Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:05

JJJJTEDDY CHARLES TENTET : «  Vibrations »

 

Rééd Fresh Sound 2007

 

Art Farmer (t),  Billy Butterfield (tuba), Gigi Gryce (as), J.R Monterose (ts), George Barrow, Sol Schlinger (bs), Teddy Charles (vb), Mal Waldron (p), Jimmy Raney (g), Teddy Kotick (cb), Joe « Chiz » Harris (dm)

 

S’il y a des idées salutaires dans le monde de l’édition musicale, celle de rééditer cet album de Teddy Charles, est assurément de celles là. Car il faut bien dire ce qui est, le vibraphoniste qui pourtant est véritablement un immense compositeur- arrangeur est largement et très injustement sous estimé voire même totalement inconnu pour un grand nombre. Cet album a le mérite de remettre les choses à leur place et remettant au goût du jour ces sessions de 1956. 7 des neufs titres proposés dans cette réédition ont été enregistrés en janvier  alors que les deux dernières plages additionnelles ont elles été enregistrées quelques mois plus tard.

Ce que l’on entend alors est une musique franchement en avance sur son temps qui propose à l’auditeur qui s’attendrait à un certain formatage, une forme à laquelle peu alors sont habitués et des structures compositionnelles très surprenantes pour des musiciens habitués généralement  jouer plutôt dans le style bop. Et l’on comprend alors que rien ne naît de rien et que cette musique trouve ses connections avec celle d’autres génie de l’époque et notamment son contemporain, George Russell  qui la même année signait un album culte, Ezz-thetic. Mais il n’y a pas loin non plus de Teddy Charles à la révolution de Mingus avec qui justement le vibraphoniste a beaucoup travaillé par la suite. Car formellement cette musique là est alors d’une incroyable modernité s’appuyant sur des renversements, des ruptures harmoniques et rythmiques brutales, des séquençages multiples qui font qu’à l’intérieur d’un même s’en trouvent deux ou trois autres révélés. Et cette  musique qui ne rompt pas avec le bop au point d’en livrer des morceaux à l’inspiration très New Yorkaise (The Emperor p.ex) , dépasse le propos et s’accorde de beaux moments de liberté formelle. Et c’est tout le talent d’arrangeur de Teddy Charles de s’emparer ainsi de thèmes composés par Mal Waldron, Jimmy Giuffre ou encore ce merveilleux tromboniste, Bob Brookemeyer. Comme quoi liberté ne veut pas forcément dire émancipation sauvage….. C’est parfois déroutant et presque dans l’inspiration d’une Nouvelle vague qui commence à éclore un peu partout. Et puis c’est aussi l’occasion d’entendre de merveilleux musiciens. Art Farmer ou Gigi Gryce bien sûr mais surtout, à tout seigneur tout honneur Teddy Charles lui même qui livre là une version d‘anthologie de Nature Boy. Où l’on voit bien que Teddy Charles qui précède Bobby Hutcherson et Gary Burton pour ne citer qu’eux s’impose comme une référence incontournable des mailloches dont l’inspiration a su créer après Lionel Hampton une voie nouvelle pour l’instrument. Il n’est que d’entendre cette version d’anthologie de Nature Boy pour s’en convaincre et se laisser aller au plaisir de (re)découvrir un musicien à qui il est grand temps aujourd’hui de rendre l’hommage qu’il mérite enfin.

Jean-Marc Gelin

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:03

JJJ SOPHIE ALOUR : « Uncaged »

Nocturne 2007  

Après « Insulaire »,  au jazz classique, Sophie Alour nous revient avec « Uncaged » et les mêmes musiciens qu'« Insulaire » pour un opus plutôt différent et certainement plus réussi.

Deux particularités ressortent. Tout d’abord, une sonorité qui surprend : saturée et lourde de saveur (« Uncaged »). Et surtout du côté musical, Alour s’écarte de la voie noble du jazz. Cet opus est à mi-chemin entre le rock et le jazz : certaines pièces sont purement rock avec, et c’est important, l’intensité et l’émotion du rock.

