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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 12:46
FREDERIC COUDERC : Sax Stories

DVD Stories FREDERIC COUDERC

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sax ....sans jamais oser le demander

Un voyage musical dans le monde de Monsieur Adolphe Sax ...

Sortie du DVD 1er juin 2015

Gaya music production /distribution Soca Disc

Stephane Coens : réalisation DVD

Frédéric Couderc (saxophones) et Patrick Cabon (piano)

Concert le 12 juillet à Strasbourg pendant Sax Open à 11h0 studio 400 de la Cité de la musique et de la danse

http://www.francemusique.fr/personne/frederic-couderc

Après une introduction volontairement langoureuse et voluptueuse sur le tango d’Astor Piazzola « Oblivion », Frédéric Couderc entreprend, avec son délicieux accent méridional, de raconter l’histoire des saxophones et de leur génial inventeur, Adolphe Sax né à Dinant, Belgique en 1914. Virtuose de la clarinette, instrument de perce cylindrique, il voulut augmenter son volume pour jouer dans les fanfares de rue : il eut l’idée de joindre un bec de clarinette basse sur un ophicléide (instrument de perce conique, à embouchure et à clé ...qui n’existe plus de nos jours). Le premier saxophone était né, le saxophone basse en ut.... dont Frédéric couderc nous donne une illustration immédiate avec « Indiana ». Dès le début, le saxophone a sa forme définitive, avec ce son moelleux que l’on entend dans le « tube » de Gabriel Fauré, la suave mélodie d’ «Après un rêve ». Fred Couderc la reprendra d’ailleurs en conclusion du DVD avec rien moins que six instruments différents comme le soprano, le c melody, l’alto droit, le taragot...

Accompagné au piano par Patrick Cabon, entouré de ses 25 saxophones, dont certains sont rares, voire inédits, il évoque la grande famille des instruments inventés par Adolphe Sax : sax horns, sax tromba, sax tuba et saxophones en si bémol et mi bémol. Ainsi, dans le quatuor de saxophones, on retrouve le soprano en Si b, l’alto en Mi b, le ténor en Si b et le baryton en Mi b ; mais existent aussi le sopranino, plus petit mais très aigu en Mi b, le basse en Si b et le contrebasse en Mi b.

Un petit jeu à présent pour vous apprendre à reconnaître les sonorités : le saxophone alto est présent dans les solos romantiques de la musique classique comme dans « Le vieux château » des Tableaux d’une exposition de Moussorgski. Il est proche de la sonorité du cor anglais, qui peut être également remplacé par le mezzo soprano en fa, dans le largo de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak.

Il existe aussi des transcriptions pour le sax baryton sur la Suite n°1 de Bach écrite pour le violoncelle.

Pour qui s’intéresse aux instruments et en particulier au saxophone si emblématique du jazz, voilà un récit initiatique, truculent et illustré d’extraits superbes empruntés aux différents styles musicaux. Car si, à ses débuts, le saxophone est utilisé dans la musique de fanfare pour sa puissance, Adolphe Sax le fit connaître à Berlioz qui écrivit la première pièce pour l’instrument. Bientôt d’autres compositeurs illustres s’y intéressèrent Bizet, Debussy, Stravinsky, Gershwin. De la musique classique au jazz, le saxophone peut jouer tous les répertoires, aussi bien une valse de Gus Viseur que du rock, du funk, de la variété, de la world music. Rien ne lui est interdit comme dans ce « JK Groove » de Fred Couderc lui-même. Mais revenons au jazz qui est la musique de prédilection de cet instrument. En 1939, Coleman Hawkins joue « Body and Soul » avec un vibrato exacerbé qui ressemble à la voix humaine. Sidney Bechet, le père du saxophone soprano, d’une sonorité plus timbrée car il est plus légèrement conique excelle dans «Struttin’ With Some Barbecue ». Le saxophone est LA voix du jazz. Ecoutez donc ce « Sophisticated Lady » de Duke Ellington au baryton, plus rocailleux, ou encore ce « Creole Love Call » qu’interprète Fred Couderc avec plusieurs saxophones en même temps, à la façon de Roland Kirk, l’un de ses maîtres dans «The Inflated Tear ».

Voilà un DVD bien conçu, pédagogique et ludique, qui nous conduit sur les terres musicales défrichées par les saxophones. Frédéric Couderc est le guide rêvé pour cette exploration de toutes les facettes d’un instrument qu’il connaît sur le bout des clés et des anches, la preuve avec ce « Vocalise » de Rachmaninoff au saxophone ténor en ut, droit de forme comme l’alto droit, le « stritch » de Kirk. Ce type là est un fou de son instrument, un passionné collectionneur, je l’avais bien senti, à l’écoute de son album Coudophonie, déjà chroniqué aux DNJ : http://www.lesdnj.com/article-frederic-couderc-coudophonie-88716313.html

Car Fred Couderc aime tellement cet instrument qu’il a conçu un prototype, le coudophone ....

