Subséquence 2008
Eric Löhrer (g), Jean-Charles Richard (ss), Eric Surmenian (cb), Patrick Goraguer (dm)
Il y a ce que l’on savait. Il y a ce que l‘on devinait. Enfin il y a ce que l’on ignorait. Ce que nous savions, nous le tenions du premier album de Jean-Charles Richard qu’il avait réalisé en solo au soprano et au baryton. Nous avions alors écrit qu’il y avait chez ce musicien quelque chose que nous ne trouvions nulle part ailleurs, une sorte d’expression directe de l’âme. Ce que nous devinions c’était le très grand talent de Éric Löhrer dont on savait pour l’avoir entendu aux côtés de Julien Lourau sur Fire and Forget, combien ce garçon comptait parmi les futurs grands guitaristes. Enfin ce que nous ignorions c’était que ces deux musiciens préparaient un disque ensemble et allaient se rencontrer sur des compositions du guitariste pour un album qui à tous les coups va marquer fortement cette année musicale. Peut être même voué à quelques distinctions suprêmes. Il faut dire que rares sont les albums qui reposent sur autant de talents au service d’une émotion et d’une énergie si bien partagée. Une musicalité qui s’exprime autant dans le fond que dans la forme. Dans l’intention du jeu du saxophoniste que dans celle des compositions superbes du guitariste. Il y est alors question de tendresse ou de mélancolie (Dolce Vita). Il y est question de faire swinguer le blues avec autant de facilité que de gravité (582 Blues). Il peut y être question de tristesse aussi (Sélène Song). Il y est question d’eau forte. Il est question de la pureté des sons autant que de la ligne mélodique simple. Il est surtout question de transcender cette ligne mélodique en la portant au paroxysme de son exaltation. A ce titre le jeu de Jean-Charles Richard est saisissant. Quelque chose d’essentiel dans son jeu comme dans celui des très très grand. Comme Coltrane, quelque chose de fondamental, un élan irrésistible. Un flux vital qui passe de lui à nous. Dans un morceau comme Boréale, le saxophoniste tient la note droite et rectiligne alors que dans Moons (seule pièce de sa composition) il semble s’enrouler autour de son soprano, sort quelques notes dans l’aigu avec une pureté extatique saisissante dans sa musicalité. Éric Löhrer dont c’est pourtant son propre disque semble cependant un peu trop en retrait à notre sens si l’on en juge les quelques fois où il se met en valeur et où l’on perçoit le guitariste rare capable avec finesse et nuances d’exprimer la légèreté et la gravité profonde avec autant d’aisance naturelle. La puissance et l’incroyable pureté du jeu de Jean-Charles Richard amène le guitariste à plus de réserve ce que l’on peut regretter un peu d’autant que Löhrer semble disparaître pendant quelques titres. En fin d’album India vient conclure admirablement cet album avec beaucoup d’à propos. Cette élévation toute coltranienne à laquelle Jean-Charles Richard nous avait convié trouve là son point culminant, saisissant dans son inspiration et dans la tension qu’il induit. Furtivement Eric Löhrer sonne comme Hendricks et l’on devine alors chez lui le grand guitariste qu’il est et dont le talent rare ne manquera pas dans les années à venir, de frapper les esprits. Jean-Marc Gelin
Nocturne 2008
Denis Guivarc’h (as), Pierre de Bethmann (p), Jean-Luc Lehr (bass), Mathieu Chazarenc (dm)
Denis Guivarc’h qui signe là son premier album n’est pas un inconnu dans le microcosme du jazz. Et d’ailleurs avec son premier album qu’il présente ici, sa renommée devrait franchir un large pas qui l’amènera certainement à s’installer une solide réputation par delà l’hexagone.
