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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 07:18

Blujazz 2009



 

 Dee Alexander ! Un nom qui forcément ne vous dit grand chose. Jusqu’ici totalement inconnue dans le paysage du jazz vocal, voilà bien une chanteuse qui risque de s’imposer rapidement et de faire parler d’elle. On entend généralement dans les premiers albums des chanteuses une sorte d’auto- mise en scène, une théâtralisation parfois, une compensation par l’ « effet », souvent. Chez Dee Alexander quelque chose de radicalement différent. Où l’on entend combien le chant est une sorte de seconde voix.  Une aisance à chanter tout ce qui se présente, une façon incroyablement naturelle de mettre les notes sur les mots avec autant d’aisance que de facilité. Découverte par Henry Huff, l’un des membres historiques de l’AACM, Dee Alexander,elle même membre du groupe de Chicago, n’a pourtant pas cette voix « noire » si typée des chanteuses d’église. Mais indéniablement, Dee Alexander possède cependant ce quelque chose des chanteuses de soul qui la place directement entre Dinah Washington (Surrender your love) ou Nina Simone dont elle reprend avec audace le célèbre Four Women. Deux chanteuses auxquelles elle ne manque pas de faire référence dans ses remerciements. Mais l’on s’arrêtera là dans le petit jeu des références tant on a le sentiment avec Dee Alexander de ne pas avoir entendue de voix réellement proche avant elle. Le jeu des influences reviendrait à cacher la réelle personnalité vocale d’une voix jamais formatée, jamais dans l’imitation et toujours dans le chant libéré, le chant habité. La chanteuse de Chicago investit la musique corps et âme, s’autorise les digressions, sauvage avec ce qu’il faut de retenue, chantant en studio comme peu parviendrait à chanter en club, avec la même fraîcheur et la même spontanéité. Un titre comme Bitter Earth ou comme le titre éponyme, Wild is the Wind (moi, je pense alors à Nina Simone chantant du Brel) sont poignants. Mais Dee Alexander peut passer d’un univers à l’autre avec une musicalité exceptionnelle, une facilité déconcertante qui lui permet par exemple d’enchaîner le très beau Wild is the Wind avec un reggae (Rossignol, écrit par la chanteuse) dont on pourrait craindre le pire mais qu’elle parvient à porter avec talent. La chanteuse peut autant rester dans le thème qu’improviser sans scat, flirter avec la soul, avec le swing voire avec le free sans aucun artifice.

Dans sa version de Feeling good elle montre combien elle sait aussi prend le temps, laisser l’espace s’insinuer et donner de la profondeur aux mots. Quand à sa version de Four Women, si risquée lorsque l’on est la fille de Nina Simone, elle parvient tout en restant dans l’hommage, à la faire sienne dans une sorte de continuation filiale. Et c’est en soi autant un témoignage d’amour qu’une magnifique transmission. Dee Alexander possède cette magie des chanteuses sans apparats, la magie de celles qui tout en se mettant à nue chantent librement, sans aucune entrave. Avec l’aisance naturelle du talent qui libère de toute contrainte et de toutes difficultés. Jean-Marc Gelin

 

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:23

 Hervé Gloagen


Editions de la Martinière

2009, 14 €



 

 56 clichés en noir et blancs, 56 musiciens ou chanteurs de jazz captés en 56 poses « de l’instant » par Hervé Gloaguen dans les années 60.

À l’époque, celui qui deviendra grand reporter un peu partout dans le monde, faisait la planque sur les avant-scène, dans les loges, depuis les coulisses ou derrière les rideaux, se faisant passer pour un photographe accrédité, ce qu’il n’était bien sûr pas le moins du monde. Il ramène alors de ces escapades de jeune passionné, des photos « volées » ( pourrait on dire) prises sous des angles improbables et qui traduisent en quelque sorte l’urgence, l’œil furtif, le vol d’images au détour d’une phrase musicale, le regard un tantinet décalé.

