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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 21:17

 

  jazzbox.jpg 

 

Jacques Thevenet et Jazzbox donnent la parole au jazz de Taiwan, avec la participation de Sir Ali

sir-ali.JPG

 

Cliquez ici pour télécharger l'émission du samedi 12 octobre 2013

 

Avec plus de 200 millions d'auditeurs dans les pays de langue Chinoise, le jazz de Taiwan rencontre un certain echo que nos " pays du jazz" ont tendance à ignorer de leur superbe. Mais les pays d'Orient commencent à en intégrer les idiomes avec un syncrétisme étonnant.

 

A découvrir......

 

 

Retrouvez Jazzbox tous les samedi de 17 à 18h sur 93.1 Fm

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:47

  

 JazzyColors.jpg

L’édition 2013 de Jazzycolors, Festival International de Jazz aura du 27 octobre au 30 novembre ! 

le festival de Jazz des Instituts Culturels Etrangers de Paris, nouvelle édition parrainée à nouveau par Bojan Z

 

Quelques nouveautés :

Cette année le festival s’est associé avec Automne Nordique, qui tient sa 1ère édition cette année

Association également avec Jazz Sur La Ville (Marseille) : A cette occasion, 6 groupes programmés à Jazzycolors seront aussi programmés à Jazz sur la Ville

 

Avec le succès de la précédente édition, 8 nouveaux centres participent à Jazzycolors cette année :

L’Azerbaidjian, La Croatie, L’Italie, Le Mexique et la Belgique Francophone, le Danemark, l’Islande et la Norvège

 

 

 

 

 

Ici toute la programmation de ce festival qui va vous ouvrir les frontières et les oreilles

 

Immanquable pour tous les curieux et les mateurs d'un jazz nouveau

 

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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 10:32

  Rosario-Giuliani-giuliani.jpg

 

Rosario Giuliani est l’un des saxophonistes les plus brillants de sa génération. Son dernier Opus « Images » est un 100% création. Sorti chez Dreyfus Jazz en 2013, il comprend 10 compositions de sa plume qu’il interprète avec Joe Locke au vibraphone, John Patitucci à la contrebasse, Roberto Tarenzi au piano et Joe La Barbera à la batterie.

 

Nous l’avons joint cette après-midi à son domicile romain. Au cours d’un long entretien, Rosario Giuliani a parlé de sa musique mais aussi de lui, de sa vie, de ce et de ceux qu’il aime car il est, dit-il, « une personne avant tout, avec ses joies et ses douleurs » et veut être connu sous cet aspect par son public.

[propos recueillis le 7 octobre 2013 et traduits de l’anglais par l’auteure]

 

Yaël Angel : Pouvez-vous nous raconter comment vous avez rencontré les musiciens qui ont enregistré cet album avec vous ?

 

Rosario Giuliani : La musique que j’ai enregistrée est liée à des moments importants de ma vie. Je l’ai écrite comme la musique d’un film. Elle est liée à des endroits qui m’ont marqué : ma ville natale, des villes où j’ai joué. Elle se réfère aussi à des personnes qui tenu un grand rôle dans mon existence, comme ma mère, Phil Woods ou Francis Dreyfus.

Aussi, lorsque j’ai eu fini d’écrire la musique et que j’ai commencé à chercher des musiciens avec qui l’enregistrer, je me suis dit qu’il fallait que ces musiciens me connaissent, non seulement musicalement, mais aussi personnellement, que l’on ait partagé des moments de vie ensemble.

Joe Locke est le premier à qui j’ai pensé. C’est comme un frère. Il a immédiatement compris ma musique.

Le second fut Joe La Barbera. C’est le batteur le plus extraordinaire que je connaisse et c’est de surcroît une belle personne. Quand il joue quelque chose, ce n’est pas juste pour « jouer ». Il le fait parce que ça apporte quelque chose à la musique. Nous avions déjà joué ensemble lors de ma tou

rnée pour l’album « Lennie’s pennies ». Pendant cette tournée, nous avions partagé des bons moments, mais aussi des peines et cela nous a rapproché.

Roberto Tarenzi est mon ami. Nous nous connaissons tellement bien. Sa participation était évidente.

