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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 14:47
@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin


Décidément pendant le festival, cette ville s’est installée dans le jazz. C'est bien simple, il y en a partout autour de vous. Et pour tout le monde.

Pérégrinations du matin.

Au détour d'une déambulation qui m'amène à entrer dans un centre commercial, ce sont les enfants qui sont conviés à la fête pour une Petite Ecole du Jazz bien réjouissante.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Un peu plus loin ce sont des fanfares ou des orchestres de rue qui prennent place dans le quartier, entre deux concerts et lui donne presque des airs de Nouvelle-Orléans.
De la musique non-stop....

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Conférence de presse à la Maison du festival où André Menard, le directeur du festival récompense du prix Bruce Lundvall le travail du producteur JIM WEST, fondateur du label canadien Just in Time ( Kenny Wheeler, Oliver Jones, Myriam Alter, Cecil Mc Lorin etc….). Petite séance sympa en toute intimité. Où André Menard se souvient de l'époque où Diana Krall franchissait pour la première fois les portes de ce festival, morte de trouille et d'une timidité confondante.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Puis les choses se mirent à démarrer avec un premier concert en plein air d'un jeune trompettiste anglais que je ne connaissais pas, Matthew HALSALL. Approche très coltranienne ( jusqu'à intégrer une harpiste dans sa formation) pour une musique modale qui révèle ce jeune talent de la scène britannique. Ca ne décolle pas vraiment mais peu importe , il y a du monde et je surprend le jeune trompettiste certainement impressionné de se retrouver là, sortir son smartphone pour prendre une photo du public.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Pas trop le temps de lésiner car je dois vite filer à la Maison Symphonique pour retrouver le célèbre Jazz at The Lincoln Center Orchestra dirigé par Wynton Marsalis. Le soyeux de cet orchestre, l'intelligence de la direction du trompettiste, la beauté des arrangements et l'excellence des solistes en font ( évidemment pourrait t-on dire...) l'un des plus beaux big band dans la plus tradition.

Le répértoire y est très Ellingtonien ( ça tombe bien il paraît qu'il y a des gens de la famille du Duke dans la salle). De quoi se lécher les babines avec un Braggin in Brass ( 1938) ou encore une belle compo de Strayhorn, Isfahan ( 1967) sur laquelle l'altiste, la montagne Sherman Irby se transforme en monument de pure tendresse et de douceur incarnée.

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

Festival International de jazz à Montreal ( 2/4)

Je file ensuite pour ce qui va être pour moi le premier choc de ce festival, le concert énorme de CHRIS POTTER !!!

Avec Joe Martin à la contrebasse et Marcus Gillmore à la batterie, le saxophoniste de Chicago donna hier soir un concert à sa dimension : immense !

Si Chris Potter affirmait durant ce concert avoir été très largement influencé par Johny Hodges, c'est surtout et évidemment à Sonny Rollins que l'on pense en l'entendant.

Le continuateur du maître. Le fils prodige.

Un son gravé dans le roc, projeté avec une puissance et une énergie hallucinantes, un placement rythmique hors du commun. Avec Potter c'est 1000 variations en une seule phrase, passant du staccato au légato et du forte au piano dans un seul et même geste.

Et tout y passe. Un superbe thème de Police, un blues ultra rollinsien, un thème de Hodges

et au final une conclusion échevelé sur Ask me Now ( Thelonious Monk) que Potter avait entendu Joe Henderson jouer plusieurs fois. A coup sûr l'élève était là, sur le point de dépasser le maître.

Et s'il est des "saxophone colossus" , assurément la claque que nous a mis Chris Potter hier soir, montre qu'il fait partie de la clique des très très grands.

Festival International de jazz à Montreal ( 2/4)

Finalement pour me remettre de mes émotions je termine la soirée Place Heineken où tous les soirs après minuit la légende du folk song québecois, le guitariste Jordan Officer ( vous vous souvenez le disque avec Susie Arioli http://www.lesdnj.com/article-2126454.html ) donne à l'endroit des airs de bar country où les cow-boys viennent boire de la bière et jouer des coudes.

Totalement décalé dans le contexte mais tellement bon !

