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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 21:43

UNIVERSAL JAZZ



Voici le cinquième opus studio de l'époustouflante (et originale) blueswoman. La Bostonienne a composé dix morceaux sur les onze, et s'affirme comme une vocaliste d'exception. Les enregistrements ont eu lieu au studio Sunset Sound de Hollywood avec une pléiade de stars comprenant Derek Trucks, Doyle Bramhall II, Gary Louris, Big Al Anderson et Tony Joe White. Ce dernier a co-écrit le morceau "Back to the River" avec Susan Tedeschi. La genèse du morceau-point d'orgue du disque roule à l'essence du Blues. La guitariste est allée rendre visite au Maître à Nashville. Ils ont écrit le morceau dans son studio, abrité dans un ancien hôpital qui date de la Guerre de Sécession, situé juste en dehors de la ville. Tony Joe lui a demandé de raconter sa vie. Elle a parlé des heures, découvrant notamment : “le sentiment d’essayer en permanence de rentrer chez moi, de retourner au bord de la rivière, parmi les miens.” Susan vit sur les bords de la St. John’s River à Jacksonville, en Floride, où est né son mari Derek Trucks. Ils y élèvent deux enfants. Ainsi est né “Back to the River”, le titre de l'album. Les compositions doivent beaucoup à l'inspiration de Bob Dylan, mais le disque sonne plus rock que les précédents. Singulièrement, la vedette, d'une humilité confondante (elle a déjà tourné avec BB King et Buddy Guy), ne se réclame pas du Blues. On trouvera certes des couleurs Led Zeppelin, mais pourtant loin derrière un battement lancinant à la John Lee Hooker. On trouvera aussi la classe immense de Trucks, déjà l'un des plus grands dans le genre. Son intro à la slide de « People » est tout simplement à hurler la nuit entière en regardant le ciel, et à passer en boucle dans le hall d'entrée de toutes les écoles de musique.

Bruno Pfeiffer

 

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 06:47

Universal -  



Le fondateur emblématique des JAZZ CRUSADERS revient pour un second album à la simplicité émouvante avec la vocaliste Randy Crawford. Soutenu par une rythmique que James Brown n'aurait pas reniée (Steve Gadd à la batterie et Christian Mc Bride à la guitare éblouissants), Sample déploie un Soul/Blues chargé d'émotion inattendu de la part d'un compositeur célébré pour un Groove dans les années soixante, qui a tenu le haut du pavé pendant vingt ans, et joué avec un nombre considérable de jazzmen de haut vol. Né à Houston en 1939, Sample est un enfant du Texas. De l'autre côté du Delta du Mississipi, le ciel est bas et lourd. Les nuages frôlent le sol et se posent sur vos épaules. « Là-bas, on sait ce que gémir veut dire : les gens n'ont que cela à fiche de la journée », nous a confié le pianiste pour justifier cet OVNI envoûtant qui rompt avec les nappes lassantes que son Fender Rhodes délivrait lors des concerts interminables des CRUSADERS. Dès 1961, la critique a fait comprendre que sa formation était différente. Attention aux mots. Il s'agit d'une formule diplomatique : il faut lire différente de tout le bouillonnement qui agitait le jazz. Pour Sample, Coltrane est un imposteur, Ornette un truand et le Free une hérésie. A son sens, la musique noire doit transmettre le rythme et la sensualité hérités du temps de l'esclavage. Il vante du reste sa musique, on se demande pourquoi, de n'être ni de la Côte Est, ni de la Côte Ouest, mais du Golfe du Mexique. Pas le profil d'un intellectuel, M.Sample... Les critiques ont taxé son jeu de rythme négro-primitif. « Notre formule a marché. On s'en fichait du reste »; c'est dire les soucis du bonhomme. Pourtant ce disque enveloppe et caresse. Le toucher de velours du leader vanté par Miles lors des sessions de TUTU (Miller lui avait fait enregistrer des accompagnements), fait mouche. Le son MOTOWN également, impeccable. Mais il y a quelque chose en plus, un feeling, une vibration. Sample est fou de Johnny Hodges, des sons traînants de son sax alto. Le disque s'appelle NO REGRETS, il s'agit de la version anglaise du « Non, rien de rien » de Piaf, que chante Randy Crawford. Ne surtout pas prendre cet intitulé à la lettre! En vérité ce disque est une plainte. Submergé par sa propre tristesse et ses pleurs, Sample regrette son enfance. Quand le petit Texan traversé par des fleuves entiers d'émotion, n'était pas encore dévoré par le démon du Groove assommant qu'il allait inventer.
Superbe. Bruno Pfeiffer

