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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 07:57


L’Espace Daniel-Sorano prend le tempo du jazz
les 24-25-26 mai 2013
Direction artistique : Vincent Bessières
    
 
Pendant trois jours du mois de mai, l’Espace Daniel-Sorano prend le tempo du jazz.
De son histoire, en rendant un hommage inédit au grand saxophoniste Dexter Gordon.
De son présent, en dévoilant la première d’une création de Christophe Dal Sasso pour big band.
De son avenir, en invitant le groupe Yôkaï mené par une jeune musicienne, Anne Paceo.
Cinéma, rencontre, concert pour les enfants, bœuf… le jazz prend ses quartiers à Vincennes. Amateurs et professionnels, petits et grands, profs et élèves, experts ou dilettantes, à l’air libre du jardin ou sous les projecteurs du théâtre, la porte de l’Espace Daniel-Sorano sera ouverte à tous les publics, pour fêter une musique qui n’a pas fini de nous enchanter.

 

Vendredi 24 mai 2013
Concert « YÔKAÏ » d’Anne Paceo
20 heures
Anne Paceo (batterie), Emile Parisien (saxophone ténor et soprano), Leonardo Montana (piano), Pierre Perchaud (guitare), Chris Jennings (contrebasse).

annepaceo.jpg
Composé de certains des représentants les plus doués de la nouvelle vague du jazz français, le groupe Yôkaï est le dernier projet en date de la jeune batteuse Anne Paceo. À 29 ans, la lauréate des Victoires du jazz en 2011 propose sous ce nom aux consonances exotiques un répertoire nourri de ses voyages, dont les développements alternent rêveries poétiques et élans lyriques. D’une musique en prise avec les sons d’aujourd’hui, marquée par l’influence du rock, Yôkaï est habité par l'inspiration du saxophoniste Emile Parisien (prix du musicien français 2012 de l'Académie du jazz) et du guitariste Pierre Perchaud (membre de l'actuel Orchestre national de jazz), avec le concours du contrebassiste canadien Chris Jennings et du pianiste d’origine brésilienne, Leonardo Montana. « Générosité de l’avenir. (…) Écoutons Yôkaï » intimait Francis Marmande dans Le Monde. Oui, et en direct, c’est encore mieux !
 
En amont de son concert, Anne Paceo mènera une action pédagogique auprès des élèves de la classe d’option musique du lycée Hector-Berlioz de Vincennes, sous la direction de leur professeur Jean-Philippe Baldassari, en partenariat avec l’Espace Daniel-Sorano.

 


Samedi 25 mai 2013
 « Jazz 4 kids » avec le trio de Jean-Philippe Scali
17 heures
Concert jeune public (5-10 ans)
Jean-Philippe Scali (saxophone alto et baryton), Frédéric Nardin (orgue), Manuel Franchi (batterie). Durée : 45 minutes.
 jean-philippe-scali-20120321104008.jpg
« Jazz sur l’herbe », apéro-jazz
18 heures
Animé par les musiciens de l’atelier jazz de l’Edim dans le jardin

Christophe Dal Sasso Big Band « LE HORLA » - création
20 heures
Christophe Dal Sasso (flûte, composition, arrangement), Julien Alour, David Dupuis (trompette, bugle), Boris Pokora (sax alto, flûte, clarinette), Sophie Alour, Lionel Belmondo (sax ténor, flûte, clarinette), Thomas Savy (clarinette basse, clarinette), Merrill Jerome Edwards, Bastien Stil (trombone), Pierre de Bethmann (piano), Manuel Marchès (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie).
Compositeur-arrangeur dont la réputation n’est plus à faire, Christophe Dal Sasso a apporté sa contribution à quelques-unes des aventures jazzistiques parmi les plus ambitieuses de ces dernières années, dont l’Hymne au soleil de Lionel Belmondo et une création pour David Liebman et l’Ensemble Intercontemporain. Entre audace d’écriture et liberté de jeu, réminiscences personnelles et inventions formelles, son big band réunit la fine fleur des musiciens français, tels les saxophonistes Lionel Belmondo et Sophie Alour, le pianiste Pierre de Bethmann ou encore le clarinettiste Thomas Savy. Alors qu’il vient tout juste de faire paraître « Ressac » (Discograph), un album qui confronte un comédien, une pianiste classique et une formation de jazz, sur des compositions inspirées par son attachement à la Méditerranée, Christophe Dal Sasso s’attaque déjà un nouveau répertoire : une création inspirée du roman fantastique de Guy de Maupassant, Le Horla, point de départ d’une exploration orchestrale. Un imaginaire littéraire transmué en musique, aux confins du savoir-faire classique et de l’âme du jazz.
 
