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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 20:10

Emarcy 2009

Personnel détaillé sur la pochette. Groovin’ High Music 2009.

 

 

 

Il y a chez Roy Hargrove une gourmandise réjouissante des rythmes du jazz qui l’aimante sans cesse, lui que l’on découvrit à l’âge de 17 ans, au Théâtre de Boulogne-Billancourt, comme l’un des prometteurs successeurs des plus mélodieux boppers, vers de nouveaux territoires. Louons-le donc d’avoir pu fédérer ce big band, qui avait émergé depuis le milieu des années 90 et de lui avoir enfin donné une vitrine équilibrée tout autant que chatoyante. L’entreprise est à ce point périlleuse, et les directions traduisant la curiosité musicale du leader si nombreuses, qu’il ne fallait pas s’attendre à voir affirmer une identité esthétique forte. Latin bop, vocaux mettant en valeur l’incontournable Roberta Gambarini, standards mais aussi originaux de belle facture, la palette est large, sans doute un peu trop ; elle n’éclipse toutefois pas un travail convaincant et réellement abouti dans des registres diversifiés qui disent assez le potentiel de cette formation, tels « Velera », le lumineux thème d’ouverture, l’audacieux réarrangement de « My Funny Valentine », truffé de sonorités tremblées gilevansiennes et de dissonances subtilement acidulées, la belle et longue plage modale « Requiem » ou enfin le très chantant et élégamment accrocheur « Roy Allan », un hit en puissance. Regrettons toutefois, ce qui reste incompréhensible, la pesanteur et l’anonymat du drumming avant de souhaiter longue vie à ce gang, vrai rêve de gosse d’un musicien qui porte le vrai talent cross-over en bandoulière.

Stéphane Carini

 


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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 00:00

 


Daniel Beja(g, voc), Raphael Illes (sax), Nathanael Malnoury (cb) sauf 2 et 7: Flavio Perrella, Yohan Rochetta(v), Martin Vanlemberghe (dr)
Invités : Yom (Klezmer King) (Cl), Sylvia Auclair (voc)

 

Le Site

 

Créé en 2005, après de très nombreux concerts en France et en Europe, Palinka présente son deuxième cd, autoproduit celui-ci, enregistré en avril dernier au studio «  La Fonderie ».

A la lecture du communiqué de presse, on apprend que Palinka « s'affirme comme un groupe novateur de la scène Jazz manouche et s'approche de la cour des grands ». Fort de son succès, le manouche (dites « man-nouche » à la manière du programmateur du Duc des Lombards de Paris, Jean-Michel Proust, lorqu'il présente les frères Rosenberg) dispose effectivement d'une « scène » qui est déjà devenue fourre-tout. Et puis, le manouche, c'est toujours un peu la même chose: la pompe, des virtuoses techniques de la guitare rythmique et les immanquables reprises des titres de Django... bref, on se surprend à penser: encore un groupe manouche, autant écouter le maître lui-même.

Entrons alors dans le vif du sujet. D'ors et déjà, à l'écoute de « Catastrophe », on trouve cette étiquette réductrice. La musique de Palinka est festive et décalée et elle ne s'embarrasse pas de quelconque carcan de styles: c'est d'abord de la musique jazz tsigane et une concoction de clins d'œil au blues, à la chanson française de San Severino (« Aie, aie, aie », « Bye Bye Novisad », au jazz (« Jasmin »), aux musiques balkaniques en général mêlés à des élans rock électriques déchainés, où « la puissance est en toi » (« Petit Samourai »). Vive comme la joie, effrontée, naïve comme un enfant dans un monde d'adulte et à l'image de l'eau de vie hongroise, elle est à l'opposée d'une musique intello. Il ressort de cette musique une vérité sincère que l'on devine sortie des liens fondamentaux qui unissent les membres du groupe: de l'amitié, une bonne compréhension des envies des autres, un grand besoin d'énergie, la nécessité de partager leur plaisir avec le public. Il en ressort une densité telle qu'on ne fait plus attention à la qualité instrumentale appréciable des musiciens (on pense particulièrement  Daniel Beja). D'autres moments plus calmes (« Bye bye Novisad ») nous montrent que Palinka a d'autres cordes à son arc que le jazz manouche et qu'il ne leur faudrait qu'un pas pour s'épanouir dans la chanson qui émeut.

Voilà une catastrophe de très bon goût qu'on demande à découvrir sur scène.

