Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:07

JJJJ Sophia Domancich et Simon Goubert : « You don’t know what love is » Cristal records

 

Entre les textures  affranchies du trio DAG et les  envolées excitantes de Pentacle, quintette plus cuivré qui s’abandonne aux Triana moods, Sophia Domancich et Simon Goubert tentent pour la première fois un album en duo.  Sur un répertoire largement original  (ils composent et improvisent  également à deux), voilà une autre tentation/ tentative  décidément  réussie pour une oreille capable de goûter les nuances de leur musique. C’est que leur double univers confondu ici, sans excessive fusion est singulièrement excitant pour qui a commencé à s’y aventurer.

Tout est ici soigneusement conçu et exécuté même si tout n’est pas véritablement écrit. Et l’album a une couleur originale vite reconnaissable, due à la personnalité de la pianiste Sophia Domancich. Elle s’abandonne toujours aussi élégamment  à ses propres rêves, entretenant la surprise par des changements abrupts de rythme, des interruptions, ou des reprises abondamment répétées. Une conception intimiste de la musique,  une poétique du jazz portée à un rare degré avec des sonorités plutôt sombres dessinées par le duo, sur un arrière plan de  mélancolie, dépourvue de sensiblerie. Une émotion plutôt froide, une sensibilité qui affleure mais  jamais ne déborde, aucune évanescence.

Simon Goubert accompagne, soutient, habille parfois en fond sonore, comble les vides ou recrée, souligne les lignes de force de sa partenaire. Si leurs rôles sont assez finement répartis, on ne peut pas vraiment dire qu’il s’agisse d’une pianiste accompagnée d’un batteur, il serait plus juste d’évoquer de solistes construisant de pair leur interprétation. Simon Goubert pense aussi en termes mélodiques tout en s’inscrivant dans la grande tradition  des batteurs de jazz. Mais son jeu  à la variété infinie ( un vrai festival sur caisse claire, grosse caisse, cymbales) sait s’accommoder des discontinuités évidentes, recherchées par sa pianiste. Et de toute façon,  la mélodie ne fait pas loi. Ce qui l’emporte au fond est infiniment plus subtil, une manière d’être et de jouer ensemble, de poursuivre un dialogue engagé hors scène.  C’est que ces deux là se connaissent parfaitement. Eux seuls peuvent nous dire « You don’t know what love is ». 

On ne s’étonnera donc pas de les voir reprendre avec succès  le « Lonely Woman »d’Ornette Coleman , qui est une sorte de passage obligé pour beaucoup de musiciens actuels , mais aussi le beau  thème de Mal Waldron  « Seagulls from  Kristiansund »:  ils s’ancrent  ainsi  dans la lignée de ce pianiste de l’épure qui savait créer une véritable fascination par d’abondantes répétitions tout à fait compulsives («All alone »). Sophia Simon, Simon Sophia, un duo à suivre assurément de tout cœur.

Sophie Chambon

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:06

JJJJ GUILLAUMEE DE CHASSY :  PIANO SOLO.

Bee Jazz 2007

 Guillaume de Chassy, dont on appréciait déjà la sensibilité dans les albums « Chansons sous les bombes » ou « Wonderful world » (avec entre autres le contrebassiste Daniel Yvinec pour complice), nous livre maintenant son premier opus solo… Pari osé, car il est impossible de tricher ou se reposer sur la moindre forme d’interaction dans la pure solitude, pari obligé, car il faut bien un jour montrer tout ce que l’on a dans le ventre in fine… mais pari ô combien brillamment relevé !

 

 

Tous les disques de piano solo ne sont pas passionnants, loin de là, et l’on sombre souvent dans une certaine monotonie ou lassitude, un je-ne-sais-quoi de récurrent ou stérile… Rien de tel ici.  Il y a dans le jeu de Guillaume de Chassy et dans les 10 titres de ce disque une telle charge d’émotions qu’il me semble impossible à tout mélomane de passer à côté… De l’extrême douceur, parfois teintée de nostalgie, à la révolte flamboyante, on passe insensiblement des sanglots à l’effroi, de l’inquiétude à la plus grande sérénité, sans pathos excessif, sans une once d’artificialité ou de maniérisme… Bravo !

