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19 juin 2026 5 19 /06 /juin /2026 09:09

 

Claudia Solal (voix, textes), Benoît Delbecq (piano, piano préparé, voix)

Paris, 25 juin & 28 octobre 2024

dStream 112 / l’autre distribution

 

Six ans après l’enregistrement de ‘Hopetown’ (label Rogue Art), le duo renouait avec cet art très singulier où le texte croise la musique. Huit textes de Claudia, et un de Benoît, où l’on entend brièvement la voix du pianiste. Les mots sont dans le chant, mais aussi en une sorte de parlé-chanté qui va de métamorphose en métamorphose vers un lieu d’inouï que l’on pourrait qualifier plus simplement d’art sonore. Textes en anglais (avec parfois des incises en français), qui dessinent un imaginaire singulier, lequel nous fait quitter nos bases (références de ‘style’, d’idiome….) pour une sorte d’ailleurs, mouvement irrépressible vers l’inconnu. La vocaliste-poétesse est plus qu’en dialogue avec le pianiste. Piano ‘naturel’ ou sons altérés, intervalles familiers ou distendus, harmonies repérées ou combinaisons sonores inédites : tout concourt à transporter qui écoute vers un lieu inexploré. L’hermétique poème d’amour, poème bilingue, qui donne à l’album son titre, dresse le décor : tout semble en perpétuel suspens, dans ce mouvement dual gouverné par la liberté d’inventer, de bifurquer, d’improviser, en une sorte de lévitation musicale et poétique. Plus qu’un dialogue : une véritable connivence osmotique. Une fois encore ce duo semble franchir la balustrade du possible ; une fois encore, un Grand Art accompli.

Xavier Prévost

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Un bref avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=-qIXm7fTCFQ

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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 18:39

 

J’écoute ce contrebassiste depuis plus de 30 ans, et ce saxophoniste depuis une bonne vingtaine d’années : l’un et l’autre m’ont frappé, dès l’abord, par leur absolue singularité. Singularité instrumentale en premier lieu, car s’ils sont tous deux au-delà de l’excellence, leur souci s’impose comme purement musical. Singularité d’improvisateurs aussi, car ils se défient des normes idiomatiques, des terrains trop balisés, des codes trop contraignants. Cinq compositions du contrebassiste, et deux du saxophoniste, comme autant d’échappées hors des sentiers battus et rebattus. S’ils ont des tropismes liés à leurs origines (l’Arménie, le Vietnam), ils ont aussi des terrains d’élection : la musique indienne - et le jazz bien sûr - pour Vincent Lê Quang, les ensembles de tous formats, et les collaborations de toutes parts, pour Claude Tchamitchian. Ils se retrouvent ici dans l’absolu dépouillement du son, qui devient la source impériale de la musicalité. De ces sonorités vives, captées au plus intime de leurs timbres, de leur grain, de leurs nuances, ils composent un paysage inédit, où la mémoire croise le goût de l’aventure. Un paysage qui brosse pour nous une possible image de la beauté. Magnifique duo !

Xavier Prévost

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Leur duo sera en concert le 17 juin 2026 à Paris, au studio de l’Ermitage. Concert à double affiche puisqu’on y écoutera aussi le duo de Christophe Monniot & Didier Ithursarry, qui publie sous le même label son troisième opus commun, intitulé ‘Hymnes à l’amour <3’

CLAUDE TCHAMITCHIAN – VINCENT LÊ QUANG  ‘Silent Springs’
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15 juin 2026 1 15 /06 /juin /2026 08:31
Frank The Sinatra

 

 

Frank The Sinatra

Sortie le 12 juin

La Ruche le label

www.laruchelelabel.com

 

Frank The Sinatra - Estate (Visualizer)

 

 

Pas sûr que les amateurs de Franck Sinatra s’y retrouvent dans cette relecture de thèmes immortalisés par le chanteur à la voix de velours.

Et lui même qu’en dirait-il ?

Il est certain que cet album est une véritable surprise. Peut être parce que l’on n’est pas habitué à écouter ce genre de musiques ailleurs que sur un dance floor. Mais cette boîte de nuit n’est-elle pas irréelle et plus au goût du jour, à l’heure du monde de l’I.A générative ? Just an illusion alors...

Ce qui est troublant c’est qu’avec de réels moyens techniques, des sons machiniques, le répertoire soit aussi « daté ». Carles tubes de Sinatra, pas sûr que les boomers les écoutent encore.  Les arrangements eux même ne paraissent pas des plus pointus, faisant appel au matériel vintage des vieux synthés analogiques qui créent un mood singulier et vaguement familier... Mais le duo FTS aux manettes de cette création d’un « crooner bionique » est vraiment fan de Sinatra et tente de se le réapproprier à sa manière. L’ingénieur du son Thomas Chignier (voix, batterie) et Noé Macary (voix, synthétiseurs analogiques) sont de vieux compères qui se sont rencontrés à l’ENM de Villeurbanne et ils proposent une balade hypnotique sur la durée des neuf tubes assez courts qui s’enchaînent.

