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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 18:14

 

Textes réunis par Vincent Cotro, Laurent Cugny et Philippe Gumplowicz

Collection «  Jazz en France »  Editions OUTRE MESURE

www.outre-mesure.net

 catastrophe-apprivoisee-la-regards-sur-le-jazz-en-france-94.jpg

Voilà un titre saisissant, poétique et fort (Jean Cocteau, tout de même)  pour traiter d’un projet conséquent, l’histoire du jazz en France, soulignant le «paradoxe d’une déprise apparente et d’une maîtrise absolue ». Pendant trois ans, sous la direction des très sérieux Laurent Cugny, Vincent Cotro et Philippe Gumplowicz, musicologues, enseignants chercheurs ont confronté leurs différents points de vue et il en est sorti ce premier volume, aux Editions Outre Mesure dont le catalogue, ynonyme de qualité, est essentiel dans le domaine des publications sur le jazz, en langue française.

Le propos est énoncé simplement dès la préface : le jazz est étudié comme musique mais aussi comme phénomène culturel, en croisant les représentations que s’en font musiciens, écrivains, dessinateurs, cinéastes, historiens… Quatre lignes de force sont ainsi tracées, traitant de l’aspect chronologique, de la médiation et des hommes qui ont assuré la propagation du jazz, de la musique et des musiciens et enfin de la vie du jazz en région. Ce qui permet de replacer «l’objet jazz» dans toutes ses dimensions et de dévoiler cette mise en perspective multiple, musicale, sociale, culturelle, littéraire, économique et politique... Un portrait inspiré d’une musique et plus largement de l’histoire culturelle de notre pays au XXème siècle.

Chacun y trouvera donc un intérêt, que l’on se passionne pour La chaleur des Hot Clubs à Marseille entre 1940 et 1968 [i] , que l’on découvre Pierre Mac Orlan en « Jazz writer » ou s’attarde sur « Boris Vian e(s)t le raisin aigre », que l’on s’intéresse au jazz à la radio sous l’occupation, que l’on veuille en savoir (encore) plus sur les figures mythiques du jazz français comme Barney Wilen ou Michel Petrucciani, atypiques comme Martial Solal, « un et multiple », ou vraiment méconnues comme Bernard Peiffer, (« une certaine idée de la main  gauche »). Puisant dans le gisement des représentations culturelles qui traversent cette musique, cet ouvrage va vite devenir une référence dans son domaine, un outil rigoureux et pertinent. D’une présentation sobre, toujours élégante, (Claude Fabre est l’infatigable éditeur et maître-d’œuvre de la maison Outre Mesure), ce livre issu d’une dynamique collective efficace et intense, est tout simplement remarquable.

 

Sophie Chambon



[i] Ce texte est issu d’un travail de recherche récemment publié  de Gilles Suzanne et Michel Samson qui porte sur un siècle de jazz à Marseille

A fond de cale. 1917-2011, un siècle de jazz à Marseille

 Marseille édition Wild project, 2012.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 07:21

 

Petit Label 2013

Emile Parisien (ss), Bertrand Ravalard (p), Jean-laude Oleksiak (cb), Antoine Paganotti (dms)

 polish_jazz_quartet_450.jpg

Ce quartet qui existe depuis 2004 nous propose ici une relecture de la musique de 2 grands compositeurs polonais bien trop méconnus  ( Trzaskowski et Komeda) et qui pourtant mériteraient largement de figurer au rang des emblèmes de ce jazz des années 60 que certains ont découvert au travers des films de Jerry Skolimowski (« Le départ ») ou des premiers longs métrage de Roman Polanski. Komeda, compositeur génial en signait alors la musique dans une inspiration hard bop grâce à laquelle il donnait vie à cette nouvelle vague du cinéma.

 

Magnifié ici par un contrebassiste exceptionnel et un formidable drumming de Paganotti le quartet la joue roots. Entendez par là, sans fioriture de son réarrangé ou hyper mixé. Non, on est ici au plus près d'une quasi-session live, bouillonnante et vivante. On croit être en club à l'époque où ils étaient enfumés et où l'on s'entassait dans de petites caves voûtées sentant le fauve. Pas d'essai de moderniser la musique mais au contraire un voyage dans le temps avec force de swing et d'expression quasi coltranienne ( écouter l'admirable et modal near a forrest). Ça joue avec les tripes et avec une énorme envie. Emile Parisien, tribal s'invite dans ce quartet avec la fougue et le coeur ( gros comme ça !) qu'on lui connaît pour dynamiter les lignes chaque fois que l'occasion lui en est donné. Il faut voir dans ce Near a forrest comment il laisse exploser l'improvisation et comment il revient au thème dans un continum totalement maîtrisé et propulsé par une rythmique explosive. Et puisque l'on parle de rythme, il faut ici mentionner la précision diabolique du placement du saxophoniste comme sur ce kalatowski syncopé dans lequel Emile Parisien semble se faufiler comme un chat.