Donc, si vous avez encore des questions sur le saxophone, après la vision de ce DVD, un conseil ... consultez.

NB : Le bonus est plus technique : il y est question de mécanique, de matériel : on y apprend comment se fabriquent les instruments chez Julius KEILWERTH et en particulier, l’élaboration des anches chez le spécialiste VANDOREN (cannes de roseau cultivées dans le sud est).

Sophie Chambon

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16 juin 2015 2 16 /06 /juin /2015 20:39
JAZZIN’ THE BLUES

JAZZIN’ THE BLUES

Cristal Records/Harmonia Mundi

Sortie le 2 juin 2015

www.cristalrecords.com

Le label rochelais Cristal Records continue son travail de mémoire en faisant revivre les plus belles pages de l‘histoire du jazz. Cette fois, avec une toute nouvelle collection où il s’agit en 2 CDS à prix très raisonnables de retrouver pour le premier album, sur un thème donné, les standards à connaître et de découvrir dans le deuxième, comment des artistes actuels du catalogue du label ont exploré ce même thème. L’idée est excellente puisque, faisant d’une pierre deux coups, on redécouvre des pépites formidables, parfois oubliées, sauf pour ceux qui ont une vraie discothèque jazz et dans le même temps, comment aujourd’hui des artistes vivent l’évolution de cette musique. Car le jazz est la musique de l’instant, de ce qui advient.

A tout seigneur... la collection démarre avec le blues, ce style fondateur de la culture musicale noire américaine. Il irrigue toutes les musiques qui en sont issues et présente avec le jazz plus qu’un cousinage. Pour paraphraser ce qu’aurait dit Louis Armstrong sur le jazz, «Si vous avez besoin de demander ce que c’est, vous ne le saurez jamais ». Car le blues charpente la musique par sa structure, son feeling, son phrasé de façon inoubliable.

Le CD 1 est composé avec son érudition et sa pertinence habituelles par le Monsieur Jazz, Claude Carrière. Les thèmes choisis pour aider à définir, voire comprendre ce qu’est le blues vont du «Parker’s Mood» de Bird en 1948 au « Bessie’s Blues » de John Coltrane en quartet, en 1948...la quintessence. C’est toujours le bleu du blues qui coule dans les 3’40 de « Blue Monk », solo de 1959. La plupart des titres portent en eux même le mot de blues que ce soit « Aunt Hagar’s Blues » de W.C Handy, qui écrivit aussi le « Saint Louis Blues », interprété par l’ immense pianiste Art Tatum, en solo en 1949. Les plus grands jazzmen se sont adonnés au bonheur de jouer le blues, retrouvant leur essence dans cette musique, même s’ils l’ont transcendée par la suite. Côté vocal, si l’impératrice Bessie est évoquée, on entend un Armstrong toujours vigoureux dans « Back O’Town Blues », Dinah Washington, épigone de Billie Holiday dans « Down Home Blues» ( Billie est la grande absente de votre casting, Monsieur Carrière) et l’incontournable Ray Charles avec son orchestre, dans « In the Evening ( When The Sun Goes Down) », sur un arrangement de Benny Carter.

Le CD2, concocté par le chef de projet du label Cristal Fred Migeon démarre par le grand orchestre swinguant du Paris Jazz Big Band sur « Tony Blues », composition d’un des deux leaders, le trompettiste Nicolas Folmer. Ce CD a le grand avantage de faire connaître des artistes, trop absents aujourd’hui de la scène jazz hexagonale comme Pierre Alain Goualch dans « Voici Ma Main » sur l’album Duc de 2007. Si vous avez ensuite envie de réécouter ou de découvrir les envolées excitantes, très brass band, dans Triana Moods de Pentacle, la passionnante formation en quintet, de Sophia Domancich, écoutez son interprétation du « Creole Blues » de Duke Ellington.

La plupart des musiciens présents dans cette sélection, de Philippe Amizet à Antoine Hervier, sans oublier François Théberge, jettent tout dans la bataille avec une décomplexion totale qui va de pair avec une solide connaissance de l’histoire du jazz : le plus bel exemple, peut être, avec ce formidable « Mumble Blues » du Toxic Parasites du quintet de Sébastien Texier, vibrant et totalement hypnotique....

