Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:29

 

 

CANDID 2010

Pete Judge ( tp, fchn), Jake McMurchie (sax), Jim Barr (g,b), Clive Deamer (dm)

get-the-blessing.jpg

 

Lorsque deux membres du groupe Portishead s'accoquinent au jazz, cela peut donner, on s’en doute quelques surprenants résultats. Ce premier album de Get The Blessing produit par le bassiste du groupe de pop anglais, porte ainsi la marque d'une musique qui marche constamment sur ses deux jambes, le jazz et l’improvisation ternaire d’un côté et la pop anglaise avec sa rythmique lourde et noisy de l’autre.

Car ce groupe britannique venu de Bristol (comme Portishead) entend bien donner un coup de pied dans la fourmilière et faire exploser les lignes. Si jazz il devait y avoir, c’était au départ plutôt du côté d’Ornette Coleman dont le groupe s’inspirait lorsque dans les années 2000, il jouait dans les clubs de Bristol. Mais c’est aujourd’hui totalement vers un autre univers qu’ils se tournent, un autre son qu’on chercherait plutôt entre leurs racines trip-hop, acid jazz (Bugs in amber) et les résonances africaines des Ethiopiques (The word for moonlight is moonlight). Mais ce qui marque l’originalité de ce groupe c’est avant tout et surtout l’apport très fort de Jim Barr et de Clive Deamer respectivement bassiste et surtout batteur du mythique groupe pop qui viennent là insuffler une toute autre histoire.

Après une entame d'album pas terrible qui joue un peu à l'esbroufe sur sirène de police dans le genre " poussez vous on arrive ", on a l'impression que le choc annoncé fait un peu, pshiittt. Il faut attendre le 3ème morceau (Unnameable) pour que le couple basse/batterie reprenne les choses en mains et installe un groove un peu sale que l'on retrouve sur plusieurs titres comme notamment sur The Speed of Dark, moment clé de l'album s'ouvrant sur un rythme tribal et que l’on suit tel un explorateur à la dérive. Il y a aussi quelques tensions extrêmes dans cet album, des passages de punk un peu noisy. Parfois le pari est pris d'assumer le côté plus jazz Ornetto-Colemanien comme dans So it goes. Avec cette alliance des cuivres très jazz et de la rythmique très pop on balance alors toujours entre ternaire et binaire comme dans ce Bugs in amber entre funk et rock lourd. Ce qui amène parfois à une écriture un peu artificielle faite de ruptures sèches.

Dans tous les cas ça s'investit à fond, ça mouille la chemise, ça déchire le sax (Yes I said yes I will Yes). De l’énergie, c’est sûr ces garçons là en ont autant à revendre que des groupes comme Bad Plus ou plus près de nous, No Jazz.

Remarqué par la presse britannique comme the Independant ou encore encensé par la BBC ( Album of the year award), Get the Blessing surfe toujours sur la même veine un peu cogneuse avec la ferme intention de réinventer le genre.

La conclusion de l'album avec ses bruits de  fonds et ses craquements renforce l'impression d'un album un peu garage, fabriqué avec les moyens du bord. Ce work in progress, dont on espère qu’il ne tombera pas dans les pièges d’un marketing un peu forcé ( voir le site du groupe et les clips qui vont avec….) devrait rapidement nous montrer qu’au fond des caves anglaises la musique se réinvente toujours.

A découvrir en concert. Avis aux programmateurs

  ma pomme

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 10:04

 

Altrisuoni 2010

Virginie Teychené (vc), Stéphane bernanrd (p), Gérard Maurin (cb, g), Jean-Pierre Arnaud (dm), François Chassagnite (tp)