Enfin, j’ai pensé à John Patitucci. J’avais joué avec lui un an auparavant lors d’un enregistrement avec Enrico Pieranunzi. Nous avions également fait une master class ensemble. Nous nous sommes tout de suite entendus. Cela m’a donné envie de faire cet album avec lui. Bien sûr on pourrait dire que John Patitucci est le contrebassiste de Wayne Shorter, qui est pour moi le « dernier génie ». Mais cette raison n’a pas été prépondérante dans mon choix.

J’ai partagé des moments de vie avec chacun de ces musiciens. Je les apprécie non seulement pour leurs qualités artistiques mais avant tout et surtout pour ce qu’ils sont en tant qu’hommes. Je pense que c’est réciproque. Je me souviens d’un email que John Patitucci m’a envoyé après l’enregistrement de l’album, dans lequel il me dit qu’il a toujours le morceau « Angel at my side » qui tourne dans sa tête. Cela m’a touché.

 

YA : Comment situez-vous cet album au sein de votre discographie ?

RG :  Pour moi, faire un album est comme écrire une page du livre de ma vie. C’est un très gros livre (rires). Chaque album est un pas de plus vers l’avant. Quand je pense à « Luggage », mon premier album chez Dreyfus, je pense immédiatement à la vie que j’avais quand je l’ai enregistré. Il contient ma vie à cette époque. J’ai la même impression quand je pense aux autres albums : Mr Dodo, Lennies Pennies, etc….Et je veux continuer cette œuvre encore longtemps, qu’elle soit de plus en plus profonde, de plus en plus émotionnelle. Mon prochain album contiendra d’autres expériences, une autre partie de ma vie. C’est pour cela que je ne peux pas donner plus d’importance à un album qu’à un autre.

 

YA : Chaque morceau de l’album est inspiré par une photo que l’on peut voir sur la jaquette. C’est ainsi que l’on comprend qu’« Angel at my side » est dédié à votre maman, « Les deux doigts » à Francis Dreyfus et « Woods » à Phil Woods. Sur votre site internet, on peut également voir des photos de votre famille, de vos amis, de moments que vous avez passés avec eux. Est-ce que la famille et les amis prennent une grande part dans votre art ?

RG : Oui réellement. Chacun peut nous apprendre quelque chose. J’ai appris beaucoup de ma famille et de mes amis. Je suis très chanceux en ce sens. Et c’était une manifestation naturelle de ma gratitude à leur égard que de les faire figurer sur mon album et sur mon site. Ils sont une part de ma musique.

Francis (Dreyfus) était comme mon « père artistique ». Son décès fut terrible pour moi. Qui plus est, il est mort deux mois après ma maman. Ce fut une année très difficile pour moi.

 

YA : « Siberian lake » et « L’île des pins » sont les deux premiers morceaux de l’album. Ils sont pourtant si  différents des autres titres que l’on peut se demander pourquoi vous les avez choisis pour démarrer l’album. Comment a été établie la liste des morceaux ?

RG :  A chaque fois que je fais une liste de morceaux, j’essaie différentes formules. Je pense au tempo, au rythme, à la tonalité, aux émotions. L’ordre de l’album est le meilleur que j’aie trouvé. C’est très subjectif. Mais en même temps, je ne voulais pas commencer par un morceau fort comme « Vertical voices ».

 

YA : Parlons justement de Vertical Voices. C’est un morceau rapide, presque agressif, virtuose. Vous rappelez-vous comment vous l’avez composé ?

RG : J’ai pris une photo lors d’un concert au Jazz Club Coca-Cola du Lincoln Center à NYC. C’est le seul jazz club au monde où l’on voit « en vrai » les tours de New York juste derrière la scène. J’étais impressionné et j’ai pris une photo. A chaque fois que je regardais cette photo, j’entendais une phrase musicale dans ma tête, toujours la même phrase…Comme si les tours se parlaient, selon qu’une lumière s’allume depuis une fenêtre en bas, en haut, au milieu. J’ai fini par écrire ce discours vertigineux, en partant de cette phrase qui me revenait inlassablement jusqu’au morceau entier.

 

YA : Certains des titres de l’album sont en français. Vous avez vécu quelques mois à Paris.  Pouvez-vous nous en parler ?

