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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 11:17
TRIO KOSMOS   HUBERT DUPONT/ ANTOINE BERJEAUT/STEVE ARGÜELLES

TRIO KOSMOS

Hubert DUPONT(electric bass, fx)/ Steve ARGÜELLES (drums, fx)/ Antoine Berjeaut (tp, fx)

 

Ultrabolic


Enregistré en Ile-de-France, aux Musiques au Comptoir, le partenaire de longue date, situé à Fontenay-sous-Bois, ce trio Kosmos, toujours dans le cadre de sa structure Ultrabolic, est le dernier projet en leader du contrebassiste( ici à la basse électrique) Hubert Dupont, au demeurant sideman confirmé, multipliant rencontres et rythmes divers.

Une musique de forme rigoureuse qui nous propulse dans le cosmos avec un grand K pour planer, curieusement sans apesanteur, avec une gravitation bien perceptible. C’est que la rythmique intense groove formidablement, retrouvant même, par moment, les pulsations et rythmes africains aimés d’Hubert Dupont, sensible aux musiques du monde, aux voyages terrestres. Mais pourquoi ne pas tenter l’espace de l’infini, aidé en ce sens par les effets électro, plus étrangers qu’étranges, car on ne comprend pas bien comment cela fonctionne? On se laisse prendre, cela fonctionne, sonne irrésitiblement et conduit jusqu’à une transe doucement contrôlée. Enigmatique, la musique se déploie dans l’espace vibrant, en expansion, soutenu par les accents irrésistibles aux balais de Steve Argüelles, qui apporte sa patte. Le troisième élément de ce trio équidistant est la trompette aux accents davisiens certains, mais allant voir ailleurs, à l’aise. Souple, mobile, infatigable, son phrasé entêtant, combatif suggère en petites touches des impressions vivaces.

Passé la première impression volontiers hypnotique, qui engourdirait même dans un sentiment presqu’amniotique, on se rend compte que ce n’est pas qu’une question de techniques, les mélodies surgissent, presque toutes improvisées à trois dans diverses tonalités. Près de la mitan surgit ce titre paradoxal “Not jazz” d’Antoine Berjeaut, ou même le “Reckon” du leader pour se sentir à l’aise, en immersion ( titre d’un morceau au demeurant). “Not jazz” qui l’est plus pourtant ainsi que “Free Blue” fait retour à cette musique jusqu’aux accents bourdonnants du “BusyB” final.

Un travail soigné où les trois voix prennent leur place, se répartissent l’espace musical, se déploient dans ce paysage sidéral, ne se confondant jamais, s’agençant au contraire avec une lisibilité impeccable dans une “conceptual continuity” qui donne à l’album une cohérence forte.


 

Sophie Chambon


 


 

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