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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 21:13

Affiche-Jazz-n-Klezmer-2013.jpg

 

 

Le festival Jazz’n Klezmer 2013 fait la part belle aux jazz. Une édition haute en couleurs, qui emporte avec joie le public vers plusieurs continents pour un voyage interculturel où se jouent toutes les musiques : du jazz au folklore juif en passant par les rythmes cubains.

Sous la houlette de Laurence Haziza, directrice du festival, se succéderont des artistes de prestige dont tout mélomane ne peut qu’attendre impatiemment la venue.

Le talentueux saxophoniste Guillaume Perret, l’un des artistes « phares » de l’affiche, ouvrira les festivités le 7 novembre à l’Alhambra avec un concert de jazz fusion aux frontières du métal où il jouera du « saxophone électrique » : des sons distordus par les pédales d’effets qu’il utilise.

Vincent Segal et Alain Jean-Marie nous emmèneront à Cuba avec un sensuel hommage au grand Larry Harlow, pianiste emblêmatique de la Fania All Stars (le 12 novembre à la Synagogue Copernic).

Yaron Herman invitera Michel Portal au Carré Belle-Feuille le 13 novembre, où il présentera les compositions de son dernier album « Alter Ego » mais aussi des « morceaux surprises » imprégnés de ses origines juives et israéliennes. Il sera accompagné notamment par Emile Parisien au saxophone et Stéphane Kerecki à la contrebasse.

La scène israélienne, de plus en plus importante, sera représentée le 19 novembre par le grand saxophoniste Daniel Zamir. Ce concert sera une première en France. Cet artiste très influent dans son pays (son album « Amen », signé par le label Tzadik de John Zorn, a été l’une des plus grosses ventes de disques en Israël), viendra jouer un répertoire de musiques juives teintées de World music. Il sera accompagné par un trio jazz de choc composé par Omri Mor au piano, Amir Bresler à la batterie et Gilad Abro à la contrebasse (le 19 novembre au Musée d’Art et Histoire du Judaïsme).

Le saxophoniste Shauli Einav, tout droit revenu de New York où il a joué avec Avishai Cohen, Jonathan Blake ou encore Quincy Davis, lui succèdera le 21 novembre à l’Espace Rachi.

Et si l’on a encore soif de musique : rendez-vous après le concert avec un invité surprise qui jouera chaque soir dans un club différent à proximité.

Yaël Angel

 

Toute la programmation du festival sur http://www.jazznklezmer.fr

Infos et réservations : 01 43 31 93 60

 

Pass 3 concerts 20 € / Tarif réduit à demander par téléphone / Dernières places pour le concert de Guillaume Perret proposées au tarif réduit (20 €)

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 08:58

Bonsaï Music 2013

Emmanuel Bex, Nico Morelli, Mike Ladd

 morelli.jpg

 

C'est un album rare. Et précieux.

B 2 Bill ce n'est pas 4 mains mais bien 4 claviers qui ne font qu'un seul dans une osmose totale. Bex et Morelli signent en effet tous les 2 (en compagnie de Mike Ladd sur plusieurs titres) l’un des plus modernes et des plus émouvants hommages qui puissent être rendu au pianiste de Painfileds.

L’organiste et le pianiste sont ici en totale fusion, se complétant plus que dialoguant, s’appuyant l’un sur l’autre, créant ensemble un son original à la fois électrique et acoustique. Dans cet hommage brillant et moderne a Bill Evans il fallait parvenir à revisiter ainsi l'œuvre du pianiste en s’affranchissant des codes du jazz modal. Pari risqué d’une écriture et surtout d'arrangements audacieux naviguant sans cesse entre les sonorités de l’orgue et celles du piano. Pari fou , insensé et pourtant totalement renversant.

