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27 mai 2025 2 27 /05 /mai /2025 08:40

Naïve 2025

Shai Maestro (p)

 

On dit souvent que l’exercice du piano solo est un exercice intime. Une exposition aux autres de la part la plus profonde de soi-même. Un moment solitaire sans aucun espace pour s’abriter du regard et de l’écoute des autres. Mais cet exercice du piano solo ne serait pourtant rien s’il n’était pas avant tout, habité d’un supplément d’âme.

Il s’agit ici, de la part du pianiste israélien d’un double première. D’abord parce qu’il s’agit de son premier enregistrement pour le label Naïve après plusieurs années chez ECM. Mais surtout, à 38 ans l’ancien pianiste d’Avisai Cohen signe là son premier album en solo.

Et pour ce faire, Shai Maestro opte pour des formats différents entre courtes improvisations spontanées (Miniatures) et pièces plus développées (Tales).

Deux grands standards sont joués ici comme un signe de révérence envers le maître : All the things you are et For all we know qui viennent nous rappeler tout l’enseignement de Keith Jarrett auprès de générations entières de pianistes.

Il y a chez Shai Maestro profusion d’influences. On a évoqué le pianiste de Pennsylvanie. On pourrait y entendre une école plus classique comme sur cette intro de Dakini qui se poursuit avec des ostinatos que ne renieraient pas Keith Jarrett lui-même. Et puis dans cet exercice de mise à nu il y a aussi la terre ancestrale comme sur Aba qui ramène à d’autres origines. Ou encore  ce sublime From one soul to another dont la tournerie resonne comme une communion des âmes dansantes.

Mais quel que soit le format, qu’il s’agisse de broder de magnifiques enluminures autour de thèmes superbes, ou qu’il s’agisse de jaillissements, c’est toujours la même étreinte amoureuse du pianiste et de son piano. Lorsque les 88 touches d’ivoire sont prétexte à caresses et confidences, à embrasements ou apaisements extatiques, c’est toujours d’un corps à corps qu’il s’agit.

On est alors un peu voyeurs (entendeurs en l’occurrence) de ce face à face amoureux et presque gênés de prendre un total plaisir sensuel à assister à ce pur moment d’amour.

Jean-Marc Gelin  

https://youtu.be/kXCHCM_PKxU?si=zie02wTogtbrIAc5

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23 mai 2025 5 23 /05 /mai /2025 21:36

 

Denis Lavant (récitant),  

Lionel Martin (saxophone ténor),  

Jean-Jacques Birgé     (claviers,   shahi baaja,   percussion, flûte, guimbarde, harmonica)

Bagnolet, 21 novembre 2024

GRRR+Ouch 2040/41 / Inouïe distribution (double CD)

https://jjbirge.bandcamp.com/album/les-d-ments

 

Une journée de studio autour de textes choisis par Denis Lavant. Des textes d’auteurs libres comme l’air ou le langage émancipé, qui ont en commun une force d’expression explosive. Les déments, du Breton Xavier Grall vibre comme une sorte d’égarement fantastique. Cantode de Lobélisque, du pataphysicien André Martel, sème des pépites lexicales inédites à chaque vers. M’accorderez-vous ? , de l’écrivain belge Marcel Moreau, fait d’une invitation à la danse un théâtre de mots en tourbillon chorégraphique. Quant au Petit chien sans ficelle (CD 2), texte du chanteur-poète André Schlesser, cofondateur du légendaire cabaret L’écluse (qui accueillit à leurs débuts Brel, Barbara….), il nous conte une sorte de récit initiatique qui frôle l’épopée. Dans tous ces textes la parole est intense, recueillie ou violente, d’une beauté convulsive ou mystérieuse. La présence de Denis Lavant crève un écran imaginaire par sa seule voix. Et la musique de Jean-Jacques Birgé et Lionel Martin tisse une sorte de dramaturgie qui magnifie texte et diction. Une très belle réussite d’art sonore et poétique, à découvrir !

