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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 21:36
WHIPLASH Film de Damien Chazell


https://www.youtube.com/watch?v=f_bmXeLbr7k



Faut- il aller voir Whiplash ?

Sans vouloir parodier les duels de certains chroniqueurs de la presse écrite au sujet des films ou des livres qui sortent, la question se posait au moment de la sortie en France, le jour de Noël du deuxième film du jeune franco américain Damien Chazelle . Précédé d’un buzz très favorable, Whiplash a raflé de très nombreux prix du cinéma indépendant. Il est tellement rare de voir un film actuel sur le jazz, dont la B.O fait entendre du jazz et le thème traite de l’apprentissage d’un jeune musicien au cœur d’une des plus célèbres écoles de musique de Manhattan ( Shaffer pour Julliard ?) qu’on ne va pas faire la sourde oreille.

Avouons d’abord que le film est réussi cinématographiquement, électrisant, avec une mise en scène sous tension, des éclairages de film noir, orchestrant un terrible affrontement psychologique. Comme tout bon thriller, il réveille littéralement, fouette les nerfs et le sang ( « whiplash » signifie d’ailleurs « coup de fouet »). Le duel entre un maître sadisant son étudiant est haletant. L’extraordinaire J.K Simmons (qui a une certaine ressemblance, seulement physique, précisons- le, avec Marc Ducret) joue au chat et à la souris avec son étudiant Andrew (le jeune Miles Teller, qui savait déjà jouer en autodidacte de la batterie !). L’éducation se fait dans la douleur, comme s’il fallait payer le prix fort pour révéler le talent, voire le génie. Avec la référence répétée du jeune Charlie Parker qui manqua de se faire décapiter lors d’un « cutting contest » au Reno Club par une cymbale du vénéré Jo Jones . Rentré chez lui, il se mit au travail très sérieusement et donna un an plus tard un solo mémorable... comme dans le final où Andrew éclabousse de son talent (et de sa sueur) l’orchestre entier et son chef au JVC Festival. On l’aura compris, c’est un peu « Blood, Sweat and Tears » et c’est la première des réserves que je formulerai, mettant en doute l’efficacité d’une telle méthode d’apprentissage. C’est avant tout aux notions de compétition et de transmission d’un état d’esprit que le film s’intéresse. Et les conséquences de ce formatage peuvent être cruelles, voire dramatiques.

Ensuite, le film sert-il véritablement le jazz ? Ceux qui ne connaissent rien à cette musique retiendront que les batteurs, certes gardiens du tempo, sont essentiels. Outre la boutade, cette lutte acharnée pour être le meilleur, donne une image quelque peu déformée de la pratique musicale, même à un très haut niveau. Selon le professeur qui agit comme un sergent instructeur des marines, les étudiants ne sont jamais dans son tempo, « not quite my tempo » martèle t-il avec insistance. Ou alors, il leur hurle dans les oreilles « rushing or dragging » ? Sportif de combat, obsessionnel du je(u), le personnage d’Andrew est antipathique, arrogant dans sa recherche effrénée de perfection, et très seul. Où est donc l’ « interplay », l’improvisation collective, le désir d’écouter et de répondre à l’autre ?

Quant à la place de la femme, elle est cruellement inexistante : la seule musicienne de la classe de jazz qui auditionne, au premier rang dans le pupitre des vents, se voit rabrouer par le tortionnaire enseignant sous le prétexte qu’elle n’est là que pour son physique. Il est vrai que tous les musiciens de l’orchestre se font humilier, encore plus violemment même. Quant à la délicieuse petite amie avec laquelle Andrew tente d’avoir une relation, elle se révèle vite, de son point de vue, un obstacle à son ambition. Alors... exit Nicole.

