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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:30
FREDERIC BOREY : "Wink"

Fresh Sound New Talent 2015

www.freshsoundrecords.com

www.fredericborey.com

https://www.youtube.com/watch?v=DEDnsqOeWFQ

Le dernier opus en quintet du saxophoniste Fred Borey envoie un clin d’œil réconfortant vers le jazz « classique», le jazz de standards célèbres (George Gershwin, Cole Porter, Bill Evans...) qu’il s’amuse à revisiter avec finesse dans des arrangements talentueux. Comme une œillade tendre quand il reprend des ballades comme le « Bess, you is my woman now » sur un tempo ralenti qui sied tellement à ce thème qu’on en fermerait les yeux de plaisir.... pour vite les rouvrir et pourquoi pas ciller de bonheur sur le très énergique « You don’t know what love is » de Gene de Paul. C’est qu’il a le don de transformer ces mélodies que l’on croyait très bien connaître avec des harmonies actuelles, un phrasé sensible et sensuel, sophistiqué (Fred Borey a un des sons parmi les plus moelleux, mais aussi terriblement incisif quand il le faut). L’humeur au sens de «mood» est très différente selon les thèmes joués, ce qui renouvelle la sensation, vous prenant à revers : j’avoue ne pas toujours reconnaître le Gershwin de « My man’s gone now » ou encore « Our love is here to stay ». Quant au «Get out of town» de Cole Porter, là encore on est émerveillé des variations, on pourrait presque penser à Gershwin...autant dire qu’à un blindfold test, le résultat serait pitoyable! C’est la règle du jeu et une raison valable pour objecter à ceux qui refusent de reprendre des standards, que quand les mélodies sont aussi belles, cela vaut la peine de tenter la reprise....

Présentons l’équipe : une rythmique impeccable que connaît bien le leader (c’est celle de Lucky Dog, avec Yoni Zelnik à la contrebasse et Fred Pasqua à la batterie), un pianiste subtil, découverte fort heureuse Léonardo Montana sur le Cole Porter justement ; quant au guitariste Michael Felderbaum, il n’est pas pour rien dans la réussite de cet album, intervenant délicates autant que décisives.

Quel plaisir de retrouver ces compositions sous une forme aussi élégante. Une belle réussite, vraiment !

Sophie Chambon

NB : Je m’y retrouve enfin -il est bon de ne pas perdre totalement la face, sur « I hear music» et « Boplicity» J

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 18:17
Jazz Ballads

Label Cristal Records/ Distribution Harmonia Mundi

Sortie le 13 novembre 2015

www.cristalrecords.com

Cette nouvelle collection du label cristal records présente après Jazzin’The Blues et Africa Jazz un troisième numéro consacré aux ballades, forme musicale où le jazz a toujours excellé.

Sur le premier CD, quatorze pièces tout à fait uniques, choisies par Claude Carrière, célèbrent cette thématique dans des versions chantées qui ont immortalisé le composition que ce soit « The man I love » ( Ella Fitzgerald), « My Funny Valentine » ( Chet Baker) , « Solitude » ( Billie Holiday ), « April in Paris » ( Sarah Vaughan )....Un régal qui éveillera la nostalgie. La séduction est immédiate.

Le second CD, choisi par Fred Migeon s’attache à des compositions qui, sur le même thème, proviennent du catalogue Cristal. Cette fois point de chansons mais des ballades somptueuses, lentes et mélodieuses comme le « Love Theme » de Spartacus par le trio de David Reinhardt, « The Seagulls of Christiansund » de Mal Waldron dans la version du duo Sophia Domancich et Simon Goubert, le « Psaume 22 » de Gilles Naturel où s’illustre le ténor Lenny Popkin ; mention particulière pour l’album Ligne Sud trio du pianiste Christian Gaubert sorti en 2013 et bien sûr le délicieux Zooloup qui réunissait en 2003 les trop rares Denis Leloup (tb) et Zool Fleischer (p) dans un programme tendre et fort, très câlin aussi, comme sur ce « Brazil Hero » le fender double le piano.

