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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 10:34

 

Motema 2013

 rene-marie-i-wanna-be-evil-with-love-to-ertha-kit.jpg

Wycliffe Gordon (trombone), Adrian Cunningham (saxophone ténor, clarinette, flûte), Etienne Charles (trompette), Kevin Bales (piano), Elias Bailey (contrebasse) et Quentin Baxter (batterie)

 

 

Attention, immense album de jazz vocal ! La chanteuse René Marie va en effet certainement marquer l’année avec ce nouvel album qu’elle dédie à son idole, la chanteuse et danseuse Eartha Kitt. Rarement autant de chose sont dites avec autant de feeling. Il faut dire que le répertoire et l’histoire d’Eartha Kitt sont en eux-mêmes source d’inspiration et matière à référence s’agissant d’une chanteuse née d’un viol dans une plantation de coton de Virginie et qui parvint à faire carrière sur scène à Broadway sur le petit écran des télévisions américaines. Un modèle en sorte et un culte absolu que lui voue Renée Marie avec des airs crâneuse de défi au monde.

René Marie, nous l’avions il est vrai un peu perdue de vue. Et c’est un peu honteux car disons le tout net Renée marie, est la quintessence même du jazz vocal. Jugez en au dernier album : rien, absolument rien à jeter dans ce opus produit sous la houlette de Jana Herzen, la manager du label Motema dont les goûts sont assez sûrs pour avoir repéré et produit il y a quelques années Gregory Porter à ses débuts. René Marie est une TRES grande chanteuse de jazz. De celles qui montrent qu'avec très peu d'effets de manche, elle peut parvenir à bouleverser son monde juste en quelques paroles chantées. Reine du blues, elle fait groover lascivement quelques accords de 7ème avec une sensualité absolument débordante, irrésistible qui ferait fondre n'importe quelle banquise, voire se liquéfier d'émotion n’importe quel cadre de banque. C’est dire !

René Marie est au-delà du chant et au-delà du jazz. Elle ne scatte pas mais elle met dans ses bagages quelques histoires qu'elle raconte avec une passion murmurée, pas envoûtante mais terriblement torride à l’image de ce Week-end dont elle a écrit les paroles.

Les arrangements sont absolument formidables et mettent la chanteuse sur orbite. Jusqu'à ce " C'est si bon" absolument délicieux chanté en partie en français et admirablement servi à la clarinette par Adrian Cunningham.

René Marie, tout à tour femme fatale, femme sauvage, femme inclassable voire un peu gamine parfois est éprise d'une certaine tradition qu'elle porte avec une aisance absolument confondante. Tout est juste, la phrase prononcée de manière juste, la phrase rythmée de façon juste, le juste swing, la juste émotion, la juste passion. René Marie chante avec un brin de gourmandise mutine et avec un art consommé de la séduction. Celle qui feint l'indifférence et nous touche en plein coeur, attrapé que nous sommes par le bout de la cravate et convié et consentant à la suivre jusqu'au bout de tout.

renee-marie.jpgDes bouts de phrase " What a week end !", " Oh John don't kiss me " , " c'est si bon" prennent avec René Marie une résonance particulière. René Marie amoureuse des mélodies n'oublie pas, comme toutes les grandes chanteuses, le poids et la signification des mots avec lesquels elle engage un sacré numéro de charme. Des riffs de basse martèlent le tempo sur lequel René marie élève le blues à un haut niveau d'incandescence ( let's do it ou Week end). Derrière ça joue terrible et la direction d'orchestre parfaite vient ponctuer juste comme il le faut le propos de la chanteuse avec pêches, glissandos, growl ( Santa baby, I wanna Be evil). On notera d'ailleurs ici les belles performances de Wycliff Gordon,  par ailleurs trombone chez Wynton Marsalis.

 

N’hésitez pas un seul instant, courez vous procurir "I wanna be evil" car c’est sûr, à moins que vous ne soyez de bronze, vous aller fondre à l’écoute de cet album, totalement conquis par cette chanteuse inimitable. Celle dont vous allez à coup sûr tomber raide dingue, c'est elle !

 

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 22:08


 
(58minutes)

Kind of black & white est une invitation, l'espace d'un week-end, au festival Jazz in Marciac pour rencontrer quatre artistes majeurs de la scène jazz : le pianiste Randy Weston, le charismatique Marcus Miller, Wynton Marsalis et le trompettiste Roy Hargrove.
 