Comment par ce simple duo de ces deux claviers parvenir à relire Bill Evans en transmettant autant d’émotion ! Cette émotion qui effleure puis qui submerge dans B minor Waltzcomme une longue marche empreinte d'une infinie tristesse. Une tristesse mineure. Tout est réinventé. Tout est relu avec un supplément d'âme. Jusqu'à ce Waltz for debbyadmirable de swing derrière la voix de Mike Ladd et un leitmotiv " Everybody digs me" en référence au légendaire « Everybody digs » du pianiste enregistré en 1958 aux débuts de sa carrière.  Incroyablement fort ! Mais il y a du groove aussi comme dans ce Bill in puglia qui tourne sur autour d'harmonies étranges avec un swing irrésistible et fascinant. Presque hypnotique. On est plus dans l’approche personnelle de Nico Morelli qui s’approprie Bill Evans sur les terres de la pizica. Groove aussi sur Five sur le mode tournerie, avec l'incise de la voix de Mike Ladd, des voicing d'Emmanuel Bex ou même de la voix de Bill Evans en illustration sonore.

Oeuvre iconoclaste, déroutante et jamais monolithique. Il y a par exemple dans ce Bill in Space quelque chose de totalement lunaire. Une sorte de flottement dans un monde onirique, fantasmagorique où la voix ténébreuse de Mike Ladd et les voicing du clavier de Bex pénètrent dans un rêve évoquant le fantôme de Bill Evans. Il faut entendre  ce Bill' Heart à pleurer d’émotion parce que l'on a pas entendu souvent de si bel hommage, de si beaux moments de pure grâce. Ou encore Children's play song très émouvant aussi.

Quelle lecture intelligente.

 

 

 

Et si le plus bel hommage que peuvent rendre des artistes, c’est de s’apprprier l’eouvre avec leur propre âme, sans imiter sans signer, en la revistant  leur façon tout en faisant passer l’amour qu’ils ont pour pour leur sujet, si l’hommage est de parvenir à nous donner l’envie d’y revenir sans cesse, alors effectivement il n’en est pas de plus beaux que celui que Bex et Morelli lui ont aujourd’hui rendu.

Jean-Marc Gelin

 

 

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 07:40

 

www.antoineherve.com 

Parution le 22 octobre 2013-10-26

Distribué par Harmonia Mundi

Produit par RV Productions

antoine-herve-3.jpg

 

 

Cinq pianistes pour six DVD : voilà le nouveau cadeau du pianiste Antoine Hervé qui paraît sous une forme compactée : des heures de bonheur en perspective  dans un joli petit objet économe en place. Là n’est pas le seul intérêt de ce savoureux coffret, dont chaque nouvel opus complète, éclaire ceux qui l’ont précédé. L’amateur aura ainsi, par exemple, désormais une démonstration convaincante sur le piano jazz  avec les trois volumes fondamentaux  dédiés à Oscar Peterson, Bill Evans et  Thelonius Monk (des pianistes au style très différent qui s’appréciaient au demeurant). Il ne s’agit pas seulement de dresser leur  portrait mais de faire comprendre comment a évolué le jazz sous les doigts de musiciens exceptionnels. 

Le coffret comprend trois rééditions (Oscar Peterson « Le swing et la virtuosité » 2DVDs parus en mai 2012), Keith Jarrett  «  Pianiste sans frontières » Octobre 2012, Dave Brubeck «Les rythmiques du diable » juin 2013.

Une nouveauté  Bill Evans «Turn out the stars»  paru en septembre 2013

Un inédit  Thelonius Monk «Le griot du be bop ».

 

Les deux dernières sessions furent filmées « live » à la collégiale d’Angers devant un public séduit. Comment en pourrait- il être autrement ? La série en tous points remarquable du pianiste de jazz Antoine Hervé sur les grands jazzmen du XXème siècle allie pédagogie, humour et ainsi développe la connaissance de cette musique. A présent unanimement reconnu, ce travail encyclopédique, sur un rythme soutenu, constitue une somme impressionnante qui éveille l’intérêt des amateurs éclairés comme des néophytes, les bonus s’adressant plus particulièrement aux musiciens soucieux d’étudier plus en profondeur certains aspects du style (les recherches harmoniques de Bill Evans ou l’originalité de Thelonius Sphere Monk).

antoine-herve-2.jpg

La représentation du piano  sur l’écran vidéo du piano permet de suivre en direct le jeu alerte du pianiste sur les touches blanches et noires, de voir comment se «fabrique » la musique. Antoine Hervé comme son alter ego et ami Jean-François Zygel dans sa boîte à musique, parviennent à rendre la musique plus accessible, ils  en démocratisent  l’accès ou du moins la connaissance par ses concerts commentés de façon ludique. Antoine Hervé y met tellement de bonne volonté que ça marche à tous les coups. On en arriverait presque à croire qu’il est facile de jouer du jazz. A défaut de devenir musicien(ne), on comprend un peu mieux et en s’amusant, ce qui est assurément non négligeable. Car la leçon de ce cycle de concerts est à la fois cérébrale et sensible. On en sort comme « initié ». « Ludidactique » en un mot, telle est le résultat de cette histoire de séduction et de musique.