Une excellente idée que cette compil originale, à prix doux, pour découvrir ou redécouvrir le tout sous une forme simple et chic. Une collection qui devrait vite s’avérer indispensable. Pensez-y pour Noël, partager avec vos proches l’amour de la musique...belle résistance.

Sophie Chambon

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 11:36
KORNAZOV/ CODJIA / TAMISIER : » Le gris du vent »

Gueorgui Kornazov (tb), Manu Codjia (g), Geoffroy Tamisier (tp)

www.kornazov.com

kornazov@free.fr

Voilà une absolue splendeur, une merveille qui a atterrit un peu par hasard dans ma boîte aux lettres. Une pochette pas très glamour où posent trois copains de longue date qui jouent depuis fort longtemps ensemble. Gueorgi faisait avec Geoffroy ses classes au CNSM en 1998. Puis Gueorgui et Manu ont longtemps côtoyé les pupitres d’Henri Texier.

Tous les trois fêtent ici deux décennies de musique ensemble. C’est dire s’ils se connaissent au plus proche de l’intime , au plus serré de ce lien que la musique crée indéfectiblement entre eux trois.

Deux vents ( trombone et trompette) et six cordes pour une musique à l’intense subtilité.

Musique faite d’espaces harmoniques épurés. Musique d’une légèreté qui n’a d’égal que le vent doux. Chacun y joue un rôle d’une extrême délicatesse, tout en réponse, tout en partage.

Chacun apporte les multiples nuances de son instrument pour en faire un tableau aux milles couleurs pastel. Les rôles s’échangent, l’un passant devant l’autre quand l’autre s’efface progressivement. Kornazox semble constamment réinventer son instrument pour en livrer 10.000 facettes du growl au glissndos, en parfaite cohérence.

On pourrait y entendre l’amour de Kornazoz à Kenny Wheeler ou y repérer des harmonies Raveliennes ou Debussiennes. On pourrait aussi entendre le vent et son murmure.

Véritable enchantement d’un bout à l’autre, « Le gris du vent » nous souffle à l’oreille une histoire riche et magnifiquement agencée.
Comme un conte poétique qui nous emporte et nous enchante.

Une merveille.

Jean-Marc Gelin

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 08:20
PACO ET LE ROCK ; PACO ET LE JAZZ
PACO ET LE ROCK ; PACO ET LE JAZZ

Par Magali Le Huche

Gallimard Jeunesse Musique

13,50 euros

2 petits livres sonores pour les enfants qui leur permettront de se familiariser avec le rock et le jazz au travers de tous les instruments.

Des dessins sympas comme tout où Paco arpente les rues de la Nouvelle Orléans et se retrouve à Londres avec sa bande de potes un peu rockabilly.

Des touches à appuyer pour découvrir un riff de guitare électrique, un solo de basse ou la voix d'Ella Fitzgerald.

Une idée sympa à mettre dans la hotte du père noël avant de passer aux choses sérieuses

( mais là, c’est une autre histoire)

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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 18:14
FRANCO D'ANDREA « Three Concerts. Live at The Auditorium Parco della Musica »

CD 1 : Franco D'Andrea (piano), Dave Douglas (trompette), Han Bennink (caisse claire)

CD 2 : Franco D'Andrea Sextet avec F. D'Andrea (piano), Andrea Ayassot (saxophones alto & soprano), Daniele D'Agaro (clarinette), Mauro Ottolini (trombone), Aldo Mella (contrebasse), Zeno De Rossi (batterie)

CD 3 : Franco D'Andrea (piano solo)

Trois CD enregistrés en concert à Rome, Auditorium Parco della Musica : CD 1, 24 mars 2014 ; CD 2, 28janvier 2014 ; CD 3, 23 mai 2014

Parco della Musica Records MPR 071 CD / Egea ( www.egeamusic.com )

Plaisir renouvelé que de découvrir une nouvelle parution de ce musicien italien, pianiste majeur (ce n'est pas un hasard si Martial Solal, qui avait d'ailleurs donné un concert à trois pianos en sa compagnie, l'a convié à trois reprises au jury de son Concours international de piano jazz). Franco D'Andrea n'est peut-être par reconnu dans notre pays à sa juste valeur, mais chaque disque constitue l'occasion de rappeler son importance pianistique et musicale.