Alors, sans hésitation, procurez-vous très vite ce JAZZIN’ THE BLUES, excellent titre au demeurant d’une méthode d’apprentissage et de perfectionnement de la guitare jazz/ blues....Tout un programme !

NB : à suivre bientôt dans cette collection les numéros Africa Jazz et Jazz Ballads

Sophie Chambon

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 22:10
Laura Perrudin : «  Impressions »

Chromatic harp, vocals, percussions & electronics / programming by Laura Perrudin

Distribué par l'Autre Distribution

Laura Perrudin est une jeune femme de grand talent qui ne cesse de multiplier les récompenses . Jugez en plutôt : lauréat du tremplin national Jazz à Vannes 2013, prix de composition au Concours national de Jazz de la Défense 2013 à Paris, 2e prix de la Montreux Jazz Voice Competition 2014, prix d'aide à la professionnalisation au tremplin du festival Jazz à St-Germain-des-Prés 2014 à Paris. Excusez du peu.

Il faut dire que cette jeune harpiste a tout pour elle et en premier lieu le sens d’une écriture remarquable à laquelle elle allie la voix évanescente et la sensualité des chanteuses modernes. On pense à Joni Mitchell ou à Gretchen Parlato. Référence d’autant plus pertinente qu’elle avoue son penchant prononcé pour l’écriture de Wayne Shorter dont on sait proche la chanteuse américaine. Parfois même à Jeanne Added aussi. C’est qu'il y a, comme chez ces chanteuses la grâce et de la poésie des arrangements superbes qui lui permet de déambuler entre les harmonies et les dissonances qui frottent, avec l’agilité d’un chat passant de toit en toit. Comme si ce numéro d’équilibriste de l’harmonie lui était aussi naturel que pour nous, de marcher. Seule avec sa harpe chromatique électrique, Laura Perrudin explore les sonorités, semble se délecter à s’y perdre. S’y fait candide. Et c’est là que l’instrumentation se porte au service d'un discours d’une extrême richesse musicale et d’une très grande douceur.

Car Laura Perrudin qui a notamment travaillé avec la chanteuse Leila Martial a, comme sa jeune aînée ( mais en explorant d’auyres voix), le don de se créer un véritable univers dans une sorte de lévitation à peine perturbée par de délicates interférences dans le son qu’elle gère comme autant de petites incongruités sonores qu’elle crée et qui apparaissent comme par la magie d’une fée. Celle de brocéliande s’entrevoit dans l’imaginaire de cette jeune bretonne.

Nous sommes véritablement, comme il y a deux ans au Sunside, tombés sous le charme de Laura Perrudin.

Pas la peine de vous souvenir de son nom. Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

Jean-Marc Gelin

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 22:08
YUVAL AMIHAI Trio : «  Longing »

Yuval Amihai (g), Damien Varaillon (cb), Gautier Garrigue (dms)

Yuval Amihai est certainement un inconnu pour la plupart d’entre vous. Mais pas pour le microcosme du jazz Parisien où il commence, petit à petit à se faire un nom. Remarqué il y a deux ans lors du tremplin de Saint Germain, ce jeune guitariste israélien vivant à Paris ne se démarque pas d’une ligne artistique qu’il assume jusqu’au bout. On se souvient de cette édition du tremplin où, selectionné pour revenir en final le lendemain, le garçon avait été le seul à avoir consacré sa nuit entière à écrire un tout nouveau morceau pour venir nous le présenter. Chapeau l’artiste !

Yuval sera donc pour beaucoup la découverte d'un guitariste d’une rare élégance. Un de ceux qui, à l’instar d’un Fréderic Loiseau de ce côté-ci de l’hexagone, a la mélodie chantante au bout des doigts et de ses six cordes. Ce n’est pas pour rien qu’il se lance, sans crainte et avec un amour débordant à la rencontre de grands standards comme Skylark, Lover man ou encore My romance dont il magnifie chaque fois les superbes mélodies.

Yuval Amihai est le guitariste de l’apparente simplicité et surtout de la sensibilité et de l'élégance. Il fait ainsi chanter sa guitare, allant chercher dans ses impros des détours harmoniques assez subtils. Car il est zen Yuval, totalement et magnifiquement zen ! Il a même des accents de bluesman à la Scofield dans Forrest forgive them qui sonne très US. en tous cas une composition absolument magnifique. On pense bien sûr à cette grâce du temps retrouvé que l’on entendait chez Jim hall dont il doit certainement assumer une part de filiation. Ce temps qu’il laisse au temps, sans précipitation aucune.

