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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 18:04

magma.jpg

 

PHILIPPE GONIN

MAGMA Décryptage d’un Mythe et d’une Musique

 

 

S’attaquer à Magma… l’idée est séduisante certes mais le sujet est périlleux. Comment évoquer ce groupe mythique hors norme, cet Ovni du paysage musical français des quarante dernières années, qui doit beaucoup à la réputation de son « créateur », l’étonnant Christian Vander ?

Amateur éclairé, musicologue et musicien lui même, Philippe Gonin  suit avec minutie l’histoire du collectif protéiforme dans un ouvrage au titre explicite : Magma, Décryptage d’un Mythe et d’une Musique.

Ce livre document de la très sérieuse maison d’édition marseillaise LE MOT ET LE RESTE fera date.

 

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Sophie Chambon

Les albums de Magma se trouvent tous sur le site de Seventh Records


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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:30

the-show-jaquette.jpg

Clapson / Le Petit Label – 2010

 

Etienne de la Sayette (as, ts, cl, samplers), Ivan Réchard (cb, elb), Cyrille Méchin (ts, cl), David Georgelet (dr)

 

Qui est Frix? D'où nous vient ce quartet à la marge qui sort son troisième opus, un ovni intitulé « The Show Was Not Good »? Pour vous faire une idée de ce qui vous a été préparé, jetez un oeil à la pochette... cela ne vous éclaire pas plus pour autant, me direz-vous? On y voit pourtant une jeune femme sexy et inquiète de se voir découpée par un savant fou et un bourreau visiblement très motivé. Ambiance zappaienne assurée: « Freak out » aurait marmonné le grand Franck.

Frix, c'est quatre garnements qu'on imagine doucement insolents (« In Frix We Trust »), un peu provocateurs (« Clinton Bugs », « Sex Toys ») mais tout à fait dans le vent. Pour preuve, « The Show Was Not Good » a été élu cd de la semaine (du 5 au 11 avril dernier) sur FIP.

On commence à voir le nom de David Georgelet, le batteur, dans beaucoup de formations jazz, plus académiques que Frix (Max Pinto, Sandro Zerafa). Etienne de la Sayette est aussi le saxophoniste du groupe ethno-jazz Akalé Wubé et, même s'il n'est pas connu par le plus grand nombre, on croise son nom dans le milieu jazz sur des projets aventureux. Bref, les musiciens de Frix connaissent la musique!

Frix mélange la simplicité du groove et d'un funk dépouillé à une savante concoction de musiques plurielles. Frix donne vie à une musique truculente et énergique grâce à un travail important de post-production Ainsi il communique sa douce folie en combinant des samples vocaux à l'ambiance délurée avec un brin d'électro-noise bien vu: « Sex Toys » mêle des interjections en allemand avec des bruits … de jouets; à partir d'un extrait d'un discours de Frédéric Mitterand à propos du Schpountz de Marcel Pagnol aux Césars au début des années 90, « Fripo » rythme sa cadence sur sa voix et fait slammer notre « alors-futur » ministre de la culture bien malgré lui. L'humour déjanté, à la Zappa, associé à une folie musicale, qui rappelle les heures de gloire d'un punk qui aurait muri, sont aussi des éléments de la réussite de « The Show Was Not Good ».

Unique Frix? Certainement, mais avec des similitudes évidentes avec « Ca Urge » de Lilliput Orchestra de Laurent Rochelle. Avec l'homogénéité en plus, du début à la fin de l'album. Musique géniale sur cd très attendue sur scène.

 

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Jérôme Gransac

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 06:00

( Courte ) histoire d’un label : EMOUVANCE
Structure de production et label de musiques vivantes


