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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 20:51

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Sylvain Beuf et Stéphane Guillaume improvisant de concert en pleine rue. La Fondation BNP Paribas a offert ce duel de ténors dans la plus grande tradition aux passants de l’Opéra pour célébrer le 13 octobre ses 30 ans et aussi ses 20 ans d’engagement auprès du jazz.

Quelques chiffres illustrent ce soutien : 21 musiciens et formations accompagnés depuis 1995, 60 CD et DVD édités (en participation). Une implication qui prend aussi la forme de partenariat avec des festivals (Jazz à St Germain des Prés, North Sea Jazz Festival Rotterdam, Saint-Louis Jazz au Sénégal, et le concours international de piano Martial Solal.


Le jazz, entré en 1995 dans le champ d’action de la Fondation BNP Paribas en 1995, constitue l’un des trois piliers de la création artistique soutenue aux côtés de la danse et des arts du cirque. Dans l’actualité récente, la Fondation a par exemple contribué aux albums de Baptiste Trotignon et  Emmanuel Bex, artistes qui se produisent ces jours-ci sur la scène parisienne (Bex au New Morning le 21 octobre et Trotignon le 17 novembre au Café de la Danse).

Globalement, les engagements en faveur de la culture, qui intègrent également l’action pour les musées comme la restauration d’œuvres, se montent à 1,5 million d’euros/ an.  Reste que la Fondation BNP Paribas consacre l’essentiel de ses financements aux actions dédiées à la solidarité (4,5 millions d’euros affectés en 2014 à la lutte contre les exclusions et l’égalité des chances dans les quartiers sensibles).

(en savoir plus fondation    lwww.bnpparibas.com/fondation-bnp-paribas  )

 


 Jean-Louis Lemarchand

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 21:50

 

Island 2014

 jamie-cullum-interlude-album-cover.jpg

 

L’Amérique et l’Angleterre peuvent dormir tranquille. Certes le terrorisme, certes la crise mondiale, certes Ebola frappent à nos portes mais les valeurs de ces grandes nations sont bien intactes et les crooners qui savent donner du bonheur simple aux gens sont bel bien présents. Les enfants naturels de Franck Sinatra, de Nat King Cole et de Mel Tormé chantent encore l’amour sur des mélodies sucrées et des grooves à faire se dodeliner comme avant les ménagères dans leur cuisine.

Alors oui, Jamie Cullum, l’ex-jeune garçon de Rochford fait partie, à 35 ans de cette belle génération qui porte en elle cette part de vieux rêve américain jamais vraiment usé. Elevé maintenant au rang de super star planétaire, Jamie Cullum gagne tous les jours de nouveaux galons dans cette course à la crooneuse attitude qu’il maîtrise avec un talent fou. Avec cette voix exceptionnelle et ce feeling incroyable qui fait qu’il peut à peu près tout chanter avec la même classe. D’une ballade hyper romantique (My one and lonely love), à des trucs pas net comme traînés du côté de la Cité du croissant, New-Orleans (Lovesick blues), ou encore des trucs blues qui groovent grave ( Sack O’ Woe), Cullum peut tout faire et toujours avec talent.

 

Dans cet album un peu fourre-tout on trouve des arrangements hyper classiques et un peu old style. Tout y passe de la formule simple à l’accompagnement d’un big band ou à celui de cordes violonantes et même deux duos, art pour lequel le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment sa cup of tea. Malgré le fait qu’il tourne en boucle sur toutes les radios son duo avec Gregory Porter sur Don’t let me be miss Understood est un peu fadasse tant l’ampleur de Gregory Porter semble jeter loin derrière Jamie-le-faux-bad-boy. Car il a beau essayer de se donner des allures de mauvais garçon Jamie, à chanter ses petites chansons d’amour on y croit vraiment pas. Jamie Cullum fait un peu penser parfois à ces fils de bourges qui sortent de leur appart de Neuilly et se mettent une casquette à l’envers et une ceinture à clous pour faire genre. Ça colle pas.

Mais on ne lui en veut pas à Jamie tant le gamin ( qui n’en est plus vraiment un d’ailleurs) nous en avait mis plein la vue avec « Momentum ». Tant on sait qu’il enflamme les scènes partout où il passe avec un charisme de folie.

Jamie Cullum c'est simple , il dégage ! Avec cet art de rendre le swng évident et les gros mots classieux !

Simplement là, avec cet album conçu parfois comme pour un gala de bienfaisance pour riches milliardaires, il semble avoir pris un petit coup de vieux le Jamie.