 

NB : La Leçon de Jazz tourne d’ailleurs en France et remporte un vif succès dans le off d’Avignon depuis deux ans, où la musique prend de plus en plus de place dans la programmation.

 

Sophie Chambon

 

 

 


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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 21:00

 

    

À l’occasion de la sortie de son dernier album  «  Birds requiem » nous avons rencontré Dhafer Youssef. Je joueur d'Oud et chanteur Tunisien est revenu pour nous sur sa vision de la musique, sur son chant et sur ses inspirations Soufie ou plutôt devrions-nous dire mystiques.

Naviguant entre la france, la Tunisie, l'Autriche, la Turquie ou la Norvège, c'est un Dhafer Youssef citoyen du monde serein et tranquille que nous avons rencontré.

 

(A retrouver aussi demain sur l'émission d'Alex Dutilh, Open Jazz sur France musique à 18 h sur France Musique)

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 bio_pic.jpg

 

 

Que représente cet album pour toi dans ta discographie

 

DY : C’est un moment de mon évolution personnelle. Chaque album est une étape. Je le trouve que c’est l’album du commencement de ma maturité. Comme artiste et surtout comme être humain. Un artiste n’est pas divisé entre son travail d’artiste et son travail,d’être humain. Les deux se confondent. Cet album est arrivé à un moment où je me suis senti obligé de travailler avec ces musiciens-là. Mais je ne sis pas dans une démarche où je fais un album par besoin de me justifier en tant qu’artiste.

 

DY : Tu évoques une dimension cinématographique de ton travail. Pourquoi ?

Je pense ma musique comme évocatrice d’images. En tout cas c’est comme cela que je compose, en voyant des cènes qui se passent dans un théâtre ou dans un film. Mais il y a une suite dans l’album, une sorte de leitmotiv.

 

Quelles étaient les images que tu avais en tête ?

 

DY : Je sortais d’une période où ma mère était en très mauvaise santé. Du coup j’étais très mélancolique. Pas triste mais j’étais entrain de dire au revoir à ma mère sans réellement savoir si elle allait me quitter demain ou après-demain. Cela m’a donné une force incroyable. Un peu comme si je prenais l’humanité de ma mère pour me renforcer. UN peu comme boire chaque gorgée de vin, chaque goutte de bonheur que je voulais dédier à ma mère mourante. Mais en même temps je ne voulais pas vraiment lui dédier l’album parce que je sentais que je l’avais déjà fait.

 

Quand tu écris Hyme to the absent, c’est en référence à ta mère ?

 

DY : Depuis le moment où tu a s eu le master , j’ai changé le titre. Il s’appelle maintenant Sweet blasphemy ( Doux Blasphème). Mais je ne voulais pas être trop direct dans cet hommage à ma mère. Je ne veux pas évoquer directement et imposer une idée ou des images à celui qui écoute. Je veux qu’il se sente libre d’imaginer ce qu’il veut.

 

Il pourrait donc n’y avoir aucun titre à tes morceaux ?

 

DY : Exactement . mais pourquoi ce titre ? J’étais inspiré par un livre d’Elik Shafak ( écrivaine turc). Elle a écrit beaucoup de livres très intéressants et notamment « Soufi mon amour » qui s’inspire notamment de Roumi, le prédicateur persan ( 1207-1273) qui est à l’origine du soufisme. Je chante dans ce titre un texte d’Abbû Nouwâs qui parle du vin

 

 

 

 

 

D’où le caractère blasphématoire

 

DY : Je suis né en Tunisie, un pays musulman, qui prend la voie de le devenir de plus en plus. Pourtant ma foi n’est pas seulement islamique, mes rêves ne sont pas l’Islam ou la religion en elle-même. Je vis sur ce fil étroit entre le monde de ma famille, de maa nation et l’autre partie qui est mon monde intérieur.