RG : J’ai en effet beaucoup joué à Paris, surtout à mes débuts. Pour éviter trop de déplacements, je m’y étais installé quelques semaines. C’est une ville que j’adore. Si je devais me construire une vie parfaite, je passerais 4 mois à Rome, 4 mois à New York City et 4 mois à Paris.

 

YA : Vous avez récemment joué avec Kurt Elling. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

RG : Nous avions eu l’opportunité de jouer ensemble en Angleterre, en Juin dernier, avec le BBC Philarmonic Orchestra. On s’est immédiatement entendus. Pendant les trois jours de répétition, nous avons été manger et boire ensemble et on s’est beaucoup amusés. Il utilise sa voix comme un instrument et ça me plait. C’est un grand professionnel. Tout était parfait, dès la première répétition. Par la suite, il est venu jouer à Rome à la Casa del Jazz et il m’a invité sur scène ! Il y avait beaucoup d’autres musiciens dans la salle….j’étais heureux que ce soit moi qu’il ait invité.

 

YA : Quels sont vos projets ?

RG : Tout d’abord jouer avec mon quintet. Nous nous retrouverons prochainement pour 5 concerts au Festival Umbria Jazz Winter, du 28 décembre 2013 au 1er janvier 2014.

J’ai aussi un duo avec Enrico Pieranunzi. Nous faisons un hommage à Thelonious Monk. Notre prochain concert aura lieu en Allemagne ce vendredi 11 octobre.

Enfin, je viens d’enregistrer un album avec Fabrizio Bosso, Enzo Pietropaoli et Marcello Di Leonardo. L’album s’intitule « The Golden Circle » et fait hommage à Ornette Coleman. Il sort dans les bacs demain (sourire).

Yaël Angel

 

Extrait de Vertical voices


 

Prochains concerts en France :

Les 19 et 20 novembre 2013 au Sunside (Paris). Rosario Giuliani sera accompagné par Darryl Hall à la contrebasse, Roberto Tarenzi au piano et Marco Valeri à la batterie. Un concert à ne pas manquer.

 

Site de l’artiste

 

Discographie en tant que leader : 

Images-Rosario-Giuliani.jpg

Images (Dreyfus/BMG 2013)
Lennie's pennies (Dreyfus Jazz 2010)
Anything else (Dreyfus Jazz 2007)
More than ever (Dreyfus Jazz 2004)
Mr. Dodo (Dreyfus Jazz 2002)
Luggage (Dreyfus Jazz 2001)
Jazz Italiano Live 2007 (Palaexpo)
Tension (Scema Records)
Duets for Trane (Philology)
Connotazione Blue (Philology)
Flashing lights (Philology)
Live from Virginia Ranch (Philology

 

 

 

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 21:15

 

Olivier.Benoit.jpeg

© Eric Flogny

 


Nouveau directeur artistique de l’Orchestre National de Jazz, Olivier Benoit succèdera en janvier prochain à Daniel Yvinec pour un mandat de quatre ans (2014-2017).  Depuis sa nomination cet été, le guitariste, compositeur et chef d’orchestre a constitué son orchestre.

  

Pour inaugurer son mandat, Olivier Benoit lancera le programme EUROPA, parcours créatif et "Work in progress" à travers l'Europe; ce projet évolutif sur les quatre années dʼactivité de l’orchestre, sera dédié à plusieurs capitales européennes (Paris et Berlin en 2014) ayant un lien singulier avec le jazz, la musique et l’art. Le concert inaugural de ce onzième ONJ aura lieu le  1 er février prochain lors du festival Sons d’Hiver au Kremlin-Bicêtre.

 

Olivier Benoit (né en 1969) précise qu’il se situe « dans le prolongement du travail de pionnier effectué par Daniel Yvinec ces dernières années » mais que pour autant il adoptera « une position différente vis-à-vis de l’orchestre » en continuant d’être « musicien dans le groupe » et de poursuivre ses activités de compositeur.

 

Daniel Yvinec achève, quant à lui, ses cinq ans à la tête de l’ONJ par ce qui promet d’être un feu d’artifice, un programme marqué par l’énergie du funk, la sophistication du jazz et une dose d’électronique, « The party », enregistrement qui sortira dans les bacs des disquaires au début 2014.

 

Dans une déclaration remise à la presse, le prochain directeur artistique de l’ONJ, qui s’est adjoint les services d’un conseiller artistique, le bassiste Bruno Chevillon, explique ses choix, donne ses orientations. Extraits.