teychene.jpg ll y a parfois dans le monde de l’édition musicale de bonnes surprises auxquelles on ne s'attend pas forcément et qui apparaissent sans crier gare. Pourtant la communauté des journalistes reçoit quotidiennement un grand nombre de nouveaux albums venant de musiciens ou de chanteurs que l'on ne connaît pas, ou pas vraiment ou même pas du tout, et qui néanmoins débordent de talent. Rares cependant sont ceux qui parviennent à capter votre attention et à sortir du lot. Virginie Teychené est assurément de celle-là. Sans esbroufe, sans tapage et sans plan com, la chanteuse (pas aidée pourtant par une pochette d'album, il faut bien le dire, carrément ringarde), parvient très vite à nous capturer dans ses filets. Et ceci avec autant de naturel et que simplicité.  Ce qui n’est peut-être pas le moins surprenant dans le paysage du jazz vocal d'aujourd’hui. Car Virginie Teychené est de ces chanteuses pour qui l'art du chant, l'art du jazz et l'art du swing sont comme des secondes natures qui s'imposent avec un naturel assez rare dans cet univers pourtant bien balisé de chanteuses si souvent maniérées. Notre chanteuse ne va pas chercher midi à quatorze heure et se limite pour l'essentiel aux standards. Mais elle a cette façon de les aborder avec cette voix qui évoque Hélène Merrill ou parfois Annie Ross, voix de mezzo ou d'alti qu'elle fait vibrer dans les graves avec une classe naturelle et confondante.

Son sens de l'interprétation est tel que la chanteuse parvient à faire totalement corps avec ses musiciens dans une cohésion absolument parfaite au point que lorsque la chanteuse s'efface pour laisser place aux chorus, c'est comme si elle leur avait préparé subtilement le terrain , leur avait fat leur lit dans lequel ils n’ont plus qu’à prendre place. Il fait entendre Early Hours, une composition de Gérard Maurin pour le comprendre. Car Virginie Teychené a cet art si rare de nous faire publier le temps pour s’approprier l’éternité. Intelligemment  François Chassagnite, l'un des trompettistes les plus chantants de la scène française, vient apporter aussi quelques couleurs « bakeriennes » à ces interprétations. Et là encore, comme dans ce Beautiful Frindship où la trompette de François Chassagnite si soulful nous transporte autant que la voix de la chanteuse.  Et tout l’album fonctionne comme cela avec beaucoup d'aisance et de naturel. On aimera cette version de I feel so good qui ouvre l’album avec un sens du swing jamais forcé. On aimera cette façon de s’emparer du tempo avec douceur comme sur ce Up Jumped spring du regretté Freddie Hubbard , ce sens du scat sur Lester leaps in . On aimera moins en revanche cette tentative de faire sonner en ternaire un Fotografia de Jobim ou malheureusement j’ai cru un instant que la chanteuse chantait en japonais ( !). Toute petite critique, si à peine on l’ose, tant cet album est pour nous la révélation d’une chanteuse de jazz. L’album se termine de façon bien charmante avec un It might as well be spring réécrit par jean sablon en C’est le printemps, en duo voix-guitare pour terminer en douceur cette belle découverte. Celle d’une chanteuse qui fait danser les rêves, swinger la vie, et frémir les émotions. Une chanteuse de jazz. Une vraie chanteuse de jazz. Jean-marc Gelin

ma pomme

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 09:10

 

Jazzhausmusik 2010

Uli kempendorf

Uli Kempendorff (ts, cl), Ronny Graupe (g), Marc Muellbauer (cb), Kau Lübke (dm)

Il se passe quelque chose sur la nouvelle scène Berlinoise. C’était en tout cas la conviction des organisateurs du Paris Jazz festival qui avaient programmé cet été un Week-end entier consacré à cette scène allemande où les anciens comme Joachim Kuhn ou Alexander Von Schlippenbach avaient le bonheur de côtoyer des petits jeunes bourrés de talent. On y découvrit alors Hyperactive Kid, jeune trio mené de baguettes de maître par Christian Lilinger, batteur génial et prolixe s’il en est, accompagné par un guitariste, Ronny Graupe, que l’on retrouve justement dans le présent album du saxophoniste Uli Kempendorff.

Ce nouvel album, « Louise » qui vient de paraître sous le label berlinois Jazzhausmusik, ne fait que nous confirmer dans la conviction que nous avions déjà de la force de ce jazz allemand. Le saxophoniste Uli Kempendorff ne cherche pas pour autant à révolutionner le genre. Elevé au jazz new-yorkais, ville où il s’est d’ailleurs installé, Uli Kempendorff puise ses sources du côté de Mark Turner (version Fly) ou encore (et logiquement) du côté du guitariste Kurt Ronsenwinkell dont on connaît les fortes connections avec sa ville d’adoption, en l’occurrence, Berlin.