Ancien prof assistant au Cim, Guivarc’h a surtout depuis quelques années, poursuit son parcours au sein du groupe de l’orchestre de Magic Malik. Il faut dire que les deux hommes partagent ensemble un goût évident pour la même musique, en l’occurrence celle de Steve Coleman qui, il faut le reconnaître est depuis le bebop l’une des choses les plus intéressantes qui soit arrivée au monde du jazz ces vingt dernières années. Et l’on retrouve à l’évidence chez notre saxophoniste alto une filiation directe avec le génie de Chicago. D’abord par le son qui comme chez son mentor est fait de puissance gracile, de lyrisme véloce à la diabolique précision rythmique dans le groove toujours sous jacent ou carrément évident. La musique de Guivarc ‘h, relève de l’équation presque mathématique, jonglant avec les systèmes métriques et les enchaînements harmoniques complexes. Le tout prenant sous l’impulsion de Guivarc’h des allures d’arabesques dessinées dans le ciel, fluidifiées dans un espace contraignant mais toujours ouvert. Dans ce système basé sur un grand nombre d’obstacles, Guivarc’h en boxeur qu’il est, se révèle un maître de l’esquive serpentant sans s’arrêter au travers des pièges harmoniques et rythmiques rendant paradoxalement cette musique là incroyablement ouverte. Sur des thèmes du répertoire comme sur ses propres compositions, Guivarc’h fait une démonstration étincelante des leçons Colemaniennes. Les deux seuls thèmes qui ne sont pas de sa propre composition, Nefertiti et All the things you are sont des modèles de réappropriation de thèmes bien connus et embarqués dans l’univers de Guivar’ch. Un thème comme Steps reprend la structure de Giant Steps de Coltrane pour là encore en livrer une récriture particulièrement intéressante. Sur MMO ou Exit par exemple il y est question d’exercice rythmique qui par ses décalages ou ses ruptures relève d’un casse tête que seuls des musiciens de grand talent peuvent relever comme un défi. De Bethmann dont on sait combien il est à l’aise dans cette musique là reste au piano et apporte au quartet une force supplémentaire et une autre intelligence de l’instant musical et Jean-Luc Lehrr à la basse électrique arrondi les angles de ces chemins déjà bien si sinueux.
Alors que Steve Coleman ou même Magic Malik semblent s’orienter aujourd’hui vers une musique intellectualisante qui ne devient parfois abordable qu’après l’obtention d’une agrégation de Mathématiques appliquées, celle de Guivarc’h repose avant tout sur la notion de plaisir dont il n’exclut pas une réelle sensualité. Sa musique et son jeu possèdent l’évidence que l’on rencontre souvent dans les premiers albums réussis. Cette évidence faite à la fois d’exigence et surtout d’envie. Intelligente et lumineuse la musique de cet élève surdoué a peut être bien dépassée là celle de ses maîtres. Jean-Marc Gelin
Avec cet album Greaves Verlaine, le pianiste, bassiste, auteur-compositeur et chanteur gallois s’est lancé un nouveau défi : sortir un disque en français sur des poèmes de Paul Verlaine. S’inspirant de divers recueils très connus Chansons pour elle, Romances sans paroles, Parallèlement, Fêtes galantes, Poèmes saturniens, La bonne chanson, John Greaves a extrait dix titres auxquels il a rajouté un plus leste en final.
Dans les frimas d’Ecosse, en vacances, il a donc choisi « une poignée de diamants » qu’il a transposés en chansons et interprétées de façon originale mais fidèle tout de même à l’esprit de l’auteur : chansons d’amour éperdu et perdu, chansons charnelles aussi (l’ érotisme de « Séguedille » est plus convaincant que le « triolet à une vertu ». Le bonheur et la douleur de la possession, le temps qui passe donnent une coloration sombrement mélancolique à ce recueil.