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5 décembre 2008 5 05 /12 /décembre /2008 06:43

Chief Inspector 2008




Yves Robert (tb), Bruno Chevillon (cb), Vincent Courtois (cello), Cyril Atef (dm)

On trouvera toutes les raisons du monde de s’émerveiller du dernier album de Yves Robert qui, fidèle à son habitude tourne autour d’un concept, cette fois, moins dans un souci de thématique que dans un pur propos musical. A partir d’une formation très exigeante qui associe le trombone à une formule simple : cb (le jeu sublime de Bruno Chevillon)  ou le violoncelle de Vincent Courtois + une batterie (découverte d’un batteur épatant à l’énergie marquante), Yves Robert mise à fond sur la partie rythmique dans une musique particulièrement inventive que l’on pourrait qualifier de post-rock ou post Zappa s’il s’agissait de se raccrocher à quelques références. Des trash rock qui décoiffent (Créative transpiration) côtoient des parenthèses rêveuses (m’as l’air bien dans ta peau). Dans l’univers d’ Yves Robert tout est prétexte à la démonstration d’une dynamique très forte (d’ailleurs d’une manière générale cela joue très fort) prétexte un peu, à l’exposé en pleine poire de la technique sidérante de Yves Robert qui sur un groove terrible est capable de tout faire avec un trombone. Son incroyable maîtrise de l’instrument lui permet une immense palette d’expressivité et jouant ainsi une sorte de comédie humaine avec un humanisme saisissant. Robert le grincheux main dans la main avec Robert le mutin qui passe à Robert le tendre. Sur la base de pattern rythmiques qui parfois souvent envie de danser ou de nous entraîner dans des bandas festives, Yves Robert donne à l’instrument des effets dans les sforzando, dans les rugissements et les explosions tonales (Épanoui, c’est nous, oui ) s’amuse sur des motifs rythmiques plus  simples et utilise parfois le trombone comme s’il soufflait dans une conque (Spirituel frisson).On ne peut donc qu’être épaté par tant d’inventivité musicale, instrumentale et surtout rythmique. Chaque morceau au titre évocateur ou drôle est une pièce d’une sorte de mini comédie à l’italienne avec sa mise en espace et ses ruptures de ton comme des portes qui s’ouvrent brutalement. Il y a derrière la musique des idées fortes. Mais dans la systématisation d’une musique basée sur l’énergie, le système repose aussi sur le refus de tout système mélodique ou harmonique sauf à le porter à dérision comme dans le dernier morceau grotesque (au sens littéral du terme) où les musiciens semblent un peu moquer le chant mais surtout quittent la scène sur un air de fiesta. Mais cela importe peu, le principe de la musique d’Yves Robert repose sur d’autres fondamentaux. Sur une expressivité théâtrale qui s’écoute comme elle se vit. Jean-Marc Gelin

 

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 06:06

 

Cet été après de longs mois de batailles politico clochermerlesques, le jazz renaissait du côté de Cluny, contre vents et marées et contre la municipalité sortante et  grâce surtout à l’opiniâtreté deson fondateur Didier Levallet ainsi qu’au soutien d’un bon nombre de passionnés.

Serge Kurts est de ceux là, de ceu qui n’ont pas mégangé leurs efforts pour que le jazz en clunisois vive encore. Il nous adresse ses souvenirs d’été, sa lettre aux DNJ

 

 

« Chères DNJ,

 

Quelle joie de te donner des bonnes nouvelles du jazz à Cluny.  Un jazz généreux qui s’est maintenant élargi au Clunisois.  Il faut le dire, c’est bien grâce aux villages de Matour, de Massilly, de Donzy le National, en plus du soutien apporté par la nouvelle équipe municipale de Cluny que la musique que nous aimons a pu renaître dans ce pays d’élevage et de tourisme, ceci après une saison 2007 sacrifiée sur l’autel de petites ambitions locales.  Louons cependant les musiciens qui se sont produit cet été là à Cluny : Olivier Témime trio, Ray Lema trio, Ola Kverberg trio ; Tord Gustavsen trio, Patrick Artero duo, Philip Catherine trio. Tous d’excellents musiciens qui n’étaient pour rien dans ce « dérangement » et qui ont sans doute perdu -cette fois là- une part de public qui aurait sûrement apprécié leur prestation.