Le premier volume est un trio hors norme : piano, trompette et batterie (réduite à une simple caisse claire) . Le répertoire est des plus éclectiques : Lennie Tristano (Turkish Mambo) ; des standards (Goodbye, Undecided, Tiger Rag, Caravan) revus et corrigés -parfois sévèrement ; et des compositions du pianiste, et du batteur, le tout émaillé d'improvisations ouvertes des trois compères. Tout cela respire une absolue liberté, toujours à l'horizon d'une intelligence musicale aiguë, que l'on soit dans la conscience de l'instant, ou dans l'inconscient qui s'exprimerait par des incartades et des emportements.

Le deuxième CD, en sextette, fait la part belle à la musique de Thelonious Monk, dont les thèmes (Coming on the Hudson, Bright Mississippi, Monk's Mood, Epistrophy, Blue Monk) sont reliés par des intermèdes improvisés ou composés qui les magnifient. En écoutant Coming the Hudson, je ne peux m'empêcher de penser à la version conçue par André Hodeir, après plusieurs moutures antérieures, pour Martial Solal (« Solal et son orchestre jouent Hodeir », Carlyne, 1984). André Hodeir et Franco D'Andrea ont en commun l'exigence musicale, laquelle s'exprime chez le premier par un sérieux mâtiné d'un subtil humour ; et chez le second par un esprit libertaire des plus décapants. Et pourtant la musique de Monk est bien là. Tout au long de ce volume en sextette, Franco D'Andrea demeure constamment dans l'esprit du compositeur-pianiste, par l'arrangement comme dans les parties de piano, où il ne cède nullement au syndrome d'imitation, tout en respectant la pulsation claudicante qui fait le prix de cette musique ; et les solistes du sextette ne dérogent pas à cette libre fidélité. Surgissent ici ou là des citations furtives d'autres thèmes (Well You Needn't....), et Monk n'est jamais loin !

Le troisième disque, en solo, persévère un peu dans l'amour de Monk, musicien de chevet de Franco D'Andrea (son précédent disque « Monk and the Time Machine », paru en 2014, lui était déjà consacré, ainsi que quelques plages plus anciennes). Ici, rien qu'un Round Midnight d'anthologie, chaloupé tango, et tuilé avec Turkish Mambo de Tristano. Et toujours ce mélange de standards du jazz moderne (Naïma, Like Sonny) et de standards du passé (Gershwin, Jelly Roll Morton....), enchâssés dans des compositions de Franco D'Andrea. Un (très) grand Musicien, du (très) grand piano : on se précipite !

Xavier Prévost

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 17:04
ENRICO PIERANUNZI « Tales From The Unexpected »

Enrico Pieranunzi (piano), Jasper Somsen (contrebasse), André Ceccarelli (batterie)

