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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 09:39

Alefa 2006

 Comme c’est le cas bien souvent,  c’est par le bouche à oreille et notamment sur les conseils de notre excellent confrère Jacques Chesnel ( l'excellent site Culture jazz   http://culturejazz2.free.fr) que nous avons découvert cette jeune saxophoniste pour le moment relativement inconnue au bataillon mais qui, gageons le, ne tardera pas à faire parler d’elle. Elle n’a d’ailleurs pas manqué paraît-il d’enflammer récemment le public lors de sa prestation en juin de cette année au festival Jazz à Vienne. Son premier et, pour autant qu’on le sache, seul album date de 2006 soit un an avant qu’elle ne décroche le 3ème prix du Tremplin de la Défense. Passé au travers des radars cet album donne pourtant à découvrir une jeune saxophoniste bourrée de talent, d’énergie et surtout d’une immense envie de jouer. Généreuse assurément, Céline Bonacina ne se ménage pas et passe sans complexe d’un extrême à l’autre, du baryton au soprano dans le même élan. Portée par une furieuse envie de jouer et de s’amuser sur le swing et le groove, elle emporte une fois n’est pas coutume, toute la rythmique derrière elle avec une belle assurance. Si la musique semble parfois assez formatée « post-fusion », elle y démontre néanmoins un phrasé totalement libéré et aérien à la fois. Toute en grâce Celine Bonacina survole toutes les difficultés harmoniques et rythmiques avec une façon de jouer qui la porte à l’exaltation heureuse. Ca fonctionne remarquablement. Danseuse de l’instrument, légère,fuyante et assurément un brin espiègle. Une belle bouffée d’air frais. Jean-Marc Gelin

 

Myspace de Céline Bonacina

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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 08:25


ECM Jazz 2009

Louis Sclavis (cl, ss), Mathieu Metzger (ss, as), Maxime Delpierre (g), Olivier Lété (b), François Merville (dm)

 Le dernier album de Louis Sclavis est assez surprenant. Il ne manquera pas en tout cas, d’étonner ceux qui suivent de près son travail et qui n’avaient pas manqué de saluer comme il se doit le précédent album, « L’imparfait des langues ». Car il y a dans ce nouvel opus un travail beaucoup plus épuré qu’à l’accoutumée. Sclavis y semble en effet beaucoup plus apaisé, moins nerveux. Ce qui doit se comprendre dans la thématique de cet album autour de l’Odyssée d’Homère. Il y est en effet question, comme le dit Sclavis lui-même, de se perdre et de s’égarer. Comme il nous le disait en interview, il y a deux façons de se perdre : perdre sa route et se perdre soi-même. D’où un sentiment qui prédomine à l’écoute du disque, de flottement et de no man’s land. Avec cette formation de jeunes musiciens qui l’accompagne depuis quelques temps il parvient ainsi à créer un climat qui évoque à la fois l’absence et l’ancrage dans les racines très terriennes où vient se greffer la notion de rites païens en référence aux chants antiques ( Bain d’or) . Dans Lost on the way, l’attaque sauvage des tambours évoque ainsi des scènes tribales résonnant au loin, alors que le jeu de Sclavis nous ramène à une plainte inquiète et à l’angoisse de la solitude lointaine. C’est une épopée qui nous est racontée avec ses moments de doutes, ses phases de calme qui précèdent la tempête sauvage, le paroxysme des éléments déchaînés, l’absence d’Ulysse et surtout la prédominance du voyage. Avec une très grande expressivité, Sclavis convoque dans sa musique les notion de temps qui s’écoule lentement et d’espace, l’horizon proche et lointain.

Pas de claviers ici mais un personnel en partie renouvelé. Mathieu Metzger (que l’on entend aussi dans le formidable album de Ducret – cf. ci-dessus) vient avec talent remplacer Marc Baron et Olivier Lété prend la contrebasse. François Merville (associé depuis des années à Sclavis) et Maxime Delpierre (dont la collaboration est plus récente), poursuivent leur collaboration avec Louis Sclavis, pièces essentielles de son nouveau dispositif où il est question de créer une pâte sonore, une couleur qui n’est pas sans rappeler à certains égards le magnifique travail que le guitariste avait signé il  y a quelques années avec Limousine.