Emouvance, label singulier né en 1994 de la volonté d’un musicien actif et engagé, Claude Tchamitchian,  soutenue par une directrice de collection infatigable Françoise Bastianelli, continue sa production annuelle avec acharnement en suivant une ligne éditoriale très cohérente. Peu d’albums à ce jour, une trentaine de références, deux ou trois parutions par ans seulement, on est loin de la fièvre actuelle de certains labels. Par contre, il s’agit d’ un travail soutenu, conscient, d’accompagnement des musiciens pour leur permettre de réaliser leur vision de la musique, sans s’attacher particulièrement au style, au genre, ou même à l’esthétique . Ce dont il est question, c’est bien plutôt la force, la profondeur, l’originalité et le caractère unique de la voix que porte chaque musicien . » Emouvance aime les collaborations qui s’inscrivent dans la durée. Au fil des années s’est ainsi constituée une communauté de pensée, une famille artistique. Tel est le cas, par exemple, de Lousadzak, aventure commencée en 1993 en septet, développée en 1998 avec le Grand Lousadzak puis en 2001 avec l’Acoustic Lousadzak, et qui se poursuit depuis 2005 avec le New Lousadzak.
Des musiciens comme Raymond Boni, Daunik Lazro, Stephan Oliva sont devenus des compagnons de route  de cette famille nouvelle réunis par ces affinités sélectives.
 Illustrant  cette approche, le catalogue d’émouvance  comporte un choix de  musiques plus ou moins improvisées, même parfois très écrites. Tous les instruments ont leur place au sein de cette collection : piano, contrebasse, saxophone, batterie,  plus ou moins grandes formation. Des instruments « classiques »pour nous Occidentaux  mais aussi  des instruments d’origine non-européenne : le zarb de Keyvan Chemirani, le kamantcha de Gaguik Mouradian…

 

 

Sophie Chambon

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 00:36

  oddjobClint_338x338.jpg

Act – 2010

 

Peter Forss (b), Per "Ruskträsk" Johansson (sax, bcl), Goran Kajfes (tp), Janne Robertson (dr), Daniel Karlsson (p)

 

On le disait ici, pour leur concert pour Jazzycolor en novembre dernier, que la musique d'Oddjob évoquait certaines musiques de films ou de séries télévisées. Pour beaucoup de trentenaires, les génériques de John Barry, Lalo SchifrinEnnio Morricone se font l’écho de grandes productions cinématographiques à succès. Et comme souvent ces musiques sont de véritables petits chefs d’œuvre, elles participent plutôt à entretenir l’imaginaire des films auxquels elles sont associées. Maintenant, ajoutez cela à un mythe comme celui de Clint Eastwood, ce héros aux multiples facettes – flic sans pitié, cow-boy charismatique, justicier sans concession – et vous détenez là une très bonne idée de projet. 

 

Et bien ils l'ont fait, les doigts dans le nez, sans détour et avec intelligence: Oddjob reprend les thèmes connus de grands films tournés avec Clint Eastwood, signés par Schiffrin et Morricone pour la plupart (On note que « Let's do It » est composé par Clint lui-même). Les pièces – pour la plupart destinées à être jouées par un orchestre – sont triturées à souhait pour seoir à un quintet de jazz/drum'n'bass - écoutez voir l'excellentissisme version de "Scorpio" pour vous en convaincre - résolument esthétique et sonore: remplacement des timbres et des tessitures, bouleversement rythmique, mise en exergue des gimmicks. Entre autres, les parties vocales de « Magnum Force » sont remplacées par la clarinette basse de Johansson, le gimmick du thème est purement électronique – dans un style très « clin d'oeil » - et la rythmique a quelque peu subit une cure de refroidissement. « The Good, The Bad and The Ugly », qui nous a fait fantasmer quand on était gosse - où Clint tient le rôle de Blondin! Souvenez-vous! - est passé à la moulinette de la rythmique électro-techno pour un résultat plutôt intéressant et surprenant. Retravaillés avec humour et dévouement, tous ces thèmes si connus renaissent à nos oreilles et conservent leur vibration essentielle. On note aussi l’excellente interprétation aux allures oniriques de « Ecstasy of Gold » - toujours de Morricone tiré de « Le bon, la brute et le truand » - qui se magnifie en pure joyau acoustique.

 

Voilà ce qu'on aime avec Oddjob, c'est cette « Swedish Touch » inégalée, un don pour l'esthétisme, un mélange de rêveries musicales et de transe jouissive. Le son Oddjob est particulièrement bien trouvé: l' « electro-sound » est judicieusement articulé avec un jazz acoustique certes easy-listening mais dans le meilleur sens du terme, avec ce je-ne-sais-quoi qui les rend unique. La classe, le style, l'élégance.

