Enrico Pieranunzi (piano), Ralph Alessi (trompette, cornet, bugle), Donny McCaslin (saxophones ténor & soprano), Matt Penman (contrebasse)
New York, 9-10 avril 2013
Cam Jazz CAMJ 7894-2 ((Harmonia Mundi)
En publiant aujourd'hui cet enregistrement réalisé deux ans plus tôt, Enrico Pieranunzi confirme son tropisme new-yorkais, et son désir de se frotter à d'autres expériences. C'est cette fois un quartette sans batterie, et des partenaires très impliqués dans quelques-unes des aventures jazzistiques les plus exigeantes des deux dernières décennies (avec Fred Hersch, Uri Caine, Don Byron, Steve Coleman, Maria Schneider, Joshua Redman....). L'absence de batterie, et la liberté prévalente dans la conduite des thèmes (Line For Lee, Proximity, Five Plus Five ), rappellent certaines connivences de la galaxie Lennie Tristano-Warne Marsh-Lee Konitz ; ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'un des thèmes fait référence à Konitz, et à cette manière de concevoir des lignes libres et inventives sur de harmonies empruntées à des standards. Toute les compositions sont signées par le pianiste, et certaines portent indiscutablement une empreinte musicale européenne, et même italienne (Simul). L'ensemble laisse poindre une touche de mélancolie, et les solistes captent nos émois (Donny McCaslin, au soprano, Ralph Alessi, au bugle, dans Sundays). Pieranunzi parcourt l'album en majesté, avec cette façon d'être libre et rigoureux tout à la fois. Quant à Matt Penman, solide et expressif dans l'accompagnement, il brille par son lyrisme chaque fois qu'un solo lui en offre le loisir. Bref c'est une excellente cuvée pour le pianiste italien, très prolixe sur le plan phonographique, mais qu'une telle profusion ne prend jamais en défaut.
Xavier Prévost

