Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 09:42

BMC 2008


G. Kornazov (tb), Emile Parisien (ss), Manu Codjia (g), Marc Burronfosse (cb), arl Jannuska (dm)


Nouvel album du fameux tromboniste bulgare Georgi Kornazov que beaucoup connaissent déjà, ne serait ce que pour son appartenance au Strada de Henri Texier dont il est devenu, avec le guitariste Manu Codjia (que l’on retrouve d’ailleurs ici) l’un des piliers incontournable. C’est avec la même dynamique que celle qu’il déploie chez son grand aîné de bassiste (on sait combien il participe activement à l’œuvre collective) qu’il manie ici le sens de la composition et de l’orchestration flamboyante. A partir de phrases mélodiques très belles et assez simples, Kornazov délimite ici un espace musical et développe autre chose qui va du registre de l’émotion nue et sensible à l’éclat des tramages des cuivres qui se répondent ou s’unissent dans un groove sous-jacent, très brut. A ce jeu là, Kornazov peut s’appuyer sur un fabuleux saxophoniste soprano, Emile Parisien, que tous les jazzeux de Paris connaissent déjà fort bien (et redoutent sûrement un peu). Jeune élève des classes jazz de Marciac, Émile Parisien se révèle un stupéfiant saxophoniste extraordinaire dans la maitrise du son, de l’intensité et du phrasé pur. Une énergie constante autant dans les triples croches que dans les notes tenues. L’association crée ici entre le son cristallin du soprano et les vibrations sauvages de Kornazov (Sianie) créent alors une forme contrastée intéressante. Quand à Kornazov on est depuis longtemps épatés par le registre de ce qu’il exprime. Totalement libéré des influences des anciens, Kornazov possède une telle technique de jeu que toutes les émotions passent dans sa façon de jouer. Ceux qui l’ont entendu aux côtés de Hervé Sellin, au sein du Vienna Art Orchestra ou encore du quartet de jan Schumacher savent que ce tromboniste habitué des grands prix sait à peu près tout jouer et dans toutes les circonstances. Il ne cesse de surprendre par son eu toujours lié à un sens aiguisé de l’orchestration. Quand à Manu Codjia il fait ici le liant, joue les arbitres et apporte un décalage sur un autre registre, enchaînant presque naturellement avec son compagnon de route. Véritablement dans le prolongement et la même inspiration que le travail poursuivi avec Texier, cet album à multiples facettes met en évidence le talent de ces musiciens surdoués dont on sait combien le monde du jazz se les arrache. C’est totalement mérité.
Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 09:36

Label Igloo




Partons à la découverte de ce tout nouveau projet musical, réunissant deux talents indéniables que sont la violoniste Cécile Broché et le saxophoniste Etienne Bouyer. Leur rencontre donne naissance à un disque sur le thème du voyage, « Soundscapes », construit sur le moule d’un étonnant « road movie ». Ici résonnent des reflets oniriques évoluant sur chaque continent de long en large, au dessus des montagnes moldaves comme à travers les faubourgs de New York, en passant par de subtiles odeurs orientales. Par leurs enivrantes simplicités, certains thèmes ne sont que prétextes à improvisations. D’autres compositions ne sont qu’ostinatos dirigeant le message, tantôt rageurs et asymétriques (« The Town »), parfois mélancoliques (« Plage blanche »). Résonne aussi un certain pointillisme digne d’une attitude minimaliste, comme par exemple dans l’exposé désarticulé de « E411 ». Difficile de ne pas tomber sous le charme des abîmes sonores explorés par certaines résonnances harmoniques dans l’introduction de « Jezerca ». Le monde du silence propice à la méditation y est ainsi évoqué. A cette association inédite de timbres, il faut surtout souligner l’utilisation par la violoniste d’effets spéciaux en tout genre, comme des pédales « wah-wah », « octaver », « distorsion » et autres « Loop Station », cette dernière pédale étant de plus en plus utilisée par les musiciens de Jazz contemporain. Ce parcours d’explorations diverses s’attarde aussi sur le jeu des dissonances, des onomatopées, des imprévus, au gré des notes infortunés et des invocations vocales (« Art », «  Peut-être » et « Lonely Woman » d’Ornette Coleman). Puis un détour par la noblesse des résonnances modales orientales, nous offrant le plaisir d’une imagination sans frontières. La surprenante apparition du Djembé sur quelques compositions, entre les mains expertes de Chris Joris, ajoute au carnet de voyage le sourire éclatant de l’Afrique noire. C’est dans notamment « Isi Bop » que l’esprit percussif prend toute sa valeur. Pour la petite histoire, « Isi » n’est que le diminutif de « Isidor », le chat du saxophoniste ! Dans cet hommage félin justement, la répartition des rôles donne à chacun des musiciens un véritable moyen d’exprimer l’héritage du Jazz. Mais aussi du Rock ! En témoigne, par la suite, ce riff dévastateur du morceau « Konnyu Darab n°5 ». Pour finir en allégresse poétique absolue, le duo nous offre une version tout à fait originale du standard ultra-classique « In a sentimental mood » de Duke Ellington, version alambiquée de questions-réponses tout à fait inattendues. Interprétées avec une complicité hors du commun et en totale harmonie avec la Nature tout au long du disque, ces escapades sonores nous recentrent au cœur du monde avec sérénité. Le deuxième, c’est pour quand ?
Tristan Loriaut