 

Jérôme Gransac

 

 

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 05:26

226751.jpgCollection BD JAZZ ( 2 CD et une bande dessinée)

 

Directeur de la collection Bruno Théol
Sélection des textes Christian Bonnet et Claude Carrière

 


Anita  O’ Day ? Un petit bout de femme, sapée avec élégance dans des fourreaux  serrés (son apparition dans le célèbre film « Jazz on a Summer ‘s Day » en 1958 à Newport avec ses longs gants à la Gilda et cette incroyable capeline), une gouaille faubourienne dirait-on, et même plus que cela: un réel abattage sans aucune vulgarité mais  avec un sens incroyable du swing.
Voilà l’une des grandes chanteuses de jazz , à l’égal de la triade capitoline, mais tellement moins célèbre qu’ELLA, BILLIE OU SARAH. Comme l’écrit justement François Billard, « une chanteuse pour musiciens », une véritable musicienne qui n’était pas noire. Cela lui fut même reproché un temps, elle  se fit siffler par un public blanc confondant en 1970 jazz et couleur de peau. IMPENSABLE !
Et pourtant sa voix chaude et sensuelle, son sens du rythme, son phrasé impeccable, en font une des très, très  grandes, incontournables, pour peu que l’on aime le JAZZ .
Découverte  très jeune dans les orchestres de la grande époque, elle tourna avec le batteur Gene Krupa où elle fit merveille avec Roy Eldridge (une sorte de couple Louis/Ella dans « Let me Off Uptown ») : ça swingue merveilleusement , on ne peut qu’avoir envie de taper du pied et de danser en entendant « Stop ! The red light ‘s on ». Comme dit un ami, si vous n’aimez pas, consultez !
La collection BD Jazz  illustre le parcours de la chanteuse en deux périodes fortes : un premier Cd nous la fait découvrir en « Big Band Canari » avec les grands orchestres de Gene Krupa et ensuite de Stan Kenton  de 1941 à 1945. Son passage chez Kenton assit sa réputation de « grande technicienne, capable de chanter en quarts de ton ». Elle connut de véritables succès populaires comme « Bolero at The Savoy » en 1941. Elle fut même élue « New Star » au référendum de la célèbre revue «Down Beat».
Le deuxième Cd s’attarde sur la deuxième partie de sa carrière, the Free lance singer (1945-1952) : il est passionnant de comparer sa propre version de certains tubes comme « The Lady is a tramp » immortalisé par Frank « The Voice » Sinatra ou dans des standards chantés par Billie Holiday ( l’une de ses influences avec Mildred Bailey) « Memories of you », « You took advantage of me » .

La Bd est plus surprenante, elle ne repose pas sur la vérité historique, des détails concrets, des anecdotes vécues : c’est plutôt une vision personnelle de la naissance d’un talent : l’histoire qui tient sur quelques pages seulement (format oblige) avec très peu de texte,  raconte le premier engagement de la chanteuse, qui passant une audition  dans un théâtre à Chicago est retenue par le patron qui a entendu sa voix à la radio . La jeune femme force sa chance, apprend une nouvelle chanson qu’elle chante à sa façon ; contre toute attente,  elle emballe le public alors que les producteurs, pas du tout convaincus, car elle scate, cherchent à la virer. Jolie silhouette sur fond clair en noir et blanc d’un jeune tandem breton KERSCOET qui a imaginé une Anita O’ Day pimpante et très fraîche.

 On laisse filer le Cd : même sur un titre plus « kitsch » comme « Amor », l’orchestre sauve la mise et fait entendre l’ incroyable vitalité du jazz de l’époque. Dans « Malaguena » en 1947, elle ose un scat très réussi et s’essaie même au genre latino, à ces chansons exotiques et sucrées « Jamaica Mon »  et « Vaya Con Dios ».  Contemporaine de l’ère swing (elle était née en octobre 1919), elle chante sans jamais sacrifier les paroles, elle a une diction impeccable. Tous les mots sont clairs, même dans les arrangements les plus délicats.
Sans jamais forcer la voix, ni dans l’aigu ni le grave mais jouant de diverses nuances  comme dans « Skylark » de  Hoagy Carmichael ou dans le « Drum boogie »(incantations sauvages ). Anita O’ Day avait vraiment du chien, quelque chose de plus . Si elle rencontra de très gros succès d’audience,  ce ne fut jamais la gloire, peut-être parce qu’elle ne se prenait pas pour une star, préférait se considérer comme une simple musicienne. Heureux temps où les chansons étaient formatées, où il fallait être incisif, rapide et accrocheur, déployer son talent sans fioritures ni longueurs.
Ce long box est en tous cas l’une des belles réussites de la collection BD Jazz. A avoir absolument dans toute discothèque digne de ce nom !