Et la musique ? Dans sa composition et la sélection même des thèmes, elle souligne avec cohérence l’angle d’attaque du cinéaste. La musique originale est de Justin Hurwitz et Tim Simonec, musiciens intéressants à découvrir ici. Le batteur percussionniste vedette et leader qui inspire Andrew est Buddy Rich, surnommé « Traps, the drum wonder » à ses débuts, au professionnalisme plus qu’exigeant dont on voit le portrait et le CD Birdland, que le jeune batteur écoute en boucle. Un batteur qui pouvait privilégier le côté spectaculaire de l’instrument...ce à quoi aboutit Andrew dans son solo final sur le thème de Juan Tizol et Duke Ellington « Caravan », morceau de bravoure très long et de plus en plus angoissant. Quant au rendu orchestral, il m’a semblé y entendre des réminiscences schiffriennes, le maître de la Bo Jazz fin des sixties /seventies. Mais incontestablement, le thème qui revient le plus souvent est « Whiplash », du saxophoniste Hank Levy, compositeur, arrangeur pour les orchestres de Stan Kenton et Don Ellis. Musicien original, créatif, enseignant à la Towson University, Maryland, c’est musicalement la meilleure inspiration du film et c’est une trouvaille que de lui rendre ainsi hommage.
Sophie Chambon
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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 09:52
JAMES FARM : " City folk"

JAMES F Joshua Redman (ts, ss), Aaron Parks (p), Matt Penmann( cb), Eric Harland (dms)
Nonsuch Records 2014

James Farm c'est le nom de ce groupe, ou plutôt de ce collectif devrait-on dire crée en 2011. Collectif dans la mesure où chacun des membres du quartet apporte ses propres compositions avec le même esprit que celui qui animait le saxophoniste lorsqu'il sortit "Momentum" avec son Elastic Band.
Ici c'est un jazz classieux et élégant qui se met en oeuvre. Une sorte de must dans le raffinement du groove. Le nectar suave d'un jazz un tantinet funky. Une façon de jouer chic les lignes d'improvisation en costume de soie. Le blues est toujours là mais jamais très sale. Le groupe y exalte des mélodies absolument magnifiques et parfois renversantes ancrées dans une réelle profondeur du jouage collectif.
Joshua Redman s'y taille la part du lion puisqu'il s'expose en soliste remarquable. Véritable star de la scène du jazz, le saxophoniste y montre une nouvelle fois l'immense étendue de son talent. Grand Maître du son "droit" autant que des courbes élastiques et sinueuses sur lesquelles il se ballade avec l'agilité d'un vieux félin assagi. Incroyable machine à groover funk ce Redman. En revanche on l'aime un peu moins lorsqu'il se vautre dans le son d'un soprano auquel il ne peut s'empêcher de donner des airs classiques que je trouve pour ma part, un peu mièvres. Aaron Parks, s'il est plus en retrait est toutefois lumineux et apporte une couleur totalement contrastée et toujours très intelligente.
L'ensemble nous semble néanmoins un peu moins mordant que le précédent album que nous avions chroniqué ici même. De quoi émettre des réserves ? Peut être. Car si ces 4 là font souvent dans le joli, il y manque quelques piliers qui nous font vibrer quand on est amateur de jazz et notamment le lâcher prise lorsque tout semble en effet si maîtrisé et contrôlé qu'il impose une sorte de distance avec l'auditeur. Une rythmique excellente sur le papier, certes mais à qui on semble avoir donné instruction de ne pas trop en faire. De rester sagement derrière. Eric Harland ainsi que l'on connaît plus prolixe et plus puissant semble un peu "pêter dans la soie" au gré d'une p^rise de son qui le relègue un peu loin.

Restent les compositions qui révèlent une écriture collective sublime. Reste le jeu inspiré de Josha Redman dont le ténor évoque de plus en plus la sensualité de Lester par d'autres moyens.Reste le jouage collectif. Rentent quelques beaux moements comme cet irresistible North Star où tout semble redevenir possible.
De quoi finalement s'enthousiasmer.... avec modération pour ce James farm aux tonalités si urbaines.
C'est déjà ça.
Jean-marc Gelin

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 07:57
WHIPLASH  : attention film sanglant !

un film de Damien Chazelle sortie le 24 décembre



Attention film sanglant !

