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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 23:24

JEAN-LOUIS LEMARCHAND  : " Paroles de jazz"

ED. Jazz Impressions 2014

91 p., 12 euros

 couv-paroles-de-jazz.jpg

Oui, cela ne fait aucun doute, Jean-Louis Lemarchand est coupable ! Il doit être jugé ici même de multiples chefs d'accusation au titre desquelles on notera notamment ceux de polygamie et de recel aggravé et multirecidiviste.

 

Jean-Louis Lemarchand est en effet coupable de polygamie. Grand journaliste il n'hésite pas à user de sa notoriété justifiée pour se marier avec Les DNJ dans le même temps qu'il écrit à La Tribune ou encore à Jazzmagazine, passant ainsi d'une maîtresse à l'autre ( et encore j’en oublie ....)

 

Mais surtout Jean-Louis Lemarchand est un dangereux multirécidiviste accusé ici de recel de pépites d'or sournoisement subtilisées à ses propriétaires.

 

Non content d'avoir publié l'an dernier " Ce jour-là sur la planète jazz" émaillées d'interviews que les plus grands jazzmen lui avaient accordé, il publie aujourd'hui " paroles de jazz", que les lecteurs n'auront aucun mal à identifier comme autat de petits trésors volés à ses interlocuteurs au détour d'une brève conversation.

 

Et le butin n'est pas mince. Vous allez devoir le juger, alors notez bien l'inventaire du larcin. 32 chapardages : Ray Baretto, Lionel Belmondo, Dee Dee Bridgewtaer, Bill Carrothers, André Cecarrelli, Ornette Coleman ( rien que ça !), en passant par Herbie Hancock, Ahmad Jamal ou Joe Zawinul et les autres. Ces interviews-flash receuillis entre 1996 et  2013 ont d’ailleurs été publiées dans plusieurs revues  ( dont votre beinfaiteur DNJ).

Loin de grands et longs moments passés avec les interviewés, Jean-Louis Lemarchand capte au vol quelques petites et très courtes confidences, quelques paroles essentielles ou carrément intattendues, comme autant de minuscules moments de vérités précieux. Il faut dire que Jean-Louis Lemarchand est cash et n'hésites pas à poser les questions de front voire avec une pointe de provoc.

 

Morceau choisi : lorsque JLL demande à Ornette Coleman “ longtemps vous avez fait l’objet de critiques. Vous avez été même agressé physiquement par un spectateur irrascible” – Réponse d’OC : “ Il m’a dit  que je ne devais pas jouer du saxo comme ça, mais il ne m’a pas dit comment je devais jouer !”

 

 

N'hésitez pas un seul instant. ces 90 pages se lisent d’une seule traite et se déguste comme un petit bonbon sucré ou plutpot comme un verre de très bon vin partagé entre amis.

 

A mettre absolument entre toutes les mains.

.....même si finalement, Jean-Louis Lemarchand c’est évident est bel et bien coupable.

 

Jean-marc Gelin

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 00:00

Capture d'écran 2014-05-10 14.23.59

De plus en plus, j'aime le cafe OTO. D'abord sa simplicité, son accueil simple, ses bières simples, son accès simple. Aussi, c'est un lieu de musiques dites décaléesn en tout cas musiques originales - autres - nouvelles - électro - free - africaines... J'aime sa programmation éclairée et eclectique. Enfin, le cafe OTO sait présenter les artistes qui y sont programmés via sa newsletter et sur son site. Il nous donne envie de venir à leur rencontre - c'est grâce à la neswletter que je suis venu voir MERGIA - probablement parce que le programmateur aime les musiques qu'il propose. J'aime le cafe OTO par sa sincérité, sa dynamique artistique positive et aguerrie.

Du côté des "musiques africaines", c'est au Cafe Oto qu'on peut y voir et écouter le pianiste nigérien Mammane Sani (Mamane Sani en anglais) - venu avec ses cassettes 60 mn à vendre sur place - et son orgue (on aurait envie d'ajouter "bontempi") reprendre avec fierté des chansons de Nicoletta et chanter, chez nos amis anglais, la colonisation française. Puis nous y avons rencontré Louis Moholo Moholo et son groupe incroyable.

