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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:43

 

Label indépendant - 2010

 

dad.jpgAspirateurs en La bémol majeur, le disque débute subrepticement par le souffle continu d’un appareil ménager au cœur tendre. Dad débarque sur terre, c’est le signal. Courte mise en bouche et peut être vindicativement  voulue pour notre surprise, ce « Dadadadadad » laisse place à une toute autre sorte de souffle, celui d’Adrien Daoud. L’équilibriste pluri-instrumentiste fantasmagorique du sax ténor développe au cours du disque une naïveté d’improvisation et une simplicité de phrasé plutôt géniale. Cette position politiquement incorrecte rendra certainement jaloux bien des saxophonistes en quête de cette singularité. Paraît-il même que Mark Turner fut envié pour plus que ça. En réponse à cela, et en contrepoids aussi, une paire d’inséparables, soudés par friction, en la personne de Thibaut Brandalise à la batterie et Maxime Daoud à la basse. Leurs rôles n’ont d’ailleurs aucune limite car il ne s’agit pas de Jazz ici. Pourquoi enfermer dans un style ne serait-ce qu’une infime partie de ce projet musical audacieux, tenu par de jeunes artistes dotés d’une créativité hors-normes. Et puis tout ceci ne serait pas incroyable sans la précocité de cette sagesse qui transpire à chaque mesure composée. Aussi, chaque artiste se relaye au chant, en anglais et au service d’un message fortement introspectif. Les paroles sont par ailleurs écrites par Gabriel Gorman, dernier rempart contre la conformité dans un groupe explosif et rare. Il y a manifestement à coups sûrs une très forte filiation avec certains délires psychotiques de Frank Zappa, notamment dans « Buffalo Hide ». Etant presque tenté de comparer les enchainements à un étonnant « road movie », remarquons au passage ces anges, qui passent l’un après l’autre, parfois sur quelques pistes ne dépassant pas la trentaine de secondes, et où le protagoniste se retrouve à chaque fois seul, comme pour revendiquer son mot à dire. Maxime Daoud, l’homme aux lignes de basse ronronnantes, fourni la preuve que nous sommes bel et bien dans un songe par la créativité d’un jeu malicieusement précis. Cédons sans retenue à l’envie d’y retrouver un esprit british dans la conception des rythmes et des ambiances. Pourquoi pas ? Le côté Pop anglaise n’est pas désagréable, bien au contraire. Le responsable de ce regain formidable d’énergie n’est autre que Thibaut Brandalise, fin batteur animé par cet honorable reflexe de mettre en valeur ceux qui l’entoure. Parfois apaisants, tantôt digressifs, ces dialogues instrumentaux n’ont aucune limite, évoluant au travers de plusieurs combinaisons. Et puis comment oublier la présence de Sébastien Llado, ce drôle d’oiseau au cœur pur offrant toujours par le biais de ses conques et de ses coquillages une vision du monde tellement différente. Parler du trombone de Sébastien, c’est comme inventer un nouveau mot, et donc forcément une aventure. Parler de Dad est comme évoquer la folie qui sommeille en chacun, et donc forcément un voyage rocambolesque, à vivre et à revivre…

Tristan Loriaut

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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 20:00

 

Laura LITTARDI / Alain JEAN-MARIE au 9JAZZ CLUB (Paris)
Concert du 29.04.2010


C'est un beau, un grand duo qui vient de se constituer entre la chanteuse Laura Littardi et le pianiste Alain Jean-Marie au 9Jazz Club (prochaines dates : 13 juin ; 7juillet ; 8 septembre 2010, etc.), l'un des très rares lieux à continuer à promouvoir la formule de la « résidence » comprise comme véritable laboratoire de musique (et d'écoute amoureuse de la musique, dans ses révélations chaque fois imprévues, on n'y insistera jamais assez).