Le trio qu’il a réuni témoigne d’une très grande écoute où chacun joue dans le plus doux du mezzo. Où le velours des notes de Yuval repose sur un lit de satin d’un drumming souple et d’une contrebasse moelleuse.

Totalement délicieux !

On souhaite à Yuval que son chemin de Tel Aviv à Paris se poursuive comme celui de son déjà illustre aîné, Yaron Herman.

Jean-Marc Gelin

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 21:57
Yuval Amihai, Laura Perrudin : les rebonds du tremplin !Yuval Amihai, Laura Perrudin : les rebonds du tremplin !

Coup sur coup, deux anciens lauréats du tremplin Jazz du festival de Saint Germain, dont la dernière édition vient de s'achever, sortent leur premier album.

Deux histoire de cordes : celle du guitariste israélien Yuval Amihai et celle de la harpiste Laura Perrudin.

Deux superbes réussites sous les auspices de l'Autre Distribution et sous le charme desquelles on tombe avec délice.

YUVAL AMIHAI Trio : « Longing »

Yuval Amihai (g), Damien Varaillon (cb), Gautier Garrigue (dms)

Yuval Amihai est certainement un inconnu pour la plupart d’entre vous. Mais pas pour le microcosme du jazz Parisien où il commence, petit à petit à se faire un nom. Remarqué il y a deux ans lors du tremplin de Saint Germain, ce jeune guitariste israélien vivant à Paris ne se démarque pas d’une ligne artistique qu’il assume jusqu’au bout. On se souvient de cette édition du tremplin où, selectionné pour revenir en final le lendemain, le garçon avait été le seul à avoir consacré sa nuit entière à écrire un tout nouveau morceau pour venir nous le présenter. Chapeau l’artiste !

Yuval sera donc pour beaucoup la découverte d'un guitariste d’une rare élégance. Un de ceux qui, à l’instar d’un Fréderic Loiseau de ce côté-ci de l’hexagone, a la mélodie chantante au bout des doigts et de ses six cordes. Ce n’est pas pour rien qu’il se lance, sans crainte et avec un amour débordant à la rencontre de grands standards comme Skylark, Lover man, without a song ou encore My romance dont il magnifie chaque fois les superbes mélodies.

Yuval Amihai est le guitariste de l’apparente simplicité et surtout de la sensibilité et de l'élégance. Il fait ainsi chanter sa guitare, allant chercher dans ses impros des détours harmoniques assez subtils. Car il est zen Yuval, totalement et magnifiquement zen ! Il a même des accents de bluesman à la Scofield dans Forrest forgive them qui sonne très US. en tous cas une composition absolument magnifique. On pense bien sûr à cette grâce du temps retrouvé que l’on entendait chez Jim hall dont il doit certainement assumer une part de filiation. Ce temps qu’il laisse au temps, sans précipitation aucune.

Le trio qu’il a réuni témoigne d’une très grande écoute où chacun joue dans le plus doux du mezzo. Où le velours des notes de Yuval repose sur un lit de satin d’un drumming souple et d’une contrebasse moelleuse.

Totalement délicieux !

On souhaite à Yuval que son chemin de Tel Aviv à Paris se poursuive comme celui de son déjà illustre aîné, Yaron Herman.

Jean-Marc Gelin

Laura Perrudin : « Impressions »

Chromatic harp, vocals, percussions & electronics / programming by Laura Perrudin

Distribué par l'Autre Distribution

Laura Perrudin est une jeune femme de grand talent qui ne cesse de multiplier les récompenses . Jugez en plutôt : lauréat du tremplin national Jazz à Vannes 2013, prix de composition au Concours national de Jazz de la Défense 2013 à Paris, 2e prix de la Montreux Jazz Voice Competition 2014, prix d'aide à la professionnalisation au tremplin du festival Jazz à St-Germain-des-Prés 2014 à Paris. Excusez du peu.

Il faut dire que cette jeune harpiste a tout pour elle et en premier lieu le sens d’une écriture remarquable à laquelle elle allie la voix évanescente et la sensualité des chanteuses modernes. On pense à Joni Mitchell ou à Gretchen Parlato. Référence d’autant plus pertinente qu’elle avoue son penchant prononcé pour l’écriture de Wayne Shorter dont on sait proche la chanteuse américaine. Parfois même à Jeanne Added aussi. C’est qu'il y a, comme chez ces chanteuses la grâce et de la poésie des arrangements superbes qui lui permet de déambuler entre les harmonies et les dissonances qui frottent, avec l’agilité d’un chat passant de toit en toit. Comme si ce numéro d’équilibriste de l’harmonie lui était aussi naturel que pour nous, de marcher. Seule avec sa harpe chromatique électrique, Laura Perrudin explore les sonorités, semble se délecter à s’y perdre. S’y fait candide. Et c’est là que l’instrumentation se porte au service d'un discours d’une extrême richesse musicale et d’une très grande douceur.