 

Directeur artistique 

 «  J’ai pour mission de donner une cohérence artistique à toutes les productions, celles de l’ONJ mais aussi des petites formes issues de l’orchestre que nous souhaitons multiplier et systématiser dans le cadre du développement des activités

de la structure. Ces projets personnels des musiciens pourront être également produits dans le cadre du nouveau label discographique que nous allons créer".

 

 

Le type d’orchestre

« Le recrutement a été motivé par le désir d’un orchestre intergénérationnel composé de musiciens aux parcours et aux registres singuliers, impliqués dans des recherches esthétiques personnelles fortes. Il se trouve que la plupart des musiciens que j’ai choisis mènent leurs propres projets. Cette diversité est pour moi le gage d’une vraie richesse de propositions. »

.

Le recrutement

« Un appel à candidature a été lancé en juin dernier pour permettre à tous les musiciens qui le désiraient, de postuler. Nous avons reçu plus de 300 dossiers, tous styles de jazz confondus, ce qui témoigne de l’intérêt toujours grandissant, porté par de nombreux musiciens à cette institution, qui oeuvre depuis plus de 25 ans à la promotion du jazz de création. Après avoir sélectionné une trentaine de dossiers, j’ai consulté Bruno Chevillon qui m'a permis d'orienter le choix définitif, guidé par la diversité, la cohérence et la compatibilité. »

 

L’ouverture

« Cette notion d’ouverture est primordiale. Il n’y a pas dans cet ONJ de musiciens relevant à proprement parler du domaine contemporain ou de l’univers du rock. C'est un orchestre

de jazz et d’improvisateurs, mais quasiment tous les membres du groupe ont des parcours individuels riches d’un point de vue stylistique. Il m’apparaît comme l'orchestre idéal, propre à prendre toutes les directions esthétiques possibles et à réaliser ce désir d’ouverture et de décloisonnement des genres qui est au cœur de mon projet. »

 

 

La composition de l’ONJ

 

Olivier Benoit, direction artistique, guitare

Bruno Chevillon, conseiller artistique, contrebasse, basse électrique

Eric Echampard, batterie

Sophie Agnel,  piano, cordophone 

Josef Dumoulin, claviers 

Théo Ceccaldi, violon, alto 

Fabrice Martinez trompette, bugle, saxhorn 

Fidel Fourneyron trombone, euphonium

Hugues Mayot saxophones, clarinettes 

Alexandra Grimal saxophones 

Jean Dousteyssier clarinettes, saxophone ténor.

 

Olivier Benoit (bio-express)

 

Compositeur, guitariste et chef d’orchestre, Olivier Benoit a multiplié les collaborations et recherches à la croisées de différents domaines : musique improvisée, expérimentale, jazz, musique contemporaine, électronique, danse, théâtre, cirque, vidéo. Membre fondateur du collectif lillois Muzzix jusqu’en mai 2013, il a publié plus de vingt-cinq albums dont une quinzaine en tant que leader ou co-leader. Ses dernières productions : Serendipity, un premier album solo paru en 2011 et le double album live de Feldspath sorti en mai 2013, les deux chez Circum-Disc Circum Grand Orchestra.

 

Jean-Louis Lemarchand

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 21:39

 par le label allemand Moosicus

 

 Brubeck       gillespie koller   Grappelli.jpg

 

La célèbre radio allemande de Hambourg  ( Nord Deutscher Rundfunk) anime environ 450 émissions de jazz par an.  Depuis 1946 elle a accumulé, au gré des concerts enregistrés dans le « Studio 10 », aujourd’hui appelé «  Studio Rolf Lieberman » des captations exceptionnelles. Plusieurs concerts historiques ont ainsi pu être enregistrés et constituent aujourd’hui une base de 2000 enregistrements.

La NDR a choisi aujourd’hui de lancer sa 60 Years Jazz Edition avec 3 albums édités par le label allemand Moosicus.