Ancien batteur de jazz ayant abandonné les fûts pour la caméra, Damien Chazelle, réalisateur de Whiplash annonce la couleur : « je voulais réaliser un film qui ressemble à un film de guerre ou de gangsters, dans lequel les instruments de musique remplacent les armes à feu ».Cible atteinte. Whiplash raconte l’histoire, fortement autobiographique, d’un jeune batteur (Miles Teller) qui veut intégrer un grand orchestre de conservatoire américain et s’affronte à son professeur (J.K. Simmons), tyrannique à souhait, copie du sergent hurleur dans Full Metal Jacket.




Dans ce combat sans fleurets mouchetés, rien ne nous est épargné, ni le professeur qui jette les instruments de musique à la tête de son élève, ni l’élève qui sue, littéralement, sang et eau pour atteindre le niveau de son idole, Buddy Rich. « Pendant des années, confie encore Damien Chazelle, j’ai consacré ma vie à la batterie et dans mon esprit la musique fut associée à la peur ».



Pris sous cet angle, Whiplash ne décevra pas le spectateur. Le film a obtenu le Grand Prix/Prix du Public au Festival de Deauville 2014 et le Prix des lectrices Elle 2014. Document dénonçant le comportement despotique de certains professeurs de musique, le film met aussi avec justesse le projecteur sur l’esprit de compétition qui règne dans les écoles de jazz. Et le jazz justement dans tout cela ? Il sert de prétexte à un affrontement entre deux personnalités déterminées. Le fan pourra se rattraper au cours de ces 105 minutes avec quelques beaux mouvements d’un big band distillant un jazz des années 40-50 et à l’énoncé d’un principe fondateur par l’ « enseignant » -seule une discipline de fer permet au musicien de se dépasser, d’aller au-delà. Pour approcher ce dépassement de soi, le jazzman cinéphile peut revoir Bird de Clint Eastwood ou Autour de Minuit de Bertrand Tavernier.

Jean-Louis Lemarchand

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:44
MAGNUS HJORTH trio : " Blue Interval"

stunt records 2014- dist UVM
Magnus Hjorth (p), Lasse Mørck (cb), Snorre Kirk (dms)


Magnus Hjorth est un "jeune" pianiste suédois de 33 ans installé aujourd´hui à Copenhague et assez peu connu sous nos contrées.
Un pianiste nordique ! Encore un allez vous dire ! On sait ce que c'est : ecole du piano aussi froide que les pays qui les abritent, Ca sent le concept à plein nez.
Et ben non figurez vous. Car depuis que Svensson ( EST) est passé par là, il s'est aussi passé quelque chose au royaume du Danemark. Soucieux justement de ne pas devenir une pâle copie d'ESt, des pianistes comme Magnus Hjorth sortent un peu des idiomes pour renouer avec un bon vieux groove jazzy et un peu moins pop.
Blue Interval est un peu l'illustration de cela. Tiens, s'il vous fallait une comparaison, moi Magnus il me fait penser à Red Garland dans le genre des pianistes post bop, hyper élégants et machines à swing.
Mais loin de lui une quelconque intention de faire étalage de son talent. Ici tout est question de feeling et du respect des traditions jusqu'à reprendre, à l'ancienne un Barbados de Charlie Parker dans la pure tradition du bop. Un bon vieux blues des familleś bien gras, passe par là ( Mellowed). Magnus va même, sans rire jusqu'a reprendre. Un Glenn Miller ( Monlight serenade) sans rougir et avec pas mal de classe.On notera au passage l'apport du super drive de Snorre Kirk à la batterie qui n'a pas été sans plaire à Marcus Roberts ( pianiste de Wynton Marsalis), auteur des liners notes. Sur le titre éponyme, Magnus s'affirme comme une sorte de maitre de la jam avec beaucoup d'efficacité dans son phrasé.
Le pianiste avec son trio hyper efficace semble réellement prendre du plaisir à jouer et à offrir avec une belle générosité. Voire même de s'amuser. Et c'est communicatif

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20 décembre 2014 6 20 /12 /décembre /2014 08:33
Essiet Okon Essiet : " Shona"