Ce concert qui verra la création d’une œuvre nouvelle de Christophe Dal Sasso d’après Le Horla de Maupassant, fera l’objet d’un enregistrement public en vue de la publication du prochain disque de la formation.
 
Bœuf animé par l'Edim
À partir de 22 heures

 


Dimanche 26 mai 2013
Journée spéciale "Our Man in Paris", hommage à Dexter Gordon

autour_de_minuit-1.jpg
Considéré comme le premier saxophoniste ténor à avoir adopté le be-bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, Dexter Gordon (1923-1990) fut l’un des géants du jazz moderne, et pas seulement par la taille ! La carrière de ce grand interprète de standards et maître des ballades connut des haut et des bas, jusqu’à ce qu’il se fixe en Europe au début des années soixante, où il résida jusqu’en 1976. Dix ans plus tard, il fut, avec François Cluzet, l’interprète inoubliable du film « Autour de minuit » de Bertrand Tavernier, pour lequel obtint une nomination aux Oscars. En souvenir du temps qu’il passa à Paris, et dans le cadre des manifestations organisées à l'’occasion du 90ème anniversaire de sa naissance, Tempo Jazz célèbre ce géant du jazz pendant toute une journée.

14h30 : projection du film "Autour de minuit" (1986) de Bertrand Tavernier, avec Dexter Gordon, François Cluzet.

17h : table-ronde autour du film en présence de Bertrand Tavernier (cinéaste), Maxine Gordon (épouse de Dexter Gordon), Robert O’Meally (Columbia University).

18h30 : Concert "Our Man in Paris, Revisited" : Lew Tabackin rencontre  Vincent Bourgeyx Trio – Inédit
Lew Tabackin (sax ténor, flûte), Vincent Bourgeyx (piano), Pierre Boussaguet (contrebasse), Mourad Benhammou (batterie).
Connu pour le big band qu’il codirigeait avec son épouse, la pianiste Toshiko Akiyoshi, le saxophoniste Lew Tabackin (Philadelphie, 1940) est un saxophoniste puissant et véloce qui s'inscrit directement dans la lignée des grands ténors des années 1960. Partenaire de musiciens tels que Donald Byrd et Freddie Hubbard, passé par le groupe d'Elvin Jones, il a notamment cosigné des disques avec Phil Woods, Warne Marsh ou John Lewis. Aujourd'hui, il est l'un des derniers grands saxophonistes du hard bop et n'a rien perdu de son énergie.
Il rend hommage à l’une de ses sources d’inspiration, en compagnie du trio du pianiste Vincent Bourgeyx, formé à l’école du swing et du be-bop à New York, en revisitant le répertoire du mythique « Our Man in Paris » (Blue Note), enregistré par Dexter Gordon à Paris, le 23 mai 1963, soit, à trois jours près, un demi-siècle avant ce concert.

Exposition de photographies de Dexter Gordon à Paris par Francis Wolff (courtesy of Mosaic Images).
Entre 1963 et 1964, la compagnie Blue Note organisa à Paris plusieurs séances d’enregistrement avec Dexter Gordon pour lesquelles elle dépêcha l’un de ses responsables, Francis Wolff, également photographe attitré du label. Ce sont quelques-uns des clichés réalisés par Wolff à cette occasion, dont plusieurs inédits, qui seront exposés pendant Tempo Jazz, en hommage au saxophoniste et à ses liens avec notre capitale.
 
Cette journée spéciale s’inscrit dans la série de manifestations "Dex @ 90" organisée par la Dexter Gordon Society aux Etats-Unis, en France et au Danemark, pour célébrer le 90e anniversaire de la naissance de Dexter Gordon.

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 19:09

 

Emarcy 2013

Cecil Mc Lron (vc), aaron Dhiel (p), Rodney Whitaker (cb), Henri Riley (dms), James Chirillo (bjo, g)

 

 Cecile-McLorin-Salvant--WomanChild.jpg

Cecil Mc Lorin c'est THE Voice. La révélation de cette année ! Pour beaucoup, lorsque l’on nous annonça sa présence lors de la présentation du nouvel Attica Blues d’Archie Shepp à la Villette en septembre 2012, elle était totalement inconnue. Pourtant, en trois phrases la chanteuse parvenait ce soir là à renverser le public de la Grande Halle. Sarah Vaughan semblait avoir investi ce temple du jazz. Et puis il y eu peu après la parution du dernier album de Jacky Terrasson ( « Gouache ») sur lequel la chanteuse accompagnait le pianiste et là encore nous transportait. Il ne lui restait qu’à graver son propre album pour découvrir , au-delà de quelques Youtube pas toujours flatteurs, la vraie personnalité de la chanteuse.