Gütersloh, 29 août 2015

Intuition INTCHR 71315 / Socadisc

Enregistré tout récemment en Westphalie, le disque est sous-titré « Live at Theater Gütersloh ». C'est un théâtre où la WDR, la radio publique de Cologne, capte des concerts et organise aussi un festival. En collaboration avec la revue allemande Jazz thing, la WDR et la ville de Gütersloh ont conçu la série « European Jazz Legends » ; ces concerts radiodiffusés sont aussi publiés sur CD (celui-ci est le troisème de la série, après des volumes consacrés à Dieter Glawischnig et Jasper Van't Hof). C'est ce qui nous vaut le plaisir d'écouter à nouveau le pianiste en trio, après un précédent disque enregistré en 2011, et publié en 2014 (« Stories », Cam Jazz, avec Scott Colley & Antonio Sanchez). Cette fois Pieranunzi est en compagnie d'un rytmique européenne, en l'occurrence le bassiste néerlandais Jasper Somsen et le batteur niçois André Ceccarelli (batteur niçois car le pianiste, dans l'entretien radiophonique qui constitue la dernière plage du CD, insiste avec humour sur le fait que Nice fut italienne -ou plutôt piémontaise). Pour profiter sans doute de la magie du concert enregistré sur le vif, le trio s'offre en cours de route 4 improvisations (baptisées Improtale, et indexées de 1 à 4). Ces contes improvisés sont plutôt idiomatiques (je veux dire près de l'idiome du jazz moderne et contemporain), ce qui ne les prive nullement de leur liberté, ni de la richesse interactive des échanges. Des compositions anciennes (Fellini's Waltz, The Surprise Answer) ou plus récentes (Anne Blomster Sang, qui figurait sur le disque « Double Circle », avec Federico Casagrande, publié cette année), mais aussi des nouveaux thèmes, comme celui qui donne son titre à l'album. Quel que soit le matériau musical requis, on est à la fois dans le chant, dans l'interaction puissante entre les deux mains du pianiste.... et entre les trois partenaires. Le son du piano est clair, articulé, tout en participant de la sonorité collective du trio. Dans l'entretien conclusif, Pieranunzi insiste sur l'exigence formelle, et narrative, de l'improvisation et du jazz. Et ce disque paraît obéir à ce beau souci : cheminer librement, dans un espace qui se construirait entre son et sens.

Xavier Prévost

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 18:24
Theo Ceccaldi Petite Moutarde

ONJAZZ records

www.onjazz.org www.tricollectif.fr

https://www.youtube.com/watch?v=jSW0mjScJ-I

Théo Ceccaldi (ONJ Benoît) a sorti avec un petit orchestre de chambre, un quartet inspiré, ce délicieux album dont les titres répondent tous à un nom de condiment : Petite moutarde sans vous monter au nez, échauffera vos sens et ravira votre esprit. Né d’une résidence à l’Atelier du Plateau, ce projet du violoniste-compositeur bénéficie du soutien ardent du batteur Florian Satche (Tri Collectif, Marcel et Solange), d’Alexandra Grimal aux divers saxophones et à la voix, et d’Ivan Gélugne (quartet d’Emile Parisien) à la contrebasse. Sans aucun doute cette musique apparaît en concert comme l’exacte BO d’un vrai film projeté sur l’écran, mais chez vous, avec le seul Cd, le mérite de cette musique est de vous rendre compositeur d’un film imaginaire à partir des scènes les plus folles, les plus délirantes, toujours oniriques en diable. Et l’on comprend mieux en apprenant que l’inspiration vient d’un film de René Clair sorti en 1924, Entracte, muet et dadaïste, hommage aux arts du cirque, aux films burlesques, dont la partition fut écrite par Eric Satie. Le scénario part d’un rêve d’enfant, incluant des scènes surréalistes comme la folle poursuite d’un corbillard, une danseuse barbue en contreplongée, un œuf soulevé par un jet d’eau, des ballons à tête de personnage, des allumettes animées. Initialement prévu pour être projeté pendant l’entracte d’un ballet de Francis Picabia et Jean Börlin, c’est la première intervention du cinéma dans une représentation de danse et donc une fusion d’un art total. Transposée aujourd’hui, c’est l’imagination au pouvoir servie par la puissance et l’énergie d’un quartet de choc, plus encore que de charme, qui vous bouscule un peu, beaucoup, tout au long de ces 8 petites pièces. Pas si petites quant à la durée mais petites par le titre qui commence toujours par ce qualificatif qui finalement sied à notre pays : « un p’tit ciné, un p’tit restau, un p’tit weekend », sans l’acrimonie du romancier Nicolas Fargues dont le livre Au pays du P’tit (qu’il faut peut être lire entre les lignes) dresse un portrait de nous, les petits Français. Fantaisie des lignes mélodiques, timbres et couleurs indissociablement mêlés, ruptures de rythmes, du rock à la King Crimson, un groove réel, des improvisations échevelées, la musique est servie dans l’écrin de cette formation épatante : ils sont tous formidables de Satche qui bat comme il respire (écoutez « Petit poivre de Sichuan »), roule, claque, cavalcade, de l’impeccable Grimal aux sons doux et filés ou stridents et emportés –c’est comme vous voulez (« Petit raifort », « petit wasabi »), de Ceccaldi qui vous fait vibrer tout le temps au son de son archet extravagant. Sans oublier le clopin-clopant de Gelugne, le rythme qu’il implique aux élucubrations et autres vociférations sur « Petit chipotl »...