On a l’habitude de toujours comparer les formules pianoless où le saxophoniste est leader à celle, fondatrice de Sonny Rollins. Ici, autre chose puisque le trio mythique se transforme en l’occurrence en quartet, Uli Kempendorff ayant choisi de doubler la contrebasse par la guitare de Ronny Graupe qui assume clairement le rôle harmonique dévolu habituellement au piano.

Avec un sens aiguisé des compositions acérées et tranchantes, ce quartet s’appuie farouchement sur l’énergie de son leader qui fait ici montre d’un incroyable talent. Avec Kempendorff on a le sentiment que la race des saxophones compte a moins 50 espèces  différentes et donc autant de dialectes. On passe ainsi du rauque le plus déchiré aux fines ciselures dans l’aigu, du groove le plus incandescent au lyrisme le plus maîtrisé. Sorte de mariage entre Chris Potter et Joshua Redman. Sans jamais allumer des feux d’incendie immaîtrisable, le groupe installe néanmoins un groove irrésistible, balance la pulse avec une sacrée élégance jamais éloignée du swing. Jazz classique / Jazz moderne on ne sait pas trop. Mais on se laisse assurément prendre dans les quatre coins  du filet de ce quartet qui nous attrape dans sa nasse captivés par l’énergie circulaire, la force des compositions et le talent de son leader. Ronny Graupe que l’on avait trouvé un peu trop discret dans Hyperactive Kid reste là encore sur sa réserve tout en imposant  toutefois une présence très forte et distillant au gré de l’album quelques petites perles lumineuses sur le chemin.

Débarrassé de tous les clichés d’un jazz allemand dévoré tout cru par le rock et le free jazz, le quartet de Uli Kempendorff n’évite pas une certaine forme d’acculturation qui flirte parfois avec le mimétisme du jazz d’Outre Atlantique. A moins que, tout simplement il n’en jette des ponts et en déplace l’épicentre.


ma pommeJean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

voir le site de Uli Kempendorff

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 07:59

 

Yolk 2010

wavin.jpg

 

 

Sebastien Boisseau (cb), Mika Kalio (dm,whistles, tbells), Matthieu Donarier (sx, cl, vc), Laurent Blondiau (tp, fch), Veji Kuala (acc)

 

Au début on prête une oreille un peu distraite et même on décroche un peu son attention tant la couleur de l'album peut sembler lisse et uniforme. Certes le groove ne règne pas en maître dans cet album multicolore et paneuropéen (si l'on en juge par son casting). Et ce n'est d'ailleurs pas le propos. Il ne s'agit pas de pulse ici mais de tout le contraire. Force est pourtant de constater qu'une fois reposé l'album dans son boîtier une irrésistible envie d'y revenir nous ramène à ce bel objet musical. Et cette douce envie tient à la création de cet univers très doux et très subtil dans lequel indiciblement on s'est senti bien, juste bien. Les trames et les textures s'y font très poétiques lorsque l'accordéon du Finlandais Veji Kuala ou la trompette de Laurent Blondiau et le(s) sax(s) de M. Donnarier s'accouplent avec une infinie précaution dans l'approche. Jamais jusqu'à l'orgasme certes mais tout dans le seul plaisir des préliminaires. Il y a alors une sorte de danse et d'attirance des instruments qui se cherchent, se trouvent, apparaissent devant et s'estompent vite au profit d'un autre. Jeu d'ombres. Certes on pourra parfois s'agacer par l'usage répété de certains procédés d'improvisation un peu éculés (les clefs du sax à vide, les grincement sur la cymbale comme exemples même des procédés un peu trop entendus ). Mais l'on ne pourra manquer d’être enveloppé par la grande zénitude de cet album. Car même lorsqu'ils organisent le chaos ( Wanbli) il y a toujours avec une grande délicatesse dans la mise en désordre et beaucoup de respect mutuel dans leur façon de partager la musique. Où l'art de créer un univers fait d'extension et l'étirement de l'espace de jeu à la manière du trait fin d'un calligraphe. La volonté de retenir le geste, de se situer dans l'approche du son les amène ainsi à rester toujours sur une sorte de réserve subtile où Sébastien Boisseau, qui a dirigé le projet artistique y fait montre d'une bien belle présence . Et l'on a le sentiment que ce collectif "Yolkien" nous convie au final à partager un moment de musique comme l'on entre dans un théâtre No, où le geste et l'écoute domine l'espace de jeu des acteurs.