Et la pari est bien au delà du probant, il fait plus que confirmer, il s’inscrit comme l’un des plus bel album de jazz vocal de ces dernières années. Car la chanteuse franco-haitienne qui gagna en 2010 le concours Thélonious Monk dans la catégorie du jazz vocal (ce qui n’est pas peu dire) a cette sorte de voix qui porte tout. Qui emporte tout.

 

Cette voix patiente et gourmande à la fois. Patiente parce qu’elle prend le temps nécéssaire, celui de donner le sens et le son à chaque mot qu’elle prononce avec un le goût de donner à la phrase le feeling. Gourmande parce que Cecil Mc Lorin aime les mots et les mélodies, le blues érotique et la ballade romantique avec la même passion. Et surtout avec la même classe que celle qui animait ses illustres aînées Cecil Mc Lorin peut effectivement tout chanter. Que ce soit des standards, des classiques ou même chanter en Français, exercice pourtant que l’on sait périlleux à faire swinguer ! Son timbre est absolument exceptionnel et lui permet de passer de l'hyper grave à l'aigu avec la même densité. Techniquement la chanteuse est exceptionnelle. Dans sa voix, si parfaitement posée,toutes les modulations possiblesCette voix qu'elle parvient à traîner dans quelques blues un peu trash (comme sur Nobody). Cette voix parfois sage mais aussi d’une sauvagerie (woman child) dont elle joue avec quelques facéties (You bring out the savage in me).

Les grandes chanteuses ressuscitent par la voix de Cecil Mc Lorin. Celle de Sarah,  celle d'Ella ou encore celle d'Abbey. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un simple exercice de pure imitation. Car Cecil Mc Lorin parvient à nous convaincre qu’elle a intégré ces voix, se les a approprié au point de s’en faire une deuxième peau. La chanteuse a cette liberté qui émancipe, cette tradition qu'elle parvient à dépasser. Et pour s’en convaincre, ce sens de la réinterprétation comme sur ce What a moonlight can do où elle s'anticipe totalement jusqu’à faire (un peu) oublier Billie.

La chanteuse qui s’est ici entouré d’une équipe de grande classe avec un Aaron Dielh lumineux dans ses interventions au piano signe là un grand album de jazz. Et s’il fallait un titre pour vous en convaincre, laissez vous aller à écouter ce St Louis Gal qui ouvre l’album, éloge de la lenteur, éloge de la moiteur du blues, éloge du feeling.

Jean-Marc Gelin

 

 

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 15:27

sebtexierLabel Cristal records/ Distributeur harmonia mundi
Sortie 17 avril 2013

On aime le début en fanfare, faussement  joyeux, étrangement répétitif du dernier opus du clarinettiste poly-instrumentiste Sébastien Texier. Les élements se déchaînent dans ce premier thème, le rythme devient haletant.  Qui sont donc ces parasites toxiques? Pas les compagnons de son quintet, tous leaders à leur façon, Bruno Angelini au piano, Alain Vankenhove à la trompette et au bugle, la paire rythmique solide et ardente de Fred Chiffoleau et Guillaume Dommartin ? A moins qu’il ne faille prendre « toxique » au sens d’entêtants, enivrants... Ce sont plutôt la peur, l’insouciance, l’inconscience humaines qui s’avèrent  germes maléfiques. La fragilité humaine oblige à une certaine humilité, la colère militante monte face à l’absurdité du monde avec la dernière composition dédiée aux victimes de Fukushima....  Avec cet épilogue, à l’heure où il faudrait tirer des bilans, on a l’impression d’être au cœur des tensions entre raison et irraisonné, touchant de près à cette « contamination » rampante.
Mais revenons à la musique de Sébastien Texier, auteur des huit compositions de l’album. Quelle façon énergique et touchante de se jeter dans la musique comme dans cet « Are you sure ? » qui assurément l’est, intense, persistant. Sa musique produit son effet, relayée par un piano, fluide, sombre, presque toujours intrépide. On note la circularité des morceaux qui s’enchaînent dans une suite de belle continuité, avec un « Mumble blues » vibrant, qui n’échappe pourtant pas à une dimension hypnotique. On est frappé de cette répétition lancinante de certains thèmes comme dans l’abrupt « Toxic parasites ». Les compositions, plutôt classiques dans leur ensemble, sonnent bien avec ces formidables instrumentistes, la musique évoluant de climats labyrinthiques, créant un vague à l’âme crépusculaire, un spleen intimiste, en ambiances plus engagées et percussives. Dans une alternance de thèmes bienvenue, chacun prend largement sa place, en pleine connivence, dans la douceur veloutée du son, la caresse de la mélodie ou dans des soli plus angoissants, comme dans «l’Insouciance», tout un art de l’inquiétude en sourdine. Ce qui confère au quintet l’allure d’une entreprise collective avec une musique qui, sans être propice à la rêverie, sait jouer des demi-teintes d’une méditation sous surveillance. Ainsi, virevoltants ou mélancoliques, mais toujours lyriques, ces thèmes sobrement beaux  dessinent un patchwork  de préoccupations intimes ou citoyennes à partager chez soi ou en club entre amis. Performance à suivre!
Sophie Chambon