Car Laura Perrudin qui a notamment travaillé avec la chanteuse Leila Martial a, comme sa jeune aînée ( mais en explorant d’auyres voix), le don de se créer un véritable univers dans une sorte de lévitation à peine perturbée par de délicates interférences dans le son qu’elle gère comme autant de petites incongruités sonores qu’elle crée et qui apparaissent comme par la magie d’une fée. Celle de brocéliande s’entrevoit dans l’imaginaire de cette jeune bretonne.

Nous sommes véritablement, comme il y a deux ans au Sunside, tombés sous le charme de Laura Perrudin.

Pas la peine de vous souvenir de son nom. Vous n’avez pas fini d’en entendre parler.

Jean-Marc Gelin

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13 juin 2015 6 13 /06 /juin /2015 15:01
LONGNON, ça fait pas pleurer !

Jean-Loup Longnon : « Just in time »

www.longnon.com

Jean-Loup Longnon (tp), Pacal Gaubert (ts), Ludovic Allainmat (p), Fabien Marcoz (cb), Frederic Delestré (dms) + invités

C'est le moins que l'on puisse dire à l'écoute de ce nouvel album du trompettiste qui nous arrive ici dans une forme olympique et d'une sacrée belle humeur. Accompagné d'une formation de talent, Jean-Loup Longnon reste sur le terrain qu'il affectionne, celui des standards de l'ère bop ( Benny Golson, Monk Gillespie), auxquels il ajoute quelques compositions de son cru, très hard bopiennes à l'image de ce Istanbounce particulièrement bien ficelé.

Ca swingue grave et ça groove cool chez Longnon. Les arrangements s’inscrivent dans cette tradition du jazz qu'il aime a perpétuer : un peu entre Kenny Dorham et peut être un peu avec un poil de Thad Jones.

Mais ce qui importe avant tout c'est Longnon lui même, super star tout à l’honneur de cet album.

Et de fait autant derrière ça donne parfois le sentiment de ronronner gentiment, autant dès que le trompettiste prend la parole il se passe toujours quelque chose qui vient tout illuminer avec une pêche d'enfer comme dans cette intervention flamboyante sur Bo-Bun's groove où il étincelle littéralement. Il faut écouter son phrasé sur High Fly pour se rendre compte qu’avec Longnon, c’est du sérieux ! A l'inverse ce Our love is here to stay semble, en contraste bien sage, charmant et gentiment arrangé mais ou l'absence de Longnon se fait cruellement sentir.

Le neveu de Guy Longnon, trompettiste qui jadis brillait avec Fofo ( Forencbach) ou Bechet, a été à la bonne écoute du bop. Et ses classiques, il les maîtrise du bout du bout de ses doigts de trompettiste.

Du bop ? Oui « encore du Bop » comme il le disait en 2008. Car avec Longnon c’est toujours un vrai plaisir. C'est comme boire un bon vieux malt avec un cigare bien installé dans son fauteuil en écoutant quelques trucs un peu oldies mais dont on ne se lasse jamais. Ça fait juste du bien par où ça passe.

Jean-Marc Gelin

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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 21:45
Ornette Coleman ou la quête du son

« Je ne dis jamais que je suis un artiste. Tout ce que je peux dire c’est que j’aime la musique et que je joue du saxophone ». C’était en août 2006 et Ornette Coleman, disparu le 11 juin d’une crise cardiaque à New York à 85 ans (il était né le 9 mars 1930 à Fort Worth, Texas) se confiait à la veille d’un concert à La Villette. Il portait cette veste multicolore brillante qu’il aimait arborer en scène et dégustait une bouteille de Chablis. L’interview se passait dans sa suite d’un hôtel parisien proche du Parc Monceau et le pape du free avait longuement évoqué le concept de l’harmolodie avant de répondre sobrement et avec gentillesse à quelques questions d’un chroniqueur dans ses petits souliers face à l’auteur de « Lonely Woman ». Extraits. (1)

-Après cinq décennies sur scène et 80 disques, quel est votre moteur ?

-Je vais répondre rapidement. Je suis à la recherche d'un son que je n'ai encore jamais entendu. Je veux trouver une qualité que je n'ai pas encore obtenue. Qu'est-ce que le son? (s’adressant à l’interviewer) Vous savez, vous?

