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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 10:19

 

david-krakauer.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14 juillet à Porquerolles. Du haut du Fort Ste Agathe on entend Anna Carla Maza faire ses balances avec Vincent Segal . Nous surplombons la baie de porquerolles aux couleurs  bleues turquoise.

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David Krakauer le maître New-Yorkais du jazz New-Yorkais m’accueille dans les loges et me reçois dans un français impeccable même si l’interview mêle allègrement la langue de Voltaire et celle de Shakeaspeare.

David Krakauer est à l’image de sa musique : prolixe, généreux, amoureux des choses et des mots. Il se dégage de lui un amour de l’humanité.

Avec nous il survole son nouveau projet ( Ancestral Groove), qui vient prendre la suite de son précédent groupe, Klemzmer Madness et Abraham Inc.

Il le sait, il va encore une fois enflammer son public, aujourd’hui celui de Porquerolles qui, avec le bouillonant et génial clarinettiste viendra clôturer en dansant le festival qui ce soir là avait sur scène les véritables couleurs du feu d’artifice.

 

DNJ : C'est la première fois que tu viens à Porquerolles. C'est un lieu qui tinspire ?

 

 

David Krakauer : on ne peut pas être humain sans être touché par ce lieu magnifique. Cette vue, la mer, ce château magnifique c'est superbe. Cela fait une parenthèse extraodinaire sur le chemin de mes tournées.

 

 

DNJ : Ce soir tu vas jouer ton nouveau projet Ancestral Groove, et donc bien sûr ta musique essentiellement tournée sur la musique Klezmer. Comment abordes t-on un concert comme cela par rapport à un public qui n'a pas cette culture ?

 

DK : Mon groupe s'appelle Ancestral Groove. Avant c'était Klezmer Madness mais je trouvais que cela ne reflétait pas mon projet car je ne suis pas quelqu'un qui ne joue pas de la musique klezmer traditionnelle. Bien sûr je suis inspiré par les grands maîtres comme Naftule Brandwein par exemple mais c'était des musiciens des années 20. Je ne suis pas un nostalgique. Je suis plutôt dans l'exploration de mon patrimoine dans l'exploration des émotions très fortes de mes ancestres. J'ai trouvé que "Klezmer Madness" c'était finalement trop spécifique, trop étroit. Là dedans il y a tout mon amour pour le jazz sans quil ne sagisse simplement de coller le jazz avec le Klezmer. Avec Klezmer Madness il y a toute l'histoire que nous avons écrit avec So Called autour du Klezmer en ajoutant des samples et aussi tout ce que nous avons fait avec Fred Wessley autour du funk où nous avons créé une vraie rencontre entre le monde juif et le monde afro-américain. Tout cela, comme les rencontres avec  le répertoire de John Zorn, fait partie de ma propre histoire. Les premiers albums chez Tzadik et le Radical Jewish Culture, ce sont aussi des moments fondateurs pour moi. Lorsque j'ai sorti mes 2 premiers albums de Klezmer Madness et Klezmer New-York, je les ai fait écouter à mon ami Alex Dutilh ( Producteur de Open Jazz sur France Musique et alors rédateur en Chef de Jazzman). Il m'avait proposé de les faire jouer au Festival à Amiens en 1999. J'ai joué là-bas et tout de suite j'ai commencé ma collaboration avec Label Bleu. Ma carrière en France a commencé avec ces deux premiers disques sortis chez John Zorn. ET ensuite comme tu peux le voir beaucoup de chose ont contribué à la constitution de mon propre patrimoine musical. Mais dans le projet Ancestral Groove, il ne sagit pas que de mon patrimoine mais aussi de celui de mes ancestres.

 

 

DNJ : Revenons sur cette collaboration avec Fred Wessley. A t-elle marqué un tournant dans ta façon de voir l'évolution de ta propre musique ?

 

 

DK : Cette rencontre est importante. Elle a commencé surtout avec ma collaboration avec So Called. J'ai rencontré p Called en 2001. C'etait  un jeune homme d'une 20 aine d'années.

Il m'avait proposé d'écouter un disque qu'il avait gravé dans son sous-sol à Montréal ( "Hiphopkhasene") et je me suis dit : franchement la musique pour Pâques juive avec des boucles de hip hop, ça va pas être très très bon. Mais j'aimais beaucoup ce garçon alors j'ai écouté son disque.