 

 

 

Tu parles de la distinction entre religion et mysticisme ?

 

DY : Pour beaucoup je fais juste de la musique soufie avec un peu de jazz, de classique, d’orient etc… Mais au final je ne suis pas Soufi, même si cela l’intéresse énormément. Et cela même si l’idée de ce disque est dédiée à un maître soufi. Mais je ne suis pas au service de ce maître. Je me sens très libre. Ce qui m’intéresse dans le soufisme ce n’est pas la religion mais la mystique. C’est cela qui m’intéresse chez Coltrane par exemple. Je me fiche de savoir si c’est spirituel ou pas, je veux juste que les gens s’en fassent quelque chose de très personnel, très intime, mystique ou pas.

Dans ma vie de tous les jours je suis quelqu’un de très nerveux, je cours partout, je passe ma vie à bouger. Mais dans la musique c’est une deuxième nature qui s’exprime. Dès que je joue je passe dans un  état second. Dans la vie nous avons toujours besoin de nous revendiquer. On est toujours en compétition avec les autres. Mais avec la musique je n’ai jamais ressenti cela. La musique est pour moi, source de zénitude.

 

 

 

Il y a dans l’album une vraie rencontre, celle avec Hüsnü Selendirici, le clarinettiste

 

DY : C‘était pour moi une vraie révélation. C’est pour moi, la voie de Dieu. J’ai entendu parler de lui il y a quelques années, ensuite j’ai eu l’occasion de l’écouter et ce fut pour moi un vrai choc. Il a un trio qui s’appelle Taksim Trio. C’est une sorte de maître aussi pour moi. Il a un son incroyable qui fait que tout le monde pense qu’il joue de la clarinette basse. Sa clarinette et ma voix parviennent, je pense à créer un son unique. On est un peu comme des hirondelles qui s’envolent ensemble.

 

 

Ta voix est incroyable. Tu montes dans des aigus hallucinants. Est elle enregistrée en l’état ou y a t-il du mixage ?

 

DY : Non, il n’y a rien. C’est celle que tu entends en concert.

 

Comment arrive t-on à une telle liberté vocale ? Tu travailles beaucoup ta voix ?

 

DY : Oui lorsque j’étais jeune. Mais maintenant je dois avouer que je ne le fais plus. Par contre je fais attention, à bien dormir, à bien m’alimenter.

 

   

Comment as-tu appris à chanter


......  Retrouvez ici la suite de l'interview de Dhafer Youssef

 

 

 

 

 

Sortie de " Bird requiem " le 28 octobre chez Okeh

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 21:09

 

Marc Cary ( p, fender), Sameer Gupta: Drums, Tabla; Burniss Earl Travis II, Rashaan Carter: Bass

 marc-cary.jpg

 

Des sonorités électriques lunaires ou acoustiques pour un jazz plus straight, l'univers du pianiste Marc cary est aussi foisonnant que si l'on prenait la synthèse d'un Jason Moran croisé avec un Robert Glasper. Il y a chez l’ancien pianiste d’Abbey Lincoln (à qui il a récemment consacré un magnifique album) un vrai savoir faire de la musique avec des machines à groover un peu iconoclaste. Ainsi un morceau spatial comme Todi Blues qui évoque les meilleures heures du jazz fusion côtoie ainsi un Tanktifedqui s'inscrit plus dans une lignée d'un jazz plus classique mais toujours avec ce sens du groove. Avec Marc Cary on bascule entre une musique électrique tapissant les espaces sonores et un groove acoustique plus lyrique et foisonnant à l’image de cet irrésistible et atomique Boom.

Les progressions harmoniques sont étonnantes. Marc Cary navigue sans cesse entre la linéarité de ces progressions et des lignes de brisures à la limite de la dissonance sans jamais pour autant s'approcher trop près de Monk. Il faut justement écouter Boom pour comprendre les filiations et le rapprochement que l'on pourrait en faire avec un Jason Moran dans l'art de la construction-deconstruction.

