RAY CHARLES
BD Blues
(2Cd + 1 bande dessinée)
BDBlues est une collection des Editions BDMusic
Sortie le 23 septembre 2010
« Quand j’étais gosse, il y a trois choses que je n’ai jamais voulu avoir : un chien, une canne et une guitare.» (Le blues dans la peau)
Ray Charles ? Aussi connu sous le nom de THE Genius….
Une volonté farouche de s’en sortir en dépit de tous les obstacles, un talent incroyable, voilà les traits marquants de la personnalité de Ray Charles Robinson, qui abrégea son nom pour ne pas laisser s’installer de confusion avec le grand boxeur Ray «Sugar» Robinson.
Des années cinquante jusqu’à sa disparition en juin 2004, Ray Charles aura été le plus grand chanteur noir, le plus populaire aussi, au répertoire alliant blues, R&B, gospel, soul, mais aussi country, pop, et traditionnel (« My Bonnie » ou « Swanee river »). On peut tout aimer de Ray Charles mais c’est souvent dans le blues « poisseux» qu’il est irrésistible comme dans cet émouvant «A fool for you ».
A ses débuts, Ray Charles est totalement sous influence, captivé par le charme du chanteur Charles Brown, de Louis Jordan et fou de son idole le pianiste-chanteur Nat King Cole. Il connaît ses premiers succès dès 1954 avec le terrible « I got a woman » et un an plus tard, avec « Hallelujah, I love her so », c’est le public blanc qui l’adopte à jamais.
Surfant sur la vague du rock & roll naissant, il eut la grande intuition de mêler blues et gospel, en remplaçant les discours enflammés des «preachers» dont il conservait le ton, par des paroles profanes, très orientées sexuellement, qui pouvaient entraîner l’hystérie et la transe…d’un public tout acquis.
L’étendue exceptionnelle de ses possibilités vocales lui permettait de passer d’un style à l’autre sans hiatus, de chanter le blues comme Billie (en moins tragique cependant, comme dans l’arrangement sweet de « Am I blue ? » de Ralph Burns en 1959, avec Bob Brookmeyer et un tapis de cordes), ou de « crooner » à la Frankie Sinatra dans « When your lover has gone ». Il alterne voix douce et sensuelle « Dont’ let the sun catch your crying » ou rauque, sachant tenir son public en haleine, retenant le tempo en un suspense quasi orgasmique… « The right time »
Il fut un musicien et un showman incomparables avec un grand orchestre qui assurait magnifiquement derrière lui, au piano : Marcus Belgrave, Joe Hunt, Phil Guilbeau (tp), David Newman, Hank Crawford, Don Wilkerson, Leroy Cooper (anches) et le chœur féminin des Raelettes ( entre autre Margie Hendrix et Mary Ann Fisher), une invention géniale qui inspira avec plus ou moins de bonheur, certain chanteur de ce côté de l’Atlantique !
La collection BD music de Bruno Théol, qui embrasse jazz, ciné, chansons et ici le blues, sort un nouveau « long box » des plus réussis dont la sélection reprend judicieusement, non pas les titres internationalement connus, mais des choses plus rares, à découvrir en tous les cas.
Vous ne trouverez donc pas les immortels “Georgia”, “Hit the road Jack”, ou “I can’t stop loving you”. Mais Christian Bonnet et Claude Carrière proposent une anthologie des enregistrements studio du chanteur de 1953 à 1959, sans les faces instrumentales, pour le premier Cd. Ce sont les années Atlantic sous la direction éclairée d’Ahmet Ertegun, qui imposa le Rhythm & Blues dès 1953 ; le deuxième Cd consacre des enregistrements «live» de 1958 à 1961 avec de superbes morceaux instrumentaux incluant Ray Charles à l’alto, en plus du piano et du chant. Pour l’accompagner figurent des pointures, la tromboniste Melba Liston, les batteurs Charli Persip, Mongo Santamaria , le souffleur Frank Wess (fl) et une autre des idoles de Ray Charles, l’inoubliable Paul Gonsalvez, ténor dans l’orchestre de Duke Ellington.
Pour la partie BD, scénario et illustration sont l’œuvre de José Correa qui avait déjà illustré Léo Ferré dans la collection BD Chanson. Ce dessinateur d’origine portugaise, qui aime les aquarelles, a su capter l’univers de Ray Charles : harmonies subtiles de couleurs étendues en larges aplats, une palette de teintes vives qui se répartissent en joyeux accords complémentaires. Les portraits très vifs, faisceaux de lignes rapides, immédiatement reconnaissables ont souvent un bleu lumineux : les expressions sont très justes captant Ray au piano, large sourire, gorge déployée et totalement renversé, avec ses lunettes noires indissociables de son look si particulier. Les textes toujours pertinents renseignent sur les moments (décisifs) de la carrière du chanteur qui suivent l’histoire de l’émancipation (très progressive) des noirs américains depuis les années soixante.
La vie de Ray Charles est vraiment un roman, elle a d’ailleurs inspiré le metteur en scène Taylor Hackford, pour son film RAY, sorti peu de temps après la mort du chanteur, dans lequel Jamie Foxx a réussi à se glisser mimétiquement dans la peau du « genius ».
Sophie Chambon

Le jury du Sunside composé de Stéphane Kochoyan (Directeur Artistique des festivals d’Orléans, de Barcelonette et de Nîmes), Mohamed Gastli (Label Manager Bee Jazz), Edouard Ferlet, (pianiste et Directeur du label Melisse) Pierre de Choqueuse (Jazz magazine), Axel Matignon (Attaché de presse) Alain Fayaud (Jazz en ligne.com) et Agnès Minetto (Responsable Technique Sunset-Sunside) a décerné son palmarès 2010 :
Anne Paceo Triphase: « Empreintes » 
Pierre Perchaud est véritablement un musicien particulièrement en vue ces derniers temps. Ce jeune guitariste est en effet un des membres important de ce nouvel Orchestre National de Jazz qui vient de signer un disque magnifique sous la houlette de John Hollenbeck. Il vient aussi de contribuer au dernier album de Charlier et Sourisse à sortir dans les tous prochains jours. Et il nous arrive aujourd’hui avec ce deuxième « premier » album qui, pour un début n’en marque pas moins un coup de maître étonnant de maturité. Car à 28 ans Pierre Perchaud a déjà tout d’un très grand, un discours musical passionnant mais aussi des idées à foisons et des univers aussi riches que variés. Bien sûr on entend chez lui la prégnance de Metheny et de Rosenwinkell. Mais le travail effectué sur Robert Wyatt au sein de l’ONJ a aussi laissé des traces dans le patrimoine musical du guitariste.