@Jean-Marc Gelin

@Jean-Marc Gelin

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:48
Festival International de Jazz à Montréal : DAY ONE  ( 1/4)

Ma première participation au Festival de Montréal. Excité comme un fou. Le trajet est long et une fois au sol, à l’aéroport, cela n’avance pas. Je piétine et je ronge mon frein, impatient à l’idée d’aller me plonger dans l’atmosphère festivalière et québecoise de ce temple du jazz.

Eh ben mazette ! Je peux vous le dire : un sacré choc vous attend lorsque vous pénétrez dans ce quartier des Arts. Toute la ville semble s’être donnée rendez-vous dans ce quartier où la musique vous vient de partout. On a les sentiment de pouvoir papillonner d’un concert à l’autre, de prendre une bière devant un orchestre Dixieland et d’aller la finir devant une scène de blues, porté par la légère brise marine venue du Saint Laurent, à la nuit naissante.
Une fois récupéré mon accréditation ( je suis fier comme un pape), je file à mon premier concert, celui de Gregory Porter.

Festival International de Jazz à Montréal : DAY ONE  ( 1/4)
Festival International de Jazz à Montréal : DAY ONE  ( 1/4)

Il faut dire que pour sa 37ème édition, André Menard, le directeur artistique n’a pas lésiné sur la programmation ni sur les moyens : 11 jours de musique, 9 scènes extérieures, 3000 artistes venus du monde entier, 600 concerts gratuits et quelques sacrées pointures : Melody Gardot, Chick Corea, Gregory Porter, Lauryn Hill, Steve Coleman, Marcus MIller et j'en passe.

Mais moi pour le moment, je file au Théâtre Maisonneuve pour le concert de l'immense Gregory Porter qui, sur sa lancée de "Liquid Spirit", écume tous les festivals pour promouvoir son dernier album, "Take me to the alley" dont le titre éponyme fait déjà allure de tube planétaire.

André Menard n'est pas peu fier de lancer ainsi son festival et de lui remettre au passage le prix Ella Fitzgerald, trophée dont ont été déjà récompensés les plus grands depuis Bobby Mc Ferrin jusqu'à Tony Benett.

Le concert est justement filmé par Mezzo et, semble t-il diffusé dans 50 pays.

Et Gregory Porter fit le job. En vrai pro.

Il y a chez Porter quelque chose qui dépasse la musique. Ce n'est pas la classe du crooner c'est encore autre chose. C'est simplement une présence qui relève presque du mystique. Quand Gregory Porter chante, les anges se taisent et l'écoutent. Il fait passer sur scène un souffle magique. C'est peut être cela que l'on nomme la "Soul".

Une fois le concert terminé je rejoins la place des Arts où la chanteuse Sharon Jones donne un concert gratuit et met le feu aux poudres et prend des airs de James brown au feminin.

Le festival démarre sur des chapeaux de roue.

A suivre......

JMG

@victor diaz lamich

@victor diaz lamich

©2016_benoit rousseau_festival de jazz de montreal

©2016_benoit rousseau_festival de jazz de montreal

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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 15:14
Pat Metheny : «  The unity sessions »

Nonesuch 2016
Pat Metheny ( g, g-synth, elec) , Chris Potter (ts, bs, clb, fl, g), Antonio Sanchez (dms, cajon), Ben Williams (b), Giulio Carmassi (p, flgh, vc),

