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Label Forge
Mai 2009
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Article paru le 20/06/2010
Voilà donc le dernier opus de « La Grande Forge », collectif grenoblois de huit « compositeurs improvisateurs réunis » pour notre plus grand plaisir : ces instrumentistes chevronnés, à la belle ardeur s’entendent à merveille pour conduire leur équipage dans un voyage sonore aventureux.
La musique partagée ne cesse de raconter une histoire, comme une petite suite entre le morceau inaugural "Looking glass #2" et la reprise finale "Through the looking glass #2" : on se laisse couler et emporter dans le creuset, comme le métal brûlant qui arrive à fusion. Mais une fusion nouvelle qui briderait ses passions. Un groupe moderne, post moderne peut-être ?
Cette musique techniquement parfaite déploie une énergie constamment canalisée, entrecoupée de surprises vocales (la violoniste Takumi Fukushima aux déclarations plus ou moins brutales (Vie russe ), d’échanges permanents sans clichés entre un clarinettiste allumé Michel Mandel, un saxophoniste pluriel Yves Gerbelot, Fred Escoffier aux claviers électriques bien dosés, un trompettiste Patrice Bailly qui strie l’espace d’aigus affûtés, alors que Pascal Berne, à la contrebasse et Emmanuel Scarpa, à la batterie assurent une rythmique complexe, élégante et néanmoins puissante.
Une partition musicale effervescente mais cohérente avec des solis menés à vive allure sur des compositions partagées entre tous, même si l’on reconnaît le sens des arrangements du pianiste François Raulin ( Pollock Jackson ) et un certain talent à Emmanuel Scarpa ( cofondateur avec Fred Escoffier du trio « Umlaut ») : on passe facilement de l’hypnotique "Témoin indésirable" au valsant "Des Kinder" au repas, sans oublier les hoquets et chuchotements d’" Epure", tant ces voix s’élèvent avec bonheur et complicité, équitablement : décidément on aime à s’approcher du feu attisé par le soufflet de La Grande Forge, qui, sans trop marteler, fabrique de précieux alliages et des textures sonores toujours surprenantes.
Sophie Chambon





Mais nous étions si jeune. Il avait 17 ans à l’époque et Coltrane à peine 18. Jimmy quand à lui devait en avoir 19. Je me souviens que John Coltrane venait alors à la maison et se mettait au piano et moi au saxophone. Et puis on changeait et je passais au piano. Mais il était vraiment un très mauvais pianiste. Nous répétions tous les jours mais les voisins en avaient assez et je crois qu’ils auraient bien voulu nous tuer ! C’était terrible….
