abuser par un titre, par une image, par une première impression placée sous les auspices d’un astucieux marketing si l’on y prenait pas garde. Tenez, moi par exemple. Z’imaginez bien qu’en entrant dans ma librairie favorite, en voyant le titre «  l’église de John Coltrane », en voyant mon « Dieu » en prem de couv’, eh ben forcément j’ai pas pu résister. Couru l’acheter illico ! Parce que dans ma petite tête, Coltrane en couverture c’est forcément que ça jazz un chouia… Et puis j’avais en tête les autres fêlés, les créateurs de « l’ Eglise Africaine Orthodoxe Saint John Coltrane » à San Francisco ( non, non c’est pas une blague, elle existe et a même un sacré bon orchestre) et je me suis dit qu’il y avait peut être un rapport.

Que  nenni! Car  si le jeune romancier Néo Zélandais Chad Taylor s’intéresse un peu au jazz (en général) et encore moins à Coltrane (en particulier) c’est juste par incidence, par distraction pourrait-on dire. Dans son 7ème et dernier roman paru chez Christian Bourgeois il y est en effet vaguement question d’un fils partant à la recherche des souvenirs de son défunt père, journaliste de jazz, collectionneur invétéré de Vinyles et découvreur d’une obscure chanteuse chinoise. Dans  son errance de vieux loup solitaire ( bonjour les clichés !), notre homme, Robert Marling, « architecte désabusé » (et encore un !), semble déambuler sans que l’on sache vraiment vers quoi, rencontre des personnages auxquels on ne prête ni  attention ni intérêt, raconte son moment de vie sans que cela ne nous atteigne un seul instant. Car ce roman qui manque pour le moins d’une certaine profondeur et surtout d’une réelle trame ne va réellement nulle part, effleure tous ses sujets, n’accroche jamais l’attention. L’ensemble est écrit (ou traduit) sans style. Inodore, incolore et sans saveur, sa lecture , pour celui qui comme moi recherchait Coltrane désespérément, tourne malheureusement bien vite au pensum. Jean-Marc Gelin

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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 07:44



1 CD + 1 DVD 2009

Andy Emler (p), Mederic Collignon (bg, cnt,vc), Thomas de Pourquery (as,ss, vc), Philippe Selam (ts sur le CD), Adrien Amey (as sur e DVD), Laurent Dehors (clb), Eric Echampard (dm) , François Verly (perc), Claude Tchamitchian (cb), François Thuillier (tba)

 

Il faudrait, lorsque paraît un nouvel album d’Andy Emler et son MegaOctet s’imposer un exercice de style au moment d’en faire la chronique. On pourrait s’essayer à faire tout un article en supprimant la lettre «E »,   mais cela a déjà été fait ailleurs. Non, plus difficile : pourquoi ne pas tenter de faire une chronique en bannissant du langage l‘usage de tout superlatif. C’est en fait une très mauvaise idée qui relève carrément de la mission impossible. Car une fois encore Andy Emler plus prolixe et productif que jamais revient avec un nouvel album du Megaoctet aussi exceptionnel que les précédents. Déjà largement récompensé dans la presse ( Choc Jazzman, Disque d’Emoi et l’on en passe) le nouvel album de cette bande d’allumés du jazz est une excellente bonne nouvelle en soi : ce Megaoctet loin de s’essouffler bande toujours bel et bien. Et pas qu’un peu. Car Andy Emler dans cette sorte d’opéra jazz et rock s’amuse à construire et déconstruire les trames de ses compositions en s’appuyant sur une troupe fidèle, bourrée d’énergie à 2000 watts. Des unissons furieux, des exaltations tripales et des moments d’accalmie se succèdent comme dans un acte amoureux, une sorte de scéance violente et amoureuse à la fois. De ce magma en fusion Andy Emler fait une sorte de jungle dont Ellington et Mingus s’ils avaient connu Zappa, se seraient certainement approchés. Chaque morceau se révèle brillant dans une construction jamais linéaire, comme des suites à plusieurs mouvements ( Mail à Elise). Et dans cette dynamique de groupe, la marque des grandes formations ( bien qu’ils ne soient que 9 !) apparaît dans cet équilibre entre solistes et collectif ici totalement indissociables. Les premiers comme les seconds savent manier l’humour voire une belle part d’autodérision sous l’impulsion d’un Méderic Collignon toujours aussi génialement fantasque et d’un Thomas de Pourquery en crooner magnifique.