 

La musique, en elle-même est brillante, remplie de ressors harmoniques comme savaient si bien la manier les grandes stars du hard bop de l'époque. Et il y a aussi une réelle intelligence dans cette relecture de certains thèmes. On se souvient par exemple du thème du film « Le départ » dont la mélodie était chantée par Christiane Legrand. Ici, la course-poursuite s'engage avec une rythmique véritablement intrépide et donne une autre lecture qui ne fait toutefois pas totalement oublier l’apport absolument inoubliable de Don Cherry à la bande originale du film.

 

Après avoir milité lors du festival du Jazz au Cinéma à Paris pour la redécouverte de Krystof Komeda, cette immersion dans ce bouillonnant jazz polonais nous enchante par l'audace de son classicisme.

Et si, finalement, la modernité était dans cette redécouverte ?

Jean-Marc Gelin

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 21:58

 

Enja 2013

Tristan Loriaut (g), Michel Rosciglione (cb), Goeffrey Cormont (dms, perc), Gaêl Horellou (as), Sébastien Llado (tb), Pierre de Bathmann (p), Ari Hoenig (dms) Philippe Tallis & isabelle Robert (vl), Myriam Bis-Cambrelling (viole), Pascal Goignet (vlc)

 

 tristan-copie-1.jpg

Ce n'est pas parce que Tristan est un copain et, by the  way un collaborateur des DNJ que l'on va se priver de dire tout le bien que l'on pense de son premier album paru sous son nom chez le prestigieux label ENJA.  J'en connais d'ailleurs un (ronchon), habitué aux acerbes commentaires critiques  qui ne va pas tarder à nous poster quelques commentaires salés du genre : les DNJ c'est copinage et compagnie ! D'avance bienvenue à tes commentaires que nous accueillerons comme toujours avec bienveillance.

Et maintenant, ces préalables étant posés,passons à la musique.

Moi j'aime cet album de Tristan Loriaut où le jazz sent le frais et véhicule un bel élan d'optimisme joyeux. Y a pas de mal à s'faire du bien, pourrait t-on dire. Et comme le garçon n'est pas du genre à choisir la facilité, il fait appel à un casting de très haut niveau dans le genre de ce qui se fait de mieux (et pourtant jamais réunis tous ensembles).

Après un petite mise en bouche exotique, Loriaut enchaîne avec un bon blues des familles où Gaël Horellou et Sébastien Llado se disputent dans le genre du pas trop gras mais du qui colle bien aux basques ( Bonne arrivée). Petite touche d'exotisme ensuite du côté de l'Afrique avec ces rythmes bien balancés ( Yovo yovo) qui semblent puiser dans les récentes escapades du guitariste dont il nous confiait à son retour combien elles l'avaient marqué sur le plan musical. Car c'est sûrement le fil conducteur de l'album : cette relation à l'Afrique dont Tristan Loriaut a surtout retenu cette propension à la joie de vivre de peu et de tout. Et c'est sûrement de là que lui est venue l'envie d'une musique qui groove, d'une musique qui danse et qui swingue derrière des airs parfois un peu rosenwinkeliens ( on ne se refait pas !). On notera ainsi ce Mawulolo's dance jubilatoire qui invite à la danse joviale et heureuse. Car oui, c'est ça, ce disque rend heureux. Aux antipodes de longues constructions intellectuelles dans lesquelles le jazz se perd parfois, celui-là enchante et donne la pêche à l'instar d'Agbalepedo exotique en diable qui nous promet une belle joyeuseté du mangrove.

Quelques arrangements étonnants donnent  du relief à cet album comme ce très beau Rue Saint Lazareenregistré avec vocalises et cordes sur un tapis de drive orchestré par Ari Hoenig. Audacieux pari que d'insérer ce morceau à la lente nonchalance. Rêverie et déambulation un brin nostalgique. Que l'on retrouve un peu plus tard d'une autre manière et moins réussie sur Upper west side mais sur lequel l'intervention de Tristan, dans un registre plus grave, convainc moins.

