JAMES F Joshua Redman (ts, ss), Aaron Parks (p), Matt Penmann( cb), Eric Harland (dms)
Nonsuch Records 2014
Dans ce combat sans fleurets mouchetés, rien ne nous est épargné, ni le professeur qui jette les instruments de musique à la tête de son élève, ni l’élève qui sue, littéralement, sang et eau pour atteindre le niveau de son idole, Buddy Rich. « Pendant des années, confie encore Damien Chazelle, j’ai consacré ma vie à la batterie et dans mon esprit la musique fut associée à la peur ».
Jean-Louis Lemarchand
Space Time Records/Socadisc
Complice depuis 18 ans du producteur Xavier Felgeyrolles, Essiet Okon Essiet signe, à 58 ans, son premier album en leader sous le label d’icelui. Le répertoire proposé ici par le bassiste nigérian, concocté lors d’une tournée, est profondément ancré dans la musique africaine avec l’évocation du Nigeria mais aussi du Zimbabwe et de l’Angola. A la manœuvre avec le batteur Jeff Tain Watts (trépidant) et le guitariste Lionel Loueke (étonnant à son habitude), Essiet mène un groupe délibérément cosmopolite d’où émergent spécialement Baptiste Herbin aux saxos et le pianiste cubain Manuel Valera. Il fait la preuve que l’on peut avoir l’esprit jazz tout en restant fidèle à ses racines. Album revigorant hautement recommandable avec en bonus une note rafraîchissante apportée par le chanteur guadeloupéen Moïse Marie (Courez, courez gazelle !). Livret précis et utile où Essiet présente dans le détail chacun des dix titres dont huit compositions personnelles.
Jean-Louis Lemarchand
Essiet Okon Essiet (b,elb,voc, comp), Manuel Valera (p,cla),Jeff Tain Watts (dm), Lionel Loueke (elg), Rob Scheps (ts,ss),Baptiste Herbin (as,ss), Moïse Marie (voc,perc), JB Butler (elg). Studio Palissy, Clermont-Ferrand,21 octobre 2013, Avatar Studio, New York 28 octobre 2013.
L’âge d’or du Jazz
Coffret de 5 CD. Jazz Magazine-Jazzman- Wagram Music. Réalisation, Lionel Eskenazi
Tout comme la langue d’Esope, la compilation peut être soit la meilleure soit la pire des choses. Dans cette dernière catégorie (que nos lecteurs naturellement fuient) figurent les reprises d’enregistrements-pirate, de qualité sonore déplorable, sans indications discographiques. Le coffret signé par un ex-collaborateur des DNJ, Lionel Eskenazi appartient (on s’en serait douté vus les états de service d’icelui auteur des deux précédents coffrets annuels pour Jazz Magazine ) à la première.
Nous avons ici affaire à une sélection ciblée dans le temps, 1954-1962, intitulée sobrement « L’âge d’or du jazz ». Le choix de la date initiale a été opéré spécialement pour correspondre au lancement de Jazz Magazine par Frank Tenot et Daniel Filipacchi et accompagner les 60 ans du magazine-référence. Pour ceux qui aimaient le jazz à l’époque –parmi lesquels l’auteur de ces lignes- ces 100 titres rappellent une période foisonnante, où le hard bop voisinait avec le third stream et, au tout début des années 60, le free jazz. En cinq heures d’écoute, on retrouve les titres-phare de l’émission-culte quotidienne de Daniel et Frank.
Pour les jeunes générations, le réalisateur justifie son appartenance à l’Académie du Jazz par l’œcuménisme de ses choix. De Benny Goodman à Cecil Taylor, de Charlie Parker au MJQ, de Jimmy Giuffre à John Coltrane, de Nat King Cole à Nina Simone, de Lester Young à Ornette Coleman, d’Oscar Peterson à René Urtreger, d’Erroll Garner à Martial Solal… on pourrait allonger à l’envi l’exercice. Présentés de manière chronologique- ce qui permet de voir que Duke Ellington a gravé en dix jours en septembre 1962 un album en trio avec Max Roach et Charles Mingus – Money Jungle dont est extrait ici Fleurette Africaine, et une rencontre avec John Coltrane, présentée avec In a Sentimental Mood- ces 100 morceaux offrent un panorama aussi varié que surprenant. Et l’écoute en continu permet ainsi de passer pour l’année 59 d’Anita O’Day à Bud Powell, Tina Brooks, Bobby Timmons et Sun Ra. Sacré grand écart !
Evidemment, toute sélection présente ses limites, ne serait-ce que par les contraintes techniques imposées (difficile d’aller au-delà de 70 minutes par album). Pourquoi avoir écarté untel ? On peut deviser à l’infini. Laissons ce débat aux ayatollahs aigris ! Et plongeons dans ce bain de jouvence des années 50-60 sans nostalgie ni regret.