Lorsque Pat Metheny s’est décidé à jouer avec Chris Potter en 2013, c’était la première fois qu’il rejouait avec un saxophoniste depuis Michael Brecker et Dewey Redman sur l’album 80/81.
C’est dire le chemin qu’il lui a fallu parcourir pour trouver celui qui pourrait enfin redevenir son âme soeur. Et lorsque l’on écoute ces sessions qui nous sont proposées par le label Nonesuch, on comprend que s’il a fallu du temps au guitariste c’est qu’il lui fallait trouver celui avec qui il pourrait être en parfaite osmose.
Et de fait Metheny/Potter est un affaire qui marche.
Qu’il soit au ténor, au soprano ou à la clarinette basse (et même, tiens, à la guitare), le saxophoniste de Chicago apporte une énergie incroyable au jeu de Metheny.
Les deux géants savent d’où ils viennent et ce qu’ils doivent au jazz des racines et c’est avec un grand plaisir qu’on les écoute improviser sur Cherokee, le standard de Ray Noble.
Si l’ensemble de l’album a parfois des airs un peu convenu, un peu académique au sens Methenien du terme, ronronnant parfois son jazz-rock, il faut bien avouer que lorsque le saxophoniste prend les choses en mains il en explose littéralement les lignes à l’image de ce One Day rendu incandescent par le souffle brûlant que Potter jette sur la marmite.
Metheny à l’électrique ou en acoustique ( guitare à laquelle il semble revenir de plus en plus) est une sorte de magicien de l’harmonie, science qui lui colle à peau et lui fait comme une autre respiration naturelle. Ainsi ce Meddley joué en solo et qui devrait être enseigné à toutes les écoles de jazz.
Derrière il faut absolument entendre le jeu littéralement époustouflant d’Antonio Sanchez, selon moi l’un des plus grands ( que dis-je, immense) batteur à l’heure actuelle. Dans sa revue, Downbeat le compare à Jack De Johnette. Exactement ce qui me vient à l’esprit en l’entendant. Mais je penche plus vers Elvin Jones dans le genre maître des forces, roi des artificiers.

Où l’on assiste à un moment d’anthologie sur Two folk songs totalement exacerbé par Potter et Sanchez au point que Metheny en est presque relégué au second plan. Mais plus loin, le génie de la six cordes reprend la main avec un lyrisme à couper le souffle sur Kin où les envolées de Metheny montent très très haut dans le ciel.
Et pour conclure l’album, les gaillards se lancent dans un rock échevelé et déjanté ( qui lequel Sanchez a dû se désintégrer tant il se transcende).

Double album, il fallait au moins cela tant Mettent et Potter ont des choses à se dire.
Quand ces deux-là mettent leur génie au service du partage et de la fusion des énergies, cela vole très très haut.
Unity Sessions fly high.

Jean-Marc Gelin

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 21:58
Jazz Palace, Mary Morris

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michelle Jerpe-Voslinsky.

Editions Liana Levi. 316 pages, 22 €

Nous voici revenus au Chicago du début du siècle dernier. Quand arrivaient dans la Cité des Vents les musiciens « montés » de la Nouvelle-Orléans et que les boîtes de nuit étaient bondés tous les soirs et bénéficiaient des largesses des pontes de la Mafia, Al Capone en tête. Native de Chicago, Mary Morris s’est plongée dans l’atmosphère si particulière de cette époque, profitant des souvenirs de ses parents (Rosalie et Sol) qui vécurent jusqu’à l’âge de 100 ans. Jazz Palace retrace les aventures de trois personnages majeurs : Benny, pianiste, fils d’un fabricant de casquettes, un trompettiste venu du Delta, Edgar James, alias Napoleon Hill, et Pearl, jeune tenancière d’un club (le Jazz Palace). Une histoire d’amitié et d’amour et une même passion partagée pour cette musique qui vient de gagner son nom de baptême (le jazz). On y retrouve Joe « King »Oliver, son « protégé » Louis Armstrong, mais aussi Bix Beiderbecke. On évolue des ateliers de confection qui emploient des ouvrières slovaques aux clubs où la prohibition reste au vestiaire. L’ambiance est globalement favorable aux jazzmen. La Grande guerre est finie et la cité cosmopolite connaît la croissance économique. Sur les bords du lac Michigan, la ségrégation est moins lourde que dans le Sud même si certains lieux sont réservés aux blancs et d’autres refusent l’accès « aux chiens et aux juifs ». Cette époque qui s’étend sur deux décennies, s’achevant avec la fin de la Prohibition et la Grande Exposition Universelle de 1933, aura marqué l’histoire des Etats-Unis et du jazz. Avec Jazz Palace, Mary Morris nous donne un roman au style alerte qui s’appuie sur une base documentaire solide. Une double raison d’emporter cet ouvrage sur la plage.
Jean-Louis Lemarchand