Space Time Records/Socadisc

Complice depuis 18 ans du producteur Xavier Felgeyrolles, Essiet Okon Essiet signe, à 58 ans, son premier album en leader sous le label d’icelui. Le répertoire proposé ici par le bassiste nigérian, concocté lors d’une tournée, est profondément ancré dans la musique africaine avec l’évocation du Nigeria mais aussi du Zimbabwe et de l’Angola. A la manœuvre avec le batteur Jeff Tain Watts (trépidant) et le guitariste Lionel Loueke (étonnant à son habitude), Essiet mène un groupe délibérément cosmopolite d’où émergent spécialement Baptiste Herbin aux saxos et le pianiste cubain Manuel Valera. Il fait la preuve que l’on peut avoir l’esprit jazz tout en restant fidèle à ses racines. Album revigorant hautement recommandable avec en bonus une note rafraîchissante apportée par le chanteur guadeloupéen Moïse Marie (Courez, courez gazelle !). Livret précis et utile où Essiet présente dans le détail chacun des dix titres dont huit compositions personnelles.

Jean-Louis Lemarchand

Essiet Okon Essiet (b,elb,voc, comp), Manuel Valera (p,cla),Jeff Tain Watts (dm), Lionel Loueke (elg), Rob Scheps (ts,ss),Baptiste Herbin (as,ss), Moïse Marie (voc,perc), JB Butler (elg). Studio Palissy, Clermont-Ferrand,21 octobre 2013, Avatar Studio, New York 28 octobre 2013.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 22:12
CYNTHIA ABRAHAM AU BAISER SALE

Cynthia Abraham au Baiser Salé

Baiser Salé le 2/12
Cynthia Abraham est aujourd'hui totalement inconnue sur la scène du jazz vocal. Quelque chose cependant nous dit qu'elle ne devrait pas le rester très longtemps.




La jeune fille a été élevée au biberon du jazz dans la planète des Petits Loups sous l'oeil tendre de la tribu des Caillard, Isabelle ( sa mère ) et Olivier.



Cynthia Abraham se produit régulièrement au Baiser Salé et ce fut l'occasion pour nous d'aller entendre cette jeune fille dont on dit le plus grand bien en ce début du mois de décembre.



Le moins que l'on puisse dire c'est que Cynthia Abraham a visiblement le feu sacré et le goût de la prise de risque. Dans un registre très sensuel elle chante du Gretchen Parlato ou du Beady Belle avec cette façon de faire entrer la soul et le R&B dans le monde du jazz par la raffinement suave. La petite salle parisienne de la rue des Lombards était comble et l'atmosphère feutrée dans un mix de jazz, de soul et d'influences caribéenne avec ce sens d'un jazz lounge très sensuel et lascif (all that i can see).

Appuyée au piano par un Gregroy Privat toujours remarquable, Cynthia Abraham conquiert la salle avec ce zeste de fraîcheur et de grâce qui ne peut que vous faire tourner la tête. Elle nous fait découvrir sa belle écriture autour de thèmes inspirés de la musique Gwo Ka dont elle sortira bientôt un premier album.

Assurément une graine de star en éclosion.

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 09:15

L’âge d’or du Jazz
Coffret de 5 CD. Jazz Magazine-Jazzman- Wagram Music. Réalisation, Lionel Eskenazi