Dans l’ interview d’Aymeric Leroy pour Citizenjazz, John Greaves avoue que le choix de Verlaine s’est avéré rapidement le seul posssible. Ses poèmes précis et structurés sont faciles à mettre en musique : « après les deux premiers vers, le reste suit assez naturellement, car la métrique est toujours parfaite. Il est assez facile d’intégrer les strophes à une structure musicale de type chanson … La musique est venue assez rapidement,dès lors que la question des textes était réglée. Restant narrateur, la dimension harmonique est portée par l’arrangement et tout ce qu’il y a autour de la voix. Et quelle voix ! Un accent anglais prégnant, une voix rauque, rocailleuse et souvent monotone (il faut parfois s’aider du livret quand on ne connaît pas les poèmes par cœur), le choix de l’interprète est troublant pour servir l’auteur « de la musique avant toute chose ». De quoi choquer peut-être les puristes. Encore que Ferré et Gainsbourg aient ouvert la route… D’ailleurs l’ensemble tient la route : avec ses ralentis traînants et ses accélérés pour garder la cadence… sans avoir le velours de Bashung , on pense parfois –et le compliment n’est pas mince- au rocker du vertige.
L’unité paradoxale de l’album réside dans l’alliance de tous les timbres musicaux qui brossent un arrrière-plan omniprésent, empreint d’une nostalgie et d’ une déprime très actuelles, écrin pour la voix de John Greaves, qui réussit alors son coup.
La découverte du répertoire, dans des orchestrations plutôt dépouillées, différentes d’un titre à l’autre selon les invités , séduit dès l’ouverture "Chanson pour elle". Plus cabaret et pop club que jazz de chambre, certains titres sont même entraînants, ritournelles de "Streets" ou "Beams". Jeanne Added que l’on entend surtout chanter, double la voix de John Greaves dans « Le piano que baise une main frêle » et le « Triolet à une vertu ».
Cet album que Leroy qualifie, fort justement, de "Superproduction artisanale", tant sa réalisation fut minutieuse et compliquée tient à la coopération bidouillée des nombreux copains musiciens invités (ils sont onze).
Le batteur et le pianiste (formidables Mathieu Rabaté et Marcel Ballot) ont fait des prises chez eux, les autres instrumentistes sont venus au fur et à mesure faire leurs parties, en jouant un ou plusieurs titres, selon l’inspiration du moment : judicieusement choisis, Karen Mantler à l’harmonica, Scott Taylor à l’accordéon, Arthur Simonin aux cordes, lancinantes à souhait, le violon solo de Dominique Pifarély parfaitement adapté, la scie (et la soie) musicale de Fay Lovsky, un ravissement ; quant aux guitares finement saturées de Jef Morin, elles donnent une résonance rock poignante à quelques titres et en particulier à « Silence silence ». .
Cette belle association de talents dans un projet très personnel souligne l’ éclectisme sensible du Gallois : cet album est révélateur de musiques actuelles qui flirtent avec toutes les musiques aimées. Intelligent ! Sophie Chambon
Peter Delano (p), Dewey Redman (ts), Doug Weiss (cb), Anders Hentze (dm)
Belle initiative de la part des éditions Nocturne que d’éditer ce disque du jeune pianiste américain, Peter Delano (31 ans). L’histoire du jazz aurait bien pu en effet l’oublier si le jeune homme ne s’était pas récemment remis d’un terrible accident au dos qui lui valu à la suite d’une paralysie partielle d’être écarté longtemps de la scène du jazz. Car avant cela, celui que Ira Gitler comparait à Bud Powell avait pu graver deux albums avec des pointures comme Michael Brecker ou Gary Bartz, tous deux impressionnés par ce talent prodige. Jusqu’à ce fichu accident qui interrompit sa carrière.
Et pourtant à entendre ce grand pianiste et compositeur on comprend ce que l’on a pu perdre durant ces années de douloureux intermède.