Le regard aiguisé du photographe Philippe Lévy-Stab constitue le fil conducteur du voyage. Et à travers ses images, c'est toute l'humanité des musiciens que l'on perçoit. Séances de pose, moments de concerts, intimité des coulisses, exposition sur scène : comme si, entre instants figés et mouvement, les artistes n'étaient là que pour nous.
 

 

ARTE Programmes
Cliquez ici : http://www.arte.tv/guide/fr/043746-000/jazz-in-marciac-2010?autoplay=1

 

ARTE Image v.5

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25 novembre 2013 1 25 /11 /novembre /2013 21:30
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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 19:25

 

Samedi 18 novembre

www.djaz51.com 

 

KUBIK’s MONK: Pierrick Pedron  (saxophone alto), Thomas Bramerie (contrebasse),  Frank Agulhon (batterie)

Arborant un tee-shirt à l’image de leur pochette, les musiciens entrent en scène pour un récital  Monk joué avec brio par un trio décomplexé.

Je me souviens d’avoir écrit sur ce même site, alors que le CD sortait chez ACT : Voilà que Pierrick Pedron revient à Monk et cela pouvait faire peur : comment osait-il s’attaquer au roc aride et tranchant, à ce géant bancal et inimitable, ce pianiste fou et génial ? Aux côtés de Monk, a défilé la fine fleur du jazz moderne de l’époque, les batteurs Kenny Clark, Art Blakey, Max Roach, le contrebassiste Oscar Pettiford,  le trompettiste Clark Terry...

Avec ses fidèles complices, Franck Agulhon, Thomas Bramerie, l’une des plus belles rythmiques jazz actuelles, Pierrick Pedron fait entendre la formidable musicalité de la musique de Monk dans des compositions peu jouées, comme ce « Who knows » qu’affectionnait Steve Lacy, « Ugly beauty », « We see », « Trinkle, tinkle », l’étonnant « Skippy ».  Rejouer sans piano ces petites pièces, aux titres improbables, n’est vraiment pas facile, car il faut entrer dans la logique de Monk, s’adapter à sa vision des choses, reproduire en l’adaptant une architecture complexe, une «  toile en trois dimensions » à la  façon des cubistes. « L’ermite » Monk va  loin dans son souverain mépris des règles, ne suivant que son « tempo intérieur». Laurent de Wilde a écrit que dans Monk, « rien n’est carré, tout est de guingois...La tyrannie de sa mélodie singulière est totale, et l’improvisation, plus que jamais est totalement asservie ».

 Le résultat  est une musique précisément ciselée : avec l’expérience de nombreux concerts,  elle a acquis une lumineuse « évidence », elle respire et s’épanouit  comme dans ce titre justement, qui débute le set. On retrouve les envolées, toujours très lyriques de Pierrick Pedron  et sa généreuse sonorité. Un sacré défi qu’il s’était lancé ... et qui a réussi ( il rêve à présent d’un Kubik’s CURE, toujours avec ses potes). Car le chant monkien resurgit dans la musique du trio, sans que cela ne ressemble à un hommage ou un « tribute » de plus. Quel talent pour se risquer en solo à jouer le célébrissime « Round Midnight » sans tomber dans une reproduction trop serrée.

Après le concert, la conversation s’engage entre le saxophoniste et le président de l’association du festival ( bénévole , pharmacien de son état, pianiste et fin connaisseur de  Monk) autour de l’œuvre du « maître » (75 titres au moins)  et de ces jazzmen, véritables « chevaliers de l’éphémère » (Pascal Quignard) qui fondèrent le be bop.

 

Le Diaporama Pedron par Alain Julien

 

Eric Seva ( saxophones baryton, soprano, sopranino), William Leconte (piano), Didier Irthusarry (accordéon), Pierre François “Titi” Dufour ( batterie)

Décidément, Francis Le Bras, le directeur du festival a concocté une soirée réussie au style musical plus limpide et familier, illustrant la formidable plasticité du jazz actuel.