- Aujourd'hui, vous êtes toujours en train de vous battre pour vos idées?

- Vous connaissez quelqu'un qui ne doive pas continuer à se battre. Je sais que j'ai des limites, mais je veux tout simplement faire de la meilleure musique.

Jean-Louis Lemarchand

  1. L’interview intégral est publié dans « Paroles de Jazz » publié par les Editions Alter Ego (2014) où l’on trouve également un entretien avec Joachim Kühn qui avait enregistré avec Ornette Coleman en duo (« Colors »Harmolodic. 1996).
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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 07:48
NICE JAZZ FESTIVAL 2015 : SOUS LE SIGNE DE L’EXCELLENCE

Epoustouflante. Tel est bien le qualificatif de la programmation du Nice Jazz Festival édition 2015. Orchestrée par Sébastien Vidal, elle déroulera le tapis rouge à la crème du jazz actuel, que ce soit sur la scène Masséna ou au Théâtre de Verdure.

L’ouverture sera donnée le 7 juillet par le parrain du festival, le renommé Sieur Jamie Cullum. Un vocaliste emblématique, best seller du jazz « made in Britain », reconnaissable en un seul « coup d’oreille » à sa voix rauque et légèrement cassée. Il viendra présenter son dernier album « Interlude » et probablement certaines reprises de hits tels que « Don’t stop the music », un brillant arrangement d’un morceau de la vocaliste Rihanna.

Le même jour, au Théâtre de Verdure, Cassandra Wilson, autre voix rauque, rendra hommage à Billie Holiday. Un pari risqué pour une vocaliste mais fort bien relevé grâce au caractère si personnel du « son » de cette artiste. L’album, intitulé « Coming Forth by Day : A Celebration of Billie Holiday », a d’ailleurs été chroniqué par Jean-Marc Gélin dans les DNJ (http://www.lesdnj.com/2015/05/cassandra-wilson-coming-forth-by-day.html). Cassandra Wilson sera précédée sur scène par le pianiste israélien Omer Klein dont le dernier album « Fearless Friday » a été largement salué par la critique.

Le 8 juillet, Kenny Barron sera à l’honneur. Ce pianiste virtuose qui a marqué son époque, était récemment au Festival Jazz à Ramatuelle (cf notre chronique http://www.lesdnj.com/article-kenny-barron-trio-au-festival-jazz-a-ramatuelle-19-aout-2012-109263899.html). Il viendra présenter son dernier opus « The Art of the Conversation » - enregistré avec Dave Holland – intitulé qui n’est pas sans rappeler « The Art of the Trio », titre d’une série d’albums d’un autre colosse du piano jazz : Brad Mehldau, qui sera également sur la scène du Théâtre de Verdure le 9 juillet.

Brad Mehldau, pianiste surdoué, présentera son dernier opus « Where Do You Start ? ». Il sera suivi sur la même scène par le maître du jazz vocal Kurt Elling. Un évènement plus qu’attendu tant la voix du grand chanteur se fait rare en nos festivals azuréens. Kurt Elling sera accompagné, non plus par son légendaire pianiste et acolyte Laurence Hobgood, mais par Gary Versace, qui jouera également de l’orgue[1].

Le 10 juillet, deux formations très différentes se succèderont sur la scène du Théâtre de Verdure : Eric Legnini et la célèbre chanteuse israélienne Yaël Naïm[2]. Eric Legnini sera accompagné sur scène par deux vocalistes remarquables : Sandra Nkaké et Kellylee Evans pour un vibrant hommage à Ray Charles.

Enfin, à noter : la venue le 11 juillet du pianiste new-yorkais Jason Moran, qui chauffera les touches du piano avant qu’elles ne s’enflamment sous les mains du pianiste volcanique Roberto Fonseca, lequel sera aux côtés de la chanteuse malienne Fatoumata Diawara, auteur de la bande originale du film « Timbuktu ».

L’ubiquité est un don malheureusement utopique en l’état actuel de la science. Choisir entre les deux scènes il faudra, et ce sera un choix ô combien cornélien !

Yaël Angel

Programmation : http://www.nicejazzfestival.fr/fr/programmation

Billetterie : http://www.nicejazzfestival.fr/fr/billetterie

[1] http://www.lesdnj.com/article-kurt-elling-quintet-au-festival-de-jazz-de-saint-germain-des-pres-106097506.html

[2] Remarquons qu’une autre voix israélienne sera présente le 8 juillet sur la scène Masséna en la personne du très troublant Asaf Avidan.

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2 juin 2015 2 02 /06 /juin /2015 22:15
JACKY TERRASSON  c'est jouissif !