Les musiciens qu’il se plaît à photographier sont alors captés ( essentiellement) dans des moments de jeu, des moments de scène où l’on peut lire dans leurs yeux l’effort, la transe, l’esprit qui divague et s’échappe avec les notes qui s’envolent. Les batteurs comme Art Blakey ou Sam Woodyard dans l’effort physique d’un sportif aux muscles tendus, l’œil de Louis Armstrong qui divague en plein chorus, Chris barber à Pleyel dans un ailleurs que seuls les musiciens connaissent etc….. Il y a parfois une forme d’inquiétude, parfois la marque d’une concentration intense. Et ces photos souvent un peu floues ne se contentent pas de saisir l’instant, elles accompagnent aussi le mouvement. On imagine que pour la plupart, ces photos par leur grain épais, par leur absence de netteté, ont dû être recalées par la plupart des journaux plus habitués alors à l’image dite parfaite. Elles ont pourtant le mérite au contraire de nous toucher en ce qu’elle ne montrent pas une image figée mais témoignent d’une belle humanité de ces musiciens. Humanité que souvent ils transcendent.

Un choix judicieux de textes très courts ( l’urgence encore) accompagne ces photos : Frank Conroy, Langston Hugues, Michel Le Bris, Jean Perol et quelques témoignages de musiciens (d’ailleurs non photographiés) comme Billie, Louis Bellson, Mc Coy Tyner, Archie Shepp etc….

Même s’il est tout à fait dispensable, ce petit recueil de photos ne se boude pas. Il apparaît comme le témoignage très simple d’un apprenti photographe qui révélait déjà l’acuité du futur reporter. La naissance d’un chasseur d’images.

Jean-Marc Gelin

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:22

Radio France 2008


Le batteur Gérard Siracusa s’est lancé dans le solo, cet exercice que franchissent en général plus allègrement les pianistes. C’est une entreprise courageuse, extrême que de livrer ainsi un combat à peaux et mains nues ; une grande solitude, certes assumée, désirée, recherchée même mais dont on sent bien ce qu’elle peut avoir de périlleux.

 

 «Drums immersion», «une lumineuse suite de solos dédiés à la batterie», est un bel objet produit avec goût par Radio France, enregistré parfaitement aux studios 104 et 10 de la maison ronde sans re-recording en février et mars 2008. De ce point de vue, peut-être le découpage en pièces séparées peut sembler arbitraire, puisque l’album est une architecture sonore de sept pièces de longueur très diverses « Monologue «  par exemple fait plus d’un quart d’heure :

Improvisation totale de ces pièces dont la forme résulte bien de fluctuations naturelles, avec l’appréhension d’un certain vide, l’intégration audacieuse de silences, de ruptures, un vrai moment poétique.

Gérard Siracusa a saisi ainsi la chance de se portraiturer,dans ce travail un peu ingrat de l’auto portrait derrière lequel cependant il semble s’effacer tant il joue des climats et des atmosphères, variant les nuances, faisant se croiser mystères, instantanés et aussi exigences d’une vraie personnalité musicale : voilà bien sept pièces qui n’écrivent pas un traité de la batterie mais explorent les possibilités de l’instrument, affirmant une dimension narrative et même émotionnelle:un formidable sens de l’initiative, de l’espace et d’une certaine dramaturgie.

 

Inutile de préciser qu’il est impossible de décrire un tel projet, d’autant que les « liner notes » lumineuses, authentiques de la plume de Christian Tarting dont on connaît la pertinence et le rapport passionné à la littérature, l’édition , la musique le cinéma, surpassent la meilleure chronique…

Drums immersion nous semble cependant  abouti et révélateur d’une démarche qu’entretient depuis longtemps le batteur avec la recherche sonore ( énergie, résonance), une réflexion constante sur la place de cet instrument-accompagnateur dont on attend toujours une virtuosité spectaculaire.Le chant n’est jamais très loin et Siracusa explore toutes les ressources mélodiques que l’instrument peut offrir.

