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23 novembre 2011 3 23 /11 /novembre /2011 08:19

 

Nicolas Parent Trio : « Moments »

2011

Nicolas Parent (Gt), Tommaso Montagnani (Cb), Guillaume Arbonville (Dms)

 

 parent1.jpg

Construit à part entière comme un passionnant Road-movie, ce premier opus du guitariste français Nicolas Parent est une remarquable réussite. Un projet audacieux, aux doux reflets d’ambre et de palissandre. Dès le début du disque, entre les musiciens s’installent fréquemment avec folie des joutes rythmiques interactives. Le timbre boisé des guitares entremêlées provoque un irrésistible appel au voyage des sens. Une incommensurable poésie émane de chacune des envolées mélodiques. Par le biais de sa contrebasse, Tommaso Montagnani offre à l’ensemble une assise d’une étonnante solidité, en permanence relié aux autres par la précision de son jeu. Ce trio use de l’honorable héritage du Jazz par le biais de cadences reconnaissables, ainsi que l’utilisation de codes rythmiques, comme par exemple dans Sunday Afternoon ou bien Bang in Blue. Harmonieuse succession d’accords teintés d’un profond onirisme. Chez le batteur et percussionniste Guillaume Arbonville demeure un sage accompagnateur à l’écoute des autres, sachant aussi bien contrôler avec finesse les nuances que donner la réplique aux appels rythmiques de ses comparses, variant le plus souvent l’utilisation de différents timbres. Largeur du son, lenteur des effluves, la correspondance des sujets sonores abordés est totale. Dans When Dreams come True s’immisce aussi un brin d’Afrique, résonnant dans le claquement des cordes en nylon, ainsi qu’un certain lyrisme évoquant un court instant la culture musicale sub-saharienne. L’ivresse improvisatrice de l’introduction de Zyryab évoque aussi une part culturelle de ce continent. Définir un tel ouvrage dans son ensemble comme une merveilleuse bande son d’un film mélancolique serait sans doute réduire l’importance de ce projet artistique. Il va de soi que la découverte d’un tel album ne laisse pas indifférent. Tristan Loriaut

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 07:43

ECM – 2011

Gianluigi Trovesi (Clarinette Alto/Piccolo), Gianni Coscia (Accordéon)

 trovesi.jpg

 

Après « Cerca in cibo » et « Round about Weill », c’est au tour de l’œuvre de Jacques Offenbach d’être revisité par l’infatigable duo italien. Ce compositeur français d’origine allemande fût au 19e siècle le compositeur de pièces aussi pétillantes qu’espiègles, souvent dédiées à différentes danses telles que la polka, le quadrille, la valse ou encore le tango… Les arrangements des œuvres d’Offenbach présentes sur ce disque sont le fruit du travail des interprètes milanais Gianluigi Trovesi aux clarinettes et Gianni Coscia à l’accordéon. Cette revisite se fait évidemment sous l’égide du Jazz et de l’improvisation, et une fois n’est pas coutume, orienté vers la légèreté de la danse. Ce duo retranscrit à merveille toute la poésie de l’œuvre du « Frère Jacques », ornée pour l’occasion de plages d’improvisations. C’est dans ce registre que Gianluigi Trovesi trouve un remarquable moyen d’expression, par le biais du timbre limpide de ses clarinettes, accompagné de la plus belle des manières par Gianni Coscia et son accordéon, emprunt d’une sincère simplicité. D’ailleurs, il faut rappeler qu’Offenbach était bien insouciant du fait que l’on considère son œuvre comme faisant partie d’un certain intellectualisme. En outre, il ne cachait pas sa frivolité au sein de ses compositions, et avait une certaine indifférence pour les raisonnements complexe. Ce qui ne l’empêchait pas de jouer avec la sincérité et le sérieux qui le caractérisent, notamment en tant que contemporain au 19e siècle. Trovesi et Coscia veulent justement rendre hommage à cette légèreté au travers de cette forme d’art considérée à l’époque comme mineure, l’opérette.