Sur la ballade délibérément rock et poignante « Haunted», Sophie Alour est hautement engagée dans son jeu qui révèle un son profond, qu’elle puise dans son for intérieur.

Le son saturé de la guitare de Sébastien Martel et du Rhodes de Laurent Coq nous jette dans une atmosphère compressée sans évoquer de gravité pour autant. Mais on ressent comme une sensation d’urgence venant de la saxophoniste et des compositions.

« Uncaged » est dense. le sax de Alour est rocailleux comme trafiqué, la batterie est sourde et lourde. 

Quel message, si message il y a, Sophie Alour a t elle essaye de nous transmettre? Fatiguée d'être considérée comme la « jeune et jolie » du jazz français non vocaliste? C'est un peu le sentiment qu'on a de Sophie Alour qui apparaît à ce jour comme une artiste timide un peu en retrait sur scène cherchant à affirmer son jazz. En tout cas, cette coloration saturée et d’urgence est prédominante dans cet album.

Cette sensation de saturation est quasi omniprésente sur tout l'oeuvre et c'est aussi la première que l'on perçoit  à l'écoute. Pourtant cet opus est peuplé de moments de douceurs, parfois écrites (« Sparkling water », « Goodbye »),  mais toujours avec ce petit côté saturé ou étouffé. En tout cas « Sparkling water » est une très jolie compo de Laurent Coq, qui s’offre d'excellentes parties de piano comme sur « Addict ».

« Snow in May » est une composition de Karl Jannuska qui part sur une lente montée colorée par la sonorité à la Ry Cooder de la guitare de Sébastien Martel. Une fois encore Sophie Alour s'exprime dans un registre plus rock et sort du canevas strict de son premier opus « Insulaire ». Confirmé par « Nos cendres », qui finit sur un riff groovy,  écrite par Sophie Alour.

Comme sur « Insulaire », on retrouve le style hendersonien de Sophie Alour. Pourtant, lors de ses concerts parisiens, on la croyait s'envoler vers des contrees shorteriennes?

Mais finalement on s'en moque. L'essentiel est que sa musique existe, évoque et fasse naître quelques états d'âme. Si ce cd s'écoute facilement et avec plaisir, les compositions sont de bonne facture le quartet est soudé, en particulier Laurent Coq, et l'engagement sincère et intense

Jerome Gransac

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 23:02

JJ MINA AGOSSI : « Who wants love »  

 

Candid 2007

 

Mina Agossi (vc), Eric Jacot (cb), Ichiro Onoe (dm), Daoud David Williams (perc), Rob Henke (tp)

  

Pour sûr Mina Agossi est une chanteuse de scène ! Totalement investie dans la performance « live » elle a cette faconde incomparable qui lui permet de mettre toujours tous les publics dans sa poche. Souvenez vous, il y a un an. Alors qu’elle nous avait totalement conquis un soir au China Club pour la sortie de Well you needn’t, on n’avait pas pu s’empêcher d’un autre côté d’émettre des réserves à l’écoute de l’album qui selon nous avait du mal à tenir la longueur et à captiver son auditoire comme elle sait le faire sur les planches. Et c’est peut-être pour rendre compte de cela que le label Candid a choisi de proposer un nouvel album cette fois capté en « live » un soir d’Halloween à New York en 2006. Ambiance club surchauffé, public chaud comme la braise et un invité surprise, le trompettiste Rob Henke. Alors, ce soir là qui à New York est un soir si particulier, qui se prête dans les rues de la Grosse Pomme à toutes les extravagances, Mina Agossi se montre ensorceleuse, ondoyante autant que serpentine, se lovant dans les méandres d’un chant libre et fou, érotiquement inquiétant. Il y a chez cette chanteuse assurément cette totale émancipation par rapport à la voix qui lui permet de tout faire, depuis les grincements, les couinements jusqu’aux imitations des guitares saturées façon Hendricks. Seulement voilà, la plus étonnante des chanteuses peut faire ce qu’elle voudra si elle ne s’appuie pas sur des arrangements de qualité et sur une rythmique adéquate, elle aura beau s’agiter on passera toujours à côté.  Slap that bass qui ouvre l’album est l’exemple même d’un morceau alléchant mais un peu « cassé » par des arrangements très moyens, alors que sur le prometteur Spanish Castle Magic on sent toute la difficulté pour une rythmique de suivre une chanteuse aussi imprévisible que Mina Agossi. C’est qu’il faut à la chanteuse quelqu’un quoi soit capable d’imposer sa présence, de faire jeu égal. Et à ce titre l’intervention du trompettiste Rob Henke est un coup de génie. Un coup qui sauve tout l’album !  ( Do nothin’ till you hear me). Car alors on entre dans une autre dimension. Celle de la vraie scène New Yorkaise, celle du happening théâtral, celle de la poursuite d’une ambiance post-free, celle que l’on rencontre dans les petits clubs de New York à l’heure des troisièmes sets entre chiens et loups. Un soir d’Halloween à New York.

Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 16:23
  bee019.jpg

JJJJ jerome SABBAGH: « Pogo »

Jérôme Sabbagh (ts, ss), Ben Monder (g), Joe Martin (cb), Ted Poor (dm)

 

 Fichu disque ! Non mais c’est pas permis des trucs comme ça ! Parce que moi figurez vous que depuis que je l’ai reçu et ben il tourne en boucle sur ma platine. Bon d’accord c’est bien joli tout ça mais pendant ce temps là, y a du monde qui attend, j’ai les albums qui s’accumulent….Et vas y que je me repasse Pogo et que je me redonne un petit coup de Stand Up, et que Middle Earth me donne des battements au bout du pied et que même si des trucs comme Hamra me gonflent un peu, là c’est Ben Monder qui me décoiffe. Non mais j’vous jure quand c’est pas l’un c’est l’autre. Un coup il y a Sabbagh qui t’assassine, un autre c’est ben Monder à la guitare. Quand à Joe Martin à la basse je te raconte pas ! T’as qu’à écouter cette profondeur (Moon/sun). Non mais franchement vous avez entendu ce truc, comme disent les p’tits gars dans le milieu «  ça joue monstrueux » ! Moi je vous l’dis le Jerôme il a pas intérêt à pointer le bout de son nez parce que là c’est sûr tous les saxophonistes du coin ont dû lancer un contrat sur sa tête. En plus voilà le gars qui vous arrive avec son petit air tout propret de gendre idéal. Le gars qui connaît son affaire et il souffle dans son biniou joliment, totale maîtrise et tu te dis, putain c’est classe ! Et puis avec son air de pas y toucher et sans se départir d’une superbe élégance, il te balance un vieux blues poisseux qui colle aux basques. Et le morceau d’après t’entends un truc genre un refrain que t’aurais pu entendre avec The Police dans les années 80, mais là, Monder et lui en complices ils te balancent un truc plus rock qui assure grave. Mais la connivence de ces quatre là est ailleurs. Elle est plutôt du registre de celle que se trouvent les mauvais garçons quand ils veulent jouer les aristos. A moins que ce ne soit des gars de la haute qui aillent s’encanailler dans les ruelles sombres et les boites mal famées. Avec des mélodies simples voire carrément chantantes, ces quatre là jouent autre chose que le son. C’est plus dans la façon de dire que dans le dire lui-même. Une façon d’installer le groove permanent, de jamais en démordre. Un truc que quand tu l’entend tu pex pas t’empêcher de lâcher un « yeah man ! ».  Et puis moi quand j’entend cet album je pense à des associations évidentes. Je pense à Scofield et je pense à Lovano (tiens Lovano c’est une des références de Jérôme, justement). Mais aussi (allez savoir pourquoi), moi j’avais Lester Young en tête. Parce que justement quand les ténors sont capables de jouer ave autant de classe une musique de voyous, ben moi je pense à Lester. Et pour ceux qui commençaient à désespérer du saxophone un peu trop formaté des scènes New Yorkaises, le jeune frenchy qui aligne toutes les compositions montre là qu’il y a bien d’autres choses que le post fun ou le revival.

