One Heure Onze 2011
Antonin Hoang (as), Ben Wendel (ts), Laurent Coq (p), Tigran Hamsyan (p), Michel Valeanu (g), Matteo Bortone (cb), Simon Tailleu (cb), Guilhem Flouzat (dm)
Dans ce premier album signé par le jeune batteur exilé depuis 2009 à New-York on sent immédiatement la marque de ces batteurs-compositeurs dont Guilhem Flouzat revendique d'ailleurs les influences : celles notamment de Brian Blade et de John Hollenbeck.C'est avec l'appui du "grand frère", autre ex-exilè, Laurent Coq, ici maître dans la direction artistique du projet que Guilhem Flouzat, pour son premier album livre ses propres compositions. Et l'on est frappé par la très grande qualité de l'écriture à laquelle le jeune batteur a visiblement porté un soin extrême. 2 saxs ici pour jouer des tramages subtils (comme Laurent Coq les affectionne) avec un superbe Ben Wendel au ténor et le jeune et remarquable Antonin Hoang, tout jeune alto et déjà pilier notable de l'ONJ de Daniel Yninek. L'entente entre ces deux saxophonistes est frappante dans la complémentarité de deux styles, dans deux sons assumés de manière radicalement différente mais aussi dans une science exacte de partage de l'espace. Et l'on entend distinctement ici un jazz très trendy d'Outre Atlantique, où il est avant tout question d'élégances harmoniques. On pense à d'autres écoles des clubs New-yorkais ou Berlinois (même combat) : celle de Rosenwinkell ou encore celle de Fly. C'est léger et très fin (ça pète aussi dans la soie un petit peu). Tigran Hamasyan vient rajouter sur 2 titres toute la percussivitè de son jeu et ses propres tropismes un peu plus éloignés de Manhattan.
Au final, sur ces superbes compositions, l'osmose opère dans un esprit très peaceful, dans une sorte de communion des musiciens. Très zen en somme. Et l'on retiendra l'émergence d'un jeune musicien dont il va falloir retenir le nom. Son coup d'essai est en effet un coup de maître.
Jean-marc Gelin







