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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:45

JJJJ BRUNO ANGELINI SOLO : "Never Alone"
Minium 2006

 

 

Bruno Angelini (p)

Quand Angelini(e) tout va.
Où il est question d'une re-visite de standards qui ont marqué le parcours personnel de différents musiciens.
Lorsque Philippe Ghielmetti lui a tendu une liste de morceaux tirés de "The Newest Sound Around" par Jeanne Lee et Ran Blake, Bruno Angelini a d'abord répondu << non, c'est impossible de faire ça.>> Puis son ami Stephan Oliva lui présente le projet comme une forme de << psychanalyse musicale >>.  L'homme s'enthousiasme. L'idée vertigineuse de s'appuyer sur un univers musical ancré dans une conscience collective pour en faire émerger un nouveau, approprié aux souvenirs précis de notre existence, a de quoi séduire, certes, mais se risque à la confiture de respect itératif et donc à la déconfiture!
Pour réussir un tel pari, il faut de la bouteille et le doigté qui va avec... Bruno se lance. Le piano se fait divan; divin!  A l'arrière de la pochette, une photo de Bruno en lévitation inspirée : en solo, il n'est << jamais seul >> ça s'voit, très habité. Nous sommes tous des héritiers; lui transcende les airs des autres. On connaît mais on reconnaît à peine tant le pianiste réharmonise subtilement. C'est l'univers personnel du musicien qui apparaît là (délicate attention que cette confidence) entraînant des émotions esthétiques variées et profondes. Il vient chez soi, proposer comme des portraits à la beauté poignante. La rencontre est réelle, complètement originale. Il y a de l'éclat dans cette musique là, tour à tour d'une folle délicatesse, troublante, presque éthérée "Where Flamingos Fly", impressionniste et sautillante "Seasons In The Sun" ou délicieusement dissonante quand il
propose un Summertime incontournable à la montée envoûtante et à la fin suspendue (éternelle?) Et souvent l'ange fredonne son inspiration cathartique, c'est torride...Sur "Sometimes I Feel Like A Motherless Child",
Bruno reprend le thème d'un Summertime percussif, douloureux par le grincement du piano aux cordes pincées et frappées. Étonnante version aussi à peine identifiable d'un Blue Monk plongeant dans un autre univers; bouleversant "Left Alone" aux accents de Thomas Newman (l'inoubliable compositeur du film American Beauty)...les adjectifs ne manquent pas pour qualifier cette musique indécemment sensorielle.
Chacun répondra à ces standards avec son histoire. Celle de Bruno est un enchantement, savoureusement moderne, tonique, sensible et passionnant qui met (attention!) en état de haute ébullition.
Donc, disais-je, quand Angelini(e) tout va!

 

 

Anne-Marie Petit

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 07:37

Bordeaux Jazz festival 2006, le bon cru ?

Aimer le jazz c’est apprécier cette musique d’affirmation, de liberté qui tout en faisant la part belle à l’improvisation ne se réduit pas à cette seule urgence. C’est le credo de Philippe Méziat, directeur heureux de ce Bordeaux Jazz Festival dont la sixième édition a rencontré un vif succès, auprès d’un public bordelais et régional, désormais acquis. Le public se laisse guider, quand il ne connaît pas, faisant confiance aux choix très personnels du directeur artistique du BJF, qui relèvent d’un engagement authentique et d’une connaissance approfondie de cette musique dans ses évolutions les plus récentes.

 

 

« La surprise est  donc au rendez-vous, mais elle n’est pas certaine .Si on y va quand même, ce n’est pas uniquement parce que les tarifs des concerts le permettent. On y va parce que c’est l’un des bonheurs qui nous restent. Consommer n’est pas un bonheur, découvrir c’est déjà mieux,  se risquer à prendre ce qui advient et qu’on n’attendait pas, voilà qui fait bondir ! »

Mederic Collignon

 

(photo : Bruce Milpied)

 

 Ces  phrases de l’éditorial auguraient de la fréquentation qui allait suivre aux Chartrons, un quartier original du Port de la lune, qui abrite aujourd’hui, non loin des anciens chais  bordelais, la Halle des Chartrons, l’un des lieux  les plus expressifs du jazz et des musiques « affines ».

