
Green leaf Music
Dave Douglas (tp), Vincent Chancey (Cor), Luis Bonnilla (tb), Marcus Rojas (tuba), Nasheet Waits (dm)
Cet été, lors de la présentation de l’album par Dave Douglas à Marciac, nous étions revenus circonspects et modérément emballés ( cf. notre chronique du festival – Marciac 1/3). Ce n’est donc qu’après coup que nous avons découvert le CD, tout prêts à nous laisser convaincre définitivement par la version « studio ». Et malheureusement ce sont les mêmes réserves qui ressurgissent à l’écoute de cet album dédié à la musique de Lester Bowie dont l’auditeur ne trouvera ici qu’une bien pâle évocation. Si Lester Bowie évoquait lui aussi certains esprits du jazz, ce mini Brass Band censé marcher sur les pas du Brass Fantasy de Lester Bowie en rend d’autres, à d’autres trompettistes ( Fats Navarro ou Enrico Rava p. ex).
Dave Douglas écrit magnifiquement bien c’est un fait et les textures créées sont complexes, éthérées parfois presque Shorteriennes. Mais il peut passer aussi de la Nouvelle Orléans tendance Marching Band (Bowie) à un bon gros funk (Mister Pitiful) avec parfois une certaine pointe d’humour ponctué de citations ( comme ce Great Awakening qui se termine par une citation de If you could see me now.). Il n’empêche, Dave Douglas ne parvient pas à nous débarrasser d’une certaine torpeur, d’une mollesse généralisée. Il est vrai qu’elle était déjà remarquable dans le modèle original, à savoir l’album de Lester Bowie paru en 1993, « When the spirit returns ». Dave Douglas y fait référence constamment et les allusions sont claires lorsque par exemple ce I’m so lonesome I Could cry fait réponse au Solitude repris par le Brass Fantasy à l’époque. L’un comme l’autre sont superbement écrits, voire virtuoses chacun à leur manière, traînant, subtilement tissés et colorisés. Mais, comme en concert, on reste dans la version réduite de Dave Douglas sur le sentiment d’entendre un groupe qui peine à vivre collectivement comme si ( ce que nous avions déjà ressenti sur scène), chacun jouait dans son coin, peu concernés par l’énergie collective. Un début d’album totalement soporifique qui heureusement s’arrange un peu par la suite et un certain manque de relief certain nous empêche d’adhérer totalement. Les esprits du jazz qui étaient revenu habiter la musique de Lester Bowie ont ici effectivement un peu déserté le présent. Jean-Marc Gelin








Dans le rôle de monsieur Loyal hilare : Chuck Loeb, guitariste « à la Pat Metheny », au style d’impro moderne mais très ancré dans la tradition du blues, à la limite de la pop et du jazz. Originaire de l’état de New York, Chuck Loeb a une carrière qui s’étale sur plus de quatre décennies. Il commence la guitare à 11 ans, se forme auprès de Dennis Sandole et Jim Hall, joue dans différentes formations parmi lesquelles le groupe de Stan Getz en 1979, Steps Ahead avec Michael Brecker en 1995 ou plus récemment Metro, un groupe de crossover entre hard bop et smooth jazz. Dans le rôle du latin lover : Mark Whitfield, guitariste « à la George Benson », au jeu tout en finesse, très délié, très élégant, un peu R&B…du vrai travail d’orfèvre. Dans le rôle du survivant : Pat Martino, artiste à la carrière foisonnante, né à Philadelphie en 1944, il commence à jouer professionnellement en 1961. Il joue avec de nombreux artistes parmi lesquels Sonny Stitt, Chick Corea, Joe Pesci. Il commence sa carrière de leader en 1967. En 1976, à la suite d’une rupture d’anévrisme, il perd complètement la mémoire et réapprend à jouer de la guitare en réécoutant ses propres enregistrements historiques. Pat Martino est un pur guitariste be bop, dont le jeu très inventif et très riche harmoniquement rappelle celui de Wes Montgomery. Enfin dans le rôle du « less is more » (sublime Polka dots and moonbeams ): Russell Malone, surtout connu dans son rôle d’accompagnateur de Diana Krall.