Tristan Loriaut

 

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 07:39

Act - 2011

Rudresh Mahanthappa (Alto Sx), David Gilmore (Gt), Rich Brown (Bs), Damion Reid (Dms), Anantha Krishnan (Perc) 

 rudresh-mahanthappa-samdhi.jpg

 

 

A la fois rageusement rock, sophistiquée, ornée de mélodies indiennes, la Musique de ce power quartet est produite avec originalité. Cette fraicheur se ressent aussi bien dans la qualité des compositions que dans la fougue de l’improvisation. Rudresh Mahanthappa y est d’une vivacité d’esprit incroyable, voguant en permanence sur les limites de la folie. L’inaltérable David Gilmore évolue toujours de façon éclectique en mêlant le tricotage du manche au son trituré de sa guitare rugissante.  Et les fondations de cet édifice sont tenues par les mains de maîtres tel que Rich Brown à la basse électrique et Damion Reid à la batterie. A noter aussi la présence d’Anantha Krishnan usant de Mridangam et de Kanjira, qui ne sont autres que des percussions, accentuant un peu plus l’influence de la Musique indienne dans ce recueil Jazz-Rock psychédélique. Souvent s’installent des dialogues écrits entre chaque instrument, avec une dose incommensurable de malice. Dans certains morceaux, les introductions d’une guitare planante offre un aperçu plus onirique de ce répertoire si contrasté, dans par exemple Richard’s Game ou encore Rune. On peut y trouver aussi des pans entiers de compositions découpés dans le swing le plus profond, juste le temps de quelques mesures, comme dans Breakfastlunchanddinner. Mais aussi, et surtout, l’omniprésence de l’utilisation d’effets multiples et divers, issu d’une catégorie bizarroïde, parfois à la limite du mauvais goût, en témoigne l’ouverture du disque avec ces Parakram # 1 et Parakram # 2. On y ressent très fortement les influences de Steve Reich, John Zorn, Steve Coleman... Tout en tenant compte des origines de ce leader charismatique qui s’amuse à mélanger les esthétiques contemporaines, dans « Samdhi », disque très réussi. Tristan Loriaut

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 20:49


Sébastien Llado - Avec deux ailes - EPK par tristan2b

 

Interview, vidéo, montage, son, idées et tout le reste par Tristan Loriaut

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 20:46

 

 

 

Propos receuillis par Tristan Loriaut pour les DNJ

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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 07:25

expo helene

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:08

Enja 2011

Rez Abassi (g), Rudresh Mahantappa (as), Vijay Iyer (p), Johannes Qeindenmuller (cb), Dan Weiss (dm)

 rez-abbasi-invocation-cd-cover-art.jpg Il n’y a pas si longtemps nous nous intéressions déjà au sort de ce jeune guitariste pakistanais de New York, à l’occasion d’un précédent album ( REZ ABASSI : " Natural selection " )  


Un an plus tard Rez Abassi nous revient avec une nouvelle formation, un power quintet métissé qui réunit un pianiste (Vijay Iyer) et un saxophoniste (Rudresh Manhatappa) indiens un contrebassiste allemand (Johannes Weindemuller) et un batteur américain (Dan Weiss) comme l’illustration éclatante de ce que le jazz New-Yorkais peut fusionner de cultures dans un melting pot des plus foisonnant.

Avec un quintet de ce calibre là, on se dit que Rez Abassi tient quelque chose d’assez fort et puissant dans son expression. 5 talents exceptionnels et convergents dont on entend perceptiblement qu’au-delà de leur énergie fusionnée il affirme très nettement le dessin contrasté de 5 personnalités affirmées et musicalement fortes.La musique peut alors s’y faire torrentielle portée par le flux carnatique du saxophoniste ou par la puissance une nouvelle fois exceptionnelles de Vijay Iyer, maître dans l’art de faire exploser les codes de l’improvisation, donnant à la musique du guitariste une nervure et une expressivité rare. Ajouter à cela le travail immense d’un Johannes Weindemuller , lourd, prégnant, à la limite du rock, ancrant la musique dans une sorte de force tellurique.

Malheureusement si tout les ingrédients semblent réunis, la musique quand à elle n’est pas toujours à la hauteur de nos espérances et les compositions peinent parfois à emporter l’adhésion. Ca joue grave mais ça joue parfois à vide. Ces compositions , pour certaines longues, très longues, peinent à embarquer et il faut que les solistes sortent leurs tripes et réalisent chacun un vrai tour de force pour animer et insuffler la flamme sacrée.

Chacun semle se passer le relais un peu à la manière des cadavres exquis, tous tournés vers le sens du groove.