(.../... lire la suite ici : DAVID KRAKAUER ET LA MODERNITÉ DES ANCESTRES)

 

 

Interview David Krakauer réalisée par Jean-Marc GELIN le 14 juillet 2014 dans le cadre de Jazz à Porquerolles

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 18:48

 

 

 

Distribution harmonia mundi / LABEL LA BUISSONNE

www.brunoruder.com 

www.labuissonne.com

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Bruno Ruder n’en est pas à son coup d’essai. On peut même dire qu’il n’a pas perdu son temps, puisqu’il joue avec Riccardo Del Fra depuis son passage au CNSM, a été l‘un des fondateurs du trio Yes is a Pleasant Country , a tenu pendant trois ans le rôle du pianiste de Magma, continue l’expérience de Radiation 10 (réunion de musiciens affiliés au collectif Coax )...

Lisières est néanmoins le premier album solo du jeune pianiste, où il place fluidité de l’énergie, développement créatif, et improvisation dans ses priorités et son carnet de route.  Si le piano se prête plus facilement à l’exercice délicat du solo, Bruno Ruder avertit dans ses « liner notes » fort éclairantes, qu’il ne tenait pas à réaliser «la réduction pour piano» d’une musique orchestrale, en profitant du formidable instrument de la Buissonne.

Il nous révèle en une sorte de récital, tout son art des pièces vives, libres, subtiles, aux motifs répétés, servant de base à des improvisations colorées, tantôt fougueuses, tantôt  plus  impressionnistes. Chacune des compositions, plutôt longues, est une « étude » sérieusement menée, objet d’un développement qui illustre une « idée », tout en prenant son temps pour s’aventurer dans les recoins. Il écrit pour le piano et à travers lui, choisissant délibérément l’acoustique, sans avoir recours (et on l’en félicite) à la préparation du piano. Et pourtant, il s’intéresse et cela s’entend d’un bout à l’autre de l’album, à la texture du son, aux résonances et à leur traitement. Le travail sur les rythmiques est l’un des enjeux forts de sa recherche. Le résultat traduit une cohérence certaine dans cette suite qui ne cherche pas à modifier les genres, alterner les styles, mais dévoile l’élégance d’un piano mélodique et sombre.

On admire  le tour de force de ce voyage autour de la chambre, où technique et virtuosité restent au plaisir de l’imaginaire mis en lignes musicales. Voilà une exploration très personnelle qui réconcilie, si besoin était, avec la complexité des sons et des rythmes libres. On se laisse bien volontiers entraîner dans cette expérience des limites, aventure dans les marges, jamais facile, mais séduisante pour peu que l’on s’y abandonne.  Ce que l’on retient , c’est que, singulier pluriel, le piano de Bruno Ruder n’a jamais mieux résonné.

Sophie Chambon

 


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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:33

 

Jazz Village 2014

Xavier Desandre Navarre (perc, dms), Stéphane Guillaume ( sax, fl, clb), Stéphane Kerecki (cb), Bruno Rousselet (cb), Emil Spanyi (p), + Alan « Allonymous » Conway (vc) sur « Gil », Vincent Peirani ( acc) sur Andaluciana

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Xavier Desandre Navarre est devenu un musicien incontournable de la scène hexagonale et d’ailleurs. De ceux que tout le monde s’arrache tant ses talents de polyrythmicien raffiné et subtil sont recherchés qu’il s’agisse de lui comme batteur mais surtout de lui comme admirable percussionniste. La richesse de ce qu’il exprime est infinie dans sa recherche des sons, des placements et des influences venues du monde entier.

C’est justement ces effluves et ces parfums envoûtants venus d’Afrique ou d’Asie que Xavier Desandre Navarre marie fort subtilement au blues et au groove. Une ouverture assez classique portée par un gros son de Stéphane Guillaume laisse place au pianiste Emile Spanyi comme toujours éblouissant. Ce pianiste-là, on le reconnaît immédiatement tant il développe un style propre, percussif mais pas trop, lyrique mais pas trop, avec toujours un sens inné du swing et une vraie délicatesse au bout des doigts, économe des phrases inutiles. C’est d’ailleurs dans le morceau suivant qu’il nous offre un magnifique moment de flottement éthéré en trio sur Mango Flower.

