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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 11:46

 

1 CD Ames/ Harmonia Mundi – 2009

Didier Lockwood (violon), Francis Lockwood (piano).

 

On ressent d’emblée de la fraîcheur, de la bonne humeur et de la jubilation dès les premiers titres de ce disque. Les deux frangins (qui n’avaient encore jamais enregistrés ensemble) s’en donnent à cœur joie, ils se font plaisir et ce plaisir est largement partagé par l’auditeur qui apprécie le bon goût, la beauté du jeu et l’esprit fraternel qui découlent de ce duo. Une interaction presque télépathique, comme en témoigne deux beaux exercices improvisés (dont l’impressionnant « Impro Opus 2 »). Une musique pure et dépouillée, où l’absence de support rythmique donne la priorité au chant et à la mélodie, un registre où Didier Lockwood excelle, nous proposant de belles envolées lyriques (« October Waltz »). Son frère Francis n’est pas en reste, signant de très belles compositions (« Day in London ») et pratiquant des chorus incisifs et inspirés où quelque fois Didier va assurer une ligne de basse (en jouant en pizzicato sur la corde la plus grave du violon). Malheureusement l’intérêt musical s’atténue nettement au milieu du disque pendant trois morceaux plombants, comme l’interminable (9’51) et inutile reprise du « In a Sentimental Mood » d’Ellington ou une « Bay D’Along » à l’exotisme bien décevant. Puis le disque repart sous de bons auspices avec deux très belles compositions signées de Francis (« Caraïbes » et « Above the Clouds »), pour se terminer sur deux bonus tracks insipides où l’on se demande si celui qui a inspiré le morceau « Mr Bling Bling » est bien celui dont tous les français se désespèrent.

Lionel Eskenazi

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 08:19

 

Logan Richardson: alto saxophone (1, 3, 5, 6, 9); Gary Thomas: tenor saxophones: (1, 3, 5, 6, 9); Jesse Elder: piano; Christopher Tordini: bass; Tyshawn Sorey: drums; Chris Cheek: tenor saxophone (4, 7, 8); Jeremy Viner: tenor saxophone (2); Aya Nishina: piano (10-13).


 Jess Elder est un jeune pianiste qui évolue du côté de Brooklyn et qui, à l’exception des initiés de la nouvelle scène New Yorkaise, est encore totalement inconnu de ce côté-ci de l'Atlantique. Avec quelques autres jeunes talents, il réalise aujourd’hui son premier album axé autour de ses propres compositions. Le moyen pour lui, loin de se mettre en valeur, de mettre sur orbite deux saxophonistes de grand talent : le tout jeune altiste Logan Richardson repéré il n'y a pas longtemps par Jordi Pujol (Fresh Sound New Talent) et par le moins jeune ténor Gary Thomas que l'on a pu entendre autrefois aux côtés de Greg Osby ou de Steve Coleman. Tiens, Steve Coleman justement ! Pas un hasard que l’on en parle ici puisque sa musique semble être une influence importante dans la construction des compositions de Jess Elder. Juxtaposition des structures harmoniques, relégation des phrases mélodiques au second plan, agencement des structures rythmiques impaires et des décalages sont les bases de cet album. Les imbrications dans un mix « écriture-improvisation », des dialogues de l’alto et du ténor, auxquels s’ajoute parfois la voix de Chris Cheek toute en feulement contrasté crée un ensemble particulièrement inspiré. On est ici dans la droite ligne de cette musique aujourd’hui dominante de l’autre côté de l’Atlantique, brillante, remarquablement interprétée par des solistes très très fort mais auxquels manque quand même une part d’engagement, un sens du collectif, une envie de swing. L’album se termine par une série de 4 morceaux improvisés au piano solo, l’occasion d’entendre Jess Elder dans une expression en total contraste avec le reste de l’album, bien plus sombre presque concertant et pourtant marquée par l’étonnante maturité de son protagoniste. Une valeur à suivre comme on dit.