Cet album mérite d’être glissé dans le lecteur et écouté jusqu’au bout de cette presqu’heure de musique, au long de la « chiara selva » à laquelle renvoie aussi la belle photo de couverture. Il faut se frayer l’écoute dans cette silve douce et accueillante ni trop dépouillée ni lourdement tropicale. Chroniquer revient donc à faire vivre et respirer une seconde fois cette musique, à créer de petits infinis, prétextes à ces états/ éclats, à faire percevoir ce qui bat avec une évidente et mystérieuse simplicité.

Sophie Chambon

 

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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 07:19

Altrisuoni – 2009

Après son quartet "New Gravitations" avec John Abercrombie, Ralph Alessi et Drew Gress (excusez du peu), Olivier Le Goas nous revient avec le trio Trilog dont le cd "Seven Ways" est édité par le label suisse Altrisuoni. Le Goas a réunit le guitariste Manu Codjia et le saxophoniste Vincent Mascart pour Trilog. Le trio signe ici une musique jazz racée à plusieurs égards. Déjà, les six compositions de Le Goas sont délicieuses, s'approchent de la beauté et sont largement inspirées par la musique classique. Du compositeur allemand de la période baroque Erasmus Widmann ("Le chant du regards") à Purcell ("The Answer"), d'un Anonyme du 17ième siècle ("Rêves de Bourgogne") à Maurice Ravel ("Sainte"), Trilog a fait sienne chacune de ces inspirations, les fondre sans coutures dans une musique  improvisée aux mélodies "rituelles" et répétées.

A contrario des allemands Knut Rössler/Johannes Vogt qui avaient proposé un cd de dix compositions de jazz baroque en 2008 où ils paraphrasaient et doublaient les lignes mélodiques dans le style baroque sans véritable adaptation, Olivier le Goas a élaboré un jazz actuel, contrasté et aventureux en conservant avec talent les caractéristiques du style musical dont il s'inspire. Dans "Le chant du Regards" ou "Rêves de Bourgogne", Trilog développe les oppositions note longues/note courtes, la fantaisie joyeuse, la mise en avant d'un soliste; éléments qu'on trouve en particulier dans la musique baroque et qui font partie des fondements du jazz. De là, le groupe propage les atmosphères en ornementant et en improvisant des cadences.

Le dernier morceau est de Bill Evans: le groupe clôt le cd par un jazz rassurant sans véritable perspective créatrice comme cela a été le cas jusqu'ici, avec un raffinement rare.

Ensuite, la composition instrumentale de ce trio surprend alors qu'on y découvre un groupe très équilibré et solide. Manu Codjia y a une double responsabilité puisqu'il occupe à la fois la place d'un soliste et de l'accompagnateur rythmique. A la première écoute, il semble plus accompagnateur que d'habitude en marquant l' harmonie, presque en retrait. En fait, c'est tout à son honneur car son jeu développe un son rock et légèrement free sans outrance tout en gardant une ligne directrice mélodique formidable. Sur son blog, Bruno Pfeiffer interviewe le contrebassiste Henri Texier qui donne un avis élogieux et pertinent sur le guitariste: "Il joue comme un peintre trouve les mélanges sur la palette. Simplement, les sonorités remplacent les couleurs."

Codjia offre ainsi un bon contrepoint au saxophoniste Vincent Mascart qui a tout compris de la musique de Le Goas. Son jeu est fluide et vivace sur "Le chant du regards", langoureux et tonique sur "Sainte" et "Turn Out The Star". Ses interventions free-décalées, aux sonorités spatiales, sont admirablement amenées voire lumineuses. La caractéristique principale de ce trio est le jeu dynamique et vivace tout en nuances du saxophoniste, vraiment remarquable et inspiré sur toutes les pièces, et du batteur qui se siéent parfaitement. Ces deux là sonnent comme une évidence.