Hier soir - vendredi 6 juin 2014, le café OTO accueillait le claviériste et accordéoniste éthiopien Hailu MERGIA et son trio, composé du batteur australien Tony Buck - sacré batteur original qui a joué avec The Ex entre autres - et l'"unbelievable" contrebassiste Mike Majkowski.

 

 

Dans les 80s, MERGIA - accordéoniste et clavieriste (Moog, rhodes) - s'est fait connaitre en Europe gràce à son album cassette Hailu Mergia and his classical instrument où on l'attend jouer son instrument favori qu'est l'accordéon, et avant ça avec son groupe Walias Band avec la participation de Mulatu Astatke. Puis, Walias Band connut un renouveau de célébrité en Europe et à Addis Abeba la révolutionnaire quand sa musique apparait dans la collection française des Ethiopiques.

Hailu MERGIA, presque 70 ans en bonne forme, arrive sur scène en costume: écharpe et cravate aux couleurs de l'Ethiopie. Le ton est donné. Le trio jouera deux sets des thèmes traditionnels éthiopiens et compositions de Mergia: rythmiques toujours très enlevés, funk orientales et gammes pentatoniques au rendez-vous. Juste on aura droit à un moderato aux rappels du dernier set en guise de calmant placebo donnant la fin de concer.

J'ai adoré la folie du contrebassiste Mike Majkowski qui me rappelle à plus d'un égard notre contrebassiste fou Géraud Portal. Il est connu pour ses soli imaginatifs, ses collaborations avec Han Bennink et Peter Brötzmann et ses travaux novateurs. J'ai aussi beaucoup aimé l'australien Tony Buck, basé à Berlin, et son groove qui vous emporte. Très rafraichissant, musique élaborée et simple en apparence. Surtout on y voit  avec  plaisir un trio qui aime se retrouver pour jouer. Le public l'a bien compris: les uns dansent, les autres dodelinent en rythme; tous rêvent un peu d'Addis.

Un conseil: jetez un oeil et une oreille à la vidéo ci-dessous. Elle en vaut la peine.

JG

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 14:18

 

Fresh Sound New Talent/ Socadisc

Concert officiel de sortie d’album 10 juin 2014  Sunset Paris / 21H

www.yoannloustalot.com 

www.fredericborey.com

 

luck-dog.jpg

Une pochette un poil surréaliste qui flirte avec l’absurde ... et qui ne dit pas si ce chien est « happy », juste qu’il est « lucky ». D’avoir de tels maîtres ou compagnons ? Sans aucun doute, car le saxophoniste Fred Borey, le trompettiste Yoann Loustalotforment, avec la paire rythmique de Yoni Zelnik et Frédéric Pasqua, un quartet sans piano remarquable, qui devrait faire date. D’ores et déjà, leur jazz ne laisse pas indifférent. Les deux soufflants s’épaulent mutuellement dans un registre intime, sur le versant d’une mélancolie qui n’est pas nostalgie larmoyante pour autant. Leur duo, absolument juste et coopératif, laisse entrevoir des fulgurances dès «The real all of me». On comprend que l’on pénètre dans une étrangeté parfois déroutante, par intermittence langoureuse («Sinful»). Le titre éponyme porte sa charge hypnotique et exaltée. D’un bout à l’autre de l’album, jamais la tension ne s’apaise. « Yonisation » débute comme de juste, par une intervention courte, intense du contrebassiste Yoni Zelnik, vieux complice de Yoann Loustalot. Particulièrement combattif, il entraîne son attelage en compagnie du batteur dans la plupart des titres comme «Jacky’s method » ou le survolté «Interférences». «Peaceful time» a la douceur d’une plainte qui n’en finit pas d’émerger, prélude à une échappée d’autant plus étonnante. C’est que Yoann Loustalot, traversé d’une urgence jamais démonstrative, impose de vifs changements de direction, contrariant ainsi un tempérament plutôt recueilli. Il s’interrompt au détour de longues phrases toutes en volutes, ose le suspens pour bifurquer de plus belle et reprendre son essor. Si Fred Borey semblait plus serein, tendrement lyrique dans ses disques précédents, il est ici, comme contaminé par les élans fiévreux de son partenaire et s’enhardit en livrant une musique grave et légère, souple et bondissante. Un désir catalyseur qui s’organise tout naturellement autour de l’engagement de musiciens aux prises avec la pureté du son, de l’enregistrement. Et de l’effet produit sur un auditeur attentif, en quête d’émotion directe, d’authenticité. C’est l’esprit, l’essence de leur musique qui touche, restituant au plus près la vérité de la performance. On aime ce Lucky dog pour le miroir d’ombres qu’il nous tend, la lumière noire d’un jazz aéré, riche en nuances.