Jean-Marc Gelin

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 07:59

Zig Zag territories 2009

Thomas Grimmonprez, Christophe Hache, Jérémie Ternoy

 « Du spirituel dans l’art », quelque chose de l’essence et de l’essentiel pour la musique précise et métallique, électrisante  de ce bel ensemble nordiste conduit par le batteur Thomas Grimmonprez. Si celui-ci a jusqu’à présent joué le rôle déterminant mais souvent considéré  « annexe » d’accompagnateur de beaucoup de grands formats (orchestres de Laurent Cugny, Martial Solal, Patrice Caratini, le PJBB…), il désirait se réaliser en tant que « batteur leader » comme il l’écrit dans les notes de pochette. Acceptant que les projecteurs soient braqués sur lui et sa  musique, il a confié ce projet « Bleu » au sérieux label de toutes les musiques Zig Zag.

Il retrouve deux comparses fidèles, le contrebassiste  Christophe Hache (intervention superbe sur « Planeur ») que nous avions repéré au sein du collectif lillois Circum, et grandement apprécié dans Impressions et aussi au sein du Stephan Orins Trio, et  Jérémy Ternoy au Fender Rhodes. La coloration si particulière du piano électrique donne un aspect énigmatique,  mystérieux à cette musique cristalline, nocturne, lunaire même ; et nous renvoie à des sonorités déjà anciennes,  aimées, auxquelles notre oreille actuelle s’est réhabituée.

8 titres et une durée des plus raisonnables (39’) ajoutés à un sens inné du groove  entretiennent la tension («Presque énervant»).Une musique urbaine créant des textures sophistiquées, une création  prenante, poétique (« Sans nom »), sans violence comme dans « Issue de secours » malgré le rythme continu et soutenu de la batterie sèche et assurée.

Une triangulaire presque classique, une belle cohérence mélodique, un sens affirmé de l’interaction, voilà  qui a de quoi séduire même les plus blasés. Car si rien n’est véritablement nouveau, en guise de signature se ressent  le désir manifeste  de jouer ensemble, de raconter  une histoire. Tout simplement. 

 

Sophie Chambon

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 05:37


Autoproduit - 2009

Guillaume Saint-James (sax), Geoffroy Tamisier (tp), Didier Ithursarry (acc), Christophe Lavergne (dr), Jérôme Séguin (acc b), Jean Louis Pommier (tb)


Pour son deuxième opus, le sextet Jazzarium a troqué le piano de Pascal Salmon au bénéfice du formidable accordéoniste basque Didier Ithursarry. Après « Les poissons rouges » paru en 2005, Jazzarium met en musique les phénomènes naturels, dans leur ensemble. C'est une idée originale et un hommage à la nature touchant et très réussi. Guillaume Saint James a signé les neuf compositions et soigné une écriture limpide pour petit ensemble (contrapuntique à l'occasion sur la superbe « Ode à Eole » et « Eclaircie ») et lui donne une forte coloration de « big band de chambre ». Les mélodies sont admirables, les compositions recèlent des courtes suites au caractère unique et arborent une perception expressive des principaux éléments naturels: goguenarde est « La java des grêlons », émouvante « Eclaircie », « Soleil » solennel, facétieux et enlevés « Caprices des tornades », séraphique et groovy « Katrina »... Avec une motricité dynamique et une bonne respiration de la musique, le sextet est soudé dans l'interprétation et les musiciens ont de l'espace pour s'exprimer. Ainsi, Ithursarry, à l'accordéon, est inspiré comme intuitif, la trompette de Tamisier est fluide et sans effort, Pommier nous ravi de son growl malicieux.

Meteo Songs est une musique bien vue, riche et réjouissante.


Jérôme Gransac
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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 21:28

Jazz in Marciac 2009

 

Richard Galliano (acc), Wynton Marsalis (tp), Walter Blanding (ts), Dan Niller (p), Carlos Henriquez (cb), Ali Jackson (dm), Herbé Sellin (p)