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 20:34
UMLAUT BIG BAND : «  Euro swing vol. 2 » Americans in Europe 1925-1940

UMLAUT BIG BAND : « Euro swing vol. 2 » Americans in Europe 1925-1940
Umlaut records 2016
Pierr-Antoine Badaroux (dir. as, ss), Antonin Tri-Hoang (as, cl), Jean Dousteyssier (ts, cl), Geoffroy Gesser (cl, ts, ss), Benjamin Dousteyssier (bs, as), Brice Pichard, Louis Laurain, Emil Stranberg (tp), Fidel Fourneyron, Michaël Ballue, Nicolas Grymonprez (tb), Romain Vuillemin (g), Bruno Ruder (p), Sébastien Beliah (cb), Antonin Gerbal (dms)- Enr. fev. 2015


Et revoilà la bande des jeunes gars du CNSM de Riccardo Del Fra sous la houlette de Pierre Antoine Badaroux qui se lancent à l’assaut de la swing Era, cet âge d’or du jazz, celle des américains que l’Europe découvrait entre 1925 et 1940. Sur la base de ce matériau que l’on retrouve sur disque et parfois sur partition, Pierre Antoine Badaroux s’est jeté corps et âme dans dans un énorme travail érudit de relevé minutieux. On y trouve des thèmes et des arrangements des grands jazzmen venus de ce côté-ci de l’atlantique faire entendre cette nouvelle musique venue tout droit de l’Amérique. Duke Ellington, de Benny Carter, Sam Wooding, Freddy Johnson, Lud Gluskin (ou encore moins connu une composition du clarinettiste américain Fud Livingston) sont à la base de ce matériau remis au goût du jour par Pierre-Antoine Badaroux.
Les arrangements sont ainsi exactement restitués dans leur configuration d’origine jusqu’au son qui semble particulièrement travaillé pour restituer au plus près les enregistrements de l’époque.
Ça swingue grave et surtout ça joue vraiment terrible. Tous les solistes sont plus inspirés les uns que les autres s’appropriant sans une once d’hésitation la tradition du jazz dont ils endossent avec brio les habits de lumière.

On se croirait au Boeuf sur Le Toit en train d’écouter la formation de Benny Carter.
Jouissif et instructif !
Jean-Marc Gelin


Ps : en prime, enfin un livret passionnant. celui, signé de Badaroux témoigne d’une réelle érudition et d’une vraie documentation sur le jazz ou à cette époque en Europe.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 15:57
BRANFORD MARSALIS QUARTET Special Guest Kurt Elling « Upward Spiral »

Branford Marsalis (saxophones ténor & soprano) ; Kurt Elling (voix), Joey Calderazzo (piano), Eric Revis (contrebasse), Justin Faulkner (batterie)

Okeh 889853068821 / Sony Music

La Nouvelle Orléans, 16-19 décembre 2015

Ils se sont rencontrés au Thelonious Monk Institute de Washington voici près de trois ans : Branford Marsalis participait au jury du concours 2013, consacrée au saxophone, et Kurt Elling, familier de la compétition pour avoir siégé plusieurs fois au jury des éditions vocales, était venu en habitué : c'est lors d'une conversation, au bar, que le projet est né. En fait il avait germé dans les discussions entre les membres du quartette pour élaborer le projet d'un futur disque, et la préférence du saxophoniste allait à ce chanteur qui a, selon ses mots, « la voix la plus flexible, la plus juste, et qui est un vrai musicien de jazz ». Les voici partis pour explorer un répertoire très ouvert, où Porgy and Bess côtoie une chanson de Sting (dont Branford a été souvent l'accompagnateur), de Tom Jobim, mais aussi les univers de Sinatra ou King Cole. Cela commence avec le grand air de Sporting Life à l'acte de III de Porgy and Bess, There's a Boat Dat's Leavin' Soon for New York : swing impeccable et belle expressivité du chanteur, contrechant puis chorus intense de sax soprano ; cavalcade du piano : on est tout de suite dans le vif du sujet ! Au fil des plages, côté instrumental, les citations émaillent les impros, et rebondissent d'un musicien à l'autre. Vient ensuite un arrangement très personnel sur le langoureux Blue Gardenia, sans singer Nat King Cole, mais en y apportant cette densité qui peut faire d'un succès populaire une œuvre d'art. Kurt Elling reprend aussi From One Island to Another , une chanson de l'inclassable et regretté Chris Whitley, pop-rocker texan et francophile, dont il surligne la mélancolie tout en construisant un beau tremplin pour les improvisations de ses partenaires. Puis c'est une chanson de Sting, mélancolie encore, avant un jazzissime Doxy, de Sonny Rollins, sur des paroles de Mark Murphy, dont Kurt Elling est certainement l'héritier le plus légitime. Et tout à l'avenant (reprise distanciée de Sinatra – un beau duo voix-sax sur I'm a Fool to Want You ; un thème peu connu de Jobim, Só Tinha de Ser Com Você ; un poème de Calvin Forbes, Momma Said, accompagné par une impro collective....), avec aussi des compositions originales, et une très belle version chantée d'un thème que Fred Hersch avait dédié aux mères (dont sa mère et sa grand mère) : West Virginia Rose. Beau CD, vraiment, qui est bien plus que l'occasion de faire un disque de plus dans une formule inédite.