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 21:49
 

ACT 2013

 

Céline Bonacina (s), Kevin Reveyrand (b), Hary Ratsimbazafy (dms) Guests : Himiko Paganotti (v), Pascal Shumacher (vib), Mino Cinelu (perc)

 BONACINA.jpeg

Le nouvel album de Céline Bonacina nommé « Open Heart » fait suite à l’album « Way of Life » sortie en 2010 également chez ECM. Entourée toujours du même batteur (Hary Ratsimbazafy, très très bon et polyvalent), elle a été rejoint par Kevin Reveyrand à la basse, ce dernier est notamment compositeur de certains morceaux de cet opus. Des invités sont également présents tels que Himiko Paganotti à la très belles voix, chaude et sensuelle (Il faut aller la voir en concert si elle passe près de chez vous, elle intervient dans la formation de Magma et accompagne Nguyen Le sur sa tournée « Songs for Freedom », en plus de jouer dans le groupe Slug), Pascal Shumacher au vibraphone ou encore Mino Cinelu aux percussions.

 

L’album commence par « Souffle d’un songe », un morceau inspiré par Erik Satie. C’est une entrée très méditative que nous propose Céline Bonacina, toute en douceur avec une utilisation du re-recording judicieuse et bien amenée. Ensuite, « Circle Dance » arrive et là, on rentre dans le vif du sujet avec une rythmique basse/batterie entêtante tout au long du morceau. Le son développé au saxophone baryton dénote une personnalité et une présence nette et ce sentiment ne nous lâchera pas au cours des 12 titres qui composent cet album. Lorsque débute « Wild world », ce côté sauvage retranscrit par cette musique est saisissant. La ligne de basse nous hypnotise et nous emmène dans un voyage qui se termine par une envolée rythmique aux consonances africaines. Les deux morceaux qui suivent sont beaucoup plus calmes. « Bayrum » peut s’écouter comme une comptine pour enfant où, le vibraphone, au son rond, est totalement adapté pour ce type de thème. « So Close So Far » est lui très envoûtant. On se laisse bercer par la voix de Himiko Paganotti accompagnée par un saxophone alto et un vibraphone en résonance permanente. Le final est beaucoup plus entraînant et dansant avec un trio voix - sax alto - vibraphone des plus intéressant. L’introduction au sax baryton du morceau « Watch your step » ne devrait pas vous laisser indifférent. S’ensuit un « Out of Nowhere » très riche en rythmes endiablés avec un final aux consonances free qui se démarque clairement du reste de l’album. Le calme revient avec une ballade saxophone – basse sympathique. « Desert » est riche en mouvement et est vraiment un très beau morceau. La douceur est ce qui a voulu probablement être développée tout au lond du morceau « Open Heart ». L’album se termine par « Snap the Slap », un duo saxophone baryton – voix très groovy ainsi qu’une prise live avec un morceau de Michael Wollny.

 

Finalement, si l’on devrait résumer cet album en quelques mots, rythme et éclectisme seraient les plus représentatifs. Eclectisme, que certains pourront lui reprocher, mais qui dénote une ouverture d’esprit et une volonté de nous faire voyager clairement ressentie tout au long de cet opus. Cette ouverture d’esprit se ressent à travers le mélange des cultures mais également les différents styles de jazz abordés. Rythme car il y a un perpétuel mouvement au sein de chaque morceau qui n’est jamais source de lassitude et de perdition. Les mélodies sont d’une efficacité telle que vous accrocherez rapidement à cet album très recommandable et qui devrait prendre encore plus d’ampleur à travers les prestations live délivrées par ce trio.