Jean-Louis Lemarchand
Jazz Magazine Jazzman présente : "L'âge D'or Du Jazz"
Il y a 60 ans, le 1er décembre 1954, paraissait dans les kiosques le premier magazine français dédié au jazz : Jazz Magazine. Pour célébrer cet anniversaire, le mensuel propose un coffret de ...
http://www.fipradio.fr/decouvrir/album-jazz/jazz-magazine-jazzman-presente-l-age-d-or-du-jazz-15741

La nouveauté cette année, c’est un DJ en deuxième partie et un photocall pendant la soirée où les gens qui joueront le jeu de se vêtir de leurs plus belles tenues années 60 pourront se faire photographier. Les photos seront compilées dans un album créé sur la page facebook de l’Esprit jazz. Pour Chaque photo “liké” sur les réseaux sociaux, La BNP Paribas verse 1 € de plus à l’AFM Téléthon.
La soirée a lieu dans un très beau lieu qu’est la Mairie du 5ème avec vue sur le Panthéon, l’ambiance est fun, bonne enfant. Tout Paris s’est déplacé l’an passé, c’était complet.
Une vraie belle soirée emplie d’un public âgé de 5 à 77 ans, très enthousiaste et voulant danser.
The place to be juste avant les fêtes ! Un vrai succès !
IMAGES France 2 - Grand Bal Swing 2013 / 2ème Téléthon du Jazz sur France 2
https://www.youtube.com/watch?v=trHPQpshnXI
3ème TELETHON DU JAZZ 2014 :
BNP Paribas Partenaire du Téléthon et mécène du Jazz Présente Le 3ème "TÉLÉTHON du JAZZ"
GRANDE SOIRÉE SWING À LA MAIRIE DU Ve Samedi 13 décembre 2014 à 20h00
L'intégralité des recettes de la soirée sera reversée à l'AFM-Téléthon.
20h00 : Grand Bal Swing - L’Esprit Jazz Big Band invite Stéphane Guillaume (saxophone)
Nouveau cette année ! 22h30 : DJ Psycut, Mix "Jazz Dance"
Nouveu cette année ! Un stand photo « Swing for Téléthon » sera installé pour photographier les participants, habillés de leurs plus belles tenues swing. Les photos seront compilées dans un album créé sur la page Facebook de L’esprit Jazz, et chaque participant pourra, le soir-même ou les jours qui suivent, faire monter le compteur du Téléthon : pour chaque photo likée, BNP Paribas reversera 1€ au profit de l’AFM-Téléthon.
Lieu du concert : Mairie du Ve - 21 place du Panthéon - Paris 5ème - RER B Luxembourg
Tarifs : Prévente 8€ - Le soir même 10€
Réservations sur : WWW.TELETHONDUJAZZ.COM
Fnac, Digitick, Ticketmaster et autres points de vente habituels.
Créé par BNP Paribas, partenaire historique du Téléthon et mécène du jazz par sa Fondation, le 3ème Téléthon du Jazz propose une grande soirée swing, au cœur du quartier latin, au profit intégral de la recherche fondamentale menée par l'AFM-Téléthon.
Quatre heures de musique et de danse avec, en première partie de soirée, le grand bal swing qui fait chavirer le cœur des parisiens et des touristes, danseurs et amateurs de jazz swing. L'Esprit Jazz Big Band, ses treize musiciens et le chanteur crooner Marc Thomas invitent le saxophoniste Stéphane Guillaume, artiste soutenu par la Fondation BNP Paribas de 2008 à 2013, et vous plongent au cœur des années swing de l'après-guerre et des fameux orchestres tels ceux de Count Basie, Duke Ellington ou Glenn Miller.
Dans une ambiance unique et de fête, cette grande formation, rare sur scène, accompagnera les danseurs dans un cadre exceptionnel : la salle des fêtes de la Mairie du Ve à Paris, place du Panthéon.
DJ Psycut prolongera la soirée avec son fameux mix "Jazz Dance". Spécialiste du vinyle et créateur du collectif Jazz Attitudes, il est devenu en plus de quinze ans l’un des acteurs incontournables des scènes jazz dancefloor. "Oui on peut danser sur du jazz !". C’est avec cette affirmation et cette détermination que DJ Psycut vous offre les meilleurs morceaux jazz à écouter et à danser.
Venez nombreux participer au 3ème Téléthon du Jazz, le samedi 13 décembre de 20 heures à minuit et demi, à la Mairie du Ve.
BNP Paribas et le Téléthon
Depuis le premier Téléthon en 1987, BNP Paribas s’investit chaque année pour le Téléthon. Pour rendre visible cet événement et faire monter le compteur, les salariés et les compétences du Groupe sont mobilisés. À travers son réseau de 2 100 agences, plus de 3 000 collaborateurs bénévoles organisent de multiples animations variées à travers toute la France. Les dons du Téléthon ont permis de spectaculaires avancées dans la recherche.
L’Esprit Jazz Big Band
Jean-Pierre Solvès : direction, saxophone, flûte ; Marc Thomas : voix ; Joël Chausse, Yves Le Carboulec, Alexis Bourguignon : trompettes ; Jean-Christophe Vilain, Jean-Louis Damant, Denis Leloup : trombones ; Alain Hatot, François Chambert, Xavier Quérou : saxophones ; Claude Terranova : piano ; Marc-Michel Le Bévillon : contrebasse ; Julie Saury : batterie.
