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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:04

Laborie jazz 2010

Benjamin Moussay (p, fder, synth), Arnault Cuisinier(db), Eric Echampard (dm)

 moussay.jpg

Benjamin Moussay est un romantique. Un vrai romantique mais...moderne. N'entendez pas par là le romantisme du pianiste amoureux atteint du syndrome de la nostalgie chopinienne. Non Benjamin Moussay est un romantique moderne au sens académique du terme, celui  des " mouvements artistiques qui au XIXème firent prévaloir la sensibilité individuelle sur la représentation classique de la nature humaine". Sauf que la sensibilité de Benjamin Moussay est une sensibilité curieuse de son époque, exaltée , fougueuse à l'extérieur et riche d'une rare intériorité. Un pianiste part du label Laborie ( Yaron Herman parti chez ACT, cf. Chronique de Jérôme Gransac), un autre arrive. Tous deux ancrés dans cette modernité justement,  dans cette mouvance qui va de leur intime connaissance des grands pianistes de jazz, mais qui englobe aussi et surtout l'empreinte que les grands mouvements de la pop moderne ont laissé chez eux. Lorsque l'un reprend des thèmes de Radiohead ou Nirvana, l'autre s'en inspire très largement pour s'en approprier les idiomes dans un vrai syncrétisme original. Deux pianistes modernes disions nous mais, dans le cas présent de Benjamin Moussay, débarrassé de tout complexe filial envers Jarrett, de tout mimétisme grand fraternel avec Brad Meldau et de toute tentation amicale Svensonnienne (le pianiste de feu EST).

Il y aurait donc, aujourd'hui une nouvelle voie possible dans le piano jazz ( dont le terme est ici un peu dilué). C'est bien ce qu'affirme Benjamin Moussay dont le seule et simple prétention n'est certainement pas celle-là , pas dans l'émergence d'un courant , mais dans la simple affirmation d'une musique qu'on lui sait consubstantielle et dont il a composé l'intégralité des morceaux. Musique qu'il porte haut grâce à une technique exceptionnelle. Rappelons nous ce que

disais de lui Martial Solal ( "j ‘ai réalisé que nous avions en France un pianiste de grand talent, avec un gôut très sûr, une culture et une technique du plus haut niveau" 1) certainement pas peu fier de voir le jeune pianiste accompagner, entre autre sa fille Claudia.

Pourtant, autant l'avouer franchement, à l'entame de l'album on craignait le pire. Cette ouverture (Momentum) à la manière un peu "rentre dedans" met certes en valeur un formidable trio avec Cuisinier et Echampard. Mais l'écoute du 2ème titre( Domino effect) qui poursuit le 1er nous fait craindre, mais à tort, un climat un peu tapageur. Pourtant la découverte de l'univers de Benjamin Moussay tourne au "choc au plexus" tant le pianiste parvient à dépasser ce stade pour donner à sa musique

une réelle densité, forte, palpable, épaisse au sentiment, forte dans son essence. Ce n'est pas de l'esbroufe, c'est juste de l'incandescence comme en témoigne ce thème simple au fender (On Air) revelant un véritable power trio sur des nappes électroniques et une réponse de basse simplement bouleversant.  On peut y voir là encore de la pop music. On pense à King Crimson dans l'évocation des nappes harmoniques. Résolument pop aussi dans ces intros sur fond de bidouillage électronique ou comme ce Don’t wake me up où l'électronique et l'acoustique se marient naturellement par la qualité des arrangements. Pas de césure. Pas d'école : acoustique, électro, fender et piano mélangés.Là où les incises bidouillées sous l'aune du logiciel d'Olivier Sens laissent parfois place à des moments d'émotion pure comme dans ce morceau extrêmement dépouillé, joué en solo (Milo).

Il y a chez Moussay une exaltation revendiquée des structure mélodiques très simples comme dans  (Strawberry ripple) que Cuisinier met en valeur par un très beau jeu d'archet ( ou sur ce très classique et presque ravelien Mood ). Echampard que l'on connaît toujours aussi inventif que prompt à réinventer les contours et les couleurs rythmiques est un véritable poumon du trio. Son association avec Cuisinier est marquante et n'est pas sans rappeler celle de Larry Grenadier et Jorge Rossy

chez ....Brad Meldhau justement.

Les plus grands musiciens, a t-on coutume de dire, sont ceux qui sont parvenus, non pas à oublier, mais à dépasser leur technique. Celle de Moussay est incroyable. Il n'est que d'écouter la précision rythmique et la puissance de sa main gauche et le lyrisme de sa main droite. Ou encore l'utilisation ample du clavier, la variété des nuances de son jeu du plus forte au plus moderato. Mais Moussay s'affranchit facilement de ce carcan "technique" pour insuffler autre chose qui efface les lignes et bouscule les écoles.