L’équipe historique –30 ans de jazz à Cluny, les pionniers des festivals de jazz en France- a bien souffert de cet épisode.

Mais, dès l’automne 2007, dans un grand élan, des amateurs mordus -historiques, eux aussi-, des musiciens –très motivés et nombreux-, des bénévoles -gonflés à bloc-, des « institutionnels » -confiants dans le projet-  se sont manifesté et ont offert leur appui, leur bras, leur réflexion, leur musicalité.

Une équipe s’est alors refondée, en association « jazz Campus en Clunisois » autour de Didier Levallet et Pascale Giroux.

Jazz Campus a voulu s’ouvrir aux villages alentours en même temps qu’aux autres arts : jonglage, théâtre cinéma, cirque, musique de rue… dans un souci de faciliter l’accès à un publique élargi, à cette musique improvisée, parfois déroutante, mais si créative, poétique, ludique, voire loufoque….

Les stages ont fait le plein, malgré le fait qu’ils se passaient dans un lieu nouveau ; Matour au lieu de Cluny.  Les musiciens amateurs ne s’y sont pas trompés, ils sont venus retrouver des pros de première classe : Paul Brousseau, Christophe Marguet, Pascal Contet, Hélène Labarrière, François Raulin, Jean-Charles Richard, et Claudia Solal.    Ils y ont trouvé en prime une atmosphère concentrée, de chaudes soirées « bœuf », des concerts top, tout cela dans une ambiance et une grande amicalité qu’ils ont pu créer.

Raconter les concerts…une tâche impossible.   Il nous suffit aujourd’hui de nous rappeler ces soirées frileuses réchauffées par des musiciens généreux, ces pique-niques concerts déplacés en salle et qui gardent leur bonne humeur, ces déambulations emmitouflées et joyeuses dans l’abbaye de Cluny, la contrariété des équipes aux caisses lorsque la salle est déjà pleine et qu’arrive encore du monde, et leur jubilation d’entendre ce qui se passe à l’intérieur.

Oui, le jazz en Clunisois était bien au rendez-vous avec :

La « Fanfarrosoir » (née de l’Arrosoir de Chalons sur Saône)

Le « Conflit de Canards » (plutôt du maconnais ces musiciens là)

La « Fanfarine » (la Bourgogne sud, bien égayée)

Le « Turak » théâtre de Michel Laubu (un déjanté de Turakie)

Jeff Sicard solo

Le duo Jérome Thomas § Jean-Paul Autin

Henry Texier « Red route quartet »

Le Trio “Effet Vapeur” avec les images de Folimage studios

Le duo Claudia Solal § Jean-Charles Richard

Le Dominique Pifarely trio

Pascal Contet solo

Le Benjamin Flament, Joachim Florent, Elie Duris trio

Guillaume de Chassy

François Couturier

François Raulin

Jean-Marc Montera, Sylvain Kassap, Jean-Rémy Guédon, Didier Petit, Paul Brousseau, François Thuillier, Jaques Veillé, Gérard Siracusa

Le duo Isabelle Loubère § François Corneloup

Yves Rousseau Sarsara Quartet

Le duo Hélène Labarrière § Sylvain Kassap 

New Dreams now de Lionel Martin, Rémi Gaudillat, Bruno Tocanne

Le duo Fred Nevchehirlian (slam) Didier Levallet

Et, pour clore le festival, Claude Barthélémy Vintage trio, avec Jean-Luc Ponthieux et Eric Groleau.

 

Cela a été une fantastique programmation dans un espace/temps limité.

De quoi rêver, et nous avons rêvé…

Cerise sur le gâteau, grâce à la générosité des musiciens, des bénévoles, et l’action des institutionnels (malheureusement pas tous présents sur cette cession 2008) l’équilibre des comptes permet de penser à l’avenir. 

En projet, bien sûr, le festival Aout 2009, mais aussi des actions dans l’année –master class, interventions dans les écoles de musique locales, concerts hors festival-

 

Le jazz en Clunisois est bien parti pour repartir.