Xavier Prévost

Le groupe, au complet, est en tournée en Europe jusqu'à la fin de juillet, et pour deux jours à Paris au New Morning, les 27 & 28 juin.

Des extraits sur Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=lBJeYZrovk8

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 10:36
Christophe Panzani : «  Les âmes perdues - Piano duets»


Jazz & People 2016
Duos de piano avec Leonardo Montana, Guillaume Poncelet, Dan Tepfer, Edouard Ferlet, Yonathan Avishai, Laïa Genc, Tony Paeleman


Jamais pris en défaut depuis son lancement, quant à son exigence de qualité, le label de Vincent Bessieres, Jazz and People frappe à nouveau un coup superbe dans le paysage jazzistique avec la parution de cette nouvelle petite pépite, « Les âmes Perdues ».
Le saxophoniste Christophe Panzani membre à part entière de la formation de Carla Bley (excusez du peu !) s’était notamment fait remarquer en France avec la publication de « The Drop » une formation en trio qui l’associait à Frederico Casagrande (g) et Gauthier Garrigue (dms).
Aujourd’hui c’est un album tourné autour de 7 duos avec autant de pianistes qu’il nous propose. 7 thèmes pour 7 jeunes maîtres du piano jazz aux influences diverses. 7 duos pour 7 pièces où l’intimité du dialogue le dispute à la complicité subtile émergeant entre les claviers et les envolées du ténor. 7 pièces qui laissent l’empreinte d’une musique incroyablement inspiré. Jazz de chambre où l’écoute et le partage entre les musiciens forme le liant entre l’écriture et l’improvisation.
Panzani côtoie 7 pianistes qui chacun sont porteurs d'une identité propre et s'expriment dans un style différent d’accompagnement. Et pourtant, alors que l’on aurait pu craindre un patchwork sans fil conducteur, l’album s’entend comme un tout. On pourrait même croire, si l’on ne le savait pas, qu’il s’agit du même pianiste à chaque plage.
C’est qu’en fait s’il est des albums « habités », celui-là en fait assurément partie et cela tient en grande partie à ce supplément d’âme que le Saxophoniste parvient à insuffler tout au long de ces 7 pièces. Son expressivité est portée par une rare poétique et son sens de l’improvisation tout en maîtrise de la phrase et du son est prodigieuse. Chaque morceau succède à un autre avec une réelle exigence dans le propos.
C’est un dé fil de moments de grâce absolue. On pourrait bien sûr tous les citer comme ce duo avec la pianiste allemande Laïa Genc ( Die Grünen Bohnen), en clair-obscur et sur lequel Christophe Panzai apporte une intensité que seule les très grands saxophonistes savent
maîtriser. Aussitôt surgissent en mémoire quelques grands duos piano/sax qui ont marqué l’histoire du jazz. On remarquera aussi la magnifique entente avec Guillaume Poncelet sur cette belle composition « Traduire Eschyle";, composition poignante où Panzani insuffle une dimension prenante ou encore ce thème partagé avec le pianiste brésilien Leonardo Montana (Endless war) d’une très rare intensité, à la progression est aussi admirable que subtile.