 Bien que désorientés, on reconnaît pourtant très vite le standard de Broadway choisi mais rien ne fait souvenir de la voix de Sinatra, de son phrasé impeccable, ni des arrangements chics de Nelson Riddle  ou Billy Mays : par exemple  la reprise d' «Estate» évoque davantage la variété italienne

Par contre ce qui vaut la peine d’être expliqué et que l’on comprend grâce aux liner notes c’est le processus créatif du duo qui se transplante dans un futur dystopique de "replicants" où la musique n’est plus qu’artificielle. Ils cherchent à placer leurs voix sur les paroles et fredons d’origine qui « collent » le mieux à leurs arrangements et mélodies enregistrés au préalable. D’où cette étrange familiarité qui nous fait identifier la chanson immédiatement malgré les décalages et dissonances.

Un pas de côté qui résonne, balance, chaloupe, tangue.

A écouter pour se faire une idée !

 

Sophie Chambon

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11 juin 2026 4 11 /06 /juin /2026 08:04
Quelques notes sur la liberté                 Benjamin Delattre

 

Quelques notes sur la liberté    Documentaire de Benjamin Delattre

 

 

Bande-Originale du film éditée chez « Frédéric Leibovitz Éditions », à paraître le 22 mai 2026

 

 

Quelques notes sur la liberté est le film réalisé par Benjamin Delattre et produit par Melisande films, enregistré en 2022-2023.

« Nous avons commencé pendant la période du Covid. Michel Portal souffrait de ne plus pouvoir jouer en public. Avec Sophie Faudel, nous avons réuni les conditions pour qu’il joue à nouveau, pour faire un film consacré au processus de composition... » Benjamin Delattre

 

Dans un décor dépouillé du plateau de l’Alliance française, ou dans le salon outrenoir du dernier étage du Musée Fabre où fut enregistré une séquence finale en juillet 2023, pendant le Festival de Radio France Occitanie à Montpellier, Michel Portal se retrouve tel qu’en lui même, seul.

Il nous fait entendre dans un montage précis la bande originale du film, sa dernière trace discographique.

L’oeuvre ultime déjà fantômatique et pourtant charnelle : « Ce qui pourrait rester une abstraction... prend ici un caractère indiscutablement concret » écrit Arnaud Merlin.

Assis, Michel Portal joue, écoute, réécoute, rit, commente d’une voix fatiguée. Il n’est plus le Bailador mais il continue à chercher dans le souffle, creuser le vibrato, tapoter les clés de ses clarinettes. Il joue au bandonéon des morceaux anciens qu'il retrouve sur partitions.

Détaché de toute autre préoccupation que de faire entendre la musique dans sa tête, il revient sur le métier, essayant de cerner la musique, ce qu’elle est...

Ce n’est plus cette figure impressionnante du jazz qui ne se voulait pas idole, cet éternel inquiet si juvénile qui n’était heureux que quand il était sur scène, prenant des risques, qui nous a marqué dès son Dejarme Solo! par son approche libre et expérimentale. Mais le film a le mérite de montrer le processus de création de très près, ce corps au travail, comme le fit autrefois Henri-George Clouzot dans Le Mystère Picasso.

Un commencement qui n’en finit pas de (re)commencer. Ou plutôt une fin qui ne veut pas dire son nom.  On ne sait jamais dans la vie quand c’est la dernière fois que l’on voit quelqu’un…Ce rendez-vous, ces derniers moments passés avec lui, Michel Orier les évoque dans un commentaire émouvant.

Michel Portal a lutté avec cette « oublieuse mémoire » inscrivant son parcours dans  une exigence nécessaire et l'urgence vitale de l'artiste qu’il soit écrivain, peintre ou musicien.
On approche une création …ses dernières notes, non, beaucoup plus que ça, dix huit improvisations, pas si à bout de souffle que ça,  un dernier chant.
Tel un poète, le musicien jeune-vieux est cet intranquille qui avoue, soudain sérieux :  Si jamais je ne fais pas de musique, je deviens complètement fou mais il ne faut pas que je le dise aux autres.

Ce moment n’appartient qu’à lui, plongé dans ces phrases qu’il invente en les rejouant, retrouvant un plaisir intact. Il sait que le temps presse, il veut encore jouer, tenter des phrases qui n’en sont pas. Il retrouve dans ses dernières plages l’idée que la fin n’est qu’un commencement.

