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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 07:14

1970/1971

Sony Music

 

fusion.jpg

ll a la pêche Fred Goaty ! Et c'est communicatif . Il a surtout une foi à toute épreuve dans cette musique que l’on appelle communément et assez justement d’ailleurs le «  jazz fusion ». Au point de réaliser pour le compte de Sony Music une superbe compilation en un double album qui commence par Miles 1970 ( Duran) et qui se termine par le même, cette fois, version «  You’re under arrest ». Entre ces deux morceaux, 24 titres enregistrés  par les groupes les plus héroïques du moment. Le casting est superbe : Weather Report, Stanley Clarke, Headhunters (sans Herbie Hancock), Return to Forever, Mahavishnu, Tony Williams, Jeff Beck ou encore Carlos Santana ou Don Ellis.Et si Miles ouvre les festivités c’est bien que, selon Goaty tout part de là. Ou presque. Car dans jazz fusion il y a … fusion. Mais il y a aussi Hendrix qui rôde pas loin et toute la famille de Sly et de la Motown. Soit une musique qui englobe dans un syncrétisme groovant , le jazz (l’incontournable Birdland de Weather Report p.ex ou encore un So What de légende de George Benson) bien sûr mais aussi la soul (un Idris Muhamad où certain découvriront un Groover Washington étonnant), le funk ( God make me funky des Headhunters), le rock et la Pop bien sûr avec Jeff Beck (dans ce sirupeux et sublime Cause We’ve ended as lovers tiré du Blow on blow de 70) ou encore Stanley Clarke ( avec le célèbre Schooldays incandescent en diable !).

Et si le jazz avait alors décidé de fusionner c’est même en allant chercher dans la musique indienne dans laquelle ce gourou de Mc Laughin  puise une source infinie d’inspiration. A l’heure de la libération sexuelle, c’est dans un kama-sutra évaporé de substances pas très licites que le jazz s’accouple dans toutes les positions et s’en donne à cœur joie.  Evoluant avec la musique environnante, dans le mood d’une époque open minded. Et dans ce royaume pour érotomane décomplexé, c’est la basse électrique quoi règne en maître sur les tourneries plus ou moins psychédéliques. Car ça groove là-dedans et pas qu’un peu. Porté par un Stanley Clarke, un Jaco Pastorius ( superbe solo de basse sur l’infranchissable thème parkerien  Donna Lee), un Wilbur Bascomb, un Mirsolav Vitous ou encore Dave Holland et Ron Carter. La basse qui assure ici comme une permanence du jazz en quelque sorte.

Avec intelligence Fred Goaty réalise ici une magnifique sélection (certes, choisir c’est renoncer…) et adopte un angle d’attaque particulièrement pertinent au tour de ces années mythiques. Les liners sont à la fois très didactiques et très sympas à lire.Elles ont le mérite de replacer cette musique dans un contexte qu'il connâit sur le bout des doigts.

 

Amateurs de groove, qui avez certainement bon nombre de ces albums dans votre discothèque, ne surtout pas s’abstenir. Car cette compilation est une petite madeleine. Témoignage d’un tournant d’un jazz ouvert à d’autres horizons. La première et la dernière leçon de Miles.

Jean-Marc Gelin

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 23:26

Hat Hut 2010 ( enregist 2001)

Marc Copland (p), Drew Gress (cb), Jochen Ruckert (dm)

 

copland.jpg

 

C'est une façon de dire autrement ces choses que l'on croit bien connaître. De dire autrement ces moments musicaux qui nous semblent si familiers et qui nous sont pourtant révélés sous un autre jour. Un art du "dire" dont on ne sait pas trop, s'agissant d'un trio jazz très classique, à quelle alchimie il renvoie.