Sophie Chambon

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19 avril 2010 1 19 /04 /avril /2010 18:52

BRAD MELDHAU : « Highway Rider » ***

Nonesuch 2010

Brad Meldhau (p), Jeff Ballard (dm), Matt Chamberlain (dm), Larry Grenadier (cb), Joshua Redman (ts)

brad-meldhau.jpg Voilà typiquement un album ( en l’occurrence un double album) qu’il est particulièrement difficile à chroniquer. Parce qu’il comporte tout et son contraire. Polymorphe à souhait entre trio habituel, quintet associant Joshua Redman , quintet ou grand orchestre ou grand orchestre tout seul, tout y est. Jusqu’à laisser parfois planer un soupçon d’incohérence tant l’album passe parfois du coq à l’âne. On peine à voir de la cohérence lorsque l’on passe des superbes thèmes très Meldhien auquel le pianiste nous a toujours habitué aux orchestrations très symphoniques et Malheriennes à grand renfort de pathos. Et pourtant c’est justement parce qu’il varie les angles que l’album est séduisant et jamais ennuyeux donnant un relief toujours très tendre. Un peu comme si les formats alternaient sans perdre en unité. De magnifiques interludes pour orchestre viennent parfois renforcer la dramaturgie. Mais ces ensemble à cordes ne viennent jamais écraser le trio ou le quintet ( deux batteries). Et il faut rendre hommage à Brad Meldhau de s’être totalement investi dans cette entreprise signant seul les compositions, les arrangements te les orchestrations avec force intelligence. Le formidable mélodiste qu’est Brad Meldhau signe quelques thèmes  superbes transcendés par Redman et livre quelques moments  de pure joie comme ce Falcon will fly again ou quelques thèmes pop-jazz comme de Sky turning Grey qui ferauit presque office de tube. Mais voilà l’album a aussi ses travers et se perd parfois dans quelques compos un peu hasardeuses, perd sa consistance pour retrouver force émotion l’instant d’après. Assurément trop long il aurait mérité quelques coupes franches.  Jean-Marc Gelin

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 06:08

davidprez.jpg
PJU RECORDS 2010
Enregistré à NYC en 2004

David Prez (ts), Franck Amsallem (p), Johannes Weidenmueller (acc b), Bill Stewart (dr)


C’est avec l’adoubement du grand Michael Brecker que le  jeune David Prez arrive avec ce premier disque en leader enregistré en septembre 2004, en deux jours dans un studio du New Jersey, encouragé par « l’émulation musicale new yorkaise ». Alors agé de 24 ans, ce  saxophoniste ténor  a déjà une maîtrise impressionnante de l’instrument, un son divin, exquis dans les ballades  comme «  Illusions »  dont le chorus au ténor pose le climat dès les premières notes. Belle réussite que ce New life au titre justement évocateur car, selon David Prez, « j'ai vu la concrétisation de cet enregistrement comme un nouveau point de départ dans ma vie de musicien ». La musique  illustre remarquablement un  jazz « mainstream » éclatant, tendre et sensuel qui sait aussi swinguer. Une manière libre et enracinée qui a tout pour nous plaire avec une vraie « culture » de cette musique. Le soliste sait se laisser emporter par une rythmique efficace, à savoir  Bill Stewart, Johannes Weidenmueller et Franck Amsallem. La formidable énergie et le swing du batteur dopent  les  envolées du saxophoniste : difficile de retenir Bill Stewart quand il est lancé, et la tension, vite à son comble, ne retombe guère. Seule sur les deux ballades et en particulier sur « Illusions », la rythmique se radoucit, planante, vaporeuse. Le phrasé du ténor est sinueux, voluptueux, et l’on suit  ses volutes longues, charnelles, si souples et fluides, même si  chanter la ligne mélodique serait une tâche  abrupte !