 

Avec ce groupe-là c’est sur le guitariste tient quelque chose de précieux, qui pourrait bien marquer de son empreinte les prochaines années du jazz New-Yorkais …. Et d’ailleurs.

Jean-marc Gelin

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 22:07

« Classics, Originals, Standards& Pop Songs »

Label Durance/ Distribution Orkhestra

www.atelier-de-musiques-improvisées.com

www.label-durance.com

www.orkhestra.fr

larry.jpg

Voilà un album réjouissant qui montre  les limites des chapelles en musique comme dans d’autres sphères d’activités. Ce n’est pas tant le discours que la forme, la façon de jouer qui  importe en jazz. Et  c’est le son qui donne son identité au musicien ! Instructif, ce programme décliné en deux Cds que le titre décrit parfaitement, dévoile un répertoire des « favorite songs » du trio composé de Larry Schneider aux saxophones ténor et soprano, Alain Soler à la guitare électrique, Lionel d’Hauenens à la basse électrique fretless. Ils jouent à se faire plaisir et pour notre plus grand plaisir, dès ce « Waltzing Mathilda » qui inaugure la longue liste de toutes ces mélodies aimées, perles de nostalgie…Le premier album fait plutôt la part belle aux compositions intimistes des guitariste et bassiste, avec la restitution de leur univers irrigué de blues et d’une mélancolie sourde ; comme dans le prenant « Au fond » que l’on préfère dans sa version lente, avec ce thème au saxophone  qui revient toujours nous étreindre, fonctionnant comme un point d’ancrage. On a une petite préférence pour le deuxième Cd, illustrant les standards de l’American Song Book comme l’inoxydable « They All Laughed » des frères Gershwin qui  évoque le couple Astaire Rogers et le final masqué de Swing Time. Un standard est fait pour être joué, rejoué et déjoué, le fredon reste et ensuite, on suit ou pas les modulations : rien à dire sur « Ain’t misbehaving » très fidèle à la version « princeps ». « Skylark » est plus original dans la version du trio, exercice de style réussi, où Larry Schneider se montre dans la plénitude de son talent merveilleux accompagné délicatement par la guitare fine d’Alain Soler. Des mélodies accrocheuses, un parfum, une couleur que l’on aime retrouver. Le concerto pour clarinette de Mozart auquel s’est essayé plusieurs fois notre Michel PORTAL a de curieux accents d’hymne religieux avec les nuances folk de la basse électrique fretless de Lionel d’Hauenens. Quant à « O Caroline » de Robert Wyatt, voilà une façon bien agréable de terminer ce nouvel opus des éditions du label Durance dans le beau département des Alpes de Haute Provence.

Sophie Chambon 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:11

VidalJacques_FablesOfMingus.jpgCristal Records/ Harmonia mundi


 Voilà un titre bien trouvé, en écho à l’une des plus célèbres compositions du contrebassiste, visant l’horrible politicien, le raciste gouverneur de l’Arkansas. On sait que le contrebassiste  Jacques Vidal  a un rapport passionné à l’homme et au musicien génial que fut Charles Mingus. Comment réussir le portrait éclaté d’un grand du jazz ?  En donnant une évocation lyrique et  convaincue de cet « ogre fâché », contrebassiste et pianiste, compositeur  furieusement ellingtonien dans  « Duke Ellington’s Sound of Love », mais aussi un Jelly Roll Morton du jazz moderne dans le portrait réussi intitulé simplement «Jelly Roll». Le tendre mélodiste, catalyseur d’énergie, toujours sur le fil du rasoir mais inquiet pour de bonnes raisons, était véritablement enragé contre toutes les injustices raciales et sociales, rebelle à vif pour une véritable cause. Dans une prose sensible, écrite et lue parIsabelle Carpentier, qui sait aussi scater avec sensualité,  se dessine en contrepoint  le portrait de celui qui se considérait  comme moins qu’un chien « Beneath the Underdog » (c’est le titre de son autobiographie, parue en 1971), de celui «bigger than life» qui se démultipliait en trois « moi » au moins ! Jacques Vidal, contrebassiste et arrangeur doué, est l’homme orchestre de ce nouveau projet. Il réussit en quelque sorte à prolonger l’esprit du fameux Jazz Workshop, en une plus petite formation certes mais qui fait vivre et revivre la musique mingusienne. Un hommage volcanique  que lui rendent, avec  cette acuité de passionnés également  spécialistes, l’altiste Pierrick Pedron,  le tromboniste (et tubiste) Daniel Zimmerman et le percussionniste Xavier Desandre Navarre. Une formation qui sait mélanger tradition et respect de cette musique généreuse, émotionnelle et physique avec une réelle  liberté : pour preuve, un éblouissant «Boogie Stop Shuffle» où chacun choruse avec incandescence, un swingant « Nostalgia in Times Square ». On songe qu’ils doivent être drôlement heureux de pouvoir jouer cette musique aujourd’hui encore. En tous les cas, nous sommes  sûrs d’entendre  un sacré moment de musique, une petite illusion de bonheur  dans ce Winter of (our) discontent. Avec raison,  Jacques Vidal reprend des titres phares du maître (Moanin’, Pithecanthropus Erectus) qu’il déjoue à sa manière, arrange sans déranger. Toujours dans l’esprit, il ajoute deux compositions de son cru qui introduisent et soulignent l’intérêt du projet.