Jérôme Gransac

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 06:41

Une passionnante exposition en hommage à Miles Davis (1926-1991)


Jusqu’au 17 janvier 2010 se tient au Musée de la musique de la Villette « We want Miles – Miles Davis, le jazz face à sa légende», une exposition exceptionnelle où le jazz se donne à comprendre, à voir et à entendre. Une déambulation à travers la vie et l’œuvre de Miles Davis, magnifiquement imaginée par Vincent Bessières, le commissaire de l’exposition.  Curieux, amateurs éclairés ou spécialistes érudits de Miles Davis s’y retrouveront avec bonheur car toute l’exposition est organisée de manière intelligente et pédagogique avec de très nombreux passionnants documents et dans un bain de musique permanent. Le parcours propose de suivre la chronologie de l’artiste de son enfance bourgeoise à Saint-Louis au concert de La Villette en 1991, en passant par les rencontres marquantes et les collaborations fructueuses avec Charlie Parker, Dizzie Gillepsie, Gil Evans, Wayne Shorter, Teo Macero ou Marcus Miller, ainsi que ses dialogues avec le blues, le bebop, le rock, l’afro-funk ou le hip hop.

L’atout principal de cette exposition est le temps laissé à l’auditeur-visiteur pour s’immerger dans la musique. L’exposition se déroule dans un bain sonore permanent grâce à différents îlots circulaires, appelés « sourdines », qui offrent à un public d’une dizaine de personnes une écoute de grande qualité de quelques œuvres majeures du trompettiste.

Lire la suite....


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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 07:50

John abercrombie quartet : «  Wait till you see her » ***

ECM 2009

Johh Abercrombie (g), Mark Feldman (vl), Thomas Morgan (cb), Joey Baron (dm)

 

Dans sa filiation naturelle, John Scofield revendique souvent les influences de John Abercrombie dans son jeu alors que ce dernier, de son côté n’a jamais cessé de revendiquer sa gratitude à Jim Hall. Le point commun entre ces trois-là étant une même approche de l’instrument, tout en résonance bleutée on a là le triumvirat de rêve de la guitare jazz qui porte haut les couleurs harmoniques d’un jeu aux modalités évanescentes.

John Abercrombie figue majeure et prolifique du label ECM signe un nouvel album avec son quartet dans lequel il associe aux côtés de Joey baron et de Thomas Morgan, le violoniste Mark Feldman. Voilà déjà plus de dix ans que le guitariste a testé ce format. Un format que l‘on devrait plutôt qualifier de quatuor plutôt que de quartet dans lequel les trois instruments à cordes (Guitare, violon et basse) se complètent merveilleusement avec un Joey Baron en assembleur-coloriste. Car ce dont il est question ici c’est d’une musique de chambre clairement revendiquée. Une musique classique du jazz dans laquelle il faut l’avouer, on pourrait s’ennuyer parfois au gré d’une certaine langueur monotone où les compositions complexes du guitariste crée des espaces d’improvisations savantes mais manquant parfois de nervure. Et l’on s’ennuierait si l’on perdait de vue que les 7 compositions du guitariste sur les 8 de l’album, révèlent de petits bijoux, signées de la patte d’un très grand compositeur. En témoignent des thèmes comme Anniversary Waltz que l’on rêverait entendre jouer par le quartet de  Wayne Shorter ou encore un Chic of Araby légèrement orientalisé et sur lequel Feldman peut retrouver quelques (légers) accents zorniens. Chaque thème est un magnifique espace d’improvisation dans lequel le guitariste semble flotter avec grâce, improvisant sur un jeu aussi délié que profond. Si l’association des réverbérations du guitariste et des lignes tranchantes du violoniste créent un espace musical fluide et si tous deux possèdent à leur façon cette chaleur du timbre, on regarde néanmoins cet album autant qu’on l’écoute, avec une pointe d’ennui élégant.

Jean-Marc Gelin

 


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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 06:52

Il y a des jours comme ça où, malgré la fatigue, le froid et les jambes qui se traînent un peu en début de semaine, on ne regrette pas de s'être un peu forcé pour aller traîner en club du côté de la rue des Lombards.
Il faut dire qu'hier soir, se donnait le dernier des deux concerts du saxophoniste Walter Smith III venu pour l'occasion avec sa clique New-Yorkaise, un groupe de jeunes furieusement doués : Ambrose Akinmusire à la trompette, Gerald Clayton au piano, Harish Raghavan à la contrebasse et Justin Brown, un jeune batteur à découvrir absolument.

On eut droit à un concert de très très haute tenue avec son cortège de solistes héroîïques, un Ambrose Akinmusire poignant dans sa façon de tourner autour des thèmes, un Walter Smith au lyrisme impressionnant et surtout un batteur venu tout droit de l'espace, spectacle à lui tout seul, incarnation même de la batterie aussi sauvage que naturellement inventive. Carrément démoniaque comme le disait Stéphane Portet.