Changement de set  pour le dernier groupe, les Espaces croisés d’Eric Seva, saxophoniste vivant à Marmande dont le premier album en leader en 2005, Folklores imaginaires obtint un succès vraiment mérité. Il manie le baryton avec aisance, mais ne dédaigne pas le soprano et sopranino. Il continue son voyage au long cours avec une formation originale, où contrebasse et guitare sont remplacées par piano et accordéon, fort élégamment... C’est un tout autre style que l’on entend, des premières notes de « Résonances » ou « Crossroads » jusqu’au final. On embarque pour un itinéraire sans fausse note, au carrefour d’influences assimilées finement, de musiques traditionnelles («Les roots d’Alicante») : un jazz à « l’identité vagabonde», sensible, fraternel, qui exalte les  rencontres. La musique se risque et s’épanouit dans le souffle du leader et le son inoubliable de l’accordéoniste Didier Ithursarry.

 

Le diaporama Seva par Alain Julien

 

 

Sophie Chambon

 

 

 

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 17:00

Le parfum ( sebastien Jarrousse)

 

Mise en ligne le 26 janv. 2013

Sebastien Jarrousse- Soprano Sax
Lisa Cat-Berro- Alto Sax
David Patrois- Vibes (hidden)
Alex Perrot- Contrabass
Ariel Tessier- Drums

 

 

 

"CRASH 2000" SEBASTIEN JARROUSSE

 

 

Mise en ligne le 27 janv. 2013

Sebastien Jarrousse- Soprano Sax
Lisa Cat-Berro- Alto Sax
David Patrois- Vibes (hidden)
Alex Perrot- Contrabass
Ariel Tessier- Drums
Hosted by Sebastien Llado- Trombone

 

2013-09-25 Quartet Session- Eiderdown

 

 

Mise en ligne le 29 sept. 2013

Tam De Villiers- guitar
Gianluca Renzi- upright bass
Luc Isenmann- drums
Host: Sebastien Llado- trombone

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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 22:33

 

Galerie l' EXPO – 5 rue Maurice Bouchor – 75014 PARIS

jazz-au-feminin.jpg    Biographie--Martial-Peres-realisee-par-Marie-Buscatto-po.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

jazz-au-feminin-logo-1-copie.jpg

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 17:40

Vingtième édition du  REIMS JAZZ FESTIVAL : du jazz dans les bulles
(14 au 23 novembre)

 

AfficheDjaz51.jpg

 Photo Alain Julien

 

OPEN JAZZ en direct
Cap sur Reims, à seulement quarante-cinq minutes en TGV pour assister au premier week end  du festival Djazz 51. Dans le train, j’ai retrouvé Alex Dutilh qui poursuit sa tournée Open Jazz sur France Musique, après Marseille et Nevers. Sans plus tarder, nous filons au Centre Culturel St Exupéry, plus précisément au  Bar éphémère de Pierre Roy-Camille, au comptoir duquel la radio s’installe. J’assiste à l’émission, comme les auditeurs ravis du direct : une heure de  conversation et d’échanges entrecoupés de longs extraits musicaux et le luxe d’un premier morceau de ...8mn, « Illinx Bassline » du contrebassiste Marc Buronfosse. Francis Le Bras, figure essentielle du festival, pianiste et directeur artistique, l’un des créateurs du label Vent d’Est est là, heureux de partager son amour du jazz, de donner à voir et entendre des musiques actuelles.
 Alex Dutilh, excellent maître de cérémonie, relance l’échange, divertit tout en instruisant, sans oublier les coups d‘œil dans le rétroviseur ( un titre de 1962 du trompettiste d’Howard Mc Ghee « Blue Duende » dans Nobody knows you when you’ re down and out).  Il commente avec ses invités l’évolution du jazz actuel, musique difficile à immobiliser dans une définition » ( Enzo Cormann).

 

Sophie-Chambon-Open-Jazz.jpg

 Open Jazz d'Alex Dutilh: Francis Le Bras, Alban Darche, Marc Buronfosse

 