Tout comme la langue d’Esope, la compilation peut être soit la meilleure soit la pire des choses. Dans cette dernière catégorie (que nos lecteurs naturellement fuient) figurent les reprises d’enregistrements-pirate, de qualité sonore déplorable, sans indications discographiques. Le coffret signé par un ex-collaborateur des DNJ, Lionel Eskenazi appartient (on s’en serait douté vus les états de service d’icelui auteur des deux précédents coffrets annuels pour Jazz Magazine ) à la première.
Nous avons ici affaire à une sélection ciblée dans le temps, 1954-1962, intitulée sobrement « L’âge d’or du jazz ». Le choix de la date initiale a été opéré spécialement pour correspondre au lancement de Jazz Magazine par Frank Tenot et Daniel Filipacchi et accompagner les 60 ans du magazine-référence. Pour ceux qui aimaient le jazz à l’époque –parmi lesquels l’auteur de ces lignes- ces 100 titres rappellent une période foisonnante, où le hard bop voisinait avec le third stream et, au tout début des années 60, le free jazz. En cinq heures d’écoute, on retrouve les titres-phare de l’émission-culte quotidienne de Daniel et Frank.
Pour les jeunes générations, le réalisateur justifie son appartenance à l’Académie du Jazz par l’œcuménisme de ses choix. De Benny Goodman à Cecil Taylor, de Charlie Parker au MJQ, de Jimmy Giuffre à John Coltrane, de Nat King Cole à Nina Simone, de Lester Young à Ornette Coleman, d’Oscar Peterson à René Urtreger, d’Erroll Garner à Martial Solal… on pourrait allonger à l’envi l’exercice. Présentés de manière chronologique- ce qui permet de voir que Duke Ellington a gravé en dix jours en septembre 1962 un album en trio avec Max Roach et Charles Mingus – Money Jungle dont est extrait ici Fleurette Africaine, et une rencontre avec John Coltrane, présentée avec In a Sentimental Mood- ces 100 morceaux offrent un panorama aussi varié que surprenant. Et l’écoute en continu permet ainsi de passer pour l’année 59 d’Anita O’Day à Bud Powell, Tina Brooks, Bobby Timmons et Sun Ra. Sacré grand écart !
Evidemment, toute sélection présente ses limites, ne serait-ce que par les contraintes techniques imposées (difficile d’aller au-delà de 70 minutes par album). Pourquoi avoir écarté untel ? On peut deviser à l’infini. Laissons ce débat aux ayatollahs aigris ! Et plongeons dans ce bain de jouvence des années 50-60 sans nostalgie ni regret.


Jean-Louis Lemarchand

L’âge d’or du Jazz
L’âge d’or du Jazz
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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 21:42

VISUEL-telethondujazz2014---copie.jpg


La nouveauté cette année, c’est un DJ en deuxième partie et un photocall pendant la soirée où les gens qui joueront le jeu de se vêtir de leurs plus belles tenues  années 60 pourront se faire photographier.  Les photos seront compilées dans un album créé sur la page facebook de l’Esprit jazz. Pour Chaque photo “liké” sur les réseaux sociaux, La BNP Paribas verse 1 € de plus à l’AFM Téléthon.

La soirée a lieu dans un très beau lieu qu’est la Mairie du 5ème avec vue sur le Panthéon, l’ambiance est fun, bonne enfant. Tout Paris s’est déplacé l’an passé, c’était complet.

Une vraie belle soirée emplie d’un public âgé de  5 à 77 ans,  très enthousiaste et voulant danser. 
The place to be juste avant les fêtes ! Un vrai succès !

IMAGES France 2 - Grand Bal Swing 2013 / 2ème Téléthon du Jazz sur France 2
https://www.youtube.com/watch?v=trHPQpshnXI

3ème TELETHON DU JAZZ  2014 :
BNP Paribas Partenaire du Téléthon et mécène du Jazz Présente Le 3ème "TÉLÉTHON du JAZZ"
 GRANDE SOIRÉE SWING À LA MAIRIE DU Ve Samedi 13 décembre 2014 à 20h00
L'intégralité des recettes de la soirée sera reversée à l'AFM-Téléthon.

20h00 : Grand Bal Swing - L’Esprit Jazz Big Band invite Stéphane Guillaume (saxophone)
Nouveau cette année !  22h30 : DJ Psycut, Mix "Jazz Dance"
Nouveu cette année ! Un stand photo « Swing for Téléthon » sera installé pour photographier les participants, habillés de leurs plus belles tenues swing. Les photos seront compilées dans un album créé sur la page Facebook de L’esprit Jazz, et chaque participant pourra, le soir-même ou les jours qui suivent, faire monter le compteur du Téléthon : pour chaque photo likée, BNP Paribas reversera 1€ au profit de l’AFM-Téléthon.