Le premier a été enregistré le 9 mars 1953 en studio. On y retrouve le quintet de Dizzy Gillespie séparé de Charlie Parker ( mais pris quelques temps avant les grandes retrouvailles du Massey Hall de Toronto) accompagné de Bill Graham au baryton, Wade Legge au piano, Lon Hackney à la contrebasse et Al Jones à la batterie. Ces enregistrements ont été réalisés un mois après l’accident qui valu à John Birks l’utilisation de sa célèbre trompette coudée. Ces 5 titres-là ont  a priori été enregistrés sur une trompette de remplacement ( si l’on en juge par les photos prises sur place). ON notera un magnifique Manteca préfigurant le tournant cubain que le trompettiste prendra par la suite.

 

Le même jour se produisait un quintet allemand mené par le saxophoniste ténor Hans Koller qui aligne ici 4 standards accompagné de la plus célèbre (et jolie) des pianistes bop allemande, Jutta Hipp dont l’histoire retiendra notamment les beaux enregistrements qu’elle réalisa aux côtés de Zoot Sims. L’occasion d’entendre ici un beau quartet tout en finesse jouer avec subtilité un All the Things you areparticulièrement réussi.

 

 

Un deuxième album enregistré en studio en 1957 accueilli Stéphane Grapelli venu spécialement pour cette prise de son avec une formation franco-allemande. Maurice Vander l’accompagnait au piano tandis que Hans James Last tenait la contrebasse et Rolf Ahrens la batterie. Un répertoire exclusivement tiré du great songbook américain + quelques thèmes du répertoire du HCF comme Nuagesou Manoir de mes rêves. Toute la sensibilité émouvante du pianiste est là, intacte. Et le swing malgré tout bien présent dans ces séances en studio. Un poil conventionnel mais terriblement attachant.

 

 

Un an plus tard s’était produit le quartet de Dave Brubeck qui commençait à conquérir un public Européen et même au-delà, tournant tout autour du monde comme de véritables ambassadeurs américains. C’est l’heure de la consécration et presque de l’apogée (celle-ci viendra un an plus tard avec le fameux « Time Out »). C’est d’ailleurs l’année où, présenté par Paul Desmond, le contrebassiste Eugène Wright intègrera le quartet de Dave Brubeck. Il y restera pendant 10 ans. Le groupe tourne ici plutôt autour de grands standards comme Someday my prince will come ou Gone with the wind mais aussi avec quelques «  tubes » de Brubeck lui même comme The Duke qu’il composa en hommage à Duke Ellington. La machine, ce formidable ensemble à huit mains est décidemment en route et tous les ingrédients sont bien là pour en faire l’un des groupe les plus exceptionnels que le jazz ait connu.

 

 

Choisir c’est renoncer. Ces quatre sessions offertes en trois CD laissent entières toutes les promesses de voir ressurgir quelques inédits et pourquoi pas des perles rares lorsque l’on sait que les plus grands se sont succédé à la NDR. À quand la suite avec Miles Davis, Oscar Peterson, Louis Armstrong ou Ella Fitzgerald ? Et pourquoi pas l’exhumation de ce qui fut le jazz allemand d’après guerre que, par ici nous connaissons moins.

 

C’est en tout cas à l’honneur de la NDR de rendre public ces enregistrements. Prenons en de la graine…..

Jean-Marc Gelin

 

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 16:38

 

Jazz Village2013. Distr Harmonia Mundi

Ahmad Jamal (p), Reginald Veal (cb) , Herlin Riley (dms), Manolo Badrena (perc)

Enr. Fev. 2013

 

 Ahmad-Jamal-page-couv-Saturday.jpg

Tous les ingrédients du jeu de Jamal sont là. Un sens de l'économie de moyens, une utilisation du silence comme partie intégrante de la phrase musicale, le sens du suspens musical autant que du groove et l'appui d'une rythmique fine où Manolo Badrena continue de jouer le rôle d'axe central. Jamal joue swing. Jamal joue funky. Jamal joue straight. Jamal joue surtout et avant tout Jamal. Comme aux plus belles heures du Pershing sa musique garde la même fraîcheur exactement intacte.