Vendredi soir 15 novembre : J.A.S.S


Sébastien Boisseau (contrebasse), John Hollenbeck (batterie), Samuel Blaser (trombone), Alban Darche ( saxophone ténor)
A l’honneur ce soir, un groupe mixte franco-américano-suisse et  collaboratif  J.A.S.S  dans un programme inédit en disque du moins.  J.A.S.S   est l’acronyme des premières lettres des prénoms des musiciens : l’une des hypothèses étymologiques du mot  « jazz » remonte à  « jass »  (la chasse), pas loin de « jackass » si l’on s’intéresse aux noms d’oiseaux et autres expressions sexuellement connotées jusqu’à  « All that jazz » qui inspira le regretté Bob Fosse.
 Voilà une musique qui respire, intelligente, libre, affranchie  sur un répertoire de compositions originales. S’il  faut quelque temps pour s’immerger dans le magma du quartet, leur lave en fusion  ne consume  pas. Intense et enlevée, la musique ne se livre pas facilement,  comme un puzzle en pièces que l’on reconstitue peu à peu. On y entre sans toutefois en  percevoir tous les codes.  Voulant libérer la musique de ses propres carcans, ces expérimentateurs n’hésitent pas à la manière d’oulipiens, à se donner des contraintes pour  faire bouger les lignes comme dans  ce « No D » par exemple ( composition  sans la note ré), à la manière de Georges Perec qui s’était amusé à faire disparaître le « e ».
On prend plaisir à écouter en live ce quartet tant l’expression collective est essentielle. Pour ces arpenteurs de nouveaux territoires, il s’agit de se porter mutuellement, faisant exulter les fulgurances communes.  Cela démarre dans un espace rendu géométrique par l’expansion du souffle et du rythme, dans un rapport au temps des plus exacts. Un duo splendide de soufflants que la rythmique non seulement soutient mais propulse. Sébastien Boisseau, arrimé à sa basse comme au mât du navire, donne le cap à Alban Darche et Samuel Blaser, volubiles et pourtant précis, qui dialoguent sur le front : des lignes de force d’une douce violence tracées sous l’impulsion du batteur, dans une énergie continue. Il est impressionnant John Hollenbeck (Claudia Quintet entre autre), pas vraiment bavard mais sur scène, ce qu’il fait est éloquent. Jamais la tension ne retombe ou ne semble faiblir. Il y a une véritable « jazz envy » (titre d’un morceau), à moins que ce ne soit  « en vie », mais on ne va pas jouer sur les mots.  Suit l’une des compositions qui m’accroche le plus, celle du saxophoniste Alban Darche (c’est lui, le A de J.A.S.S) dont j’essaie de suivre le  déroulé: « L’eau » démarre par des petites « agaceries» ornementales du trombone et du sax en contrepoint, qui enflent ensuite sur accords ternaires et marche quasi-militaire dans un grondement continu. Cela roule en effet comme un cours d’eau qui divague sans perdre de vue son lit, se ressaisit, gagne en puissance et  s’emporte en atteignant les chutes. Samuel Blaser  souffle, feule, hoquète avec son trombone « complet » (une noix supplémentaire). En coulisse, j’apprendrai que les valves s’appellent aussi des « noix ». Rythmicien hors pair, il part du jazz et y revient sans cesse : extrême dans un élan continu, il peut tout obtenir de son instrument, du growl le plus classique aux stridences atonales. Il a un son moelleux alors qu’il se refuse à toute voluptueuse caresse, comme savent si bien en jouer les trombonistes dans les balades. Au pays du champagne, ça pétille, mais n’écoeure jamais.

 

Découvrez le diaporama du J.A.S.S quartet par Alain Julien

 

 

 Le SOUNDS QUARTET du contrebassiste Marc Buronfosse sur le label ABALONE de Régis Huby, distribué par les Allumés du Jazz :   FACE THE MUSIC  avec Benjamin Moussay ( piano, keyboards) Antoine Banville ( drums, percussions).