Louis Sclavis laisse beaucoup de place au jeu et aux sons que les musiciens trament en contrepoints et en écheveau subtils ( la patiente pénélope devient muse dans les Bruits à tisser) et dans l’écoute collective de la musique et du silence à l’image de ce Abord Ulysse’s boat où l’on comprend tout le soin porté à fabriquer le son et à créer un climat parfois inquiétant. Dans cet exercice-là, Sclavis effectivement s’expose moins laisse beaucoup plus de place à Metzger qu’il ne le faisait avec baron. Il nous emmène finalement vers une tragédie à l’antique dans un double corps à corps, celui d’Ulysse avec les éléments mais aussi peut-être celui de Sclavis avec lui-même. Jean-marc Gelin

 
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3 juillet 2009 5 03 /07 /juillet /2009 07:33

Laborie Jazz 2009

Emile Parisien, Ivan Gelugne, Sylvain Darrifourcq

 


C’est bien au-delà de la simple notion de quartet. Il y a d’ailleurs quelque chose de presque incongru à parler du nouvel album de « Emile Parisien » tant la dimension collective y est fondamentale. Emile Parisien, jeune prodige du saxophone soprano, élève et témoin s’il en est de la grande réussite de l’école de Marciac, n’est pas ici dans la démarche d’un disque de mise en valeur de lui même. Il en est même aux antipodes. Car ce dont il est question ici c’est surtout de la construction collective de la musique. Porter le propos musical ensemble un peu à la manière d’une troupe de théâtre qui aurait écrit, mis en scène et interprété ensemble. Dans cet album où les compositions sont des œuvres collectives à l’exception de la sublime reprise inspirée de Malher, il y a une intelligence partagée de ce qu’ils disent. Une compréhension parfaite de leur texte musical. Dans une expressivité très forte, convoquant des sentiments extrêmes, de l’humour à l’angoisse, au suspens, à l’attente, ces quatre-là partagent les mêmes intensités au même moment. C’est pourquoi la musique qu’ils jouent se situe à des années lumières des traditionnels quartets enchaînant les chorus. Le propos ici est de créer de l’émotion et de faire passer l’auditeur par une palette de sentiments forts. Sanchator De profundis crée ainsi une lente progression qui culmine et redescend ensuite vers des limbes plus apaisés. Dans Darwin à la Montagne, au-delà des effets de collage, on ne peut s’empêcher de penser parfois à Mingus. Après la gravité de Sanchator, le quartet joue de l’humour, de l’espièglerie un peu et surtout de l’inattendu. Des surprises musicales peuvent ainsi surgir, de la petite interjection aux grondements furieux. Dans le Requiem Titanium se crée une incroyable mise en tension par l’ostinato sur deux notes de piano sur lequel se déroule le propos et par le martèlement de la batterie. Tout s’organise ensuite autour des méandres de Emile Parisien absolument génial au soprano semblant alors tel un électron libre et puissant, s’échapper librement de cet univers oppressant. Sur la pièce tirée de  Wagner (Le bel à l’agonie), le quartet crée une remarquable version ténébreuse. Plus ténébreuse que Wagner lui-même. Une sorte d’exploration du grave profond, du magma rugissant mais aussi création d’un flottement organisé dans cet univers de purgatoire.

De bout en bout nous restons en éveil. Car en emmenant la musique sur un autre terrain, ce quartet se montre audacieux et créateur, puisant en parfaite cohérence dans tout leur patrimoine musical. Que celui-ci vienne du quartet de Coltrane, de Zappa ou encore du classique c’est dans un syncrétisme original qui leur appartient réellement qu’ils développent leur propre univers. Emile Parisien dont on suit depuis quelques années l’évolution remarquable s’inscrit avec ce quartet dans la démarche des plus grands qui au-delà de sa seule technique de jeu sait s’entourer de superbes musiciens qui jouent ave  talent une musique forte et radicalement inclassable. A découvrir d’urgence. Jean-Marc Gelin

 

 