Enfin, on prend son pied à déguster aussi le jeu de Le Goas - vif, tranchant, tendu ou élastique - avec une intelligence sonore qui lui est propre. Son empreinte rythmique fait pour beaucoup dans la couleur de cette musique. Trilog est un trio à découvrir qui doit absolument trouver sa place dans les festivals d'été.

Jérôme Gransac

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 06:40

 

 

Eric Dolphy à François Postif : « Si aucune firme ne consentait à m’enregistrer et si je devais crever de faim pour continuer à jouer ce que je ressens – c’est exactement ça, ce que je ressens – eh bien je continuerais à jouer ainsi contre vents et marées. (…) Evidemment si on m’écoute, ça m’encourage. »

 

 


Sur la base d’un constat nuancé et argumenté d’une crise des circuits classiques de diffusion et de distribution (labels, clubs, etc.), Jazzman a toujours été très attentif aux voies alternatives qui pouvaient se développer, souvent moins « industrielles » mais d’autant plus passionnantes qu’elles impliquent désormais les créateurs eux-mêmes. Beaucoup d’exemples américains : de Jim Hall à Maria Schneider (qui décidèrent naguère, sous la contrainte, de ne diffuser leurs enregistrements qu’au travers de leur site Internet) jusqu’à Dave Douglas qui a développé un modèle encore plus volontariste et sophistiqué (cf. l’édito d’A. Dutilh pour Jazzman n° 150), tendent ainsi à façonner le jazzman du 21ème siècle mais qu’en est-il en France ?

 

A coup sûr, le dynamisme d’Alexis Tcholakian, pianiste déjà riche d’une longue carrière (cf. ses albums « Point de Vue »,  « Le Songe de l’Athanor », « Hidden Face », loués dans nos colonnes) et pédagogue généreux dans le souvenir de Bernard Maury (il créa et anima jusqu’en 2005 la Paris Jazz School) illustre la prise de risques étonnamment décomplexée que certains musiciens acceptent d’assumer pour continuer à promouvoir leur œuvre.

 

A l’origine, une bande superbe, un enregistrement solo incomparablement chantant, serein et épanoui qui, sans rien céder de sa musicalité propre, se réfère à une source d’inspiration, le Jarrett de « A Melody At Night, With You ». Et qui ne trouve preneur chez aucun label, ce qui laissera pantois un « fan club » d’amateurs regroupant Jean-Marc GELIN, Pascal ANQUETIL et l’auteur de ces lignes. Très vite, Alexis Tcholakian décide alors de sortir de cette situation par le haut : sa musique existera, dans le cadre d’une auto-production et elle existera doublement, par le son et par l’image.

 

Au-delà de cette orientation - de cette réaction de survie - et des enthousiasmes qui l’accompagnent, il est particulièrement intéressant d’examiner comment ce projet, désormais abouti, s’est articulé.

 

- chronologiquement, la première étape a consisté non dans la sortie du CD lui-même mais en un concert « fondateur » le 11 octobre 2007 à l’Archipel, filmé et enregistré dans d'excellentes conditions (salle comble, réalisation, technicien son, lumières). Ainsi s’amorce une « séquence évènementielle » autour d’un superbe répertoire (originaux, classiques et standards plus modernes, de Thad Jones à Mal Waldron et Mc Coy Tyner) et d’un remarquable univers mélodico-harmonique que l’artiste et son public ne cessent de redécouvrir et d’approfondir ensemble à chaque étape : concerts, album définitif qui sort en avril 2008 (vente aux concerts et via Internet), DVD qui donne lieu à un concert le 22 octobre dernier, le tout scandé par la newsletter du pianiste ; 

 