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 09:30

Stunt/Nocturne – 2008

 


Quand Jean-Marc Gelin me "convoque" à déjeuner, c'est généralement pour papoter autour des derniers ragots du monde du jazz.

Ou plutôt l'inverse ... je ne sais plus!

Quoiqu'il en soit je repars toujours les mains pleines de cds. Souvent les artistes me sont totalement inconnus. C'est le cas de Jonas Westergaard. Comme souvent, je fais une copie du cd et la colle directement sur mon ipod. Les noms de l'artiste et de l'album sont les seuls renseignements dont je dispose pour écouter. Cette méthode a l'avantage d'écouter avec l'oreille vierge de tout a-priori. Et le jour vint! C'était le tour de "Helgoland" de Jonas Westergaard.

Westergaard est un contrebassiste danois d'une trentaine d'années, élève de Mark Desser lors de son séjour de trois ans à New York et primé par la radio danoise Danois en 2006. Par le passé, il a fait preuve de ses qualités d'instrumentistes, de compositeur-arrangeur et de chef d'orchestre. Et tout son talent prend forme avec ce nonet danois.

Le premier morceau commence dans le silence, une musique peuplée de notes silencieuses, apparaît un chuchotement, une complainte douce qui grandit, qui envahit nos oreilles et nous laisse coi. Le sax déchirant de Jesper Zeuthen (as) nous transperce. Pas cette déchirure qui fait mal, mais celle qui donne l'émotion qui fait du bien. Par son discours ultra-mélodieux et travaillé, Zeuthen galvanise la pièce.

La musique de cette œuvre ressemble à un long silence. Les notes silencieuses du premier morceau deviennent obsessionnelles et nous hantent à travers tout l'album. La musique est lente ou rapide, elle semble attirée ou retenue dans l'instant passé. Comme si on la sortait d'un long silence. Un peu comme un réveil dans un lit douillet après une bonne nuit, moment que l'on souhaite prolonger. Cette sensation est audible sur les deux premières pièces "Helgoland" et le bien-nommé "Dream". Mais elle reste perceptible sur les cinq autres compositions de Westergaard.

La douceur des instrumentistes, leur émotion et leur retenue donnent à cette musique un côté précieux alors même qu'elles prennent leurs inspirations dans des sales et vieilles histoires empruntées à Ellington ou à Gil Evans. Point de retours nostalgiques sur les anciens, au contraire. Il s'agit plutôt d'une musique vivifiante scrupuleusement orientée vers l'improvisation actuelle mais qui ne fait pas "la grimace à la tradition". Prenons "Over The Hill", hommage à Andrew Hill, décédé en 2007 mais toujours moderne à l'écoute. Westergaard y transcende la modernité de l'orchestre de Hill avec une écriture mêlant un arrangement harmonique légèrement décalé, cher à Hill, et un swing léger et staccato. Sur cette pièce, l'excellent batteur Jakob Hoyer gratifie la pièce d'un superbe chorus de batterie démonstratif, très rafraîchissant et moderne.