C’est juste que dans cet art des ballades réinventées, Marc Copland semble puiser au plus profond de lui-même dans cet album enregistré à New York en 2001 pour le label Hat Hut. À trois reprises, " My favorite things" joué en solo sur différents modes vient ponctuer l'album comme une sorte de comptine qui grandit et prend de la maturité dans le temps. Il y a là un souvenir évanescent, sorte de « Rosebud » mystérieux qui viendrait hanter le pianiste. Un fil rouge dans cet album fort justement nommé " Haunted heart" du om de . Car dans cet album de ballades, mode sur lequel il s'exprime avec une grâce incomparable Copland nous fait percevoir la richesse chantante des thèmes qu'il entreprend en les amenant sur le terrain d’une douce mélancolie avec une sorte de réelle tendresse pour ces moments de musique qu’il affectionne. Au point par exemple de transfigurer Crescent de Coltrane rarement entendu de la sorte ou un Greenselves entièrement revisité. Ou bien encore un When we dance tiré de cette sublime chanson de Sting.

Quelques moments comme ce sublime Dark territory composition du pianiste,moment fort de l’album donnent l'occasion à Copland d'échanger les rôles avec Drew Gress qui endosse les habits du fidèle compagnon (déjà une demi douzaine de disques ensembles). Interchangeable, chacun ouvre à tour de rôle les espaces mélodiques et harmoniques dans une sorte de jeu dialogué et interactif.

Au style inimitable, Copland est un pianiste pourtant très souvent imité que certains tentent d’enfermer dans une poésie empreinte de gravité, oubliant souvent que Copland est un pianiste d'une incroyable richesse beaucoup plus imprévisible qu'il n'y paraît. Il y a chez lui autant de Debussy que de Mal Waldron ( il reprend d’ailleurs Soul eyes) ou encore Ahmad Jamal dans cette façon de construire l’espace et de le faire respirer avec une science du moment suspendu. Jamais cantonné à un espace modal déterminé, jamais enfermé dans des grilles d’improvisations stéréotypées son jeu explore le piano dans toute sa profondeur et passant du grave à l'aigu du clavier avec un geste d'une confondante aisance. Copland va puiser où il l’entend une musique qui d’un swing indicible puise toujours dans les racines du blues.Et il est étonnant de voir que Copland est un pianiste qui se conçoit autant comme un pianiste « concertant » que comme un pianiste de club. Exactement entre la profondeur d’une solitude nostalgique et l’émotion sincère de l’échange musical avec ses partenaires.

Jean-Marc Gelin

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 20:33

 

27-Mai-2010

Festival Jazz à St-Germain-des-Prés.

Concert en solo à l’Eglise de St-Germain-des-Prés.

 

Bojan Z Crédit photo Tristan Loriaut

 

 

 

Un concert fleuve. Une réelle et unique mise en danger. Voilà ce que Bojan Z a eu comme audace, maîtriser l’indomptable volatilité sonore d’un tel édifice. Large, longue et profonde, l’acoustique de l’église de St-Germain-des-Prés s’offrait silencieusement au pianiste, comme si c’était la première fois. Mais ce n’était pas la première fois. Kenny Barron et Yaron Herman, entre autres, s’étaient déjà fait remarquer par leur passage titanesque dans ce lieu sacré. Bojan, pour ceux qui ne le connaisse pas, n’y va pas par quatre chemins. Dès les premières notes du soliste, les ondes se déplacent par nappes en direction des voutes, produisant cet étrange effet de réverbération recherché. Chaque couleur sonore se transforme instantanément en énergie, notamment à travers les compositions du pianiste qui, l’une après l’autre, nous offrent de gigantesques opportunités de s’échapper. Après avoir débuté en interprétant « Flashback », notre soliste poursuit avec « Half Full Moon », un thème issu de l’époque prolifique de ses collaborations avec Julien Lourau. La créativité atteint son paroxysme par ce jeu des nuances d’une précision implacable, en témoigne la gestuelle presque inhabituelle de l’artiste, comme envouté par son propre flux. Pour rendre hommage aux amis, Bojan entonne avec une infinie sagesse cette célèbre composition d’Henri Texier « Don’t buy Ivory Anymore ». Parmi Les entrechocs incontrôlés des harmoniques se loge le tumulte des lumières voilées, pour le bien être savoureux des oreilles de l’assistance, conquise dès le premier instant. Et ce son qui monte, et qui monte, dans un flot imperturbable. Tout là haut. Où de là haut, six siècles de Musique vous contemplent. Ce fut au troisième rappel que des larmes d’émotions arrivèrent aux yeux de certains pour qui cette expérience spirituelle fut incomparable.