Il y aura bien quelques grincheux pour vous dire que certaines parties (notamment au niveau de la rythmique) ont été parfois simplifiées à l’extrême. Il n’empêche qu’on en démordra pas, depuis North on savait que Sabbagh était un grand saxophoniste qui confirme ici sa lancée sans chercher à réinventer le monde. On sait désormais qu’avec cette formation il a réussi à trouver quelque chose de plus. Et quand on les entend on croirait qu’ils jouent ensemble depuis des milliards d’années. Et je sais pas ce que vous ferez de tout ça mais moi c’est sûr je me le mets dans mes favoris sur mon Ipod. Et je peux vous dire qu’il va pas me lâcher de sitôt. Yeah man !

Jean-Marc Gelin

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 10:43

JJJJACQUES PELLEN : «  Lament for children »

Naïve 2007- Jacques Pellen (g), Gildas Boclé (cb), Marcello Pelliteri (dm)  Ici comme ailleurs Jacques Pellen reste un guitariste marqué par l’amour de la musique celtique. Mais alors qu’un musicien comme Didier Squiban affiche ses attaches bretonnes à grands coups de clichés et de caricatures, Jacques Pellen lui s’exprime comme un musicien en recherche dont le sujet est moins axé sur une musique folklorique que sur quelque chose qui se situe au-delà. Et c’est tout l’objet de Jacques Pellen de montrer combien la musique Celtique dépasse largement son cadre régional pour s’appliquer à d’autres sujets. Des thèmes comme Lament for children, un blues comme God bless the child ou encore un morceau de Duruflé comme Pie Jesus, prennent avec ce trio un tout autre accent. Car avec sa façon de jouer exclusivement acoustique comme on jouerait de la harpe celtique, Pellen se situe loin de la caricature. Sa guitare au jeu piqueté souvent dénué de tout legato, sans effets ajoutés s’entend parfois comme une gestuelle précise et presque méditative. Et il est vrai qu’il y a dans la musique de Jacques Pellen une très forte dimension Zen par le dénuement dans lequel il s’exprime. Pourtant sur deux titres cette musique peut aussi faire preuve de swing  (Bea’s house ou comme Shh) même si ce n’est pas le propos ici. Car on est plus là dans une sorte de road movie apaisé et inspiré. Jamais évanescent, Jacques Pellen parvient à ce prodige qui consiste à exprimer avec beaucoup de poésie une musique à l’énergie et la puissance intacte.  Et il n’y a pas loin finalement entre les explorations de ses sentiers et les improvisations de Keith Jarrett. Une musique qui au travers de son parcours tracé net peut être aussi sinueuse et se perdre sans s’égarer jamais. Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
5 mai 2007 6 05 /05 /mai /2007 07:19

Partager cet article
Repost0
1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 06:17

     Tableau de campagne pour la culture :

 

 

 

Nicolas Sarkozy

 

Ségolène Royal

 

Gratuité des musées nationaux

Soutien à la création et à l’emploi culturel

 

Augmentation du budget de la culture, suppression des freins au mécénat

 

 

Renforcement de l’enseignement artistique de la maternelle à l’université

Accroître les obligations des chaînes de télévision publiques en matière de diffusion culturelle

 

 

Financement d’équipements culturels nouveaux par le biais des régions

 

 

Soutien aux droits d’auteur et aux droits voisins, création d’une agence chargée de régler les litiges entre ayants droits et professionnels d’internet

Création d’une haute Autorité pour le Pluralisme, nommée par le Parlement.

 

 

Soutien au développement du logiciel libre

  

 

 

Renforcement des mesures anti-concentration dans la Presse.