Sophie Chambon 

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 12:22

Logo VortexPremière infidélité au Café Oto. Mais pas la première visite au Vortex non plus. J'y avais vu et écouté Evan Parker qui y réside une fois par moi depuis plus de sept ans.

Le Vortex est un club de jazz londonien, situé lui aussi à Dalston à deux pas du Café Oto. La programmation est jazz sans aucun doute avec spectre large mais toujours mesuré.

Ce lundi 26 mai, terrible envie d'écouter de la musique.Après un coup d'oeil sur youtube, va pour Laura Jurd quartet au Vortex.

Agréable surprise que ce concert en deux parties. La première partie est Tandem à trois musiciens que sont le leader David Malkin (chant et guitar acoustique), Henry Webster au violon et Ben Corrigan à l'électronique et claviers. Tandem c'est un mélange d'électro et de musiques celtiques, irlandaises et écossaises. Le charismatique leader a une voix sûre, projette des sons trafiqués de sa guitare tout en concervant une sonorité acoustique et traditionnelle sincère. J'ai beaucoup aimé Tandem pour son originalité et le charisme du groupe.

Arrive Laura Jurd quartet. Cette très jeune trompettiste a fait parler d'elle du haut de ses 23 ans. Elle affiche une belle maturité musicale et joue avec aise et puissance de sa tropette avec qui est elle fait corps véritable. Sans souffrance. Elle "leade" son groupe simplement et naturellement, l'envie de jouer se fait sentir, le respect des musiciens entre eux se lit sur les visages. Laura Jurd bénéficie déjà d'aide privée pour son développement artistique et répond à de nombreuses commandes musicales.

Encore plus que Tandem, le groupe est jeune, très jeune. Tellement jeune que le bassiste électrique Conor Chaplin semble avoir 16 ans. Voilà un groupe poupon qui propose sans complexe une musique très aboutie, originale par sa fraicheur et ses arrangements ouverts sur le reggae, le trip hop, le rock. Particulièrement impressionnant est le claviériste Elliot Galvin qui propose des sonorités et des atmosphères judicieuses aux sonorités massives. Probablement inspiré par EST sur certains aspects et avec beaucoup d'apport personnel.

JG

 

 

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 07:32

Neuklang 2014

David Haudrechy, saxophones & direction - Ferdinand Doumerc, saxophones &

flûte - Gaël Pautric, saxophones & clarinette basse - Nicolas Gardel &

Nicolas Algans, trompettes - Olivier "Lapin" Sabatier, trombone - Lionel

Segui, trombone basse - Florent Hortal, guitare - Amaury Faye, claviers &

piano - Julien Duthu, basse & contrebasse - Pierre Pollet, batterie -

Florent "Pepino" Tisseyre, percussion

 initiative-h-album-300x300.jpg

Décidément Neuklang a toujours le chic pour révéler des talents qui pourraient passer inaperçu. Ce fut le cas avec Ping machine qui eut, avant d'être encensés par la presse, bien du mal à trouver label à son pied dans l'hexagone. Ce fut aussi le cas très récemment avec la superbe pianiste cubaine Marialy Pacheco dont nous faisions état dans ces colonnes.