Et il nous livre une pirouette finale, avec  le "poème-titres" de ses compositions:

Je commence quelque chose là

 

Des croisements que je cherche

Quelque chose qui sort de l’âme

 

Jouer avec la force

J’ai envie de chanter ça

 

Dans la musique

Il faut des trucs sauvages

 

On peut continuer

Que ça vole

 

Entendre des sons et être tout de suite avec eux

Comme si quelqu’un parle à l’autre

 

Improvisation tranquille

Tu vois c’est ça qu’il faut

 

Echauffement tranquille

Bienheureux

 

Le film a déjà circulé mais il reste encore pour cet été quelques dates, encore des festivals qui ont choisi de le programmer Marciac, Cluny, Nevers...

Jazz à Marciac
Marciac
• Sélection festival Musinéma Plusieurs séances du 20 juillet au 5 août

 

Festival Jazz campus en Clunisois Cluny • Sélection • du 16 au 23 août

 

Ciné Jazz en Place
Dinan • Séance avec l'Émeraude Cinéma • le 24 août

Festival D’'Jazz à Nevers
Nevers le 11 novembre


 

 

 

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10 juin 2026 3 10 /06 /juin /2026 08:53
Franck Tortiller Misja Fitzgerald Michel      The Open Chords of David Crosby

 

Franck Tortiller Misja Fitzgerald Michel

The Open Chords of David Crosby

 

Franck Tortiller vibraphone

Misja Fitzgerald Michel guitare acoustique (6 et 12 cordes)

 

Label MCO/ Socadisc

MCO

Franck Tortiller | ONJ

Franck tortiller, vibraphoniste, auteur et compositeur de jazz

 

Ancien du Vienna Art Orchestra, chef d’orchestre remarqué de l’ONJ en 2005, le vibraphoniste Franck Tortiller aime franchir les ponts entre toutes les musiques, pop, rock, jazz, rhythm and blues. Cet éclectisme est tout à son honneur et on aime le suivre quand il se réapproprie les mélodies folk et pop des seventies qui ont jalonné aussi notre vie musicale. On se souvient de son Close to Heaven enregistré avec l’Orchestre National de Jazz, hommage au flamboyant Led Zep dont la musique était un alliage absolu de blues irrigué de sauvages envolées free sonnantes. A cause de « Stairway To Heaven » ou du son inouï de batterie de John Bonham, de son jeu de cymbales?

Cette fois Franck Tortiller s’est transporté sur les pentes du Laurel Canyon, ce paradis californien pour les hippies et "protest song" writers de la fin des sixties. Et il privilégie une échappée du côté des compositions ouvertes de David Crosby aux racines folk, bluegrass, country, rockabilly, aux inspirations indiennes puisées chez Ravi Shankar. Croz a écouté Coltrane, Miles, Charles Lloyd et juste retour des choses, Miles reprendra au moment de Bitches Brew le “Guinevere” de Crosby que l’on entend à Woodstock avec d’autres titres phare dont “Suite Judy’s Blue eyes”, “Wooden Ships”.

Le partenaire idéal pour ce genre d’exercice était le guitariste irrésistible et pourtant trop méconnu Misja Fitzgerald Michel. Ainsi après Les heures propices le vibraphoniste sort un nouveau disque en duo avec le guitariste sur le label MCO  The Open Chords of David Crosby. Les deux musiciens partagent le goût de ces mélodies finement troussées, une même virtuosité discrète, chacun assumant sa part dans une écoute mutuelle. 

On rappellera que le jazz n’est pas lié à un matériau spécifique, mais qu’il réside surtout dans la manière de jouer. Démonstration réussie cette fois encore avec un son travaillé, « simplement » naturel. Et pourtant quel défi de s’attaquer au groupe mythique Crosby Stills Nash qui a marié la pop mélodique des Beatles aux racines folk avec toutes les réussites : instinct mélodique, acrobaties vocales, harmonies sophistiquées, guitares virtuoses. “Our Home”, “Carry On”, “Long Time Gone”, “Chicago”, “Déjà Vu”, “Teach your Children” … les tubes sont nombreux et leur succès fut planétaire. Misja Fitzgerald Michel, expert lui aussi en décloisonnement, célèbre la guitare plurielle sur ses guitares folk à six et douze cordes. Ce n’est pas chose aisée quand on s’inspire de tels « guitar heroes » tous de style différent, l’audacieux folkeux David Crosby souvent incontrôlable,  l’ombrageux mais génial Stephen Stills, perfectionniste des guitares, Graham Nash le talentueux pop songwriter anglais auxquels se rajouta vite (dès le deuxième album Déjà Vu ) Neil Young the Loner assez indépendant pour ne tenir que par une éperluette au nom du groupe Crosby Stills Nash & Young

Comme dans tout travail d’adaptation, le duo en revient à l’original, non pas tant pour en mesurer les écarts mais pour en savourer les variations, qui, pour être fidèles à l’esprit initial, ont l’élégance des transformations propres au jazz.