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 00:33

Dans le petit monde du jazz dans lequel nous évoluons, l’univers peut nous sembler étroit et parfois confiné. Un peu étouffant. Dans ce microcosme dont on fait assez rapidement le tour, tout le monde se connaît et se reconnaît, à l’entrée des clubs de jazz et dans les « milieux autorisés ». Comme dans toutes familles nous avons nos guerres de clans, genre de guerre des boutons qui ne dure jamais bien longtemps. C’est drôle de voir les tranchées sans merci entre les « pro » et les « anti » qui d’un mois sur l’autre basculent dans le camps d’en face et fraternisent avec les ennemis d’hier au gré d’un concert ou du dernier disque entendu et autour duquel on se retrouve en se tapant sur le ventre. Nous avons nos codes, nos écoles et évidemment le soleil brille bien plus fort chez nous qu’en face. On a nos « Monseigneur Lefebvre », nos partisans de la musique en latin, nos figues aigres et nos raisins moisis. Cela n’a guère changé avec le temps et les « clochers » sont assurément bien gardés. Les partisans du jazz comme-ci ne se mêlent que rarement aux partisans du jazz comme ça et l'on voudrait nous faire croire à la suprématie des journaux de jazz « web » sur les journaux de jazz « papiers » lançant ainsi de faux débats sous l’oeil amusé ou consterné d’un public qui s’en bat les oreilles comme de son premier album de jazz. 

 

Et c’est en partant de ce constat que certains en ont tiré la conclusion que le monde du jazz est un monde qui ne peut se contenter de cet espace clos et par trop fragmenté en chapelle. Il est urgent de se retrouver, de regrouper nos forces, de fusionner en quelque sorte. Car c’est à se diviser que l’on s’étiole. Or le jazz a besoin d’ouverture, de révolution et même de s’alimenter constamment de fausses notes. C’est ce qui lui donne vie.

Et par chance, l’ouverture nous allons la retrouver, l’été venu avec tous ces festivals, sortant ainsi de l’univers des réseaux de tel ou tel club pour aller à la rencontre d’un public pas toujours érudit mais toujours composé d’auditeurs formidablement généreux et curieux.

La révolution, nous la connaîtrons plus tard. A la rentrée. Des signaux de changement. Des signes de l’existence d’un monde en mouvement. D’une remise en cause perpétuelle de ses certitudes et de ses formats. Remise en cause sans laquelle tout risquerait de décrépir avant de tout simplement périr. Ces minis- révolutions sont une saine obligation qui nous est faite à tous, journalistes, musiciens, publics. Car le jazz ne cesse de tirer sa vie et sa formidable vigueur de ses petites morts domptées et toujours surmontées.

Des grincheux crieront alors aux fausses notes. Des puristes se lèveront, vilipenderont, quitteront la scène en criant au scandale ou bien jubileront bêtement dans leur coin. Ils en oublieront que le jazz c’est aussi l’art de composer avec la fausse note. L’essentiel en jazz c’est que cette fausse note soit toujours voulue et toujours bien placée. C’est là tout l’enjeu.


Jean-Marc Gelin
Redacteur en chef 

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:54

Gitanes jazz (réed) 2009

Marc Richard (cl), Göran Ericksson (as), Philippe Baudouin (p), Patrick Diaz (bjo), Gérard Gervois (tuba), Patrick Artero (tp), Claude Gousset (tb), Daniel Huck (vc), Daniel Barda (tb), Bernanrd Laye (dm), André Villeger (as) etc….

 

Chers Jeunes musiciens,

Jeunes musiciens, vous qui vous produisez dans les tremplins de jazz et autres scènes où l‘on est censé découvrir de jeunes talents tout frais émoulus de quelque école « conservatoriale », où l’on apprend tout bien comme il faut, cette musique est pour vous. Elle est même OBLIGATOIRE  dans votre cursus. Car, jeunes musiciens qui jouez tous «  monstrueux » comme on dit à l’âge où l’on en a pas fini avec ses boutons d’acné et son verre de lait au petit-déjeuner, cher jeunes musiciens qui par malheur n’aurez même pas le plaisir éphémère et furtif de devenir jamais des éjaculateurs précoces puisque de toute façon, on vous a surtout appris à ne pas bander du tout, chers jeunes musiciens, cette musique est pour vous. Et ce sera là votre premier acte de rébellion contre tous les bien-pensants, ceux qui croient que le jazz est trop sérieux et qu’il vaut mieux aller tripoter Robert Wyatt ou Led Zep dans le sens du poil plutôt que de faire de musique qui vous ferait marrer un grand coup.