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 20:37

 

Cristal records 2013

Sébastien Texier ( as,cl) ;  Alain vankenhove (tp), Fréderic Chiffoleau(cb), Bruno Angelini (p), Guillaumme Domartin (dms)

 

sebtexier.jpg 

C’est l’album de la maturité pour Sébastien Texier. Le saxophoniste rompt ici avec une esthétique très poétique qui était un peu sa marque de fabrique ( voir le magnifique album consacré il y a quelques années au facteur Cheval, enregsitré avec Edouard Bineau, « L’Obsessioniste ») mais qui lui donnait aussi une image un peu lisse. Avec sa nouvelle équipe et des compositions ultra-efficaces et magnifiquement écrites, il crée au contraire ici une sorte de sound unit, un groupe ultra homogène fait de personnalités musicales affirmées qui, chacunes, trouvent leur place dans cette mécanique impressionnante. Car Texier affirme ici son caractère. Bien trempé. Une sorte de virilité dans le jeu, à la fois puissant et incroyable de maîtrise, associé à une belle sensualité. Il faut entendre ce Mumble Blues qu’il porte à haut niveau d’incandescence en déchirant le son de sa clarinette comme pour aborder ce thème dans le crade et le poisseux d‘un blues qui colle aux basques. Car derrière le travail compositionnel il y a aussi tout un travail sur le son. Ecoutez Song for Paul Motian, morceau sublime, éthéré et flottant dans une brume sensuelle qui enveloppe ! Quel plus bel hommage à Motian que ce thème ou encore cet autre thème : Le courage ne fait pas toutqui a aussi cette même façon de marier la structure formelle avec la liberté du presque free. Il y a du jazz là-dedans. Du qui puise aux racines. Sébastien Texier entre dans son sujet sans fioritures. Compose admirablement. S’entoure de vrais guerriers à l’âme sensible. Il y a par ailleurs de belles envolées hard bop sur lesquelles le saxophoniste fait montre d’une belle agilité et prouve, qu’à bon escient, mais à bon escient seulement, il sait emballer le tempo.

Au fil d’un album complet et cohérent Sébastien Texier impose un groupe et un collectif. Au fil de cet album on découvre plusieurs facettes de son jeu, plusieurs inspirations et des climats différents. Sébastien Texier est pluriel et son talent fait de lui un  saxophoniste aussi prolixe que tendre, aussi viril que sensuel. Au fil de cet album Sébastien Texier s’impose petit à petit non seulement comme un saxophoniste de grand talent mais aussi comme un vrai leader d’un groupe épatant.

Jean-Marc Gelin

 

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:15

Remi-CHARMASSON-quintet--The-Wind-cries-Jimi.jpgAjmi series

Voilà un  titre astucieux et poétique pour un hommage au génial gaucher de Seattle. On pouvait néanmoins avoir quelque inquiétude à l'idée d'entendre une nouvelle  version des tubes hendrixiens, plus ou moins remaniés. C'est compter sans le talent du guitariste Rémi Charmasson qui a attendu  longtemps avant de créer un projet personnel, en quintet, à  partir de l'univers si créatif du guitariste.
C'est " Little wing " qui commence l'album, l'une des ballades lyriques en diable de Jimi Hendrix,  portrait fantasmé d'une jeune femme, plutôt  éthérée. Après la longue introduction au piano de Perrine Mansuy vraiment troublante, Laure Donnat continue à nous désorienter, en étirant les mots très sensuellement et ce n'est qu'ensuite que l'accompagnement " classique " guitare-basse-batterie joue vraiment la mélodie, le nerf rythmique du quintet étant merveilleusement assuré par le (contre)bassiste Bernard Santacruz et le jeune batteur Bruno Bertrand.
En effet le parti pris de l'album n'est pas de rivaliser en riffs de guitare saturée, en  distorsions déchaînées, en effets de la wah wah dont Hendrix tira des sons insoupçonnés des créateurs même ou premiers utilisateurs que furent Cream et Zappa . Il est certain qu'on  ne pourra jamais  ressentir l'onde de choc déclenchée par  les strates d'électricité du jeu tourbillonnant d'Hendrix. Mais Rémi Charmasson  connaît tout ou presque de son instrument. Donc, il ne voulait pas trop la jouer " guitar hero " sauf sur quelques moments judicieusement choisis (on peut tout de même se faire  plaisir)  comme sur " Voodoo Chile ", ou " Wait until tomorrow ", qu'Hendrix considérait  bizarrement comme une chanson commerciale ! Nul doute que Charmasson sait faire chanter ses guitares.
Pour le reste, il fait confiance aux femmes du groupe, la pianiste Perrine Mansuy à l'univers singulier et la chanteuse Laure Donnat (on se souvient de son dernier projet sur Billie Holiday) pour rehausser ses arrangements  du répertoire hendrixien. Certaines versions se rapprochent de l'original  comme le délicieux " The wind cries Mary " qui finit pourtant dans un crescendo de " Hey Jude ",  single de McCartney sorti en 68. Ce qui souligne un aspect intéressant des compositions qui tirent sur le versant pop. Le répertoire choisi par Rémi Charmasson permet en effet de couvrir plusieurs aspects de la personnalité d'Hendrix et de saisir l'évolution d'une carrière courte, mouvementée, incandescente. Ainsi " Burning of the Midnight Lamp " a un statut particulier dans la discographie hendrixienne, puisque ce single de 1967 " illustre l'évolution musicale d'Hendrix, en six mois d' Are you experienced ? à  Axis : Bold as Love, avec une orchestration chargée, clavecin, chœurs et guitare jouée comme une mandoline ", nous rappelle l'un des spécialistes les plus sérieux du sujet,  Régis Canselier, dans Jimi HENDRIX, le rêve inachevé, remarquable  travail aux éditions du Mot et du Reste. Dans "One Rainy Wish", de  Axis : Bold as Love, Hendrix a conçu ses parties de guitare (Fender Stratocaster et Octavia) plus comme un compositeur que comme un simple guitariste. Hendrix se livrant à des séances d'improvisation épiques, à des tentatives constantes d'exploration, voilà pourquoi, sans doute, plus de quarante ans après sa mort, il nous bouleverse encore.