JACKY TERRASSON : « Take this »

Impulse 2015

Jacky Terrasson ( p, fder, synth), Burniss Travis (b), Lukmil Perez ( dms), Adama Diarra (percus), Sly Johnson (vc)

Attention : concert événement le 9 juin à l’Olympia !

Y a de la joie !

Assurément le cri de ralliement de ceux qui écouteront cet album et certainement de ceux qui sortiront du concert de Jacky Terrasson le 9 juin à l’Olympia. Avec la banane !

Car l’album du pianiste est purement et simplement jouissif. Mais pas que. Du genre intelligent qui rend heureux. Dans un allègre mélange de funky, de jazz, de lounge, de latinité et d’électricité Milesiennes, Terrasson décoiffe et s’en donne à cœur joie. Album foisonnant de tout ! Gourmand en diable.

Le pianiste tel un mort de faim reprend et réinvente des standards du jazz ( Un poco loco, Blue in green, Take five), de la pop ( Come together des Beatles), de la variété ( Maladie d’amour) avec le même souci de s’amuser à jouer les gourous du clavier pour notre lus grand plaisir. On chante avec lui et on danse. Parfois même dans un moment d’immense zénitude on y entend les modalités de Bill Evans –Miles Davis sur un Blue in Green superbe et épuré à l’extrême.

Le « un poco loco » de Bud Powell suit le rythme soutenu courant d’un clavier acoustique à l’électrique du fender sur un tempo que n’aurait pas renié le maître du be-bop.

Coup génial de l’album, son association avec le percussionniste malien ( ici absolument grandiosissime) apporte à l’album sa touche afro-cubaine au travers des thèmes comme Dance ou Maladie d’amour où Jacky Terrasson se transforme devant nous en pianiste cubain. Les interventions de la voix de Sly Johnson donne prétexte à des superbes arrangements de Take five rendu à une autre modernité. On pense aussi, dans sa façon de se ménager des micro-ruptures silencieuses et de jouer avec mélodies à une sorte de clin d’œil à Ahmad jamal sur le très pop actu Somebody That I Used To Know du chanteur Gotye. Il aime bien ça Terrasson, reprendre des chansons actuelles. Rappelez vous il n’y a pas si longtemps il jouait du Justin Bieber.

Pour le concert du 9 juin qui s’annonce être un grand moment, le pianiste franco-américain annonce quelques invités de prestige. Mais ce dont on peut vous assurer c’est que si ce concert suit le move de cet album, ce sera certainement l’un des plus jouissif concert de l’année.

Alors, allons tous jouir à L’Olympia le 9 juin dans un grand moment de bonheur musical ! Et pour ceux qui préfèrent les plaisirs solitaires, ruez vous sur Take This et passez le en boucle le matin, histoire de se dire en commencant la journée, que décidément le jazz bande encore !

Jean-Marc Gelin

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31 mai 2015 7 31 /05 /mai /2015 12:56
@camille Gibily

@camille Gibily

JAZZ IN ARLES 2015  Vingtième edition (fin)

Soirée du samedi 23 mai

RICCARDO DEL FRA Quintet MY CHET, MY SONG

Nicolas Folmer (trompette), Pierrick Pedron (saxophone alto), Riccardo Del Fra (contrebasse), Bruno Ruder (piano), Ariel Tessier (batterie)

www.riccardodelfra.net

C’est la fin du festival de jazz arlésien, la soirée de clôture. En ce samedi soir, la jauge de la salle est dépassée, la petite mais vaillante équipe de l’association du Mejan s’affaire en rajoutant des lignes de chaise, tant le public se presse pour assister au concert. Le journal La Provence s’est déplacé. Le titre le dit bien, il ne s’agit pas de célébrer la mémoire du trompettiste Chet Baker par un énième hommage ou « tribute »[i] comme l’exprime la tendance actuelle. C’est sa vision éminemment personnelle que propose le contrebassiste romain Riccardo del Fra qui, dans ses jeunes années, dès 1979, a accompagné Chet Baker sur les routes et en studio, apprenant ainsi le métier avec l’une des personnalités les plus singulières et exigeantes du jazz. Le trompettiste Chet Baker fut assurément l’une des icônes de cette musique, beau comme un dieu, dans sa jeunesse. Ce n’est pas cette image que Del Fra conserve, bien des années après. Installé en France, directeur de la classe Jazz et Musiques improvisées du célèbre CNSM parisien, où la fine fleur de la jeune scène actuelle a fait partie de ses élèves, il se penche à nouveau sur son passé et se souvient. C’est ainsi qu’un projet ambitieux vit le jour sur le label Cristal avec un bel équipage et un orchestre allemand mythique, celui des studios de cinéma de Babelsberg. Jean-Marc Gelin qui chroniqua l’album pour les DNJ, ne tarissait pas d’éloge sur cet alliage de cordes et de vents :