Il est effectivement des albums qui se perdent et se trouvent à la fois. Se perdent dans de magnifiques méandres poétiques. Divaguent. Déambulent. Rêvent.
Et se trouvent. Trouvent l’alchimie. Trouvent la pierre philosophale. L’alliance sacrée, celle qui permet aux musiciens qui se sont trouvés, de voler au delà des sommets. Cette musique qui leur donnent des ailes. Et nous embarque avec.
Jean-Marc Gelin

Ps : une mention spéciale pour cette très belle pochette signée Ludovic Debeurne

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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 09:42
Ma playlist de l’été (I)...par Sophie Chambon

Ma playlist de l’été (I)
Avant de partir en vacances, préparez-vous musicalement : voici une petite liste de Cds que vous pouvez emporter.


COOL JAZZ
Verve/ Universal
Une compil pas dégoûtante du tout, à petit prix, pour vous détendre, en deux Cds du label Verve, 30 titres soit le plus délicieux des cocktails pour ceux qui ne connaissent pas le jazz ou ceux qui aimeraient suivre une playlist de rêve sans avoir à la concocter. Donc une cool mood en quelque sorte pour commencer l’été avec des voix comme Bobby McFerrin ( Don’t Worry Be Happy »), Nat King Cole, Madeleine Peyroux, Norah Jones (« Sunrise »), Shirley Horn, James Brown « Sunny », Nina Simone « Feeling Good », Gregory Porter, des tubes Dave Brubeck « Take five », Charlie Mingus « Goodbye Pork Pie Hat », Ray Charles ( « What’d I Say » ). La liste est longue mais non fastidieuse, que des pépites, des « incontournables ». Un choix non exhaustif mais qui dresse un portrait assez précis d’un jazz cool ce qui ne veut pas dire « mollasson ».

Ma playlist de l’été (I)...par Sophie Chambon

Jazz Violin Legends
OSD Cristal records

Autre compilation assez habituelle sur le site des DNJ, dans la collection OSD de Cristalrecords, un numéro thématique passionnant sur Jazz Violin Legends, toujours très instructif, puisque sélectionné par Claude Carrière que l’on ne présente plus : des pépites rarissimes enregistres entre 1927 et 1960, des liner notes impeccables, que du bonheur... le plus ancien étant « la première star du violon » Joe Venuti avec Eddie Lang (g), sur « Goin’ Places », l’électrisant Stuff Smith « the mad genius of the violon », Michel Warlop, Ray Nance, le plus « neuf » avec Joe Kennedy Jr avec Ahmad Jamal et son trio Israel Crosby (b) et Vernell Fournier (dms) dans « Tempo for two ». Rien à voir avec la famille des présidents, ce violoniste était un cousin de Benny Carter.
Le violon n’étant pas l’instrument le plus employé en jazz de par sa faible puissance sonore, cette sélection impeccable vous fera découvrir des choses rares comme ce « Cavernism » de Darnell Howard sur une composition et avec l’orchestre d’ Earl Hines en 1933...
www.cristalrecords.com Distribution Harmonia mundi
Trois souvenirs de ma jeunesse
Cristal records collection BO
Rien à voir mais il n’y a pas que le jazz....pour ceux qui s’intéressent à la musique de films, cristal records a aussi une superbe collection de BO et mon conseil sera d’emporter la BOF de Trois Souvenirs de ma jeunesse, le film d’Arnaud Desplechin ( 1er Prix à la quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes cette année) le « prequel » de Comment je me suis disputé... ma vie sexuelle qui lança la carrière d’un des réalisateurs français majeurs actuels. Musique de Grégoire Hetzel avec le London Chamber Orchestra, enregistré et mixé aux studios Abbey Road !
Sortie 20 mai 2016 distribution Sony www.cristalrecords.com
Séance de rattrapage :

Ma playlist de l’été (I)...par Sophie Chambon
Ma playlist de l’été (I)...par Sophie Chambon