On est bien sûr scotchés par cette version simple de Losing You ou par cette ouverture sublime sur Make Someone happy. Bien sûr le feeling est toujours omni présent et ce que fait Cullum, il le fait hyper bien. Mais il faut attendre la toute fin de l’album pour qu’il se passe quelque chose d’un peu inattendu. Et l’on découvre alors avec un vrai frisson cette merveilleuse version de la chanson de Sfjan Stevens ( The Seer’s tower*) avec laquelle, enfin Jamie Cullum fait courir un vrai vent de modernité.

Jean-marc Gelin

( *dont on trouve le superbe original ici https://www.youtube.com/watch?v=RyoMt1-vvbw)

 

 

 

 

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 21:26

 

Coax records 2014 (*)

Ayemric Avice (tp, perc), Antoine Viard (sax), Rafaelle Rinaudo ( elec harp), Romain Clerc-Renaud (kybds), Julien Desprez (g), Simon Hnocq (g), Xuan Lindenmeyer (b), Yann Joussein (dms, compos)

 

retrouvez ici lien avec le collectif Coax records

coax.jpg

 

L’univers de ce jeune collectif est assez chamboule-tout pour s’apparenter à un exercice de style brillant. Oubliez tous vos repères car Coax s’amuse illico à tout déstructurer avec des vraies manies de mauvais garçons. Avec une volonté de soigner les arrangements à l'extrême ils parviennent à mêler allègrement le rock progressif avec une bossa destructurée, du jazz "garage" avec du funk de fanfare qui s'accoquine avec du free jazz rock brouillon. Ça part dans tous les sens et ça le(s) mets en éveil. 

Des sons saturés laissent place à des interférences et des sons parasites. Les tuilages à la manière de DJ’s se superposent sur Discoax, où les sons se brouillent et se gênent.

C'est ultra-inventif même si, il faut bien le dire, à vouloir faire trop dans le colectif,  ça manque parfois d'expressivité et d’interprétation.

 

Mais Coax avec l’humour de bandits pas sérieux fait du détournement sonores. Leur imagination passe par le Liberation Music Orchestra de Charlie Haden, par l’esprit provoc de Carla Bley, par le free d’Ornette. On y entend des montées paroxystiques ponctuées de cris à la Mike Patton ( on pense au Naked City de Zorn) mais l’instant d’après  ce sont des boules à facettes de dance floor qui envahissent une piste qui débouchent sur une plage brésilienne.

Si cette musique est un tantinet déficiente sur le plan émotionnel, elle convoque en revanche un imaginaire presque théâtral, presque artistique. Un imaginaire où l’on retrouve la modernité de quelques dramaturges des temps modernes.

Jean-Marc Gelin

 

 

 (*) Coax est avant tout un collectif de jeunes musiciens. Une coopérativre crée en 2008 et dont sont issus parmi les groupes hexagonaux les plus imaginatifs du moment ( radiation 10, MeTaL-O-PHoNe)

 

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 23:31

 

Label Durance/ Orchêstra

www.label-durance.org 

www.orkhestra.fr

www.atelier-de-musiques-improvisées.com

 

 capucine.jpg

Joli titre pour ce projet ambitieux, car reprendre Brassens et son univers en le chantant est toujours périlleux. Capucine Ollivier s’y est attelé à la tête d’un trio expressif, accompagnée au bugle et à la trompette par Jean Bernard Oury et à la guitare par Alain Soler, pour l’excellent label Durance, basé à Digne dans les Alpes de Haute Provence. Une instrumentation originale « voix-trompette-guitare » qui sert d’écrin aux chansons éternelles de l’ami Georges.

9 chansons à choisir  dans l’intégrale du poète sétois, voilà qui n’était pas chose facile. Celles retenues sont  certes parmi les plus connues, mais sans doute ont-elles été sélectionnées  pour la capacité d’improvisation qu’elles  permettent. Le projet est séduisant car il introduit le jazz dans la grande chanson française à moins que tout simplement la musique de Brassens ne s’y prête. Il est certain que l’un de nos auteurs-compositeurs-interprètes les plus populaires  savait  rythmer sa prosodie. Brassens swingue sans doute, comme Nougaro, bien plus que Brel ou Barbara. Il aimait le jazz d’ailleurs et Django Reinhardt, ne s’en est jamais caché, et savait ce que la « pompe » veut dire. Il s’accompagnait lui-même à la guitare avec le fidèle contrebassiste Joel Favreau.

Capucine Ollivier parvient à créer un univers très personnel, ce qui est en soi  épatant, tant les mélodies semblent coller à la voix de Brassens. Quand Maxime Le forestier reprenait certaines chansons, il agissait en fidèle disciple, en parfait épigone, dans une fusionnelle correspondance de style.