Qualité de l’écriture indéniable, intelligence musicale qui combine styles, formes et sens, brûlante interprétation, humour avec un rien de provocation, voilà des épices qui servent à améliorer drôlement notre ragoût quotidien.

A écouter et surtout à voir sur scène... impérativement. Un spectacle vivant et emporté, fébrile et dynamisant, d’autant plus recommandé en ce moment !

Sophie Chambon

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 16:14

De Camille Saint Saëns

PAR

L’AMAZING KEYSTONE BIG BAND

Une histoire de Taï-Marc Le Tanh illustrée par Rose Poupelain

Et racontée par Edouard Baer

http://www.keystonebigband.com/

Après avoir mis en musique Pierre et le Loup primé l’an dernier par l’Académie du jazz, le formidable Amazing Keystone Big Band s’attaque à l’œuvre de Camille Saint Saëns pour le bonheur de nos chères petites têtes bloandes et aussi ( voire surtout) de leurs parents.

On ne saurait dire mieux que le texte du livret : « l’hémione fait du bebop, les poules et le coq sont funky, les lapins sont plutôt groovy, les oiseaux dansent une samba et les fossiles un lindy hop ». C’est un peu Lalo Schiffrin, Thad Jones et Henri Mancini qui se jouent de Saint Saëns en toute confraternité. Chaque soliste y est remarquable et donne le sentiment de jouer au milieu d’un groupe qui a la banane. Et c’est sacrément communicatif.

Ce carnaval des animaux bouillonnant, survitaminé et hyper inventif, est aussi tr !s sensible et tendre.

Le texte, drôle, est lu par un Edouard Baer qui, dans le rôle du grand méchant ne parvient pas à être vraiment à faire peur.

A côté de l’édition musicale, le livre-CD aux illustrations magnifiques et naïves de Rose Poupelain et un véritable enchantement.

Ici on aime, on adore même. Je me passe la musique en boucle et mon fils en redemande encore, le sourire au coin des lèvres. Il oublie un peu les méchants loups dont il entend parler et ne retient que celui-ci, tendre et jazzy à fond. Ça lui donne une sacrée pêche. Et à moi aussi.

Jean-Marc Gelin

LE CARNAVAL DES ANIMAUX

Ici on aime, on adore même. Je me passe la musique en boucle et mon fils en redemande encore, le sourire au coin des lèvres. Il oublie un peu les méchants loups dont il entend parler et ne retient que celui-ci, tendre et jazzy à fond. Ça lui donne une sacrée pêche. Et à moi aussi.

Jean-Marc Gelin

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 16:06

"Nous, professionnels, artistes, auteurs, syndicats, fédérations et réseaux, organismes de soutien et de ressources, sociétés civiles du monde de la musique et du spectacle vivant, aujourd'hui encore blessés et consternés par l'horreur, sommes debout et déterminés, en mémoire de toutes les victimes et solidaires de toutes les personnes dans leurs pratiques culturelles.

Ces événements tragiques nous rappellent que la liberté, de création, d'expression est fragile. Parce que les spectacles nous font vivre et vibrer ensemble, parce qu'ils incarnent des valeurs d'ouverture et de tolérance, ils sont des cibles mais peuvent également être des remparts à l'obscurantisme et au fanatisme.

Nous continuerons à exercer nos métiers dans les meilleures conditions de sécurité possibles. Nous avons besoin les uns des autres pour partager des moments, des idées et des émotions, dans les salles et dans les festivals comme aux terrasses des cafés ou dans les stades.

Créer, jouer, produire, diffuser la musique et les spectacles, encourager les rencontres : c'est cela que nous défendrons, sans haine et sans crainte.
Les SPECTACLES sont VIVANTS !"