On aime en revanche ce groove sur Blues a little whithe chocolate Dragonfly. On dirait du Grant Green dans l'esprit un peu hard bop. Tristan y joue superbement avec un incroyable feeling et un sens de chaque note jouée. Irrésistiblement propulsé par une rythmique d'enfer. Beau moment, vraiment !  On regrette en revanche un Airegin, seul standard joué suir l'album mais qui se trouve un peu jeté là, à la va-vite comme un cheveu sur la soupe et pour tout dire un peu bâclé en 2'54. Le temps néanmoins de démontrer toute la maturité de jeu auquel Tristan Loriaut est arrivé aujourd'hui. dans une maîtrise parfaite de l'improvisation et du son qu'il démontre sur un dernier blues joué en solo sur Don't panic.

Pas un seul moment d'ennui dans cet album que Tristan Loriaut dirige de main de maître laissant l'espace à ses camarades de jeu, laissant la musique exhaler tout le plaisir qu'elle procure. Devrait être obligatoire et remboursé par la sécu !

A faire tourner en boucle sans restriction.

Jean-Marc Gelin

 

Tristan Loriaut sera en trio (avec Geoffrey Cormont et Michel Rosciglione) au SUNSIDE le Jeudi 13 Juin à 21h pour la sortie du disque


 

 

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 21:33

Cordes et âmes 2013

Alexandra Grimal (ts), Jozef Dumoulin (p), Nelson Veras (g), Dré Palléamaerts (dms)

 Heliopolis-def-copie-1.jpg

 

Attention, choc absolu !

Album de toute beauté. Une sorte de beauté fluide, flottant avec grâce. D'où certainement le titre de ces morceaux ( Khamsin) qui évoque ce vent de sable dans le désert d'Israël.

La musique est là, dans la retenue de chacun des membres de ce beau quartet qui se laissent ensemble porter par ce flot, tous en retenue et tous en délicatesse. Il y a dans ces jeu à 4, une très grande attention au son. Comme s'il s'agissait d'un mobile fragile sur lequel ils prennent soin de souffler harmonieusement pour que ces motifs se meuvent dans l'espace dans un ordre serein. Car il se dégage de leur jeu une sorte de souffle Zen incroyablement apaisant. Le son d'Alexandra Grimal notamment. Un son rempli d'air, un esprit Lesterien dans une approche moderne. Un son sensuel.

La musique proposée par Alexandra Grimal est ici un moment de pure grâce comme il y en a peu en musique. Un moment où, débarrassée de toute forme de clichés, la musique prime et prend toute sa place, en libère toutes ses essences essentielles. En choisissant dans son quartet de remplacer la contrebasse par une guitare (et quelle guitare, celle de Nelson Veras ), Alexandra Grimal crée une texture musicale particulièrement intéressante. Dire que celle qui joua il y a peu aux côtés de Lee Konitz reste influencée par lui,et donc par ricochet par celle de Tristano est une hypothèse audacieuse. Mais tentons la. Dans la musique d'Alexandra Grimal il y a des moments forts, des pulsations vitales mais jamais exagérées. Des moments d'évasions portés  soit par le souffle de la saxophoniste, soit par les envolées de Jozef Dumoulin que l'on trouve ici au piano acoustique ou par les lignes et arabesques splendides de Nelson Veras.  Et le relief tout en drive fin de Dré Pallemaerts, grand batteur  d'un rare feeling. Les constructions de la musique de Grimal sont parfois complexes, jamais flatteuses pour l'auditeur qui doit aller les chercher et s'ouvrir à cette musique. Une musique qui joue sur les intervalles, sur les atonalités et sur les rythmiques impaires obligeant les musiciens à une concentration extrême entre écriture exigeante et libre improvisations.  Car la musique d'Alexandra Grimal ne se conçoit pas comme une succession de chorus mais comme une savante architecture en mouvement où chacun contribue à l'ensemble dans uns savant équilibre harmonique.  Comme dans ce sublime Suite for now qui nous fait pénétrer dans un monde onirique où tout bouge autour de nous.

Il y a des moments de flottements mais aussi de vrais moments de liberté presque free où Alexandra Grimal va chercher des sons dans le cri et le rugissement. Toujours avec cette même maîtrise qui donne le sentiment que la saxophoniste a une étendue de savoir-jouer exceptionnel. Et puis avant le morceau caché, un sublime Smile qui achève cet album en nous faisant prolonger l'aventure et en nous emmenant très, très loin.