Si le morceau d’après est un peu moins intéressant sur le plan compositionnel, Sodeska donne en tous cas l'occasion d'entendre un groove tout en nuance où Desandre Navarre apporte  milles et un sons aux ostinatos de contrebasse. XDN fait mouche quand il installe ensuite un climat un peu roots et jungle, limite chamanique comme ce Ganwondo Airang venue d’un traditionnel coréen où le saxophone de Stéphane Guillaume se fait sinueux comme un serpent avançant tout en lacis subtils et lents à la fois. Où alors dans Follow my backlight envoûtant, où la clarinette basse et la polyrythmie de XDN nous guident dans cette épaisse moiteur d'une jungle profonde. Un hommage parlé-chanté aux deux Gil ( Evans avec qui il a joué et Scott Heron avec qui il aurait aimé jouer) prend la suite avec ce même tempo d'un blues traînant et poisseux.

Au gré de l'album on est frappés par l’étendue des sons déployés par Xavier Desandre Navarre véritable caméléon-sorcier vaudou - magicien des peaux et des résonances.

 

Un moment de swing doux s'installe avec Stéphane Guuillaume (admirable) à la flûte sur

(Promesse). Mais c'est un morceau presque bâclé, en tous cas bien trop court ( coït interrompu) que l'on aurait aimé voir se déployer bien plus longuement tant la magie du groupe y fonctionne à merveille sous les enluminures d’un Spanyi très inspiré, ou encore dans ce magnifique morceau (toujours à la flûte sur Let it like this) encore une fois à la limite de l'ensorcellement.

Car avec In Pulse c'est bien de cela dont il s'agit. D'une voluptueuse sorcellerie.

Xavier Desandre y fait des merveilles, apportant à la musique une pulsation

Vitale. A entendre le blues se marier aux polyrythmies proches de la musique aka ou des gamelans d’Asie on se dit que Xavier Desandre Navarre avec la sérénité des sages parvient à rendre le monde plus proche. Et la pulse vitale qu’il instille sous la peau de ses tambours porte en elle cette force universelle qui fait vibrer le monde.

Jean-Marc Gelin

 

Prochains concerts :

 

- 19/09 au Sunside à Paris

- 27/09 à Cerny

 

 

 

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2 août 2014 6 02 /08 /août /2014 07:49

 

Motema 2014

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Si vous avez les pieds qui vous démangent en ce mitan de l’été caliente, n’hésitez pas un seul instant. Avec l’afro latin jazz orchestra du piansite et chef d’orchestre Arturo O’Farrill, vous allez être servi. C’est vrai, vous allez me dire, tout est dans le titre et a priori il devrait pas y avoir de surprise.

Et pourtant si les clichés de la musique cubaine, de la salsa sont bien présents avec tout plein de cuivres et de soufflants comme on aime, avec des musiciens qui jouent en faisant avec classe un petit pas à gauche un petit pas à droite sur un rythme de salsa que c’est pas possible de rester de marbre, il , le pianiste-arrangeur se montre néanmoins d’une passionnante inventivité. Certes ces gars-là envoient la sauce comme pas possible.

 

Mais autour du groove Arturo O' Farill apporte un soin extrême à la qualité de ses arrangements, invite des guest stars ( Vijay Iyer, Donald Harrisson, DJ Logic) varie les couleurs tout en gardant la trame latine. Rythmiquement c'est l'enfer comme sur ce Quarto de colores qui met la barre particulièrement haute pour parvenir à cette pâte homogène en alliant percussions et harpe. Il y a des moments forts comme cette Gnossienne 3écrite comme une suite et cette voix d'Antonio Lizana (magnifique et sublime sax alto !!!). Au carrefour de plusieurs musiques, Arturo O’Farrill sort la salsa de ses enfermements et donne dans le syncrétisme. Ajoute ici un slammeur ( DJ Logic), fait descendre son big band de latinos dans la cité du croissant un jour de mardi gras ( On the corner of maleca and Bourbon), installe des tourneries latines comme sur ce The mad hatter featuring Vijay Iyer totalement hypnotique.ofarrill2.jpg

Toujours sur le qui-vive, toujours inventif, Arturo O’ farrill se révèle un compositeur, arrangeur et chef d’orchestre de très haute volée et de grande classe. De la race des seigneurs, il vous emmène dans une sorte de narration intelligente, farandole  dansante aux carrefours de tout plein de musiques percussives. En conviant toutes ces influences dans un creuset magnifique, O’ Farrill bouscule les codes de sa propre latinité. C’est passionnant.