Car à 83 ans le pianiste de Pittsbug n’a jamais cessé de faire briller son piano avec espièglerie. Les mêmes idées mélodiques et rythmiques jamais égalées avec cette façon de diriger son groupe exactement là où il veut l'emmener, suffisent à en faire un maître. Un maestro comme on dit parfois. Un thème comme Saturday Morning, quintessence du savoir jamalienest assez bluffant à ce sujet. Derrière le motif répétitif donnant l'impression que le sujet n'évolue pas, Jamal procède en impressionniste, par petites touches comme pour libérer la musique. Ahmad Jamal nous montre que la valeur essentielle de la musique est de laisser du temps au temps. Ne jamais rien précipiter. Ahmad Jamal nous enseigne ici toute la suavité des préliminaires. Du grand art avec, dans le phrasé les mêmes révérences aux grands pianistes de son histoire du jazz. Comment ne pas penser à l'écoute de ce morceau à Erroll Garner dont Ahmad Jamal a pu dire autrefois qu’il fut lui-même son propre maître ( écouter Edith’s cake).

Oui Jamal est toujours unique. Toujours mutin.

Quelques standards comme I'm in the mood for love montrent combien Jamal aime

se réapproprier, réinventer les thèmes du songbook pour en faire des thèmes qui semblent lui appartenir en propre tant il possède haut l’art de la récréation. Quelle audace dans son utilisation du clavier qui ne rechigne pas à cogner les graves en block chords ou à aligner les triolets dans toute la largeur du clavier. Jamal sait tourner autour du thème, le réécrire en quelque sorte avec autant de liberté que d'audace harmonique , rythmique, mélodique.

Même si le pianiste de Pittsburgh s'y montre un peu moins pétulant que dans « Blue

Moon » son précédent album, il s’y montre aussi un peu plus sombre mais aussi plus apaisé, libéré de tout égo, libéré de tout paraître. La musique de Jamal avance à pas feutrés. Dans la retenue volontaire du geste et dans sa libération maîtrisée. Ahmad Jamal est un constructeur de lego. Ecouter le magnifique The line et ce sens du blues absolument irrésistible. Ou encore sur Silver, morceau composé de pièces encastrables sur un fond de groove ultra-efficace. Et quel bel hommage à Duke et Strayhorn que ce I got it badbourré de références (take the A train , Just squeeze me etc...). Une vraie déclaration d'amour au Duke où toute la sensibilité de Jamal ressort avec autant de passion que d'intelligence du jazz. Où le thème se dévoile parfaitement à la fin, après moult digressions mélodiques.  

Le disque a été réalisé à l'ancienne. Tous dans le même espace en prise live comme en concert. Reginald Veal à la contrebasse y est énorme comme à son habitude.

Jamal y est mutin. Jamal sait s'affranchir de toutes les bonnes manières et de toutes les règles d'usage du clavier pour le mater comme bon lui semble avec autant de bonnes que de mauvaises manières, n'hésitant pas à aller frapper et marteler dans les graves et à « maltraiter son piano autant qu’à le caresser quand bon lui semble.

Il y a chez Jamal une école toute buissonnière.

Digression disions-nous ? C’est bien le thème qui convient à Jamal. Car dans sa façon de prendre son temps, il y a celle aussi de musarder et de flâner en chemin (Saturday Morning). A nous de lui emboîter le pas pour le suivre au bout du monde.

Jean-marc Gelin

 

 

 
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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 23:14

Ramberto ciammarughi (p), Miroslav Vitous (cb), Gerald Cleaver (dms)

Enregistré 6-9 juin 2006

Cam Jazz 2013

 

 ramberto.jpg

 

Même si elle n'est pas révélatrice de la suite de l'album, l'ouverture absolument magistrale et bouleversante, en solo de Bye Bye Blackbird nous fait entrer de plain pied dans l’univers très sensible de ce jeune pianiste jusqu’ici inconnu. Pour un coup d’essai Ramberto Ciammarughi signe un coup de maître en s’entourait, lorsque ce disque a été réalisé en 2006 de Miroslav Vitous à la contrebasse et Gérald Cleaver à la batterie. Excusez du peu. De quoi en tout cas donner des armes à l’émergence d’un nouveau power trio que l’on pressent et qui se révèle effectivement dans la suite de l’album. Car la suite est en effet bien plus tempétueuse et admirablement construite. Dès le 2eme morceau, Anabasys, c'est l’énergie décapante qui circule au sein du trio qui impressionne. Flot tumultueux empreint d'un groove furieux. Le pianiste s’y fait inventif, déstructurant voire un peu déconcertant parfois. Sa musique, prise ici en live en 2006 n’est pas facile. Elle plonge dans certaines racines d’un jazz moderne à l’instar de ce B-loose où le pianiste martèle les accords dans le grave à coups de block chords auxquels succèdent des silences et des syncopes puis des envolées lyriques. Tout sauf linéaire. Le swing et le groove côtoient des inspirations plus rocks tout en affirmant ses références classiques dans ce Joannes B, hommage à Brahms dont on retrouve à certains égards le caractère parfois sombre et symphonique.