Marc Cary propose des idées intéressantes et développe un vrai langage personnel.

Il y a des moments de flottements absolument superbe (Open Baby) où l'on peut juste regretter de ne pas y entendre un drumming plus rond, plus en douceur, la rythmique étant d’une manière générale assez timide et en retrait.

Ce qui n’empêche pas l'album d’être passionnant, toujours inventif, toujours créatif sur les propositions. Celui qui accompagne souvent Meschell Ndegeocello n’est jamais enfermé dans un système. Dans ce Outside my window dans une veine assez classique qui fait penser à jason Moran l'on retrouve la patte des maîtres du piano jazz dans un thème étourdissant de virtuosité et de créativité harmonique et rythmique. idem sur Ready or not.

Que Jana Herzen, la patronne du label Motemma qui avait fait le pari, il y a une 10aine d’année de lancer Gregory Porter alors inconnu, peut dormir tranquille. Il est clair que l’on n’a pas fini d’entendre Marc Cary. Pour notre plus grand bonheur.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

 

A noter que le pianiste sera au Duc des Lombard avec son Focus Trio le 16 novembre. A ne manquer sous aucun prétexte

 

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 22:22

 

Cristal Records. Octobre 2013. Sélection de Claude Carrière.

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Voilà une collection qui a gagné ses lettres de noblesse au titre de la vulgarisation et de la connaissance du patrimoine du jazz. Le cahier des charges est immuable : présenter dans un seul album, sur une durée moyenne de soixante-dix minutes, une sélection couvrant un thème, un compositeur, un interprète ou un instrument, en retenant les œuvres entrées dans le domaine public (50 ans après leur publication).

Président honoraire de l’Académie du Jazz, grand érudit devant l’éternel, Claude Carrière jette son dévolu cette fois sur le saxophone ténor. A tout seigneur tout honneur, il lève le rideau avec le « père du saxophone »,Coleman Hawkins dans ce qui deviendra un chef d’œuvre absolu, « Body & Soul » gravé le 11 octobre 1939. Le ténor accède au premier rang des instruments et ses princes de l’ère classique se nomment Herschel Evans (chez Basie), Ben Webster (chez Ellington), Lester Young, Chu Berry, Don Byas (dans son « hit » Laura), Flip Phillips, Illinois Jacquet, Arnett Cobb, Lucky Thompson, Dexter Gordon et Wardell Gray(dans un « combat » de haut vol).

 Galerie des légendes du saxophone ténor, cette sélection limitée à dix-huit interprètes propose naturellement les deux géants des années 50-60, à tort présentés comme concurrents, John Coltrane et Sonny Rollins. Viennent compléter cette introduction au ténor, les duettistes Al Cohn et Zoot Sims, Stan Getz (aérien) et deux vétérans toujours en activité, Benny Golson (l’ancien directeur musical des Jazz Messengers) et Wayne Shorter, qui boucle la revue avec un enregistrement de 1960 sur l’une de ses compositions (Tenderfoot) délivrée par un quartet où s’illustre le batteur Art Blakey.

Enrichi d’un livret alerte et documenté et d’informations précises (dates d’enregistrement, compositions des formations), un album à prix attractif, à chaudement recommander et notamment aux néophytes.

Jean-Louis Lemarchand

 

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20 octobre 2013 7 20 /10 /octobre /2013 09:31

Laborie Jazz 2013

Shai Maestro (p), Jorge Roeder (cb), Ziv Ravitz (dms)

www.Shai Maestro. com

www.laboriejazz.com


 shai.jpg

 

La musique de Shai Maestro, jeune pianiste israélien issu de la même école pianistique que Yaron Herman (enseignée par Opher Brayer), semble avec ce deuxième opus perdre un peu de la puissance et de la fraîcheur qui émanait du premier. Un peu comme si elle se cherchait. Et c’est vrai qu’on pourrait le croire à l’ouverture de l’album, à écouter Gal, morceau interminable qui ne dit pas grand chose. Pourtant si on l’écoute attentivement l’entame de cet album est tout bonnement remarquable moins par ce qu’il dit que par cette façon de planter le décor. Où l’on comprend vite qu’il est surtout question d’installer les musiciens, de leur donner leur propre espace de jeu.