 Un festival sous le signe de l’éclectisme le mieux compris, avec des thématiques heureusement choisies. Ainsi,  l’un des moments forts  déclina « Jazz et opéra »  le jeudi soir : Mederic Collignon présentait son inénarrable Jus de Bocse sur le Porgy and Bess déjà revu par Miles Davis sur les arrangements de Gil Evans de 1958 . Le spectacle furieux du trompettiste chantant, rehaussé par l’adjonction de quatre cors d’harmonie, dirigés à la perfection, obtint pas mal de suffrages. C’est que le caractère détonant, la personnalité intriguante, pour ne pas dire dérangeante, les excès du personnage talentueux , il est vrai, sont une véritable révélation pour un public non averti.

 Mais l’émotion avait été à son comble  en première partie de soirée, avec  la Vie de Bohême, présentée par l’ Italian Trio, composé  du pianiste Dave Burrell , entouré du trompettiste Giovanni Falzone et de l’ altiste Paolo Botti, musiciens à la présence incroyable.

 Une première version de cette « œuvre » revisitée par le pianiste existait sur un album sorti en 1969, en plein délire free. Philippe Méziat  eut la bonne idée de lui redemander, lors d’un séjour récent à New York lors du festival Visions, une nouvelle approche : après un blues classiquement amené, vinrent successivement  le premier duo  (« Che gelida manina », « Mi chiamano Mimi »), la valse de Musette ( « Quando m’nvo soletta per la via »), un choral de marche et le duo final de Rodolphe et Mimi. 45 minutes de musique lumineuse et inattendue,  un moment inoubliable, pure recréation  qui devrait tourner sur les scènes ou les festivals jazz.

 Programmateurs, n’hésitez plus !

 Il y eut un autre temps fort, lors du final, le dimanche soir avec le « Klezmer Madness » de David Krakauer. Le klezmer est la musique de célébration traditionnelle des juifs de l’Europe de l’est, importée aux Etats-Unis par les vagues successives d’immigrants entre 1880 et 1920. Comme dans les films de Woody Allen, ou  les meilleurs sketchs de Jerry Lewis, on se partage entre nostalgie et allégresse, rire et larmes.  Après son tube « Klezmer à la Bechet », hommage à deux maîtres contemporains de l’instrument, le créole Bechet  et le Klezmer Naftulé Bradwein, David Krakauer travaille les chants et revisite certains rites de la tradition hassidique, comme les interminables  mariages où  les poètes chantent des couplets de mise en garde  aux futurs époux… Si le caractère joyeux de cette musique de danse est affirmé, souffle aussi  un vent d’innovation dans ce « revival », un soin tout particulier à réinterpréter les standards de cette musique : garder l’inflexion de la langue yiddish dans la musique, préserver son caractère ornemental, mais aussi sortir le klezmer du musée. Parlant un français impeccable, le clarinettiste partage son héritage culturel, de bon cœur et en toute humanité,  entouré d’un noyau de musiciens qui modernisent  le répertoire : ainsi le groupe accueille la guitar-héroïne Sheryl Bailey, aussi calme que David Krakauer est enjoué, un accordéoniste sensible et mélancolique (Will Holshouser), un invité rappeur, le DJ So called, qui intervient à propos, scandant avec entrain et humour (y compris en yiddish) le chant des klezmer, ces musiciens de la rue.

 Si le formidable batteur qu’est Michael Sarin  accompagne idéalement le délire klezmer, il est aussi pour beaucoup dans l’attraction du Frank Carlberg quintet. Ce fut vraiment un concert délicat où s’illustra ce batteur phénoménal que l’on n’entend guère sous nos latitudes, inventif, précis et… imprévisible. Entouré de deux musiciens français qui se connaissent bien, l’altiste Guillaume Orti  et le contrebassiste aux machines Olivier Sens, le couple du pianiste d’origine finlandaise (à la voix étrange, étranglée, quasi synthétique quand il explique sa démarche) et la chanteuse Christine Correa  reprit des poèmes de la Beat Generation ainsi que des textes plus récents d’Alan Ginsberg , toujours étonnamment prophétiques. Scansion originale et  sens prosodique rares pour dépeindre la folie du monde. Un très joli rappel enfin, sur une composition du contrebassiste,  « tristanienne » d’inspiration, qui convenait particulièrement à l’expressivité de Guillaume Orti.