Pourtant il est difficile de faire mieux que les harmonies si subtiles des thèmes d’origine : les chemins qui bifurquent du duo les emmènent parfois assez loin de « Tracks In The Dust » ou «  Déjà Vu ». L'incroyable « Guinnevere » du premier disque de CSN, respecte la douceur élégiaque du tube entonné à la nuit tombée à Woodstock en 1969 avant la suite fragmentée de Stills, « Judy Blue Eyes » que l’on ne reconnaît que dans la toute dernière partie, ritournelle ressassée mais inoubliable.

Misja Fitzgerald Michel est aussi d’une belle « versatilité » (au sens anglo-saxon) et pratique avec aisance un grand écart des formes. Tout réside souvent dans des changements d’accords, de tons, avec des phrases complexes, de longs développements quand il chorusse.

Avec Franck Tortiller, il connaissent et aiment les « chansons » du groupe et particulièrement celles de Crosby- même plus récentes comme "Somebody Other than You", et nous les font découvrir autrement. Il est plutôt osé de reprendre à deux les compositions d’un groupe qui joua la carte de la tendre harmonie vocale. Le vibraphoniste a fait un travail remarquablement affûté sur les arrangements et harmonisations. Il privilégie une recherche constante de dynamiques, adaptant les couleurs et timbres de la guitare et du vibraphone, un alliage inusité, fusion des cordes et du métal teintée d’un éclat particulier. Même sur CD, on devine le ballet fluide et époustouflant des mailloches sur les lames. A ses côtés, flegmatique, le guitariste joue rythmique avec le plus grand sérieux quand il faut soutenir les envolées rebondissantes de son partenaire mais sait aussi changer de rôle et mener la danse dans de longues échappées.

L’esprit de ses musiques est conservé mais transposé et le duo parvient à unifier l’ensemble (deux compositions de Tortiller « Look in the Spark » et le final « She Says » parfaitement intégrées ) et à le jazzifier. Un répertoire poétique redevenu original en quelque sorte, une forme de résistance à l’air du temps qui réveille une douce nostalgie. On en sort rasséréné.

Sophie Chambon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 14:48
Vincent Bourgeyx       Life Letters

 

Vincent Bourgeyx Life Letters

Fresh Sound Records/ Socadisc 

Présentation - Vincent Bourgeyx

Sortie le 5 juin 

Concert de sortie de l'album au Festival de jazz de Malte le 7 juillet

 

Ce Life Letters est le septième album sous son nom de Vincent Bourgeyx sur le label Fresh Sound, composé de douze titres d’une durée sensiblement égale. Dix sont d'une plume lumineuse dans la forme royale du jazz, le trio piano-basse-batterie.

L’attaque est précise, affirmée dès le solo du batteur sur l’ouverture « Stuck in blues » qui annonce la couleur, impulsant une énergie collective qui ne se démentira pas. L’enregistrement impeccable souligne l’esprit d’un jazz de chambre, acoustique, plutôt vif, qui ne laisse guère place au silence. Mais la palette du pianiste sait nous réserver des surprises. On attend la ballade et elle vient vite, énonçée finement dans ces « Life Letters ». On le découvre aussi plus évasif, voire méditatif, dans « You Little Me ».

Il demeure dans le piano de Vincent Bourgeyx quelque chose de classique dans la connaissance des standards et des styles, comme c'était déjà le cas dans son premier opus Introduction qui me le fit connaître. Comme beaucoup de musiciens de sa génération, le musicien bordelais est ensuite parti faire ses classes à la Berklee School puis a appris le métier à New York. Ce qui laisse des traces, des souvenirs et des amitiés certaines. Aussi ne sera-t-on pas surpris qu'il se soit souvent entouré d’une rythmique américaine. Et pour cet album, elle est superlative, le contrebassiste Daryll Hall, subtil et d’une solidité à toute épreuve et le batteur Gregory Hutchinson au soutien plus que rebondissant. L’interaction avec ses deux complices est particulièrement tonique dans ce « Flash Pocket » urbain et funky.

 Vincent Bourgeyx révèle un véritable talent d’accompagnateur aux capacités inventives, au lyrisme sans emphase qu’on aurait tendance à préférer à certaines échappées solitaires. Car plus mélodiste que percussif, le pianiste s’abandonne volontiers à des valeurs refuge, cherchant à développer une relation plus intime avec le public, romantique dans ce "Romance"  à  la contrebasse élégante et fluide, émouvant quand il se laisse emporter par une abondance de notes dans le bien nommé « Hopeless Romantic ».