New Life
est un disque prenant, qui convainc immédiatement  si on aime le jazz… Cette musique évite toute exhibition ou démonstration mais on sait d’où elle vient. L’écoute attentive de l’album le confirme : on se croirait en club dans cette atmosphère feutrée et chaleureuse, qui convient tellement au jazz.
Et il s’agit bien de cette musique que le saxophoniste connaît et veut encore servir  :  ce sont ses compositions que l’on entend, elles ressemblent étonnamment à des standards que l’on découvrirait aujourd’hui, elles en ont l’essence. Elles sonnent comme ces mélodies simples (en apparence) et délicieusement accrocheuses. Nul doute par exemple que le « Missing you » qui suit le seul standard du disque  « ‘Tis Autumn » de Henri Nemo  n’a pas à rougir de la comparaison : et pourtant suivre un tube qu’a joué autrefois Stan Getz ou Chet Baker est difficile. Il faut croire que David Prez a le sens de la composition et des belles mélodies soyeuses où les couleurs, les timbres retiennent notre attention.
Les compositions de David Prez sont d'une grande richesse thématique et les arrangements qui en découlent se déploient, eux aussi, selon une très large palette de couleurs, toujours en recherche d'harmonie, du sombre à l'éclatant, de la teinte pastel à la dominante cuivrée.
Les musiciens conviés sont au diapason, nul doute que ce quartet est en phase avec de beaux moments en solo, où ils se taillent des échappées enivrantes comme Franck Amsallem dès le titre inaugural « New life » ou encore  sur « Missing you ». On connaît Franck Amsallem, pianiste de tous les coups, terriblement efficace quand il s'engage : il épaule  le saxophoniste dans une course poursuite souvent haletante.
Johannes Weidenmueller, contrebassiste, profond, chantant et swinguant est juste et discret, mais c'est l'instrumentiste David Prez que l'on découvre dans le même temps. Ecoutez ce qu’il tire de son ténor et vous comprendrez comment on peut construire des phrases rythmiquement complexes avec le plus étonnant sens de l'envol qui soit  et en même temps du développement. De toutes les façons, un album profondément réjouissant pour ce beau printemps du jazz 2010!

Sophie Chambon

 

 

Site de David Prez
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Note sur le collectif/label Jazz Underground : 
Récemment, vient de naître un collectif de musiciens/compositeurs de jazz, Paris Jazz Underground, basé dans la capitale française. Partageant une esthétique commune, ces 6 musiciens indépendants se connaissent très bien et jouent ensemble depuis des années. Ils se sont rassemblés et combinent leurs efforts dans le but d’exposer leur musique à une audience plus large. PJU est composé de David Prez, Robin Nicaise, Sandro Zerafa, Karl Jannuska, Amy Gamlen et Romain Pilon.


Au mois de mai 2010, 3 sorties de disque sur PJU Records :
"New Life" de David Prez (en concert le 15 mai au Sunset)
"Streaming" le disque de Karl Jannuska (en concert le 5 mai au Sunset)
"Synapse trio" le disque de Amy Gamlen/Pierre Perchaud/Karl Jannuska.
Le 26 mai aura lieu la soirée de lancement du collectif Paris Jazz Underground à la Péniche Six-Huit (Quai Montebello, Paris). A partir de 19h, 4 groupes seront au programme: David Prez & Romain Pilon Group
Synapse trio
Sandro Zerafa "White Russian Quintet"
Robin Nicaise Quintet


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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 06:12

zorro.jpg

 

Jazz à Tout Va / Anticraft - 2009

 

Alain VANKENHOVE (tp, bgl), Matthias MAHLER (tb), Vincent BOISSEAU & Olivier THEMINES (cl), Rémi DUMOULIN (ts, cl), Jean-Baptiste REHAULT (sax), Pierre DURAND (elg), Frédéric CHIFFOLEAU (cb), Bruno REGNIER (compositions et direction).



Bruno Régnier
est un musicien qu'on ne rencontre qu'en grande formation. Pensez donc, il en dirige quatre (Brass'TET,  X'TET, Ciné X'TET , Contes X'TET )! Quatre orchestres avec chacun sa couleur et son thème. Cet orchestrateur polymorphe en perpétuelle exploration ramène à la vie "The Mark of Zorro" de Fred Niblo et Theodore Reed. Réalisé en 1920, on y retrouve avec plaisir l'incroyable star de l'époque Douglas Fairbanks en Don Diego de la Vega, débonnaire, héroïque et évidemment victorieux de l'oppression du gouverneur de Californie sur les pauvres.
Après "Steamboat Bill Jr" et "Sherlock Jr" de Buster Keaton, Le Ciné Xtet en est à sa troisième mise en musique de films muets; celui-ci de cape et d'épée. La recette de Régnier réside en une succession de saynètes musicales - aux mélodies superbes, on  adore "Caballeros a la Posada", de "El Pobre Cura #1" et de "Fight'n Kiss" - qui agrémentent les séquences d'humeur et d'action du film avec une écriture au style unique qui mêle farouchement modernité et traditions. Pour le coup, "The Mark of Zorro" est peut-être le plus abouti des "ciné-cds" du Ciné Xtet. Régnier propose une musique plurielle: pour exemple, écoutez "Entermes Dos" la celtique et "Verguenza de Tu" l'orientale. Ensuite il faut le dire et le redire, le Ciné Xtet est un orchestre de "perles". Les musiciens sont passionnants car ils sont tous talentueux et aussi parce que Régnier laisse champ libre à leur expression authentique: la classe de Mathias Mahler, l'énergie enthousiaste de Alain Vankenhove et la créativité permanente du guitariste Pierre Durand nous enchantent une fois encore. Pour terminer, il s'agit là d'une réelle performance qui prend forme pendant une heure et quarante-cinq minutes de film - durée assez rare pour un film muet. La représentation parisienne a eu lieu le 13 décembre 2009 au Ciné Balzac à Paris et a littéralement "vidé" les musiciens confrontés à de nombreux petits Zorros en herbe agités et tout aussi héroïques que le vrai.