Il y a dans cet album-là  une vraie profondeur qui nous a touché. Sans que l'on sache réellement pourquoi mais avec une conviction profonde d'avoir atteint là à l'essence de la musique de jazz.

Jean-Marc Gelin

Alexandra Grimal sera demain soir en concert au Duc des Lombards à Paris

pour la présentation de cet album exceptionnel.

Concerts à 20h et 22h

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 22:31

Toute l'équipe de Jazz Campus en Clunisois vous salue ce merveilleux printemps


 Notez bien les dates du festival :
 du samedi 17 au samedi 24 août 2013 !
 
 
- Et quelques nouvelles -
 
En 2012 nous avons eu une excellente vague de stagiaires, dont un bon nombre de jeunes gens très motivés dans les divers ateliers et aux jam's du soir.
 
De plus en plus de spectateurs nous rejoignent lors des concerts toute la semaine, tant à Matour, Dompierre, Massilly que Cluny, même si, pour cause de météo pluvieuse, le double concert de clôture à Cluny à de nouveau dû se réfugier à la salle des Griottons, ce qui n’a pas été sans incidence sur la fréquentation générale.
 
Malgré ces inconvénients les comptes 2012 seront équilibrés.
 
Les perspectives pour 2013 sont plus délicates. Plusieurs subventions vont être abaissées, voire supprimées et pour la première fois nous envisageons d'engager notre réserve - constituée entièrement de l’apport de nos adhérents - afin de préserver la qualité des concerts à venir, tant dans le respect des artistes que des techniciens. Dans ce contexte, les spectateurs, stagiaires et adhérents à JAZZ CAMPUS seront d’autant plus les supporteurs essentiels de notre action. Au-delà de la dimension financière, c’est un grand support moral que de vous savoir nombreux associés à notre projet de développement des musiques improvisées sur le Clunisois.
 
L’équipe de Jazz campus en Clunisois vous remercie pour votre soutien.
En pièces jointes: bulletin d'adhésion et TOUT le Festival et les Stages
 


Bulletin d'adhésion ou de membre donateur 2013
Jazz Campus est une Association Loi 1901 reconnue d'utilité publique et dans ce cadre vous bénéficiez d'une réduction fiscale de 60% sur vos dons.*

Adhérent

Adhérent, membre donateur

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4,00 € après déduction fiscale

□ 25,00 €

10,00 € après déduction fiscale

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14,00 € après déduction fiscale

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□ Ou plus !
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* Dans la limite de 20% de votre revenu imposable. Jazz Campus vous établit le rescrit à joindre à votre déclaration d'impôts.

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Bulletin d'adhésion ou de membre donateur 2013 (figure également en pièce jointe)
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désire soutenir l’association Jazz Campus en Clunisois dans son action et à ce titre
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Envoyer à Jazz Campus en Clunisois BP 16 71250 Cluny
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□ J’accepte de recevoir par e-mail à l’adresse ci-dessus les informations concernant les activités
de Jazz Campus en Clunisois.

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 10:55

Deutsche Grammophon (Universal).

 

Cover-Galliano_Vivaldi.jpg« Je veux garder la personnalité de l'instrument, son histoire. Ce n'est pas parce que je joue avec un orchestre à cordes classique que je vais me mettre en queue-de-pie ! ». C’était il y a près de quinze ans. Richard Galliano se confiait lors de la sortie d’un album en compagnie de l'orchestre des solistes de Toscane.
Depuis, l’accordéoniste n’a cessé de naviguer dans toutes les sphères de la musique, du jazz au classique. Avec la même gourmandise. En signant chez Deutsche Grammofon, l’interprète admirateur de Piazzolla a fait un choix artistique indiscutable. Il renoue avec cette musique qu’il jouait et écoutait dès ses premières années d’exercice sur les rives de la Méditerranée.
 Après avoir abordé Bach et Chopin, avec modestie et respect, Galliano s’attaque au plus populaire du répertoire avec les Quatre Saisons de Vivaldi. Les versions se comptent par centaines dans les bacs et on a même entendu un violoniste serbe à la chevelure en folie ajouter une cinquième saison donnée avec fougue et brio. Galliano ne manque assurément pas de ces deux qualités mais il ne les exhibe pas. Il refuse ce qu’il dénomme « l’accordéonisme », cette volonté –cette velléité- de transformer le roi du bal populaire de la France de nos parents et grand’parents, en instrument royal du type orgue de cathédrale.
Par ses arrangements et son jeu, Richard Galliano met en quelque sorte son Victoria 1963, chef d’oeuvre du facteur italien Castelfidardo, en sourdine. L’important à ses yeux c’est de laisser entendre les mélodies de Vivaldi avec leur puissance émotionnelle et pulsionnelle, sans « en rajouter ». Certains assurément feront la moue devant cette approche révérencielle. D’autres préfèreront le traitement « jazz » dans les années 50 d’Hubert Fol (avec dans la phalange des saxophonistes Jean-Louis Chautemps) qui a fait l’objet d’une réédition dans la précieuse collection Jazz in Paris.
Reste que Richard Galliano, en symbiose avec ces compagnons de la sphère classique- Jean-Marc Apap, alto, Jean-Marc Phillips-Varjabédian, violon, Stéphane Logerot, contrebasse- apporte respiration et rythme à ces Quatre Saisons. Il ne se sert pas de cette œuvre illustre-à la différence de certains « jazzmen » dans le passé avec Bach, chacun pense à un certain pianiste « au collier » ou à un clarinettiste apprécié dans les églises- il lui rend hommage, de manière authentique et sincère. Et il assume ses choix, conscient du risque que « tout le monde lui tombe dessus (sic) ». Cette indépendance ce n’est pas la moindre des qualités-touchantes- de Richard Galliano.