Enfin, nous avons été sensible au livret soigné, évoquant le Grand Concert de Nicolas de Staël, à moins que ce ne soit simplement la magnifique teinte d’ « Orange was the colour of her dress ».Fabuleux !

Sophie Chambon

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:08

dedierlabbe.jpgCompagnie Messieurs Mesdames/Mosaïc Music


 

 

 

Découvert à la dernière Fête de l’Huma sur la scène Jazz Hum’ Ah !, le quartet de Didier Labbé fit à juste titre, une forte impression et l’album correspondant au programme Le Cap, nous fait entendre un magnifique groupe entraîné par le saxophoniste qui aime à se jouer des modes et du temps, dans ce voyage en terres australes. On est immédiatement plongé dans le bain, du Cap dans une Afrique imaginée, imaginaire (?),  une Afrique bigarrée, festive, frémissante et inquiète, sur des rythmes chaloupés qui swinguent sans retenue. Ça chante aussi  avec ce merveilleux accordéoniste Grégory Daltin ( l’instrument revient en force - il faut s’en réjouir quand il est aussi bien joué - sur la scène du jazz hexagonal ), entouré d’un tubiste brillant  dans ses rugosités même, Laurent Guitton, que soutient et renforce un batteur des plus attentifs Jean Denis Rivaleau . Une rencontre fusionnelle entre ces quatre musiciens, un échange sensible et rayonnant sur scène et sur l’album. Chacun prend à l’aise de puissants solos, accordéon et tuba se répondant sur le « Did you hear that sound »? de  l’emblématique Abdullah Ibrahim, fil conducteur, inspirateur de l’album, auquel Didier Labbé rend hommage dans un émouvant  «Merci Monsieur Abdullah Ibrahim». Comme si les compères voulaient faire allégeance au piano absent, dernier élément, virtuel, de leur groupe. Une aventure collective avec une instrumentation aux timbres originaux qui force l’écoute, pour une musique simple mais forte, toujours en mouvement. Qui surprend et attache. Ça commence de fort belle manière dès l’entraînant « Le cap », rejouant des traditions millénaires. «Pas cap» est troublant  avec la plainte vive du saxophone sur fond de tambours et  grognement du tuba, et en arrière plan, un accordéon menaçant. Comme si chacun jouait sa peau, à moins que ce ne soit avec nos nerfs. Enfin, à la flûte et aux divers saxophones, le leader de ce groupe épatant  conduit son discours explicitement, avec générosité, lyrisme, mélancolie parfois, en dépit de l’énergie déployée constamment. L’Africanité dans tout ça ? Le disque se réclame, on l’ a dit, du grand pianiste converti  depuis à l’Islam et devenu Abdullah Ibrahim.  Notre ancien Dollar Brand  composait des mélodies chatoyantes, plus vives et épanouies bizarrement, issues du blues, des ballades du répertoire populaire, où dominait le chant profond des graves. Si vous ne dansez pas sur l’hypnotique « Imam »  où tuba et flûte s’enroulent, vous méritez de demeurer à jamais cloué sur votre siège. «The Wedding », hymne tendre et prometteur, en miroir au premier titre, conclut le disque,  exaltant le phrasé du saxophone. Traversé de fulgurances, l’album fait entendre un chant mélodique profond.  Absolument ensorcelant !

Sophie Chambon

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