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=gUCA4Hv9i7Q

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22 mai 2025 4 22 /05 /mai /2025 16:46

Editions i. En librairie en mai 2025.
83 pages. ISBN : 978-2-37650-185-5.

 

     Pourquoi avoir choisi un portrait de Don Cherry en couverture ? A notre question, Jean Rochard, l’un des co-auteurs avec Pierre Tenne a répondu : « Il fallait un regard. Pierre était d'accord. Cette photo de Gérard Rouy était idéale par le regard de Don Cherry ; sa position penchée avec sa trompette de poche dans un coin. En plus nous pensions que Don Cherry - qui y est cité - était un personnage correspondant à pas mal de directions de notre petit livre. Il a l'air interrogatif sous le titre, un défi à bousculer ».

 

     Le défi à relever par ces deux connaisseurs –Jean Rochard, producteur (label nato) et auteur (Michel Portal. Au fur et à mesures. Ouvrage de photos de Guy Le Querrec. Les Editions de Juillet.2023) et Pierre Tenne, historien de la musique et enseignant- tenait à la feuille de route fixée par l’éditeur (Jean Annestay) : traiter le jazz brièvement (moins de cent pages) en s’appuyant sur 101 citations. Dans la même collection ont été publiés des ouvrages consacrés à l’Islam, le yoga, le soufisme, le jeûne ou le pèlerinage.

 

     « Nous ne voulions surtout pas faire une sorte de "101 meilleures citations" ou les "101 citations des musiciens les plus célèbres" ou je ne sais quel essentiel arbitraire, etc.


     Nous souhaitions que la contrainte de départ devienne une clé d'ouverture, précise Jean Rochard. L’échange nourri entre les auteurs de génération différente mais partageant la même passion s’est traduit par une présentation en une vingtaine de courts chapitres retraçant un grand siècle de jazz en zig-zag sous des titres étonnants et originaux : A Drum is a Woman (le rôle des femmes), Rock the Clock (jazz et rock), Le Rideau Déchiré (le jazz chez les soviets)…


     Sur un ton léger, fuyant le jargon, Rochard et Tenne, citant aussi bien Louis Aragon que Jean-Luc Godard ou Sun Ra, Duke Ellington, Louis Armstrong, Charlie Parker, Michel Portal, Doris Day, Annick Nozati, Francis Poulenc, passent en revue les grands courants (be-bop, free…), les spécificités européennes, la scène française, les relations avec la religion, la politique, la photographie, le cinéma…

 

     Une immersion dans la jazzosphère où l’on sent battre l’esprit et le souffle du jazz qui devrait réjouir les aficionados et séduire les néophytes.

 

Jean-Louis Lemarchand.
 

 

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22 mai 2025 4 22 /05 /mai /2025 10:27
Paul Morvan   DEDICATED

PAUL MORVAN     DEDICATED

 

Fresh Sound New Talent/Socadic

 

Paul Morvan ( batterie)

David Wong (contrebasse)

Dmitry Baevsky (alto saxophone)

Christelle Raquillet (flûte)

Hugo Lippi ( guitare)

 

Paul Morvan

 

Paul Morvan "Dedicated" Teaser 2025 - YouTube

 

Sortie le 22 mai 2025

 

« Yeah » et les voilà partis bille en tête, en trio sur la composition vif argent d’Horace Silver, pianiste hardbopper s’il en est, cofondateur avec Art Blakey des mythiques Jazz Messengers.