Partons du site, cristal improbable de l'émotion. Entre Ménilmontant et Oberkampf, en plein Est parisien, loin de la dégoulination sur-urbaine des Halles mais avec la même électricité qu'on leur connut jadis, s'est créé et se développe un club de jazz , un vrai : pas branché sur les circuits internationaux ni servilement sur les sorties de disques des labels, mais bien sur une une échelle de goûts qui lui est propre et, surtout, sur une offrande dont les musiciens connaissent la juste valeur : le temps de la maturation des projets, de la complicité devenue télépathie. Sous l'impulsion de Cathie Fichelle, ex-Petit Opportun, ex-7Lézards, ce sont ainsi Nelson Veras et Gilda Boclé, Rick Margitza et Peter Giron, Deborah Tanguy et Laura Littardi et désormais Laura Littardi et Alain Jean-Marie qui viennent exposer chaque quinzaine, chaque mois, l'état renouvelé de leurs études et de leurs échanges. Il faudra bien, un jour ou l'autre, rendre grâce, comme il se doit, à celles et ceux qui continuent de croire et d'ouvrir leurs portes à ce type d'aventure.

 

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Stéphane Carini.



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8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 06:04

 

Du jazz dans la capitale albanaise? Avec une population de huit cent mille habitants, Tirana est le cœur de vie du pays ainsi qu'une capitale très vivante de nuit comme de jours, à l'image de villes comme Barcelone ou Istanbul. Le quartier "Le Blloku", à dix minutes de la place principale Skanderbeg qui ne brille pas vraiment par son architecture était autrefois réservée aux apparatchiks du partie communiste soviétique. Aujourd’hui, les fêtard se le sont appropriés et Le Blloku fourmille de lieux de vie très animés: bars, discothèques, restaurants et … le Rei Jazz Club ( St. Abdyl Frasheri, Vesa Center. Tel: +355 4 2278887) au Vesa Center – centre commercial à l'albanaise qui réunit seulement quelques magasins – qui organise tous les ans le « Vesa Jazz Festival ». Ce club, ouvert en décembre 2008, a déjà accueilli Hal Singer, Freddy Cole, Jamie Davis, Larry Franco. Le lieu est superbe et moderne, tout en noir et blanc, avec une très belle scène et des tables espacées entre elles pour recevoir le public. Volutes de fumées – on fume encore dans les lieux publics en Albanie – alcools forts et deux concerts, le week end, attendent un public probablement rare. Le lieu ne programme pas de concerts en semaine – sauf exception – et ce n’est donc pas étonnant de voir le lieu totalement vide. En revanche, le club propose des soirées latin-jazz et danses qui semblent attirer le tout Tirana.

2010-0135.jpg

Le groupe de Einar Nelku (voc, elg) 

Sur le boulevard Deshmoret e Kombit, l'hôtel Rogner Europapark (Tel. +355 (4) 2235035 · info@tirana.rogner.com) propose du jazz tous les jeudis soirs, le plus souvent un trio. Ce jeudi 29 avril, ce ne sera pas un trio mais un quintet et pas du tout du jazz, mais plutôt un bon gros groupe de blues et chansons rock avec comme chanteur Einar Nelku, à l'accent albano-texan, et un assez bon guitariste de blues en la personne de Sokol Shehu, un peu la star de Tirana du moment côté guitare. On peut dire que le groupe attire les « local businessmen » (je vous laisse deviner la signification cachée) comme on les appelle sur place, accompagnés de leurs voitures et lunettes noires.

2010-0138.jpg


Le guitariste Sokol Shehu

Enfin, le Jazz clubs Take Five est le deuxième lieu destiné au jazz avec une programation plus régulière que le Rei. Malheureusement, le manque de temps et de chance ne nous ont pas permis d’y jeter une oreille … personne n’a sur nous indiquer la rue Themistokli Gjërmenji... arrgh!