Il y a en musique certains transports de l'âme. Ephémère expérience censée s'arrêter avec la fin de la musique elle même. Il y a dans celle de Benjamin Moussay quelque chose de plus profond qui ne s'arrête pas. Ou alors pas tout de suite.

Ce qu'il dit, rock, jazz ou pop, poursuit son cours bien après, avec le silence qui suit la dernière note.

 

 

(1)in Xavier Prevost : entretien avec Martial Solal- Edition Michel Maule – INA p.192

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 23:07

coverfollowthewhiterabbit.jpg

ACT – 2010

Yaron Herman (p), Chris Tordini (cb), Tommy Crane

 

 

 

 

Voilà Yaron Herman qui continue sa course vers l'apogée: après deux albums chez Laborie, il signe Follow the White Rabbit chez ACT, le label allemand élu label de l'année 2010.

Une fois encore Herman joue en trio piano/contrebasse/batterie. D'abord il y eut le trio avec Tommy Crane et Stéphane Kerecki, puis celui avec Matt Brewer et Gerald Cleaver pour ses deux albums avec Laborie, et le voici aujourd'hui avec Tommy Crane et Chris Tordini. Pour l'album Muse, certains lui avaient un peu reproché de n'avoir « pas assez joué » avec le trio. Avec Follow the White Rabbit, impossible de lui faire cette remontrance. Le trio joue finement et à plein tube, il est toujours dedans avec un vrai son cohésif et les compositions de Herman se sont affinées1. Trio de haut niveau avec des musiciens très solides.

L'invitation à le suivre dans son monde - clin d'œil au lapin blanc d' « Alice au pays des merveilles », son « Wonderland » - est claire: « écoutez la musique, je m'occupe du reste ». Et ça fonctionne parfaitement: l'émotion est à fleur de peau2, jamais ringarde ni feinte et la densité produite par le trio est dure comme le titane3. Yaron Herman fait tournoyer ses mains et nous surprend par des variations qu'on n'attend pas. Enfin, on ne sait comment, il créé un espace sonore au piano qui s'étend sur une surface qui semble infinie. Grande classe que ce pianiste!

Seulement cet album ressemble à s'y méprendre aux précédents. La formule employée est la même: des morceaux denses et énergiques, des standards revisités4 et des reprises de musiques pop. On se souvient de sa version très appréciée de « Toxic », chantée par Britney Spears. Ici, Yaron Herman reprend un morceau de Kurt Cobain5 et un autre de Radiohead6. Certes, ses versions sont réussies7 et leur intégration dans l'idiome jazz est évidente et organique pour le coup, – on n'a pas l'impression de la pièce rapportée.

Sur Facebook, j'ai partagé – maladroitement probablement, quoique – mon enthousiamse pour cet album de Herman en tapant que Follow the White Rabbit est une « tuerie, même si c'est du déjà-entendu »8. S'en suit alors un certain nombre de remarques plus ou moins réfléchies dont une, plus construite que les autres, du camarade Laurent Poiget, qui officie chez Citizen Jazz: « Même si une œuvre utilise un cadre formel préexistant, elle peut faire entendre une voix singulière, refléter une personnalité originale. Mais il est vrai que les formes anciennes sont en majorité visitées par l'interminable cohorte des suiveurs et il est tout aussi vrai que les artistes qui suivent des chemins jamais empruntés ont en général une voix singulière et une personnalité originale. ». Il est évident que je partage cette saine opinion.

Yaron Herman est une voix singulière dans le jazz actuel. Et c'est pour cette bonne raison qu'on en attend plus de Ycet artiste. Alors j'insiste, Follow the White Rabbit a un arrière-goût de déjà-entendu dans la discographie de Yaron Herman, comme nous l'avons évoqué ici. On peut comprendre aussi qu'il veuille approfondir, fouiller et trifouiller dans tous les sens « son » art du trio. A condition qu'il continue à nous surprendre et ce, en cultivant sa singularité.

 

 

Jérôme Gransac

 

Site de Yaron Herman

Myspace de Yaron Herman

 

 

1 formidable « Saturn Returns »

2 « Ein Gedi », « Baby Mine »

3 « The Mountain in G minor »

4 traditionnels juifs, jazz, Walt Disney

5 « Heart Shaped Box »

6 « No Surprises »

7 On préfère largement « Heart Shaped Box » à « Toxic »

8 Ca y est, je me rappelle pourquoi je n'utilise qu'à de rares occasions cet « outil »: sa superficialité et l'isolement qu'il implique.