Ramberto Ciammarughi est de toute évidence un pianiste fascinant, intéressant et captivant dans ses constructions musicales. Il faut écouter aussi ce Come sempre (bâti sur le même mode que I remember you), en clair obscur, en mode mineur assez sombre. Où le pianiste affiche une musicalité très introvertie, très dense sur le plan émotionnel. Toujours à la recherche d’une nouvelle formule du trio piano-basse-batterie. Avec une sensibilité, une forme de nostalgie et de noirceur qui émane parfois de son jeu. Refusant de déployer un jeu linéaire, refusant les lignes droites ou les courbes pour privilégier les digressions harmoniques et rythmiques.

Fascinant et intelligent.

Jean-Marc Gelin

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 14:13

 jazzsurseine.jpeg

 

Toute l’année, ils animent les nuits de Paris et des alentours avec le jazz qu’ils aiment et défendent, les patrons (et patronnes) des clubs et autres lieux. Taisant leur concurrence et leurs sensibilités artistiques, ils se sont regroupés dans l’Association Paris Jazz Club qui prend une nouvelle initiative en organisant un festival au cœur de l’automne, le Festival Jazz sur Seine, du 12 au 24 octobre.

Une dizaine de jours –le soir naturellement mais aussi pendant la journée- dix-huit lieux, clubs et scènes vont accueillir des concerts, showcases d’artistes (et contacts potentiels avec des agents, tourneurs, programmateurs…) et ateliers de sensibilisation pour les jeunes de quartiers prioritaires.


Le plateau artistique s’annonce riche avec 450 interprètes représentant tous les styles- défenseurs de la tradition, avant-gardistes…- et les amateurs pourront aussi découvrir ces caves, clubs et scènes de Paris – à commencer par les « Big Three » de la Rue des Lombards, le Duc-le Sunset-Sunside-le Baiser Salé- mais aussi au-delà du périphérique l’Espace Daniel Sorano (Vincennes) ou Le Triton, récemment rénové (Les Lilas).

Désireux de séduire un nouveau public, l’Association a décidé également de jouer la carte budgétaire en créant un Pass, à 40 euros, qui ouvre la porte à trois concerts, à condition qu’ils se tiennent dans trois endroits différents. Vivent la découverte et le voyage !

Jean-Louis Lemarchand 

Toutes informations sur le site www.jazzsurseine.fr

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 08:29

 

Richard Turegano (p), Yoni Zelnik : Contrebasse, Frédéric Chapperon : batterie, Jan Schumacher : Trompette, Bugle, composition, Emilie Lesbros : chant expérimental, Guéorgui Kornazov : Trombone, Issa Mourad : Oud

 

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Jan Schumacher est un jeune trompettiste allemand que nous avions, aux DNJ découvert à l’occasion  de  son précédent album, « Windstille ». Il nous avait alors littéralement bluffé  par  la  brillance  de son jeu. Le musicien avait ensuite  un  peu  disparu  des radars,  en  marge des formations de la scène parisienne où l’on ne le retrouve que rarement en sideman.

Plusieurs  années après cet album, le trompettiste nous revient aujourd’hui avec  «Trapèze  »  pour  une nouvelle proposition totalement décoiffante. Celui  qui se catalogue lui-même dans la catégorie «  jazz oriental » donne ici  un grand pied dans la fourmilière des clichés pour bousculer pas mal de frontières et  pas  mal  de formats collés  souvent  à  cette musique. Car le jazz d’orient dont il parle brass(e) large allant des pays slaves au pays arabes avec un ancrage dans une rythmique qui groove. Imaginez un peu l’incroyable Boban  Markovic,  star  des fanfares serbes soufflant aux côtés d’un joueur d’oud  avec  un esprit de swing et de danse et vous aurez un idée du climat de  cet  album. Pari impossible mais trait d’union pourtant réalisé par Jan Schumacher avec techniquement, le même brio que son aîné serbe.