Westergaard ne s'est pas entouré des derniers venus: Peter Fuglsang est aux clarinettes, Jakob Bro à la guitare et Jesper Zeuther au sax alto particulièrement bien éclairé par le mixage. Jakob Bro, guitariste de Paul Motion qu'on peut entendre en long et en large sur le cd du saxophoniste Jakob Dinesen, est particulièrement remarquable par la douceur de ses notes et ses "accompagnements-chorus" sur "Red River". Peu démonstratif sur l'ensemble du cd, il joue pour la musique et participe activement à l'homogénéité et l'équilibre de l'orchestre. Au bord de la complainte, le sax de Zeuthen brille par ses hésitations, ses trémolos noueux et sa tessiture qui nous émeut. Son introduction et son chorus sur la dernière pièce "Until It's Time" est une démonstration lumineuse de l'art du jeune saxophoniste danois. Comme si cette pièce avait été composée et arrangée pour lui. Pour terminer, mention spéciale au pianiste Soren Kjaergaard dont les clapotis instrumentaux accompagne la musique avec un côté essayiste et expérimental véritablement agréable.

L'orchestre est soudé, le musique est dense malgré son apparent silence, son atmosphère cotonneuse. Mais cet homogénéité n'est pas le fruit d'un hasard. Les musiciens se côtoient, jouent ensemble dans des univers musicaux outre-Atlantique. Soren Kjaergaard joue avec Westergaard dans le Michael Blake's Blake Tartare et dans Bandapart avec Jakob Bro...

Enfin et surtout, Westargaard est un fin compositeur et extraordinaire arrangeur. Les sept pièces sont toutes très belles et partagent le même cachet.

Voilà peut-être un disque à intégrer dans le top-ten des disques de l'année; en tout cas une réussite totale de Westergaard et du jazz danois. Jérôme GRANSAC

 

 

Partager cet article
Repost0
29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 09:26

Cristal / Abeille 2008




 
Philippe Sellam navigue aussi bien dans le monde de la variété ( Henri Salvador, MC Solaar) que celui du jazz dont il est plus proche. Co fondateur, avec Gille Renne, du devenu icône NO JAZZ, Sellam joue dans beaucoup d'autres formations: le Mega octet d' Andy Emler, Captain Mercier et Paco Sery entre autres. Sellam et le guitariste Gilles Renne n'en sont pas à leur première collaboration: NO JAZZ donc, No Spirit et Sellam – Renne African Project. No Spirit réunit, sous l'égide de Sellam et Renne, l'organiste Fred Dupont et Christophe Bras à la batterie; ce dernier étant aussi coutumier au jazz rock qu'à la musique brésilienne. La démarche de se groupe est de jouer ... sans se prendre la tête. Pas de projet ni d'idéologie particuliers, juste le plaisir de jouer. Et le plaisir est communicatif, au bénéfice de l'auditeur.

Pour ce premier cd, le plaisir est double car le support est double face: un cd live et un dvd en concert. Le cd live est enregistré aux Caveaux des oubliettes, le club où l'on se retrouve pour s'éclater entre étudiants de la proche cité U pour des soirées endiablées, à Paris en avril 2008. Le concert sur le DVD a été filmé au festival sud-coréen « Jazz Park » en mars 2008. No Spirit, c'est une musique jazz-rock/fusion mélangée avec un fond blues puissant. Et c'est ça qui est bon: entendre le blues reprendre des couleurs entraîné par un jazz rock finement joué et revigorant. Les compositions sont dynamiques et bien écrites pour être efficace. Autant le dire tout de suite, nous avons préféré le DVD. Peut être simplement parce qu'on a l'image... En effet, le concert au Caveau des Oubliettes bénéficie d'une excellente ambiance et la musique s'en ressent. Et le répertoire est plus large de deux titres. Mais voir le groupe sur scène, et malgré un public coréen pour le moins frileux, met en exergue toute l'énergie de la musique et le talent des musiciens. Sur « White Spirit », Sellam et Renne gratifient la musique d'un double chorus tout à fait jouissif. Fred Dupont est aussi très impressionnant techniquement et Christophe Bras se laisse emporter dans un solo de batterie tonitruant et démonstratif de la technique du maître d'oeuvre. Enfin, le saxophoniste alto en vogue en Corée du Sud rejoint le groupe sur scène. Sellam et Mr Lee se lancent dans un jeu de répons démoniaques comme s'adonnerait deux jeunes saxophonistes dans le garage de leur parent.