Si vous devez apprendre à faire du jazz, entendez par là «  jass » dans le sens tirer un bon coup, et prendre un pied énorme, alors allez écouter cette réédition de l’Anachronic Jazz Band. C’était l’époque où il y avait des gars comme Alain Guerini, fondateur du CIM qui aimaient tellement le jazz qu’ils ne faisaient aucune distinction entre New Orléans et be-bop, entre jazz Hot et Jazzmag et qui ne pensaient qu’au plaisir de jouer (formidablement bien d’ailleurs). Jetées aux orties les figues moisies et les raisons aigres, ils avaient décidé de jouer une musique ANACHRONIQUE, et de s’attaquer à des hauts thèmes du bebop, des thèmes d’une rare difficulté technique, par la bande joyeuse du New Orléans. Imaginez un Yardbird Suite de Charlie Parker, un Blue Monk de Thelonious ou plus fort encore ( quoique moins convaincant) un Giant Steps de Coltrane façon Nouvelles Orléans, Haricots Rouge et Claude Luter. Fallait oser, fallait le faire et ces gars-là l’ont fait et ça jouait sacrément grave. Entre 1976 et 1978, ces gars là mettaient le feu aux poudres de Etampes jusqu’en Allemagne avec leurs arrangements de folie et leurs solistes incroyables. Il ne suffit que d’entendre les chorus de Patrick Artero ( c’est pas possible y va s’faire péter la glotte !!), les touches subtiles de Philippe Baudouin, l’humeur badine de ClaudeVilleger ou de Marc Richard à la clarinette pour s’en convaincre. Et pourtant jeunes musiciens qui faites là (je vous vois) une sorte de moue dubitative, on pourrait vous mettre au défi d’écrire une musique aussi complexe, faites de contrepoints et de contre-chants joyeux sans y perdre votre swing. Certes je vous le concède il y a quelques moments un peu mièvres ( comme ce Move pas top) mais quelle énergie ( leçon n°1 pour vous), quel plaisir de jouer ( leçon n°2), et enfin quel swing ( leçon n°3) !

Et la conclusion de tout ça c’est qu’il serait bon, salutaire et indispensable de revenir à cette source intarissable quel qu’en soit le propos, quelle que soit l’époque et quel que soit le prétexte musical. Allen Toussaint y revient, Patrick Artero (cf. chronique ci-dessous) la modernise un peu, d’autres comme Steve Bernstein aux Etats-Unis ou encore Dave Douglas par exemple la détourne astucieusement. Il serait bon que vous tous, jeunes musiciens, vous vous débarrassiez enfin un  peu de votre égo tourmenté et preniez exemple sur vos glorieux aînés. Ceux-là assurément bandent encore. Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:46


Lewis Porter-Michael Ullman-Edward Hazell

Traduit de l’anglais par Isabelle Leymarie et Mathilde Gerbeaux

Sous la responsabilité de Vincent Cotro.

Editions Outremesure

480p, 119 figures musicales, 101 photographies

Prix public 40 euros

Avec cette histoire du jazz des origines à nos jours, dans la  belle collection Contrepoints des éditions Outre Mesure, on pouvait s’attendre à un véritable bouquin pour spécialistes, d’autant que la rédaction de cet opus conséquent est due en grande part à  l’infaillible Lewis Porter, auteur du livre-référence sur John Coltrane, une  bio pas « biopic » du tout, la bible sur le dieu de la galaxie jazz, qui a obtenu, on s’en souvient, le Prix du Livre de Jazz  2007 de l’Académie du Jazz.