 

Jérôme Gransac

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:29

 

Cam Jazz 2010

 

falzonne.jpg La rencontre avortée entre Miles Davis et Jimi Hendrix aura fait fantasmer plus d’un musicien et plus d’un  amoureux du jazz. On imagine tous ce qu’aurait pu donner cette rencontre entre la furie du génial gaucher et la trompette déjà électrifiée de Miles. Il est donc logique que Giovanni Falzone , trompettiste immense dont la culture va autant du jazz le plus traditionnel au rock le plus débridé s’attaque à un projet autour d’Hendrix qui débouche forcément sur le rêve de cette rencontre mythique. Pour cela il lui faut d’abord endosser les habits du guitariste. Et là, il faut bien reconnaître que Falzone, a un sacré talent pour nous en mettre plein la vue. Dans le genre caméléonesque protéiforme, le trompettiste italien peut à peu près tout faire avec sa trompette. Des sonorités les plus aigues aux plus graves, des trilles à faire jeu égal avec feu Freddie Hubbard  jusqu’aux sons électrifiés plus évanescents, Giovanni Falzone ne cesse de montrer tout au long de cet album l’étendue de son art. Jazz dans son art de l’improvisation débridée, il est aussi rock dans cette folie déjantée d’un discours un peu azymuté.  Capable de déclencher la foudre (Fire), Giovanni Falzone tente de refaire l’histoire avec une brillance toute transalpine, volubile et un brin facétieuse. Une rythmique un peu « heavy » il est vrai ne lui facilite pas la tâche (Mr Jimi) et ne donne pas dans la subtilité. Il n’empêche …. Les tentatives sont intéressantes. Ainsi cette tentative douteuse sur le principe mais néanmoins assez convaincante sur le plan musical : la rencontre Miles/ Hendrix fantasmée dans un seul titre mêlant So What et Foxy Lady. Alors Giovanni se fait feu follet. Ça déménage lourd. Le trompettiste souffle fort avec une puissance qui ne perd jamais en vitesse d’improvisation. Giovanni divague, multiplie les changements de sons. La rythmique martèle et Giovanni Falzone a la trompette mutine.  Mais si l’on adhère à cet album, on est néanmoins un peu mal à l’aise devant cette tentative prétentieuse de réécrire une histoire qui n’a pas eu lieu. Un peu comme les reconstitutions télévisuelles d’évènements auxquels personne n’a assisté. Car la plus belle rencontre entre Miles et Hendrix restera mordicus, quoiqu’en dise Falzone, celle de notre imaginaire.  Jean-Marc  Gelin

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 06:14

escoude-350-f4208.jpg


1 Cd Plus loin Music / Harmonia mundi

2010

www.plusloin.net


On peut faire confiance au label Plus Loin dans ses choix artistiques : voilà en cette année Django, un disque de genre intelligemment revisité. Le grand guitariste Christian Escoudé a su s’entourer d’une fine équipe pour élaborer un album de jazz manouche, qui,  tout en respectant les règles du genre, sait aussi les détourner, ou se souvenir que les alliages de timbres firent le succès du premier et des autres formations en quintette du « Hot Club de France » de Django.

En effet Escoudé officie avec deux autres guitaristes (loi du genre) Jean Baptiste Laya et David Reinhardt (le petit fils)  qui l’accompagnaient déjà dans son dernier album mais il ajoute à sa formation, outre l’indispensable violoniste ( la jeune Fiona Monbet sur « Moonlight serenade »), une rythmique alerte et élégante composée d’ Anne Pacéo à la batterie et de Darryl Hall à la contrebasse (jolie intervention quoique trop rapide à notre goût sur « Choti »)  qui se substituent parfois avec grâce à la « pompe » traditionnelle, alors allégée.

 

 

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Sophie Chambon        


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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 18:11

 

ECM 2010

Chris Potter (ts), Jason Moran (p), Paul Motian (dm)

motian.jpg Le son projeté de Chris Potter, la science de l’instant juste de Jason Moran et le flux vital de Paul Motian, là, tous les trois réunis pour la première fois à l’occasion d’un concert au Vanguard. Trio bassless un peu inattendu il est vrai. Certes Motian avait déjà joué avec Potter depuis l’Electric Bebop Band. Certes Moran et le saxophoniste jouent ensemble au sein de l’Overtone Quartet. Mais les 3 ensembles, jamais. Trio inattendu, surprenant sur le papier. Trio contre-nature, à la limite. Et pourtant là,  à ce moment précis, ce soir-là, à cet endroit précisément, quelque chose d’incroyable, comme une mise à nu, un moment de l’intime révélé. Le materiau extrait de ce concert pour constituer le répertoire est presque exclusivement composé par Motian et agencé par Eicher. Matériau déjà entendu dans d’autres albums. Pourtant il  ne s’agit pas de titres-prétextes mais d’un véritable ensemble cohérent où les mélodies de Motian se trouvent purement magnifiées par ses trois interprètes. Les ballades sont à la fois profondes, transpersantes, charriant dans leur flot sinueux une émotion poignante.