Tristan Loriaut

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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 22:40

Zig-Zag territoires 2010

Daniel Humair (dm, perc), Tony Malaby (saxs), Bruno Chevillon (cb)

humair malaby chevillon

C'est l'histoire de trois explorateurs dont le sort serait irrésistiblement lié. Quand bien même l'un d'entre eux voudrait s'échapper, quitter le navire, s'émanciper, les deux autres à l’écoute du moindre de ses gestes le suivraient toujours. Car ils sont tous les trois réunis dans l'exploration musicale. Semblant à tout instant réinventer le geste suprême du jazz, celui de l’improvisation. Celui qui rend les jazzmen farouchement libres, farouchement indépendants et farouchement dépendants de l’instant précis, farouchement attachés à façonner la musique à leur guise, farouchement individualistes mais aussi farouchement liés, farouchement dans le jazz celui qui est domptable et indomptable. Alors ça sonne à  l'unisson, ça décale, ça contrechante. Parfois ils semblent suivre une mélodie, mais ne s’y laissent jamais enfermer. Car ils sont là pour explorer ensemble pas pour s’installer. En tous cas jamais confrtablement. Car ce jazz là n’a pas de ces manières un peu bourgoeise du confort de l’acquis. Il s’agit de bouger, se mouvoir. Tous les univers musicaux sont alors fouillés dans leurs moindres recoins. Tous les sons sont vus et revus. Des plus sauvages aux plus épurés. Des plus aigus aux plus rauques. Chaque pièce est visitée en détail. Au hasard des séquences, celles-ci sont encombrées d'un fouillis où un spécialiste en harmonies n’y retrouverait pas ses accords. Peu importe car ces trois-là taillent dans le vif et libèrent les espaces. Tony Malaby, fabuleux, pratique l’incise du son, le meurtri et le malaxe, se fraie un chemin à la serpe tandis que Daniel Humair déblaie et remet de l'ordre dans tout ça. Parfois, c'est le contraire et c’est l'espace qui semble dénudé, vide. Il se remplit alors avec une infinie délicatesse par le son tenu de Tony Malaby et de l'archet de Chevillon qui prolonge l’erre de la note. Humair laisse l’espace s’étirer, linéaire avant d’entrer et d’apporter tout le relief des montagnes et de la mer, des frissons et des colères.

On s'agace beaucoup de voir, systématiquement tous les trios pianoless ramenés à Sonny Rollins. Comme si au delà de Way Out West tous ces trios n’etaient que de simples imitations.  Pourtant ici rien à rien à voir avec Rollins (à l'exception peut être de la dernière des 12 séquences). Rien n'évoque Rollins. Car HCM, ces trois-là sont bien trop libres pour se laisser enfermer dans un quelconque schéma réducteur. Parce qu’ils s’écoutent vivre et jouer ensemble, ils se démultiplient,  s’entendent avec empathie, télépathie.

Et ce qu’ils font donne de la vie au jazz. Farouchement.

Jean-marc Gelin

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 23:20


Contrebasse solo

Emouvance 1031 www.emouvance.com

emv1031

 

Des petites pièces, pas si faciles en vérité, neuf au total, composent cet album providentiel du contrebassiste Claude Tchamitchian qui a choisi de se portraiturer, en revenant sur l’enfance, au hasard de l’improvisation sur ces plages qui défilent au rythme des souvenirs et dédicaces.