Une captation DVD, remarquablement réalisée par Julien Vivante au Triton en septembre 2008, nous permet grâce à la multiplication des caméras et des gros plans d’approcher au plus près, cette troupe de déjantés géniaux sans perdre de vue l’exploit qu’i y avait ce soir là de réaliser en live et pour la première fois cette formidable musique aussi inventive qu’exigeante. Bonus assez amusants en prime.

Orgasmique ! Jean-Marc Gelin

 


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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 06:00

La première édition du festival de musiques improvisées "RENCONTRES IMPROVISÉES DU PRIEURÉ " de Saint Sulpice s'est tenue les 25 et 26 juillet 2009.
Sous l'égide d'Agathe Lebelle, le prieuré de Saint Sulpice s'est prêté au jeu d'un festival en accueillant les passionnés et curieux désireux d'apprécier, souvent avec passion, une musique
imprégnée par la magie de ce lieu privé. Situé en Indre et Loire près de Châtellerault, c'est un havre de paix et de tranquillité et ces murs nous content leur histoire. Dans le prieuré, le public est assis en face d'un grand vitrail où le bleu de la nuit le fascine. En dessous, la scène acoustique des rencontres raconte une autre toute histoire, sonore celle-ci. D'autant que l'acoustique est naturelle et sans amplification. Avec un environnement simple mais hors du commun, la musique est d'ors et déjà dans un contexte enchanteur et souriant.
Ces rencontres improvisées comptent trois moment forts: deux après midi et la soirée du samedi 25 juillet.
Joëlle Léandre (cb), Géraldine Keller (voc), Daunik Lazro (bs), Didier Lasserre (dr), Benjamin Duboc (cb), Sylvain Guérineau (ts) et Rasul Siddik (tp) sont présents pour mêler leur talent au fil des envies. Puisqu'elles sont improvisées mais pas fortuites, ces rencontres se concrétisent en duo, trio ou quartet au gré d'un sourire entre protagonistes, de quelques impressions partagées autour d'un verre ou d'une caresse du soleil au rendez vous.
J'ai eu la chance d'assister à quelques concert dont je vous faire de quelques impressions. Pour les autres, il m'a semblé intéressant de les citer; histoire de vous mettre l'eau à la bouche.

Lire la suite...

Jérôme Gransac
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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 08:36

Wech records 2009

Wajdi Cherif: piano
Manu Codjia : guitare
Yves Eouzon : batterie
Sévrine Eouzan : sax
Claude Matringe : bass




  Un album qui a de quoi ravir notre été et nous faire mesurer le chemin parcouru par ce jeune pianiste . Il y a 3 ans nous écrivions en substance que son album «  Jasmine » pourrait révéler un magnifique pianiste pour peu qu’il parvienne à se libérer de certains clichés « world » d’un jazz orientalisé. Avec « Fuzzy Colours », Wadji Cherif montre un ( ou plutôt deux) nouveau(x) visage(s) de son talent. Sur la lignée d’un Chick Corea dont Cherif assume et revendique totalement l’influence, le pianiste livre ici un album à deux facettes. La première est très marquée par un climat jazz-rock sur ses propres compositions ( Coma Berenice, Cosmic Voyage, Fuzzy Colours, Life Circle). Cherif y alterne avec bonheur le fender et le clavier et Manu Codjia, toujours essentiel intervient en guest sur un titre.  Dans une deuxième partie,  Cherif reprend plusieurs standards sur un mode latin jazz dans lesquels l’écoute d’un Gonzalo Rubbalcaba n’est certainement pas lointaine ( Night in Tunisia (très bien réalisé), Nardis, un superbe Poinciana et enfin Caravan).  Plus ouvert, le pianiste y affirme une nouvelle personnalité, moins introspective et plus accueillante. Par ses deux façons d’exprimer une pulse toujours très présente et un groove chaloupé comme ligne conductrice, Cherif signe là un album sans ennui. Une réussite séduisante et convaincante. Jean-Marc Gelin