En concert le 22 mai à l’Eglise Saint Eustache (75001) ; Bruxelles le 27 mai ; Joinville le 29 ; Soissons le 30 et Lésigny le 31 mai. .
Jean-Louis Lemarchand

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 21:05

 

ECM 2013

Craig Taborn (p), Thomas Morgan (cb), Gérald Cleaver (dms)

 

 craig-taborn-trio-chants.jpg

Marque de fabrique ECM : la qualité du son et la reverb donnée au piano.

C'est toujours, avec le label de Manfreid ERicher une impression d'espaces larges dans le traitement du son. Comme si  les trois membres du trio formaient un triangle et occupaient cet espace en mouvement en se rapprochant ou s'éloignant les uns des autres comme autant de combinaisons possibles. Il y a à la fois une école du piano nordique, faite de silence et de grandes respirations et une école plus américaine plus portée sur les improvisations jouées sur des motifs harmoniques complexes.

La musique ( des compositions de Craig Taborn) relève d'une conception très personnelle du trio jazz où l'on sent toute l'attention que le pianiste a apporté personnellement à chacun de ses camarades de jeu dans l'écriture. De ce fait il parvient à créer une réelle interaction de jeu entre les trois. Où l'on notera tout particulièrement le travail incroyable de musicalité de Gerald Cleaver qui va chercher des reliefs et des ornementations de jeu très subtils. Véritable coeur palpitant.

Le début de l'album fait mouche avec ses trouvailles harmoniques et rythmiques, ce calage de très haute précision qui bouscule un peu. Saints, un des morceau les plus réussi de l'album nous fait entrer dans cette belle machinerie. Craig Taborn fait surgir de véritables pépites au bout de ses doigts. Sa déambulation surprend, nous oblige à une écoute attentionnée pour suivre les méandres de ses improvisations. Idem sur les ostinatos qui ouvrent  Beat the ground et sur lesquels le driving de Gerald Cleaver

impressionne. Gerald Cleaver, toujours lui éblouissant, lyrique et bouillonnant. C'est notamment ce qui impressionne beaucoup : cette rythmique forte derrière le pianiste, doublée par le jeu de main gauche de Craig taborn qui l'ancre dans une profondeur dans laquelle on se laisse attraper. Mais cette musique de chambre prend souvent le travers, au fil de l'album, d'un intimisme qui connaît quelques moments de grandes lenteurs dans lesquels on aime divaguer et s'ennuyer un peu  ( All tru night, cracking heart, silver ghost). C'est une approche parfois très classieuse du piano jazz avec sa part de rêverie et d'errance comme les aime Manfreid Eicher. Mais parfois aussi la machine se met en branle sur des thèmes répétitifs comme sur Speak the name où la tension crée réveille un peu l'intérêt de l'auditeur. Qui saura c'est sûr en découvrir toutes les beautés cachées.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 07:47

 

Double Moon Records 2013

Denis Gäbel (ts), Pablo Held (fender), Martin Gjakonovski (cb), Jonas Burgwinkel (dms)

 gabel.jpeg

C'est véritablement la découverte de ce saxophoniste ténor venu d'outre-rhin et qui, pour ma part m'a donné une claque du genre de celle que je prends parfois à l'écoute de Joshua Redman ou, dans un autre style de Chris Potter. Totalement inscrit dans la tradition des ténors issus de cette école au son ample, au groove incandescent, au placement rythmique exceptionnel. Il paraît que le garçon est très demandé en Allemagne. Tu m'étonnes !