 

Taxation des revenus publicitaires des chaînes privées au profit de l’audiovisuel public

 

 

 

 

 

Source : http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-823448,54-883898,0.html

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 16:13

La tectonique des nuages,

 

Théâtre de la Ville – Paris le 14 avril 2007

 

Vivement la version mise en scène de «  La Tectonique des nuages » ! Nous n’avons eu hier soir au Théâtre de la Ville qu’un avant-goût version concert (sans scénographie et décors) de l’opéra-jazz tant attendu de Laurent Cugny. Cela fait déjà longtemps qu’il porte ce désir de créer un opéra. Il a d’abord fallu la rencontre d’un texte, « Cloud Tectonics » de l’auteur portoricain Jose Rivera, un récit cosmogonique mêlant l’humain et le surnaturel qui « charrie l’air de rien, poésie et drame, passion et déception, métaphysique et fantastique, telle une variation contemporaine des amours impossibles entre l’absolu et l’humain, l’éternité et la finitude » (F. Rancillac). Il a ensuite fallu le talent exceptionnel de mise en espace musical de Laurent Cugny : une écriture musicale exigeante  pour dire la nature cataclysmique de Los Angeles, la suspension du temps provoquée par l’énigmatique Celestina del Sol, l’irruption du fantastique et du merveilleux dans la vie d’Anibal de la Luna , la confusion des sentiments, la réconciliation des personnages avec leurs racines latino-américaines. Servie par d’excellents musiciens (citons notamment Airelle Besson à la trompette et Thomas Savy à la clarinette et au saxophone), la musique s’entremêle subtilement au texte. David Linx, l’épervier-chanteur que son chant semble emporter dans les airs, Laïka Fatien, à la voix si mélodieuse et si douce, et Yann-Gaël Poncet, tout de fougue et de passion, alternent parties parlées, scandées et chantées et sont des guides sûrs vers l’imaginaire et l’émotion. Toutefois, dans cette version concert qui exige la présence d’un choryphée-lecteur des didascalies, nous ne pouvons à certains moments du spectacle réprimer un sourire devant la platitude de certaines réparties. Pas si facile en effet de donner toute la fougue tectonique de ce texte ainsi assis côte à côte sur le devant de la scène.  On ne peut donc que souhaiter après une telle soirée qu’un programmateur courageux offrira très prochainement la possibilité de voir ce spectacle dans l’espace et le temps qui lui conviennent. Le spectacle se termine par un thème chanté en espagnol par David Linx : l’émotion est à son comble !

 

Partager cet article
Repost0
12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 22:45

JJJ ROSARIO GIULIANI : « Antything else »

 

 

Dreyfus

 

 

 

 

 Quelques mois après le magnifique album de Pierrick Pedron, l’album de Rosario Giuliani s’écoute sous le même soleil, exactement. Celui du profond respect des saxophonistes pour l’héritage des maîtres et partant, d’une certaine histoire du jazz sur laquelle on rencontre des saxophonistes comme Cannonball Adderley, Phil Woods ou le regretté Jackie Mc Lean. On jurerait même à entendre le saxophoniste italien, qu’il a dû mettre Sonny Stitt en bonne place dans sa discothèque. Ainsi, bourré d’énergie à craquer l’album de Giuliani revisite le bop sans copier, sans revival mais néanmoins bien ancré dans l’esprit. Le saxophoniste italien signe lui-même la plupart des compositions mais laisse néanmoins une place à celles de Ornette Coleman (Invisible) et à son merveilleux pianiste, Dado Moroni pas en reste une seconde dans le genre bopper. Giuliani impressionne, tranche, met le feu et s’envole sur une magnifique ballade (a winter day). Flavio Boltro quand à lui joue les équilibristes avec délectation, flirte border line du côté de l’out off tune et tel un équilibriste se rattrape à la volée. Rythmique bien rodée avec, comme toujours un Rémi Vignolo tout guilleret, dont les lignes de basses semblent presque mutines. Bref album 100% plaisir dans le genre.
Mais voilà, cet album va venir nourrir une polémique entendue ça et là : le sax est il en train de se ringardiser. Jadis instrument de prédilection du jazz, le saxophone a-t-il encore sa place aujourd’hui ? Je vous rassure ce n’est pas moi qui pose la question (rien que la poser me rappe les oreilles) mais j’entend ça et là le débat s’animer autour de cette question face à laquelle celle sur le sexe des anges ne vaut pas tripette. Car les saxophonistes aujourd’hui s’évertuent avant tout à être de bons saxophonistes et surtout de bons solistes. Entre le revival nostalgique et le formatage post funk à l’américaine se pose la question de savoir comment peut évoluer l’instrument ? Et surtout comment peut il contribuer aujourd’hui a réécrire les pages de demain ? On ne boudera donc pas notre plaisir mais malgré le pied absolu que l’on prend à l’écoute d’albums comme celui ci, la virtuosité des uns et des autres n’empêchera pas un néanmoins la question de se poser. Avec acuité

 

 

Le sax est il encore l’avenir du jazz ?