Les deux concerts ont été enregistrés à un mois d'intervalle. Vous pourriez être tenté par faire la comparaison des pièces communes aux concerts, mais ce serait aller contre l'esprit de No Spirit. Véritablement, il faut écouter la musique sur ce double support avec les oreilles grandes ouvertes pour se faire hérisser le poil de la peau. Jérôme Gransac

Partager cet article
Repost0
28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 08:42
En ce début d'hiver glacial, et juste parce qu'il s'agit de l'un des plus beaux moments de jazz, ce Summertime d'Albert Ayler, comme ça, en cadeau

link

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 09:28

Linoleum Records



Musique de films muets, musique imagée, musique désinvolte et truculente, liberté, évasion, hallucination, à fond les manettes... voilà ce qu'évoque la musique de Lilliput Orkestra.

Du punk light, du jazz, du trash, Franck Zappa, Sex Mob, des samples et effets, du rock, Martin Luther King, des fourmis violentes, Lester Young, un orchestre moderne,... voilà ce qu'on entend dans Ca Urge.

Ca booste, ça fonce: on ne s'ennuie pas, pas le temps!

Lilliput Orkestra en est à son troisième album. Cet orchestre-quartet n'est pas un orchestre de poche déserté par ses propres musiciens ni un quartet qui veut faire plus grand qu'il ne l'est!

C'est un quartet de multi-instrumentistes qui joue une musique démesurée et mélange sonorités et influences multiples: de la fanfare de foire, au rock progressif en passant par un jazz résolument free et joyeux. Mené par Laurent Rochelle, compositeur de toutes les pièces, l'orchestre doit sa trépidance à Olivier Brousse (cb, b) et Pascal Portejoie (dr, perc) qui constituent une paire rythmique vive. Laurent Rochelle (bcl, ss, fl, cl, élec) et Piero Pépin (tp, bug, cl, machines), quant à eux, apportent les couleurs insensées de la musique
Musique solide ou claudiquante, goguenarde ou tendre, trébuchante ou dévastatrice, elle est difficile à évoquer scrupuleusement et exhaustivement tellement elle est variée, étonnante, riche et sonore. A renfort d'une post-production malicieuse qui mêle jazz acoustique avec superposition de couches instrumentales, Lilliput « fait son orchestre ». La jouerie est énergique et les effets électro/samples, placés là où ça fait du bien, la rendent dynamique et terriblement entraînante.

Les espaces et les ambiances sonores sont variés; les espaces d'improvisation, qui ne pâtissent en rien de la post-production et de l'électronique très présentes, trouvent leur place, en particulier sur quatre pièces, dans un esprit free moderne et déluré. Les compositions, mélodieuses et tranchantes quoiqu'inégales, apportent leur lot de sarcasmes et d'ironie.

Lilliput a un son bien à lui; son jazz libertaire, selon Laurent Rochelle, sort sans forcer de la norme et se sert de tout pour faire sa musique. C’est là qu’on prend conscience du talent d’instrumentiste (avec Marc Sarrazy sur « Intranquillité) et de compositeur du leader Rochelle. Un monsieur à surveiller avec ou sans Lilliput !

Revigorant sur cd, probablement transcendant sur scène !  Jérôme Gransac


 