 

Retrouvez sur le site www.jazzcampus.fr   tous les détails sur ce festival,

les musiciens, les groupes et accords, des photos et articles de presse…

Et rendez-vous en 2009, pour de nouvelles aventures dont nous vous tiendrons informés –entre autres- dans ce journal, les DNJ…que nous saluons ici pour son soutien indéfectible à Jazz Campus et à tous ces musiciens qui mouillent leur chemise pour leur bonheur…et le notre. »

Serge Kurts

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 06:00

Cam Jazz 2008



Ce jubilée «  Martial Solal » ne cesse, définitivement d’être « jubilatoire » si l’on en juge par la succession d’album que nous livre récemment le maître. On sait tout le chemin qu’il lui a fallu parcourir pour arriver à trouver son public. A moins que ce ne soit le contraire et que le public ayant évolué musicalement soit aujourd’hui plus à même d’en découvrir ses joyaux.

Mais il faut bien reconnaître qu’à 80 ans Martial Solal est plus libéré que jamais, voire carrément irrévérencieux, mutin, insaisissable dans les codes de la musique «  bien pensée ». Un peu comme s’il était libéré de tout enjeu, Martial Solal s’affiche avec une liberté rarissime. Après une première expérience au Vanguard au timing plus que malheureux (programmé pour la première fois le 12 septembre 2001 dans un New York aux cendres encore fumantes), Solal revenait quelques années plus tard dans ce temple du jazz donner, chose rare en ce lieu mythique, une série de concerts en solo. Avant lui seul …….. avait investi ces lieux avec son seul clavier au bout des doigts. Et pour l’occasion, Martial Solal se livrait à une lecture époustouflante des grands standards. On aurait tort de dire qu’il convoquait pour l’occasion Art Tatum beaucoup, Bud Powell un peu, Hank Jones par moment et même du Fats Waller dans l’esprit. On aurait bien tort de dire cela, car Solal en l’occurrence jouait, comme Solal. Insaisissable fanfaron du clavier, indomptable, revêche à la forme traditionnelle des standards, Solal crée sur le moment, invente les phrases, prend des détours inattendus, fait l’école buissonnière et vagabonde toujours à portée de nous mais parfois loin dans ses chemins de feux follets. Solal connaît ces chansons par cœur mais en fait des œuvres d’une personnalité rare, se les approprie avec une grande dose d’humour et de facétie. A entendre ce qu’il fait sur Round Midnight on ne peut qu’être émerveillé par tant de science pianistique qui semble s’écouler du bout de ses doigts comme le prolongement naturel d’une pensée mutine.

Du grand, du très grand piano jazz. On a juste peur en entendant Solal que cette façon de jouer ne se perde à jamais. On se retournera peut être plus tard vers un Stefano Bollani ou une Manuel Rocheman qui semblent à eux deux porteur d’une tradition que leur lèguera un jour le maître. Mais avant cela Martial Solal fera encore longtemps la synthèse : celle d’un siècle de jazz entre les doigts d’un tout jeune génie de 80 ans. Jean-Marc Gelin

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 05:59

Bee Jazz 2008

Jérôme Sabbagh (ts), Ben Street (cb), Rodney Green (dm)