 Les Bataves étaient à l’honneur au BJF 2006 avec deux ensembles grands formats tout à fait originaux : le BBB, entendez «Bik Bent Braam », croisement inespéré en France, d’un big band « classique » et d’une formation déjantée, bravement free comme en dirige Willem Breuker . Du « middle free » si on veut avec des morceaux de bravoure à l’unisson pour les cuivres et aussi des solos que chacun  prend de bon cœur dans la plus belle tradition, comme le souffleur allemand Frank Gratkowsky. Le trompettiste américain Herb Robertson, toujours facétieux,  sort de sa musette des  instruments minuscules qui ressemblent à des jouets, trompinette et divers appeaux. La rythmique est dans le ton, alliage décalé entre un batteur tristement lunaire, un Buster Keaton replié sur ses fûts  et un contrebassiste, très près du pianiste, qui tira un solo poignant sur une seule corde.

 bik ben braam - wilbert de joode - frank gratkowski

(photo : Brice Milpied)

Autres Hollandais, volant littéralement sur un tapis de cordes, l’ensemble à géométrie variable des jeunes  musiciens du  JARGON de Maurice Horsthuis enthousiasma le public par les  mélodies du chef, altiste de formation, la virtuosité de l’exécution, jazzifiée par une guitare et contrebasse alertes.

 Sans surprise mais remportant un succès mérité, le trio énergique de Bojan Z avec l’impeccable Rémi Vignolo et le fougueux Ari Hoenig  fit vibrer la Halle le vendredi soir, sur le programme de son dernier album Xenophonia, alors que le groupe  TTPKC et le marin, sélectionné pour le Jazz Migration de l’AFIJMA,  devait constituer une vraie découverte pour beaucoup.

 Pour notre part, nous avions été séduits lors du Tremplin Jazz d’Avignon où ils furent tout de même devancés par le quartet belge de Pascal Schumacher. Autre esthétique, autre musique. Heureusement récupérés par le label Chief Inspector, TTPKC put sortir son premier album, un opus risqué, à l’écriture foisonnante, aux thèmes bâtis sur une architecture complexe : une musique superbe, intense, sans beaucoup de respiration, accrocheuse malgré ses aspérités, qui fait voyager sans se prévaloir d’une trop grande folklorisation. Une instrumentation originale pour un groupe qui ne l’est pas moins : un trio de saxophonistes accompagné d’un batteur qui n’a pas oublié d’écouter Jim Black.

 Une dégaine marrante que celle du  marin du groupe, le baryton  présentateur Sylvain Tamalet, l’imperturbable ténor Han Sen Limtung, le batteur Antonin Leymarie, au faux-air d’Antoine de Caunes, et enfin le compositeur de beaucoup de titres, le remarquable altiste Adrien Amey. Les titres plutôt drôles apparenteraient  le groupe à la veine « non sense » des Monty Python de la grande époque : ces électrons libres tout excités, développent  des tonalités étranges, créant un climat planant qu’entrecoupent des ruptures de rythmes et d’atmosphères.      

 

A moins que la source de toute cette jeune génération de libres improvisateurs n’aille voir outre-manche du côté d’Evan Parker ? Autre excellent choix de programmation, l’avant-dernier concert du festival donnait la parole à ce génial défricheur, sopraniste et ténor anglais, toujours aussi impressionnant dans son approche spontanée de l’instrument, toujours renouvelée depuis la grande époque des seventies  ( voir la liste extraordinaire de ses participations de Von Schlippenbach au « Globe Unit » sans oublier Peter Brotzmann, Paul Lytton, Anthony Braxton …).

