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5 mars 2020 4 05 /03 /mars /2020 18:59

Pierre de Bethmann (piano, piano électrique),

Sylvain Romano (contrebasse), Tony Rabeson (batterie)

Pompignan (Gard), 6-7 septembre 2019

Aléa 012 / Socadisc

 

Pour ce troisième volume d'Essais, Pierre de Bethmann persiste et signe dans l'affirmation d'un choix très ouvert du répertoire. Dans le volume 1(chronique des DNJ ici) on trouvait, à côté des standards dont le jazz fait son miel, Trenet, Fauré ou Gainsbourg ; et dans le volume 2 (chronique) Boris Vian, Voulzy, Haendel ou le Chant des partisans. Fidèle à ce tropisme qui révèle la liberté du jazzman, le pianiste nous entraîne cette fois du côté de Brassens, Stevie Wonder, mais aussi Robert Schumann. Et comme toujours quand le jazz est là, c'est un mélange de rigueur et d'absolue liberté, de passion artisanale et de métamorphose artistique. C'est ainsi que vous découvrirez La cane de Jeanne comme vous n'osiez pas l'imaginer, surgie d'un piano Fender Rhodes doucement saturé, et s'évadant comme aux plus belles heures du Sieur Hancock. D'ailleurs j'ai le souvenir que, au mitan des années 90, à l'époque où notre pianiste s'imposait au Concours de la Défense avec le trio Prysm, il avait lors d'une sorte de Master Class épaté ledit Hancock par son choix de notes et son phrasé. Sur L'Opus 105 de Robert Schumann, ça chante comme du Schubert (Oui, oui, croyez-moi !) et ça danse comme une valse de Bill Evans. Puis c'est Cyclic Episode de Sam Rivers (du disque «Fuschia Swing Song», 1964), une cavalcade modulante qui donne le vertige (Tony Rabeson magistral). Puis un surprenant ravalement de façade sur Que Sera Sera, rengaine des années 50, rarement visitée par les jazzmen, et métamorphosée par Sylvain Romano. Groove d'enfer très Soul Jazz sur Dark Blue de John Scofield, un petit Cole Porter pour la route (on me dira, à juste raison, qu'il n'y a pas de petits Cole Porter....), puis une compo de Jean-Loup Longnon, L'Ours, originellement conçue pour quintette de cuivres et orchestre symphonique, et qui en trio devient une ligne mélancolique d'une infinie subtilité. Mélancolie encore avec I Can't Help It de Stevie Wonder pour clore le tout : beau voyage. Je ne risquerai pas 'essai transformé', déjà usé, et abusé. J'oserai : trois coups d'essai, trois coups de Maître. Vraiment.

Xavier Prévost

Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=kPFA9hFfsBU

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Le trio sera en concert le vendredi 6 mars à 19h45 à Reims, au Café du Palais, un restaurant agréable et recommandable puisqu'on y trouve une lithographie de Daniel Humair

Et aussi les 13 & 14 mars à Paris au Sunside, le 27 à Mâcon au Crescent, et le 28 à Toulouse au Taquin

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