C’est Vincent Cotro universitaire et chercheur qui a supervisé la traduction d’Isabelle Leymarie et Mathilde Gerbeaux ainsi que la mise à jour de ce livre des origines, qui ne s’arrête pas au free jazz. Vingt-trois chapitres clairement annoncés découpent la chronologie de cette musique, étudiant les mouvements musicaux ( les débuts, le swing, le bop, le free, Bill Evans et le piano jazz moderne…) ou la vie des musiciens de premier plan. On se régalera donc de retrouver les maîtres du jazz, Sydney Bechet, Louis Armstrong, Duke Ellington, Count Basie, Charlie Parker évidemment, Miles Davis, John Coltrane, Ornette Coleman. Les « seconds couteaux »  ont aussi droit à une juste reconnaissance, on ne peut prendre en faute les auteurs (le jazz vocal depuis les années trente, la fusion, la bossa nova et les années soixante, le cool et le troisième courant …)

 Ouvrage essentiel, irréprochable, retraçant l’évolution de la  musique du tumultueux XX ème siècle, les trois auteurs ( universitaires, musiciens, journalistes et/ou  critiques) ont écrit leur saga du jazz tout en gardant  « une juste vision de la musique à travers son impact sur les musiciens et le public ». Une mise en commun originale qui traduit  plusieurs angles d’approche, historique, critique et technique. Lewis Porter agrémente en effet d’analyses précises ses commentaires en faisant les partitions des principaux morceaux qui ont façonné l’histoire du jazz.

Ainsi le lecteur entre-t-il dans le vif et la chair de cette musique par ce récit passionnant qui  peut se lire d’un trait. Ce qui nous a séduit, c’est qu’il peut aussi se butiner au hasard des chapitres, suivant le désir, le disque ou le Cd qui tournent sur la platine, le lecteur. Pas du tout le roman des jazzs, mais un panorama complet et objectif selon une vision américaine.

A destination pédagogique, ce livre s’avère vite indispensable pour qui s’intéresse à cette musique. L’édition française est augmentée d’une mise à jour nécessaire de Michael Ullman qui introduit les problématiques contemporaines, essentiellement orientées vers les musiciens anglo-saxons. Le jazz européen souffre toujours de la conception américaine, recentrée, « historique » d’une musique  qui leur a aujourd’hui quelque peu échappé pour s’ancrer ailleurs et  y développer des formes originales. Pour compléter ce travail sérieux, ajoutons à cette analyse bibliographie, discographie, glossaire et index très copieux, indispensables et donc très précieux. L’appareil critique est sans faille, jamais pesant : libre au lecteur de s’en détacher ou au contraire d’en faire son miel. Qui s’intéresse aux éditions Outre mesure, connaît le soin apporté à la supervision et la haute conception de l’édition musicale de Claude Fabre, l’autre maître d’œuvre.

A la fois memento, guide et même parcours initiatique, Le Jazz des origines à nos jours est une somme dont on ne peut se passer, une belle invitation à la découverte d’une musique toujours actuelle. Le jazz est venu à nous, par le concert et le disque  mais aussi par la lecture de quelques livres qui ont joué le rôle d’une introduction. Souhaitons que celui-ci serve de compagnon de route à tout lecteur, même et surtout s’il n’est pas « amateur de jazz ».

 

Sophie Chambon

 

 

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 07:59

 

Dixiefrog 2009

 

 