- notons ensuite combien ce travail repose sur une nouvelle relation de confiance et de proximité : Alexis Tcholakian a su tisser un vrai lien de partenariat avec  la superbe scène de l’Archipel, ancien théâtre, espace à la visibilité et à l’acoustique enviables, doté au surplus d’un piano Fazioli F278 qui fait les délices d’Alexis : c’est donc à l’Archipel que seront programmés et réalisés l’enregistrement puis la sortie officielle du DVD « Self-Portrait », parallèlement aux concerts en solo, trio (avec Claude Mouton à la basse, Benoist Raffin ou Thierry Tardieu à la batterie) ou en quartet (Jean-Pierre Thirault aux saxophones) qu’Alexis Tcholakian continue de donner dans cette salle ; 

 

- en plus du lien privilégié avec une salle et son équipe, il faut aussi souligner le mode de financement particulier du DVD, réalisé en majeure partie grâce à une souscription lancée le 11 novembre 2007. L’économie de moyens qui en résulte (deux caméras) conduit  naturellement à se concentrer sur la musique elle-même et sur l’ascèse et le degré de concentration de l’instrumentiste (doigté, expression du visage, plans larges du piano) sans qu’il soit besoin de cadrages en surplomb ou de zooms excessifs. Quant à la musique, elle reste en permanence au service de la mélodie,  donc de la vocalisation la plus juste de l’instrument. Pas d’effets faciles (accélérations de tempos, broderies inutiles, etc.) mais un continuum musical qui rayonne en une arborescence patiemment construite (variation, amplification, résolution). En d’autres termes, une musique de joie, fragile et éperdue. Vibrante, solaire.

 

On le voit, rarement un musicien aura eu à assumer, de l’amont à l’aval, sa propre production musicale, ce qui fait peser sur ses épaules une somme de risques (économiques notamment) sans doute disproportionnée à l’échelle hexagonale par rapport aux résultats qu’il en peut attendre. Relevons combien la proximité (avec une salle, des musiciens, un public, quelques critiques) peut / doit aujourd’hui être organisée en réseau pour être porteuse d’un avenir. Programmateur depuis peu du Swan Bar, venant d’être pris sous licence par un label japonais pour son prochain disque en trio alors que les labels français se montrent toujours aussi timides, Alexis Tcholakian l’a compris mieux que d’autres sans dissimuler - comme il le confiait récemment - l’usure qu’un tel contexte occasionne. Souhaitons-lui de continuer à puiser longtemps énergie et générosité, avec le succès qu’il mérite, dans sa passion inentamée pour le jazz, pour l’attachement forcené à sa musique.

Stéphane CARINI.

 

 

- CD "Search for Peace » (piano solo) - réf : BADCAT 0801 -  (pochette : peinture de Philippe Massis) - vente aux concerts et VPC. (cf. chronique de Jean-Marc Gélin : Dernières Nouvelles du Jazz novembre 2007 - www.lesdnj.com)

 - DVD "Self  Portait" live à l'Archipel  (concert solo enregistré le 11 octobre 2007 sur piano Fazioli F278) - réf : BADCAT 0802 - vente aux concerts et VPC.

Site d’Alexis Tcholakian : www.tcholakian.net /  www.myspace.com/alexistcholakian

 

 

L’Archipel : 17, Bd de Strasbourg Saint Denis 75010 Paris. 08 26 02 99 24

Swan Bar : 165, Bd du Montparnasse 75006 Paris

 

 

 

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 15:31

 


Pour en savoir plus rendez vous sur Mondomix

http://mondomix.com/events/the-spirit-moves 
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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 22:49