+ Stéphane Guillaume : saxophone.
Psycut Dj Psycut (Jazz Attitudes) : platines.
Improvisible. Mise en scène d’Alain Sachs. Théâtre des Bouffes Parisiens (75002) jusqu’au 10 janvier, les samedi (18h30) et dimanche (18h). Concert exceptionnel le 31 décembre à 18 h 30 avec Patricia Petibon.
©Didier Pallages
Il débarque sur scène en manteau et casquette avec sa valise et ses deux violons. Nous voilà embarqués avec Didier Lockwood pour cent minutes d’improvisation. Sans partition mais avec imagination, le violoniste affronte seul le public. Un affrontement tout pacifique. Séducteur, Lockwood a conservé « un regard d’enfant », suivant ainsi le conseil de son maître Stéphane Grappelli. Il ne se prend pas au sérieux, égratignant au passage cette musique omniprésente dans la vie quotidienne et …Pierre Boulez mais ne blague pas quand il joue. Il passe du jazz au classique (un pot-pourri de Mozart) et aux musiques du monde (Brésil, Europe centrale aux accents tziganes…). Le programme varie à chaque représentation : Lockwood improvise sur des idées tirées de chapeaux disposés sur la scène : Dieu, résistance, silence… Un fil conducteur très souple qui permet au lauréat des Conservatoires et à la star du jazz-fusion de s’en donner à cœur joie. « Il sait tout faire », glisse mon voisin d’orchestre. Un spectacle léger qui enchante et donne à approcher cet étonnant mystère de l’improvisation. Et c’est en cela que Didier Lockwood est jazz.
Jean-Louis Lemarchand
Intuition Music
1 CD+ 1 DVD
Quel plus bel hommage pour les 80 ans du pianiste sud-africain Abullah Ibrahim !
Un choc !
Le label allemand Intuition a profité d’un concert en solo donné en Sicile en juin 2014 pour en graver à la fois sa captation mais aussi pour réaliser une magnifique interview filmée qui fait l’objet d’un DVD.
A l’aube de ses 80 ans Abdullah Ibrahim dégage une sorte de force tranquille et une sérénité que seuls quelques vieux sages dans ce monde agité peuvent transmettre. Lorsqu’il joue c’est comme si cette sagesse millénaire tombait sur vous et vous enveloppait. Chacune des notes du pianiste est en effet empreinte d’une exceptionnelle profondeur, d’une gravité qui va chercher au cœur même de l’essentiel. Qui va puiser au cœur de la vie, des hommes et de Dieu certainement.
Il y a bien sûr, comme souvent dans l’exercice du piano solo, une sorte d’introspection. Mais avec Abdullah Ibrahim elle prend la forme d’une sagesse chamanique. Une façon d’arrêter le temps. La musique d’Abdullah Ibrahim est méditative et si émouvante lorsqu’elle jette ce regard sur lui-même et sur ses propres racines. Le pianiste dit beaucoup, digresse autour d'une immense improvisation. On y entend parfois Ravel et Debussy, parfois Monk ou la religiosité de Coltrane dans ses réflexions et dans son cheminement. C’est que, comme chez le saxophoniste, il y a dans sa musique venue des township et du jazz d’Ellington une part de religiosité, de gospel et de profondeur croyante. Ce sont parfois comme des chants d’église qui s’élèvent vers le ciel.
La musique d’Abdullah Ibrahim se trouve ici au sommet de l’art du pianiste. Cette musique qui ouvre en chacun les portes d’une méditation profonde. La quintessence du piano solo.
Puis suit un documentaire tourné au même moment qu’avait lieu de concert. Documentaire magnifiquement réalisé où le pianiste y raconte l’histoire de ces chansons qu’il a composées. C’est magique comme lorsque, avec générosité il nous fait entrer dans l’intimité de ses compositions, comme lorsqu’il parle d’Aspen et de son imaginaire qui prend forme en musique. Et cette émotion qui surgit lorsqu’il parle de l’amour et de Blue Bolero dédié à la femme de sa vie. Il y raconte aussi avec tendresse ses influences sur la musique de Cap Town, l’apartheid, l’exil et l’incroyable pouvoir politique que sa musique a pu avoir sur tout un peuple en lutte (Mannenberg). Derrière l’apparente simplicité de ses mélodies, il évoque sans fausse modestie la complexité de ses structures musicales et parle de « la profondeur de la simplicité. ». Cette interview que l’on aurait voulu prolonger se poursuit par un extrait de ce concert solo du 26 juin 2014 au Fazioli Concert Hall, magnifiquement filmé au cœur du processus de l’improvisation comme rarement capté par l’écran.
On sort de là, le cœur et l’âme chavirée, persuadé d’avoir rencontré un être sublime, sorte de chamane magnifique dont chacune des phrases et chacun des sourires peuvent apporter un supplément de paix et d’amour.
C’est tout simplement bouleversant.
Jean-Marc Gelin
Les Dernières Nouvelles du Jazz