http://www.myspace.com/lilliputork

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 09:21

Zig-Zag Territoires – Harmonia Mundi



Avant de commencer à parler du premier opus de ce quartet au nom bizarre, il faut savoir que le kumquat est le nom donné aux différentes espèces d'agrumes du genre Fortunella. C'est également le nom donné à leurs fruits. Les kumquats sont des arbres fruitiers de la famille des Rutacées originaire de Chine et de Malaisie. Après cinq années d’explorations musicales et une récompenses au tremplin Jazz d’île de France, les quatre musiciens de Kumquat réunis autour de leur compositions nous offre « Quick & Dirty », rempli de surprises enregistrées en concert à l’Olympic (Paris) le 15 Février 2008 ainsi qu’en studio les mois suivant. Ils sont jeunes, prometteurs et créatifs : Sylvain Choinier à la guitare électrique, Raphaël Quenehen aux saxophones, Clément Lebrun à la basse électrique et Julien Bloit à la batterie. La première surprise sonore fait débuter l’album par un calme avant la tempête dans « In Bed With Igor », comme si la suite était annoncée comme un puits à idées. « In Bed With Igor » qui n’est autre qu’un arrangement de Clément Lebrun autour de trois pièces d’Igor Stravinsky. De troublantes longueurs de notes jonchent parfois la route biscornue que l’on emprunte à l’écoute de ce disque. On peut y trouver une quasi-perpétuelle utilisation de sons et de modes incantatoires. Des bruitages et autres onomatopées sont là aussi pour divertir un public forcément attentif. C’est dans « Le Mouton ou le café ? » que la folie furieuse emporte tout sur son passage, laissant place ensuite à de rageurs ostinatos à la basse. Le disque contient par ailleurs un attrayant film d’animation autour de cette composition mettant en scène le tournoiement d’un manche de machine à café et l’incessant saute-mouton de pelotes de laine réhabilités. Pour en revenir à la réalisation de ce disque surprenant, il faut signaler surtout le fruit d’un travail colossal sur le son et la clarté du message (« Yeah ! »). Le blues est présent, le rock aussi, sans parler de la liberté avec laquelle ces blagueurs-musiciens nous entrainent à travers leur monde fantomatique et indéfinissable. Chaque composition ressemble à un florilège de moments égarés, dérangés par le souci du risque de l’improvisation. En découle des passages interrogatifs mêlés de petites conversations entre instruments pleines de poésie où les idées ne manquent pas. En opposition à ces escapades lunaires, une bonne partie du disque se révèle magistralement écrite avec maîtrise et clairvoyance, faite d’asymétrie rythmique et de contrepoints digressifs. En témoigne l’ostinato de « Ligne 12 » ou bien la transe de « Mezzanine », ce quartet de combattants chamboule toutes les idées reçues et concepts préétablis du monde sonore moderne. A écouter d’urgence, surtout après un congrès du parti socialiste. On attend avec impatience le développement de ce projet à une instrumentation encore plus élargie, peut être au prochain au disque ? Tristan Loriaut

Partager cet article
Repost0
23 décembre 2008 2 23 /12 /décembre /2008 07:20
Les lecteurs assidus des DNJ ont depuis longtemps repéré la signature de Bruno Pfeiffer dans nos colonnes.
Ce dernier vient de se voir confier le blog jazz de Libé.
Sacrée challenge et je sens qu'on va pas tarder à lui piquer ses scoops.
Bravo Bruno, bon gig et continue à faire vbrer cette musique !



cliquez

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 08:15

 

La collection Jazz Icons constitue ce qui ce fait de mieux en matière d’édition DVD de concerts ou de prestations télévisées de jazzmen américains de passage en Europe. Un travail soigné de restauration de l’image et du son, un livret explicatif et complet de 24 pages, intégrant photos et anecdotes truculentes. Et enfin et surtout, des professionnels sérieux et honnêtes qui payent les droits d’éditions et publient des documents exceptionnels avec l’accord des ayant droits (chose rare dans l’industrie du DVD où la plupart des documents d’époque sortent en édition pirate et trouvent malheureusement des réseaux de distributions normaux).

Parmi les 7 nouveaux DVD qui constituent la troisième série de la collection Jazz Icons (tous excellents), notre choix s’est concentré sur trois grands saxophonistes incontournables, présents dans trois DVD indispensables.

Lionel Eskenazi

 

 

JJJJ CANNONBALL ADDERLEY: « Live in ’63 »  HHHH

 