The Wind cries Jimi n'est  donc pas un tribut à l'intention des fans, des collectionneurs, des amateurs perdus devant la profusion d'albums qui ressortent. C'est le "Labour of Love  de quelqu'un qui a grandi avec Jimi Hendrix, qui s'est nourri de l'époque et de sa formidable richesse, et qui tente joliment ses propres variations avec une autre instrumentation et des musiciennes. De  "Them Changes", l'une des compositions les plus célèbres de Buddy Miles dans le  dernier groupe  Band of Gypsies, avec des improvisations du batteur d'inspiration soul, voire gospel et un solo funky d'Hendrix, la version du quintet en fait autre chose d'absolument  moderne et de très différent. De l'intérêt des variations autour de " standards " qui constitue l'esprit même du jazz, se réapproprier et adapter des mélodies et compositions aimées sans en faire des " remakes ". Le final  "People get ready  n'est pas d' Hendrix mais de Curtis Mayfield, très engagé à l'époque dans les luttes raciales. Sans que cela ne soit trop décalé, ce choix éclaire la vision plurielle du quintet.

Sophie Chambon

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 10:31



rusconi-revolution.jpgBee Jazz/ Abeille Musique Distribution
Voilà un trio étranger qui sait très vite imposer son style étrange, à la lisière du rock et du jazz, dans les marges. Hypnotique, les boucles et autres effets, distorsions et sons trafiqués,  feed backs, space echo, les chœurs lancinants et cristallins  entraînent vite dans une transe bienvenue. Un piano lyrique mais aussi insidieusement répétitif ( le long et fascinant « Alice in the sky » bénéficie en outre de la guitare acérée du grand  Fred Frith), une contrebasse excitante, une batterie nerveuse, souvent fracassante à la façon de « The Bad Plus », tout cela produit une matière très rock, plus que jazz (avouons-le), aux climats souvent planants, parfois sous tension, subtilement  inquiétants. Prônant une esthétique de dandys décontractés et  quelque peu irrévérencieux, le trio est en plus adepte de vidéos et d’art contemporain. Hélas le sampler proposé ne nous donne pas l’occasion de vérifier si leur vision de l’art « total » s’adapte aux ambiances décalées et insolites de leur musique. Mais le véritable album en propose des exemples. Intéressant donc de vérifier par vous même cette conception transversale de pratiques artistiques.
Au fait qui est Rusconi ? Un trio de  Suisses trentenaires qui répondent aux noms de Stefan Rusconi ( piano, Space Echo....), Fabian Gisler (contrebasse), Claudio Strüby  (batterie, glockenspiel) qui jouent ensemble depuis huit ans.
Leur cinquième album Revolution (pourquoi ce titre, d’ailleurs ?) comporte 9 titres dont « Tempelhof »  est déjà un single qui passe à la radio suisse ou allemande, dans ces pays où le groupe joue tout naturellement. « Kaonashi » aux voix éthérées et le contrasté « False awakening » ne sont jamais âpres, rudes, mais intenses et persistants, leur musique fait son effet en dépit de tout, et l’on s’abandonne à cette ritournelle sous l’emprise des sons exacerbés.
Evidemment, les influences sont multiples, même si Sonic Youth est une référence favorite : les deux derniers titres en live, reprises de «Hits of sunshine » et « Theresa’s sound-world » font émerger un groove fiévreux, sauvage et stylé.  Sans être la révolution musicale annoncée, le trio est assurément à suivre...
Sophie Chambon

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 21:10

 

Le Triton / Musea 2013

Christophe Monniot : saxophones alto, baryton et sopranino / Didier Ithursarry : accordéon / Guillaume Roy : alto / Atsushi Sakaï : violoncelle sur 1, 3, 5, 9, 10.

 station-mir-christophe-monniot-932964373_ML-copie-1.jpg

Que Christophe Monniot ne nous en veuille pas d'être si tardifs à chroniquer cet album. Qu'il nous pardonne d'avoir été si longs à l'allumage de ce magnifique spoutnik et si peu prompt a rattraper au vol cet ovni musical. Car cet album paru il y a une 10 aine de mois est un rare moment de brillance, d'intelligence. Toujours inattendu et iconoclaste, Christophe Monniot y défriche des territoires musicaux en s'affranchissant de tous les codes ou plutôt en les embrassant tous.