Lieu du concert  : Mairie du Ve - 21 place du Panthéon - Paris 5ème - RER B Luxembourg
Tarifs : Prévente 8€ - Le soir même 10€

Réservations sur : WWW.TELETHONDUJAZZ.COM

Fnac, Digitick, Ticketmaster et autres points de vente habituels.

Créé par BNP Paribas, partenaire historique du Téléthon et mécène du jazz par sa Fondation, le 3ème Téléthon du Jazz propose une grande soirée swing, au cœur du quartier latin, au profit intégral de la recherche fondamentale menée par l'AFM-Téléthon.

Quatre heures de musique et de danse avec, en première partie de soirée, le grand bal swing qui fait chavirer le cœur des parisiens et des touristes, danseurs et amateurs de jazz swing. L'Esprit Jazz Big Band, ses treize musiciens et le chanteur crooner Marc Thomas invitent le saxophoniste Stéphane Guillaume, artiste soutenu par la Fondation BNP Paribas de 2008 à 2013, et vous plongent au cœur des années swing de l'après-guerre et des fameux orchestres tels ceux de Count Basie, Duke Ellington ou Glenn Miller.

Dans une ambiance unique et de fête, cette grande formation, rare sur scène, accompagnera les danseurs dans un cadre exceptionnel : la salle des fêtes de la Mairie du Ve à Paris, place du Panthéon.

DJ Psycut prolongera la soirée avec son fameux mix "Jazz Dance". Spécialiste du vinyle et créateur du collectif Jazz Attitudes, il est devenu en plus de quinze ans l’un des acteurs incontournables des scènes jazz dancefloor. "Oui on peut danser sur du jazz !". C’est avec cette affirma­tion et cette détermination que DJ Psycut vous offre les meilleurs morceaux jazz à écouter et à danser.

Venez nombreux participer au 3ème Téléthon du Jazz, le samedi 13 décembre de 20 heures à minuit et demi, à la Mairie du Ve.

BNP Paribas et le Téléthon

Depuis le premier Téléthon en 1987, BNP Paribas s’investit chaque année pour le Téléthon. Pour rendre visible cet événement et faire monter le compteur, les salariés et les compétences du Groupe sont mobilisés. À travers son réseau de 2 100 agences, plus de 3 000 collaborateurs bénévoles organisent de multiples animations variées à travers toute la France. Les dons du Téléthon ont permis de spectaculaires avancées dans la recherche.

L’Esprit Jazz Big Band
Jean-Pierre Solvès : direction, saxophone, flûte ; Marc Thomas : voix ; Joël Chausse, Yves Le Carboulec, Alexis Bourguignon : trompettes ; Jean-Christophe Vilain, Jean-Louis Damant, Denis Leloup : trombones ; Alain Hatot, François Chambert, Xavier Quérou : saxophones ; Claude Terranova : piano ; Marc-Michel Le Bévillon : contrebasse ; Julie Saury : batterie.
+ Stéphane Guillaume : saxophone.

Psycut Dj Psycut (Jazz Attitudes) : platines.






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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 06:03

 

Improvisible. Mise en scène d’Alain Sachs. Théâtre des Bouffes Parisiens (75002) jusqu’au 10 janvier, les samedi (18h30) et dimanche (18h). Concert exceptionnel le 31 décembre à 18 h 30 avec Patricia Petibon.