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 22:58

Aum Fidelity 2010

Lewis Barnes (t), Sabir Mateen (as, ts, fl), Darryl Foster (ts, ss), Dave Burrell (p), William Parker (cb), Hamid Drake (dms), Leena Conquest (vc), Amiri Baraka (vc), Lafayette Gilchrist (p), Guillermo E. Brown (dms ); New Life Tabernacle Generation of Praise (choir)

 

williamparkeriplantostayabeliever-copie-1.jpg  Ceux qui étaient au festival de la Villette en 2007 se souviennent certainement du concert mémorable que donna le contrebassiste William Parker autour de son projet dédié au chanteur Curtis Mayfield. Concert qui fut donné quelque temps plus tard à Rome et dont l’enregistrement « live » fait l’objet du double CD présenté ici.

Projet cohérent s’il en est, dans la démarche du contrebassiste que l’on sait attaché à la grande musique populaire Noire Américaine et plus précisément à la musique engagée dont le chanteur Curtis Mayfield fut l’une des icônes contestataires mythiques.  Curtis Mayfield qui incarnait dans les années 70 ce tournant de la soul music au-delà de la Motown ( Mayfield signa chez le label Curtom records) fut l’un des tous premiers à mettre sur ces musiques sirupeuses des paroles politiquement et socialement engagées remettant en cause les contours de la société américaine, bien au delà des revendications du mouvement noir. ET C’est cette sorte d’inscription génétique dans le génome de William Parker que l’on sait attaché autant à Duke Ellington quà ce patrimoine de la musique populaire américaine qui trouve ici son terrain d’expression festif.

Car la force du projet de William Parker est de parvenir sur ce terrain-là, à en faire une véritable agape aussi joyeuse qu’explosive dont la subversion vient autant de son message politique que de son ancrage populaire. Et William Parker qui, associé à ses camarades de jeu, fait exploser la joie comprend tout ce que contient chez Curtis Mayfield l’association de la musique et de la force rageuse ou ironique de ces paroles alliées à des chansons  aux mélodies douces et diablement efficaces. Là exactement où la musique populaire devient le support d’un engagement combatif. Et il était donc tout à fait logique de retrouver pour ce projet la chanteuse Leena Conquest (pour les mélodies) et Amiri Baraka (Leroi Jones, autre figure légendaire de la pensée noire Américaine) pour la force des textes ravageurs.

En restant au plus près de l’original, William Parker offre une musique de tous les diables qui groove, qui danse, qui chante la soul qui vire au funk et qui tourne au jazz. Tous les acteurs sont ici ultra galvanisés en commencant par Lewis Barnes intenable à la trompette, Sabir Mateen qui porte l’alto à son paroxysme ou encore Darryl Foster, autre compagnon de toujours de la bande Parkerienne, totalement déchaîné. Les morceaux de près de 20 mn chacun font durer la transe à l’énergie bouillonnante ou, comme toujours quand ils sont associés depuis si longtemps, William Parker et Hamid Drake (certainement l’un des plus grands batteurs de son époque) jouent en totale osmose télépathique. La soul part en free jazz dans une figure pas très nouvelle mais toujours aussi forte. Et il faut entendre le travail des deux saxs sur Freddie’s Dead pour approcher le feu qui couve entre colère et joie du cri. Leena Conquest quant à elle est toujours superbe rendant vie autrement au chanteur disparu au crepuscule de l’an 2000 sur I plan to stay a believer. Il faut entendre cette dynamique galvanisée sur I’m so Proud ou sur If there’s a hell.

Certes les acteurs emportés dans le geste oublient parfois leur justesse comme sur ces intros sur It’s Allright ou sur Move on up. Ce dont on se fiche royalement puisqu’ils ne sont pas là pour sonner juste mais pour tout autre chose. Ils sont là pour faire chanter et danser et puis rire et faire la révolution. De la soul au jazz, les acteurs parviennent toujours à créer des ponts évidents dans une énergie qu’ils prolonge de l’un à l’autre. Le public exulte et William Parker s’offre aussi la participation d’un chœur pour entreprendre un New World orderà la sauce reggea qui tourne définitivement au festif, à la joie de vivre, à l’explosion populaire et bon enfant. Et sur Pepole get ready cette tournure de bacchanale rend la musique à la rue et c’est totalement passionnant et c’est la vie en marche et c’est le moment exalté et c’est l’explosion de joie et de rires , la colère contre un monde injuste qui s’exprime dans un immense tourbillon de gaîté de vivre. La musique et le texte ne prenennt pas une ride et leur force provient aussi de leur acuité. Le jazz est là. Il est bel et fort bien là. Avec nous. Avec les gens. Et le jazz n’a jamais été aussi vivant.