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 23:13

Hat Hut
Lee Konitz (as), Martial Solal (p)



En novembre 1983 à l’occasion du festival de jazz de Hambourg, quelques micros traînaient à la « Fabrik », ce lieu mythique du jazz en Allemagne. On y doit d’ailleurs quelques enregistrements célèbres dont un certain Live de Magma enregistré en 1973 
(pour ceux qui ont la mémoire longue). Pourtant,  ce soir là,  la rencontre qui se produisit sur les planches de cette scène décalée semblait bien plus « classique », au sens qu’il faut y mettre s’agissant d’une rencontre placée sous les auspices de la révérence au jazz « fondateur ». Car ce soir là, Lee Konitz et Martial Solal, au sommet de leur forme et peut-être galvanisés par le lieu, portaient bien haut cette science du jazz et de l’improvisation qu’ils doivent à Lennie Tristano et Charlie Parker pour l’un et à Art Tatum et Bud Powell pour l’autre. Et de fait, il est de ces concerts où la rencontre de deux géants du jazz, parvient à s’opérer en parfaite symbiose dans un moment qu’à défaut de nommer autrement on appellera, «  de grâce ».  Lee Konitz semblait avoir des ailes parcourant des standards entendus comme jamais à coup de citations et d’envolées à très haute teneur en musicalité inventives. Un jeu tout en souplesse qui s’écoute comme l’on écoute religieusement les fugues de Bach (April). Pour lui donner la réplique, Martial, toujours égal à lui-même, Martial moins que jamais prêt à aucune concession mais Martial dépositaire d’un savoir sacré qu’il est allé chercher jadis chez tous les grands maîtres. Martial et sa science du contrepied. Jamais prêt à servir la soupe mais toujours prêt à rebondir sur les idées de l’autre pour développer son propre jeu. Et il faut être très fort et savoir qui
l’on est vraiment pour parvenir à imposer sa marque tout en restant dans le prolongement. Comme une émulation magnifique, deux solos exceptionnels viennent ponctuer ce concert sublime. Un solo de Konitz sur April totalement renversant,
savant autant que joueur dans sa construction mais d’une fluidité à couper le souffle. Et juste avant ce superbe solo un époustouflant Solal sur Fluctuat : tous les fondements, tout le jazz est là présent dans le subconscient d’une mémoire
indispensable. Konitz et Solal ce soir là représentaient l’essence même du jazz. Ce qui reste quand on a tout oublié. 
Jean-Marc Gelin 
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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 07:56

 

Mary Halvorson (g), Nate Wooley (t), Reuben Radding (cb)

Enregistré en nov. 2006

 

Bien qu’ils évoluent chacun sur d’autres scènes de la musique improvisée, ces trois-là se retrouvent régulièrement et semblent visiblement apprécier ces moments-là. Si chacun de ces trois musiciens évolue auprès des nouveaux maîtres de la musique improvisée américaine ( Taylor Ho Binum, Jessica Pavone, Daniel Carter, Andrea Perkins, Marc Ribot etc…. ) c’est surtout leur approche tirée des enseignements d’Antony Braxton qui semble être leur dénominateur commun. Et c’est bine ce que l’on entend au travers de ces 10 compositions collectives : un enchevêtrement d’une musique à la fois codifiée et totalement improvisée. Un système où l’idée lancée par l’un des membres du trio produit instantanément une réaction des deux autres. Une sorte de musicalité organique d’où émerge une palette sonore très large. Nate Wooley par exemple qui tire de son instrument, la trompette,tous les sons possibles depuis les petites incises, les pêches sonores, les cris et les grincements tandis que Mary Halvorson par ses attaques et son jeu piqueté, craquelé et sec donne là un change suréactif. Le tout emballé par une énergie circulaire dispensée par Reuben Radding et qui trace un sillon rythmique qui ne perd jamais en intensité.