  Ceux qui ne savaient pas, ceux qui étaient passé à côté de ses incroyables talents de showman, ceux qui n’avaient jamais vu le Bluesman Eric Bibb en concert, ceux-là n’ont plus de raisons de se désespérer et de se lamenter en entendant leurs copains dire que c’est pas possible t’as loupé quelque chose t’aurais dû voir le gars  il est monstrueux t’es con t’aurais dû venir. Car ceux-là ont désormais au moins une petite lueur d’espoir et peuvent se rabattre sur cet album enregistré en live à Fip. Car cette performance enregistrée en décembre et mars 2008 dans le studios 104 et 105 de Radio France démontre dans toutes ses largesses, l’immense générosité d’Eric Bibb. Remarquablement accompagné par de sacrés musiciens et notamment par un guitariste épatant, Staffan Astner qui s’y connaît comme pas deux pour rajouter un peu d’huile sur les braises que la voix d’Eric Bibb n’éteint pas, il ne faut pas grand chose au bluesman pour allumer une salle. Juste trois accords de base durant plus de 8mn sur un « Needed Time » pour que s’installe une mélodie douce à vous faire chavirer toute une salle. Avec Eric Bibb, tout devient aussi simple qu’une musique un peu facile et dépouillée, navigant sans chichi entre blues, rock et country. Visiblement bien sur scène, Eric Bibb ces deux soirs (surtout le premier) était visiblement heureux d’être là,  parlant avec le public, échangeant avec lui son bonheur de voir une nouvelle ère s’ouvrir à son pays ( quelques jours après l’élection d’Obama), et tout se passait comme si Eric Bibb aurait pu jouer plus de trois heures durant sans s’arrêter. On assiste alors à ces moments magiques où le plaisir d’un artiste à être sur scène se transmet si naturellement à son public que l’on atteint alors à une sorte de relation fusionnelle. Et pour que l’on ne rate rien, le label Dixiefrog a judicieusement inséré un DVD de 20 mn prit entre scène et coulisse. Où l’on voit entre autres moments magiques Eric Bibb dans une attitude enfantine partageant un instant de musique émouvant avec son idole de toujours Richie Havens. Où l’on voit surtout cette façon qui n’appartient qu’aux grands d’attirer la lumière sans avoir à en faire des tonnes. Assurément hors des clichés du blues mais avec un immense respect pour la musique américaine traditionnelle, Eric Bibb incarne une certaine continuité de ce patrimoine musical. Et si l’envie vous prend de vous procurer ce double album vous ne pourrez plus dire « je ne savais pas » puisque par le petit bout de la lucarne d’une certaine manière vous y étiez quand même. Jean-Marc Gelin

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 08:05

 

 

 À l’occasion de la sortie de son nouvel album chez ECM, Lost on The way autour d’une équipe de jeunes musiciens en partie renouvelée, rencontre avec l’un des maîtres de la clarinette basse, Louis Sclavis. A 56 ans celui qui a gravé avec Texier et Romano l’un des albums de jazz français le plus vendu dans l’hexagone nous livre quelques-unes des recettes de son dernier album où l’on trouve un Sclavis dans un  registre étonnamment bien plus apaisé qu’à l’accoutumée.

 

 

 

Avec cet album, vous apparaissez sous un jour nouveau, beaucoup plus apaisé. C’est un tournant pour vous ?

LS : Je ne crois pas. Tout vient en fait de l’idée sous-jacente de cet album. Tout est dans le titre : «  Lost on the way ». Je voulais partir de cette idée de « se perdre ». De ce que cela peut signifier. Il y a bien sûr l’idée, comme Ulysse de se perdre en route et il est intéressant d’évoquer musicalement ce flottement entre deux eaux. Mais se perdre, c’est aussi se perdre soi-même. Et en ce sens là l’épopée d’Ulysse est quelque chose que nous pouvons reprendre chacun sur le plan personnel. Il y a beaucoup d’humanité derrière.

 

On a le sentiment lorsque l’on entend cet album d’entendre les musiques de la grèce antique, telle qu’elles ont pu nous être restituées.

LS : C’est vrai il y a un peu de cela. Je vois à quoi vous faites référence et j’ai déjà écouté cela il y a longtemps. Mais s’il y a des correspondances c’est totalement de l’ordre du subconscient parce que j’y avais jamais songé en écrivant. En fait il n’y a pas de fil conducteur dans l’album. Là encore il est bon de s’y perdre. Mais s’il y a une cohérence à ce travail , elle est préexistante à l’album. C’est quelque chose que nous avons tous mûri ensemble

 

C’est donc un travail collectif

LS : Oui et non. Dans un sens j’amène les compositions et je suis totalement ouvert à chaque proposition des uns et des autres. Mais néanmoins il s’agit de mes compositions et au final c’est toujours moi qui décide. Je sais ce que j’ai en tête. Dans le cas présent nous avons eu pas mal de temps pour répéter et pour travailler ensemble. Chacun a vraiment eu le temps de s’imprégner du projet.

 

C’est pourtant un projet qui repose sur une formation largement remaniée par rapport à la précédente ( celle de « L’ Imparfait des Langues »). Pourquoi ce choix ?