Plus loin 2009

C’est parfois embarrassant de devoir chroniquer un disque que l’on n’aime pas d’un artiste que l’on aime beaucoup. Il faut pourtant admettre qu’après une dizaine d’écoutes, je n’adhère toujours pas à ce quatrième album de Pierrick Pedron, alors que j’étais emballé par les trois précédents (avec une préférence pour Classical Faces et ses fabuleuses couleurs impressionnistes). Que les choses soient claires, Pierrick Pedron est un musicien de tout premier plan et un des meilleurs saxophonistes alto actuels. Sa stature est internationale et il a montré lors de son précédent album qu’il pouvait transcender les standards du jazz américain et s’imposer face à des pointures comme Mulgrew Miller ou Lewis Nash. Pierrick mène sa carrière comme il l’entend et il a le courage de se remettre en cause et de proposer toujours quelque chose de différend à chaque album. Il ne ronronne pas, il avance et c’est tant mieux. Sauf qu’avec Omry, le changement de style est radical et la prise de risque maximale. Il revendique à la fois une référence à la musique pop (tendance Pink Floyd 1973-1975) et un hommage à Oum Kalsoum. Au bout du compte on n’a ni l’un, ni l’autre, mais une musique d’ambiance assez plate, froide et superficielle où l’électricité ne déclenche ni la foudre, ni la passion. Ici nous ne trouvons point les envolées lyriques et la sensibilité de Roger Waters et David Gilmour, ni la chaleur humaine et le feeling de la diva égyptienne. Pourquoi tant de froideur et de tristesse dans l’atmosphère et de platitude dans les lignes mélodiques des compositions ? La musique pop ça doit avoir du souffle, de l’envol et être porteur d’émotion. Pierrick n’arrive à atteindre ce but que dans le développement de ses chorus, qui sont fort heureusement toujours aussi magistraux. Du coup ces furieux solos de sax alto tombent un peu comme un cheveu sur la soupe et ne sont pas réellement justifiés dans le contexte mélodique des compositions. Une forte déception globale (à l’exception de Val André et Omry part.4) et un vif agacement à l’écoute de Moogoo, qui est un ridicule plagiat d’un sublime morceau de Carla Bley, intitulé Ida Lupino. Pourquoi ne pas avoir crédité son auteur ? D’autant plus que cette mélodie est très connue des passionnés de jazz à travers les magnifiques versions de Paul Bley, Michel Portal, Susanne Abbuehl et tout récemment Guillaume de Chassy.

Lionel Eskenazi

 

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 22:45

Melbay records - 2007

http://www.jonathankreisberg.com/

 

 Entendu en ce début de mois de mars 2009 au Sunset à Paris au sein du quartet d'Ari Hoenig lors d'une prestation en demi-teinte, le guitariste new-yorkais Jonathan Kreisberg nous propose ici son cinquième album. C'est d'ailleurs avec ce même quartet  - mais à new York en mai 2006 - qu'on avait découvert le guitariste. Ce concert au Smalls dans le coeur du Greenwich Village nous avait enchanté pour ses sonorités modernes et son énergie inventive et témoignait de l'intensité incessante de la frénésie musicale de NYC. Il nous dévoilait un Kreisberg au style moderne qui usait d'effets sur sa guitare et qui ne manquait pas d'allant. Puis, on le retrouvait au Lanterna Café de la rue McDougal deux ans plus tard, toujours à New York, avec Matt Penmann à la basse et Mark Ferber à la batterie - ceux-là même qu'on retrouve sur "The South Of Everywhere" - où il nous montrait son vrai visage: celui d'un musicien adepte d'un jazz main stream classique au jeu influencé par ses pairs contemporains. C'est ce même trio - à la rythmique ferme et implacable – qu'on redécouvre ici accompagné par Will Vinson au sax et Gary Versace au piano. Six très bonnes compositions de Kreisberg sur huit pièces - deux standards dont "Stella By Starlight" dont on se demande ce qu'il fait là car le groupe a du mal à s'approprier le morceau et à en donner une version originales - sont jouées dans le canevas classique "Thème-chorus".

Voici un guitariste de plus, me direz vous?

Pas vraiment en fait. Kreisberg n'est certes pas un innovateur mais son travail est mûr et marquant. Les « conversations » avec Will Vinson sont complexes et ont de l'éclat. De plus, les autres membres du groupe jouent très régulièrement ensemble et répondent parfaitement au cahier des charges de Kreisberg. Cette excellente rencontre teintée de bleu oscille entre une circulation des propos efficace et un lyrisme maîtrisé tendant tout droit vers l'extase pour les amateurs du genre.