Jean-Marc Gelin 

 

 

 

 

  

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31 juillet 2014 4 31 /07 /juillet /2014 08:24

 

Blue Note 2014

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C’est pas comme ça que Blue Note devrait fêter son anniversaire. Certes Bobby Hutscherson fut l’un des héros du label dont il a signé parmi les plus belles plages. Mais avec cet album très classique jouant sur les fibres d'un hard bop un peu policé, Blue Note comme Hutcherson prennent de l'âge et peinent un peu à développer des idées neuves.

Heureusement il y a ici l'apport d'un Dave Sanborn ( c'est vraiment une année de come back pour lui) au son acéré et brut, qui enfonce les lignes avec une aisance toute aérienne et gracile. A l’instar d’un critique de Downbeat ( voir le numéro de juille), je pense que c’est une des meilleures prestations qu’on ait entendues de lui ces derniers temps. Avec Joey de Francesco à l'orgue on est en plein dans cette esthétique ces albums qui ont fait la légende du label ( on pense à ceux de Jimmy Smith ou ceux de Lou Donaldson, en, moins boogaloo).

Pourtant il y manque le feu. Chacun des intervenants fait le gig, sûr de son propre talent sans toutefois que l'énergie soit réellement au rendez-vous. On parle ici de l'énergie collective, de ce fluide du groove qui circule et se transmet d'oreille à oreille, de pieds en pieds. Peut-être à cause d'une rythmique un peu lourde qui ne parvient pas à épauler les trois solistes malgré les efforts louables de cet incroyable phénomène de Billy Hart qui semble faire pourtant ce qu’il peut. A moins encore que ce ne soient les arrangements qui soient finalement en cause. Un peu trop sages à notre goût.

Il y a une tonalité un peu désuète de jazz 90's qui à force endort un peu. La vue est certes belle, mais sur cette carte postale, elle est un peu passée.

Dommage

Jean-Marc Gelin

 

ps : ça c'etait bien, mais c'etait hier....

 

 

 

 

 

 

 


 


 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 22:10

 

Reportage photo de Philippe Thievenaz

 

 

 

 

 

Jazz en fanfare dans les rues de Porquerolles

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Montée au fort en fanfare

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Le Fort Ste Agathe avant les étoiles

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Soirée Blues d'Archie avec Jean-Paul Bourelly, Tom Mc Clung, Hamid Drake et Reggie Washington

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Monica Passos en diva déjantée à faire danser et vibrer le monde

 

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Christophe Leloil et Nicolas Pacini

 

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Los Gojats : les enfants d'Uzeste manifestent !

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Simone la paroleuse dans les rues de Porquerolles

 

Simone le mot en bouche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soirée magique, la rencontre d'Ana Carla Maza et de Vincent Segal

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Les after en flammes avec los Gojats

 

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Porquerolles by the sea, repaire de pirates amoureux de la mer et du jazz

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 14:50

Plus Loin Music 2014

Thomas Savy ( clb), Michael Felberbaum (g), Pierre de Bethmann (p, fder), Stephane Kerecki (cb), Karl Jannuska (dms)


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Forcément Thomas Savy, grand amateur de rugby devant l’éternel a dû faire sien cet adage : "on ne change pas une équipe qui gagne".

 

Souvenez vous, il y a quelques années de cela, en 2006 nous nous étions enflammés pour la première édition d’Archipel dans ces colonnes mêmes (THOMAS SAVY: Archipel)

Le clarinettiste remet le couvert aujourd’hui avec la même équipe et surtout un nouvel archipel à découvrir. Un archipel aux couleurs bleutées des notes bleues du blues et d'un jazz aussi bleu que la jazz peut être bleu.