Aujourd'hui c'est au tour de ce groupe INITIATIVE H jusqu'ici inconuu et

que  le label allemand nous permet de découvrir. Dans ce big band il y a une veine, un style qui pourrait justement s'inscrire à la croisée de quelques sympathiques big bands comme Ping Machine justement ou comme le sacre du Tympan dans ses premières versions pour le côté très cinoche de ce qu'ils disent. mais avec un côpté parfois

plus crépusculaire. L'écriture y est parfaite quoiqu'un poil conventionnelle parfois, associant l'acoustique et l'électrique à merveille. Les solistes sont tous hyper impliqués et jouent tous avec beaucoup de nuances avec des cuivres qui envoient en background. On a l'impression d'entendre la masse orchestrale légèrement emphatique se déployer ou au contraire d'entrer dans un univers plus intime. Le volume des cuivres laissant la place aux incises électriques des claviers ou des guitares.  On est dans l'expressif. dans le quasi-narratif par les climats et les paysages qu'ils évoquent, sorte de déambulation ultra contemporaine, violente et douce à la fois à l'image de cette magnifique envolée de

soprano d'un grand lyrisme sur Désillusion.

il y a  même des climats à la Miles comme cette ouverture sur Eastside par exemple qui débouche ensuite sur un format plus " big band". L'album est ponctué de moments jazz accolés à des rythmiques rock comme sur ce Murder drome p. ex. Il y a des "moments". Ils se succèdent même avec une certaine forme d'allégresse  ( In Benzin veritas). Sur the way of the sun on entre dans quelque chose qui relève plus d'une parenthèse charmante jouée en petite formation, sur une mélodie agréable. Visiblement ces jeunes musiciens toulousains au premier rang desquels figure David Haudrechuy qui écrit et dirige de main de maître, ont apporté un grand soin à la réalisation de cet album qui s'inscrit dans la lignée des belles réussite en la matière .

Jean-marc Gelin

 

 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 23:33

index.jpg

 

 

2014-3641.JPG

Vraiment un chouette moment ce soir à l’Ermitage en compagnie de Denis Colin dans une salle, malheureusement pas très remplie.

Nous vous avions dit dans ces colonnes tout le bonheur que nous avions eu à écouter cet hommage à Nino. ( voir DENIS COLIN : " Univers Nino")

Et bien figurez vous que c’est encore mieux en vrai ! Denis Colin ne boude pas son plaisir à pousser la chanson ( fort bien ma foi) et son association avec la chanteuse Ornette fait merveille. Les musiciens jouent terrible et s’amusent visiblement d’être là.

Quant au public il est en terrain connu, familier avec ces airs de Nino en tête ou avec de belles découvertes comme ce Métronomy morceau purement orchestral écrit par Nino.

 

Pour ce concert le clarinettiste a aussi choisi d’élargir à d’autres chansons qui ne figuraient pas dans l’album mais qui contribuent à la légende de Nino Ferrer ( comme l’incontournable Gaston ou le Sud).

Et au final c’est la guitare de Julien Lomé qui s’enflamme, c’est Ornette qui ensorcelle le public, c’est Denis qui lui donne des frissons ( Le Sud ou la Rua Madureira en duo avec la chanteuse) ou qui déclenche la foudre.

Et au final surtout c’est le public qui rappelle et qui chante.

 

 

A voir le bonheur communicatif de toute cette salle, on aurait du mal à comprendre que les programmateurs de festival puissent encore bouder ce jazz si populaire qu’il en est un vrai régal .

 

Merci Denis !

2014-3643.JPG

 

 

 

 denis colin

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 20:03

du capitalisme moderne.

JazzMag662-Complet-1.jpg

Un vent de nouveauté souffle sur le mythique magazine de jazz de mes ex ( mais toujours) copains de Jazzmagazine.

La maison fondée par Franck Tenot et portée depuis sa disparition par sa fille Sarah, change d'actionnaire et se trouve propulsée dans un nouvel univers "corporate" (Présentation du groupe Makheia).

 

Ci-après le communiqué de presse du nouvel actionnaire ravi et enthousiaste :

 

Communiqué de Presse

Paris, le 3 juin 2014

Jazz Magazine ouvre une nouvelle page de son histoire !

