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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 23:29

JJJJ(J) eLISABETH KONTOMANOU: « Back to my groove»

Nocturne 2007

 

kontomanou.jpg  Et pourtant l’entreprise était risquée ! Elle qui il y a à peine deux ans se trouvait propulsée au sommet de sa gloire, conquérant enfin son public, triomphant sur toutes les scènes, se trouvait devant le choix de tout artiste à ce moment crucial de sa carrière : et maintenant quoi faire ? Et toutes les critiques étaient là à attendre, et l’on sait combien les gloires se font et se défont rapidement et Elisabeth Kontomanou n’allait pas se faire dévorer dans l’arène, et elle qui ne répète jamais deux fois le même album allait nous surprendre à nouveau.

Car une nouvelle fois, Elisabeth Kontomanou nous laisse totalement abasourdis, prenant une claque immense devant l’un de ses meilleurs albums. Un album auquel personne ne s’attendait vraiment et dont le secret était bien gardé. Un de ses albums le plus personnel, ce qui en l’occurrence n’est pas une simple formule puisqu’elle signe paroles et musiques de tous les morceaux (à l’exception de deux titres).

Dès le premier d’entre eux, on est plongé dans une sorte d’Opéra dont ne sait pas si l’issue en sera heureuse ou dramatique. Avec des airs incantatoires de grande prêtresse de la soul music du Rythm and blues et du jazz réunis elle nous convie à l’écoute de la simple histoire d’une femme que la vie ballade d’espoirs en désillusions et en soleils retrouvés. Et l’album se commence par ces simples phrases : «  let me tell you the story of a woman so trapped in love ». On sait que l’on va alors être plongé dans un univers de fissures et de déchirures qui nous bouleversera comme une chanson de Billie Holiday dont Kontomanou ne tait pas qu’elle inspire son travail.

Alors son monde nous est ouvert. Les arrangements de quelques uns des acteurs de cette oeuvre, (le pianiste) Orrin Evans, (le guitariste) Marvin Sewell et Gustav Karlström sonnent merveilleusement et ponctuent les histoires qui nous sont contées par des voicings, des quatuor à cordes et une instrumentation dont le propos n’est que de souligner, de ponctuer le propos de la chanteuse qui se fait alors actrice d’un paysage immense. On aime alors les chorus de Sam Newsome (le saxophoniste soprano qui était à ses côtés lors du précèdent album – écoutez What a life) et surtout les interventions discrètes mais si intelligentes de Marvin Sewell qui de quelques notes plante exactement et comme il se doit le décor, salissant le son lorsque l’histoire devient glauque, exaltant son lyrisme lorsqu’elle devient belle.

Alors Elisabeth Kontomanou prend sa part à la douleur des femmes. Des lame s’enfoncent au cœur comme dans ce Late Night qui renvoie à ces jours sombres d’errances urbaines qui furent le lot de la chanteuse à l’époque où ses enfants et le chant étaient ses seules bouées de survie.

Jean-Marc Gelin

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