 Capucine Ollivier se démarque volontiers : elle  chante doucement, d’une voix volontairement neutre, « blanche ».  Elle scate aussi  comme dans «La mauvaise réputation » et entraîne alors vers des rythmes plus bluesy  («L’orage ») voire  latin. Sans être adepte de cette forme d’ « élucubration » vocale, il faut reconnaître que  le parti pris est juste et convient à cet hommage réel, discret et tendre. Bien entendu même si c’est plus simple pour une femme, vocalement, Capucine Ollivier ne se place pas du tout dans le même sillon. Car pour qui aime, connaît et donc fredonne les chansons de Brassens, revient toujours en mémoire le rythme marqué, la cadence si spécifique. Et l’humour pince sans rire et aussi très « vache » de Brassens qu’elle arrive à rendre un peu tout de même dans l’inébranlable « Le Temps ne fait rien à l’affaire » où on la sent sourire ....enfin.  Car elle colore souvent d’une nuance mélancolique comme dans le délicat premier titre « Les passantes ».

Le résultat est très original et au bout de quelques mesures, on ne reconnaît plus vraiment  Brassens et cela est bien... elle  l’interprète à sa façon. Tous les arrangements et accompagnements instrumentaux sont résolument jazz et le tempo est volontairement cassé, plus lent, très lent même, brisé parfois. Mention particulière aux formidables accompagnateurs  qui  interviennent en un contrepoint particulièrement réussi  comme dans « Je me suis fait tout petit » ou « J’ai rendez vous avec vous » : le trompettiste/bugliste Jean Bernard Oury s’envole généreusement,  Alain  Soler n’est pas en reste avec une guitare cristalline et perlée.

Au final  cet hommage contribue à faire de ces thèmes intemporels des standards jazz, après Les doigts de l’homme ou les Etrangers familiers, Brassens revient ...encore. Et cela est bon.

 

Sophie Chambon

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 21:04

 

TIGRAN

Un film d'Adrien RIVOLLiER

Co-production Cocottesminute production / Mezzo / Lyon Capitale TV

Avec le soutien : du Fonds pour la Création Musical (FCM), de la Région Haute-Normandie, de la Procirep-Angoa, de la Fondation BNP Paribas
En partenariat avec le festival Jazz à Vienne
Productrice exécutive : Clara VUILLERMOZ
Producteur délégué : Jérôme DUC-MAUGÉ

 

 

Diffusion sur Mezzo le 23 octobre à 20h30

 


 tigran.jpg

 

 

 

 

 

Adrien Rivollier est tombé un jour en amour du pianiste Tigran Hamasyan en l'entendant jouer dans un club de la capitale. Séduit par l'incroyable maturité musicale du jeune pianiste, le réalisateur habitué plutôt aux reportages sur des sujets de sociétés trouve chez Tigran un véritable motif de fascination qu'il a voulu explorer en le suivant chez lui, au plus proche du processus créatif du pianiste.

 

C’est donc sur ses terres arméniennes que le réalisateur suit Tigran et le filme dans une sorte de quête identitaire. Respectant cette démarche lente et introspective, le réalisateur n’a pas souhaité émailler son reportage d’interviews qui auraient pu sonner comme un peu convenues. Le moment se suffit à lui-même.

Il faut alors voir ce reportage pour à la fois entrer dans cette intimité-là mais aussi pour comprendre de quelles racines se nourrit la musique du pianiste. On le suit u plus proche d’un de ses mâitre se musique, déchiffrer ensmebe des textes et partitions anciennes, rencontrer en compagnie de sa grand mère, le chantre du chant traditionnel dans un moment de transmission d’un savoir séculier. S’éclairent alors ses relations avec la tradition, avec ses aînés, avec la transmission d’un savoir séculaire que Tigran se réapproprie avec la jeunesse et la fougue de ses  27  ans.