Digne héritier de Jimmy Giuffre parfois, d’Etic Dolphy d’autres fois, Thomas Savy donne le sentiment qu’avec une clarinette basse il parviendrait à jouer seul le son d’un orchestre tout entier. Il passe de la longue phrase mélodique glissante à l’apreté du blues avec une facilité confondante, alliant dans un même mouvement la saleté qui colle aux basques d’un jazz poisseux (Stones, Misterioso) aux élégantes ligne mélodiques ( Archipel, Father bear). C’est que Thomas Savy exprime la synthèse même de ce qu’il est : un musicien aussi classique que jazz. Ou aussi jazz que classique. C’est vous qui voyez. Lorsque l’énergie vient du plus profond  des poumons et du ventre et s’exprime dans des moments où la puissance de ce qui est dit se marie à sa légèreté des notes flottantes, Thomas Savy montre bien qu’il est vraiment l’un des très grands de l’instrument.

Sa complémentarité avec Michael Felberbaum est éclatante et chaque intervention de ce dernier est une sorte d’enluminure, comme le prolongement naturel du discours du clarinettiste, par d’autres moyens.

 L’album est tout simplement beau. Parfois touchant aussi comme sur ce Father Bear comes Home où l’on imagine quelle belle berceuse Thomas Savy doit jouer à ses enfants avant qu’ils ne s’endorment.  Archipel c’est aussi des climats entre chiens et loups qui s’installent parfois (Stones) Et puis il y a derrière Archipel un groupe tout entier qui interagit au quart de tour (écouter O’Mc Henry, thème composé par Karl Jannuska), totalement fusionnel.

Magnifique version aussi de Misterioso où les graves de la clarinette de Thomas Savy offrent une superbe lecture du thème de Monk qui ne dévoile entièrement et pudiquement qu’à la fin de ce long préliminaire.

 

Duke Ellington et Billy Strayhorn disait «  a drum is a woman ». Où l’on découvre ici qu’Archipel n’est pas un ensembe d’îles mais au contraire d ‘ « elles ». Avec cet album Thomas Savy donne à la clarinette basse des allure félines de femmes ensorcelantes, à la fois chanteuses et danseuses lascives, irrésistiblement sensuelles qui nous prennent sournoisement dans leurs filets.

Un acte d’amour en somme.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 09:11

 

joshuaredman trios cover

Nonesuch rcords 2014

 

Joshua Redman (ts, ss), Gregory Hitchinson (dms), Matt Penman (cb) ou Reuben Rodgers (cb)

 

Sur le chemin de votre bel été, vous aurez certainement l’occasion de croiser un festival de jazz. Et dans ce festival vous aurez peut être l’occasion de tomber sur le jour où Joshua Redman se produira sur scène.  Alors, si vous ne connaissez pas l’animal ( et que donc, vous habitiez sur la planète mars durant les 20 dernières années), ce disque est absolument fait pour vous et vous donnera un bel aperçu de ce qui vous attend.

Enregistré en trio pianoless, en live dans deux clubs américains , au Jazz Standard de New York ou au Blues Alley de Washington DC, cet album est la démonstration éclatante du talent fou du saxophoniste. Il sait à peu près tout faire avec son biniou. Il peut vous tuer avec ce son venu de toute sa tradition jazzistique, comme sur Mack The Knife ou Never let me go. Ce son qui vient de tous les grands ténors en passant par Rollins bien sûr mais aussi Coleman Hawkins qui, on le jurerait, lui fait des clins d’œil de sa tombe. Plus aucun ténor n’ose aujourd’hui jouer avec ce son si grave. Ce son qui se perd un peu aujourd’hui et qui ramène à toute la tradition.

L’ancien maître de L’Elastic Band ( où il faisait le monde plus funky) groove comme un Dieu, se permet des moments de folie douce ( Trinkle, tinkle), se fraye son chemn en mutin de l’improvisation alerte. L’auteur de  James Farm installe une proximité immédiate avec son public avec une belle générosité. Ca sent la chaleur moite et l’odeur un peu acre des verres d’alcools de clubs de jazz. On imagine le public debout, n’y tenant plus.

 

A 45 ans le fils de DeweyRedman est à son zenith et tutoie les étoiles du jazz. Parmi les plus grands ténors actuels. Joshua Redman montre qu’il ne se cantonne pas à ces grandes performances données partout dans le monde et organisées par des tourneurs qui lui font remplir des salles énormes mais qu’il reste aussi un jazzman de club, celui qui sait mettre le feu avec ses acolytes complices et tout aussi coupables.