Equilibré est le montage de l’album, variant les climats, tout en demeurant d’une cohérence sereine. Vincent Bourgeyx s’inscrit résolument dans une certaine lignée de jazz, d’un "beau" piano avec des partenaires qui le ramènent vers un groove plus affirmé. Et on se réjouit de l’entendre dans deux reprises de standards qui terminent l’album en beauté : après un swingant « Let’s Play One » du trompettiste Thad Jones, le pianiste poursuit, galvanisé par une basse étincelante avec une de ses compositions l'envoûtant  « Duke » qui annonce brillamment le thème nostalgique de Billy Strayhorn « A Flower Is A Lovesome Thing ». Voilà une authentique déclaration d’amour à une écriture si parfaite que son mystère, soulignait Bill Frisell, nous laisse toujours interdit.

Le charme discret de cet album intemporel et vibrant s’impose vite et persiste jusque dans les trois derniers morceaux que l’on écouterait volontiers en boucle. On aura(it) grand plaisir à aller écouter ce trio en live évidemment, en club, tant ils traduisent l’essence même d’un jazz insurpassable.

 

Sophie Chambon

 

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5 juin 2026 5 05 /06 /juin /2026 13:50

Stéphane Belmondo (trompette, bugle),
Dado Moroni (piano).
Jazz en Tête Festival, Clermont-Ferrand, 23 octobre 2025.
Space Time Records / Socadisc.
Paru le 29 mai.


      Stéphane Belmondo affectionne le duo avec piano. Sans prétendre à l’exhaustivité, on se souvient en particulier d’un enregistrement il y a dix ans exactement avec Jacky Terrasson (Mother. Impulse/Universal). Le trompettiste et bugliste apprécie cette intimité qui tend à l’expression la plus pure, l’épure en quelque sorte, de la communion artistique.

     Dans la rencontre ici proposée, Il retrouve en Dado Moroni un partenaire méditerranéen comme lui (l’un de Hyères dans le Var, l’autre de Gênes), de sa génération (celle des années 60), et qui partage son penchant pour le duo avec trompette/bugle.


       Le pianiste italien s’était ainsi livré à cet exercice de haute volée avec Tom Harrell en 2007 (Humanity. Abeat). Il ne l’a pas oublié. Une composition du trompettiste américain, ‘’Sail Away’’ figure parmi les huit titres enregistrés à l’automne 2025 lors du festival Jazz en Tête de Clermont-Ferrand.
 


       Inspirés, tutoyant les sommets de l’émotion, Stéphane Belmondo et Dado Moroni s’en donnent à cœur joie. Le répertoire s’y prête, offrant une diversité apte à séduire les amateurs de tous bords : des standards (‘How Deep is the Ocean’, d’Irving Berlin, ‘Here’s That Rainy Day’ de Jimmy Van Heusen), un titre de Monk (‘Let’s Cool One’), des compositions de trompettistes (‘Up Jumped Spring’ de Freddie Hubbard, Joey Smile de Stéphane Belmondo et bien sûr ‘Sail Away’ de Tom Harrell) et des chansons populaires françaises devenues des tubes internationaux ( ‘La Belle vie’ de Sacha Distel, ‘Et maintenant’ de Gilbert Bécaud).  

      L’espace d’une petite heure (59 minutes 58 secondes), nos deux complices nous offrent un exemple de ce que le jazz saisi en direct peut apporter d’enchantement, de spontanéité ... Un régal tout simplement.

 

Jean-Louis Lemarchand.
   

 

 

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26 mai 2026 2 26 /05 /mai /2026 11:28

    « Pour Rollins, il n’est pas question de divertissement. La musique trône à l’évidence, à l’étage au-dessus. Elle est spirituelle et exprime la force positive qui existe dans le monde. » Le saxophoniste Jean-Louis Chautemps (1931-2022) avait parfaitement saisi la raison d’être et de jouer de Theodore « Sonny » Rollins, son contemporain, décédé le 25 mai à Woodstock (Etat de New-York) à l’âge de 95 ans (il était né le 7 septembre 1930).


     Retiré dans sa maison de Woodstock depuis des années, ayant délaissé le saxophone ténor depuis 2014 pour des problèmes pulmonaires, donné son dernier concert en 2012, Sonny Rollins se consacrait à la méditation, lisant des ouvrages sur Bouddha, le yoga, et parfois jouait quelques phrases sur le clavier d’un Fender Rhodes. Dans un entretien avec le New York Times paru en 2020, le saxophoniste confiait : « Physiquement je souffre en permanence mais spirituellement je ne me suis jamais senti aussi bien ».


     La spiritualité aura été centrale dans la vie de Theodore Rollins, que son grand-père dénommait affectueusement « Sonny » (fiston) et qui s’inspira des mélopées chantées par sa maman, originaire des Iles Vierges, dans « Saint Thomas », calypso le plus célèbre de l’histoire du jazz, ou encore « Don’t Stop the Carnival ».