L’enregistrement a dû se faire vite, car, tout au long de l’album, et en concert, est perceptible ce flux tendu :  frémissements de l’archet, cordes frappées, frottées,  frissons et transes de la musique orientale qui le fascine.

Comme il le dit lui même dans les excellentes notes de pochette saisies avec soin lors d’un entretien avec Anne Montaron«Je suis arrivé au petit matin… et je ne me suis pas arrêté. J’ai joué sans tension, mais dans un état de grande intensité.»

Another Childhood révèle une dimension polyphonique sur la plupart des compositions, une volonté de placer l’instrument en pleine lumière, tant il  est vrai que  la plénitude du jeu, le son ardemment grave prouvent la maturité d’un artiste accompli.

Dans cet exercice de style qui va bien plus loin, variant les nuances et atmosphères de l’instrument, il fait se croiser, se suivre et se recouper mystères, instantanés et exigences d’une personnalité musicale complexe, au travers de ses figures ressuscitées qui l’inspirent, de ses amis qu’il admire.

La première pièce, en hommage à un tout jeune contrebassiste plus que prometteur, est traversée de cette influence arménienne si prégnante dans le parcours musical de Claude Tchamitchian, qui a enregistré pour son label  Emouvance lGaguik Mouradian au kamantcha et Araïk Bartikian au doudouk. 

Ces fragments sont l’occasion de portraits de figures si différentes que l’on change immédiatement d’atmosphère, selon qu’il s’agisse du guitariste ami, le génial Raymond Boni, dans un « Raining words » tout en pizzicati ; que l’on s’élance dans une course poursuite évidemment haletante  avec les cordes fouettées de la basse pour le lamento émouvant de « Broken Hero » dédié à Ralph Peña , contrebassiste hispano-américain de Jimmy Giuffre, trop tôt disparu dans un accident de voiture en 1969. Ou encore, cette pièce « abstraite « pour Peter Kowald, trop tôt disparu. Beaucoup de figures disparues hantent en effet l’inconscient et la mémoire de ce musicien si vivant et chaleureux au quotidien : pour JF  (le titre est bien choisi « Mémoire d’élégant »), « Le » contrebassiste français de la génération précédente, Jean François Jenny Clark, il était évident de composer une pièce légère et subtile, fulgurante comme pouvait l’être le maître.

Claude Tchamitchian aime se frotter à tous les genres et techniques dans une synthèse stylistique assez complète. Il n’en finit pas de chanter sur sa contrebasse, d’entretenir avec elle un rapport amoureux, de lutte aussi : il l’empoigne, la saisit, la frappe, en fait sortir toutes les variations sonores possibles.

ELLE lui répond, puissante, chaude, résolue : on ne pense pas aux suites de suite de Bach, le « scieur de long » comme l’ écrivait Albert Cohen, mais plutôt à la sonate pour violoncelle seul de Kodaly ou aux quatuors de Chostakovitch.

Ce n’est pas non plus une leçon de musique, mais un délicat numéro de soliste, sur le fil, équilibre difficile à garder de façon satisfaisante.

Une sorte d’art poétique et musical avec ces études très personnalisées qui explorent l’instrument et ses nuances, affirmant évidemment une dimension narrative et émotionnelle, charnelle : on entend le souffle, la respiration, on sent la sueur couler, les doigts glisser sur les ouïes. C’est encore une fois, l’excellence de la prise de son de la Buissonne et l’intelligence de la perception de Gérard de Haro qui fait merveille et nous place au cœur de la scène et du son, tout près du musicien.

Une performance qui crée une dramaturgie, à suivre en live évidemment, comme nous le fîmes avec bonheur, à Marseille au musée Cantini dans le cadre du festival du GMEM de Raphael de Vivo, avec en toile de fond, un splendide Alechinsky, Dubuffet et d’autres expressionnistes américains. Saisi par la teneur de cette aventure poétique, on admire la maîtrise à ce niveau d’intensité, l’appréhension du silence, l’ivresse de certains passages dans cette alternance de pièces vibrantes et enlevées, de passages plus lents et dramatiques, ce rapport toujours angoissant au temps et à sa fuite éperdue.