Monniot y joue comme un dieu. Feu follet insaisissable. Prolixe, dynamitant les lignes, l'ex baby boomer de Daniel Humair n'entre dans aucun code et nous emporte dans une musique qui stimule l'intelligence, le plaisir et la curiosité. Jeu incroyable de force, de vélocité, de richesse d'expression. Sur la base d'un instrumentum original qui lui permet d'associer plusieurs timbres et plusieurs univers musicaux, il nous emporte loin dans une aventure musicale sans frontière. La musique de Monniot est remarquable.

Syncrétique. Puisant a d'innombrables sources musicales. Jusqu'a Brassens admirablement visité ! Au delà de la musique, ce qui frappe chez Monniot c'est cette une sorte de théâtralité où le saxophoniste fait un peu office de directeur d'une troupe. Une troupe de théâtre où la musique est presque comme parlée, déclamée, racontée. Monniot est alors un acteur qui tient dans cette pièce, le premier rôle. En habit de lumière. Prenant, captivant, saisissant. Intense musique où ce qui est sous-jacent est toujours fort et puissant.

La musique sait s'y faire généreuse et s'offrir immédiatement. Il faut la parcourir sans cesse pour la redécouvrir sous cette forme kaléidoscopique qui, à chaque écoute donne un nouvel éclairage, une nouvelle facette captivante et fascinante.

Passionnant. A découvrir d'urgence.

jean-Marc Gelin

 

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 09:03

 

Sylvain Cathala ( ts), Sarah Murcia (cb), Christophe Lavergne (dms)

 cathala.jpg

Enfin le grand disque que l'on attendait de Sylvain Cathala. Juste énorme.

Il y a dans cet album une dimension colemanienne (entendez Steve Coleman) avec cette formidable puissance du son, cette musique exigeante propulsée par une dynamique rythmique dans laquelle Sarah Murcia à la contrebasse prend enfin son envol pour s'imposer dans le registre des contrebassistes de talent ( ce que pour ma part je me refusais à admettre lorsqu'elle s'exprimait dans d'autres groupes mais qui constitute une évidence à laquelle je me range avec ravissement).

Oui, la musique de Sylvain Cathala est excitante. Il y a comme des leçons d'Anthony Braxton dans cette architecture musicale basée sur le perfection  rythmique et harmonique qui flirte ave  l’agencement et les codes mathématiques.

Dans ce jeu à trois, l'énergie circule, passe de l'un à l’autre comme une fluide vital et peut s'écouter comme autant de combinaisons de solos, duos ou trios. C'est dire ce qu'il y a de compréhension partagée de l'instant, de fusion des intentions.

Sylvain Cathala n'aime pas la facilité et la musique qu'il propose est tout sauf simple. Et pourtant c'est le talent des grands musiciens que de donner à cette musique non-easy cette sorte d'évidence à l'écoute, de rendre limpide les structures harmoniques et rythmiques les plus complexes pour en faire finalement une musique qui s'offre à tous. Il suffit d'écouter ce 3ème thème pour se convaincre de la force du discours. Il y a dans cette musique une puissance du groove qui dépasse les clichés du jazz ternaire pour faire la démonstration que des structures rythmiques savantes savent groover de manière irresistible (je me souviens de cette discussion avec Sylvain où il était question de la musique Aka dont d’une manière ou d’une autre il revient ). Ce groove que ces trois-là impulsent emporte tout. Un flot irrépressible porté par Sylvain Cathala véritablement impressionnant dans à peu près tous les registres. Car le saxophoniste franchit une nouvelle étape dans son jeu pour s’imposer totalement dans cet album où le lyrisme de son discours, son phrasé, son sens de l’improvisation, sa maîtrise du son et son placement rythmique l’imposent comme l’un des meilleurs. Dans ses maîtres on imagine qu’un Tony Malaby ne doit pas être loin. Il est vrai que dans les deux cas c’est l’intelligence du jazz qui explose. Avec brio.