On voudrait alors éviter les clichés du genre «  des musiciens en emphase télépathique ». Trop cliché. Trop galvaudé surtout. Et pourtant comment l’éviter s’agissant de cette rencontre-là. Car l’osmose qui s’opère entre Motian/Potter /Moran rend l’instant rare et intense. Chris Potter surprend. Lui qui d’habitude est tout en énergie échevelée réalise ici un chef d’œuvre de puissance et de sensibilité mêlés. Donnant aux thèmes de Motian une incroyable intensité. Prodigieux. Jason Moran est lui aussi inattendu. Lui qui est tout en déstructuration Monkienne est ici un sublime liant trouvant l’accord parfait, l’accompagnement juste en profondeur et en gravité. Motian dit de lui que l’étendue de son jeu rend la présence d’une basse inutile. Quand à Motian, je ne parviens pas à parler de lui comme un « batteur ». Le mot ne colle pas. Heurte. Il faut trouver autre chose. Motian comme il le dit lui-même dans une itw donné à Jazz Magazine ne marque pas le tempo ou alors très rarement. Il est juste dans le feeling. C’est la respiration. C’est anatomique. C’est précis. Motian c’est aussi subtil qu’une fine dentellière. On parle de lui comme d’un « coloriste ». Je pense aussi à lui comme à un metteur en espace. Motian crée l’espace. Délimite le champ. Lui donne relief et surtout lui donne vie. Donne ce flux vital qui jamais ne cesse et trace sa route, révélant au passage les merveilles de ce corps constitué qu’est ce trio révélé.  

Alors, avec ces trois-là tout nous parle. Chaque morceau nous touche.  Il suffit d’entendre les méandres de Birdsong, morceau déjà entendu dans « Tati » ( d’Enrico Rava). Où l’on perçoit qu’avec ce trio-là, toutes les configurations sont possibles : 1 trio et 3 duos possibles. Les méandres peuvent se faire doucement free comme sur Ten où Motian et Moran dialoguent en brisures. « Be careful it’s my heart », brève césure, thème d’Irving Berlin trouve une profondeur très émouvante.

Malheureusement  Motian ne voyage plus guère et il y a peu de chance d’entendre ce trio en concert. Trio magique qui risque ainsi de disparaître aussi vite qu’il est apparu. Il aura été une parenthèse sublime pour nous. Perdue dans un rêve.

Jean-Marc Gelin

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 12:10

akalewubealbum.jpg

 

Clap son / Mosaic Music- Sortie le 3 mai 2010

 

Etienne de la Sayette (ts, fl), Paul Bouclier (tp, mélodica, perc), Loïc Réchard (g), Oliver Degabriele (elb), David Georgelet (dr), Etienne Raguenel (bougarabou, bongos) sur deux titres. 

 

Akalé Wubé ("ma jolie" en Amahrique) est un groupe parisien, né en 2009, qui s'est donné pour mission d'explorer les trésors du jazz-groove éthiopien des années 60/70. En France, la découverte de la musique abyssienne s’est faite grâce aux trente volumes de la collection « Ethiopiques ». Produite par Francis Falceto et le label Buda Musique, elle a été réalisée à partir des meilleurs enregistrements des majors éthiopiennes (Amha Records, Kaifa Records, Philips-Ethiopia) datés de 1960 aux années 2000. De grands noms de la musique éthiopienne et érythréenne nous sont arrivés aux oreilles tels Getatchew Mekuria – surnommé le negus du saxophone éthiopien ou encore le « Albert Ayler du jazz éthiopien » sans qu’on sache vraiment pourquoi – Mulatu Astatke, Aster Aweké, Alèmayèhu Eshèté ou encore les chanteurs Mohammad Jimmy Mohammad – décédé en 2006 - et Mahmoud Ahmed qui se produit chaque année dans la région parisienne (dernièrement à Nanterre dans les Hauts de Seine).