Pour cette heure de musique vivante, merci l’artiste !

Sophie Chambon

  

Toujours un soin particulier au graphisme et à l’objet émouvance et une mention particulière aux notes de pochette, limpides.  

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 10:09

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MuSt ReCorD 2010

Article paru le 03 juin 2010.

 

 

Organistes sur cette compilation:

Rhoda Scott, Emmanuel Bex, Thierry Eliez, Stefan Patry, Benoït Sourisse, Oscar Marchioni, Matthieu Marthouret, Renaud Dechezleprètre

 

Avez-vous, vous aussi, remarqué cet engouement pour l'orgue Hammond dans les clubs parisiens?
Le B-3 fait un retour en force sur la scène jazz. Il est vrai qu'Emmanuel Bex et Rhoda Scott étaient en embuscade et que le duo Charlier/Sourisse a probablement aidé à redonner goût à l'instrument. Cela a (re)commencé au début du siècle avec Patrick Villanueva - grand organiste qui tripote le B-3 version bebop avec William Chabbey et le B-3 version latine avec Frédéric Favarel. En parallèle, Stefan Patry débarquait au Caveau des Oubliettes pour y connaitre un bon succès auprès du public. L'organiste a créé MuSt ReCorD, le label des organistes Hammond français.
"TRIBUTE TO HAMMOND volume 001 est la première compilation d'organistes Made in France" dit le site de MuSt ReCorD. Il est vrai que le label fédère les organistes les plus connus de la scène française, comme Rhoda Scott et Emmanuel Bex. Il permet aussi au formidable organiste Matthieu Marthouret d'exprimer sa verve, toute retenue et jubilatoire; à Oscar Marchioni de nous rappeler que l'orgue Hammond et le boogaloo sauce acid-jazz font excellent ménage. Enfin, il nous fait découvrir le chanteur-organiste Thierry Eliez et le groupe Organ Crumble, avec le jeune organiste Renaud Decheleprêtre.
Comme toute bonne compilation, on y retrouve de jolies pépites: comme "Croccodile" de Marchioni avec Francesco Bearzatti au saxophone et Hervé Samb à la guitare, ou "Raymonde 007" lors d'une rencontre entre Stefan Patry (B-3) et René Sopa (acc) pour un morceau clin d'œil à l'espion du même numéro, des duos distingués comme ceux de Rhoda Scott / Sourisse et Scott / Bex. Pour terminer, ce digipack de jolie facture est accompagné d'un livret remarquablement instructif : "La fabuleuse histoire de l'orgue Hammond" par Alain Bertonne qui nous apprend que le premier orgue était grec et fonctionnait avec une pompe hydraulique au III-ième siècle avant J-C.

Aujourd'hui, cette compilation n'est pas exhaustive de la production organistique française car elle ne propose que des artistes du label MuSt ReCorD. Quid de Didier Mouret, Patrick Villanueva, Jean Patrick Cosset, Charles Balayer, Philippe Petit ? Ils ne sont certes pas les plus visibles. Mais soyons naïfs et lançons une bouteille à Stefan Patry : nous espérons un volume 002 à cette compilation volume qui se distinguera de celui-ci par l'exposition d'organistes hors-label ou auto-produits qui auront la bonté d'âme de ne pas demander trop d'argent pour y apparaitre...

 

Jérôme Gransac

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 06:34

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Promise Land / Codaex - 2010

Sortie le 20 mai 2010.

 


Déborah Benasouli (voc), Jean-Daniel Botta (b, bouzouki, voc), Philippe Vrab (g, bouzouki, voc), Alexandre Saada (fender rhodes, organ, vocoder, karkabou, voc), Laurent Sériès (dr, perc, karkabou, voc)

 

 
Chanteuse de jazz ou chanteuse de rock, Déborah Benasouli? "Chanteuse" tout court nous dit sa carte professionnelle.