Rejoignant les maîtres de la musique d’improvisation européenne, il tint en haleine un public conquis, se jouant de la technique de la respiration circulaire dont il maîtrise tous les effets,  sans abuser des stridences et autres déviations de l’improvisation pure, créant toujours une mélodie fine et affûtée avec des changements de registre si rapides que l’on croit entendre des sons simultanés.

Le BJF 2006 a tenu ses promesses : un festival en liberté, entraînant et innovant, au-delà de tous clivages d’époque ou de style : surprises, émotion,  et gaieté débridée (Sina & Stucky les deux Valaisannes et leur café-théâtre décapant),  dérapages vraiment productifs. Tout cela dans une ambiance heureusement détendue autour des tartines et autres collations (huîtres d’Arcachon) que servaient les bénévoles soudés et visiblement heureux de participer à cette fête. Alors  il ne reste plus qu’à attendre 2007… vite…

Sophie Chambon

 

 

 

 

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3 décembre 2006 7 03 /12 /décembre /2006 00:01

JJJJ CHRISTOPHE WALLEMME:  “Namaste “

Nocturne 2006

 

 

 Autant le dire d’entrée, ce disque est remarquable, je dirais même difficilement contournable, pour qui s’intéresse de près au jazz actuel, de création.

 

 

D’abord par la qualité du line up. Le noyau dur du projet Namaste comprend, en plus du leader et contrebassiste Christophe Wallemme, des solistes de premier plan : le saxophoniste et multi-instrumentiste Stéphane Guillaume, ce brillant souffleur jouant aussi bien ici de la clarinette, de la flute, que du soprano ; Manu Codjia (guitare), Stéphane Galland (batterie), et Stéphane Edouard (percussions indiennes et divers instruments éthniques). Avec pour invités : Nelson Veras (guitare), Matthieu Donarier (sax ténor et soprano), Prabhu Edouard (tabla, kanjira), Minino Garay (cajon, caxixi, palmas, vocals) et Thomas de Pourquery (sax alto et soprano). Excusez du peu. Mais cet album n’est pas une simple conjugaison de grands talents… Un gastronome vous dirait qu’un plat digne de ce nom ne comporte pas que de très bons ingrédients, mais surtout un savoir-faire abouti, une volonté, une idée directrice… Il y a de fait une véritable alchimie entre ces musiciens, qui semblent portés par le lyrisme du maître de cérémonie, insufflant à l’ensemble une sorte de supplément d’âme. Il suffit d’écouter le début du premier morceau pour s’en convaincre : beauté du thème et des timbres, intelligence de la mise en place et de l’orchestration… Superbe ! Et la suite ne déçoit pas, loin de là ! Tout coule de source avec naturel, brio, élégance… Deux guitaristes ? Cela pourrait vite tourner à une joute stérile, comme on en rencontre trop souvent... Or il n’en est rien. Leur virtuosité respective n’est plus à démontrer, on se concentre sur la seule musique et l’auditeur n’en perd pas une miette… L’électro-acoustique nylon de Nelson Veras complète à merveille le timbre électrique de Manu Codjia, donnant à entendre, notamment dans les ballades, de fort subtils entrelacements mélodiques… Un mot sur le son de Codjia, qui en son clair (non saturé) est reconnaissable entre mille, signe d’un grand de la six cordes : une esthétique proche de Bill Frisell dans son aspect « étheré », cristallin, son contrôle de la dynamique et du volume, la raréfaction des notes… Bref cela respire, fraîcheur et musicalité atteignent des sommets ! Veras n’est pas en reste, on retrouve son « balançao » unique dans les intros, son phrasé très fluide et inspiré… Tous deux apportent une véritable couleur aux superbes composition du leader, parfaitement épaulées par les anches inventives et bouillonnantes, les percussions. Notons qu’il n’y a dans ce disque aucune reprise, du moins de l’univers jazz… (seule concession en forme de bonus track, une étonnante Javanaise, celle de Serge Gainsbourg, très chantante par ailleurs… l’Orient, encore !). Si toutes les compositions sont réussies, captivantes, leur auteur a de surcroît eut le bon goût de ne pas choruser systématiquement, mais de tenir discrètement la barre de main de maître, assurant un groove parfait, afin de mettre en valeur la mélodie, l’énergie de l’ensemble, ses partenaires… Bravo ! Ses soli n’en ont que plus de charme et leur concision fait davantage penser à une dentelle sonore qu’aux marteau-slappeurs de certains bassistes ‘fusion’ (sic !)… C’est qu’il est question ici de poésie, d’invitation au voyage, voire d’initiations… Dans « Namaste » aussi bien que « Tandoori groove » la pulsation devient danse, transe jubilatoire et débridée. Cela ferait en effet parfois penser à une sorte de « Sacre du printemps » à la sauce orientale… On ne se plaindra pas auprès d’un bassiste de savoir pimenter ses œuvres ! L’Inde dévoilée dans ce disque relève d’un folklore imaginaire, échappe aux clichés du genre, on sent une approche à la fois personnelle et sincère… Au fil de l’écoute le climat des pièces semble gagner en intensité, jusqu’au titre « Réflection », à l’atmosphère plus âpre et énigmatique, dans laquelle Codjia nous offre un solo d’anthologie, avec cette fois une distorsion rauque, incandescente… Dans cette plage, on est très proche des heures de gloires d’une autre formation drivée par un tandem de choc : le fameux batteur-percussionniste Trilok Gurtu et le guitariste américain David Gilmore… Pour une fois soyons un peu chauvin : vive la France  ! On le serait à moins…