Ecouter ce qu'il fait sur Halfway Trough avec une maîtrise du son incroyable. Denis Gabel est un saxophoniste au discours impétueux,épais et fluide, tranchant dans le lard du jazz funky ou du blues ( comme sur Devil woman de Charlie Mingus, seule composition non originale) avec une incroyable maîtrise. On pense sur le plan harmonique, au travail d'un Jerry bergonzi. C'est dire toute l'étendue du talent de ce saxophoniste sans aucun complexe et dont la maturité du jeu impressionne déjà. Bien sûr aussi parfois quelques inflexions coltraniennes ( I think I know you) mais toujours très discrètement évoquées au profit d'une expression du son plus personnelle. Le garçon donne le tournis, emporte tout sur son passage, c'est irrépressible. Peut être pourrions nous ajouter le bémol du fait que l'on aimerait l'entendre aussi dans un tempo plus lent. Et juger de sa sensibilité mélodique à laquelle il rechigne un peu. Mais quel groove ! écouter Neon light pour apprécier la souplesse du garçon, à l'aise dans le tempo comme un poisson dans l'eau. Avec, derrière lui une rythmique qui pulse comme il faut. Sacré groupe, pas manchots pour un sou et notamment un magnifique fender avec Pablo Held.

Haute température assurée. Jouissif.

Jean-Marc Gelin

 

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 07:34

 

Nonesuch / Tzadik 2013

Pat Metheny (tout !), Antonio Sanchez (dms)

Sortie le 20 main 2013

 metheny-tap-zorn-2013.jpg

Metheny/John Zorn : les deux hommes se connaissent bien et s'apprécient mutuellement. Et même si l'on imagine que Pat Metheny ne fait pas réellement partie de la cosmologie New-Yorkaise de Zorn, le guitariste du Missouri apprécie le travail de Zorn et le connaît parfaitement. Et cette collaboration inédite donne lieu ici à quelque chose d'assez rare dans le milieu musical : voir le projet sortir sous deux labels, celui de Zorn d'un côté ( Tzadik) et celui qui accueille Metheny de l'autre ( Nonesuch).

Que le guitariste se révèle un superbe interprète du Book of Angel pour en signer la 20ème album n'a rien de réellement surprenant. On sait que Zorn a l'habitude de faire appel aux musiciens les plus inventifs et les plus créatifs popur interpréter le song book de Masada. On a encore en mémoire les interprtéaion données par Medeski Martin and Wood ou encore celles de Joe Lovano dans le volume 12.

Mais qui mieux que Metheny pour en exprimer toute la richesse musicale, puisant à l'acoustique ou à l'électrique et surtout dans un instrumentum foisonnant dans toutes les richesses de textures de cette musique Zornienne décidément bine iconoclaste. Où l'on entend parfois Metheny jouer de la guitare comme une mandoline aux fines ciselures mélodiques ou encore comme instrument de bruitage pour plonger dans le magma des ténèbres. Il faudrait quelques explications sur les conditions de cet enregistrement. Ainsi Hurmiz,morceau presque free enregistré vraisemblablement en une prise dans des conditions qui semblent être celle de home studio ? (où l'on entend le cri d'un enfant à la fin du morceau et un "chuuut" qui ne sont pas partis au mixage) et qui  montre  qu'au delà d'être hyper ( et génialement) arrangé, Metheny sait aussi rester au coeur de l'instant brut. C'est qu'il y a chez le guitariste l'exigenc et le sens de l'artisanat de qualité, un compagnonnage rare. Car dans cet album Metheny fait presque tout avec le même talent d'instrumentiste que celui qui a donné naissance à son orchestrion. Il faut écouter ses chevauchées fantastiques  sur Mastena dans la pure tradition Methenienne faisant vibrer d'une force incroyable la musique de Zorn. C'est fort, intense ! Et quel travail de Antonio Sanchez, dont on ne cesse de dire dans ces colonnes qu'il est décidément l'un des plus grands batteurs de la planète jazz.