 
On attend maintenant la suite et... on ne sera pas déçu. Un équilibre de funambule s’instaure vite dans le groupe qui suit le « blast » de JASS. La guitare ailée de Marc-Antoine Perrio (on ne discutera pas de ses préférences électriques  Fender ou Gibson) est la surprise de ce concert : le  contrebassiste Marc Buronfosse  a en effet décidé de ne pas remplacer Jean Charles Richard  qui joue sur l’album, épatant au demeurant, de tenter l’expérience avec un jeune guitariste qu’il a  entendu jouer, autant du classique sur une guitare à cordes en nylon que de la dobro. Intuition qui fonctionne en tous les cas : advient autre chose, une musique vraie et complexe où s’affirme une fois encore que l’on joue comme l’on est, avec de la  pudeur griffée d’une belle audace pour le leader-contrebassiste. Contrôlant la vision particulière de l’ensemble, Marc Buronfosse réussit à faire sonner la forme, en changeant les basses et l’instrumentarium comme dans cet étonnant « AOC » (à Ornette Coleman, précisons). Le quartet  déménage avec ferveur et musicalité, entre épure et passion, sur le versant d’un romantisme (échevelé ) de Benjamin Moussay  dans « Jennifer’s mood » par exemple. Sans oublier tout le travail précis de modulation du son, de recherche de résonance, d’ effets et autres boucles qui résiste à la déferlante d’un batteur solaire, Antoine Banville. Une suite en deux parties au titre énigmatique (« Before and After the second round ») achève de nous convaincre, le jazz a toujours été une musique d’urgence, de liberté, de prise de risque.
 Le festival démarre bien, et  Francis Le Bras confirme qu’en dépit de difficultés rencontrées ces dernières années (baisse drastique des subventions de près de 60%), le public reste fidèle et se montre plutôt heureux de ce qui advient, faisant confiance à la programmation innovante. Le Directeur artistique souligne qu’il fait, à chaque fois, l’effort de programmer deux concerts très différents le même soir pour croiser les publics, et tenter d’élargir la vision du jazz, des jazzs, faire découvrir ces musiques plurielles. C’était bien le cas ce soir avec deux groupes complémentaires qui s’ajustent au foisonnement actuel. Plus de première et deuxième partie, encore moins de vedette américaine. Novembre est le mois de grands festivals dans le réseau A.J.C  (ex  Afijma)  , réunissant des propositions artistiques très diverses, mais toujours en recherche de qualité et qui prouvent que le jazz peut encore toucher corps et âme... 
NB : Mention spéciale au travail d’ALAIN JULIEN sur www.djaz51.com.  Il est aussi l’auteur du DVD dont nous avons déjà évoqué toute la beauté radicale dans le projet PATCHWORK de Francis Le Bras et Daniel Erdmann sur le label VENT D’EST (enregistré en tournée au Mali et Guinée Bissau)

 

Découvrez le diaporama du SOUNDS Quartet par Alain Julien

 

( A suivre...)

Sophie CHAMBON    
   
   
   
   
   
 

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 09:44

 

Christophe Leloil (tp, flgh), Carine Bonnefoy (fder), Eric Surmenian (b), André Charlier (dms)

  dist . : Ref : Durance-Lel042010 / Distribution Orkhêstra International

 leloil

Christophe Leloil est un garçon totalement iconoclaste et insaisissable. On avait applaudi des deux mains lors de la sortie de E.C.H.O.E.S et voilà que le  garçon  rebat aujourd'hui  les  cartes  et  se  remet  en  cause. Car, visiblement  Christophe  Leloil aime bien brouiller les pistes. Quand on le croit  groove  ( Bayou’s bounce) il se fait ultra cool (CCCP). Quand on le pense  acoustique  ( Free time ) il se fait électrique (Lost in the Tube). Toujours  là  où  on ne l’attend pas mais jamais vraiment non plus quelque part.

Qu’importe  ! C’est la marque de sa très grande liberté. Soucieux de ne pas se  laisser enfermer  dans  une  catégorie  distincte,  dans  une chapelle  étriquée mais revendiquant quand même son appellation «  jazz » ( du moins, à  l’écouter  je le suppose), le trompettiste du Sud montre une sensibilité ma  foi  fort  touchante.  A tomber  par terre. Ce n’est d'ailleurs pas un hasard  si  le trompettiste a joué avec les plus grands jazzmen français et tourné  dans  des  formations  aussi  prestigieuses  que celles  d’ Albert Mangelsdorff à Maria Schneider. Excusez du peu.

 

 

 

Dans  le  présent  album,  je  pense  à  Tom Harrell parfois ( même si lui, revendiquerait plutôt  le  jeu  de Booker Little ainsi qu’il le démontrait dans  le  précédent  album).  Car s’il y a ici moins de gnaque que dans le précédent  il  y  a  en revanche  un art du façonnage dans cette manière de construire  ses improvisations avec l'élégance d’un dandy qui, peu gêné par l’agitation  alentour  saurait prendre son temps. Un art de la déambulation sereine.