Jean-Marc Gelin


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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 20:03

Home

Universal Jazz Music

moneit.jpg Avec Home, disque cocon, chaleureux, talentueux d'hommage aux standards du jazz, l'Américaine se maintient à un bon niveau. Après une petite dizaine de dsiques cross-over, la vocaliste émule d'Ella Fitzgerald se livre à un hommage aux standards. En dépit de quelques moments de Swing, l'Américaine ne nous fait pas décoller. Comment du reste une limpide voix de jazz qui avoue une influence « très modérée » de Billie Holiday (« pas marquante, trop à part », me dit-elle) pourrait-elle soulever les âmes? Il faut dire que sa vie à elle ne présente pas les stigmates d'un psychodrame ininterrompu. Mais alors pas du tout. Au contraire, la trentenaire poupine jouit d'un background familial encourageant. « J'ai tout appris à la maison », me confie Jane, épanouie, dans les locaux d'Universal, vue sur le Panthéon. Père, mère et soeur chantent l'opéra. Comprennent ses possibilités. Devancent son désir. L'envoient à la Manhattan School Of Music. Lui permettent de tourner dans les salles à seize ans. Jane ne pense que chant. N'a jamais envisagé de s'engager dans autre chose. La seule angoisse qui émane du personnage semble être la fébrilité de me donner des réponses correctes. Sinon, contente d'être heureuse. Jane est douée, genre “tombée dans la marmite quand elle était petite”. On l'aura compris. La fille de l'Est (Oakland, New-York, 1977) clame une déférence sans bornes pour Sarah Vaughan. A passer en revue les titres de “Home”, elle est loin d'en partager les possibilités. Quand elle ne reprend pas le répertoire des comédies musicales, Jane Monheit compose les paroles des morceaux (« mes préférées? Les chansons d'amour »). Jane a confiance dans l'accueil qu'aura "Home".

Son deuxième disque est resté N°1 au Billboard américain pendant plusieurs mois. Les suivants? Succès non démentis. Dont une nomination aux Grammies Awards en 2003. Le groupe de longue date l'accompagne sur Home : Michael Kanan (piano), Neal Miner (basse), et l'époux Rick Montalbano (batterie). Des invités huppés les rejoignent, comme le guitariste John Pizzarelli, et l'organiste Larry Goldings, deux références, « rencontrés au cours de la carrière ». On peut sans risquer des jets de fruits mûrs avancer que la plupart des morceaux fonctionne. Le premier, Shine on your shoes, annonce la couleur. Pureté des ballades. Superbe This is Always. Très bonne artiste. Un disque sans fausse note. On attendra néanmoins le chef d'oeuvre.

Bruno Pfeiffer

 

 

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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 11:24

DIMITRY BAEVSKY : « DOWN WITH IT »

Dimitry Baevsky (as), Jeremy Pelt (t), Jeb Patton (p), David Wong (cb), Jason Brown (dm)

Sharp Nine Records 2010

  Baevsky.jpg

Il y a en ce moment dans les clubs de New York un jeune sax alto qui commence très sérieusement à faire parler de lui et à alimenter le buzz. Dimitry Baevsky, jeune musicien russe natif de St Petersburg écume les bars de Big Apple depuis près de 10 ans, naviguant sur des terres bien connues, celle du bebop et du hard bop pur jus. L’album qu’il vient de sortir ne renie pas cet amour de la tradition et va puiser du côté des thèmes de Bud Powell (Webb City), de Clifford Brown (La rue), Gigi Gryce (Shabozz) ou encore Monk ( We See). Ambiance club assurée, du swing et du bop et surtout un gars qui comme on dit, « joue terrible » ! Un alto au timbre sombre au superbe phrasé qui affiche avec assurance la maîtrise harmonique parfaite des grands du sax dans l’improvisation bop. Le garçon ici bien entouré par une rythmique qui fait remarquablement le job, impressionne. Tout est en place. Sans esbroufe. Dans les tempi lent ou rapide, le garçon perpétue cette belle histoire du jazz, qu’il s’est depuis belle lurette bien appropriée (diplômé de l’école de St Petersbourg depuis l’âge de 15 ans !). C’est l’histoire des clubs (jadis) enfumés, de la sueur qui perlait au front des Dexter Gordon et de tout ceux qui alignaient les chorus héroïques à mort. Et si l’on cite ici un ténor, c’est que Baevsky a cette tonalité qui le rapproche parfois de cette autre catégorie. Une sorte de virilité douce et sensuelle. Un lyrisme à tomber à genoux. Sur plusieurs titres le trompettiste Jeremy Pelt entre dans cette danse du jazz retrouvé.

Surtout ne pas s’attendre à une révolution en marche. À moins que la révolution ne se cache dans la redécouverte de ces racines essentielles.

Dimitry baevsky sera au Sunside vendredi 1er octobre. A n’en pas douter d’autres de ses corréligionaires seront présent dans la salle pour ne pas manquer ce nouveau grand sax qui, rallumera la flamme, ressuscitera quelques voix anciennes et en réveillera d’autres.