 

 

De Chassy a reçu une formation classique, et bien sûr cela s’entend. Il y a une composante « néo-romantique » dans son approche artistique, une sorte de background impressionniste, souvent à découvert... Mais après tout, ne trouvait-on pas déjà des réminiscences brahmsiennes ou debussystes chez Bill Evans, pour ne citer que lui ? Pour autant, qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien de Jazz qu’il s’agit, et du grand ! Cet homme improvise depuis son plus jeune âge, et croyez-moi, on sent quelques heures de folle liberté au compteur, une maturité exemplaire dans sa musique !

 

 

On dirait que De Chassy prend d’ailleurs un malin plaisir à brouiller les pistes, à jouer la surprise, susciter l’étonnement… Incontestablement, c’est un maître du contraste, autant que de la transition ! La première pièce est déjà hautement symbolique et révélatrice… « Slava » est une de ses compositions, basée sur un thème de Serge Prokofiev (Concerto pour violon N.1)… Et d’une certaine façon, tout y passe ! Quelle synergie, quel onirisme !… Mood nocturne façon club embrumé, envolées lyriques et « concertantes », cadence be-bop, pulse incroyable… Difficile de décrire l’alchimie souveraine qui naît ici, avec une maîtrise du clavier (indépendance MG – MD incroyable d’aisance et de densité) et des timbres exceptionnelle… Chaque titre vaudrait à lui seul une analyse minutieuse et approfondie, tant cela regorge de pétites, de moments rares et intenses… Le raffinement à l’état pur ! 

 

 

L’écoute ne peut laisser indemne, on a affaire à une musique de l’absolu, exigeante et sans compromis, musique du passage, de la frontière, et qui ose, jusqu’au vertige… Prenons en exemple cette « Valse bulgare » au beau milieu du disque, très douce et musicale, introduite par 40 secondes pour le moins galopantes… Rupture de style qui force le respect ou questionne… Cela pourrait agacer mais montre un tel brio et une telle sincérité, qu’on a pour le coup l’impression de voir naitre une musique sous ses yeux, échappant aux carcans, faisant fi des standards et autres cloisonnements ! On sent vraiment ici qu’une musique personnelle se fait, nourrie par des idiomes variés, et surtout parfaitement assimilés…  Sa version d’«Ugly beauty», thème moins connus que d’autres parmi ceux écrits par Monk, est si personnelle qu’on n’a plus du tout l’impression d’une « reprise »… Il y a un aspect intemporel dans ces solos, et l’on croise aussi l’ombre d’autres géants, Paul Bley en tête… Cette profondeur des silences et des respirations, ces relances, ces subites éclaircies…  Tout cela fait merveille dans « Lune », dont le trope lancinant et obstiné est particulièrement touchant ou encore dans le sublime « Récapitulons », dont la furieuse dispute cède la place à une intense harmonie… L’énergie parfois bouillonnante dans ces pages est (tonalement et totalement) contenue, feline et racée, elle retombe pour ainsi dire toujours sur ses pattes, on ne dérive jamais vers certains écueils du free jazz : point de véhémence gratuite ici !  L’élégance de la forme et du phrasé, l’articulation et la poésie de l’instant priment… qui s’en plaindrait ? Dans le fond, échappant aux clivages, on a quasiment l’impression d’entendre ce qu’on appelait à une époque une « musique à programme », sauf que là il s’agit d’un programme libre, d’histoires imaginaires, ouvertes…

 

 

Libre à vous d’entendre ces ruptures, ces réconciliations et de les habiter de votre vécu…

 

 

Ce piano solo magique et unique, est une formidable passerelle entre le meilleur des mondes…

 

 

Jean Denis Gil

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:05

JJJJTEDDY CHARLES TENTET : «  Vibrations »

 

Rééd Fresh Sound 2007

 

Art Farmer (t),  Billy Butterfield (tuba), Gigi Gryce (as), J.R Monterose (ts), George Barrow, Sol Schlinger (bs), Teddy Charles (vb), Mal Waldron (p), Jimmy Raney (g), Teddy Kotick (cb), Joe « Chiz » Harris (dm)

 

S’il y a des idées salutaires dans le monde de l’édition musicale, celle de rééditer cet album de Teddy Charles, est assurément de celles là. Car il faut bien dire ce qui est, le vibraphoniste qui pourtant est véritablement un immense compositeur- arrangeur est largement et très injustement sous estimé voire même totalement inconnu pour un grand nombre. Cet album a le mérite de remettre les choses à leur place et remettant au goût du jour ces sessions de 1956. 7 des neufs titres proposés dans cette réédition ont été enregistrés en janvier  alors que les deux dernières plages additionnelles ont elles été enregistrées quelques mois plus tard.