Les compositions de Kreisberg se caractérisent par des thèmes mélodieux  - qu'on retient  - sur des structures solides, denses et péchues. Le tout suivant des perspectives linéaires (« straight » dirait on pour les  boppers) arguant entre swing et bop sans cacher quelques motif latins. Enfin, la guitare de Kreisberg sonne de manière originale. Ce guitariste  - autant inspiré par Cream de Eric Clapton et Jeff Beck que par Par Martino – mêle densité et retenue  en privilégiant ainsi le beau son et les belles phrases à l'énergie. Distingué, ce disque se révèle lentement et offre un plaisir grandissant à long terme.

Jérôme Gransac

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 07:41





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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 07:08


Concord Jazz 2009

1cd + 1 dvd

Christian Scott (tp), Aaron Parks (p) , Walter Smith III (ts), Matt Stevens (g), Joe Sanders (cb), Jamire Williams (dm)

Difficile de ne pas penser à Miles Davis lorsque l’on voit, dans le DVD du concert qui accompagne le CD de ce « live at Newport », Christian Scott se présenter  sur scène, super looké derrière ses lunettes noires, assez frime et se la racontant un max’. Car si la musique de Christian Scott n’est pas particulièrement « visuelle », pas très scénique justement, l’idée d’avoir présenté cette production sous la forme CD et DVD donne un éclairage passionnant et nous ouvre à une toute autre façon d’entendre. Mise en relief à la fois de la musique et du jeu de ce formidable trompettiste que nous découvrons.

Enregistrée et filmée à Newport, cette production nous permet en effet de découvrir ce musicien de la  Nouvelle-Orléans, diplômé depuis 2004 du Berklee College Music et accessoirement neveu du saxophoniste Donald Harrison. Bien heureuse effectivement découverte que celle de ce formidable trompettiste très inspiré par le jazz-fusion et qui porte une sorte de continuité entre la musique de Miles version Silent Way et d’autres musiques plus contemporaines à ce jeune homme. On pense (pourquoi pas) à la musique de Motian par exemple ou à celle de Rosenwinkell. Jouant comme Dizzy de la trompette coudée (même si son jeu n’a rien à voir) Christian Scott montre tout ce qu’il a appris de Miles, dans sa façon de jouer sur la densité mais aussi sur le jeu aéré où l’absence de notes est en soi une musique de l’intervalle aussi précieuse que la note elle-. Christian Scott joue de manière intense, porte un son puissant et déchirant à fois où la chaleur de son timbre exprime quelque chose de très « soulful ».

 


 

À ses côtés, on découvre un groupe qui tourne formidablement bien. Le saxophoniste Walter Smith III que l’on suit déjà depuis quelque temps (on avait suivi son travail de sideman aux côtés de Logan Richardson et surtout son album autour de Sam Rivers) s’impose comme l’un des saxophoniste les pus talentueux de sa génération. Où il n’est plus question ici de parler de technique mais d’une autre inspiration dans le phrasé très sensuel et dans la musicalité des phrases qui semblent venir d’un supplément d’âme. Superbe ! Matt Stevens à la guitare apporte une inspiration très Methenienne dans son jeu aux rondeurs évanescentes. Au diapason de ces trois-là, la rythmique entre en «  fusion », transmet l’énergie d’un élément du groupe aux autres et surtout  la mise en tension de ces univers très intenses.

Les spectateurs de Newport rentraient visiblement à l’intérieur de ce concert et prenaient leur part dans cette musique passionnante. Une musique à l’introspection partagée dans laquelle Christian Scott s’inscrit comme le prolongement de Miles par d’autres moyens. Une très belle découverte.

Jean-Marc Gelin

 

 

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