Jérôme Sabbagh fait partie de cette cohorte de jeunes musiciens hyper talentueux partis il y a quelques années  se frotter aux pointures du jazz de New York auprès desquels ils ont appris à grandir. Repéré par ce grand découvreur de talents qu’est Jordi Pujol qui l’avait pris au sein de son écurie ( Fresh Sound New talent), Jérôme Sabbagh vole désormais de ses propres ailes et a rejoint depuis deux albums déjà l’écurie Bee Jazz. Il revient ici avec un album totalement en rupture avec le précédent qui revendiquait des accent pop, pour un trio pianoless dédié entièrement aux standards du répertoire. La chose n’est pas nouvelle et l’on pense inévitablement aux trios de Sonny Rollins tant le jeune homme semble en être proche. Et la comparaison n‘est pas hasardeuse. Jérôme Sabbagh y montre dans cet exercice en apparence très simple mais en réalité extrêmement périlleuse pour le saxophoniste surexposé, l’étendue de son talent. Car pour jouer des standards de cette façon il faut posséder au-delà de la simple technique de jeu, deux qualités essentielles. D’une part l’âme de ce que l’on joue et d’autre part des partenaires de grande classe sur qui s’épauler et faire sonner le tout. Visiblement Jérôme Sabbagh possède ces deux atouts. L’âme bien sûr tant il montre combien il peut mettre sa science de l’improvisation au service d’une expression très habitée de ces thèmes pour l’essentiel très connus mais qu’il parvient, dans le respect d’une longue tradition, à faire redécouvrir sous le même angle que ses grands aînés. N’abusons pas de superlatifs ni de comparaison audacieuse. Juste de quoi souligner qu’il y a chez ce jeune ténor, un discours qui emprunte autant à Rollins qu’à Coleman Hawkins. La généalogie du ténor respectée ici. Mais Jérôme Sabbagh s’appuie aussi sur un duo de grande classe que l’on peut entendre sur un sublime Body and soul commencé en solo par le ténor, rejoint ensuite par le son profond et rond de Ben Street puis par les frôlements de Rodney Green. Pour ceux qui ne connaissent pas Ben Street, il fat rappeler qu’il est l’un des piliers de la formation de Kurt Rosenwinkel. Une précision redoutable. Quand à Rodney Green, sobre et terriblement efficace c’est toujours le bon riff au bon moment et ce n’est certainement pas un hasard si un pianiste comme Mulgrew Miller fait régulièrement appel  lui et si Charlie Haden l’a papelé pour intégrer son Quartet West. C’est dire combien notre jeune frenchy est ici remarquablement entouré de musiciens qui connaissent sur le bout des doigts leur histoire du jazz, portés collectivement qu’ils sont par le désir d’exalter sans façon mais avec grâce ce patrimoine jazzistique. Délectable comme ce tea for two que l’on boit sans soif. Un sucre d’orge dont on ne se lasse pas.
Jean-Marc Gelin

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 05:56

Dare 2 Record 2008



 

Il n’y a aucune raison, mais alors aucune raison du tout de bouder notre plaisir. Parce que franchement dans ce genre d’exercice qu’il maîtrise de bout en bout, Dave Holland qui remet le couvert connaît fort bien son affaire. Dans une veine post revival (re-revival pourrait on dire) qui fleure bon les années 90, Dave Holland met l’accent (et c’est logique) sur l’ultra présence rythmique, sur la chaleur des cuivres et l’énergie partagée. Il faut dire que dans cet exercice du post hard bop il s’entoure de certains orfèvres en la matière. Antonio Hart par exemple dont on avait un peu perdu ses traces depuis qu’il avait quitté Roy Hargove (ça fait un bail) et qui s’offre là un come back du feu de Dieu. Avec Vincent Herring il fait assurément partie de toute une génération jadis prometteuse et que l’on aimerait entendre plus souvent sur nos scènes européennes. Qu’il s’agisse de Equality ou du superbe Rivers Run écrit en hommage au saxophoniste Sam Rivers, chaque fois Antonio Hart y trouve un motif d’expression libéré sur la base d’une montée très coltranienne qui vire à l’explosion dynamique d’un groupe ultra cohérent. Car Antonio Hart tout en gardant sa fraîcheur de jeu a acquis aujourd’hui une belle et réelle maturité (écouter Pass it on). Robin Eubanks au trombone possède quand à lui ce feu sacré et cette pointe de délire sonore qui l’inscrit dans la lignée des plus grands. A l’entendre on se dit qu’un jeune prodige comme Gianlucca Petrella, nouvelle révélation italienne de l’instrument, doit certainement beaucoup écouter son grand frère. Et puis l’on découvre aussi un trompettiste jusque là très peu entendu chez nous, Alex Sipiagin, trompettiste russe étincelant et brillant que  certains se souviendront avoir entendu jadis aux côtés du très regretté Michael Brecker.