 

Si vous l’avez loupé dans le début de l’été, Redman vous donne une autre chance

-       samedi 27 juillet en clôture du festival du Parc Floral à Paris

-       à Vannes le 29 juillet

-       à Jazz à la Villette le 9 septembre

 

 

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 08:27

 

Jazz à Radio France : déjà plus de 4000 signatures pour la pétition

Lancée voici une semaine par le pianiste Guillaume de Chassy, et un prestigieux comité de musiciens dont les membres d’honneur sont Martial Solal et Francis Marmande, la lettre-pétition adressée aux autorités de Radio France et de l’Etat (ministère de la Culture, Elysée) pour le maintien du Bureau du jazz de Radio France a déjà recueilli plus de quatre mille signatures. Des musiciens de toutes nationalités, des organisateurs de festivals, des patrons de clubs, des responsables de maisons de disque ont signé ce texte qui a été relayé par de nombreux médias spécialisés et également généralistes, témoignant de la vive émotion suscitée par la coupe claire décidée par Radio France pour la diffusion du jazz. A la mi-journée le  16 juillet, ils étaient déjà 4071 à avoir manifesté leur engagement.

Une telle mobilisation n’a pas été sans provoquer un certain étonnement, teinté d’agacement, chez certains responsables de la radio publique. Jean-Pierre Rousseau, le nouveau directeur de la musique à Radio France s’est défendu sur son blog dans un article consacré au festival d’Aix en Provence où la ministre de la culture, Aurélie Filippetti a jeudi dernier évoqué la programmation musicale de Radio-France.

Nous citons les propos de M. Rousseau : « Il y a eu de l’émoi sur les réseaux sociaux, comme toujours en France, sur la base de rumeurs, de suppositions, certains ont lancé des pétitions pour protester contre quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui n’aura pas lieu…La ministre, que j’ai complètement rassurée, me prenant à témoin, réaffirme : "L’exposition des musiques de création et du jazz est intangible pour le ministère. Ces musiques doivent avoir toute leur place et je ne doute pas qu’elles l’auront". » (fin de citation).

Il reste que le responsable du Bureau du Jazz, Xavier Prévost, a témoigné la semaine passée que son contrat pour son émission "Le bleu, la nuit….", sur France Musique, ne serait pas renouvelé (ainsi que lui a indiqué le 26 juin la nouvelle directrice de France Musique, Marie-Pierre de Surville); et que son autre contrat, celui du bureau du jazz de Radio France, ne serait pas davantage reconduit (comme l’en a informé Jean-Pierre Rousseau le 3 juillet).

Pour l’instant, les initiateurs de la lettre-pétition souhaitent ardemment rencontrer les responsables de Radio-France pour obtenir des éclaircissements sur ce dossier et des garanties sur la place du jazz dans les programmes et le maintien du Bureau du Jazz, qui contribue à la création et à la diffusion du jazz par l’organisation de concerts à la Maison de la Radio. Une trentaine d'orchestres s'y produisent chaque année, et la retransmission des concerts sur les antennes de la radio publique, et également sur le réseau des radios partenaires (UER en Europe, NHK au Japon, NPR aux USA) participe largement au rayonnement de la scène hexagonale.

Les analystes de la jazzosphère se plaisent aujourd’hui à rappeler que voici deux ans, la toute jeune ministre de la culture avait choisi de consacrer une de ses premières sorties dans le milieu du spectacle vivant au festival de Marciac…. Qui avait également reçu la visite du président François Hollande…C’était en août 2012.

 Jean-Louis Lemarchand

 

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 07:58

du 10 juillet au 15 septembre

 

GALERIE ARGENTIC

7 rue Taylor

75010

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Martial Peres, vous ne le voyez pas mais à chaque concert on peut percevoir son crâne dégarni au premier rang, disparaître sous une forêt d'appareils photos.

Martial photographie depuis des années les plus grandes stars du jazz en noir et blanc, en argentique. On sait notamment la passion qu'il porte aux jazz woman dont il livre des clichés rares. Ces dames doivent finir par le savoir tant elles semblent bien le lui rendre.

 

L'occasion, durant une de vos ballades estivales dans Paris d'aller voir cette belle exposition. Touchante.

 

A ne pas manquer

 

expo peres

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