     Le saxophoniste, talent précoce se produisant auprès de Thelonious Monk, Bud Powell, sur la scène new-yorkaise dès la fin des années 40 en pleine période du be-bop, avait choisi de faire retraite après avoir acquis la célébrité avec deux albums de 1956, « Saxophone Colossus » et « Tenor Madness », seul enregistrement disponible avec son comparse –à tort présenté comme son concurrent- John Coltrane. C’est l’épisode, devenu historique, de Rollins s’entraînant seul sous le Williamsburg Bridge de New-York dont il témoignera dans « The Bridge ».


     Le saxophoniste au son majestueux, qui vouait grande admiration à Coleman Hawkins (Sonny meets Hawk, 1963) ...

...se libère de toutes les contraintes stylistiques. Il fait un séjour en Inde, c’était « tendance » alors, et ouvre un nouveau chapitre de sa carrière. Rollins accède au rang des stars, au même titre que Miles Davis, remplit les salles, se produit dans le monde entier. Chaque concert est une performance, Rollins va au bout de lui-même de son improvisation dans des envolées lyriques et fougueuses : près de trois heures un soir d’été de la fin des années 90 devant 8.000 spectateurs rassemblés dans l’amphithéâtre antique de Vienne.

 

     En juin 2010, à l’approche de ses 80 printemps, au festival de Montréal, c’est un Rollins à la démarche hésitante, à la stature un peu voûtée et à la chevelure couleur de neige, très chic dans sa tunique rouge que nous voyons entamer son concert par un solo intégral de dix minutes.


     Sa renommée dépasse les frontières du jazz. Réticent au début –ce n’est pas au niveau du jazz, dit-il- Rollins accepte, sur l’instigation de son épouse, l’influente Lucille (39 ans de mariage, décédée en 2004), de participer à un album des Rolling Stones (Tattoo You. 1981).


     Musicien engagé dans la lutte contre le racisme, reçu à la Maison Blanche par Barack Obama, Sonny Rollins aura toujours témoigné d’une générosité sans borne, ne s’interdisant rien, porté par une imagination, une passion de l’improvisation qui constitue l’essence même du jazz.
Ironie de l’histoire, il quitte définitivement la scène la veille du centième anniversaire de la naissance de Miles Davis.

 

Jean-Louis Lemarchand.

 

©photo Jean-Louis Lemarchand et X. (D.R.)

 

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23 mai 2026 6 23 /05 /mai /2026 09:15

DENIS LE BAS : l’envie de jazz et le bonheur en plus !

@maxime françois

retrouvez l'interview en podcast ici

https://aligrefm.org/podcasts/jazzland-le-podcast-216/jazz-sous-les-pommiers-rencontre-avec-denis-lebas-3606

Le 13 mai, alors que le festival Jazz sous les pommiers  était à mi-chemin de sa 45eme édition, nous sommes allés rencontrer Denis Lebas , le responsable de JSLP.

Denis Lebas c’est simple lorsque vous allez à Coutances au moment du festival, vous ne pouvez pas le louper : il est partout, discute avec tout le monde, avec les musiciens, les bénévoles, les medias, le public ! Toujours dispo ! Partout sa chemise aux mille couleurs se promène de la salle marcel Helie, au théâtre, au Magic Mirrors. Partout !

Denis Lebas a cette énorme envie de jazz et la foi chevillés au corps pour offrir au public une semaine d’une formidable diversité et de création.

Un grand manitou en quelque sorte.

Rencontre avec le boss !

 

Jazzland

Merci beaucoup DENIS LEBAS pour Jazzland Aligre fm 93.1 à l'occasion de cette nouvelle édition du festival Jazz sous les Pommiers. Denis, vous êtes le patron du festival qui dirige la programmation. Denis, on est à mi-chemin du festival, comment allez-vous ?

 

Denis Lebas

On est au 6e jour et il y a une espèce d'adrénaline par ce que nous envoient les musiciens et le public. C'est sans doute samedi dernier que cela a été un petit peu plus dur puisqu'on a ajouté une journée (avec le 8 mai qui se trouvait férié), mais non c'est quand même une semaine de bonheur. Donc, on n’ne va pas se plaindre.

 

Jazzland

Vous avez l'habitude de ce festival qui en est à sa 45èlme édition. Vous êtes jamais blasé ?

 

DENIS LEBAS

Ah non !  Comme vous d’ailleurs.  Les musiciens sont des sources infinies de projets, de plaisir et d'invention. Ça se renouvelle tout le temps et donc ce n'est pas comme si on devait répéter un peu la même chose. On accueille des musiciens différents, soit on les connaît, mais alors c'est un nouveau projet, soit on les découvre. La matière est extrêmement riche. On essaie de balayer tous les jazz, comme j'aime bien le rappeler, et un peu les cousins aussi. La matière est riche et l’inventivité des artistes, incroyable.