Metheny entre dans l'intime, c-a-d dans la compréhension très forte qu'il a de la musique de Zorn et de son potentiel émotif. Et la démonstration qu'il fait ici c'est qu'il est véritablement un génie de l'arrangement et de l'orchestration. Il faut écouter Sarieloù c'est tout son orchestre imaginaire qui se met en branle. Dans ce morceau : des mouvements, des tiroirs qui s'ouvrent, des intentions sucrées et salées, du doux et de l'épicé dans un même mouvement porté par la guitare Methenienne qui brille, qui brille. Exceptionnel !!

Que ceux qui pensent que le Book of Angel se répète inlassablement lèvent le doigt et se dénoncent. Car cet album va les ramener à la réalité d'une magnifique rencontre de deux génies musicaux du jazz et de la musique du XXIème siècle.

Jean-Marc Gelin

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 07:57


L’Espace Daniel-Sorano prend le tempo du jazz
les 24-25-26 mai 2013
Direction artistique : Vincent Bessières
    
 
Pendant trois jours du mois de mai, l’Espace Daniel-Sorano prend le tempo du jazz.
De son histoire, en rendant un hommage inédit au grand saxophoniste Dexter Gordon.
De son présent, en dévoilant la première d’une création de Christophe Dal Sasso pour big band.
De son avenir, en invitant le groupe Yôkaï mené par une jeune musicienne, Anne Paceo.
Cinéma, rencontre, concert pour les enfants, bœuf… le jazz prend ses quartiers à Vincennes. Amateurs et professionnels, petits et grands, profs et élèves, experts ou dilettantes, à l’air libre du jardin ou sous les projecteurs du théâtre, la porte de l’Espace Daniel-Sorano sera ouverte à tous les publics, pour fêter une musique qui n’a pas fini de nous enchanter.

 

Vendredi 24 mai 2013
Concert « YÔKAÏ » d’Anne Paceo
20 heures
Anne Paceo (batterie), Emile Parisien (saxophone ténor et soprano), Leonardo Montana (piano), Pierre Perchaud (guitare), Chris Jennings (contrebasse).

annepaceo.jpg
Composé de certains des représentants les plus doués de la nouvelle vague du jazz français, le groupe Yôkaï est le dernier projet en date de la jeune batteuse Anne Paceo. À 29 ans, la lauréate des Victoires du jazz en 2011 propose sous ce nom aux consonances exotiques un répertoire nourri de ses voyages, dont les développements alternent rêveries poétiques et élans lyriques. D’une musique en prise avec les sons d’aujourd’hui, marquée par l’influence du rock, Yôkaï est habité par l'inspiration du saxophoniste Emile Parisien (prix du musicien français 2012 de l'Académie du jazz) et du guitariste Pierre Perchaud (membre de l'actuel Orchestre national de jazz), avec le concours du contrebassiste canadien Chris Jennings et du pianiste d’origine brésilienne, Leonardo Montana. « Générosité de l’avenir. (…) Écoutons Yôkaï » intimait Francis Marmande dans Le Monde. Oui, et en direct, c’est encore mieux !
 
En amont de son concert, Anne Paceo mènera une action pédagogique auprès des élèves de la classe d’option musique du lycée Hector-Berlioz de Vincennes, sous la direction de leur professeur Jean-Philippe Baldassari, en partenariat avec l’Espace Daniel-Sorano.

 


Samedi 25 mai 2013
 « Jazz 4 kids » avec le trio de Jean-Philippe Scali
17 heures
Concert jeune public (5-10 ans)
Jean-Philippe Scali (saxophone alto et baryton), Frédéric Nardin (orgue), Manuel Franchi (batterie). Durée : 45 minutes.
 jean-philippe-scali-20120321104008.jpg
« Jazz sur l’herbe », apéro-jazz
18 heures
Animé par les musiciens de l’atelier jazz de l’Edim dans le jardin

Christophe Dal Sasso Big Band « LE HORLA » - création
20 heures
Christophe Dal Sasso (flûte, composition, arrangement), Julien Alour, David Dupuis (trompette, bugle), Boris Pokora (sax alto, flûte, clarinette), Sophie Alour, Lionel Belmondo (sax ténor, flûte, clarinette), Thomas Savy (clarinette basse, clarinette), Merrill Jerome Edwards, Bastien Stil (trombone), Pierre de Bethmann (piano), Manuel Marchès (contrebasse), Donald Kontomanou (batterie).
Compositeur-arrangeur dont la réputation n’est plus à faire, Christophe Dal Sasso a apporté sa contribution à quelques-unes des aventures jazzistiques parmi les plus ambitieuses de ces dernières années, dont l’Hymne au soleil de Lionel Belmondo et une création pour David Liebman et l’Ensemble Intercontemporain. Entre audace d’écriture et liberté de jeu, réminiscences personnelles et inventions formelles, son big band réunit la fine fleur des musiciens français, tels les saxophonistes Lionel Belmondo et Sophie Alour, le pianiste Pierre de Bethmann ou encore le clarinettiste Thomas Savy. Alors qu’il vient tout juste de faire paraître « Ressac » (Discograph), un album qui confronte un comédien, une pianiste classique et une formation de jazz, sur des compositions inspirées par son attachement à la Méditerranée, Christophe Dal Sasso s’attaque déjà un nouveau répertoire : une création inspirée du roman fantastique de Guy de Maupassant, Le Horla, point de départ d’une exploration orchestrale. Un imaginaire littéraire transmué en musique, aux confins du savoir-faire classique et de l’âme du jazz.
 