Il ne fallait pas en rester là, car un autre saxophoniste tapi dans l'ombre du Sunside venait en pur visiteur laisser traîner une oreille attentive. Forcément Walter Smith demanda alors à Steve Coleman de les rejoindre sur scène pour interpréter quelques titres ensembles. Et l'on eut droit alors à un Steve Coleman totalement libéré qui avait abandonné son traité de mathématique pour se jetter corps et âme dans la bataille, interprétant aec ses camarades un Stablemates de légende. Le son Coleman !




Baptiste Trotignon et Laurent Coq, dans la salle ne boudaient pas leur plaisir.

Une belle claque pour la semaine......







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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:26
Pur moment de grace hier soir au Théâtre du Châtelet.
La harpiste Isabelle Olivier venait présenter son nouvel et superbe album, " My Foolish Harp" paru en septembre chez ENJA.
Présents sur l'album l'accordéoniste David Venitucci et le batteur Peter Erskine étaient bien là alors que Louis Sclavis et Youn Sun Nah etaient pour l'occasion remplacés au pied levé par le contrebassiste Michel Benita et le chanteur David Linx.
Et ce fut pour une grande partie du concert, un moment de charme absolu. Un moment de partage musical et d'écoute attentive. Les duos, trios puis quartet se succèdèrent avec la même perception de l'intime, de la conversation murmurée, de l'épure et du relâchement. Des duos comme ceux que la harpiste nous offraient avec Venitucci ou avec Erskine se révélaient comme des espaces d'une rare sensibilité où il aurait été difficile pour chacun des musiciens de jouer moins fort. L'espace s'emplit d'une musique au flottement terriblement émouvant.
Isabelle Olivier montrait là toute l'étendue du possible de la harpe dans sa dimension rythmique, harmonique ou mélodique, passant naurellement d'un rôle à l'autre.
Avec l'arrivée du chanteur, impressionant de musicalité et de présence, ce fut un autre concert où le quartet se mettaient plus à sa disposition. Isabelle Olivier disparaissait un peu dans le son. Jusqu'au moment où David Linx se rassit, dans une ecoute plus attentive, prit lui-même dans cette musique où il n'était question que de partage.
Superbe.

Jean-Marc Gelin

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 06:55

AJMI Series 2009


 

Ayant lu une chronique particulièrement enthousiaste de Thierry Quenum au printemps dernier dans Jazzmagazine, notre curiosité fut récompensée et notre écoute  bienvenue, puisque nous ne connaissions pas  le pianiste Philippe Le Baraillec et au rythme auquel il se produit, il y a peu de chance pour que nous l’entendions désormais dans nos parages marseillais. Nous n’étions pas au rendez vous cet été à Junas et à La Seyne. Mauvais hasard puisqu’il nous est souvent arrivé de fréquenter ces deux festivals sudistes. L’effet de cette musique est immédiat : il en est chez les artistes comme dans les familles, il y a des lignées de pianistes et l’on sent vite à laquelle Philippe Le Baraillec appartient. En tous les cas, il fait partie des musiciens à qui l’on donne son adhésion. Un écho à Bill Evans, jusqu’au dernier titre « Nardis », joué sobrement en un court solo : plus qu’une reprise refondue, un fredon, un tendre chuchotement . On n’est guère surpris de retrouver aussi une adresse à Bruno Angelini, le trait d’union étant sans doute le contrebassiste italien Mauro Gargano complice des deux pianistes. Grâce à la perspicacité de Jean Paul Ricard qui a toujours eu un septième sens pour dénicher les talents, le trio de Philippe Le Baraillec, Mauro Gargano, Ichiro Onoe est désormais gravé dans la classieuse collection de l’Ajmiseries dont on aime les beaux objets disques, identifiables immédiatement aux pochettes fines, cartonnées, chics. Les compositions sont quasiment toutes de la plume de Philippe Le Baraillec et autorisent une entente cordiale, une fluidité réelle : voilà bien  un art du trio renouvellé de belle façon, un swing réel dans « The empty chair», un hommage réussi au batteur Lilian Bencini « Song for Lilian (du Laure Donnat Quintet « Straight ahead ») qui évoque aussi pour les plus nostalgiques « Moon River». L’écriture claire du pianiste sait mettre en valeur les autres voix complices. Les idées ne sont là que comme des occasions pour rebondir avec d’autres. Sans doute faut-il savoir s’entourer et Mauro Gargano avec Ichiro Onoe apportent profondeur généreuse, justesse, émotion, sens de la gradation . Le fond intimiste et même mélancolique des compositions  y  trouve  des couleurs, et même des élans inattendus. Chaque thème est une histoire, avec un sens inné du rythme, une intériorité qui trouve sa voix, se fond en une alchimie qui repose sur un équilibre aussi vigoureux et solide que les roulements énergiques du batteur. Lyrique et tendu comme il se doit.  Une imagination fertile liée à un sens de l’harmonie, une vraie capacité à swinguer sans relâche, enfin une souveraine aisance dans les climats les plus divers même si la tendance reste au vif, au jazz vif. C’est une musique qui contient du corps, qui fait sens. Du vécu et une certaine humanité, qui a su traverser des pans entiers d’histoire et de musique.  Au sortir d’un long silence, la sensibilité voire la fragilité du pianiste peuvent se percevoir dans cet « Invisible wound », comme une fêlure. « Toute vie est un processus de démolition » écrivait  Francis Scott Fitzgerald qui savait de quoi il en retournait.