L’affiche avait quelque chose d’outrancier. Un truc pour faire vendre. Imaginez : le parrain de Marciac, le trompettiste Wynton Marsalis rencontre l’autre chouchou du festival, l’accordéoniste Richard Galliano ! Ça vous promet forcément la rencontre au sommet. Et comme on cherche un terrain d’entente, on n’hésite pas à donner dans le cliché : Piaf (ça c’est pour le côté Paris et la java = l’accordéon de Galliano) et Billie Holiday ( pour le côté jazz = là c’est Wynton le gardien d’un temple du jazz dans la tradition). Pour faire bonne figure on ressort d’autres clichés sur la ressemblance entre les deux chanteuses, les blessures, le chant déchiré etc etc… Sauf que sur scène, cette rencontre affiche une lecture plutôt décalée par rapport à ce que l’on aurait pu en attendre. Et ce n’est pas là son moindre mérite. Car à choisir, c’est ici la joie du jazz qui s’impose. Et la rencontre loin de charrier tous les clichés sombres est au contraire marquée par une certaine spontanéité et une bien belle fraîcheur par cette soirée  du 13 août 2008. Il suffit d’entendre les protagonistes faire vivre ces belles mélodies jadis transcendées par ces chanteuses- icônes comme La Foule ou Them There Eyes. Les entendre donner brillance à Padam ( où l’on y entend comment ce sorcier de Wynton ramène le thème à une réelle culture Nouvelle Orléans). Le quintet de Marsalis sait visiblement y faire. On suivra tout particulièrement les beaux chorus de Walter Blanding qui a lui seul, par la grâce toute féminine de ses interventions incarnait ce soir là, le fantôme des deux chanteuse ou encore les frémissements de Ali Jackson au jeu si sensuel. De quoi assurément passer une bien belle soirée pour ceux qui n’avaient pas trop placé d’espoir dans cette rencontre qui, il faut bien le dire ne s’opère pas vraiment. L’interaction ente Galliano et Marsalis y est en effet réduite à sa plus simple expression par des chorus alternés et peine à se trouver un terrain fusionnel. Mais Galliano et Marsalis ont cependant en commun ce sens inné de la mélodie qui les conduit à faire chanter naturellement leur instrument, chacun à leur manière mais finalement avec cette même grâce (La vie en Rose, particulièrement émouvant). Les arrangements sont assez inégaux et si l’on est séduit par L’homme à La moto soutenu par les frémissements sensuels de Ali Jackson, on est plus circonspect sur un Strange fruit envisagé sous la forme d’une marche funèbre.

Le DVD du concert remarquablement réalisé par Franck Cassenti nous permet de pénétrer au plus près de ce concert qui, sans être inoubliable, était assurément d’un très haut niveau. J.M Gelin

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 20:20
Sébastien Llado, après avoir accompagné les plus grands de la scène française (dans un grand écart stylistique allant de l'ONJ Barthélémy à Yaël Naïm) et la création de son nouveau quartet en 2005, enregistre en live son premier disque en leader.
Pour cet événement majeur, le tromboniste, joueur de coquillages et chercheur de sons (naturels et électroniques), a composé un jazz métissé, sophistiqué et populaire, drôle et poétique, surprenant et satiné, accompagné d’un trio musical de référence et d'envergure (Leïla Olivesi aux claviers, Bruno Schorp à la contrebasse, Julie Saury à la batterie). Une musique vibrante qui s'adresse autant au corps qu'à la tête.

 
Vendredi 20 novembre 2009 à 21 heures
Sébastien Llado Quartet
Sébastien Llado, trombone, conques - Leïla Olivesi, piano - Bruno Schorp, contrebasse – Julie Saury, batterie

Sébastien Llado :
www.sebastienllado.com - www.myspace.com/llado

au
Sunside-Sunset Jazz-Club
60, rue des Lombards
75001 Paris
Infoline : 33 (0) 1 40 26 46 60 / 33 (0)1 40 26 21 25
Métro : Châtelet-Les Halles
http://www.sunset-sunside.com/


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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 05:51


 MuSt ReCorD / distribué par dgdiffusion - 2009



Le site de Matthieu Marthouret

Matthieu Marthouret (org), David Prez (ts) ,Manu Franchi (dr), Sandro Zerafa (g)

En 2008, nous avions découvert le jeune organiste et compositeur Matthieu Marthouret avec le groupe « Talkin' About trio + 1 ». Avec « Playground », il nous surprend de nouveau. Matthieu Marthouret fait partie de la jeune garde de musiciens parisiens, inspirés par la génération Rosenwinkel et Turner, qui développent un jazz décomplexé, très en vogue et qui s’appuient sur le décloisonnement des genres.