L’originalité de cet album, le premier en leader d’un des jeunes batteurs français prometteurs, Paul Morvan, réside en ces combinaisons diverses du trio à un quintet sans piano, autour d’un noyau dur composé d’un sax alto, d’une contrebasse et d’une batterie auquel se greffent flûte et guitare sur certains titres spécialement créés pour ces invités de marque. D’où un alliage intelligent de timbres et de couleurs pour se démultiplier, donner cette impression de changements constants d’un thème à l’autre. Le résultat lui donne la possibilité de créer une musique que le batteur a envie d’entendre et de jouer jusque dans les ballades comme cet exquis « Old Folks ». Sans nuire à la cohérence artistique de l’ensemble. Les musiciens que s’est choisi avec un grand discernement Paul Morvan savent tous approfondir le sens des mélodies et donner ampleur et respiration à la musique. On appréciera les traits virtuoses et poétiques que multiplient Hugo Lippi en trio autour de sa guitare dans « Kneeling in the yard » spécialement écrit pour lui ou en quartet succédantà l’échappée de l’altiste  ; on retrouve l’engagement toujours aussi généreux de Dmitry Baevsky, l’un des premiers choix dans le projet du batteur, saxophoniste reconnaissable à son timbre et phrasé laissant entendre autant la mélodie que son instrument. Ardent dans ses attaques, virevoltant dans la rigueur, nerveux au-delà d’un lyrisme facile.

Citons encore les accords parfaits délicatement menés entre le saxophone et la flûte versatile de Christelle Raquillet à l’aise dans tous les genres, les soli lumineux « One for Kochte » du contrebassiste David Wong qui tourne beaucoup aujourd’hui, avec Eric Reed entre autre.

S’il sait s’entourer, voilà un batteur maître de la rythmique qui sait tenir son équipage, aussi spontané que réfléchi, veillant à combiner élégance mélodique et rigueur rythmique dans un album conçu avec soin. Dedicated en est le titre tout indiqué qui témoigne du respect de la tradition dans l’esprit du bop et hard bop avec la sophistication d’un jazz qui swingue brillamment. Un héritage revendiqué, joué fièrement avec talent et une limpidité toute classique. Dix compositions dont quelques standards de Charlie Parker (« Koko », « Passport »), Thad Jones (« Let’s »), des pièces moins jouées de l’arrangeur Duke Pearson (« Say you’re mine») Harold Arlen (« A sleepin bee ») et deux compositions originales de Paul Morvan qui ne déparent pas avec l’ensemble.

Enregistré au studio Sextan sur la batterie du légendaire Roy Haines quand il tournait en Europe, le CD sort sur le label d’un producteur toujours impeccable dans ses choix Fresh Sound New Talent après avoir été présenté au Winter Jazz Festival de New York en janvier dernier. Et c’est en club comme au Small’s qu’il faudrait les entendre, la proximité dans les échanges s’entendant dès la prise et le son de l’album.

 

Sophie Chambon

 

 

 

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19 mai 2025 1 19 /05 /mai /2025 06:50
Jean AMERY     Sous l'emprise du Jazz

Jean AMERY Sous l’emprise du jazz

Postface de Francis Hofstein

Edition Le Retrait éditions le Retrait |

 

Certains des personnages les plus illustres du jazz forment le coeur de ce recueil de Jean Améry publié en 1961 (en réalité…Harry Maier ou Mayer, né à Vienne en 1912-on reviendra sur l’auteur dont le destin hors du commun valait la peine d’être dévoilé). De Louis Armstrong « Satchmo for ever » en tête de cette petite sélection de récits sur les gens du jazz parce que le son clair et triomphant de sa trompette, le crépitement rouillé de sa voix sont le jazz pour des millions de gens à l’élégance discrète de l’impeccable John Lewis « Le jazz -pour aller où ? » qui termine cette série de vingt musiciens (quinze noirs dont quatre femmes, cinq blancs dont un Français, Django, pour certains presqu’oubliés comme Mezz Mezzrow dont l’autobiographie préfacée par Henry Miller La Rage de Vivre (Really The Blue, 1946) fit grand bruit dès sa sortie.

Un choix classique pour l’époque, forcément subjectif comme toute tentative de la sorte, jamais exhaustive. Jean Améry évoque encore Bessie Smith, la triade capitoline, Mahalia Jackson, Duke Elllington, Charlie Parker, Miles Davis, Dizzy Gillespie, Gene Krupa sans Benny Goodman, Lennie Tristano.