Jean-Marc Gelin

 
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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 06:08

YOUN And THE NIGHT AND THE MUSIC

 

 

Youn-su-nah.jpgACT/ harmonia mundi

Sortie le 23 septembre


 

 

 

Je n’aime pas beaucoup les chanteuses…actuelles et le formatage que prend le jazz vocal, d’autant que cette musique a eu de formidables Ladies, avec pour chacune, un grain particulier, une fêlure. Les « voix » se font rares, non pas seulement les belles et grandes voix (genre lyrique), j’entends les voix qui ont quelque chose à dire, ou à transmettre, qui déclenchent un sentiment profond de trouble, d’émotion, qui vous font tout interrompre pour …écouter. Cette vulnérabilité, on ne la trouve plus chez les chanteuses en promo à la télé.

 

Youn Sun Nah est une personne rare. Elle nous avait bouleversée dans son « autoportrait» So I Am, sorti en 2004, toute étonnée d’être accueillie avec enthousiasme à notre époque d’ « archipélisation ». Mais c’est que sa musique voyage dans notre monde parcellisé . Quand elle chante « Kangwondo Arirang », un traditionnel coréen, elle donne une éclatante démonstration de ce que peut être le folklore universel.

Dans ce nouvel album qu’elle signe encore sur le label allemand Act, après le précédent « Voyage », elle garde le guitariste suédois Ulf Wakenius, avec qui elle tourna en duo pendant deux ans, compagnon généreux qui entoure d’un écrin de choix, cette voix exceptionnelle, mais aussi le violoncelliste et contrebassiste Lars Danielsson et le percussionniste Xavier Desandre Navarre. Elle a trouvé avec ces compagnons une entente plus que « cordiale », une osmose véritable.

Elle chante toujours, entre souffle et cri, ne ménageant pas les écarts, avec une très grande rigueur, jouant du silence, avec ces fausses suspensions précédant de rauques déchaînements (nouvelle version de « Pancake »). C’est dans ces envolées que sa timidité manifeste s'envole : sa force est sa fragilité même. Sa gestuelle la fait ressembler à une instrumentiste, quand elle s’accompagne d’une trompette imaginaire. C’est qu’elle est, avant tout, musicienne et elle restitue en toute logique (d’instrumentiste), la force de ces "petites" mélodies, ces chansons qui finissent par constituer un répertoire. 

Justement, on pourra lui reprocher de balayer large, mais qu‘elle scate à sa façon dans l’étonnant Breakfast in Baghdad, qu’elle chante le blues fièvreux Moondog de Terry Cox, ou le folk du regretté Terry Cox My name is Carnival, qu’elle reprenne du rock, de la pop ou du jazz, qu’elle transforme en tango avec le violoncelle de Lars Danielsson le « Song of no regrets » de Sergio Mendes (chanté par Lani Hall à l’origine ), Youn SUN NAH peut tout faire.

L’émotion est réelle dès le premier titre My favorite things, cette bluette de Rodgers & Hammerstein II, que Coltrane transcenda. Interprétée avec une seule sanza, achetée dans un magasin de musique parisien, ces paroles insignifiantes prennent soudain un sens autre. Voilà un standard revisité de la plus belle des façons, et nous reprenons espoir quant à l’évolution du jazz vocal.

Le titre de l’album SAME GIRL vient d’une chanson de Randy Newman, grande figure de la musique populaire américaine : elle s’approprie cette composition avec une mélancolie respectueuse, réveillant en nous une pointe de nostalgie, puisque nous croyons y reconnaître quelques inflexions de la Barbra Streisand des années soixante-dix.

En français, Youn Sun Nah est tout simplement juste, avec une diction impeccable, fidèle au souvenir de Romy Schneider, si lumineuse dans « La chanson d’Hélène », écrite pour elle par Jean Loup Dabadie, pour le film de Claude Sautet «Les choses de la vie ». C’était un choix délicat, car le souvenir de Romy est fort : elle était d’une sincérité désarmante, montrant un visage sans fard . Sans calcul. Et justement l’émotion n’est jamais feinte quand Youn Sun Nah chante.

 

Sophie Chambon

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 07:59

Enja 2010

Roberto Fonseca (p), Javier Zalba (fl, as, ss), Omar Gonzalez (cb), Ramsès Rodriguez (dm), Joel Hierrezuelo (perc)

fonseca.jpg

La fougue de la scène. Le flot irrépressible du groove. Un groupe décidé ce soir là, à Marciac, de se donner à fond pour le public, sans économie, dans un numéro fichtrement bien rodé. Un truc à faire se lever la foule gersoise, hommes, femmes emportés par la liesse, enfants ébahis dans leurs landau, et même cul de jattes et j’en oublie c’est sûr !.