Et  le  lien  entre  ces  différents univers c’est avant tout cette énergie que déploie ce groupe dans lequel le trompettiste-compositeur, éclate,  rutile  et étincelle brillamment. Quel mordant dans l’embouchure ! Quelle  urgence  à dire ! Il faut écouter ces aigus qu’il sort sur un thème comme  Fenouil où l’on entend justement la marque des frères Markovic. Il faut l’entendre se jouer des quarts de tons, enchaîner les trilles avec une formidable  puissance de son. Avec une telle étendue de registre. Et quelle maîtrise dans les graves sur Zweifel par exemple ! L’on pense à quelques héros  de  l’instrument comme Freddie Hubbard notamment ou, plus près  de  nous  Avishai  Cohen  (pas  le  contrebassiste, le trompettiste israélien).

« Multicolore feeling bandas » pourrait on dire !

Il  y  a  du  cirque et de la fanfare réunies dans l’idée de cet album mais avec  un  profond  ancrage au jazz. Gueorgi Kornazov, empreint de cette  culture de l’Est de  l’Europe et du jazz européen qu’il cultivait jusqu’à il y a peu avec Henri Texier  y apporte toute la folie de son jeu au trombone avec la même  rutilance,  repoussant sans  cesse  les  limites de son instrument ( Fenouil,  ou  encore  Unwege). Totalement déjanté dans le jeu avec un growl impressionnant.  Le  cocktail  de ces deux cuivres y est alors littéralement explosif.

Emilie  Lesbros  pose sa voix de vestale sur quelques thèmes un peu décalés qui  viennent  adoucir  les  angles  pointus  et  acérés.  Mais  comme  Jan Schumacher semble avoir demandé à chacun des musiciens de jouer en parfaite liberté,  la chanteuse est elle aussi invitée à pousser ses limites vocales dans un exercice assez iconoclaste ( Etoile polaire ,Trapèze).

Quant à la rythmique, sous les coups de boutoirs de Zelnik ( gros gros son) et  de Frederic  Chapperon,  elle insuffle la pulse permanente, binaire le plus souvent, de manière assez irrésistible.

Que les programmateurs n’hésitent pas une seconde : ce groupe là nous offre une musique  incandescente. Le public ne demandera qu’à s’y brûler avec délectation.

Jean-marc Gelin

 

 

 

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21 septembre 2013 6 21 /09 /septembre /2013 10:03

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Musique de l'improvisation, le jazz donne le meilleur de lui-même en direct. TSF Jazz le démontre dans les programmes de sa 14 ème saison. La radio qui compte 300 000 auditeurs quotidiens confie les rênes d'un créneau horaire très prisé-le 19-20 h- à deux interprètes spectaculaires experts dans l'art de la scène, Jamie Cullum, pour sa troisième saison, le mardi, et Marcus Miller, le jeudi, avec démarrage le 26 septembre.

Sur TSF Jazz, la soirée reste dédiée au Live avec la retransmission de concerts de 21 h à minuit, en direct des clubs et salles de France et aussi du monde (Montréal pour le festival de l'été, mais aussi l'an dernier l'Afrique du Sud et l'année prochaine New York pour une semaine spéciale prévue en janvier).

Seule radio 100 % jazz, diffusée 24 h sur 24, où les femmes font entendre leur voix et leurs choix ( Nathalie Piolé, Laure Albernhe, Caroline Fontanieu) TSF Jazz a sensiblement modifié sa grille de programmes pour 2013-2014 pour confier désormais une émission hebdomadaire, le dimanche de 19 h à 20 H 30 à Pierre Bouteiller, l'animateur de Si Bémol & Fadaises. L'homme de radio et d'humour recevait ainsi dimanche dernier Marcel Zanini,  jeune nonagénaire et clarinettiste.

Directeur de l'antenne et des programmes, Sébastien Vidal anime la tranche quotidienne du 17-19 h en semaine, dédiée à l'actualité, et  présente chaque lundi avec Laurent Sapir de 19 h à 20 h une heure d'actualité en direct du Duc des Lombards, club dont il assume également la direction artistique (350 concerts /an et 35.000 spectateurs). TSF Jazz prépare également son rendez-vous annuel avec le concert You & The Night and The Music le 16 décembre à l'Olympia.

Jean-Louis Lemarchand

 

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