Ce sont des textes courts qui parurent dans les « petites feuilles suisses » dans les quinze années qui suivent la guerre, qui passeraient aussi bien pour des notes de pochettes, des présentations et chroniques pour des magazines, aperçus historiques, compte rendus de concerts.

Pourquoi le jazz ? Ce sera en effet la seule tentative d’un écrivain connu pour des sujets autrement « sérieux » , citons Par delà le crime et le châtiment, essai pour surmonter l’insurmontable publié en Allemagne en 1966 et en France en 1995 chez Actes Sud. C’est que Jean Améry voit en ces grands musiciens de jazz les derniers rebelles, les « vrais » artistes qui se font l'expression d'une liberté artistique absolue et d'un individualisme farouche dans un monde souvent hostile.

Quel est donc l’intérêt de ce travail que l’on pourrait rapprocher d’autres lectures du jazz  comme L’improviste de Réda ou Fiesta in Blue d’Alain Gerber? On lit très vite et avec grand plaisir les observations savoureuses de l’auteur même si elles ne sont pas de la même teneur littéraire. Ce recueil en forme de bréviaire a le mérite de l’antériorité et ce n’est pas rien… Au delà de l’opportunité d’écrire sur une musique aimée et des musiciens admirés, on retrouve le portrait d’une époque où le jazz occupait une place essentielle. Et selon les mots d’Améry dans sa courte mais pertinente préface, il ne voulait écrire ...ni une histoire du jazz, ni un Who’s Who exhaustif … mais un tableau du démoniaque du jazz et de la dimension humaine des messagers d’une forme artistique… à bien des égards méconnue . Il évite tout recours à la technique musicale, ne se posant en aucune façon en expert, s’intéressant plutôt à une « Psychopathologie du jazz », le titre choisi pour qualifier Charlie Parker.

Un livre que l’on dévore aujourd’hui avec curiosité, voire nostalgie. Un coup d’oeil dans le rétro.

Si vous voulez suivre mon conseil, lisez en premier la longue postface (31 pages) très précieuse de Francis Hofstein, à l’origine de cette réédition. Ecrivain en jazz, grand lecteur s’il en est, un « connoisseur » du jazz comme disent les Anglo-saxons, collectionneur fou et psychanalyste.

Si on ne possède son expertise en aucun de ces domaines, il éclaire la lecture de Jean Améry par un rapprochement avec sa vie qui expliquetait sa compréhension empathique du jazz . S’il veut autant faire connaître la souffrance des musiciens, c’est qu’il partage avec certains de ses « héros » une existence tragique, juif étranger en son pays, exilé dans sa langue, l’allemand dont il se sent prisonnier alors qu’il vit en Belgique.

Sous l’emprise du Jazz est en fait la traduction élégante d’ Im Banne des Jazz ( Zürich, 1961: ghostwriter sousmis à des contraintes d’écriture alimentaires souvent, Jean Améry n’hésita pas à en finir, choisissant la mort volontaire en 1978, "ne laissant à personne pas même à Dieu, le soin de se l’approprier". Il avait d’ailleurs, après un certain temps de silence sur son expérience de la déportation, tenté un essai essentiel sur ce qu’il nomme l’insurmontable. Si tous ces portraits n’ont pas une fin aussi sombre, on sait bien que Bix Beiderbecke, Billie Holiday, Lester Young, Charlie Parker pour ne citer que les plus célèbres d'entre eux n’eurent pas besoin d’un tel geste pour en finir tant leur conduite fut souvent suicidaire.

C’est cette troublante familiarité entre sa vie et le parcours jalonné d’obstacles de ses modèles qui fait l’intérêt de ces pages. Sans jamais se mettre en scène, Jean Améry nous parle autant de lui que de ses musiciens de coeur : par un phénomène d’identification, il s'approprie de l’intérieur la force vitale des luttes et des combats de jazzmen Noirs et Américains en majorité, en proie à l’oppression et l’humiliation. Le jazz a besoin de corps sur lequel il revient dans chacun des portraits qu’il propose souligne Francis Hofstein.