Ce que l’on entend alors est une musique franchement en avance sur son temps qui propose à l’auditeur qui s’attendrait à un certain formatage, une forme à laquelle peu alors sont habitués et des structures compositionnelles très surprenantes pour des musiciens habitués généralement  jouer plutôt dans le style bop. Et l’on comprend alors que rien ne naît de rien et que cette musique trouve ses connections avec celle d’autres génie de l’époque et notamment son contemporain, George Russell  qui la même année signait un album culte, Ezz-thetic. Mais il n’y a pas loin non plus de Teddy Charles à la révolution de Mingus avec qui justement le vibraphoniste a beaucoup travaillé par la suite. Car formellement cette musique là est alors d’une incroyable modernité s’appuyant sur des renversements, des ruptures harmoniques et rythmiques brutales, des séquençages multiples qui font qu’à l’intérieur d’un même s’en trouvent deux ou trois autres révélés. Et cette  musique qui ne rompt pas avec le bop au point d’en livrer des morceaux à l’inspiration très New Yorkaise (The Emperor p.ex) , dépasse le propos et s’accorde de beaux moments de liberté formelle. Et c’est tout le talent d’arrangeur de Teddy Charles de s’emparer ainsi de thèmes composés par Mal Waldron, Jimmy Giuffre ou encore ce merveilleux tromboniste, Bob Brookemeyer. Comme quoi liberté ne veut pas forcément dire émancipation sauvage….. C’est parfois déroutant et presque dans l’inspiration d’une Nouvelle vague qui commence à éclore un peu partout. Et puis c’est aussi l’occasion d’entendre de merveilleux musiciens. Art Farmer ou Gigi Gryce bien sûr mais surtout, à tout seigneur tout honneur Teddy Charles lui même qui livre là une version d‘anthologie de Nature Boy. Où l’on voit bien que Teddy Charles qui précède Bobby Hutcherson et Gary Burton pour ne citer qu’eux s’impose comme une référence incontournable des mailloches dont l’inspiration a su créer après Lionel Hampton une voie nouvelle pour l’instrument. Il n’est que d’entendre cette version d’anthologie de Nature Boy pour s’en convaincre et se laisser aller au plaisir de (re)découvrir un musicien à qui il est grand temps aujourd’hui de rendre l’hommage qu’il mérite enfin.

Jean-Marc Gelin

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:03

JJJ SOPHIE ALOUR : « Uncaged »

Nocturne 2007  

Après « Insulaire »,  au jazz classique, Sophie Alour nous revient avec « Uncaged » et les mêmes musiciens qu'« Insulaire » pour un opus plutôt différent et certainement plus réussi.

Deux particularités ressortent. Tout d’abord, une sonorité qui surprend : saturée et lourde de saveur (« Uncaged »). Et surtout du côté musical, Alour s’écarte de la voie noble du jazz. Cet opus est à mi-chemin entre le rock et le jazz : certaines pièces sont purement rock avec, et c’est important, l’intensité et l’émotion du rock.

Sur la ballade délibérément rock et poignante « Haunted», Sophie Alour est hautement engagée dans son jeu qui révèle un son profond, qu’elle puise dans son for intérieur.

Le son saturé de la guitare de Sébastien Martel et du Rhodes de Laurent Coq nous jette dans une atmosphère compressée sans évoquer de gravité pour autant. Mais on ressent comme une sensation d’urgence venant de la saxophoniste et des compositions.

« Uncaged » est dense. le sax de Alour est rocailleux comme trafiqué, la batterie est sourde et lourde. 

Quel message, si message il y a, Sophie Alour a t elle essaye de nous transmettre? Fatiguée d'être considérée comme la « jeune et jolie » du jazz français non vocaliste? C'est un peu le sentiment qu'on a de Sophie Alour qui apparaît à ce jour comme une artiste timide un peu en retrait sur scène cherchant à affirmer son jazz. En tout cas, cette coloration saturée et d’urgence est prédominante dans cet album.