Ecoutez Lo que me hace vivir où, après la mise en bouche de l’altiste Javier Zalba qui sonne comme un tenor texan, sacrément doué pour faire monter la sauce tandis que Roberto Fonseca dans son dos installe la pulse mieux que 10 percussionnistes et 15 batteurs réunis ! Et c’est là l’essentiel. Ils font danser Marciac et nous aussi le casque rivé sur nos oreilles, le corps qui n’y tient plus, les pieds qui balancent le rythme entre jazz et latin jazz, entre deux continents là-bas d’Amérique ; Fonseca nous met en transe, on n’est plus au pays du Pacherenc mais à celui des alcools plus fort, l’ivresse guette les groupies, on prend son pied sans façon avec une petite saveur vulgaire de ceux qui ne boudent pas leur plaisir et se roulent sans vergogne dans la fange de toutes vertus oubliées, celle dans laquelle on se vautre à corps perdu ; et ça ne vole pas très haut mais Dieu que c’est bon, on en redemande encore. Le groupe, remarquablement bien huilé fait le show avec générosité et le pianiste, ce pianiste, l’homme orchestre à lui seul peut prendre appui sur lui pour s’envoler, pianiste d’exception dans la lignée des grands de son pays, des Rubalcaba en plus fou, de tous les Valdès réunis en moins doux.

On se serait bien passé d’un solo de batterie interminable plombant un peu l’ambiance du soir d’août où Rodriguez semblait avoir un peu oublié tous les regardants et les écoutants. Trop long mais heureusement Fonseca à l’humeur légère, badine quelques rêveries heureuses. Brillance du piano. Llegato cachaito comme son nom l’indique comme un hommage au contrebassiste cachaito Lopez commence par un solo de son frère d’arme, teneur des sons graves puis doublement des touches d’ivoire jouant au contraire dans les aigus d’un clavier enfantin, délicatement inspiré. Un final attendu avec une énorme ficelle, une salsa (Triste alegria) pour donner au public ce qu’il etait veu entendre, parce qu’il fallait que cela s’achève dans la danse, dans le tourbillon et la scansion palpitantes des percussions et des tambours primitifs.

 

Jean-Marc Gelin

Cet enregistrement réalisé durant l’avant-dernière édition du festival, en août 2009 se double d’une captation vidéo, au plus proche de la fournaise, au cœur du volcan 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 21:51

Bee Jazz 2010

Eve Risser (p, fl), Vincent Laffont (kybd, p), Antonin Ti-Hoang (as, cl, clb, p), Mathieu Metzger (as, ss, trombophone), rémi Dumoulin (ts, cl, clb), Joce Mienniel (fl, flb, elc), Guillaume Poncelet (tp, fch), Pierre Perchaud (g), Sylvain dabiel (elecb), Yoann serra (dm)

  onj.jpg

Immense ONJ ! Cela devient désormais une évidence lumineuse : si nous avions un peu boudé les débuts tâtonnants de l’ONJ dans sa nouvelle formule, c’est tout simplement qu’il lui manquait quelque chose d’essentiel : un album de référence, un répertoire original. C’est exactement ce que Daniel  Yvinec nous propose ici. Et quel répertoire ! Et quels musiciens ! Et quelle intelligence dans les compositions et les arrangements !

Il faut dire, et là est toute la force du travail de direction artistique d’Yvinec qui prend ici tout son sens, que l’orchestre après s’être inspiré de Wyatt, de Billie Holiday ou de Carmen s’appuie enfin sur son propre matériel, un répertoire conçu tout spécialement pour lui par John Hollenbeck le génial batteur américain (Claudia quintet), chef d’orchestre ( John Hollenbeck large ensemble) et grand compositeur.

La rencontre entre les deux hommes est fondamentale et prend racine dans la diffusion par une radio américaine du travail de l’ONJ sur Robert Wyatt. Musique entendue de l’autre côté de l’Atlantique par le compositeur, immédiatement séduit et tenté par l’aventure d’un travail en commun avec cet Orchestre National de Jazz français dans le cadre d’un candidature pour une bourse dédiée à un programme d’échange franco-américain autour du jazz.

La force de l’album va venir avant toute chose d’une compréhension très intime d’Hollenbeck de la personnalité de chacun des  membres de ce tentet auquel il dédie chacun des 11 titres à raison de 1 par musicien + 1 pour le groupe dans son ensemble. Avec 10 personnalités musicales aussi fortes que celles qu’affirment désormais ces jeunes musiciens le projet aurait pu se montrer kaléidoscopique s’il n’avait mit au contraire en exergue la formidable complémentarité complicité qui, projet après projet, scène après scène, existe désormais dans cette jeune formation. Hollenbeck leur donne le moyen d’exister avec autant de force individuelle (tous les solistes sont absolument magnifiques) qu’au service du jeu collectif et d’une pâte orchestrale qu’ils parviennent grâce à une direction d’orchestre réglée avec un soin d’orfèvre à faire vivre avec passion.