Sophie Chambon

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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 07:27
A voir absolument sur le blog de François Olislaeger ses dessins sur le dernier spectacle de Zorn à la Villette autour du cantique des cantiques



Voir le site de François Olislaeger


Diplômé de l'école Emile Cohl, François Olislaeger a travaillé pendant longtemps dans la presse, comme pour Les Inrocks, le Monde et Libération. Il réalise aussi des reportages dessinés. En 2005, il s'associe avec Pauline Fonderla, une scénariste, avec qui il crée 'Echoes Land'. Légère, simple, cette bande dessinée est à la fois humoristique est caustique. En 2006, il prend pour partenaire Pierre Cattan et crée 'Un autre monde possible', publié chez Hachette.




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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 07:12

Yolk 2009

Matthieu Donarier ( saxophones), Manu Codjia (g), Joe Quitzke (dm)




Matthieu Donarier signe avec son trio habituel, son deuxième album après, « Optitopic » largement salué par la presse en 2004. Ce nouvel opus en « live » à Saint Nazaire et à Angers témoigne à nouveau de la très forte intimité entre ces trois musiciens habitués à jouer ensemble depuis leurs années d’école et de CNSM. C’est avec eux que Matthieu Donarier, que l’on connaît dans d’autres collectifs ( avec Daniel Humair, Alban Darche ou Patrice Caratini) se révèle à la fois comme un saxophoniste total mais aussi superbe compositeur.

Pour Matthieu Donarier, grand dévoreur depuis l’enfance de musiques de toutes sortes, tout est prétexte au jeu (aux jeux) et aux détournements. Il peut aussi bien s’agir d’une musique inspirée du jazz New-Yorkais, de chansons françaises de Charles Trenet (Il pleut dans ma chambre) à Georges Brassens ou encore des gnosiennes de Satie, Matthieu Donarier peut tout faire avec tout. Adversaire de toute linéarité et adepte d’une musique à tiroirs et à surprises, tout lui est prétexte à la construction de larges espaces d’improvisation. Où l’on entend le travail de Donarier sur les tensions harmoniques (Abrakadabra), sur les lignes mélodiques (Au refuge) et les atonalités. Prenons l’exemple de Brassens. ....


lire la suite  sur MATTHIEU DONARIER TRIO : « Live forms »

 


Jean-Marc Gelin

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 11:35

ECM 2009

Anouar Brahem (oud), Klaus Gesing (clb), Björn Meyer (b), Khaled yassine (darbouka, tabläs)

 

Les albums de l’Oudiste tunisien se suivent et… se ressemblent un tout petit peu. Ici un nouvel album réalisé sous les auspices de Manfreid Eicher et de l’écurie du label allemand. On y retrouve donc un habitué des studios ECM, le magnifique clarinettiste basse Klaus Gesing déjà entendu par ailleurs dans le dernier album de Norma Winstone. L’alliage de l’oud et de la clarinette basse n’est pour autant pas une nouveauté et avait déjà été mis en avant par Anouar Brahem dans une précédente production avec Jon Surman. Mais c’est ici d’une autre inspiration dont il s’agit et qui s’inscrit dans une couleur résolument plus grave. Avec Brahem on retrouve ici la même  poétique du conte et l’invitation au voyage. Au centre de ce travail, beaucoup d’écoute entre les musiciens et cette façon qu’à Brahem d’imprimer sa couleur à l’album en étant tout à la fois très présent et aussi très discret, se plaçant souvent en recul derrière les autres musiciens. Cependant Brahem reste confiné dans un système musical qui, pour s’ancrer dans la musique arabe dite « savante » montre rapidement ses difficultés à sortir de son propre système musical. Un thème comme «  The Astrounding eyes of Rita », parce que justement il donne au clarinettiste un espace plus sauvage, peut montrer une voie d’évolution intéressante. Mais l‘essentiel de l’album reste confiné dans une musique de chambre, très belle au demeurant, à écouter à l’heure du thé ( à la menthe), en lisant les poèmes de Mahmoud Darwish  (1941/2008), poète palestinien dont s‘inspire Brahem dans cet album.

 

Jean-Marc Gelin

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