Au début de l’année 1962, Julian « Cannonball » Adderley transforme son quintet en sextet, en intégrant le génial flûtiste, saxophoniste ténor et hautboïste Yusef Lateef. Cette formation légendaire qui comprend aussi Nat Adderley au cornet, Joe Zawinul au piano, Sam Jones à la contrebasse et Louis Hayes à la batterie, va devenir l’un des meilleurs et des plus inventifs orchestres de jazz de cette période. Ils remporteront un très grand succès en sillonnant pendant deux ans les scènes du monde entier et enregistreront (exclusivement en « live ») des disques essentiels (In New-York, In Europe, Jazz Workshop Revisited et Nippon Soul). La première partie de ce DVD nous les présente en concert en Suisse à Lugano, le 22 mars 1963. Il s’agit d’un formidable concert qui a d’ailleurs été édité en CD et qui est correctement filmé par la TV suisse, en vidéo noir et blanc, mettant en avant chaque musicien du sextet. Yusef Lateef se taille la part du lion, notamment à la flûte sur Angel Eyes (titre inédit joué en quartet et absent de l’édition CD), et au hautbois sur le bluesy Trouble in Mind. Les frères Adderley en grande forme effectuent des chorus ébouriffants à chacune de leur intervention. Joe Zawinul, méconnaissable, portant un smoking et une coupe de cheveux fortement marquée par une raie horizontale sur le côté, assure un swing pétillant et très churchy. En fermant les yeux et en se concentrant sur son jeu de piano, on pourrait croire que ce pianiste blanc autrichien est un afro-américain natif de harlem ! La complémentarité rythmique du contrebassiste Sam Jones et du batteur Louis Hayes est tellement extraordinaire que le grand Oscar Peterson les intègrera ensemble dans son trio, trois ans plus tard. On peut apprécier leur talent de soliste sur Trouble in Mind pour Sam Jones et sur Bohemia After Dark  pour Louis Hayes. La deuxième partie de ce DVD est moins intéressante, elle a été enregistrée deux jours avant dans un studio TV en Allemagne, dans un décor affreux, la réalisation est un peu brouillon et propose des cadrages assez inhabituels (on intègre des bouts de musiciens dans un décor plutôt que le contraire). Le groupe ne joue que trois titres dont Jessica’s Day et Jive Samba, déjà interprétés lors du concert de Lugano. C’est donc pour le magnifique Brother John (une composition de Lateef interprétée au hautbois et dédiée à John Coltrane) que toute notre attention se portera.

Lionel Eskenazi

 

 

 

JJJJ RAHSAAN ROLAND KIRK : « Live in ’63 & ’67 » 

 

Ce DVD est indispensable car l’écoute des albums de Roland Kirk ne suffit pas à bien comprendre et à pouvoir adhérer pleinement à l’univers musical de ce phénoménal multi-instrumentiste, qui à lui seul sonnait comme une section de saxophones (il jouait aussi diverses flûtes, sifflets, appeaux et sirènes). Roland Kirk jouait de trois saxophones simultanément : le sax ténor, le manzello (sorte de soprano recourbé) et le stritch (sorte de long alto droit). Cette « performance » ne faisait pas de lui une bête de foire, mais un véritable musicien-compositeur qui entendait sa musique à plusieurs voix, un artiste aveugle qui a développé une hyper-sensibilité et une ouïe démesurée, ainsi que des capacités respiratoires hors du commun (la maitrise de la respiration circulaire). Le DVD démarre par une émission de la TV belge (Jazz Pour Tous) en 1963, avec une très belle image parfaitement restaurée et une réalisation sobre et efficace, toujours au service de la musique. Il est accompagné d’un trio efficace où l’on distingue un jeune batteur de 25 ans au jeu vif et subtil qui n’est autre que Daniel Humair ! Sur Three for the Festival, Kirk réalise un véritable tour de force, introduisant le morceau avec ses trois saxophones, puis proposant un remarquable chorus de flûte avant de revenir à ses furieux saxos. Puis l’on se retrouve au Rolando, club de jazz Hollandais avec une réalisation plus nerveuse. Une version de Bag’s Groove qui décoiffe avec un Daniel Humair en grande forme et une très belle interprétation à la flûte de Lover Man. La troisième partie du DVD se situe quatre ans plus tard en Norvège lors du festival de Kongsberg. Kirk y est encore plus impressionnant (il a enregistré entre temps de remarquables albums comme Rip, Rig & Panic, Here Comes a Whistleman ou Now Please don’t you Cry Beautiful Edith) et se trouve entouré de pointures tel que le contrebassiste NHOP ou le pianiste au jeu bluesy Ron Burton. La mise en images n’est pas mémorable mais les versions de Blue Rol (où il joue de la clarinette !) et de Making Love After Hours sont de grands moments de musique très intense.