 

 

Namasté veut dire bonjour en indien, et on a surtout une très bonne, une grande écoute…

 

 

Ce projet semble né sous une bonne étoile, je le recommande sans réserve à tous les mélomanes, qui sauront sûrement en apprécier les multiples éclats…

 

 

Jean-Denis Gil

 

 

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 07:59

Sophie Chambon devant un mur de CD qu'elle a intégralement chroniqué

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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:32

Un chroniqueur ( Jean Pierre Foubert) s'amusant bêtement avec des ballons de baudruche au lieu d'écrire une chronique qu'on lui a demandé depuis 6 mois .....

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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:32

Un chroniqueur s'amusant bêtement avec des ballons de baudruche au lieu d'écrire une chronique qu'on lui a demandé depuis 6 mois .....

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8 novembre 2006 3 08 /11 /novembre /2006 11:32

Un chroniqueur s'ausant bêtement avec des balloons de baudruche au lieu d'écrire une chronique qu'on lui a demandé depuis 6 mois mais bon il est comme ça le garçon

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 07:30

Et si c’était vrai ! Si l’audace souriait vraiment aux audacieux. A ceux qui prennent le risque de surprendre et d’oser. Tenez, prenez par exemple Roger Fontanel. Vous ne croyez pas qu’il fallait être quand même sacrément gonflé pour créer, il y a 20 ans un festival de jazz, en plein automne frileux à Nevers ? Et pourtant à force de talents, de belles programmations et d’énergie de tous ses animateurs si dévoués, ce festival est devenu aujourd’hui l’un des rendez vous incontournable du jazz en France. A force d’audace. A tel point qu’aujourdhui d’autres merveilleux festivals d’automne fleurissent comme Jazz au Fil de L’Oise, le festival Bleu Triton ou encore le festival de Reims.

Et que dire de l’audace de Michael Wellner-Posspisil, Directeur du Centre Tchèque qui, par pure passion a créé il y a quatre ans Jazzycolors, festival d’un genre inédit associant une 15aine de Centre Culturels à Paris pour faire venir durant plus de 10 jours des groupes inconnus de nous et venus du monde entier. Où ailleurs pourriez vous entendre un jour le trio de l’espagnol Augusti Fernandez à L‘institut Cervantès, le lendemain Fabian Kallerdhal au Centre Culturel Suédois et quelques jours plus tard Heinz Sauer et Michael Wollny à l’Institut Hongrois ? Daniel Humair qui parraine ce festival inédit nous donne là une belle occasion d’aller voir un peu ailleurs si le jazz y est.