Jazz Magazine, le « cultissime » magazine de jazz fondé en 1954 par Eddy Barclay, puis développé par Daniel Filipacchi et Franck Ténot vient d’être repris par un groupe d’investisseurs, passionnés de musique, présidé par Edouard Rencker, président du groupe de communication Makheia. Leader des titres jazz en Europe, Jazz Magazine fêtera cette année ses 60 ans !


Jazz & Cie, la nouvelle société éditrice, en charge du magazine dès le numéro 662 (en kiosque depuis le 1er Juin) et ses associés comptent redynamiser le titre grâce à un plan de relance ambitieux. Celui-ci portera à la fois sur le lancement d’une nouvelle formule (à la rentrée), ainsi qu’un positionnement du titre sur l’ensemble des nouveaux canaux digitaux ; internet, application mobile et tablette afin de répondre aux attentes des nouveaux lectorats et d’élargir son potentiel de lecteurs. Le développement de produits dérivés est également à l’étude.
Pour Edouard Rencker, président de Jazz & Cie et directeur de la publication de Jazz Magazine : « Le projet est de renforcer l’ADN d’un titre fortement ancré dans les mémoires collectives et de valoriser son patrimoine, autant musical que symbolique, extrêmement riche : un magazine créatif, impertinent, curieux, renouant avec l’esprit du jazz, à savoir une aventure collective, un esprit permanent d’inventivité, un regard à la fois bienveillant, raffiné et authentique sur la vie. C’est également ce qui a motivé et rassemblé les nouveaux actionnaires : des amis de longue date, tous amateurs de musique et professionnels de la presse avec des expertises complémentaires. Paradoxalement, nous pensons que dans un monde fortement et nécessairement digitalisé, les valeurs de partage, de rencontres et du « live » sont indispensables !
De plus, en terme de marché, nous percevons des signes certains d’un retour en affection du jazz, une musique qui a initier et irriguer la plupart des courants musicaux contemporains. Et qui ne finit jamais de se réinventer ».

Nouvelle formule, dÉploiements numÉriques et produits dÉrivÉs, un plan de dÉveloppement ambitieux…

Parmi les développements envisagés, une importante étude de lectorat figure au titre des priorités de la nouvelle équipe et sera menée dès le mois prochain, pilotée par l’institut d’études Occurrence. Par ailleurs, une politique de hors séries consacrés à des thématiques spécifiques ou à d’autres musiques est également à l’étude. Notamment la relance du mook, Muziq, aujourd’hui diffusé en librairie, titre désormais propriété de Jazz & Cie.
[cid:BB2DF338-1154-454B-83ED-5ACE76DDB672]
Titre leader sur le segment de la presse musicale spécialisée, Jazz magazine est aujourd’hui édité à 24 000 exemplaires et bénéficie d’une base de plus de 6 000 abonnés.
L’équipe actuelle du magazine, animée par Frédéric Goaty, directeur de la rédaction, Franck Bergerot rédacteur en chef et François Lacharme, directeur commercial est non seulement confirmée dans ses fonctions mais se voit également accéder au capital de la nouvelle entreprise. L’équipe sera renforcée par les expertises respectives des différents associés.





L’équipe Jazz & Cie

Edouard Rencker
Journaliste économique puis « grand reporter » indépendant, Edouard Rencker est le fondateur, en 1985, de Sequoiaagence spécialisée dans la production de contenus pour la presse et les entreprises (une des agences leaders du  marché de la communication d’entreprise). Il préside aujourd’hui Makheia Group, groupe indépendant de  communication coté sur Alternext, qui avec plus de 200 collaborateurs est le premier acteur français sur l’ensemble de  la chaine de création de contenus. Il assure la direction de la publication de Jazz Magazine.

Laurent Guillemain
Spécialiste de la presse, ancien éditeur et directeur général adjoint du groupe de presse CMP Publications, il est aujourd’hui directeur général de Link Digital Spirit, éditeur, notamment, du magazine Jeux Vidéo Mag. Il assurera le développement du titre et des produits spéciaux ainsi que la gestion opérationnelle.