Jean-Marc Gelin

ma pomme-copie-2

 

Partager cet article
Repost0
1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 07:36

 

1CD Ames/Harmonia Mundi – 2009 -

Stephy Haik

C’est en écoutant sa superbe prestation vocale dans le « Walk on a Wild Side » de Lou Reed extrait de l’album « Carte Blanche » d’André Ceccarelli (2004) que j’ai découvert le talent de Stephy Haik. Il lui aura fallu quelques années et la rencontre décisive du pianiste et arrangeur Olivier Hutman pour que Stephy franchisse le pas et produise elle-même son premier album publié sur le label Ames de Didier Lockwood. Un disque sincère, fun, sensuel et profond qui correspond très bien à  toutes les facettes de sa personnalité et qui s’imprègne de toutes les musiques qu’elle aime, de Cole Porter à Mouloudji, en passant par Al Jarreau, Burt Bacharach et cinq compositions personnelles dont elle signe paroles et musiques. Un album remarquablement bien produit et enregistré aux Etats-Unis (Stephy a la double nationalité française et américaine) avec un quintette de grosse pointure qui outre le pianiste Olivier Hutman comporte Jacques Schwartz-Bart au saxophone, Joe Martin à la contrebasse, l’extraordinaire batteur Jonathan Blake et un guitariste israélien tout à fait passionnant : Gilad Hekselman. Dès l’intro de piano de « So in Love » on est pris dans un groove léger et subtil et les frissons commencent à nous gagner dès que Stephy pose sa belle et convaincante voix de soprano sur cet indémodable thème de Cole Porter. Avec « I Do », Stephy a composé une chanson swinguante dans un registre qui nous fait songer à Marilyn Monroe dans une comédie musicale des années 1950 (une de ses influences majeures !). Sa reprise de « People Make The World Go Round » des Stylistics est emmené par le formidable drive du batteur Jonathan Blake et la sonorité suave du saxophon

e de Jacques Schwartz-Bart. Puis la mélancolie joliment évoquée par le déracinement (« The Longest Mile ») se déploie grâce à une inventive contrebasse et côtoie sans aucun problème la joie de vivre (avec la reprise de « Mornin’ » d’Al Jarreau) dans une belle montée progressive de sax et de guitare. Enfin Stephy n’a peur de rien car elle glisse entre deux superbes standards américains (« Mean to Me ») et (« Crazy He Calls Me »), une poignante version d’ « Un Jour Tu Verras » de Moloudji, nous montrant aussi par la même occasion qu’elle arrive à maitriser parfaitement bien le répertoire de la chanson française en y mêlant émotion et sensualité.

 

Lionel Eskenazi

 

LIonel.jpg

 

 

 

 

Stephy Haik sera en concert au Sunside à Paris le 19 juillet et à Nice le 20 juillet (au Théâtre Matisse).

 

http://www.stephyhaik.com/html/guestbook.php

 

Et voici un lien pour ceux qui sont inscrit à Facebook, permettant de voir une vidéo qui propose un habile montage de plusieurs prestations scéniques :

 

http://www.facebook.com/profile.php?id=616448969&ref=ts#!/profile.php?id=594641437&ref=ts

 

 

Partager cet article
Repost0
31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 09:30

Benny-Golson1.jpgphoto Jean-Pierre Foubert

 

Benny Golson donnait l’autre jour deux concerts au Duc des Lombards. Il a sympathiquement accepté de venir remettre son prix à un jeune saxophoniste (Adrien Sanchez) à l’occasion du Tremplin du Festival de Saint Germain.

L’occasion pour nous de revenir sur la carrière de ce saxophoniste légendaire auteur des plus grands standards du hard bop et figure de proue de cette période foisonnante du jazz.

Along came Benny …..