L’audace c’est aussi ces musiciens qui osent. Ainsi Jean Charles Richard à qui nous avions ouvert nos colonnes il y a deux mois et qui pour son premier album se lance un défi insensé, celui d’un formidable album de saxophone en solo. Nous pourrions aussi parler de l’audace d’un Niels Lan Doky qui rêvait d’un film sur les musiciens légendaires du jazz, du genre Buena Vista Social Club et qui faute de réalisateurs disponibles a décidé de se lancer et de passer avec brio de l’autre côté de la caméra pour mener à bien cette folle entreprise.

 

L’audace est un dérivé du verbe « audare » qui, en latin veut dire « être avide de ». Et c’est bien dire ce qu’il faut de passion, de folie et d’envie insatiable à tous ceux qui pour nous, osent prendre des risques pour aller au bout de leur rêve. Pour que ces rêves désormais accomplis deviennent un jour les nôtres.

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 23:28

SWING – Jean-Yves CHAPERON

 

Pourquoi parler de ce livre dans une newsletter consacrée au jazz ? Peut être simplement à cause de son auteur, animateur d’une émission de jazz sur RTL, «  L’heure du Jazz » ( le dimanche de 23h à minuit).

Parce que forcément lorsque l’on vit dans le jazz, lorsque l’on écoute cette musique au point qu’elle vous imprègne absolument, forcément elle est un peu présente dans votre patrimoine culturel au point que ce que tout ce que vous écrivez s’en ressent un peu. Et même si ce n’est pas le propos du livre, le jazz est là, sous jacent, tapi quelque part et prêt à surgir au détour d’une ligne ou d’u chapitre. E qu’à la première ligne du livre on sait bien qu’à la fin le jazz émergera.

 

Cette saga commence de nos jours à partir d’une énigme : celle d’un tableau inconnu du peintre Joseph Gaignault sur lequel on trouve cette inscription «  Joseph Gaignault n’est pas peintre ».

Après cette brève introduction en forme d’énigme le récit bascule aussitôt en 1906 pour prendre la forme d’une véritable saga. On y croise des personnages connus. On suit le ténor italien Caruso dans le séisme de San Francisco ou dans cette session d’enregistrement mythique mais jamais révélée au public avec le célèbre basse Chialapine. On y croise aussi le boxeur noir américain Jack Johnson qui un jour, défia l’Amérique blanche en battant James J. Jeffries dans un des moments sublimes du livre où Chaperon donne vie sous nos yeux à ce magnifique combat au rythme incandescent. On aperçoit le chef d’orchestre jazz, Jim Europe un jour assassiné par son batteur devenu fou. On se bat dans les tranchées de la grande guerre dans une vision très célinienne de l’horreur de cette boucherie absurde. Le nom de Sydney Bechet apparaît furtivement ainsi que celui du pianiste Willie « the Lion » Smith. On y voit des danseurs américains et même des fanfarons noirs peinturlurés en noir dans les fameuses troupes des Ministrels. Il y a même Joséphine Baker, jeune danseuse de 15 ans qui pointe le bout de seins au hasard d’un chapitre.

 

On comprend donc que les références historiques abondent et que les personnages réels y côtoient des personnages de fiction. Ces personnages s’entrecroisent et leurs destins se mêlent dans une sorte de chassé croisé un peu déroutant qui renforce le caractère énigmatique du propos. Le rythme est présent et maintient le lecteur en constant éveil un peu à la manière de ces séries américaines où plusieurs histoires sont racontées dans le même épisode. C’est d’ailleurs peut être pour cette rythmique romanesque que le livre s’appelle «  Swing ». Ce qui, en contrepartie peut donner parfois le sentiment d’un grand zapping. Certes Jean Yves Chaperon prend le temps de s’attacher à la psychologie de ses personnages et de leur donner une certaine épaisseur. Mais c’est pour, l’instant d’après les abandonner et passer à un autre. Les références historiques abondent mais c’est un peu à la manière d’un documentaliste qui aurait d’abord cherché ses références et cherché par la suite le moyen des les relier entre elles.