Les musiciens de ce quartet se connaissent bien. Marthouret a réuni Manu Franchi, Sandro Zerafa et David Prez pour leur identité musicale propre: le discours compact et le son satiné de Prez, doublés de la guitare mélodieuse et inventive de Zerafa et la sobriété dynamique de Franchi. Les trois musiciens ont d'ailleurs tout compris de la musique du leader. Marthouret a gagné en maturité et a définitivement imprimé sa personnalité de musicien. Il a signé neuf compositions limpides et mélodieuses, qui touchent droit au but, comme une évidence (« Joan's Pendulo », « Tones Stew »), avec des virages inattendus. L’organiste « moderne », à l'instar d 'Emmanuel Bex et Sam Yahel, s'écarte volontairement des trivialités inhérentes à l'instrument et déploie des climats variés aux ambiances poétiques et taquines. Son identité à lui tient dans la suggestion: Marthouret dompte le groove et la soul. Plus exactement, il s'en est fait des amis qui n'ont pas besoin de crier ou s'écrier pour exister. Marthouret a dans les doigts une formule magique qui profite au mélomane: il règne une quiétude bienvenue pour l'âme dans « Playground ».


Jérôme Gransac

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 08:10

NeuKlang 2009

 Jean-Michel Couchet (as, ss), Fabien Debellfontaine (as, cl, fl), Florent Dupuit (ts, fl), Julien Soro (ts), Guillaume Christophel (bs), Fabien Norbert (tp, flgh), Andrew Crocker (tp), Sylvain Bardiau (tp, flh), John Knight (tb), Fidel Fourneyron (tb, tuba),  Fed Maurin (g, dire), Raphaël Schwab (cb), Rafaël Koerner (dm) + Benjamin Moussay (p, fnder), Stephan Caracci (vb)

Ce nouvel album de Ping Machine, ce superbe big band dirigé par Fred Maurin est formidable ! Largement renouvelé depuis sa première mouture, Ping Machine accueille de nouveaux arrivants bourrés de talents. Aux côtés des piliers « historiques » de l’orchestre comme Jean-Michel Couchet présent depuis les débuts et toujours décisif, Ping Machine accueille notamment Julien Soro entendu au sein du groupe Inama ou du Quatuor des Saxophones et pour l’occasion le formidable Benjamin Moussay et Stéphan Caracci.

« Random Issues », le deuxième album de Ping Machine explore et mêle toutes les pistes du big band. Les plus traditionnelles, comme celles qui par ses écritures pour sax feraient penser à Oliver Nelson ou Thad Jones mais aussi celles qui par leur dramaturgie, leur hystérie parfois nous mèneraient sur les pistes de Mingus. Mais il y a aussi cette façon d’être dans le même temps très moderne avec cet apport de l’électrique sous la houlette du fender de Benjamin Moussay. Tout cela direz-vous, pourrait laisser penser à un exercice de style, une démarche un peu académique. Il n’en est rien. Fred Maurin réussit en effet au contraire l’exploit de livrer une musique toujours passionnante et éveillée, à la fois très dense dans son propos narratif, mais aussi d’une grande fluidité. La construction des morceaux et leurs trames relèvent d’un agencement fort subtil, formidable rampe de lancement pour des solistes que Maurin se plait à lancer sur orbite, non pas tant pour leur donner leur heure de gloire (ce qu’ils ne se privent d’ailleurs pas de prendre) que pour venir renforcer le propos. Il y a là un sens précis de l’orchestration et du collectif sur des thèmes à la fois variés, riches et jamais vraiment prévisibles. Fred Maurin sait installer les climats de groove, de tensions, les constructions- progressions à tiroirs  ( Eït-Für-Für / Noïne-Für- Für Machination), le suspens, l’émotion, la musique parfois légère et parfois plus « concertante » ( part 2 Chemin vivants) . Mais surtout Ping Machine joue sur un heureux relâchement qui contraste avec certains big band qui ne jurent que par la survitamine.

Les polyphonies de Fred Maurin, si elles ne manquent pas d’énergie sont au contraire marqué du sceau de l’équilibre et de la souplesse de l’écriture.

Le big band comme on l’aime, sans modération.