Car avec  « The road to Ithaca » il faut entendre l’album comme celui de la maturité où il est moins question d’affirmer son jeu de piano que de mettre en évidence la force d'un trio magnifique dans lequel Ziv ravitz et Jorge Roder sont les éléments essentiels. On pense à la rythmique Ballard/Grenadier par exemple.

Dans cet album Shai Maestro s’impose dans la construction des espaces harmoniques et rythmiques où sa personnalité musicale individuelle importe moins que celle d’un groupe qui se construit autour de lui et qui porte sa propre identité.

La musique y est souvent ténébreuse, sombre et presque romantique à la fois. Jouant dans les graves du piano avec autant de maîtrise que de virtuosité, Shai Maestro va chercher dans de multiples influences. Celles classique de Debussy (The Other Road), celles plus dans le jazz de Jamal (Gal), celles un peu pop (Paradox) et souvent, celles issues de sa propre culture d’Israël (Vertigo). Peu importe le but qu’il se fixe c’est la route qui importe nous dit Shai Maestro en référence à la route d’Ithaca qu’empruntait Ulysse. Et c’est celle-ci qui justifie alors toutes les digressions et les méandres de ce beau voyage.

Techniquement ce power trio est absolument irréprochable et d’une richesse musicale de très haute volée. Plus encore que sur le précédent album, à otre hmble avis. Les renversements harmoniques instillés par Shai Maestro y sont exemplaires et la puissance rythmique qui porte l’album en fait un réel power trio. Ces trois là jouent avec télépathie, porteurs du même projet, capables de donner à la musique une incroyable expressivité. Mais il faut aussi noter la prise de son exceptionnelle réalisée par Rob Griffin véritable 4èmehomme de ce trio ( Pour info Rob Griffin, primé aux Grammys Awards est notamment l’ingénieur du son du quartet de Wayne Shorter) et qui contribue à donner ce formidable son de groupe.

 

Il y a dans cet album de l’espace, de la maîtrise mais aussi parfois de l’émotion. On pense à Meldhau lorsque l’on entend Untold. Mais au-delà de toutes ces références, Shai Maestro montre surtout qu’avec patience et maîtrise, il prend son temps pour bâtir et tracer sa route. Et cette maîtrise-là mérite à elle seule qu’on l’appelle « Maestro ».

Jean-Marc Gelin

 

 

 

PS : mention toute particulière au graphisme de Maggie Taylor qui signe la couverture de l'album ( Garden 2005 et que nous vous invitons à découvrir ici

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2013 6 19 /10 /octobre /2013 14:19

 

Nwog records 2013

Hayden Chisholm - alto sax and bass; nils wogram - trombone; matt penman -

double bass; jochen rückert - drums

 

Cliquez ici pour accéder au site de Nils Wogram 

 

cover_riomar_400.jpg

Nils Wogram est une des valeurs montantes du jazz en Europe. A 41 ans le tromboniste allemand qui rafle en ce moment pas mal de prix outre-rhin a déjà une discographie bien étoffée et collabore avec des nombreux grands jazzmens européens dont notamment, plus proche de nous, le pianiste Bojan Z. Son groupe, « Root 70 » est un quartet groupant des musiciens allemands et néozelandais qui  dans le projet présenté ici associe les vents aux instruments à cordes avec un sens très aiguisé de l'écriture et de l'arrangement.

Il y a bien, dans ce que dit Nils Wogram un vrai classicisme au sens jazzistique dans l'écriture, très respectueuse d'une forme de jazz qui puise aussi bien dans la west coast que dans une forme aussi très ellingtonienne. L'utilisation des cordes y est particulièrement intelligente. On y entend une formule orchestrale mais aussi parfois un ancrage dans le blues du delta (Riomar) avec ces accents orchestraux qui remontent à un jazz bien historique. On aime chez le tromboniste cette volonté de ne pas vouloir renverser la table à tout prix, de cultiver ses racines et de développer des idées qui portent une certaine identité du jazz. Et tant pis pour ceux qui veulent de l'électrique, du rock fort ou que sais-je encore. Cette façon d'emmener le jazz sur des terres anciennes, nous la voyons au contraire dans le climat actuel comme une forme de liberté farouche.