Cette sensation de saturation est quasi omniprésente sur tout l'oeuvre et c'est aussi la première que l'on perçoit  à l'écoute. Pourtant cet opus est peuplé de moments de douceurs, parfois écrites (« Sparkling water », « Goodbye »),  mais toujours avec ce petit côté saturé ou étouffé. En tout cas « Sparkling water » est une très jolie compo de Laurent Coq, qui s’offre d'excellentes parties de piano comme sur « Addict ».

« Snow in May » est une composition de Karl Jannuska qui part sur une lente montée colorée par la sonorité à la Ry Cooder de la guitare de Sébastien Martel. Une fois encore Sophie Alour s'exprime dans un registre plus rock et sort du canevas strict de son premier opus « Insulaire ». Confirmé par « Nos cendres », qui finit sur un riff groovy,  écrite par Sophie Alour.

Comme sur « Insulaire », on retrouve le style hendersonien de Sophie Alour. Pourtant, lors de ses concerts parisiens, on la croyait s'envoler vers des contrees shorteriennes?

Mais finalement on s'en moque. L'essentiel est que sa musique existe, évoque et fasse naître quelques états d'âme. Si ce cd s'écoute facilement et avec plaisir, les compositions sont de bonne facture le quartet est soudé, en particulier Laurent Coq, et l'engagement sincère et intense

Jerome Gransac

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:02

JJ MINA AGOSSI : « Who wants love »  

 

Candid 2007

 

Mina Agossi (vc), Eric Jacot (cb), Ichiro Onoe (dm), Daoud David Williams (perc), Rob Henke (tp)

  

Pour sûr Mina Agossi est une chanteuse de scène ! Totalement investie dans la performance « live » elle a cette faconde incomparable qui lui permet de mettre toujours tous les publics dans sa poche. Souvenez vous, il y a un an. Alors qu’elle nous avait totalement conquis un soir au China Club pour la sortie de Well you needn’t, on n’avait pas pu s’empêcher d’un autre côté d’émettre des réserves à l’écoute de l’album qui selon nous avait du mal à tenir la longueur et à captiver son auditoire comme elle sait le faire sur les planches. Et c’est peut-être pour rendre compte de cela que le label Candid a choisi de proposer un nouvel album cette fois capté en « live » un soir d’Halloween à New York en 2006. Ambiance club surchauffé, public chaud comme la braise et un invité surprise, le trompettiste Rob Henke. Alors, ce soir là qui à New York est un soir si particulier, qui se prête dans les rues de la Grosse Pomme à toutes les extravagances, Mina Agossi se montre ensorceleuse, ondoyante autant que serpentine, se lovant dans les méandres d’un chant libre et fou, érotiquement inquiétant. Il y a chez cette chanteuse assurément cette totale émancipation par rapport à la voix qui lui permet de tout faire, depuis les grincements, les couinements jusqu’aux imitations des guitares saturées façon Hendricks. Seulement voilà, la plus étonnante des chanteuses peut faire ce qu’elle voudra si elle ne s’appuie pas sur des arrangements de qualité et sur une rythmique adéquate, elle aura beau s’agiter on passera toujours à côté.  Slap that bass qui ouvre l’album est l’exemple même d’un morceau alléchant mais un peu « cassé » par des arrangements très moyens, alors que sur le prometteur Spanish Castle Magic on sent toute la difficulté pour une rythmique de suivre une chanteuse aussi imprévisible que Mina Agossi. C’est qu’il faut à la chanteuse quelqu’un quoi soit capable d’imposer sa présence, de faire jeu égal. Et à ce titre l’intervention du trompettiste Rob Henke est un coup de génie. Un coup qui sauve tout l’album !  ( Do nothin’ till you hear me). Car alors on entre dans une autre dimension. Celle de la vraie scène New Yorkaise, celle du happening théâtral, celle de la poursuite d’une ambiance post-free, celle que l’on rencontre dans les petits clubs de New York à l’heure des troisièmes sets entre chiens et loups. Un soir d’Halloween à New York.

Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 16:23
  bee019.jpg

JJJJ jerome SABBAGH: « Pogo »

Jérôme Sabbagh (ts, ss), Ben Monder (g), Joe Martin (cb), Ted Poor (dm)

 

 Fichu disque ! Non mais c’est pas permis des trucs comme ça ! Parce que moi figurez vous que depuis que je l’ai reçu et ben il tourne en boucle sur ma platine. Bon d’accord c’est bien joli tout ça mais pendant ce temps là, y a du monde qui attend, j’ai les albums qui s’accumulent….Et vas y que je me repasse Pogo et que je me redonne un petit coup de Stand Up, et que Middle Earth me donne des battements au bout du pied et que même si des trucs comme Hamra me gonflent un peu, là c’est Ben Monder qui me décoiffe. Non mais j’vous jure quand c’est pas l’un c’est l’autre. Un coup il y a Sabbagh qui t’assassine, un autre c’est ben Monder à la guitare. Quand à Joe Martin à la basse je te raconte pas ! T’as qu’à écouter cette profondeur (Moon/sun). Non mais franchement vous avez entendu ce truc, comme disent les p’tits gars dans le milieu «  ça joue monstrueux » ! Moi je vous l’dis le Jerôme il a pas intérêt à pointer le bout de son nez parce que là c’est sûr tous les saxophonistes du coin ont dû lancer un contrat sur sa tête. En plus voilà le gars qui vous arrive avec son petit air tout propret de gendre idéal. Le gars qui connaît son affaire et il souffle dans son biniou joliment, totale maîtrise et tu te dis, putain c’est classe ! Et puis avec son air de pas y toucher et sans se départir d’une superbe élégance, il te balance un vieux blues poisseux qui colle aux basques. Et le morceau d’après t’entends un truc genre un refrain que t’aurais pu entendre avec The Police dans les années 80, mais là, Monder et lui en complices ils te balancent un truc plus rock qui assure grave. Mais la connivence de ces quatre là est ailleurs. Elle est plutôt du registre de celle que se trouvent les mauvais garçons quand ils veulent jouer les aristos. A moins que ce ne soit des gars de la haute qui aillent s’encanailler dans les ruelles sombres et les boites mal famées. Avec des mélodies simples voire carrément chantantes, ces quatre là jouent autre chose que le son. C’est plus dans la façon de dire que dans le dire lui-même. Une façon d’installer le groove permanent, de jamais en démordre. Un truc que quand tu l’entend tu pex pas t’empêcher de lâcher un « yeah man ! ».  Et puis moi quand j’entend cet album je pense à des associations évidentes. Je pense à Scofield et je pense à Lovano (tiens Lovano c’est une des références de Jérôme, justement). Mais aussi (allez savoir pourquoi), moi j’avais Lester Young en tête. Parce que justement quand les ténors sont capables de jouer ave autant de classe une musique de voyous, ben moi je pense à Lester. Et pour ceux qui commençaient à désespérer du saxophone un peu trop formaté des scènes New Yorkaises, le jeune frenchy qui aligne toutes les compositions montre là qu’il y a bien d’autres choses que le post fun ou le revival.

Il y aura bien quelques grincheux pour vous dire que certaines parties (notamment au niveau de la rythmique) ont été parfois simplifiées à l’extrême. Il n’empêche qu’on en démordra pas, depuis North on savait que Sabbagh était un grand saxophoniste qui confirme ici sa lancée sans chercher à réinventer le monde. On sait désormais qu’avec cette formation il a réussi à trouver quelque chose de plus. Et quand on les entend on croirait qu’ils jouent ensemble depuis des milliards d’années. Et je sais pas ce que vous ferez de tout ça mais moi c’est sûr je me le mets dans mes favoris sur mon Ipod. Et je peux vous dire qu’il va pas me lâcher de sitôt. Yeah man !

Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 10:43

JJJJACQUES PELLEN : «  Lament for children »