Parce que voilà Déborah Benasouli est la chanteuse d'ElectricDiva - groupe de rock - et aguichante chanteuse de standards jazz et brésiliens comme elle l'a montré avec aisance et talent au Starbuck Coffee de Saint Michel lors du Festival Saint Germain des Prés.
ElectricDiva c'est Déborah Benasouli, bien sûr, mais surtout un groupe composé de jazzmen qui jouent du rock et qui se démarquent en mettant en scène l'univers extraverti de leur chanteuse charismatique.
   De sa voix charmeuse et enjouée, Déborah Benasouli projette une aura de diva, justement, aux multiples formes. Diva par le rôle qu'elle endosse dans le groupe, plus un côté "femme fatale" très juste et contenu, électrique par son dynamisme enthousiaste. Et les musiciens - tous des hommes -  sont totalement envoutés par leur leadeuse à la scène. 

 

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Jérôme Gransac

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 07:11

 

CONCERT DE YARON HERMAN « FOR PEACE BAND » Avec Michel Portal, Emile Parisien, Simon Tailleu et Ziv Ravitz

 

  herman.JPG

   © Lionel Eskenazi

“ J’y étais”, voici la seule phrase que la foule émerveillée arrivait à prononcer en sortant du très confortable auditorium de l’Institut Pasteur, après 90 minutes d’un concert unique, intense et exceptionnel. Une foule qui vient de prendre conscience d’avoir assisté à un évènement jazzistique considérable, d’avoir vu cinq musiciens qui n’avaient jamais joués ensemble, exécuter une performance inouïe en s’amusant comme des gamins allant au bout d’eux-mêmes, provoquant en nous une joie et un plaisir intense. « J’y étais » et j’ai eu la chance de voir le quintette le plus improbable, le plus fou et en même temps, le plus cohérent de l’année. Quelle chance d’avoir pu assister à la première exécution des toutes nouvelles compositions de Yaron Herman. Rien que du neuf, rien que de l’inédit, Yaron frappe très fort d’entrée et ne va pas arrêter de nous surprendre, de nous éblouir et de nous séduire. Le concert démarre en trio avec Simon Tailleu à la contrebasse et un batteur israélien (installé à New-York) Ziv Ravitz, que l’on ne connaissait pas et qui s’avère phénoménal. La très belle mélodie d’« Aladdin Psychedelic Lamp » s’enchaîne à merveille avec l’énergique « Try on », puis le trio continue de carburer à plein régime avec la reprise de « Heart-Shaped Box » de Nirvana (tiré de l’album « In Utero »). Puis le trio devient quartette avec l’arrivée d’Emile parisien au saxophone soprano pour nous interpréter un morceau toujours inédit et très « groovy » qui avait été majestueusement introduit par un magnifique passage en piano solo (comme la plupart des titres joués ce soir). Puis Emile Parisien cède la place à Michel Portal (qui ne jouera exclusivement que de la clarinette basse) dans une remarquable composition intitulée « Saturn Returns ». Après la mélodie enivrante d’un mémorable nouveau titre jouée en trio, place au quintette qui va réunir tout le monde dans une entente parfaite. On appréciera en particulier la belle osmose entre les sonorités du soprano d’Emile parisien et celles de la clarinette basse de Portal. Quarante sept ans séparent ces deux souffleurs et on ne s’en rend absolument pas compte car nous voyons deux gamins s’amuser comme des fous et « pousser » leurs instruments respectifs aussi loin que possible pour le bonheur des spectateurs. C’est d’ailleurs en duo qu’ils vont introduire le magistral « The Mountain in G Minor », véritable morceau de bravoure qui permet à Yaron de  nous livrer un chorus de piano spécialement endiablé. Le premier rappel nous fait apprécier des superbes mélodies hébraïques et enfin pour l’ultime rappel, Yaron réussit un véritable exploit car il réussit à faire jouer à Portal un morceau de Britney Spears ! Eh oui, on n’est pas près d’oublier la version de « Toxic » que le quintette nous livre en bouquet final d’un concert mémorable, qui restera certainement comme un des moments les plus forts de ce 10 ème festival de Jazz à Saint Germain-des-Prés.