Cet album enregistré en 2007 en hommage à Dewey Redman et qui contient 3 plages enregistrées avec le saxophoniste est assez jubilatoire pour nous faire découvrir de ce côté-ci de l’Atlantique un pianiste surdoué et impressionnant. Un pianiste dont on devine à l’énergie et la fougue qui marque son jeu avec quelle avidité il renaît à la musique. Qu’il s’agisse de sa maestria à dévaler le clavier (Inner limits), de sa science d’un jeu dynamique qui l’amène progressivement au paroxysme (Everytime we say goodbye) ou encore de son talent de compositeur plus assagi que l’on découvre avec intérêt ( Zoning ou Sound spirit). Il y a chez Peter Delano une soif de jouer avec force et puissance qui nous laisse parfois épuisés mais totalement bluffés (Inner Limits) au point de nous demander - comme lorsque nous entendions Bud Powell - quand ce garçon peut bien prendre le temps de respirer ! A ce jeu là ce n’est pas la rythmique qui viendrait lui donner une bouffé d’oxygène, prompte qu’elle est à porter l’estocade et à remettre du feu sur les braises à l’image de son batteur totalement survolté. Cette énergie peut parfois amener au contresens. Mais il est intéressant de voir Peter Delano attaquer de manière un peu décalée ces thèmes que l’on entend jouer souvent tristement mais dont il s’empare avec un brin de sourire dans la nostalgie ( For all we know). Un peu de légèreté sans emphase dans un jeu virtuose particulièrement délié et swinguant à la manière des grands maîtres du bop.
Et puis et surtout il y a le regretté Dewey Redman qui sur trois morceaux apporte sa science et la profondeur du sage. Celle de celui qui a vécu le jazz depuis toutes ces années. La rythmique s’impose alors plus de réserve mais reste incandescente quand le saxophoniste de son côté donne du sens et de la gravité à la musique qu’il joue (Too long to wait, Zoning). Une sorte de leçon qu’il donne à ses camarades de jeu : la musique est une affaire sérieuse. C’est qu’il y a dans le jeu de Dewey Redman une longe histoire du saxophone. Une déchirure sublime. Jean-Marc Gelin
James carter (ts, ss, bs), Gerard Gibbs (org), Leonard King (dm), Hamiet Bluiett (b), James « Blood » Ulmer (g)
La distribution tardive de cet album réalisé en live en 2004 au Blue Note de New York ne trouve pas sa justification par une actualité particulière liée au saxophoniste. Juste le hasard de la distribution dont, n’ayant pas le dossier de presse en mains, nous ne connaissons pas les raisons. Néanmoins cet album prit dans son jus « live » témoigne d’une telle énergie et d’un tel volume de jeu de James Carter qu’il eut été assurément dommage de s’en priver et de priver du même coup tout le fan club du saxophoniste de Detroit.
Après une mis en bouche sublime où James Carter entame avec une incroyable sensualité un Out of Nowhere au ténor avec un immense respect pour les saxophonistes de la lignée de Coleman Hawkins ou de Don Byas, l’album se poursuit avec une belle version de Along came Betty » le fameux thème de Benny Golson sur lequel Carter fait montre d’une grande liberté farouche tant dans la forme que dans le fond, s’affranchissant comme il le veut de la grille sans la lâcher complètement. Assez bluffant et même quasiment « Aylerien » mais dans le même temps assez perturbant pour une rythmique qui ne semble pas forcément très à l’aise et en tous cas nettement en deçà de ce que le niveau de James Carter exige de ses partenaires. Dans un esprit plus blues and roots se glisse sous la guitare du génial bluesman James Blood Ulmer et sur la composition de celui-ci, Highjack, quelques accents rock du plus profond de racines qui nous ramènent quelques années en arrière à l’époque où le grand Jimmy était encore en vie. Le mélange avec James Carter s’y fait alors explosif et la rencontre des deux y est totalement convaincante. En