 

Jazzland

On vous voit partout dans le festival, courir à droite ou à gauche. A croire qu’il y a 25 Denis Lebas. Est-ce que vous ressentez encore du stress après toutes ces années d’expérience ?

 

Denis Lebas

Oui il y a une charge mentale liée d’abord à la réussite des concerts mais aussi de tout ce qu’il y a autour, la gestion d’une énorme équipe, la technique, la sécurité, les partenaires qui viennent sur le festival. Cela fait partie du job et à mon niveau ce n’est pas que de la musique.

 

Jazzland

Sur ces 6 premeirs jours, vous avez eu des moments qui vous ont marqué.

 

Denis Lebas

Il y a juste eu un concert qui n’a pas été à la hauteur de ce que j’attendais. Mais en revanche le concert de Joshua Redman a été un incroyable concert !  On savait qu’il faisait partie des bons mais là il a dépassé un stade. Il fait partie du tout petit cercle du haut de l’affiche.

 

Jazzland

Pour un concert comme celui-ci, la jauge est évidemment complète. Mais pour les autres ?

 

Denis Lebas

On se rend compte que même pour des choses un peu plus confidentielles, certes on a un peu moins de monde mais on a quand même un bon taux de remplissage. C’est le fruit de 45 ans de programmation. On a la chance d’avoir un public curieux et éduqué pour certains et ouvert pour d’autres. Ils ne connaissent pas forcément mais ils sont là, prêts à découvrir et à ouvrir grand leurs oreilles. C’est vrai que pour un programmateur c’est très satisfaisant d’avoir un public aussi cool que le nôtre.

 

Jazzland 

L’an dernier le festival affichait un taux de remplissage exceptionnel. Qu’en est-il cette année ?

 

Denis Lebas

Oui l’an dernier on avait atteint les 97%. On ne l’atteindra pas cette année mais le contexte est différent sur le plan mondial, économique, le prix de l’essence et enfin la météo qui n’est pas très clémente. Mais bon, on avait fait une édition exceptionnelle l’an dernier il faut donc relativiser car on va faire encore un très très bon score de fréquentation. Il est un peu tôt pour le dire précisément mais je peux dire que le jazz attire du monde quand cela repose sur des choix de programmation réfléchis, éclectiques et une belle ambiance de festival.

 

Jazzland

Est-ce qu’il y a eu des nouveautés sur cette édition ?

 

Denis Lebas

Non pas vraiment de grandes révolutions. Le festival a atteint son format et on ne veut pas tout changer. En revanche quelques expérimentations comme le concert de Robinson Khoury à 360° avec la scène installée au milieu du public salle Marcel Helie. Ou encore des évènements pour marquer notre implication dans la transition écologique comme la journée sans voiture. Mais pas de grands bouleversements.

 

Jazzland

Focus sur quelle région du monde cette année ?

 

Denis Lebas

Dans les découvertes on a eu pendant quelques jours un cœur Sud-Africain ( Thanda Choir). On a aussi un groupe de jazz coréen ( Bando)…..

 

Jazzland

Comment les trouvez-vous ?

 

Denis Lebas

On va dans quelques festivals, on échange avec les collègues et on a aussi quelques « grandes oreilles » qui nous remontent ce qu’ils entendent. Mais surtout j’essaie de bouger aussi parce qu’il n’y a pas de meilleur arbitre que le live. C’est bien d’écouter les albums mais pour savoir si cela peut marcher dans un festival, il faut aller voir comment cela se passe sur scène. Donc j’essaie d’aller voir un maximum de choses.

 

Jazzland

Vous travaillez avec les autres festivals ?

 

Denis Lebas

Oui absolument. Par exemple le projet de Clement Janinet est un projet soutenu par plusieurs festival. De la même lanière on a travaillé en coproduction avec les Bozar de Bruxelles sur le projet d’Helene Duret. On essaie de monter ensemble sur des projets, ce qui rend leur faisabilité plus facile puisque chacun participe. Et puis c’est intelligent de travailler ensemble. Le jazz reste une petite famille et il faut que l’on apprenne à se serrer les coudes. Ça va aider tout le monde.

 

Jazzland

Denis, Lundi 18 mai : vous dormez toute la journée ?

 

Denis Lebas

Et bien non ! Pas encore ! Parce qu’il y a encore plein de choses à faire. Des gens qui ont perdu leurs clefs, des problèmes d’intendance etc….Le lundi je laisse les collègues dormir. Ils ont bien donné durant tout le festival.

 

Jazzland

Vous lancez un peu la saison des festivals. On aura la chance de vous y croisez ou bien est ce que vous passez à autre chose ?

 

Denis Lebas

Non, au contraire. C’est là que tout se prépare et je vais vous dire : c’est le moment le plus sympa pour moi !