 

Lionel Eskenazi

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 07:09

Alors que le festival Esprit jazz fête ses dix ans, le concert de vendredi soir trouvait une résonnance bien particulière : le trio du batteur André Ceccarelli y rendait en effet hommage à Claude Nougaro, qui avait accepté il y a une décennie d’être le parrain de la première édition. Une forme de retour aux sources en somme, dans le cadre à la fois luxueux et insolite d’un salon de réception de l’hôtel Lutetia, qui fait désormais partie de ces lieux rares que le festival investit chaque année. Et aussi l’occasion de redécouvrir sur scène le répertoire de l’album « Le coq et la pendule », sorti chez Plus Loin Music à la rentrée 2009.

Sur le papier, l’idée de transposer à un format instrumental l’univers du grand parolier qu’était Claude Nougaro peut paraître pour le moins risquée. « Dédé » Ceccarrelli et ses talentueux acolytes (Pierre-Alain Goualch au piano, Diego Imbert à la contrebasse) relèvent pourtant le défi avec brio, grâce à des arrangements bien troussés faisant la part belle aux mélodies et à une dynamique de groupe alliant la finesse à l’énergie. En dépit d’une sonorisation un peu excessive – du moins depuis le troisième rang où j’étais installé – on ne perd pas une miette de leurs échanges.

Et puis, il y a David Linx, invité sur plusieurs titres, dont une version anglaise (!) d’Eau douce. Avec lui, on entre dans une nouvelle dimension : une silhouette dégingandée qui gesticule au gré de ses embardées vocales, des scats décoiffants à n’en plus finir, une énergie et une présence de tous les instants. Il n’en faut pas plus pour embraser le public du très chic sixième arrondissement. Cerise sur le gâteau : le concert s’achève par trois « bonus tracks » absents de l’album : Autour de minuit alias ‘Round Midnight, Les mots, que Linx prit à son répertoire à la demande de Nougaro lui-même, et enfin l’incontournable Rimes (adaptation d’Il Camino d’Aldo Romano), pris à un tempo endiablé, dans un esprit très différent de l’original. Une relecture étonnante d’un thème pourtant familier, comme on le ferait d’un bon standard.

Pascal Rozat

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 22:30

Le jury du Tremplin, Esprit Jazz a décerné ses prix après que les trois groupes finalistes retenus après trois jours  de compétition, ont finalement pu s'exprimer sur la scène du Sunset.

 

Le groupe vainqueur de ce tremplin jeunes talents est le groupe

                3 SPIRIT

Un superbe trio aux couleurs coltraniennes qui suit les traces de Dave Liebman. Ce groupe est emmené par un Antonio Tritta, un saxophoniste dont on risque d'entendre longtemp parler. Il est épaulé à la batterie par Thierry Tardieu et à la contrebasse par l'une des très belles surprises de ce festival, l'italien Tomaso Montagnanni.

 

Le jury a tenu à décerner une mention spéciale au pianiste du groupe WW Quartet, véritable révélation de cette 8ème édition des tremplins. Frederic Volanti est assurément un pianiste immense qui a littérelament scotché tous les membres du jury.

 

Enfin le prix de soliste a été décerné par Benny Golson himself, de passage pour deux concerts au Duc des Lombards à un jeune ténor, Adrien Sanchez très impressionné de recevoir ce prix Selmer des mains d'une légende vivante du jazz.

 

 

A l'instar de ce que disait Fred Charbaut, on ne doute pas à entendre ces jeunes musiciens, que le jazz est bel et bien vivant et qu'il s'apprête à couler encore des jours bienheureux.

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