Lionel Eskenazi

 

 

 

JJJJ SONNY ROLLINS :  « Live in ’65 & ’68 »  

 

Au Danemark en 1965, Sonny Rollins, le crane rasé de près, joue en trio au festival de jazz de Copenhague. Il est accompagné du contrebassiste NHOP et du batteur Alan Dawson. Les caméras danoises n’ont que trois musiciens à filmer, mais elles ont vite compris que c’est sur Sonny qu’il faut se concentrer et surtout ne pas le lâcher, car il est dans un grand jour et va faire exploser la baraque. On peut même dire que ce soir là, il invente un nouvel instrument : le saxophone ténorme ! Après deux excellents morceaux qui lui servent de warm-up (There will Be Another You et le célèbre St Thomas), il passe aux choses sérieuses en entremêlant dans le même morceau les thèmes d’Oleo et de I Can’t Get Started. Il va alors partir dans une furieuse improvisation mémorable de 30 minutes sans beaucoup reprendre son souffle, avec des clins d’œil et des réminiscences à 52nd Street Theme et Alfie, puis il intègre le thème de Sonnymoon for Two et enchaîne sans temps mort sur Darn That Dream et Three Little Words. Un instant de pur bonheur et qui est en plus, remarquablement bien filmé par la TV danoise. Ces trente minutes (qui se situent entre la 24 ème et la 54 ème minute du DVD) demeurent un des plus grands moments de jazz télévisé que j’ai pu voir. Sonny est à son sommet et s’envole très loin, noue emmenant avec lui dans sa furieuse improvisation, l’émotion est à son comble et il est très difficile d’en sortir indemne. Il est d’ailleurs fort dommage qu’il n’existe pas un CD de ce mémorable concert. La deuxième partie du DVD nous le montre toujours à Copenhague, mais dans un studio de la télévision danoise, trois ans plus tard. Sa barbe a poussé et il joue cette fois-ci en quartet (avec Kenny Drew au piano et le même NHOP à la contrebasse). Il va effectuer une remarquable prestation (bien que très en-dessous par rapport concert précédent) avec notamment une belle version de On Green Dolphin Street . Les images sont belles et bien composées, l’éclairage est soigné et le montage efficace par rapport à la narration musicale. Lionel Eskenazi

 

 

 

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 08:12

Tzadik 2008

John Medeski ( claviers), Chris Wood (cb), Billy Martin (dm)



Les lecteurs assidus des DNJ s’en souviennent, le précédent album de ce bouillonnant trio (à mon sens l’un des plus doués du moment), nous avait absolument conquis. Du genre à rester de longues années dans les favoris de son Ipod. C’était un album avec Scofield et cela déménageait sérieusement. Vous vous en souvenez sûrement et cela a dû rappeler quelques bons souvenirs à John Zorn qui en 1993 avait brièvement accueilli ces jeunes trublions sur la planète Masada. De quoi lui donner quelques idées au passage. Dans son entreprise gigantesque, Zorn a en effet composé plus de 300 titres devant constituer l’ossature du livre des anges dont il confie régulièrement  l’interprétation aux amis de passage. Et c’est ici ce superbe trio qui pour le volume 11, s’y colle et se voit confier l’interprétation du Livre 2.

Formidables interprètes de l’idée zornienne, Medeski, Martin & Wood ne trahissent pas son auteur  et restent fidèles à l’esprit jazzo-rocko-klezmero-trash  de son auteur. Le risque était grand pour eux de les voir au pire se dénaturer, au mieux qu’ils se retrouvent dans cette entreprise telle une poule devant une brosse à dent. Mais ils parviennent habilement à éviter cet écueil. A ce jeu là, MM&W ne perdent pas leur âme mais insufflent une réelle personnalité et y mettent presque une petite dose d’ironie irrévérencieuse n’hésitant pas quand il le faut à faire quelques pieds de nez à l’esprit Zornien. Alternant le clavier électrique ou acoustique, John Medeski ne singe pas Marc Ribot et  imprime sa marque et la couleur du groupe. Ce qui n’était pas gagné sur le papier tant l’univers de ce trio de trublions semblait peu commun à l’univers de Zorn. Or chacun des membres du trio y est épatant et l’on apprécie autant leur sens de la forme, mettant en valeur le génie compositionnel de Zorn que le déchaînement des « groove » lourds sur lesquels la basse de Chris Wood fait merveille et semble réinventer l’instrument. Il fallait une sacrée musicalité pour pourvoir entrer ainsi dans ce livre des anges sans y perdre sa personnalité. Et il fallait beaucoup de talent aussi à ce trio pour nous faire sortir d’une musique qui, avec le temps et l’habitude d’entendre ce répertoire commence à prendre des formes répétitives un peu (trop) connues. C’est tout le mérite de ce groupe qui parvient alors à nous faire redécouvrir sur son propre terrain une musique qui pourtant lui était a priori étrangère. Jean-Marc Gelin

Partager cet article
Repost0