Naïve 2007- Jacques Pellen (g), Gildas Boclé (cb), Marcello Pelliteri (dm)  Ici comme ailleurs Jacques Pellen reste un guitariste marqué par l’amour de la musique celtique. Mais alors qu’un musicien comme Didier Squiban affiche ses attaches bretonnes à grands coups de clichés et de caricatures, Jacques Pellen lui s’exprime comme un musicien en recherche dont le sujet est moins axé sur une musique folklorique que sur quelque chose qui se situe au-delà. Et c’est tout l’objet de Jacques Pellen de montrer combien la musique Celtique dépasse largement son cadre régional pour s’appliquer à d’autres sujets. Des thèmes comme Lament for children, un blues comme God bless the child ou encore un morceau de Duruflé comme Pie Jesus, prennent avec ce trio un tout autre accent. Car avec sa façon de jouer exclusivement acoustique comme on jouerait de la harpe celtique, Pellen se situe loin de la caricature. Sa guitare au jeu piqueté souvent dénué de tout legato, sans effets ajoutés s’entend parfois comme une gestuelle précise et presque méditative. Et il est vrai qu’il y a dans la musique de Jacques Pellen une très forte dimension Zen par le dénuement dans lequel il s’exprime. Pourtant sur deux titres cette musique peut aussi faire preuve de swing  (Bea’s house ou comme Shh) même si ce n’est pas le propos ici. Car on est plus là dans une sorte de road movie apaisé et inspiré. Jamais évanescent, Jacques Pellen parvient à ce prodige qui consiste à exprimer avec beaucoup de poésie une musique à l’énergie et la puissance intacte.  Et il n’y a pas loin finalement entre les explorations de ses sentiers et les improvisations de Keith Jarrett. Une musique qui au travers de son parcours tracé net peut être aussi sinueuse et se perdre sans s’égarer jamais. Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 07:19

Partager cet article
Repost0
1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 06:17

     Tableau de campagne pour la culture :

 

 

 

Nicolas Sarkozy

 

Ségolène Royal

 

Gratuité des musées nationaux

Soutien à la création et à l’emploi culturel

 

Augmentation du budget de la culture, suppression des freins au mécénat

 

 

Renforcement de l’enseignement artistique de la maternelle à l’université

Accroître les obligations des chaînes de télévision publiques en matière de diffusion culturelle

 

 

Financement d’équipements culturels nouveaux par le biais des régions

 

 

Soutien aux droits d’auteur et aux droits voisins, création d’une agence chargée de régler les litiges entre ayants droits et professionnels d’internet

Création d’une haute Autorité pour le Pluralisme, nommée par le Parlement.

 

 

Soutien au développement du logiciel libre

  

 

 

Renforcement des mesures anti-concentration dans la Presse.

 

Taxation des revenus publicitaires des chaînes privées au profit de l’audiovisuel public

 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-823448,54-883898,0.html

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 16:13

La tectonique des nuages,

 

Théâtre de la Ville – Paris le 14 avril 2007

 

Vivement la version mise en scène de «  La Tectonique des nuages » ! Nous n’avons eu hier soir au Théâtre de la Ville qu’un avant-goût version concert (sans scénographie et décors) de l’opéra-jazz tant attendu de Laurent Cugny. Cela fait déjà longtemps qu’il porte ce désir de créer un opéra. Il a d’abord fallu la rencontre d’un texte, « Cloud Tectonics » de l’auteur portoricain Jose Rivera, un récit cosmogonique mêlant l’humain et le surnaturel qui « charrie l’air de rien, poésie et drame, passion et déception, métaphysique et fantastique, telle une variation contemporaine des amours impossibles entre l’absolu et l’humain, l’éternité et la finitude » (F. Rancillac). Il a ensuite fallu le talent exceptionnel de mise en espace musical de Laurent Cugny : une écriture musicale exigeante  pour dire la nature cataclysmique de Los Angeles, la suspension du temps provoquée par l’énigmatique Celestina del Sol, l’irruption du fantastique et du merveilleux dans la vie d’Anibal de la Luna , la confusion des sentiments, la réconciliation des personnages avec leurs racines latino-américaines. Servie par d’excellents musiciens (citons notamment Airelle Besson à la trompette et Thomas Savy à la clarinette et au saxophone), la musique s’entremêle subtilement au texte. David Linx, l’épervier-chanteur que son chant semble emporter dans les airs, Laïka Fatien, à la voix si mélodieuse et si douce, et Yann-Gaël Poncet, tout de fougue et de passion, alternent parties parlées, scandées et chantées et sont des guides sûrs vers l’imaginaire et l’émotion. Toutefois, dans cette version concert qui exige la présence d’un choryphée-lecteur des didascalies, nous ne pouvons à certains moments du spectacle réprimer un sourire devant la platitude de certaines réparties. Pas si facile en effet de donner toute la fougue tectonique de ce texte ainsi assis côte à côte sur le devant de la scène.  On ne peut donc que souhaiter après une telle soirée qu’un programmateur courageux offrira très prochainement la possibilité de voir ce spectacle dans l’espace et le temps qui lui conviennent. Le spectacle se termine par un thème chanté en espagnol par David Linx : l’émotion est à son comble !

 

Partager cet article
Repost0