Ce concert qui verra la création d’une œuvre nouvelle de Christophe Dal Sasso d’après Le Horla de Maupassant, fera l’objet d’un enregistrement public en vue de la publication du prochain disque de la formation.
 
Bœuf animé par l'Edim
À partir de 22 heures

 


Dimanche 26 mai 2013
Journée spéciale "Our Man in Paris", hommage à Dexter Gordon

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Considéré comme le premier saxophoniste ténor à avoir adopté le be-bop de Charlie Parker et Dizzy Gillespie, Dexter Gordon (1923-1990) fut l’un des géants du jazz moderne, et pas seulement par la taille ! La carrière de ce grand interprète de standards et maître des ballades connut des haut et des bas, jusqu’à ce qu’il se fixe en Europe au début des années soixante, où il résida jusqu’en 1976. Dix ans plus tard, il fut, avec François Cluzet, l’interprète inoubliable du film « Autour de minuit » de Bertrand Tavernier, pour lequel obtint une nomination aux Oscars. En souvenir du temps qu’il passa à Paris, et dans le cadre des manifestations organisées à l'’occasion du 90ème anniversaire de sa naissance, Tempo Jazz célèbre ce géant du jazz pendant toute une journée.

14h30 : projection du film "Autour de minuit" (1986) de Bertrand Tavernier, avec Dexter Gordon, François Cluzet.

17h : table-ronde autour du film en présence de Bertrand Tavernier (cinéaste), Maxine Gordon (épouse de Dexter Gordon), Robert O’Meally (Columbia University).

18h30 : Concert "Our Man in Paris, Revisited" : Lew Tabackin rencontre  Vincent Bourgeyx Trio – Inédit
Lew Tabackin (sax ténor, flûte), Vincent Bourgeyx (piano), Pierre Boussaguet (contrebasse), Mourad Benhammou (batterie).
Connu pour le big band qu’il codirigeait avec son épouse, la pianiste Toshiko Akiyoshi, le saxophoniste Lew Tabackin (Philadelphie, 1940) est un saxophoniste puissant et véloce qui s'inscrit directement dans la lignée des grands ténors des années 1960. Partenaire de musiciens tels que Donald Byrd et Freddie Hubbard, passé par le groupe d'Elvin Jones, il a notamment cosigné des disques avec Phil Woods, Warne Marsh ou John Lewis. Aujourd'hui, il est l'un des derniers grands saxophonistes du hard bop et n'a rien perdu de son énergie.
Il rend hommage à l’une de ses sources d’inspiration, en compagnie du trio du pianiste Vincent Bourgeyx, formé à l’école du swing et du be-bop à New York, en revisitant le répertoire du mythique « Our Man in Paris » (Blue Note), enregistré par Dexter Gordon à Paris, le 23 mai 1963, soit, à trois jours près, un demi-siècle avant ce concert.

Exposition de photographies de Dexter Gordon à Paris par Francis Wolff (courtesy of Mosaic Images).
Entre 1963 et 1964, la compagnie Blue Note organisa à Paris plusieurs séances d’enregistrement avec Dexter Gordon pour lesquelles elle dépêcha l’un de ses responsables, Francis Wolff, également photographe attitré du label. Ce sont quelques-uns des clichés réalisés par Wolff à cette occasion, dont plusieurs inédits, qui seront exposés pendant Tempo Jazz, en hommage au saxophoniste et à ses liens avec notre capitale.
 
Cette journée spéciale s’inscrit dans la série de manifestations "Dex @ 90" organisée par la Dexter Gordon Society aux Etats-Unis, en France et au Danemark, pour célébrer le 90e anniversaire de la naissance de Dexter Gordon.

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