ACT IF, ADAMI, AGI-SON, AJC, APRÈSMAI, ASTP, AVANT-MARDI, BUREAU EXPORT, CD1D, CFTC, CNV, CULTURE BAR-BARS, CSCAD, CSDEM, LE FAIR, FAMDT, FCM, FEDELIMA, FÉDÉRATION DE CONCERT !, LA FELIN, FÉRAROCK, FNEIJMA, FRACA - MA, HORSLESMURS, LA GAM, Le GRADA, Le GRAL, GRANDS FORMATS, IRMA, OPALE, LE PATCH, POLCA, LE PÔLE, PRMA, PRODISS, LE RAMA, LE RIF, RAOUL, RCA , REZO-PARLEUR, SACD, SACEM, SAMUP - FÉDÉRATION SAMUP, SCPP, SFA, SMA, SNAC, SNACOPVA CFE-CGC, SNAM CGT, CGT SPECTACLE (FNSAC CGT), SNDTP, SNEA-UNSA, SNEP, SNES, SNLA-FO, SNSP, SPEDIDAM, SPPF, SYNAVI, TECHNOPOL - TECHNOPARADE, THEMAA, TREMA, UFISC, UPFI, UMJ, ZONE FRANCHE

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 18:03
BENOÎT DELBECQ 3 « Ink »

Benoît Delbecq (piano), Miles Perkin (contrebasse), Emile Biayenda (batterie, percussion)

Meudon, 2-3 juillet 2014

Clean Feed CF 340 CD / Orkhêstra

Le précédent CD en trio de Benoît Delbecq (« The Sixth Jump », Songlines, publié en 2010), était en compagnie de Jean-Jacques Avenel. Jean-Jacques nous a quittés en août 2014 et, au moment où ce disque s'enregistrait au studio de Meudon, il était au plus mal, et depuis quelque temps déjà, malgré les rémissions, le courage de rejouer qu'il avait manifesté au fil des ans. Le premier titre de l'album, Le Ruisseau, lui est dédié. Et d'une certaine manière il lui ressemble : Jean-Jacques se serait senti à l'aise dans les « boucles étranges » qui conduisent cette composition. Le contrebassiste Miles Perkin, Canadien de Berlin, est à sa place dans ce trio renaissant : force de la pulsation, sonorité ample, liberté d'accent et de commentaire.... Quand au batteur Emile Biayenda, à la polyrythmie profuse et inattendue, il coïncide exactement avec l'univers de Benoît Delbecq, qui ambitionne, légitimement, de réinventer chaque fois la musique. Comme toujours Benoît mêle sur son piano des sons inouïs (issus d'une préparation méticuleuse, avec toute sorte de petits objets glissés dans les cordes pour faire naître des sonorités venues de l'étrange) et le son clair de l'instrument (quels pianos que ceux de Meudon !), travaillé avec la vraie virtuosité, celle du timbre. Dans les lignes de pochette, Fred Hersch écrit ceci : « Sa musique est en apparence un recueil de contradictions : structure / liberté d'improvisation ; jazz / non jazz ; composition à structure mathématique / musique avec un profond feeling ». Plus que de contradictions je serais tenté de parler de tension permanente. La phrase, dans sa progression par intervalles distendus et inattendus ; le rythme, dans son cheminement de labeur et d'évidence tout à la fois ; la structure, qui se dévoile pour mieux se dissimuler l'instant d'après : tout ici paraît suivre les voies du désir qui se déplace à mesure qu'il naît, de la tension sans résolution : la résolution viendra peut-être, mais elle sera différée, comme le mouvement perpétuel d'une « machine désirante », d'une progression organique qui serait indissociable d'une sorte de pensée incarnée. Si l'on était dans l'univers des arts plastiques, où le discours d'escorte prend souvent le pas sur la réalité de l'objet, on parlerait d'une forme de matérialisme abstrait. Mais ici, pas besoin de discours d'accompagnement, le musique parle d'elle-même, la pensée est dans la vibration même du son....

Xavier Prévost

Présentation du CD par Benoît Delbecq

https://vimeo.com/139599481

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