Améry-Maier prend plaisir à  raconter le« métier » et ses conditions dans de très brèves pages biographiques ramassant musique et politique, esthétique et éthique.

On lira donc avec un intérêt tout particulier ces textes qui n’ont rien de triste, écrits au plus près de la réalité de cette musique dans un certain élan, celui d’un jazz toujours vif.

 

Sophie Chambon

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14 mai 2025 3 14 /05 /mai /2025 16:51

NEAR THER POND : «  Wild geese »

Stunt 025

Josefine Cronholm (voix & percussions), Kirk Knuffke (cornet), Bent Clausen (vibraphone, batterie & percussions), Thommy Andersson (contrebasse, arrangements des cordes) + Lena Fankhauser, Marta Potulska (alto) & Melissa Coleman (violoncelle) (sauf sur les pistes 2, 4 et 6)

 

Finalement si l’on regarde bien, les points de convergence entre la culture japonaise et scandinave sont assez nombreux. L’art du geste essentiel, la poésie épurée et le sens de l’harmonie en sont quelques-uns.

Cet album du groupe Near the Pond nous vient de la rencontre de la formidable chanteuse suédoise Josefine Cronholm avec les écrits du grand poète japonais Saigyo ( Saigyo Hoshi 1118-1190) dont elle trouva un jour une traduction au hasard de ses flâneries chez un bouquiniste de New-York. L’idée de partager en musique cette idée de l’impermanence prit donc forme au sein des membres du groupe qui avait déjà enregistré un précédent album au titre éponyme de Near the Pond.

Le résultat nous laisse sous un charme indicible. Où la voix de Joséphine Cronholm trouve son pendant poétique dans les contre chants du trompettiste américain dont la brillance apporte non pas l’éclat mais la profondeur alors que le vibraphone de Bent Clausen se fait caressant.

Les arrangements marient subtilement des mélodies à l’apparente simplicité et des harmonies plus complexes sans que jamais ne soit renié l’énergie à dire.

 

Il y a dans cet album un vrai projet artistique. Une narration. Un espace pour des conteurs d’histoires et, en l’occurrence de poésie.

 

Coup de cœur.

 

Jean-Marc Gelin

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13 mai 2025 2 13 /05 /mai /2025 21:39

 

Yaron Herman (piano, composition),

Maria Grand & Alexandra Grimal (saxophones ténors), Haggai Cohen Milo (contrebasse), Ziv Ravitz (batterie)

Tilly (Yvelines), 4-7 juillet 2024

Naïve / Believe

 

Une nouvelle aventure du pianiste, en quête de saxophone(s). Deux musiciennes au ténor, séparément, mais aussi simultanément sur deux plages. Un désir manifeste de collectif, d’interaction, de jouage, entre le trio et ces saxophonistes si différentes, et pourtant parfaitement en phase avec le pianiste. Des unissons qui lancent des histoires comme autant de voyages dont l’horizon se dévoile pas à pas, mesure pour mesure (ou mesure contre mesure ?). Il ne s’agit pas ici d’accompagner au sens musical, mais plutôt de cheminer, de suivre un sentier qui bifurque, comme dans la nouvelle de Borges, et de se perdre avec délices. La connivence entres les partenaires (au sein du trio, et avec les saxophonistes) est exceptionnelle : limpide à certains égards, et pourtant pleine de mystères tapis dans les volutes de la musique. Fascinant d’un bout à l’autre : un grand disque !

Xavier Prévost

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Yaron Herman jouera en quartette le 16 mai à Paris, festival ‘Jazz à Saint-Germain’, et le 24 à Coutances , ‘Jazz sous les Pommiers’. Puis Londres Bayreuth, Munich, Berlin…. Et le 8 juillet au festival Radio France Occitanie Montpellier, puis le 18 à Millau en Jazz

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Une émission de Jean-Marc Gélin sur Aligre FM avec Yaron Herman à propos de ce disque

https://aligrefm.org/podcasts/jazzland-12-04-2025-yaron-herman-2988

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=sk5at6SWBhc

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12 mai 2025 1 12 /05 /mai /2025 19:16

Le pianiste Yaron Herman sur Jazzland ( Aligre fm) pour la présentation de son dernier album " Radio Paradise".