Jean-Marc Gelin

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 19:55

Dixiefrog 2009



Il y a des disques que l’on adorerait chroniquer et qui malheureusement sont toujours confiés par le rédac chef à un autre chanceux. Et puis il y a d’autres albums au contraire que l’on aurait aimé ne pas avoir à faire. Celui de Mighty Mo Rodgers rentre pour moi exactement dans cette catégorie tant la première écoute de cette galette du bluesman que je porte pourtant aux nues, m’a fondamentalement déçu. Pourtant à 67 ans jamais Maurice n’a semblé aussi vert, aussi jeune et aussi pétillant. Car c’est sous l’angle de l’humour et parfois du second degré que le pianiste de l’Indiana nous envoie ses messages de la lune. Il semble s’amuser Mighty Mo avec son blues un peu lunaire finalement assez libre dans lequel il joue avec aussi bien qu’il détourne les clichés du blues. Il y a bien sûr cette voie à nulle autre pareil, rocailleuse et grasse comme une traînée de santiag’s. Il y a bien sûr la façon de dire le blues  des « coons », des bamboulas. Il y a aussi cette prophétie dont Mighty Mo semble s’amuser, celle de Howlin’ Wolf dans « Coon on the Moon » (1973) ; «  vous vous réveillerez un beau matin et vous trouverez un bamboula sur la lune ». Alors, à l’heure de l’élection d’Obama, Mighty Mo Rodgers se met en orbite et nous envoie depuis la lune quelques nouvelles de la terre. C’est plein de bons sentiments mais c’est aussi kitchissime. Ainsi par exemple l’hommage à Michael Jackson, louable en soi dégouline de bon sentiments à l’américaine. Les arrangements laissent bien souvent perplexes lorsque l’on sait pourtant que derrière cet album la production compte pas moins que Sébastien Danchin, JJ MIlteau, Benoit Sourisse et André Charlier. Où l’on y entend par exemple du bon gros reggae façon blues d’un gôut moyen. Certains titres sont parfaitement formatés pour un passage radio en prime time ( Blues is a woman) et Mighty Mo Rodgers qui ne sait plus trop dans quelles direction aller, touche à tout comme cet Afrika Blues qui a l’air d’avoir été fait à l’arrache. Ca fleure le mauvais goût hyper commercial.

Reste la bonne humeur de Mighty Mo qui devrait être communicative, nous faire danser et rire. Mais on reste juste pantois, persuadés que forcément il y a quelque chose que l’on a pas compris. Oui mais quoi ?

Jean-Marc Gelin
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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 08:24

Hat-Hut ( HatOLOGY)

Horace Tapscott (p),  John Carter (cl), Cecil Mc bee (cb), Andrew Cyrille (dm). Live 14-17 dec. 1989



Totalement méconnu, le pianiste Horace Tapscott (1935-1999) a traversé la scène du jazz scotché à Los Angeles sans que les labels n’y prêtent une réelle attention. À l’origine, tromboniste dans un certain nombre de big band de la côte Ouest, Horace Tapscott a ensuite abordé le piano avec une maestria dont on s’étonne qu’elle soit aujourd’hui ignorée. Il y aurait lieu pourtant de rapprocher son talent d’autres pianistes de sa génération au titre desquels on rangera certainement Andrew Hill avec qui l’on trouvera quelques ressemblances dans le jeu. Ne serait ce terreau Monkien sur lequel ils ont tous deux évolué. Fondateur du Pan Afrika People Akestra et membre de l’Undergroung Musicians Association (UGMA), Horace Tapscott est malheureusement trop peu sorti de son microcosme local pour être découvert au delà de ce cercle restreint.

D’où l’intérêt de se ruer sur cette réédition de « The Dark tree », album live enregistré en 1989 et édité une première fois en 91. Le pianiste y joue sur un piano un peu bastringue une musique tirée essentiellement de ses propres compositions auxquelles il associe le remarquable clarinettiste John Carter, le contrebassiste Cecil Mc Bee et Andrew Cyrille aux baguettes. Avec force et engagement, ce quartet sonne la charge et se met en branle sans tomber dans aucun cliché du free (le free est déjà largement dépassé ici) et fait durer le plaisir de compositions superbes et remarquables écrites. Deux versions de « The dark tree » de 20 mn chacune laisse aux solistes le temps de développer un jeu vigoureux et d’une réelle inventivité sur des ostinatos rythmiques qui ne faiblissent jamais. Et c’est surtout l’occasion de découvrir la puissance et l’audace du jeu du clarinettiste totalement affranchi des stéréotypes de l’instrument et surtout un Horace Tapscott qui dans une veine post-Monk affiche une liberté et un éclectisme du jeu totalement fascinant qui le rend quasiment inclassable.

Il y a dans cette musique-là une force et une sorte de rage contenue, presque ténébreuse. Un volcan qui gronde.

Jean-Marc Gelin

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