Christophe Gouju
Directeur de création presse, créateur de nombreuses formules de magazines, tout d’abord au sein du groupe Prisma (Ca M’intéresse, Femme Actuelle) puis Mondadori (Automobile Magazine), il assure la direction artistique de nombreux magazines et aura en charge la direction de création de Jazz Magazine.

Chantal Decamps
Ancienne journaliste, directrice financière et administratrice de plusieurs sociétés. Aujourd’hui directrice générale de Makheia Group, elle assurera la supervision financière et juridique du journal.

Pierre Bastid
Industriel, ancien président Converteam. Passionné de musique, il se consacre aujourd’hui à des projets personnels.

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2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 22:06

 

Black and Blue record 2014

Laurent Marode (p), Ronald Baker (tp), David Sauzay (ts), Sarah Lancman (vc), Fabricio Nicolas (contrebasse) et Grégory Serrier (batterie),

 elephant-walk-web.jpg

 

Ce n'est pas la révolution du genre. N’empêche ça fait du bien par où ça passe. Le pianiste Laurent Marode signe ici un album de standards assumant à fond le fait qu'il n’y a absolument aucun mal à jouer ces bons vieux saucissons du moment qu'on les joue avec amour et qu’on les joue bien. Et de fait, Laurent Marode sait y faire. On est en terrain connu. On entre en toute confiance dans cette musique. On reconnaît les murs, le papier peint et la moquette, on reconnaît les meubles qui n’ont toujours pas vieilli et l’on prend doucement son pied dans cette demeure chaleureuse. Cette maison blue c'est celle du jazz des années 50, du hard bop et du swing qui groove un max.

Le trompettiste Ronald Baker et Sarah Lancman (lauréate du Montreux Jazz festival 2012) apportent leur voix qui ma foi se marient plutôt bien sur une langoureuse et simplissime version de Misty. David Sauzay comme toujours joue terrible de chez terrible, y est admirable dans cette connaissance de ce patrimoine jazzistique. On le croirait sorti tout droit d'un club de jazz new Yorkais, du Smalls ou un truc dans le genre. Il faut dire que le saxophoniste excelle dans ce swing tout en souplesse, en délié et en suave sensualité. On l'entend avec plaisir sur Wrap your trouble in dreams glisser sur le tempo et les harmonies. Quand à Ronald Baker, exilé en nos contrées, il est comme un poisson dans l'eau dans cette musique de l’après-bop où les maîtres comme Lee Morgan ou Kenny Dorham ne sont jamais très loin. Laurent Marode groove et swingue à merveille et la rythmique fonctionne aussi à la perfection.

C'est typiquement le genre d'album à mettre sur sa platine lorsque l'on a pas de courage de sortir en Club et que l'on veut inviter un combo dans son salon.

Rien que pour soi.

C’est peut être cela que l’on appelle le luxe.

Jean-Marc Gelin

 

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29 mai 2014 4 29 /05 /mai /2014 11:32

 

 

http://img.over-blog.com/200x167/0/27/67/39/Photos-Sem1-2013/2014/Pochette-Nouvelle-Vague-format-736.png

Sortie le 20 mai 2014  / Concert le 24 juin 2014 au Café de la Danse - Paris

Concert à Jazz sous les Pommiers le 29 mai

Outnote records / Outhere distribution

 

La Nouvelle Vague en France fut une période d’effervescence culturelle pendant laquelle le cinéma français, a exploré brillamment de nombreux styles musicaux : be bop, swing, jazz, classique, musique symphonique, et chansons. « C’est un peu le reflet d’une époque, celui d‘une industrie qui reformate la musique écrite pour le cinéma en fonction du marché » écrit  le musicologue Stéphane Lerouge dans le catalogue de la formidable exposition de la Cité de la Musique Musique et cinéma, le mariage du siècle ?  A l’époque des yéyés, sortirent en 45 tours sur le label Philips, beaucoup de musiques des films de la Nouvelle Vague.