Tout l'album qu'il nous propose ici est donc basé sur l'utilisation des cordes. Jamais pompeux ou kitsch, Nils Wogram parvient à en exhaler tout le potentiel swing autant que la richesse harmonique, s'appuyant au demeurant sur un superbe saxophoniste dont les sonorités rappellent celles de Paul Desmond. Les univers de Nils Wogram sont divers et lorsqu'il signe un morceau dédié au Duke c'est avec une approche toute personnelle et sans idée de plagiat ou de copie. Comme un hommage tiré de sa propre culture musicale. Ce qu'il parvient à faire dans sa façon d'écrire c'est aussi de laisser l'énergie intacte au travers de l'intervention des cordes qui apparaissent aussi parfois comme des vecteurs de pulse, ce qui est très rare with strings (Playing the game). Mais en même temps il les utilise aussi très classiquement (a un sens de la musique à cordes classique ) dans des morceaux où le jazz peut apparaître décalé ( Seeing the new in the old). De belles structures sont exposées comme Uniformly Unifromed ou encore Song for Bernhard aux textures harmoniques particulièrement riches. Le problème c'est le dernier tiers de l'album qui tombe un peu comme un soufflé, prenant un parti de plus en plus classique et de moins en moins jazz. Les structures deviennent alors plus académiques et moins intéressantes. Dommage

 

 

 

 

 

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15 octobre 2013 2 15 /10 /octobre /2013 22:59

 

Salle Pleyel 13 octobre 2013

 

Incandescence

Transcendance

Magnificence

C’est à cela que l’on s’attend lorsque trois grands saxophonistes rendent ensemble hommage à une icône comme John Coltrane.

C’est bien dans cette fastueuse ferveur qu’a démarré le concert du Saxophone Summit à la salle Pleyel le 13 octobre 2013. Le sextet a entamé sa prestation avec une interprétation déchaînée de « Seraphic Light », composition de John Coltrane et également titre éponyme du dernier album du groupe, sorti en 2008.

Sur le devant de la scène on retrouve Dave Liebman, Joe Lovano, et Ravi Coltrane qui les a rejoint récemment suite au décès de Michael Brecker. Ceux-ci sont accompagnés par Cecil McBee à la contrebasse, Phil Markowitz au piano et Billy Hart à la batterie.

Immédiatement, Dave Liebman s’impose comme le leader du groupe, et peut-être aussi le plus coltranien des trois.

Sa présence quasi paternelle permet l’articulation et la cohabitation sur une même scène de trois musiciens affirmés, de trois styles, de trois énergies, dont chacune risque à tout moment de briser l’espace de l’autre.

Le groupe se lancera dans une version originale de « Minor Blues », puis de « Reverend King », et fera suivre une composition de Michael Brecker qui est aussi le titre du premier album du Summit : « Gathering of Spirits ».

Tricycle de Dave Liebman sera finement introduit par Cecil McBee à la contrebasse, qui s’aventurera, à pas feutrés, sur les chemins les plus tortueux qu’il puisse trouver, avant d’entraîner miraculeusement le reste de l’orchestre avec lui. Un morceau tourmenté, mystérieux, qui place l’auditeur au cœur serré dans un univers où le péril l’attend à chaque détour de croche. C’est ainsi avec apaisement que l’on accueille le retour bien amené à une bonne rythmique ternaire, où une ligne de notes se met à courir lestement comme un insecte affolé sur le manche de la contrebasse de Cecil McBee.

Le final sera assuré par l’un des morceaux primordiaux de John Coltrane : Ole, dont l’étrange introduction nous amène non pas sur les rives ibériques attendues mais au pays du soleil levant : accords joués avec les cordes du piano, mélodie japonisante, flutes et silences méditatifs (cf extrait ci-joint).

La salle comble, vibre son plein.

John Coltrane jouait dans cette salle en 1965. Nul doute que sa musique a reçu hier soir l’un des hommages les plus passionnés qui lui ait jamais été donné.