La base de ce travail d’écriture fut pour Hollenbeck le projet qu’Yvinec souhaitait dédier à la danse et au rythme. L’approche qu’il en fait est remarquable par sa subtilité et son intelligence. Evitant les pièges du bon vieux swing qui groove ( ce qui n’aurait pas été très passionnant) Hollenbeck invoque le rythme par touches, par rappels. Comme il le dit lui-même, en créant le lien « entre le mouvement et l’émouvant ».

Le compositeur parvient alors à marier un espace musical très vaste, une musique aérée à un discours dense dont les grilles de lecture ne cessent de varier. Où un tiroir se ferme pour laisser un autre s’ouvrir. Le rythme s’installe ou se devine, joue un jeu d’ombres toujours passionant. Rythme primaire,binaire, ternaire ou quarternaire que sais-je ! La pulse s’installe toujours, omniprésente mais jamais lourde. Elle est électro ou jazz-fusion avec Pierre Perchaud ou Africaine et tribale avec Joce Mienniel. Elle se propage par une simple balle de ping pong sur les cordes du piano préparé de Eve Risser dont on connaît la percussivité du jeu ( formidable et ténébreuse sur Shaking peace). Elle transpose le rythme primaire de « claves africaines »  ( joué sur des tubes en PVC) dans un hommage collectif à Bob Brookemeyer. C’est aussi la danse comme dans ce Praya Dance aux tourneries d’un chamanisme moderne.

Mais l’approche de Hollenbeck est subtile. Pour que la force du rythme apparaisse, il faut qu’elle disparaisse aussi. D’où cette lecture jamais linéaire. D’où ces passages transitionnels où l’orchestre semble s’appesantir, se muer lentement dans un entre-deux avant de renaître au morceau suivant mettant alors en évidence la pulse dans toute sa force tellurique. C’est ainsi que prend tout son sens le phrasé incandescent d’Antonin Tri-Hoang ( sur Melissa Dance) ou lyrique de Mathieu Metzger ( sur Bob Walk) tous les deux formidables. Il n’est que d’entendre ce Falling Dance et de prêter attention à la progression harmonique et rythmique menée par Guillaume Poncelet, brillantissime. Écriture et orchestration superbe, morceau à lecture multiple et à la géométrie variable. Moment fort où le soliste et l’orchestre font corps, solidaires et unis. Et cette simple cohésion suffit à l'émotion, ainsi que le souhaitait Hollenbeck lui même.

Et toujours l’orchestre dans son ensemble qui vit et se meut sous la houlette du jeune batteur Yoann Serra exceptionnel , exemplaire et littéralement explosé jusqu’à ce bouquet final à lui dédié et qui laisse ses dernières notes comme les empreintes fortes qui s’effacent doucement après la tempête. La musique alors transcende.

Définitivement emballant on a le sentiment de voir éclore enfin ce jeune orchestre si prometteur avec un album qui fera date dans l’histoire de l’ONJ.  On le passe et le repasse sans lassitude. Car on a la cerittude  d'avoir assisté à un moment de pure création. Un orchestre, un grand orchestre naît ici . Il prend la dimension des très grands, du calibre des Maria Schneider, des Mathias Ruegg et des….. Hollenbeck.

Jean-marc Gelin

 

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 23:59


RAY CHARLES
BD Blues
(2Cd + 1 bande dessinée)
jazz ray jpegBDBlues est une collection  des Editions BDMusic

Sortie le 23 septembre 2010

« Quand j’étais gosse, il y a trois choses que je n’ai jamais voulu avoir : un chien, une canne et une guitare.» (Le blues dans la peau)
Ray Charles ? Aussi connu sous le nom de  THE Genius….
Une volonté  farouche de s’en sortir en dépit de tous les obstacles, un talent incroyable, voilà les traits marquants de la personnalité de Ray Charles Robinson, qui abrégea son nom pour ne pas laisser s’installer de confusion  avec le grand boxeur Ray «Sugar» Robinson.
Des années cinquante jusqu’à sa disparition en juin 2004, Ray Charles aura été le plus grand chanteur noir, le plus populaire aussi, au répertoire alliant blues, R&B, gospel, soul, mais aussi country, pop, et traditionnel (« My Bonnie » ou « Swanee river »). On peut tout aimer de Ray Charles mais c’est souvent dans le blues « poisseux» qu’il est irrésistible comme dans cet émouvant «A fool for you ».
A ses débuts, Ray Charles est totalement sous influence, captivé par le charme du chanteur Charles Brown, de Louis Jordan et fou de son idole le pianiste-chanteur Nat King Cole. Il connaît ses premiers succès dès 1954 avec le terrible « I got a woman » et un an plus tard, avec « Hallelujah, I love her so », c’est le public blanc qui l’adopte à jamais.
Surfant sur la vague du rock & roll naissant, il eut la grande intuition de mêler blues et gospel, en remplaçant les discours enflammés des «preachers» dont il conservait le ton, par des paroles profanes, très orientées sexuellement, qui pouvaient entraîner l’hystérie et la transe…d’un public tout acquis.
L’étendue exceptionnelle de ses  possibilités vocales lui permettait de passer d’un style à l’autre sans hiatus, de chanter le blues comme Billie (en moins tragique cependant, comme dans l’arrangement sweet de « Am I blue ? » de Ralph Burns en 1959, avec Bob Brookmeyer et un tapis de cordes), ou de « crooner » à la Frankie Sinatra dans « When your lover has gone ». Il alterne voix douce et sensuelle « Dont’ let the sun catch your crying » ou rauque, sachant tenir son public en haleine, retenant le tempo en un suspense quasi orgasmique… « The right time »
Il fut un musicien et un showman incomparables avec un grand orchestre qui assurait magnifiquement derrière lui, au piano : Marcus Belgrave, Joe Hunt, Phil Guilbeau (tp), David Newman, Hank Crawford, Don Wilkerson, Leroy Cooper (anches) et le chœur féminin des Raelettes ( entre autre Margie Hendrix et Mary Ann Fisher), une invention géniale qui inspira  avec plus ou moins de bonheur, certain chanteur de ce côté de l’Atlantique !