 

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Jérôme Gransac

 

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 00:17
logoINA.gifRetrouvez toutes les vidéos dans la rubrique "Les vidéos qu'on aime".








Dizzy Gillespie à propos de sa candidature aux élections présidentielles (1971)


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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 18:04

magma.jpg

 

PHILIPPE GONIN

MAGMA Décryptage d’un Mythe et d’une Musique

 

 

S’attaquer à Magma… l’idée est séduisante certes mais le sujet est périlleux. Comment évoquer ce groupe mythique hors norme, cet Ovni du paysage musical français des quarante dernières années, qui doit beaucoup à la réputation de son « créateur », l’étonnant Christian Vander ?

Amateur éclairé, musicologue et musicien lui même, Philippe Gonin  suit avec minutie l’histoire du collectif protéiforme dans un ouvrage au titre explicite : Magma, Décryptage d’un Mythe et d’une Musique.

Ce livre document de la très sérieuse maison d’édition marseillaise LE MOT ET LE RESTE fera date.

 

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Sophie Chambon

Les albums de Magma se trouvent tous sur le site de Seventh Records


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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:30

the-show-jaquette.jpg

Clapson / Le Petit Label – 2010

 

Etienne de la Sayette (as, ts, cl, samplers), Ivan Réchard (cb, elb), Cyrille Méchin (ts, cl), David Georgelet (dr)

 

Qui est Frix? D'où nous vient ce quartet à la marge qui sort son troisième opus, un ovni intitulé « The Show Was Not Good »? Pour vous faire une idée de ce qui vous a été préparé, jetez un oeil à la pochette... cela ne vous éclaire pas plus pour autant, me direz-vous? On y voit pourtant une jeune femme sexy et inquiète de se voir découpée par un savant fou et un bourreau visiblement très motivé. Ambiance zappaienne assurée: « Freak out » aurait marmonné le grand Franck.

Frix, c'est quatre garnements qu'on imagine doucement insolents (« In Frix We Trust »), un peu provocateurs (« Clinton Bugs », « Sex Toys ») mais tout à fait dans le vent. Pour preuve, « The Show Was Not Good » a été élu cd de la semaine (du 5 au 11 avril dernier) sur FIP.

On commence à voir le nom de David Georgelet, le batteur, dans beaucoup de formations jazz, plus académiques que Frix (Max Pinto, Sandro Zerafa). Etienne de la Sayette est aussi le saxophoniste du groupe ethno-jazz Akalé Wubé et, même s'il n'est pas connu par le plus grand nombre, on croise son nom dans le milieu jazz sur des projets aventureux. Bref, les musiciens de Frix connaissent la musique!

Frix mélange la simplicité du groove et d'un funk dépouillé à une savante concoction de musiques plurielles. Frix donne vie à une musique truculente et énergique grâce à un travail important de post-production Ainsi il communique sa douce folie en combinant des samples vocaux à l'ambiance délurée avec un brin d'électro-noise bien vu: « Sex Toys » mêle des interjections en allemand avec des bruits … de jouets; à partir d'un extrait d'un discours de Frédéric Mitterand à propos du Schpountz de Marcel Pagnol aux Césars au début des années 90, « Fripo » rythme sa cadence sur sa voix et fait slammer notre « alors-futur » ministre de la culture bien malgré lui. L'humour déjanté, à la Zappa, associé à une folie musicale, qui rappelle les heures de gloire d'un punk qui aurait muri, sont aussi des éléments de la réussite de « The Show Was Not Good ».

Unique Frix? Certainement, mais avec des similitudes évidentes avec « Ca Urge » de Lilliput Orchestra de Laurent Rochelle. Avec l'homogénéité en plus, du début à la fin de l'album. Musique géniale sur cd très attendue sur scène.

 

Site


Jérôme Gransac

 

 

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