Si l’on reconnaît dans cette musique une science quasi télépathique de l’improvisation, elle n’en reste pas moins, et bien qu’ils s’en défendent, un peu cérébrale et conceptuelle. Voire académique dans son approche Braxtonienne. Elle n’en est pas moins une trace formidable d’un théatre en mouvement  où les pièces d’un engrenage s’emboîtent automatiquement l’un dans l’autre et dont nous sommes les spectateurs in ou out. C’est selon. Jean-Marc Gelin

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3 août 2009 1 03 /08 /août /2009 23:05

Jazzland 2009

Bugge Wesseltoft (p solo)

 

Depuis la disparition tragique de Svensson et donc de EST, il est fort à parier que les défenseurs d’un certain piano jazz « dans la pure tradition » vont désormais diriger leurs armes sur le pianiste norvégien Bugge Wesseltoft. On entend déjà leurs critiques s’élever contre ce Nu jazz ou (Future jazz) avec la même véhémence que celle qu’ils élevaient contre le groupe suédois : pas de fond de jeu, sens développé du marketing, jazz minimaliste etc….

Pourtant si Bugge Wesseltoft ne se situe pas réellement dans la relève, depuis plusieurs années, le fondateur du label Jazzland impose sa marque et un sens personnel de la musique dans lequel il est vrai on sent, depuis Jan Garbareck l’influence prégnante d’un jazz scandinave comme fil conducteur. Son nouvel album joue beaucoup sur la fibre émotionnelle. Il se déploie lentement dans un univers qui oscille entre mélancolie et onirisme d’une déambulation solitaire. Nouveau romantique Wesseltoft ? Pourquoi pas si l’on en juge à cette façon qu’il a de mettre en scène ses sentiments. Le pianiste s’accompagne pour cela de tout l’attirail électronique qui lui est cher, jouant avec ses effets overdubs instillés parcimonieusement, comme déposé sur la musique à bon escient.C’est tout un imaginaire auquel il nous convie et que chacun peut s’approprier de manière subjective. Dans sa démarche parfois introspective ( Talkin to myself part 1, 2 et 3 ), le pianiste laisse de l’espace aux résonances où le temps maîtrisé et retenu se confond avec un « espace » lent. Le pianiste fait corps et âme avec son piano et s’en sert parfois comme tambour comme ce Ryhtme où après cette conversation avec soi même, les mains cognées sur le piano résonnent comme un cœur battant. Rythme se poursuit par un autre travail sur le piano préparé, autre travail rythmique sur un blues ponctué par des claps de mains (Hands) où le corps du pianiste s’exprime jusqu’à sa propre voix indomptable. Mais le pianiste norvégien sait aussi se faire facétieux comme dans cette reprise de Take 5 sur lequel on imagine qu’il a dû autrefois suer sang et eau et qui pour l’occasion se termine totalement déglinguée et finalement totalement émancipée. Et c’est avec un thème un peu facile, Many Rivers to cross que Wesseltoft conclut avec un brin de nostalgie cet album que l’on acceuille avec une grande tendresse.

Cet album ne rassurera pas ceux qui lui reprochent son sens un peu exagéré du marketing, sa recherche des émotions faciles, ce non-dit (Nu jazz ?) qui vient plus de la pop que du jazz où les influences de Radiohead, bien plus prégnantes que celles d’Ellington ne manquent pourtant pas de nous amener une heure durant dans un univers personnel, à la fois profond et très émouvant. Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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