 

DNJ : Quand vous avez remis ce prix à ce jeune musicien, comme j’imagine vous le faites  souvent, cela vous rappelle,t-il vos jeunes années lorsque vous jouiez à Philadelphie avec John Coltrane

 

BENNY GOLSON :  Oh oui ! Cela me rappelle Coltrane mais aussi Jimmy Heath, Philly Joe Jones. On était des amateurs à l’époque. Il y avait aussi Ray Bryant et Red Rodney. BENNYGOLSON-COVER.jpgMais nous étions si jeune. Il avait 17 ans à l’époque et Coltrane à peine 18. Jimmy quand à lui devait en avoir 19. Je me souviens que John Coltrane venait alors à la maison et se mettait au piano et moi au saxophone. Et puis on changeait et je passais au piano. Mais il était vraiment un très mauvais pianiste. Nous répétions tous les jours mais les voisins en avaient assez et je crois qu’ils auraient bien voulu nous tuer ! C’était terrible….

 

 

 

DNJ : Quelles ont été vos influences les plus marquantes ? Coleman Hawkins ? Don Byas ?

 

BG : Non, non, vous voulez que je vous dise…. Arnette Cobb dans la formation de Lionel Hampton. Arnette Cobb sur Flying home. Mais surtout, avant d’être influencé par les saxophones, je suis passé par les études de piano, durant 6 ans. Je répétais tous les jours . J’aurais voulu faire du classique, m’inspirer de Chopin, Brahms. Et puis c’est alors que j’ai entendu Arnette Cobb avec l’orchestre de Lionel Hampton : ouhhhh !

 

DNJ : Il a eu une grande influence sur votre jeu ?

 

BG : Non, c’est juste qu’il m’a donné envie de jouer du sax. Ensuite sont venus Coleman Hawkins et Don Byas. Mais le premier ce fut Arnette Cobb. Mais ensuite j’ai écouté Coleman et notamment le célèbre Body and soul  !! Un choc incroyable. Bien longtemps après j’ai eu la chance d’avoir un jour un job avec lui.

 

DNJ : Ce ne devait pas être très facile de jouer avec lui ?

 

BG : A ça non. Un killer !

 

DNJ : Vous aviez peur ?

 

Lire la suite……

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 20:34

logo_organ_crumble_like_that.jpg

 

Spirale Music / MuSt ReCorD

2010

Article paru le 14 juin 2010


Renaud Dechezlepretre (Org Hammond), Franck Sanchez (elg), David Gerbi (dr)

 

 

Voilà un album qu’on attendait. Nous en avions entendu un titre sur la compilation de MuSt ReCorD « Tribute to Hammond Vol. 001 » que nous évoquions ici même il y a dix jours.

Et pour cause! Organ Crumble est un « vrai » groupe. Avec un organiste qui est Renaud Dechezlepretre. « Vrai » parce que l'entente entre les musiciens sonne toute naturelle et donne le signe d'un groupe qui joue depuis un moment.

Les musiciens joue leur musique comme une évidence. On devine Dechezlepretre leader du groupe alors que le guitariste Franck Sanchez est tout aussi présent - ce dernier a composé plus de la moitié des compositions de l'album. Le batteur David Gerbi apporte la maitrise rythmique, à forte tendance binaire, indispensable et suffisante à ce groupe qui groove, funke et bluese de la première à la dernière seconde du disque.

Organ Crumble est donc un trio solide qui joue avec bonheur ( « Alasko » ou « Money For Lazybones »). La musique du groupe est une sorte de combo compact et cohérent de plusieurs styles rudement maitrisés: blues et groove acidulé, reggae, hard-métaleux (« Ultragare »), des accents boogaloo, de la fusion et un morceau acid-jazz (« Mr Coconut »). Bref, un tour d'horizons de tous les terrains de prédilection de l'orgue Hammond et de la guitare.