Une fois encore, Bruno Régnier confirme être le formidable "metteur en musiques" d'œuvres variées qui éveillent l'imaginaire; comme les contes, films, peintures et danses. Il communique ainsi au public le goût pour la musique instrumentale et le jazz en l'associant aux émotions qu'il ressent, en complétant le plaisir des yeux par celui de l'imaginaire sonore. Pour finir, il est bon de rappeler que la musique de Régnier se suffit aussi à elle-même.

 

Site de Bruno Régnier


Jérôme Gransac

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14 avril 2010 3 14 /04 /avril /2010 06:42


helmus.jpg



Cristal records
Sortie mars 2010

Letting Go ? Un disque dont la musique est en cohérence avec le titre : il y a du lâcher prise et le désir de jouer ensemble une musique originale, libre et décomplexée. De faire entendre des ruptures de rythme, des styles divers (pop, jazz, fusion… ) et des sons d’instruments  acoustiques et électriques, de « La danse du Bruissin » aux accents résolument folk, qui commence l’album, au dialogue plus épuré entre contrebasse et soprano de « Have a vision ». Animés d’une irrépressible envie de faire danser l’imaginaire, le flux constant d’énergie est contagieux : avec l'écriture comme boussole et l'improvisation pour compagne de route, l’équipage (de choix ) laisse conduire le saxophoniste ténor et soprano dont le souffle accompagne en effet de mystérieuses images, traversant espaces et temps.
Jacques HELMUS a réuni autour de lui des musiciens très différents et donc complémentaires :  deux pianistes ( l’italien Alfio Origlio et le bulgare  Mario Stanchev, également auteur des trois derniers titres), deux batteurs ( Manu Katche et Andy Barron), deux contrebassistes  Didier del Aguila et Jérôme Regard, sans oublier aux claviers Julien Jussey. Avec la fluidité d'un discours qui se veut aussi percutant, la rythmique sans faillir, soutient admirablement l’échange. Contrebasse souple et batterie rebondissante gardent  le cap de la pulsation.  Un chant profond pour un groupe qui explore avec soin les formes les plus ouvertes : textures affranchies, échappées libres, lignes claires des échanges, mélodies sensibles, fougueuses souvent, swingantes aussi ( « En attendant Greg »), parfois mélancoliques (« la petite fille aux feuilles mortes »), voire ritournelle entêtante et inquiétante du final « Un peu bulgare » . Une belle  aventure musicale à suivre aussi en live.

 

Site de Jacques Helmus

 

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Sophie Chambon

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 06:32
doigt-de-l-homme.jpg  Steeve-Laffont.jpg
  Les doigts de l’ homme : "1910" ***
Cristal records/ Harmonia Mundi
Production Lamastrock
Sortie 25 MARS 2010
Steeve LAFFONT: "Swing for JESS"  **
1 CD le Chant du monde




Le jazz manouche est devenu un  véritable filon, et cette année, le centième anniversaire de la mort de
Django ne fait que rajouter une couche. Certains guitaristes sont  des vedettes (plus ou moins médiatisées ) comme Romane, TchavoloSchmitt, les frères Ferré . Il est vrai que ce style hybride  sait s’attirer les faveurs  du public, peut-être parce qu’il renoue avec une certaine tradition et idée du jazz : du swing, de la virtuosité sur des mélodies éminemment populaires. Que demander de plus ?


Steeve Laffont pour le Chant du Monde dans un album intitulé « Swing for Jess » nous donne dans une version instrumentale réduit...

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 Sophie CHAMBON

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