Cette période fascine nos musiciens de jazz actuels et c’est au tour de Stéphane Kerecki de se pencher sur ces thèmes, après le travail abouti de Stephan Oliva dans Vaguement Godard. Le contrebassiste explique fort bien que la démarche des cinéastes de la Nouvelle Vague rejoint celle des musiciens de jazz dans une recherche éperdue de liberté. Voilà qui permet d’associer dans une ronde ophülsienne,  cinéastes et musiciens aussi originaux que Jean Luc Godard, François Truffaut, Louis Malle, Jacques Demy, Michel Legrand, Georges Delerue, Miles Davis, Antoine Duhamel. Car ces musiques, toutes singulières, témoignent de ce désir de liberté accordé à chaque compositeur. De plus, la fonction de la musique au sein des films prend de l’importance, dans une nouvelle perspective, structurante, et peu illustrative.

 Dans le Nouvelle Vague du quartet de Stéphane Kerecki,  les thèmes ont été peu arrangés, dans une volonté délibérée de les saisir à vif, comme des matériaux bruts que chacun des complices du contrebassiste s’approprie à son gré. Le pianiste John Taylor qui a enregistré en 2011 PATIENCE  en duo avec Stéphane  Kerecki, est à nouveau de la partie avec un piano impressionniste et doux, le batteur Fabrice Moreau, élégant et précis, le saxophoniste Emile Parisien au soprano, particulièrement sobre sur tout le disque, entourent  le contrebassiste leader. 

 La musique référence du mouvement de la Nouvelle Vague est celle d’Ascenseur pour l’Echafaud de Louis Malle, expérience innovante d’improvisation enregistrée sur les images mêmes du film par le quintet « historique » de Miles, en 1957. Le quartet de  Stéphane Kerecki  joue gros en s’attaquant à « ces » thèmes de film noir mais le résultat est probant, et puis c’est la loi du jazz de se frotter à des relectures, aussi périlleuses soient-elles. On aimerait leur demander quelle a été leur approche. Le jazz comme performance est sans doute la manifestation d’une musique générationnelle, en accord avec cette modernité cinématographique. Pour Godard [1], trois  thèmes sont repris, parmi les plus célèbres, comme des passages obligés : ainsi en est-il de « Ferdinand » (Pierrot le Fou), ce thème d’Antoine Duhamel qui, une fois entré dans la tête n’en finit pas d’y tourner, retourner. On se régale avec la suite de Martial Solal pour  A bout de souffle  (l’émouvante Jean Seberg vendant  sur les Champs Elysées, le New York Herald Tribune).  Martial Solal raconte dans Ma vie sur un tabouret  (Actes Sud) qu’il a utilisé «un ensemble de jazz modulable du sextet au big band et un orchestre avec cordes et bois » pour « deux thèmes très courts, presque identiques dans la forme, mais l’un allant du grave à l’aigu et l’autre inversé ». Enfin, comment oublier le générique, l’ouverture et «Camille»dans Le Mépris de Georges Delerue, thèmes emblématiques, devenus génériques d’émissions?

A chaque fois, le thème est rappelé, pour mémoire, repris avec des variations sur lesquelles les musiciens se détachent avec fluidité, d’autant que les musiques originales s’y prêtent, mélodiques sans être mièvres, lyriques, troublantes. Le jazz y trouve sa place par l’époque, le style, le rythme et se coule admirablement dans cette matrice : on peut réinterpréter, broder des variations, s’éloigner, créer du neuf à partir d’un petit motif de rien du tout, trituré, désossé, amplifié. Comme des funambules, les musiciens se lancent avec une audace contrôlée, effectuent des figures fragiles mais libres, tournent, virevoltent avant de se « récupérer » sur le thème. On peut être particulièrement sensible à l’effort du quartet de jouer avec la patine, le grain, le tempo de l’époque. Les yeux fermés, les images d’un film imaginé défilent, d’autant que les échanges et la complicité intenses donnent  vie et sens à ce qui constitue la véritable B.O d’un film imaginaire recréé par et pour l’auditeur. Le quartet a réussi l’impossible avec la création d’une suite continue, harmonisée et organique. Il aura fallu  cinquante ans pour  que naisse une musique cohérente qui rassemble, rattache, enveloppe ce mouvement cinématographique fondateur. 