 

 

Jean-Marc Gelin

Partager cet article
Repost0
10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 20:30
Nous nous sommes tant aimés ! Agnès Jaoui nous vous avons aimé. Nous avons aimé cette façon que vous aviez de montrer que l’intelligence n’était pas l’apanage des intellectuels, que la pensée n’était pas sinistre et que le rire même le plus cynique était aussi porteur de sens. Nous avons tant aimé votre façon de porter sur le monde un regard aussi féroce qu’il est tendre, aussi cruel qu’il est justement exigeant sur la nature humaine. Et puis, puisque notre terrain de prédilection ici, c’est la musique, nous avons totalement craqué pour le disque que vous avez publié l’an dernier (Canta) où vous seule sembliez alors en mesure d’exprimer avec autant de force profonde et de chaleur suave cette saudade qui semble si bien vous aller.

 

Et maintenant que vous voilà adoubée et invitée à un festival de jazz (ce dont personnellement je me réjouis) vous déclarez dans un journal suisse  tout de go (allez comme disait Audiard, « il faut oser ») : «  Le jazz quand j’étais adolescente c’était les garçons qui lisaient Hesse et écoutais Wagner (sic !) Et ils ne voulaient pas parler aux filles, donc ils m’énervaient. Et je vais dire un truc énorme – je ne sais pas si je devrais – mais pour moi le jazz c’est l’expression de l’hystérie masculine ».

 

 

Mais oui Agnès vous pouvez tout dire, tout oser puisque vous bénéficiez de cette magistrature d’influence qui entoure les acteurs et leur permet de dire dans n’importe quelle tribune tout ce qui leur passe par la tête. Et puis  surtout ici, au sein d’un festival de jazz on peut tout dire. Le jazz après tout c’est bien ce pays de liberté où l’on peut jouer avec les non sens atonaux, les contresens et les contrepoints, la pensée de l’expression libre et l’improvisation absurde du verbe. Le jazz permettrait alors de dire n’importe quoi, de flirter avec les couacs, et vous en êtes la preuve.

 

 

Mais, Chère Agnès il faut qu’on cause tous les deux. Car je crois que si pour vous le jazz est représenté par les gens qui écoutent Wagner, permettez moi de me demander si depuis toutes ces années vous ne faîtes pas là un terrible contresens. Car, Chère Agnès je dois vous faire part d’une terrible vérité et j’ai peur en utilisant les mauvais mots de vous heurter violemment mais je dois vous révéler une chose terrible : ceux qui vous fait croire toutes ces années que Wagner était un joueur de jazz vous ont menti ! Oui je sais cela doit être dur à entendre mais maintenant que vous vous lancez dans la musique il est des choses que vous ne pouvez plus ignorer. Que vous devez savoir. Et il faut que vous sachiez enfin que le swing est à Wagner ce que Ella Fitzgerald est à Pavarotti. Il en va de votre éducation musicale, de celle de vos enfants et des enfants de vos enfants.

 

 

Quand à l’hystérie masculine dont vous parlez, elle n’a rien à voir avec les envolées légères de Paul Desmond (tiens justement lisez le livre d’Alain Gerber «  Paul Desmond et le côté féminin du monde »). Écoutez les frémissements délicats dans le dernier disque de Paul Motian avec la grâce toute féminine de Joe Lovano. Et surtout accordez nous un peu de votre temps précieux. On vous fera découvrir le jazz que l’on aime et que visiblement vous ne connaissez pas.

 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0