 

Il n’empêche. Chaperon possède une réelle force narratrice et traverse avec brio une partie de ce début du XX° siècle, mêlant habilement les deux côtés de l’Atlantique reliés sous sa plume par la magie du jazz.

Jean-Marc Gelin

 

Collec. Anne Carrière  2006, 453p. 19,80 €

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5 novembre 2006 7 05 /11 /novembre /2006 23:27

JJJJ BeETWEEN A SMILE AND A TEAR

 

Un film de Niels Lan Doky

 

Parkfilm 2006

 

  

C’est en regardant très tardivement le film « Buena Vista Social Club » que le pianiste de jazz Niels Lan Doky prit conscience qu’il avait côtoyé dans sa carrière des figures tout aussi légendaires du jazz que peuvent l’être des Compay Segundo dans le domaine de la Salsa. Il réalisa aussi que certains de ces vétérans du jazz, figures emblématiques autant que charismatiques risquait de partir un jour sans que personne n’ait recueilli leur témoignage. Ces figures, ce jeune pianiste qui à 16 ans tenait déjà le piano du côté de Thad Jones, il les avait côtoyé durant quelques années au célébrissime club de jazz le Café Montmartre aujourd’hui fermé et tristement transformé en école de coiffure.

Il fallait donc faire un film autour de ces personnages et les réalisateurs pressentis étant indisponibles pendant la période d’été ( seule période où les locaux de l’école de coiffure pouvaient être disponibles) Niels Lan Doky décida qu’il s’y collerait lui-même et s’improviserait réalisateur en herbe.

Partant du principe de réunir les anciennes et les jeunes générations, Niels eu l’idée de réunir quelques uns de ces musiciens emblématiques à l’occasion d’un concert unique donné au Café Montmartre, ressuscité pour l’occasion un soir d’été. Se retrouvèrent alors à Copenhague l’harmoniciste belge Toots Thielemans (84 ans), le saxophoniste Jonhy Griffin  aussi surnommé Little Giant (79 ans), le batteur Al « Tootie » Heath (72 ans) et pour les générations suivantes : le violoniste français Didier Lockwood, le contrebassiste danois Mads Vinding, la jeune chanteuse Lisa Nilsson et enfin le pianiste Niels Lan Doky lui-même.

Le résultat est un film qui non seulement est extrêmement bien réalisé à la manière de ce qu’aurait pu faire un très bon professionnel avec une une photo remarquable et une construction particulièrement claire dans les enchaînements des plan- séquences, mais surtout ce film possède une réelle grâce et une force émotionnelle particulièrement touchante. Parce qu’il est lui-même musicien et qu’il fait parte de cette grande famille, NLD a pu malgré la présence des caméras, capter au plus près des échanges à la fois sincères et tendres. Avec beaucoup de pudeur et de retenue ces vieux musiciens parlent d’eux, évoquent des souvenirs, parlent de la musique avec les plus jeunes, s’amusent de manière mutine et se transportent ailleurs chaque fois qu’ils jouent de leur instrument. Ainsi Toots lorsqu’il explique le passage de majeur à mineur dans un moment d’où le film tire son titre, pourrait nous tirer des larmes. Johnny Griffin et Al Heath tout à la joie de leurs retrouvailles gouailleuses et mutines nous amusent tendrement. Ces musiciens légendaires apparaissent avec leurs faiblesses, aussi. Les problèmes de santé de Griffin ne sont pas gommés comme dans cette scène où la maladie l’oblige à interrompre les répétitions. Il a fallu beaucoup de persuasion de la part de NLD auprès de la femme de Little Giant pour la convaincre de laisser cette scène qui, selon lui montrait combien Griffin parvenait à trouver la force d’abattre des montagnes le jour du concert venu. Et cette visite sur la tombe de Ben Webster que lui rendent Griffin et Heath à l’âge où la mort devient pour eux, une réalité tangible est finalement un  moment d’extrême distance et de pudeur sensible. Dignement.

Ce film a été pour l’heure présenté en avant première au cinéma l’Archipel. Quelques copies seront prochainement disponibles dans plusieurs salles à Paris et en province. Une version DVD sera distribuée très prochainement.

Jean Marc Gelin

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