NB : Certaines chansons de Serge Rezvani ou de Michel Legrand sont dans la mémoire collective, la ritournelle  « Le tourbillon » de Jules et Jim, portée par la voix de Jeanne Moreau, ou  les « tubes » éternels du film  Les Demoiselles de Rochefort ? 

Jeanne Added a choisi de reprendre avec un accompagnement délicat « La chanson de Maxence» (rappelez-vous de Jacques Perrin en marin peroxydé, doublé par Jacques Revaux), qui inspira à Bill Evans une version sublime en 1977, « You must believe in spring ». C’est peut-être sur ces thèmes chantés- elle reprend aussi la chanson d’Anna Karina [2] dans Pierrot le fou « Jamais je ne t’ai dit que je t’aimerai toujours »- que nous émettrions quelque réserve, tant la marge de manœuvre de la chanteuse Jeanne Added est mince. 

Sophie Chambon

 

[1] Nous nous sommes amusés à réécouter en parallèle le piano d’Oliva qui reprend ces 3 mêmes thèmes dans son album Vaguement Godard chez Illusions

[2] Jeanne Moreau a également repris cette chanson ...

 

 

 

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 08:08

 

Out Note Records 2014

Émile Parisien (ss), John Taylor (p), Stephane Kerecki (cb), Fabrice Moreau (dms) + Jeanne Added (vc)

 Pochette-Nouvelle-Vague-format-736.png

 

Emile Parisien se trouve ici au centre d'un dispositif particulièrement soudé et inspiré jouant autour des thèmes du cinéma de la Nouvelle vague. Avec un art consommé de l'arrangement, Kerecki reprend les grands thèmes du cinéma de la nouvelle vague qui, on le sait flirtait déjá pas mal avec le jazz. On y retrouve donc Godard ( avec Alphaville - Paul Misraki ou Le Mépris - Georges Delerue, Pierrot le Fou - Antoine Duhamel), jusqu'à Jacques Demy et Michel Legrand et finalement Miles D'avis pour Ascenceur pour l'Echafaud.

Dans cette entrepris l'association Parisien / Kerecki fonctionne à merveille, tous les deux étant particulièrement bien placés pour exhaler les mélodies et leur donner parfois un caractère un peu grave. Il y a de fait beaucoup d'intensité dans cette musique là. Mais si Émile Parisien est effectivement au centre, au coeur de la musique, Kerecki parvient a créer autour de lui une force collective impressionnante dans l'intention qu'elle donne à la musique, dans le soutien rythmique et harmonique.

Jeanne Added apporte une touche particulièrement émouvante sur La Chanson de Maxence ( You must believe in spring) avec toute sa fragilité gracieuse ou encore sur Pierrot le Fou.

Une version sublime d'Ascenceur pour l'Echafaud, très inspirée est portée à très haut niveau par le quartet. On est toujours impressionné par la puissance du discours d'Emile Parisień impressionnant de puissance et d'aisance mélodique, maître absolu de l'improvisation comme sur cette autre version de Pierrot le Fou de très haute volée. Sur Tirez sur le pianiste, le trio fusionne à merveille parvenant à porter la musique à haute incandescence.

Sur les 400 coups c'est la complicité entre Kerecki et John Taylor que nous avions connu lors du précédent album qui semble prendre le dessus.

 

Il manquerait  pourtant à cet album un petit quelque chose. Pas un truc qui renverse la table mais quelque chose qui s'inscrive dans l'émotion, dans un peu plus de suavité. On croit l'approcher avec la version très émouvante de La mariée était en noir d'une admirable sobriété.

 

Ce qui est surtout intéressant c'est que, au gré des morceaux Kerecki varie les formats et met en évidence telle ou telle association instrumentale qui donne ainsi à l'album une grande richesse de climats et le rend passionnant de bout en bout.

 

Jean-Marc Gelin

 

 

 

Jean-Marc Gelin 

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