effet, virtuose exceptionnel James Carter dans sa façon de jouer de tous les saxs ( baryton entre autres) balance des inflexions rocailleuses venues de l’âge de pierre avec une sauvagerie brute et presque animale qui plonge dans les entrailles d’une musique afro-américaine dont le saxophoniste balaie largement les grands espaces. Avec un matériau âpre et rugueux, James Carter est une sorte d’archétype du saxophoniste dur au mal qualifié dans les liner notes de bad-ass, voire de sale gosse ou d’ours mal léché comme vous voulez. On pourra regretter certains choix (pourquoi doubler le baryton au point que l’on ne sait pas forcément qui joue de Carter ou de Hamiet Bluiett ?) ou s’agacer peut être du côté ultra démonstratif de James Carter. Pas nous. C’est que cette musique là est prise en live dans un concert où de toute évidence, le saxophoniste ne compte pas ni avec son plaisir ni avec le notre et où l’échange semblait était la recette du soir. Sacrément jubilatoire et sacrément vivifiante la musique de James Carter devrait faire le bonheur de tous les programmateurs de festivals. La musique très américaine de Carter est un hommage à tous les héros de cette musique mort une guitare à la main ou un sax entre les lèvres. Elle résonne chez nous comme une sorte d’épopée. Parfois duraille, parfois énervée ou brouillonne mais toujours héroïque. Jean-Marc Gelin
Blue Note Jazz 2008
Gonzalo Rubalcaba (p), Yosvany Terry (as, ss, ts), Mike Rodriguez (tp), Matt Brewer (cb), Marcus Gilmore (dm)
Ceux qui attendaient avec impatience le nouvel album de Gonzalo Rubalcaba peuvent se réjouir. Ceux en revanche qui attendaient le disque du pianiste cubain peuvent passer leur chemin tant Rubalcaba livre ici un album aux antipodes des clichés qui lui collent à la peau. Car ce dont il s’agit ici n’a rien, mais alors rien à voir du tout avec une formation latino mais en revanche tout à voir avec un quintet de jazz pur jus comme on en fabrique à New York depuis quelques décennies. Gonzalo Rubalcaba mise tout sur l’écriture de ses collistiers, Yosnavy Terry en tête ou Matt Brewer qui signe une très belle composition (Aspiring to normalcy). Une vraie écriture de saxophoniste basée sur l’atonalité, ou de contrebassiste basée sur la présence rythmique et les doublements subtils de tempis au risque d’en oublier un peu la ligne mélodique (sauf dans Peace de Horace Silver ou dans le sublime Preludio Corto de Alejandro Garcia Caturia qui clôture magnifiquement l’album). On y assiste alors à quelques beaux moments comme la découverte d’un saxophoniste épatant, Yosvany Terry capable dans le même morceau de passer du ténor (où il est d’ailleurs un peu fade) à l’alto où il est étincelant possédant une réelle force d’expression, une sorte d’intensité fugace. Il faut l’écouter sur This is it où son entente avec la rythmique, Rubalcaba inclus, y est fusionnelle. Cette rythmique portée à bout de bras par Matt Brewer, le contrebassiste qui ne cesse de s’imposer sur toutes les scènes du monde et que l’on a pu entendre l’année dernière sur l’album de Yaron Herman. Et puis bien sûr à tout seigneur tout honneur, Gonzalo Rubalcaba qui a 45 ans prend des allures de maître d’école et semble distribuer les rôles en imposant sa marque faite autant de sensibilité que de densité (Peace) au toucher nerveux et percussif sans jamais tomber, comme on l’a dit dans les clichés qui lui sont attachés. On aura du mal cependant à crier ici au génie. L’album est honnête mais peut être pas assez ambitieux, parfois intéressant sur le plan compositionnel mais qui laisse le plus souvent de marbre. On attendait bien plus de ce pianiste que l’on avait pris l’habitude d’adorer et qui manque un peu ici à nous captiver. Jean-Marc Gelin
Michel Benita (b, cb), Manu Codjia (g)
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