OLIVIER ROBIN
JUNGLE BOX
Fresh Sound New Records
Julien Alour (tp, bugle), David Prez (ts), Vincent Bourgeyx (p), Damien Varaillon (cb), Olivier Robin (dms)


Voilà un album que j’ai laissé passer dans la précipitation des derniers mois et je tenais à revenir sur ce Jungle Box tout à fait réussi du batteur Olivier Robin, enregistré en mars 2014 et sorti sur le label FRESH SOUND NEW RECORDS. L’attaque précise et affirmée du batteur leader, dès le premier titre « The next one », nous plonge dans une musique aimée, celle du hard bop. Ce nouveau quintet, Jungle box, composé de musiciens confirmés a une connaissance certaine des styles et du jazz, joue en totale interaction,avec énergie, passion et fraîcheur ; à tel point que l’on met du temps à réaliser qu’il s’agit de 9 compositions originales du batteur. Preuve s’il en était de cette appropriation de la grammaire jazzistique. Formes et couleurs, chacun a sa place, formidables solistes, inspirés et toujours précis.... Julien Alour, le frère de Sophie, à la trompette, Vincent Bourgeyx au piano, le saxophoniste David Prez du collectif PJU entre autre, et Damien Varaillon, autre support rythmique d’envergure, entourent remarquablement Olivier Robin dans cette histoire d’une page de jazz, toujours renouvellée. Jubilatoire !

A suivre....
Sophie Chambon

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21 juin 2016 2 21 /06 /juin /2016 17:46
QÜNTÊT feat. Desdamona « Crosswords - Mots Croisés »

Jean Louis Pommier (trombone, slam), Desdamona (slam), Alban Darche (saxophones), Rémi Sciuto (saxophones, clarinette, flûte), Alain Vankenhove (trompette), François Thuillier (tuba), Christophe Lavergne (batterie)

Guidel (Morbihan), mai-juin 2015

Yolk Music J 2066 : http://www.yolkrecords.com

Dix-huit ans déjà Qüntêt (prononcer « Qu'une tête »), imaginé par le tromboniste Jean-Louis Pommier, promène sa singularité dans le paysage du jazz hexagonal. Ce musicien sarthois, dont la réputation s'étend même au-delà de nos frontières, conserve le goût des proximités anciennes : toujours associé au saxophoniste Alban Darche, pilier du label nantais Yolk, il explore sans relâche de nouveaux univers. L'Europa Jazz du Mans, et L'Estran à Guidel (où a été enregistré le CD), avaient accueilli en 2015 sa rencontre avec la slameuse états-unienne Desdamona, déjà repérée ici pour sa collaboration avec le groupe Ursus Minor ( « I Will Not Take "But" for an Answer », Nato). La vocaliste partage sa prosodie syncopée, et la rédaction des textes, avec le tromboniste, lequel signe les musiques (sauf celle d'une plage, Corps à corps, co-signée par les deux saxophonistes). La musique est un subtil dosage d'expressivité afro-américaine, de mélodies jazzeuropéennes, et de rythmes secoués par le temps présent. Ruptures, surprises, saillies impromptues et lyrisme assumé font que l'on s'accroche au flux musical sans le quitter. Les textes de Desdamona sont percutants, mais le flow respire aussi le goût de l'articulation poétique. La musique est finement composée, selon une dramaturgie qui intègre parfaitement les mots parlés (en franglais, spoken words). Les textes de Jean-Louis Pommier respirent l'humour du quotidien, et une fantaisie sans entraves, où s'insèrent parfois des répliques en anglais de Desdamona. Les musiciens, qui font chœur parfois aussi, débordent de fine énergie, et les improvisations, souvent concises, décoiffent furieusement. Bref c'est un vrai moment de plaisir, musical et textuel : là où l'on aurait pu craindre une concession à l'air du temps, c'est une vraie aventure artistique.

Xavier Prévost

Le CD sortira le 24 juin. Et le samedi 25 juin, quelques-uns de ces musiciens se retrouveront dans le concert intitulé Le Tombeau de Poulenc, sur des musiques signées Jean-Christophe Cholet, Alban Darche & Mathias Rüegg. C'est à 17h30 à Paris, Maison de la Radio, dernier concert de la saison « Jazz sur le vif » produite et programmée par Arnaud Merlin, avec en première partie le quartette de Matteo Bortone.