Jean-Marc Gelin

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 10:06

Mise en scène Anne Marie- LAZARINI

Musique originale Andy Emler

Création Les Athévains

Coproduction La Compagnie aime l’air et Théâtre 95

Du 27 mars au 05 mai 2013

 

Etrange expérience vraiment que de parler d’une musique conçue pour un spectacle de théâtre (que je ne pourrai voir) mais dont je peux lire le texte qui a inspiré la pièce. Il s’agit du Ravel de Jean Echenoz paru aux éditions de Minuit en 2006. Jusqu’au 5 mai, au théâtre Artistic Athévains, dans le 11ème à Paris, ce RAVEL (interprété par Michel Ouimet ) retrace les dix dernières années de la vie du compositeur (1875-1937) depuis sa folle tournée aux Etats Unis en 1927. Ce spectacle, mis en scène par Anne Marie Lazarini, est joué par le pianiste Andy Emler qui a composét «quelques pages musicales à la manière de... », dans le même esprit que l’écrivain dont l’écriture, toute musicale, est faite de brisures, de changements de tempos. Dans ses pages se joue une vie, sa fin plutôt, « celle de Ravel qui fuit sous ses doigts ». On pourrait reprendre en effet une formule d’un autre livre d’Echenoz, Cherokee, pour qualifier Ravel, dandy « un peu absent de lui même».

Sans voir l’acteur interpréter le compositeur au caractère singulièrement difficile, je relis le texte épuré, élégamment ironique, tout en écoutant la musique. L’écrivain a composé une partition imaginaire, immergé dans l’univers ravélien. « Ravel serait donc une biographie romancée du musicien ? Non plutôt une vie réinventée, avec ses sinuosités, ses failles, ses absences, ses incertitudes... » lit-on dans les liner notes de cet album que l’on peut se procurer au spectacle. Un récit sans fioritures, retransmis en version quasi-intégrale sur cet homme dont on connaît si peu de la vie privée, qui semble n’avoir eu comme passion que la seule musique. Le spectacle lui redonne vie, incarné par les comédiens et la musique jouée, improvisée sur un piano peint en bleu.

Alors pourquoi ne pas avoir pris la musique de Ravel elle-même, des fragments des œuvres évoquées, à savoir le Concerto en sol, « conçu non pas pour le piano mais contre lui », le Concerto en ré, et surtout le fameux Boléro dont Echenoz nous explique si bien la genèse : « Il sait très bien ce qu’il a fait, il n’y a pas de forme à proprement parler, pas de développement ni de modulation, juste du rythme et de l’arrangement... Phrase ressassée, chose sans espoir, c’est seulement fait pour être dansé. » La tentative serait, dans ce cas, purement illustrative. Avec le choix d’ Andy Emler, leparti-pris tout à fait réussi, fait plus qu’ évoquer, s’inscrit tout contre la figure ravélienne. Quand on aime Ravel, on ne peut pas ne pas aimer le jazz, à moins que ce ne soit l’inverse. Sans vraiment le savoir, Ravel a créé un système, ouvert une voie aux jazzmen à venir. Attiré par « cet art neuf et périssable », Ravel a découragé néanmoins Gershwin, venu lui demander des cours de composition. La réponse fut sans appel, « lui représentant qu’il risquerait de perdre sa spontanéité mélodique, et pour faire quoi, que du mauvais Ravel ... Et puis bon Gershwin, son succès universel ne lui suffit plus, il vise plus haut mais les moyens lui manquent, on ne va pas quand même l’écraser en les lui donnant. »

L’ influence de Ravel a irrigué nombre de musiques plus contemporaines, y compris des musiques de films. Andy Emler s’en est souvenu dans cet exercice de style qui n’en manque pas, à la manière d’un pastiche littéraire, au sens le plus noble du terme. Pas de caricature dans ce « labour of love », mais au contraire une version originale de « my own Ravel », une extrême fidélité au mot, au signe près, de la chose écrite, des partitions. Savoir recréer l’univers, les couleurs, le raffinement complexe de cet écrivain de musique, solitaire, distant, immense orchestrateur et arrangeur minutieux. Sous le charme de l’écriture superbement distante d’Echenoz, Andy Emler s‘est prêté à son tour au jeu de faire revivre lui aussi le compositeur, et comme il connaît son Ravel « de mémoire vive », il en est ressorti avec 9 pièces écrites et cinq improvisations.

« Ravel préfère considérer le plus longtemps possible la surface blanche et grise...dans l’idée d’en extraire une ligne mélodique, un rythme, un leitmotiv, pourquoi pas. Il sait bien que cela ne se passe jamais ainsi, que l’inspiration n’existe pas, qu’on ne compose que sur le clavier. »

Voilà une expérience intégrale passionnante, finement transversale qui unit littérature, théâtre et musique. Un portrait littéraire et musical dont, on ose l’espérer, Ravel aurait aimé la justesse dans la recréation même.

Sophie Chambon

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