La collection BD music de Bruno Théol, qui embrasse jazz, ciné, chansons et ici le blues, sort un nouveau « long box » des plus réussis dont la sélection reprend judicieusement, non pas les titres internationalement connus, mais des choses plus rares, à découvrir en tous les cas.
Vous ne trouverez donc  pas les immortels “Georgia”, “Hit the road Jack”, ou “I can’t stop loving you”. Mais Christian Bonnet  et Claude Carrière proposent une anthologie des enregistrements studio du chanteur de 1953 à 1959, sans les faces instrumentales, pour le premier Cd. Ce sont les années Atlantic sous la direction éclairée d’Ahmet Ertegun, qui imposa le Rhythm & Blues dès 1953 ; le deuxième Cd consacre des  enregistrements «live» de 1958 à 1961 avec de superbes morceaux instrumentaux incluant Ray Charles à l’alto, en plus du piano et du chant. Pour l’accompagner figurent des pointures, la tromboniste Melba Liston, les batteurs Charli Persip, Mongo Santamaria , le souffleur Frank Wess (fl) et une autre des idoles de Ray Charles, l’inoubliable Paul Gonsalvez, ténor dans l’orchestre de Duke Ellington.

Pour la partie BD, scénario et illustration sont l’œuvre de José Correa qui avait déjà illustré Léo Ferré dans la collection BD Chanson. Ce dessinateur d’origine portugaise, qui aime les aquarelles, a su capter l’univers de Ray Charles : harmonies subtiles de couleurs étendues en  larges aplats, une palette de teintes vives qui se répartissent en joyeux accords complémentaires. Les portraits très vifs, faisceaux de lignes rapides, immédiatement reconnaissables ont souvent un bleu lumineux : les expressions sont très justes captant Ray au piano, large sourire, gorge déployée et totalement renversé, avec ses lunettes noires indissociables de son look si particulier. Les textes toujours pertinents renseignent sur les moments (décisifs) de la carrière du chanteur qui suivent l’histoire de l’émancipation (très progressive) des noirs américains depuis les années soixante.
La vie de Ray Charles est vraiment un roman, elle a  d’ailleurs inspiré le metteur en scène Taylor Hackford, pour son film RAY, sorti peu de temps après la mort du chanteur, dans lequel Jamie Foxx a réussi à se glisser mimétiquement  dans la peau du « genius ».

Sophie Chambon

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 19:57

sunside.jpgLe jury du Sunside composé de Stéphane Kochoyan (Directeur Artistique des festivals d’Orléans, de Barcelonette et de Nîmes), Mohamed Gastli (Label Manager Bee Jazz), Edouard Ferlet, (pianiste et Directeur du label Melisse) Pierre de Choqueuse (Jazz magazine), Axel Matignon (Attaché de presse) Alain Fayaud (Jazz en ligne.com) et Agnès Minetto (Responsable Technique Sunset-Sunside) a décerné son palmarès 2010 :
 

 

1er prix de groupe : Fiona MONBET Quartet

Fiona Monbet - violon / Armel Dupas - piano / Ronan Courty - contrebasse / Mathieu Penot – batterie fiona-monbet.jpg

 

 

 

 

 

 

                           

 

 

2ème prix de groupe : AGATHE Quartet

Paul Lay – piano / David Grebil – batterie / Juan Sébastien Jimenez – c.basse / Agathe – vocal
 

1er prix de soliste : Gabriel LEMAIRE l sax alto (Walabix)


 
2ème prix de soliste : Anthony JAMBON l guitare (Nemesis)

Mention spécial du jury : WALABIX et NEMESIS

 

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