 Didier-Lockwood3-couleurcDidier-Pallages.jpg 

©Didier Pallages


Il débarque sur scène en manteau et casquette avec sa valise et ses deux violons. Nous voilà embarqués avec Didier Lockwood pour cent minutes d’improvisation. Sans partition mais avec imagination, le violoniste affronte seul le public. Un affrontement tout pacifique. Séducteur, Lockwood a conservé « un regard d’enfant », suivant ainsi le conseil de son maître Stéphane Grappelli. Il ne se prend pas au sérieux, égratignant au passage cette musique omniprésente dans la vie quotidienne et …Pierre Boulez mais ne blague pas quand il joue. Il passe du jazz au classique (un pot-pourri de Mozart) et aux musiques du monde (Brésil, Europe centrale aux accents tziganes…). Le programme varie à chaque représentation : Lockwood improvise sur des idées tirées de chapeaux disposés sur la scène : Dieu, résistance, silence… Un fil conducteur très souple qui permet au lauréat des Conservatoires et à la star du jazz-fusion de s’en donner à cœur joie. « Il sait tout faire », glisse mon voisin d’orchestre. Un spectacle léger qui enchante et donne à approcher cet étonnant mystère de l’improvisation. Et c’est en cela que Didier Lockwood est jazz.

Jean-Louis Lemarchand

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 15:13

Intuition Music

www.intuition-music.com

1 CD+ 1 DVD

 TheSongIsMyStory.jpg

Quel plus bel hommage pour les 80 ans du pianiste sud-africain Abullah Ibrahim !

Un choc !

Le label allemand Intuition a profité d’un concert en solo donné en Sicile en juin 2014 pour en graver à la fois sa captation mais aussi pour réaliser une magnifique interview filmée qui fait l’objet d’un DVD.

A l’aube de ses 80 ans Abdullah Ibrahim dégage une sorte de force tranquille et une sérénité que seuls quelques vieux sages dans ce monde agité peuvent transmettre. Lorsqu’il joue c’est comme si cette sagesse millénaire tombait sur vous et vous enveloppait. Chacune des notes du pianiste est en effet empreinte d’une exceptionnelle profondeur, d’une gravité qui va chercher au cœur même de l’essentiel. Qui va puiser au cœur de la vie, des hommes et de Dieu certainement.

Il y a bien sûr, comme souvent dans l’exercice du piano solo, une sorte d’introspection. Mais avec Abdullah Ibrahim elle prend la forme d’une sagesse chamanique. Une façon d’arrêter le temps. La musique d’Abdullah Ibrahim est méditative et si émouvante lorsqu’elle jette ce regard sur lui-même et sur ses propres racines. Le pianiste dit beaucoup, digresse autour d'une immense improvisation. On y entend parfois Ravel et Debussy, parfois Monk ou la religiosité de Coltrane dans ses réflexions et dans son cheminement. C’est que, comme chez le saxophoniste, il y a dans sa musique venue des township et du jazz d’Ellington une part de religiosité, de gospel et de profondeur croyante. Ce sont parfois comme des chants d’église qui s’élèvent vers le ciel.

La musique d’Abdullah Ibrahim se trouve ici au sommet de l’art du pianiste. Cette musique qui ouvre en chacun les portes d’une méditation profonde. La quintessence du piano solo.

 

Puis suit un documentaire tourné au même moment qu’avait lieu de concert. Documentaire magnifiquement réalisé où le pianiste y raconte l’histoire de ces chansons qu’il a composées. C’est magique comme lorsque, avec générosité il nous fait entrer dans l’intimité de ses compositions, comme lorsqu’il parle d’Aspen et de son imaginaire qui prend forme en musique. Et cette émotion qui surgit lorsqu’il parle de l’amour et de Blue Bolero dédié à la femme de sa vie. Il y raconte aussi avec tendresse ses influences sur la musique de Cap Town, l’apartheid, l’exil et l’incroyable pouvoir politique que sa musique a pu avoir sur tout un peuple en lutte (Mannenberg). Derrière l’apparente simplicité de ses mélodies, il évoque sans fausse modestie la complexité de ses structures musicales et parle de « la profondeur de la simplicité. ». Cette interview que l’on aurait voulu prolonger se poursuit par un extrait de ce concert solo du 26 juin 2014 au Fazioli Concert Hall, magnifiquement filmé au cœur du processus de l’improvisation comme rarement capté par l’écran.

 

On sort de là, le cœur et l’âme chavirée, persuadé d’avoir rencontré un être sublime, sorte de chamane magnifique dont chacune des phrases et chacun des sourires peuvent apporter un supplément de paix et d’amour.

C’est tout simplement bouleversant.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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