Avec Carine Bonnefoy au fender il s'amuse de sonorités lunaires pour livrer un  album qui a le mérite d’avoir sa personnalité propre, cette esthétique personnelle,  tout en blues et en atmosphère plus ou moins tamisée. Oui, je persiste,  je  pense à Tom Harrell. Mais il y a aussi beaucoup de groove et de  swing  dans  ce  qu'il dit. Et ceci même sur des tempi lents (CCCP) qui exhument  quelques  vapeurs  noctambules, déambulation de fin de soirée pas trop  alcoolisées. Des pages plus électriques sur la série courte des "Lost in  the  Tube"  et  toujours cette magnifique sonorité de Christophe Leloil qu'il  accommode  d'électronique.  L'idée étant certainement de dépasser la dimension  acoustique  du  quartet pour créer d'autres univers sonores dans

lesquels  s'immiscer.  On  notera  le rôle des accompagnateurs et notamment celui  de Carine  Bonnefoy  remarquable  dans le soutien harmonique (sur le Lotus Blossom de Billy Strahorn).  Ou encore  le  gros travail à la basse d'Eric Surmenian, qui dans nos contrées se fait beaucoup trop rare à notre goût.

Dans  ce  jeu  à  4, Christophe Leloil partage et construit le son avec ses camarades. Ce qui  semble  l’intéresser  est  moins  la  nature  de  ses improvisations  que  ce  son collectif  auquel il contribue. En ce sens-là c’est un album résolument apaisé. Une sorte de quiet cool.

 

 

 

Après,  il  faut  tenir  la  distance  et  varier  les  plaisirs. Passer de sonorités acoustiques à électriques n'est pas complètement suffisant pour relancer  l'intérêt de l'écoute. Ca ronronne un peu de temps en temps. Mais quand  même  de  quoi  se  lover confortablement  dans une écoute toujours délicieuse et brillante à la fois.

Jean-Marc Gelin

 

leloil.jpeg

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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 23:52

Naïve 2013

Olivier Bogé (sx, vc, p), Tigran Hamasyan (p), Sam Minaie (cb), Jeff Ballard ( dms)

 BOGE.jpg

 

Il n’y a même pas un an lors la sortie de son magnifique album « Imaginary Traveler  », nous  avions  déjà  remarqué  Olivier  Bogé  que  nous avions chroniqué  dans  ces colonnes  même.  Nous  y  voyions  et  surtout nous y entendions  un  saxophoniste raffiné et élégant de la classe de certains de ses  aînés  vivants à New-York comme David Prez ou Jérôme Sabbagh (en moins funk),  mais aussi de grands saxophonistes racés comme David Binney ou Mark Turner.  La catégorie de ces joueurs de ténor fluides et souples, enfant de la  pop  et  du  jazz  mélangés,  adeptes de la maîtrise et de la zénitude. Restait  alors à Olivier Bogé à se forger un univers musical qui dépasse un

peu  les  clichés  ( que  l’on  aime  absolument) du jazz New-Yorkais pour s’approprier son propre univers.

C’est  ce  qu’il  fait  ici  de  manière  très  soulful  et  très inspirée, perceptible  dès  les premières notes de l’album  (Poem). Le garçon montre qu’il  a  des  choses  à  dires  et s’en  donne  les  moyens. Notamment en s’appropriant  une  rythmique  totalement  inédite faite de la rencontre de deux  fortes  personnalités  musicales,  le  pianiste  très en vogue Tigran Hamasyan  et  le batteur Jeff Ballard que l’on imagine depuis peu exilé dans l’hexagone. Olivier  Bogé  dresse  alors un décor superbe à la carte postale.  En effet  l'association  de  Tigran  Hamasyan aux harmonies très typées  (  Dance  of  the  flying  ballons) , et le drive très fin de Jeff Ballard  sont  assurément  deux ingrédients magnifiques de leur savoir  jouer  collectif.  Dans  le  même  temps,  pulsé  par la rythmique, l'énergie  circule fortement, une énergie que le sax d'Olivier Bogé survole de manière  aérienne, prenant les choses par le dessus. Olivier Bogé c'est un  sax  très émotionnel, un  qui  raconte des histoires, pas vraiment un sax-chanteur mais un storyteller. Presqu’un jeu narratif et contemplatif à la  fois.  Il faut entendre comment, sur le bien nommé  Be Kindpar exemple il sait se faire caressant et soyeux.