LS : En fait Marc baron voulait se consacrer à d’autres projets. Paul Brousseau aussi voulait se consacrer à d’autres projets. J’avais entendu parler de Mathieu Metzger et Olivier Lété m’a été conseillé par Maxime ( Delpierre) qui le connaît bien. C’est donc sur ces nouvelles bases que nous sommes partis.

 

Quelles ont été vos lignes directrices sur cet album ?

LS :Nous avons beaucoup fonctionné sur le principe d’atelier. L’idée est celle d’un travail qui insiste sur un principe de base avec la répétition d’un système qui décale petit à petit. A d’autres moments, comme dans des bruits à Tisser,  nous avons préféré insister sur un seule note.

 

Vous n’avez pas voulu utiliser des voix qui seraient venues renforcer l’idée du théâtre à l’Antique,

LS : Non, j’ai préféré m’en tenir aux instruments et tourner avec les musiciens ensuite.  Mettre des voix etait tout à fait faisable, mais sur ce projet j’ai préféré rester dans quelque chose de brut. Lorsque LIMOUSINE  est sorti (l’album auquel participait Maxime Delpierre) j’ai été très impressionné par le son qu’ils etaient parvenus à créer et j’ai essayé de m’en inspirer.

 

Dans cet album vous donnez l’impression de jouer avec plus d’espace à la fois dans votre musique mais aussi dans votre propre jeu. Est ce là encore un tournant pour vous ?

LS : Cet espace auquel vous pensez est quelque chose que nous avons voulu créer. Comme on l’a dit, il s’agissait parfois de créer le flottement. Dans ce projet, vous remarquerez que je joue moins et que j’ai voulu donner plus de la place à Mathieu Metzger qui du coup donne le sentiment d’être beaucoup plus présent. Mais ne croyez pas que cela soit un tournant car c’est plutôt assez facile pour moi de laisser de l’espace aux musiciens. J’aime vraiment, comme vous aurez pu le remarquer au travers de mes différents projets, me renouveler à chaque fois. Et lorsque nous sommes en concert je n’en attend pas de résultat immédiat. En fait je laisse une grande liberté sur scène aux musiciens qui m’accompagnent. Il y a un vrai échange. Je laisse faire quitte à ce que parfois il y ait un sentiment de vide.

 

On vous compare souvent avec Michel Portal. Question de génération et aussi d’instrument ( la clarinette basse). Comment le vivez vous

LS : On sait bien cela avec Michel. Mais cela fait tant d’années que l’on nous compare sans cesse que cela a fini par nous amuser.

 

Quels sont vos maîtres ?

LS : Je n’ai aucun maître. Ce n’est pas cela qui me détermine. Je préfère que l’on parle d’influences. Et là il faut élargir le spectre. Ces influences peuvent être picturales par exemple. Ainsi une exposition comme celle récente consacrée à Emil Nolde a eu beaucoup d’importance pour moi. De la même manière en musique parmi les gens que j’écoute ey qui peuvent m’influencer, quelqu’un comme Jim Black fait assurément partie de ceux là.

 

Propos receuillis par Jean-marc Gelin

 

Pour se faire une idée d’une autre facette de Louis Sclavis, il faut absolument visiter son magnifique blog et découvrir ses talents de photographe « mobile » ( entendez par-là les photos prises depuis un portable)où l’on découvre l’œil de Sclavis aussi précis et affuté que ses chorus de clarinette.

 

http://louissclavis.blogspot.com


 

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 08:02

 

Fresh Sound New talent 2009

Vincent Bourgeyx (p), Matt Penman (cb), Ari Hoenig (dm)

 