 

Yaël Angel

 

 

Ce concert sera diffusé le 11 décembre 2013 à 20h sur France Musique

 

 

Composition du Saxophone Summit

Dave Liebman (s)

Joe Lovano (s)

Ravi Coltrane (s)

Phil Markowitz (p)

Cecil McBee (b)

Billy Hart (d)

 

 

Discographie du Saxophone Summit :

« Seraphic Light » 2008

« Gathering of Spirits » 2004

 

 

 

 

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 23:11

 

RV poduction – Dist Harmonia Mundi

www.antoineherve.com

 herve.antoine_brubeck_wide_w.jpg

 

Les leçons de piano d’Antoine Hevré sont de véritables petits bijoux d’intelligence et d’érudition ludique. Aucune de ces leçons n’a échappé à ce principe de nous rendre intelligents avec délectation et plaisir.

J’imagine que certains compareront ces leçons de jazz avec les petites leçons de jean-François Zygel. Pourquoi pas. Même amour gourmand à partager comme l’on partagerait entre amis, un gros gâteau dont on connait tous les secrets de fabrication. Comme l’on descendrait dans la cave pour y savourer, entre nous, juste entre nous, l’un de ces millésimes bien cachés que le pianiste accepte de partager avec les néophytes autant qu’avec les amateurs éclairés.

Ces bonnes cuvées vont d’ailleurs se trouver réunies dans un coffret où l’on trouvera notamment Oscar Peterson, Keith Jarret, Bill Evans, Thelonious Monk et, le dernier venu de la liste Dave Brubeck qu’Antoine Hervé a choisi d’intituler «  Dave Brubeck ou les rythmiques du diable ». Sous-tire facétieux et petit clin d’œil à l’un de ses maîtres.

[ Rectifions tout de suite pour ceux qui seraient tentés de briller en société sur ce thème, Take five n’est pas un thème de Dave Brubeck mais de Paul Desmond son magnifique et inégalable compagnon de toujours ( enfin jusqu’à sa mort s’entend…) ].

Moins d’un an après la disparition du pianiste (en décembre 2012 à l’âge de 92 ans), il était logique que dans sa relecture des génies du piano jazz, Antoine Hervé fasse un place toute particulière à celui du pianiste de Concord, Californie. Rien n’est oublié dans cette leçon qui retrace autant la biographie du pianiste que l’analyse critique et musicale de l’œuvre de Brubeck faisant un place toute particulière à la construction rythmique.

C’est Joe Morello, l’un des batteurs les plus exceptionnels de l’histoire du jazz qui a dû manger ses balais et ses baguettes plus d’une fois sur les structures infernales du pianiste. Parce que Brubeck est une sorte de savant fou, testant sans cesse dans son laboratoire de nouvelles formules.

Peut-être parce qu’au départ il aime autant Darius Milhaud, son maître, que Schoenberg et le dodécaphonisme, Dave Brubeck n’est pas du genre à ressasser les AABA des standards du songbook. Alors dans son workshop ( qui deviendra ensuite le  « Jazz brubeck quartet », il s’amuse à mélanger, à essayer, à tenter des choses comme jouer avec les polyrythmies africaines ou mélanger du contrapuntique avec des habaneras cubaines. Et cela donne des tubes planétaires comme le jazz n’en a pas connu beaucoup depuis Guershwin :  Blue Rondo à la Turk, Three to get ready, The Duke etc…..

Il n’en fallait pas tant pour donner à cet esthète du jazz, à ce grand amoureux qu’est Antoine Hervé l’envie et le goût de  nous apprendre avec autant d’intelligence que de passion.

 

 

 

 

Et toujours, derrière ces leçons de jazz, les moments où Antoine Hervé se met derrière le piano comme autant de moments absolument renversants où le pianiste s’inscrit dans la lignée des plus grands et nous offre des moments de piano jazz absolument exceptionnels. Où l’on aurait presque envie de lui demander de faire un simple disque, avec sa rythmique, autour de ces grands thèmes du jazz qu’il connaît par cœur pour en livrer sa propre lecture.

Les leçons de jazz d’Antoine Hervé sont à déguster sans modération, à voir à revoir et à offrir à ses proches. A ceux qui ignorent le jazz comme à ceux qui ne savent pas encore qu’avec Antoine Hervé ils vont peut-être bien finir par l’aimer…. A la folie……

Jean-marc Gelin

 

 

 

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