Alliance  remarquable  de  talents,  ce  groupe  puissant  montre  tout son savoir-faire  à l'image  de  ce  titre éponyme ( The world begins today) où le batteur  de  Brad  Meldhau semble ici se démultiplier, véritable mécanique hallucinante  de mise en orbite pour le saxophoniste. Impressionnant héroic drummer  !  L'art  de Tigran Hamasyan, quant à lui, est celui de rajouter au cœur de ses phrases des sortes de ghost notes, notes fantômes qui confinent au  quart  de  ton  et donnent cette couleur très métissée de jazz oriental

Inhérente  à  sa propre culture tout en s’appuyant sur des harmoniques très jazz. Un petit morceau gentil (Little Mary T) laisse le trio s'exprimer sur une  agréable complainte où là encore, c'est l'occasion de prêter l'oreille au drive subtil de Jeff Ballard. On est en revanche moins convaincus par la nécessité   d'un  morceau  pseudo  mystique coltranien (Inner chant). Franchement dispensable.  Mais l'instant d'après sur Seven Eagle feathers, Olivier Bogé retrouve  toute sa légèreté et le lyrisme gracieux qui lui vont si bien.

La  couleur de l’album est une couleur, on l’a dit métissée mais aussi très pop  alliant parfois des rythmes ternaires avec du binaire à l’instar de ce Dance  of  the  flying balloons ( point culminant de l’album, apothéose du quartet)  et  dont les thèmes auraient pu être chantés par un Radio Head ou un Portishead par exemple.

 

Il  y a dans cet album des moments de vie, d’émotions fortes ou douces, une conception artistique   qui   ne   laisse  pas  indifférent  et  convoque l’imaginaire  et  l’affect. Quelque chose de puissant se dégage du quartet. Son histoire commence peut être à s’écrire à cet instant-là.

 

Jean-Marc Gelin

 

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12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 22:18

 

Altrisuoni www.altrisuoni.com

www.unitrio.ch

www.fredericborey.com

Concerts Unitrio le 14 à LYON au hot Club; le 15 à Roanne au Satellit café

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Frédéric Boreyest un des musiciens particulièrement actifs  de la scène hexagonale qui partage son temps entre enseignement et concerts à travers la France dans au moins trois formations : son quintet The Option, un quartet Lucky dog, un combo franco-suisse Unitrio.  On attend aussi beaucoup d’une prochaine collaboration avec Zooloup (le tromboniste Denis Leloup et le pianiste Zool Fleischer).

On le retrouve donc avec bonheur toujours au ténor, dans ce trio chaleureux qui paraît sur le label suisse Altrisuoni. C’est son instrument de prédilection aujourd’hui, et on ne saurait le blâmer de s’y tenir quand on pratique à ce point d’intelligence et de finesse, l’art de la conversation et de l’échange.

 S’il nous a déjà confié  que Joe Henderson et Jerry Bergonzi furent des découvertes capitales, on s’attache surtout au son moelleux, doux et feutré, au phrasé impeccable sans être jamais lisse. Le « son » est toujours privilégié au détriment d’une recherche effrénée de virtuosité. On pourrait aussi ajouter dans sa liste de« favorite », Chris Cheek  dont on aime à penser qu’ il est celui à qui est dédié ce « Meeting with Chris ».

 Avec ce trio enveloppant, on entend du jazz, du vrai qui engendre parfois une nostalgie de bon aloi. On peut être jazzophile comme on est cinéphile, ma foi, et aimer retrouver le son, le grain, le style, sans la patine. Un trio qui sonne et swingue... en plus, avec l‘emploi intéressant de l’orgue Hammond B3.  S’il n’y a rien de nouveau ou prétendu tel, cette musique à écouter en petit comité, dans la fumée de soirées arrosées, donnera  un plaisir à nul autre pareil et ce n’est pas un cliché. Ecoutez la fluidité de ces ballades « accroche cœur » ou l’inquiétante étrangeté de tempos plus alertes comme dans «Mayapocal». Car le répertoire de l’aveu même du saxophoniste ne cesse d’évoluer en accord avec ses deux partenaires de choix, le sensible Damien Argentieri à l’orgue Hammond et le précieux Alain Tissot à la batterie. Voilà un trio attirant qui ne perd pas ses repères, ne recherche pas la révolution, mais évolue dans son sillon, en recherche de timbres, d’une fusion souple et énergique, privilégiant  la recherche de la mélodie en rapport avec l’harmonie.  Et le moins que l’on puisse dire est que le courant passe entre eux.

 Encore un exemple bienvenu de l’art du trio, avec une habileté, bien actuelle cette fois,  à vivre cette musique. On découvrira donc cette « Page 2 » avec intérêt, sur le label suisse Altrisuoni (et on réécoutera la « Page 1 », sortie en 2011 ) tout en attendant avec plaisir de feuilleter la suite du « music  book » de ce grand saxophoniste dans ses formations.  

Sophie Chambon

 

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