 Le petit dernier du pianiste Vincent Bourgeyx, bien nommé «  Again » est, on peut le dire une petite merveille dans le genre trio jazz acoustique piano-basse-batterie. Il y a là tout ce que l’on aime dans l’exercice : un pianiste ouvert et pas nombriliste pour un sou qui semble survoler son clavier avec autant de légèreté que de swing et qui s’entoure d’une section rythmique exceptionnelle. On ne peut manquer d’être séduit par l’art de l’improvisation de Vincent Bourgeyx qui ne prend jamais la tournure de l’exercice de style mais plutôt d’une belle (ré)incarnation de la musique. Variant les plaisirs le pianiste passe avec la même aisance des standards à ses propres compositions ou encore à des thèmes classiques. Qu’il s’agisse du vivifiant Giant Steps, ou de ces trois versions sublimes de Come Sunday, Cry me a river et enfin The Good Life, Vincent Bourgey donne chaque fois le sentiment qu’il est bien, à l’aise dans sa musique au point de la faire vivre en studio comme en club. Totale aisance harmonique et rythmique, aucune pesanteur dans le jeu, aucune urgence non plus. De manière un peu moins convaincante Bourgeyx s’attaque à Chopin ou Fauré jazzifiés à merveille, mais qui semblent un peu relever de l’exercice de style, prétexte à un espace d’improvisation. Suivent ensuite 4 déclinaisons d’un même thème composé par le pianiste, Alice où pour le coup l’exercice très intéressant est loin d’être répétitif ou scolaire et éclaire de 4 facettes différentes une même structure réalisant ainsi une suite cohérente et polymorphe à la fois. Il est vrai aussi que le pianiste peut, comme on l’a dit s’appuyer sur une rythmique exceptionnelle qui donne à chaque thème un relief différent. Matt Penman associé à Ari Hoenig représente en effet l’une des meilleures sections rythmiques qui soit. Association qui joue beaucoup sur l’inventivité exceptionnelle du batteur, certes envahissant mais dont les coups de génie, les phrases rythmiques inventées toujours à bon escient, les contre-temps et la fébrilité sensuelle illuminent tout.  Avec audace Hoenig joue ainsi les chants en contrepoint dans des moments audacieux de pure folie, décalée mais toujours brillante. Quand au contrebassiste ultra solide dans son placement, il affiche une rondeur en totale empathie avec le trio contribuant de manière essentielle à créer ce son de groupe si séduisant qui nous embarque une heure durant dans un swing élégant et brillant. Jean-Marc Gelin

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 07:43



Festivals à venir



RENCONTRES IMPROVISÉES DU PRIEURÉ / Joëlle Léandre, Géraldine Keller, Daunik Lazro, Didier Lasserre, Benjamin Duboc, Sylvain Guérineau, Rasul Siddik  
Encore peu d'informations sur ce festival qui aura lieu en Touraine dans le 86 au Prieuré de St Sulpice.
Concerts le samedi 25 Juillet à 16h et à 20h et le dimanche 26 à partir de 14 h.
(Hébergement possible à Dangé Saint Romain, Descartes, Chatellerault... nombreux hôtels, gîtes, chambres d'hôtes, camping... voir le site : http://www.tourisme-vienne.com/)




Festival de jazz de la Petite Pierre
 

du 7 au 16 août 2009, concerts à 14 h 30, 17 h et 21 heures

Programme

Vendredi  7 août 21 heures : OMAR SOSA SOLO
Samedi 8 août 17 heures : SHEZAR
21 heures : AHMAD JAMAL
Dimanche 9 août 17 heures : OMARA PORTUONDO 
21 heures : KOCANI ORKESTAR
Lundi 10 août 21 heures : ENGE ENSEMBLE
Mardi 11 août 21 heures : RINGO LORIER quartet
Mercredi 12 août 21 heures : Ciné Concert “WONDERFUL WORLD” : DE CHASSY/ YVINEC /CARLIER
Jeudi 13 août 21 heures : STIMMEHORN
Vendredi 14 août 21 heures : ERIC LEGNINI TRIO
Samedi 15 août 14 h 30 : lauréat du concours IMPUL’SONS  (connexion : « impulsons.DNA.FR »  )
17 heures : AZZONGA
21 heures : TRIO ROSENBERG
Dimanche 16 août 14 h 30 : DORADO SCHMITT / MARCEL LOEFFLER  ET INVITES
17 heures : BIRELI LAGRENE GIPSY TRIO invite FLORIN NICULESCU



Tarifs de 11 à 22 € selon concerts, possibilités d’abonnements

Renseignements :
OFFICE DU TOURISME DU PAYS DE LA PETITE PIERRE, 2a rue du château 67290 La Petite Pierre
03 88 70 42 30 ou  ot-paysdelapetitepierre.com

 



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