 

 

http://www.cocottesminute.fr/tigran

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:27

amsallem.jpg

www.amsallem.com

Franck Amsallem (piano, vocals), Sylvain Romano (bass), Karl Jannuska (drums)

 

 

Frank Amsallem persiste et signe...avec ce second volume de chansons, très cohérent et de bonne longueur (36’50), qu’il interprète cette fois en trio, cinq ans déjà après le premier Franck Amsallem sings. Et il a raison de continuer à creuser ce sillon dans lequel il réussit, d’abord parce qu’il aime cette musique que d’aucuns pourront trouver surannée aujourd’hui, et qu’il la joue avec le cœur, sans emphase, avec tout le swing nécessaire et une extraordinaire maîtrise de l’accompagnement. Il a eu certes des prédécesseurs admirables comme Nat King Cole, Fats Waller, Ray Charles qui ont su créer un style inimitable mais même avec un filet de voix, le grand Hoagy Carmichael, auteur de chansons admirables sait nous séduire dans To have and have not par exemple chantant « Am I blue ? » avec Lauren Bacall ou un amusant « Hong Kong Blues »... Rien de mieux qu’un pianiste qui chante ou un chanteur qui sait jouer du piano, l’osmose est parfaite, les solos viennent à point nommé ; c’est toute la différence  que cette vision d’un pianiste qui sait chanter.

Voix de velours sans aller jusqu’à rivaliser avec Mel Torme ou Frank Sinatra, il charme avec ce phrasé nonchalant, décontracté, pro comme seuls les Américains savent faire sur leurs mélodies, réservoir inépuisable. Le répertoire est choisi avec soin, avec ces classiques, ces incontournables du Great American Book dont il avoue ne pas pouvoir se passer (comme on le comprend) et puis quelques perles plus méconnues de Henri Mancini (le final  est «Two for The Road ») ou Jimmy van Heusen  « The Second Time Around ». Franck Amsallem ne compose pas vraiment sauf un autobiographique « Paris remains in my heart ». Mais il est parfois courageux, car plus difficile de reprendre les chansons dont les versions antérieures sont gravées dans la cire ... Comme  ce « Body and Soul » par exemple avec lequel j’ai souvent du mal à oublier quelque version princeps.

La voix est chaude et souple, le phrasé et l’énonciation parfaitement adaptés au sujet, avec  de l’humour dans le parti pris volontairement dynamique de « Never Will I Marry ». Un peu décontenancé au départ par le rythme volontairement langoureux, on admire ensuite ce « Dindi » qui chaloupe merveilleusement, accompagné par le batteur Karl Jannuska qui peut décidément tout faire avec cet épatant éclectisme nord américain. Rebondissant et vif dans ses attaques, toujours franches comme dans « Just One Of Those Things », il maintient le temps avec Sylvain Romano à la contrebasse (écoutez les dans «How deep is the ocean») en accord avec le piano et ses envolées dynamiques.

On sait que les « male jazz singers » ont toujours plus de mal à se faire entendre mais vous pouvez suivre mon conseil, les yeux fermés : écoutez ce trio par n’importe quel temps et pourquoi pas un dimanche matin un peu « gloomy » pour reprendre quelques couleurs.

Sophie Chambon

 


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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 18:41

 

flyer_jazzsurseine_recto.jpg

Jean-Paul Sartre écrivit en reportage à New York: « le jazz c’est comme les bananes cela se consomme sur place ». Le pape de l’existentialisme, que l’on vit fréquenter les caves germanopratines, aurait matière à vérifier son jugement en ce mois d’octobre. Et pas seulement Rive gauche mais aussi (et surtout) dans le nouveau cœur du jazz parisien, les Halles, et bien d’autres lieux de la région francilienne. La troisième édition de Jazz sur Seine, initiative de l’Association Paris Jazz Club, propose en effet du 10 au 25 octobre, pas moins de 130 concerts en 25 lieux donnés par près de 500 musiciens.

Fidèle à sa volonté de développer la fréquentation des clubs, Jazz en Seine met en place une politique tarifaire étudiée avec le Pass 3 concerts (40 €) et l’Offre Découverte (10€.) destinée à un public spécifique (étudiants, demandeurs d’emplois, élèves des conservatoires et écoles de musique).

On retrouvera ces artistes animant tout au long de l’année la scène parisienne Emmanuel Bex, Thomas Savy, Pierre Christophe, Andy Emler, Nicolas Folmer, Gilles Naturel, Jerôme Sabbagh, Rémi Toulon, Leila Martial, Daniel Sidney Bechet, quelques « vedettes américaines » Al Foster, Jeff Ballard, Patricia Barber, Otis Taylor et un coup de projecteur sur les musiciens luxembourgeois …

J.-L.L. 

Programme complet sur www.jazzsurseine.fr

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 23:26

A quoi reconnaît t-on les génies ? A leur folie !

 

Moment unique avec le Superbe et Magnifique jacques Thollot qui vient de nous quitter.

