ALAIN SOLER ROBIN NICAISE LETTER TO BILL
Une fois les dog days derrière nous, quoi de plus opportun que de voir revenir les jours de vin et de roses, en écoutant le duo de Robin Nicaise et Alain Soler sorti sur le label Durance (Château-Arnoux) dans leur hommage à Bill Evans, ce « génie décisif » selon Pascal Anquetil (Tana Editions) ? On aime jusqu'à la sobriété de l’objet CD d'après le portrait qu’avait tiré du pianiste, Kim Stewart, un Bill Evans binoclard, cigarette au bec, concentré, réfléchi.
Letter to Bill (clin d’oeil à sa Letter to Evan) est exactement ce que l’on souhaite entendre en ce mois de septembre, un album délicat, apaisé, alors que le pianiste souffrant terriblement disparut brutalement le 10 septembre 1980 après un dernier concert au Fat Tuesday de New York.
Le coup de maître est d’avoir tenté et réussi à rendre ces mélodies si ancrées dans la mémoire de tout amoureux du jazz, indéfectiblement liées au piano de Bill et à son art du trio (piano-basse-batterie) réinventé. Une instrumentation inédite (guitare et saxophone ténor) et tout change... pour que rien ne change. Si Bill aima aussi s'essayer aux duos avec le guitariste Jim Hall, l’harmoniciste Toots Thielemans, il n’expérimenta pas la formule avec un saxophoniste ténor (que je sache).
On retrouve dans cette association duelle de plus de trente ans l’écoute mutuelle, le flux continu avec des accents soulignés qui font tressaillir et plus souvent encore plonger dans une douce mélancolie.
Dans le programme choisi par le duo-et c’était un piège tant la sélection peut s’avérer redoutable, se retrouvent des compositions parmi les plus emblématiques « Very Early », « Time Remembered », « Show Type Tune », « Turn Out The Stars » et « Emily », la délicieuse valse de Johnny Mandel et Johnny Mercer que Bill Evans avait faite sienne. Robin Nicaise et Alain Solereux se saisissent à leur tour de ces thèmes devenus standards et se les approprient, sans oublier "Nardis", une « curiosité » qui met en valeur chacun des instrumentistes dans une courte variation en solitaire. Alain Soler, toucher limpide et sensuel est tout en nuances et vibrations, travaillant les résonances. Robin Nicaise s’empare de mélodies inoubliables aux couleurs harmoniques dont il joue « Sometime ago », « Turn out the stars », « Very Early ». Hormis le « Funkallero » plus enllevé, on reste sur des tempi doux, des ballades caressantes, enchanteresses. C'est une autre version sans la rupture ni la violence des derniers rythmes evansiens, totalement bousculés dans le dernier trio. Rien n’est vraiment nouveau, rien n'est plus « classique » dans le portrait célébré ici mais voilà un exercice d’admiration où tout est à sa place, incroyablement touchant et tendre.
Sophie Chambon

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