 

Propos recueillis lors du festival Jazz sous les Pommiers à Coutances le 13 mai 2026 par Jean-Marc Gelin

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19 mai 2026 2 19 /05 /mai /2026 10:17

Vendredi 15 mai

D'abord un petit déjeuner face à la mer du côté d'Agon Coutainville, à peine à 15km de Coutances avant de démarrer la longue journée du festival.

 

Hélène Duret avec Nils Wogram (Magic Mirrors)
Hélène Duret (clb, cl), Nils Wogram (tb), Sylvain Debaisieux (ts), Benjamin Sauzereau (g), Fil Caporail (cb), Maxime Rouayoux (dms)

@jeanmarcgelin


La clarinettiste est une habituée de JSLP et de la salle du Magic Mirrors. Surtout Hélène Duret est une artiste qui ne cherche ni à tricher ni la facilité. Elle fait avec audace le pari de l’intelligence du public en lui livrant une musique exigeante, forçant l’écoute attentive pour saisir les évolutions de la musique entre jazz, free et musique contemporaine. Rt ce pari là, elle le gagne haut la main car le public (qui n’est pourtant pas initié et pas du tout au courant de ce qu’il va entendre) est conquis. Il est vrai que l’association d’Hélène Duret aux clarinettes et de celui qui a accompagné un temps Michel Portal et qui fut lauréat du prix du musicien européen de l'académie du Jazz est assez remarquable. Aucun des musiciens n’en fait trop et chacun est au service de la musique. L’impression après ce concert d’avoir assisté à un moment d’intelligence musicale. Brillant !

Marion Rampal ( Magic Mirrors)
Marion Rampal ( vc, g), Matthis Pascaud (g), Simon tailleu (cb), Raphael Chassin (dms), Thibault Gomez (p), Aurelien Tomasi (cl, saxs), Isabel Sörling (vc, g), Eric Allard-Jacquin (accdn)
Nous étions très curieux de venir assister à la création de la chanteuse pour sa dernière année en résidence à JSLP. Du moins c’était ce qui était annoncé sur la programme et ce qu’attendait le public. Au lieu de cela, une série de reprise d’anciennes chansons. Frustration.

Jean-Pierre Como et Javier Girotto ( cathédrale)
Jean-pierre Como (p, Javier Girotto (bs,ss)

@jeanmarcgelin


Sublime ! des lignes mélodiques qui s’envolent et tournent dans la cathédrale. Deux sculpteurs de l’air en action. La musique comme moment de grâce qui passe de l’un à l’autre. Une émotion toujours présente dans chaque morceau. Dans chaque note. Une écoute continuelle. Un saxophoniste à l’expressivité inaltérable, totalement perché très haut dans son monde de musique qu’il semble vivre intérieurement, prêt à la faire exploser au su de tout le public.

Monty Alexander (salle Marcel Helie)
Monty Alexander (p), Luke Sellick (cb), Jason Brown (dms)
Arrivé avec un poil de retard Salle Marcel Helie (pour cause du concert précédent). D’emblée : la classe absolue ! Moanin’ sublimé et puis tout qui s’enchaîne avec une fluidité de dingue. Un groove irrésistible et toute l’histoire du jazz au bout des doigts d’Erroll Garner à Ahmad Jamal. Monty Alexander à 81 ans nous donne une leçon de jeunesse. Sa musique n’a pas pris une seule ride et garde intacte sa capacité à ressusciter un jazz qui n’est en fait jamais mort. Ses phrases sont émaillées de multiples citations. Bien sûr les gimmicks reviennent comme à chaque concert , comme ce No Woman no cry qui marque ses racines jamaïcaines et qui fait chanter le public. 
Avec Monty Alexander on est typiquement dans le concert dont on voudrait qu’il dure toute la nuit !

@jeanmarcgelin


Et pour conclure notre venue à Coutances, direction le théâtre pour le concert d’Andy Emler Onztet ( le temps est parti pour rester).

@jeanmarcgelin


Andy Emler (p, compos), Claude Tchamitchian (cb), Eric Echampard (dms) + Louis Sclavis, Catherine Delaunay, Thomas Savy, Laurent Dehors, Elodie Pasquier, Nicolas Fargeix, Florent Pujuila, Emmanuelle Brunat 
C'est le projet ambitieux d'Andy Emler de réunir sur scène 8 clarinettistes. la crème de l'élite de la clarinette pour une musique aussi savante qu'exigeante. C'est brillantissime et même bluffant tant les clarinettistes (toutes les formes - ou presque- de clarinettes) se succèdent avec brio.  On en a le tournis et l'on sait que la nuit venue, nos rêves seront peuplés de solos de clarinette. 
De quoi finir en beauté ce festival.

Un peu triste de devoir partir demain matin. C'est une autre musique qui nous guette : un petit air de blues.

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