 

 

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 08:11

 

Kakoum ! Records/ Harmonia mundi

 open

S’il n’est plus produit par John Zorn sur son label Tzadik, le saxophoniste Guillaume Perret et son  quartet électrique  continuent à nous troubler par les fulgurances d’une mélodie toujours présente  dans cet Open me plus qu’engageant, sorti chez Kaboum. Etrange performance  qui nous conduit aux portes d’un jazz/funk/rock progressif hypnotique. Une extension du champ sonore  qui  nous fait penser parfois que le saxophone est devenu guitare, tant le son est transformé en associant l’instrument à d’autres machines.  Comme si Perret voyait son bois transformé en torche électrique.

N’ayant pas eu la chance de le voir en live à la Villette, comme l’ami Jean Marc (voir son incandescent article), j’en fus réduite à la seule écoute, d’abord sur France musiques dans Open Jazz et ensuite... sur mon lecteur CD. Ce fut l’un de mes coups de cœur de cette rentrée très estivale.  Pourtant, ce n‘est pas une aventure en terre musicale complètement inconnue. Cette musique crée un espace des plus vifs, grave et dansant  à la fois avec ces bruits insolites, le travail soigné des textures, une rythmique tranchante, comme il le faut. Rappelons, comme on peut le lire par ailleurs, que le bassiste Philippe Bussonnet a joué chez Magma, que Yoan Serra était le batteur de l’Onj d’Yvinek. Quant au guitariste Jim Grandcamp, il est marqué par l’afro beat. Le résultat est surprenant, électrisant évidemment, créant de nouvelles atmosphères en utilisant  couleurs et  timbres différemment. Les thèmes ressortent avec éclat, mis en valeur par un groupe qui joue collectif, réactualise le son funky et groovy, en lui conférant une résonance quelque peu « futuriste ».   

La musique est en expansion dans ce « Brutalum » inquiétant  qui va tourner en boucle sur vos platines alors que « Voluptuous » entraîne sur les terres du jazz éthiopien. Cet album tente-t-il quelque chose de différent en franchissant quelques frontières ? Il nous semble répondre en tous les cas à ce que l’esprit du temps demande. Dès le début de l’aventure de ce quartet, la musique a trouvé ses interprètes. Souhaitons-leur que cela dure ...

 

Sophie Chambon

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 22:17

GUILLAUME PERRET & THE ELECTRIC EPIC : "Open me"
Kakoum Records 2014

open.jpg
Guillaume Perret prend des allures de bête de scène et de véritable star. Avec son sens du spectacle, son public jeune, son couturier attitré, il fallait le voir à la Villette entrer sur scène ménageant ses effets, la lumière rouge sortie de son ténor se détachant du noir de la scène avant d'entrer dans le déluge sonore, entre furie nocturne et jazz new-âge exprimant bien plus que la musique elle-même, un vrai paysage sonore, sorte de ring dont on sort à la fois bousculés et exténués.
Guillaume Perret qu'il soit sur disque ou sur scène y apparait en effet comme une sorte de boxeur engagé dans une maestria fantasmagorique. Car l'essentiel est là, Guillaume Perret se consume dans ces univers magiques qu'il crée, jouant de son ténor comme d'un instrument à créer des foultitudes de sons. Guillaume Perret crée des univers qui convoquent toute sorte de sentiments poétiques et surtout incroyablement sauvages et pourtant au bout du compte,toujours domptés.
S'engage dans une sorte de suite-opéra rock de longue haleine perché très haut dans l'expression d'un véritable spectacle. C'est fait pour être fort et puissant On y entend le vent souffler dans le crépuscule, on y entend les portes grincer et des lampadaires de cristal tintinnabuler dans le manoir. Des voix de sorcières mauvaises s’incrustent dans la bande son à la scénographie très zornienne. « Open me », le titre évoque assez bien cette magic box pleine de surprises mystérieuses, poétiques et terrifiantes à la fois.
On pourra lui reprocher parfois qu'au-delà de la formidable orchestration et de sa science des arrangements, les compostions soient en elle-même parfois un peu inégales. A force de traficoter le son de son sax, il lui arrive d'avoir parfois un son de bigoudaine en goguette ( ouverture). Et de fait, pour l'avoir vu à la Villette on se dit " whaouh" et puis l'instant d'après , "mais ne serait ce pas un poil de too much ?".
Mais ce serait oublier qu’il y a chez Guillaume Perret un vrai son de groupe qui ne ressemble à pas grand-chose de connu.
Ecouter ou voir Guillaume Perret relève d’une expérience quasi sensorielle.

Celui que John Zorn vient d’approcher pour écrire une nouvelle version de ses Book of angels est bien un phénomène. Une sorte de continuateur d’un monde extrême, véritable sorcier en combustion.

Perret brûle t-il ? En tout cas, il se consume. Et nous avec.
Jean-Marc Gelin

 

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