En podcast ici....

Yaron Herman sur Jazzland sur Aligre FM (93.1)
Yaron Herman sur Jazzland sur Aligre FM (93.1)
Yaron Herman sur Jazzland sur Aligre FM (93.1)
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11 mai 2025 7 11 /05 /mai /2025 11:50

 

Philippe Mouratoglou (guitares acoustiques, voix), Bruno Chevillon (contrebasse), Ramón López (batterie, percussions)

Vision Fugitive / l’autre distribution


 

Comme dans le disque «Univers-Solitude» enregistré par le même trio en 2017, la musique procède autant d’une proposition inaugurale (thèmes originaux, mais aussi reprises : Ornette Coleman, Blind Willie Johnson….) que de développements aussi ouverts que tendus, dans la liberté du dialogue, et dans la passion de la sonorité qui donne matière à la musique. Le son est ici, tout à la fois, réalité concrète et magie, corps et âme. La guitare (les différentes guitares utilisées au fil de la séance) semble donner le chant inaugural, le motif offert à la liberté de la musique, tandis que la basse et la percussion, se glissant dans le paysage, prennent la parole, et parfois le pouvoir. La musique afro-américaine (de tradition comme de développements prospectifs) irrigue aussi ce terreau où l’expressivité s’impose, sans jamais oblitérer le souci (le désir) de la forme. Un savant dosage - qui semble naturel – de jubilation assumée et d’introspection au plus intime. Remarquable et jouissif : une offrande de beauté intemporelle.

Xavier Prévost

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Un avant-ouïr sur Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=BPclII3kbV4

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Le trio est en concert à Paris, au Studio de l’Ermitage, le jeudi 15 mai 2025

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9 mai 2025 5 09 /05 /mai /2025 10:04

ROBIN VERHEYEN : «  Liftoff »

Inner Jazz Voice 2025

Robin Verheyen (ts, ss), Drew Gress (cb), Billy Hart (dms)

Le saxophoniste belge que l’on connait bien pour ses enregistrements en solo ou pour sa place dans la formation du pianiste américain Marc Copland enregistre pour la toute première fois avec cette rythmique de haut vol composée de deux géants du jazz. Dans cet album pianoless autour des compositions du saxophoniste ce sont ni plus ni moins que Drew Gress à la contrebasse ( que Verheyen a côtoyé au sein de la formation de Copland) et l’inusable, l’inaltérable, l’infatigables batteur Billy Hart qui,  a 85 ans n’a jamais autant enregistré que ces derniers temps.

Et la formule est gagnante dans cet album qui s’apparente à un exercice de style où le lyrisme et la science de l’improvisation du saxophoniste sont à leur apogée. C’est bien plus que des  phrases musicales enchaînées , c’est un flow ininterrompu de Robin Verheyen qui tourne avec une rare vélocité autour de ses idées mélodiques et harmoniques, passant du ténor au saxophone soprano avec la même envie de chercher inlassablement LA formule. Il y a chez le saxophoniste comme le geste d’un chercheur sûr de ses idées et de ses convictions et désireux d’aller au bout de lui-même dans ce qui s’apparente à un corps à corps avec son instrument.

Dans cet album tout passe par l’énergie qui d’un bout à l’autre ne faiblit pas. Une énergie qui vient du ventre et du souffle ( du saxophoniste), qui vient des doigts ( du contrebassiste) et qui vient des pieds (du batteur). Les trois ensemble forment un corps unique en mouvement. Et si l’un venait à faiblir un peu, les deux autres seraient là pour venir le stimuler, appuyer là où tout se relance.

C’est tripal et s’inscrit dans une forme d’urgence, comme l’on en rencontre dans l’art brut.

Robin Verheyen est un saxophoniste de l’incandescence maitrisée.

Jean-Marc Gelin

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