Ce trio à forte personnalité développe ici son propre style sans passer par la case « reprises ». Il y dessine aussi sa marque de fabrique. A l'orgue Hammond, Dechezlepretre a un growl puissant et personnel. Il s'appuie sur le métronomique David Gerbi, ce qui lui permet de s'exprimer avec aisance et de pousser le guitariste dans ses plus beaux retranchements. En effet, sa forte complicité avec Sanchez, au style fluide et transparent, se ressent partout. David Gerbi est aussi remarquable (« Rush Hour ») à la batterie sans qui le duo orgue/guitare serait diminué. Cette musique urbaine et testostéroneuse, excellemment bien vue, est variée stylistiquement et rythmiquement et mélange sans trouble des « organ-dérapages » et des envolées instrumentales agencés avec une maitrise évidente. Sur cd, Organ Crumble « envoie grave ». En concert, on n'ose à peine imaginer la furieuse ébullition. D'ailleurs, Organ Crumble sera sur la scène de la Scène Bastille à Paris le 18 juin 2010. Je crois que je vais y aller.

Jérôme Gransac

 

Myspace

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 20:25

 

27-Mai-2010

Festival Jazz à St-Germain-des-Prés.

Concert en solo à l’Eglise de St-Germain-des-Prés.

 

Les DNJ : Le concert de ce soir dure approximativement une heure et demi, et la tension reste à son comble du début à la fin. Comment un musicien, seul sur scène, prépare-t-il physiquement et mentalement une telle prestation ?

 

Bojan Z : Quand tu sais qu’il va y avoir un concert comme ça, il y a évidemment en amont une préparation mentale. Tu essaye un petit peu d’envisager comment te surprendre toi même, comment organiser les choses sans qu’elles soient trop organisées. Et ensuite, le reste est assez simple, il faut surtout se détendre l’esprit, et c’est plutôt là que cela se situe. Les idées et la Musique qui sont en permanence autour de ma tête ont besoin d’une pensée détendue, afin d’être apte à jouer, à les transmettre comme il faut. Donc, au final, je me suis juste « réchauffé » les doigts ce matin au réveil pour être en état de disponibilité totale pour la Musique qui sera là quelques heures après. Evidemment, il faut que quotidiennement soit effectué un travail rigoureux de la technique, cela va de soi pour un soliste. Il y a des moments où on est en bonne communication avec l’instrument et d’autres où on l’est moins. Peu importe, de toute façon je ne suis pas quelqu’un qui est dépendant de la technique pour pouvoir exprimer la Musique que je veux.

 

 

Lire la suite : Une rencontre avec BOJAN Z........

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:53

 

 Article paru le 04 juin 2010.robin nicaise

1 Cd Altri Suoni AS 287

Sortie 2010

www.robinnicaise.com • www.myspace/robinnicaise • www.parisjazzunderground.com

CONCERT DE SORTIE AU SUNSET le LUNDI 7 JUIN 2010


 

 

Voilà des musiciens doués et subtils qui se connaissent et s’apprécient au point d’avoir fondé un collectif le «Paris Jazz underground», car ils partagent une même esthétique, décontractée et sérieuse à la fois. Ces jeunes gens à la belle maturité, aiment le jazz qui vient « de là-bas », dans la lignée des musiciens qu’ils ont pu écouter ou côtoyer aux USA (Kurt Rosenwinkel, David Binney, Chris Cheek, sans oublier le prince Brecker). Mais comme ceux qui les inspirent, ils tiennent à prolonger, voire renouveller cette tradition.

Tranquillement, à leur rythme et selon leur désir. Sans urgence et emportement, mais avec goût. D’où une musique sans esbroufe, mais très réactive. Et surtout d’une cohérence formidable. C’est que les membres du collectif jouent régulièrement les uns avec les autres sur les disques des copains. Le saxophoniste ténor Robin Nicaise invite ainsi un autre ténor David Prez à jouer sur son album « Nouvel Air » du label suisse Altri Suoni, ainsi que Sandro Zerafa, guitariste, autre membre de PJU.