Quand à la rythmique, impeccable elle porte, elle insuffle l’énergie d’un discours qui semble toujours redécouvert comme aux premiers temps. Mais l’on reprochera à cet album de se baser sur un travail compositionnel pas toujours abouti. Autant des thèmes comme Rivers Run nous séduisent par leur construction, autant le début de l’album se base sur une écriture très approximative. Mais surtout, et c’est là notre principal grief, on est en droit d’attendre de Dave Holland un discours plus neuf ou, à défaut une orchestration plus travaillée à défaut d’une totale remise en cause. L’alignement des choristes sur une structure AABA n’empêche pas le plaisir mais limite un peu les moyens d’innover. Pas de quoi, loin de là bouder notre plaisir. Mais pas de quoi non plus crier au génie. Celui de Dave Holland est toujours intact mais pas grandi pour autant. Jean-Marc Gelin

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 10:07

 

...... tant mieux

 

Sous la houlette de son rédacteur en chef, Alex Dutilh, le magazine de jazz « Jazzman » lors de sa soirée annuelle de remise des chocs de l’année a remis ses célèbres « Jazzmans Award » aux lauréats suivants

 

Arild Andersen pour son très bel album avec Tommy Smith paru chez ECM ( chronique des DNJ n°50 a paraître en décembre JJJJ)

 

John Zorn, the Dreamers, sublime album qui vous plonge dans une béatitude cotonneuse ( DNJ n°46 JJJJ)

 

Mc Coy Tyner : à son âge, nous faire des trucs comme ça, j’vous jure. Coup de cœur des DNJ n° 44 JJJJ(J)   )

 

Hervé Sellin. Un album tous les 7/10 ans, mais alors quel pied mazette. Un tentet à vous mettre le feu. (chroniqué dans les DNJ n° 47 JJJJ)

 

François Theberge pour Soliloque . Un album avec Lee Konitz que le Gil Evans de Birth of the Cool aurait pu revendiquer ( Chroniqué dans DNJ 43JJJJ)

 

Ahmad Jamal pour ce sublime It’s magic. Ceux qui etaient au Duc des Lombards cet été en sont encore tous retournés….

 

Martial Solal pour le Live at vanguard chroniqué dans nos colonnes le mois dernier ( DNJ 49 JJJJ). Mais franchement entre celui là et le Longitude paru quelques mois avant, quelle année Solal !

 

 

Ralph Alessi, le célèbre trompettiste New Yorkais, lui est totalement passé au travers de nos radars. On va vite y remedier….

 

 

Donny Mc Caslin : quel album choisir pour Mc caslin. Le choix de Vincent Bessières s’était porté sur In Pursuit. Ca tombe bien nous aussi : cf . DNJ n° 42 mais avec un peu moins de fougue JJJ)

 

 

Dave Douglas avec Keystone et son Mooshine est totalement tombé de la panète lunaire et nous a renversé ( DNJ n°47 JJJJ).

 

 

 

Vijay Iyer pour Tragicomic , mais chut nous vous en parlerons le mois prochain. Sachez juste qu’il joue avec un saxophoniste venu d’une autre planète…..

 

 

Enfin un DVD consacré à Oscar Peterson qui a le mérite de rendre hommage au génie du paino disparu cette année. Sur le DVD en lui-même , certains de nos chroniqueurs avaient cependant quleques réserves

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 10:26

JJJJ CHRISTOPHE MARGUET : « ItRANE »

Le chant du Monde 2008

 

Sébastien Texier (as, cl), Bruno Angelini (p), Mauro Gargano (cb), Christophe Marguet (dm)

 Ce n’est pas un hasard si le quartet formé par le batteur de Henri Texier s’appelle « quartet résistance poétique ». Car c’est bien de cela dont il s’agit lorsque l’on écoute cet album. C’est bien cela qui s’en dégage, une force poétique dès les premières notes, une sorte d’exaltation contenue qui, inexorablement monte au bord de l’âme. Il y a quelque chose de très fort au-delà de la musique elle-même. Quelque chose de mystique peut être. Et si « Itrane » veut dire «  étoile » en berbère, elle brille ici, dans l’ouverture de cet album au firmament que celle du saxophoniste presque homonyme. Mais cette musique là n’a pas pour vocation de valoriser tel ou tel instrument, tel ou tel musicien (ici tous exceptionnels) mais de raconter une histoire intime qui ne peut que bouleverser parce qu’elle porte réellement en elle sa part d’universalité dans laquelle chacun peut y trouver des résonances personnelles. Se l’approprier. A comencer par le quartet imprégné de l’intelligence du texte. Car cette musique voyage, progresse, évolue autour d’histoires émouvantes. Après un « Itrane » renversant où la mystique développée par Sébastien Texier trouve un écho formidablement décalé chez Angelini, c’est justement un « Angel » de toute beauté qui suit juste après avec quelques incartades free qui nous donnent l’occasion de repérer la belle entente de Sébastien Texier et de Christophe Marguet tous deux compagnons d’armes chez Henri. Il y a aussi de la tendresse dans cet album. Que ce soit dans « Extase Violette » auquel Texier à la clarinette donne une couleur différente ou « Vers l’automne » où le souffle du saxophoniste semble faire virevolter les feuilles ocres et jaunes dans un moment de pure rêverie ou contempler juste et simplement les fleurs (Flowers). La tendresse  sous une autre forme aussi comme ce morceau fort, aux accents coltraniens dédié à H.T ( Deep soul).