http://www.lesdnj.com/article-riccardo-del-fra-my-chet-my-song-124672466.html

Le programme conçu par le contrebassiste explore l’univers de Chet Baker de façon poétique. Difficile de ne pas jouer des standards quand on aime le jazz et Chet Baker mais comment le faire autrement, avec fraîcheur et pertinence ? Riccardo Del Fra a répondu à ce défi en livrant des standards malaxés, réarrangés, se continuant souvent par des improvisations et des variations originales. Ainsi «For All We Know» se prolonge par cette évocation sensible « Oklahoma Kid »[ii], d’« un vol au dessus des grands espaces américains». «Love For Sale» des frères Gershwin se transforme en un « Wayne’s Whistle» malicieux. Del Fra a écrit les introductions et interludes de « I’m A Fool To Want You» et «I Remember You ». Deux de ses compositions attirent notre attention « Wind On An Open Book » et «The Bells And The Island». C’est son imaginaire qui est à l’œuvre, son ressenti qui s’exprime en une synthèse de toute son activité artistique. En s’aidant de grandes pointures, de solistes engagés comme Pierrick Pedron, jamais en reste quand il s’agit du « Great American Song Book » ( merveilleux «Change Partner» dans son (Deep In A Dream). Il a la complexité requise, à la fois lyrique, sensuel et énergique, dévorant l’espace dès le deuxième set où sa partie à l’alto est plus affirmée.

La musique du concert va sonner différemment, car le groupe est tout autre, sans orchestre, en version resserrée, un quintet où, à la batterie, le jeune Ariel Tessier, élève au CNSM, entretient un tempo rapide et continu, l’attelage allant souvent à un train d’enfer, sans respiration. Nicolas Folmer à la trompette et au bugle, reprend, après Airelle Besson, le rôle délicat de Chet. Il n’est pas a priori le plus évident dans ce rôle : virtuose et solaire, une fois lancé, il parvient aussi à se faire plus tendre, comme apaisé. C’est que le programme est dense, intense : deux sets en viendront à bout avec des passages très contrastés, de douceur infinie (duo piano/contrebasse où Bruno Ruder, formidable, tire son épingle du jeu) et d’autres échevelés, où le volume sonore atteint son apogée. On est loin du Chet de The Touch Of Your Lips à la « sonorité diaphane frôlant l’évanouissement ». C’est comme une version paroxystique qui illustre le caractère contrasté de la vie et de la carrière du trompettiste, « ange déchu du lyrisme », selon la juste formule de Pascal Anquetil dans son magnifique Portraits légendaires du jazz. La légitimité du projet est confortée quand Riccardo Del Fra lit son poème « Ombre e Luci »/ Chet, tant il est vrai que le trompettiste a toujours joué sa musique comme sa vie, ardemment.

NB : A souligner aussi ce moment d’émotion quand Riccardo Del Fra s’adresse dans la salle à Bertrand Fèvre, arlésien d’adoption, en lui rappelant les paroles de Chet lors de l’enregistrement du court métrage Chet’s Romance. C’est que le photographe a réalisé un portrait sensible, très éloigné du controversé Let’s get lost de Bruce Weber qui insiste sur la vie agitée de Chet, ses errances pathétiques, ses relations plus que tourmentées avec ses femmes, ses excès tragiques. Dans Chet’s romance, il n’est question que d’amour : filmé le 25 novembre 1987, dans un studio d’enregistrement parisien, le Clap’s, le document montre un Chet vieilli prématurément (un an avant sa mort, le vendredi 13 mai 1988 à Amsterdam), chantant et jouant dans un souffle « I’m A Fool To Want You», accompagné d’Alain Jean Marie au piano, de Riccardo del Fra à la contrebasse et de George Brown à la batterie.

Sophie Chambon

A suivre cet été le quintet avec cette formation : http://jazzenbaie.com/RICCARDODELFRA.aspx

[i] On peut tout de même citer le disque de Stéphane Belmondo qui accompagna Chet au New Morning et qui avec la complicité de Bertrand Fèvre vient de sortir sur Naïve un très émouvant Love for Chet au printemps 2015.

[ii] Chet, venu du fin fond de l’Oklahoma, le pays des « red necks », des « bouseux » arrive en Californie en 1948 ;

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