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19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 14:50
50 Summers of Music - Montreux Jazz Festival

50 Summers of Music - Montreux Jazz Festival
Textuel Mai 2016
391 pages, 45 euros
http://www.montreuxjazzfestival.com/fr/artist/montreux-50-summers-music

Que vous soyez déjà allé à Montreux ou non, voilà bien un ouvrage que tout amoureux de la musique de la deuxième moitié du XXème siècle devrait absolument se procurer.
Pour sa 50ème édition, Montreux a réalisé sous la houlette de Mathieu Jaton (l’actuel directeur du Festival) et du journaliste Arnaud Robert, un livre magnifique regroupant les témoignages d’immenses musiciens qui ont accepté de se livrer, ou de journalistes qui évoquent « leur » Montreux, le tout illustré par des clichés noir et blanc sublimes et un peu décalés signés des plus grands photographe de la scène musicale.

Le festival de jazz de Montreux fête cette année ses 50 ans d’existence. Crée en 1967 par un jeune homme alors un peu fou et bourré d’audace, il se remet aujourd’hui difficilement de la disparition de son mythique fondateur, Claude Nobs, personnage hors norme, adulé et adoré de tous, musiciens, journalistes, tourneurs etc…..Sorte de pygmalion divin et figure emblématique mariant avec le même amour ke jazz, le rock, la pop et même le rap avec le même oecuménique soucis de décloisonner ces musiques du XXème siècle.


Les témoignages d’amour que livrent les musiciens sont absolument magnifiques. Arnaud Robert, avec un talent d’accoucheur est allé cherché chez eux un part d’intime qu’à l’évocation de Montreux, ils livrent ici sans fards. On pourrait les citer tous de Diane Reeves à Stéphane Eicher en passant par Carlosn Santana, Herbie Hancock, Nile Rodgers, M , Kraftwerk, Grave Jones, Randy Weston , on en passe et des pas moins fameux.

Sonny Rollins : « J’ai aujourd’hui 85 ans. Je me sens toujours l’élève de Lester Young, de Coleman Hawkins. Je ne serai jamais à leur hauteur. Mais rien ne m’interdit d’essayer »
ou encore Lisa Simone qui libre un témoignage bouleversant sur sa relation difficile avec sa mère :
« J ‘ai appelé Oncle Claude (Nobs). Il ignorait à quel point mon enfance avait été un champ de bataille. Je ne m’étais pas encore trouvée à cette époque, je n’avais pas guéri. Je n’utilisais pas mon prénom, Lisa. Pour ne rien avoir à faire avec cette petite fille qui s’était enfuie. ».
Quicy Jones : « Je n’avais jamais vu Miles contempler le public de cette façon. Il souriait ! Miles davis ! Vous entendez ? Miles souriait ! ». Ou encore celui de Rickie Lee Jones ( « Nue face à Wynton Marsalis »). Sans compter le témoignage de Deep Purple qui raconte comment « Smoke on the Water » s’est crée en regardant flamber le Casino de Montreux après qu’il ait brulé lors d’une concert de Franck Zappa.
etc….

Les photos , en noir et blanc pour beaucoup et parfois en couleur sont absolument magnifiques de décalage comme ce cliché pris à la volée devant l’hôtel où sur leur balcon Clark Terry et Zoot Sims gemment de manière impromptue. Les musiciens sont pris hors de toute pose dans des moments volés. Dizzy Gillespie est allongé sur cette moquette à motifs de fleurs et Claude Nobs se baigne dans le lac avec Amhet Ertegun. On dirait des épreuves non retenues dans les magazines mais dont les imperfections nous touchent au plus au point comme la preuve en cliché de l’humanisme de ce festival aux dimensions pourtant planétaires.


Ce livre et un véritable témoignage.Emouvant parfois. Rythmé comme un morceau de rock, de blues ou comme une ballade à 4 temps.

Indispensable
Jean-Marc GELIN

50 Summers of Music - Montreux Jazz Festival
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