C’est la première fois que Christophe Marguet dans son quartet ajoute un piano à sa formation. Son pari est ici gagnant tant Bruno Angelini y est lumineux, apportant un sens du contraste, du décalage où il n’est pas moins question de poésie mais sous une autre forme, une poésie plus folle, désespérée peut être. Dès lors et bien loin d’un album de batteur, ce sont les talents d’un compositeur qui signe ici toutes les compositions que nous découvrons avec grâce et beauté. Autour de ces morceaux superbes, la rencontre de ces quatre musiciens provoque alors un choc qui est, vous l’avez compris de l’ordre de l’émotionnel. Si cette musique souvent se murmure, si l’émotion se crie aussi au bord du paroxysme, c’est qu’elle parle fort à l’âme. Et nous bouleverse

Jean-marc Gelin

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28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 10:25

Melisse 2008

Issam Krimi (p, synth), Alban Darche (ts), Olivier Koudouno (cello), Jean-Philippe Morel (cb), Nicolas Larmignat (dm)

 

 

 Attention, disons le tout net, grand disque. Nonobstant un titre d’album un peu too much ( c’est quand même parfois agaçant chez ces jeunes cette volonté de vouloir inventer des concepts), choc total à l’écoute des premiers morceaux de cet album. Car on est face d’une sorte d’OVNI musical qui confirme tout le bien que l’on pensait de ce jeune pianiste compositeur dont on sait l’éclectisme (capable par ailleurs de s’accommoder autant d’un univers un peu déjanté que d’un hommage à la chanteuse Barbara comme il l’a fait récemment). Ici tout autre chose. Dans la musique d’ Issam Krimi il y a toujours quelque chose à l’affût, comme caché en embuscade. On reste en éveil, attendant le surgissement, inquiet de ce qui va apparaître derrière le bois, au coin de la ruelle. L’ouverture de l’album est saisissante, forte et lourde à la fois. Mais très vite s’installe une sorte d’entre deux, une rupture inquiétante à laquelle Alban Darche en grand spécialiste du polar vient apporter un surcroît de suspens. L’univers de Issam, très personnel est un univers qui évolue entre celui que l’on assimilerait à celui d’un plasticien (on se promène parfois dans sa musique comme dans une exposition d’art moderne où les œuvres provoqueraient des sensations fortes) ou bien à celui d’un écrivain fantastique à la poésie d’Edgar Allan Poe. Issam Krimi est un  provocateur et un évocateur. Il n‘est que d’écouter ce bien nommé « Asil » où après l’étouffement comme dans une chambre capitonnée, les lignes claires du violoncelle de Olivier Koudouno ( belle révélation) viennent apporter une solution, une ouverture très belle comme une issue vers un ailleurs plus libre. Il y a assurément chez Issam Krimi une vraie démarche artistique Musicalement ce qu’il crée est intelligemment mis en œuvre comme ce mariage plutôt réussi des cordes et du synthé ( La coquine) pourtant pas évident sur le papier. Mais le problème avec une musique aussi forte, qui va chercher dans un registre d’émotions si affirmé et aussi personnel, c’est de tenir la distance. La deuxième partie de cet album développent autre chose, un autre univers où la surprise joue un peu moins. Mais il faudra c’est sûr revenir à ces 5 premiers titres, remarquables de créativité. Cette partie là c’est sûr marquent le début de quelque chose. Issam Krimi est un compositeur avec qui, assurément il va falloir compter . Jean-Marc Gelin

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