Se dégage ainsi un vrai jeu d‘équipe au point que la notion de soliste et d’accompagnateur paraît souvent fluctuante. Le charme opère très vite dès le Printemps à New york inaugural ou la Ballade à Honfleur. Toutes les compositions s’enchaînent avec fluidité et se retiennent, même si elles sont moins simples qu’il n’y paraît de prime abord. Soyez donc attentif aux interventions des différents instrumentistes : assages par petites touches à la flûte ( Mercure) et à la harpe d ‘Arnaud et Eponine (étonnant prénom) Momenceau, son délicat de la guitare de Sandro Zerafa, échappées belles d’Adrien Chicot au Fender Rhodes. Les différentes textures, l’alliage des timbres, les couleurs raffinées et précises créent un Magma fluide et mélodique. Les temps ne sont pas trop appuyés, la musique s’écoule, constamment nuancée et contrastée : quelques ruptures de ton font passer habilement d’un climat à un autre comme sur cette Attraction bien nommée, introduit par le Fender en attendant que la tournerie s’installe, (drumming léger de Fred Pasqua). C’est l’élégance qui domine ces compositions, toutes du leader Robin Nicaise : il a un « son» au ténor et entretient un rapport complexe au lyrisme, sans flamboyance ; comme s’il voulait introduire une certaine distance dans un jeu que l’on sait pourtant ardent. Aussi, n’hésitez pas : si on vous demande ce qu’est le jazz actuel, et où on peut en écouter, répondez qu’il faut aller voir du côté de ce collectif PJU et de ce « Nouvel Air » de Robin Nicaise : vous découvrirez des musiciens généreux, doux et captivants.


Sophie Chambon

 

Partager cet article
Repost0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 19:52

 

Plus Loin Music 2010 ( enregistrement 1997)

 

antoine-herve.jpg

 

C’est à une véritable leçon de jazz que nus convie Antoine Hervé. Mais c’est bien plus que cela. Une sorte de déclaration d’amour à tous ses maîtres en piano jazz, au centre desquels il place Monk. Certes en s’attaquant en solo à l’œuvre de Monk (à l’exception d’un thème signé Irving Berlin et d’un thème de lui-même - Camara), Antoine Hervé prenait lors de ce concert donné en public en 1997 à la Cité de la Musique le risque de se voir comparer aux grands solos du Maître. À une époque où les pianistes ne rejouent guère plus les œuvres majeures, mais privilégient leurs propres compositions, le piège était immense tant on a encore et pour toujours à l’oreille les sessions solo de Monk de Londres ou d’ailleurs. Appréhension que l’on a en glissant le disque dans le lecteur. Et appréhension qui tombe immédiatement. Car ce que fait Antoine Hervé relève d’une approche très personnelle et lecture qu’il propose permet de comprendre d’où vient Monk et de jeter les ponts entre Monk et Tatum, Monk et Jerry Roll Morton, Monk et Fats Waller, Monk et Oscar. Avec brio, avec brillance, avec son propre génie de l’improvisation Antoine Hervé nous montre cette continuité du jazz. Et sur sa lancée poursuit jusqu’à sa propre histoire. Car il a cet immense talent et cette liberté des génies, Antoine Hervé, qui lui permet d’aller et venir où il veut, dans sa digression personnelle, de prendre le thème, s’en éloigner tout en s’en inspirant ou en jouant le contraste pur et revenir enfin dans le même geste.

L’interprétation et l’évolution qu’il imprime à un thème comme Ruby My Dear est à ce titre magistrale. Mais pour autant, Hervé a la finesse et la suprême élégance de ne pas s’attarder en digressions introspectives. Hervé sait n’en faire jamais trop. Round Midnight passe ainsi par des routes vallonnées de surprises. Il part aussi parfois dans des improvisations très Jarretiennes comme pour montrer aussi combien à celui-là, comme  à tous les grands pianistes de jazz il doit tout. Car comme avec Jarrett la démarche est la même. Le sens inouï de l’improvisation autour, à partir et avec les standards incontournables, pétris, malaxés, incarnés là ,dans l’instant.

Dans All Alone c’est une émotion vive et forte qui nous saisit. Dans Monk’s Mood emporté par son élan, il s’offre un passage par Smoke Get in your eyes. Autre leçon de jazz d’ailleurs qui montre combien Monk s’est nourri aussi des grands standards d’avant lui. Plus loin Hervé sait aussi se faire mutin, drôle et facétieux comme ce Monk’s dream totalement ébouriffant, joyeux et dansant la danse des fous. Le public sait ce qui n’est pas dit, se lève, exulte et acclame. Ce public sait bien que ce soir-là Antoine Hervé était le dépositaire d’un secret bien plus grand que lui. Le secret du jazz que ce sorcier de Monk devait lui susurrer dans l’oreille.  Jean-marc Gelin

Partager cet article
Repost0